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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 12:20

 

 

 

 

 

http://blogs.lexpress.fr/   le 4 avril 2014 10H51 | par  Vincent Hugeux

 

C’est du Déby pur jus. Exaspéré par les griefs visant ses troupes, le président Idriss Déby Itno -IDI- a donc annoncé hier jeudi à Bruxelles, en marge d’un sommet euro-africain, le retrait du contingent tchadien de la Misca, la force continentale déployée en Centrafrique. Contingent fort de 850 hommes -sur 6000- et en butte, accuse N’Djamena, à une « campagne gratuite et malveillante », assimilée ce matin sur RFI par le ministre des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat à un « lynchage ». Rien que ça… Décision « irrévocable », assène ce dernier. Voire : ex-rebelle et chef de guerre, le caïd zaghawa IDI est aussi un as du rezzou militaro-diplomatique. Et il est passé maître, hier au Mali, aujourd’hui en RCA, dans l’art de monnayer le retour sur investissement géopolitique de ses engagements. On ne peut exclure à ce stade que cette brutale défection - qui a surpris à Paris- ait avant tout pour vocation de susciter la remise à plat des termes de l’implication tchadienne dans la brûlante équation centrafricaine. Un tête-à-tête entre Déby et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, reconduit voilà peu à l’Hôtel de Brienne, était d’ailleurs programmé ce vendredi.

 

Le carnage du 29 mars -au moins 24 Banguissois tués par un détachement tchadien venu au secours de compatriotes assiégés et tombé, à en croire ses chefs, dans une embuscade tendue par les miliciens « chrétiens » anti-balaka- a bien entendu empoisonné un climat déjà hautement toxique. Jamais le puissant voisin du nord n’a pu désamorcer le procès en partialité que lui aura valu sa connivence avec la rébellion musulmane et nordiste Seleka, qui détrôna voilà un an François Bozizé, semant dans son sillage la mort et la désolation. De Bangui à Bossangoa, les insurgés et les « cousins » de la Misca inspiraient aux civils -adeptes de l’islam exceptés- une égale terreur.  Le surnom usuel dont ils affublent les Tchadiens ? Les « donner-la-mort ». A l’inverse, il va de soi que le retour au pays de ce contingent aguerri ne peut que décupler l’angoisse des rescapés de la minorité musulmane, qu’ils soient ou non de souche tchadienne, et qui voient en lui l’ultime bouclier contre la furie aveugle et vengeresse des anti-balaka. Il va en outre compliquer un peu plus la tâche déjà cauchemardesque des stratèges du dispositif français Sangaris et de la mission africaine, condamnés à suppléer dans l’est du pays les protecteurs en partance.

 

Ce retrait, si retrait il y a, est-il pour autant un désastre ? Pas si sûr. « En RCA, relevait hier sur LCI notre confrère de Jeune Afrique Seidik Abba, les Tchadiens, sont à la fois la solution et le problème. » Le constat ne date pas de ce début d’avril. Idriss Déby, qui considère l’ex-Oubangui-Chari comme son arrière-cour, y joue depuis des lustres les faiseurs de rois. C’est avec son concours que le futur déchu François Bozizé renversa en 2003 Ange-Felix Patassé. C’est fort de son aide que Michel Djotodia, figure de proue de la Seleka, évinça « Boz » lorsque ce dernier eut cessé de plaire. Et c’est bien le lâchage de son mentor tchadien qui fut fatal en janvier dernier audit Djotodia, congédié… à N’Djamena, avant que soit adoubée Catherine Semba-Panza, chef d’Etat de transition d’une nation à feu et à sang. Là est tout le dilemme : on ne peut pas faire sans le Tchad ; mais comment faire avec lui ?

Lu pour vous : RCA: Déby, sa colère et ses calculs

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