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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 23:53

 

 

http://www.la-croix.com/   21/1/15 - 17 H 48

 

Armand Priest n’a plus de nouvelles de sa femme depuis qu’elle a été enlevée lundi par un groupe d’anti-balaka en Centrafrique.

 

Dans un entretien exclusif accordé à La Croix, il évoque son épouse, la Centrafrique et leur engagement pour le développement de ce pays.

 

Armand Priest, 66 ans, l’époux de Claudia Priest, l’humanitaire française enlevée lundi par un groupe d’Anti-Balaka en Centrafrique lundi, devait chercher son épouse à l’aéroport Charles de Gaulle, mercredi matin.

 

Au lieu de cela, il doit attendre et faire confiance. Il n’a pas le choix. Attendre des nouvelles, faire confiance aux négociateurs. « C’est très, très difficile, confiait-il à La Croix, mercredi 21 janvier en début d’après – midi. On ne connaît pas l’issue, on ne connaît pas le délai. Les minutes sont très longues ».

 

Enlevée par hasard ?

 

Des nouvelles, il n’en a pas. Il sait juste que sa femme a été enlevée lundi 19 janvier avec un ami frère spiritain en sortant de Bangui alors qu’ils allaient apporter des médicaments et du matériel médical, « dont deux tables d’accouchement » précise-t-il, au dispensaire d’un village que son association Imohoro soutient.

 

« Je pense qu’elle a été enlevée par hasard. Elle s’est trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais je n’ai aucun élément pour pourvoir l’affirmer. Je ne sais rien de ce qui s’est passé », dit-il.

 

Et de l’état d’avancement des négociations, conduites par l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga ? « Je n’en sais rien. Je n’arrive pas à joindre Mgr Dieudonné Nzapalainga. Le seul avec qui je suis en contact, c’est l’ambassadeur de France à Bangui. Je lui fais entièrement confiance », explique-t-il.

 

Claudia Priest n’avait pas peur

 

Éducatrice spécialisée de formation, Claudia Priest était arrivée en Centrafrique le 6 janvier, pour une mission de deux semaines. C’était la première fois depuis décembre 2012, depuis le soulèvement de la Seleka contre le gouvernement de François Bozizé, qu’elle retournait en RCA : « Elle y allait pour préparer des projets, rencontrer l’administration, relancer nos activités ».

 

Pendant son dernier séjour, avait-elle eu peur ? « Non, répond Armand Priest. La semaine dernière, elle avait été arrêtée à deux reprises par des anti-balaka. Ils l’avaient finalement laissée passer. Vous savez, depuis que l’on va en RCA, on a pris l’habitude des coupeurs de routes. Cela ne nous impressionne guère. »

 

Un engagement sobre et sincère

 

La Centrafrique, pour ce couple de retraités (deux enfants, cinq petits-enfants) originaires de la Côte-d’Or et résidant en Saône et Loire, c’est un coup de cœur et un engagement, sincère, sans détour, simple et courageux, qui s’est traduit par la création de l’association Imohoro.

 

« Nous l’avons fondée en 2005, au retour d’un voyage en Centrafrique. Nous avons été retournés par ce pays, par la gentillesse des Centrafricains et par leurs conditions de vie. Nous ne pouvions pas rester les bras croisés. Alors nous avons décidé de les aider à notre mesure. »

 

Ingénieur en bâtiment, Armand Priest a voulu mettre son savoir-faire au service du développement de ce pays : construire des écoles, des dispensaires et des puits. Une vingtaine de personnes gravitent autour de l’association : des ingénieurs, des médecins, opticiens, des dentistes, des pharmaciens…

 

« En 2005, l’école du village d’Imohoro était sous paillote. Aujourd’hui, le village est équipé d’une école en dur qui accueille 250 enfants. Nous l’avons construite avec un budget de 13 000 €, là où d’autres auront besoin de 70 000 €. Nous ne sommes que des bénévoles. Nous partons à nos frais. Voilà ce que nous faisons en Centrafrique. »

 

Double nationalité

 

À Bangui, les époux Priest ne descendent pas dans un grand hôtel : « Nous allons au centre d’accueil missionnaire à côté de la cathédrale : une cellule, une moustiquaire, un ventilateur et une douche. Nous avons notre confort en France, on peut faire un effort en Afrique. »

 

Ils aiment tellement ce pays qu’ils ont essayé, il y a 5 ans, d’obtenir la double nationalité : « Pour le moment, notre démarche n’a pas abouti, mais nous ne désespérons pas. »

 

Le dernier coup de fil

 

Lorsque l’un est en mission en Centrafrique, ce couple très uni se parle au téléphone tous les soirs. Leur dernier échange, pour l’heure, date de dimanche 18 janvier, vers 17 heures : « Elle m’a dit, se souvient Armand Priest, qu’elle s’était reposée dans la journée parce qu’il faisait très chaud. Mais qu’elle comptait, le lendemain, monter une dernière fois à Imohoro déposer des médicaments avant son départ. C’est tout. »

 

LAURENT LARCHER

Lu pour vous : Claudia Priest, un engagement pour la Centrafrique

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