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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 01:21

 

 

 

En l’espace de 18 mois de règne, dame Samba-Panza vient d’opérer son troisième remaniement gouvernemental ; en moyenne une fois chaque 6 mois donc. Le dernier en date a-t-il sa raison d’être ? Serait-il le fruit de la concertation organisée après les malheureux événements des 26 et 27 septembre 2015 qui ont endeuillé de centaines de familles centrafricaines? Ce remaniement, à mon humble avis, n’a pas de sens et ne pourra apporter une solution durable au problème que traverse le pays. Si Dame Samba-Panza pense que cela constitue une panacée à la crise interminable qu’endurent les centrafricains, c’est qu’elle se trompe. Malgré les efforts accomplis dont elle-même ne cesse de faire l’éloge: Accord de Brazza, Consultations à la base, Forum national et plus récemment les concertations avec « les forces vives de la nation »,  la crise ne fait qu’empirer au point où le centrafricain ne se reconnaît plus dans ce système en déperdition. L’observation de la vie quotidienne donne l’impression que l’autorité de l’Etat a disparu laissant la place à une jungle où le plus fort règne et impose sa loi.

 

Tout porte à croire que Bangui, ville d’environ 1 million d’âmes est une mégalopole de plus de 10 millions d’habitats difficile à contrôler pour y faire régner la sécurité et la paix tant attendues. Les raisons sont très simples. Elles sont au nombre de trois : l’incompétence, la nonchalance et la complicité.

 

Incompétence parce que tous les ministres en charge de la défense et de la sécurité n’ont jamais brillé par leur fermeté en exploitant les éléments d’information que leur livrent les RG intérieurs. Ils sont beaucoup plus enclins à en faire leurs oreillers. Ils rendent compte à la reine en se réveillant que « tout va bien ». Tous les malfrats qui écument Bangui et les villes de l’arrière-pays sont connus de nom et de face. Mais ils sont intouchables car légitimés par le pouvoir en place. Ils reçoivent plutôt des primes en sacs de banco plein de CFA. Dès qu’ils finissent de consommer ils reviennent à la charge pour être reçus en priorité et demander à nouveau leur prise en charge pendant que les travailleurs, producteurs de richesses piaffaient en attendant le versement de leurs maigres dus. Ainsi dame la présidente a usé des mêmes stratégies de son prédécesseur Bozizé qui, en voulant étouffer les rebellions, a passé son temps à verser des liasses d’argent aux seigneurs de guerre croyant que cela pourrait éteindre les velléités de conquête de pouvoir développées par les différentes poches de résistance contre son règne et parallèlement mâtait l’opposition démocratique qui ne demandait que la liberté et l’Etat de droit. La suite tout le monde le sait. Lorsqu’on est incompétent et qu’on use de la corruption et de la gabegie pour gouverner, la manœuvre aboutit à un coup d’épée dans l’eau. 

 

Nonchalance parce que le gouvernement n’a jamais été prompt face à une situation difficile. Il ne joue qu’au pompier qui parfois intervient avec une citerne vide et se contente d’emboucher son mégaphone pour dire à la victime de se calmer pendant que sa maison brûle. Lorsqu’un gouvernement manque de fermeté se montrant incapable d’anticiper sur les événements et attend tout de l’extérieur pour la résolution des problèmes les plus élémentaires de la cité, c’est un gouvernement moribond, mollusque et bon à rien. On en a vu durant ces 19 mois. Pensant mieux mieux faire on le renouvelle et on reprend à zéro. Sisyphe au pied de bazabangui !

 

Complicité parce que Dame Samba s’est muée en une mère poule qui a tellement ouvert ses ailes d’ « albatros » à plusieurs poussins et qui finit par envelopper, sans le savoir peut-être, des vipères qui aujourd’hui avalent ses progénitures. Une mère qui accueille et cajole un fils criminel ou  celle qui mange sans vergogne le fruit de rapines de son enfant est une mère complice. Je ne dis pas que Dame Samba-Panza mange avec les Séléka ou les Antibalaka les fruits de leur vol et pillage, mais le fait de les recevoir et par un soi-disant souci d’apaisement, leur confier la charge de l’Etat, c’est plus pire qu’une complicité tacite et un crime contre la République. Elle n’a jamais compris que tout une stratégie est mise en œuvre par ces malfrats et leurs mentors pour rendre ingouvernable le pays. Ceux-là qui ont eu le mandat de le faire connaissent très bien la faiblesse du régime Samba-Panza. La solution n’est pas de remanier le gouvernement mais d’asseoir une politique de fermeté. La fermeté qui ne serait pas l’apanage des hommes frileux, couards à l’affût de gains pour assurer leur retraite dorée en chantant « é té biani é hon na ni », mais des hommes du type de ceux qui ont été au Vietnam, en Indochine et partout pour sauver la France par exemple.

 

Ma grande-sœur tiens bon. Ce n’est pas tard. Sois courageuse et mets un terme rapide à ce qui prévaut. Ta sortie honorable en dépend. Je t’avais applaudie en février 2014 parce que sure que tu allais enfin relever le défi en dame de fer. Mais…

 

Eléonore TITIKAR

Libre tribune : Nième Gouvernement à Bangui par Eléonore Titikar

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