Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 17:04

 

 

 

 

 

Le Monde.fr |  • Mis à jour le 

 

Alors que de précédentes estimations faisaient état de huit morts dans la capitale ce week-end, la Croix-Rouge centrafricaine a publié, lundi 13 janvier, un nouveau bilan plus important, affirmant que 39 corps avaient été ramassés et que 27 blessés avaient été pris en charge depuis vendredi à Bangui.

 

Selon le pasteur Antoine Mbaobogo, président de la Croix-Rouge centrafricaine, le nord-ouest du pays est particulièrement touché, avec de nouvelles violences intercommunautaires qui ont fait, en quatre jours, au moins 97 morts, une centaine de blessés et 14 000 déplacés.

 

En outre, le bilan des victimes dans la ville de Bozoum et ses environs est de 97 morts depuis le 5 décembre dernier. Selon un prêtre présent sur place, il y aurait eu ces derniers jours une dizaine de personnes tuées et environ 1 300 maisons brûlées par les Séléka. Par ailleurs, selon un représentant de la communauté musulmane à Bangui, 16 corps de victimes musulmanes sont actuellement dans une mosquée du PK5.

 

La démission, vendredi, sous la pression internationale de Michel Djotodia, ancien rebelle devenu président à la faveur d'un coup d'Etat en mars dernier, n'a pas réussi à ramener le calme dans la capitale. Mais le président du Parlement provisoire centrafricain et chef de l'Etat par intérim, Alexandre-Ferdinand N'Guendet, a promis lundi que « l'anarchie était terminée » à Bangui, dans un discours à l'état-major de la gendarmerie.

 

Déterminé à ne pas décevoir, M. N'Guendet a assuré que la police et la gendarmerie, totalement absentes dans la capitale depuis des semaines, seraient « redéployées d'ici soixante-douze heures et impliquées dans le processus de désarmement » en cours dans la ville. Les mesures de sécurité ont par ailleurs été renforcées, les soldats ayant pour ordre de tirer à vue en cas de trouble à l'ordre public.

 

DES SEMAINES DE TUERIES INTERRELIGIEUSES

 

« Aujourd'hui, c'est une honte pour la nation de voir la sécurité du peuple centrafricain confiée à des organisations régionales et internationales », a poursuivi le président par intérim, en référence au déploiement d'une force africaine, la Misca, et de l'opération française « Sangaris ». Ces dernières ont pour mission de rétablir la sécurité dans le pays, livré pendant des semaines à des tueries interreligieuses, qui ont abouti à la démission de l'ancien président et de son premier ministre, Nicolas Tiangaye, provoquant des scènes de liesse dans les rues de Bangui.

 

En vue également d'une normalisation institutionnelle en République centrafricaine, le Conseil national de transition (CNT) – le Parlement provisoire – commence mardi une session spéciale pour élire un nouveau président de transition, a-t-on déclaré de source officielle.

 

DES SOLDATS ONT REJOINT LES CASERNES

 

Premier signe d'un début de retour à la normale : après l'appel du chef d'état-major, le général Ferdinand Bombayake, à rejoindre les casernes « d'ici lundi », des centaines de soldats de l'armée régulière centrafricaine – qui avaient rejoint les milices anti-Balaka opposées à l'ancien président Djotodia ou fui de peur d'être tués – sont revenus à Bangui pour se faire enregistrer à l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM), où l'état-major a installé un bureau.

 

« Ils sont venus très nombreux et ça continue d'arriver (…). C'est un soulagement, c'est un très bon signe », estime le colonel Désiré Bakossa, de l'état-major, qui supervise les opérations d'enregistrement à l'ENAM.

 

DES SCÈNES DE CANNIBALISME

 

Malgré l'objectif de retour au calme affiché, la BBC rapporte, lundi, des actes de cannibalisme lors de lynchages d'habitants par des groupes de pillards dans des quartiers du nord de la capitale centrafricaine. Un homme se faisant appeler « Mad Dog » explique à la BBC avoir mangé un musulman pour se venger des Séléka ayant tué sa femme enceinte, sa belle-sœur et son bébé. Une vingtaine d'hommes lui ont prêté main-forte pour forcer sa victime à descendre du bus dans lequel elle était assise. Ils ont ensuite battu l'homme sur la chaussée avant de lui mettre le feu. Puis des témoins disent avoir vu Mad Dog manger la jambe de sa victime sans que personne intervienne. 

 

Ces scènes de cannibalisme ont été confirmées aux agences de presse par des témoins : « La scène s'est déroulée devant moi mardi dernier dans le quartier Modoua. Un sujet musulman se trouvant dans un taxi-bus descendait à Pétévo pour laisser passer un autre passager. Mais il a été surpris par un groupe de personnes qui l'ont lynché et découpé à la machette », a relaté, encore choqué, Jean-Sylvestre Tchya, 35 ans, technicien de surface.

 

Si des actes de violences ont encore émaillé la capitale ce week-end, le retour à la normale semble désormais en bonne voie : la nuit de dimanche à lundi a été« particulièrement calme », selon des habitants qui n'ont fait état d'aucune scène nocturne de pillage, malgré quelques tirs isolés. Selon eux, les soldats français de l'opération « Sangaris » et africains de la Misca ont intensifié leurs patrouilles pour neutraliser les bandes des pillards armés de machettes et de gourdins.

En Centrafrique, les mesures de sécurité renforcées à Bangui

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com