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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 15:37

 

 

 

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Les Brèves de N’djaména  DEB ou le trio infernal

Source : Tchadactuel lundi 9 mai 2011

Le trio Deby, El-Béchir et Bozizé à la recherche des solutions machiavéliques aux vrais problèmes. Oumar El-Béchir est très amer, déçu et frustré. Il pensait avoir conclu un bon deal avec les américains : « tu laisses le Sud Soudan se séparer tranquillement, démantèle la rébellion tchadienne, réconcilie toi avec le Tchad et on suggèrera à la CPI d’annuler ses poursuites et on obligera les rebelles du Darfour de signer un accord avec toi sans majeur condition ». Dans la même optique et pour réassurer El-Béchir, les américains ont fortement conseillé aux sud-soudanais de ne pas aider les rebelles du Darfour sous quelle forme que ce soit. C’est ainsi que Salva Kiir, le Président du Sud-Soudan, demanda très gentiment à Minny Minnawi et au Dr Khalil, qui ont entre-temps déployé leurs forces au sud, de repartir au nord.

Traduit en langage de la rue, c’est à peu près le deal qu’El Béchir pensait avoir conclu avec Oncle Sam et ses satellites européens. Or après le referendum passé de manière plus que soft avec des résultats reconnus par El Béchir avant même leur publication officielle, ce dernier n’a rien vu venir : au contraire le Gal Scott Cration, l’envoyé spéciale américain pour le Soudan et qui était l’interlocuteur principal d’El-Béchir, a pris le même jour l’avion pour son nouveau poste d’Ambassadeur. La CPI n’a pas bronché, les rebelles de Darfour se sont renforcés.

Du coup, El-Béchir se rend compte qu’il a été berné et réagit. Sans laisser le temps aux faucons de son régime de l’accabler pour avoir bradé le Sud, il fomente un mini coup d’Etat interne pour se débarrasser des officiers supérieurs islamistes et en temps interne de nouveau leur chef spirituel en la personne de Dr Hassan El Tourabi, puis commence un vaste travail de sape à l’encontre du gouvernement du Sud soudan : création des milices opposées au régime. Des milices qui se sont étrangement vite développées et qui ont pris depuis des proportions inquiétantes. Il existe à l’heure actuelle plus de 4 mouvements armés qui luttent contre le pouvoir de Salva Kiir. Dirigés par des anciens célèbres maquisards, souvent proches du défunt Chef historique de SPLA, John Garang, donc des chefs de guerre plus fédéralistes que séparatistes, soutenus fermement et de manière ouverte par Khartoum. Ces mouvements sont devenus une menace sérieuse pour le nouveau régime du Sud Soudan. Le régime d’El-Béchir ne s’est pas arrêté à cela. Il traîne les pieds pour entamer des discussions sur les points encore en suspense et vient même de déclarer publiquement que la région d’ABYEY, région pétrolifère du Sud Soudan, mais habitée majoritairement par des nomades venus du Nord, appartient au Nord. Pire, la région a subi un nettoyage ethnique systématique.

Selon plusieurs sources concordantes, le régime d’El Béchir est en train de durcir sa position vis-à-vis du Sud et beaucoup craignent un regain de violence généralisée qui retarderait la proclamation de l’indépendance du Sud soudan.

Dans cette lancée machiavélique, El Béchir semble trouver deux acolytes qui vont le soutenir dans cette œuvre de destruction du Sud Soudan avant même la naissance de celui-ci : Deby du Tchad et Bozizé de la RCA. Ces deux doivent soutenir El Béchir dans ses desseins de déstabilisation : les rebelles antis Salfa Kiir doivent trouver une base arrière sûre. Par l’intermédiaire de Deby, Bozizé accepta de mettre à la disposition des rebelles la région de l’extrême Nord-Est comme centre de décision et d’accueil les villes de Birao et OBO. On rappelle que cette région est aussi la zone des opérations des rebelles centrafricains : Bozizé pense ainsi faire contenir ses propres rebelles par les rebelles du Sud Soudan, tandis que les armes partiront du Tchad via la RCA.

Dans cette opération tragi-comique, chacun dupe l’autre. Deby, qui a reçu en audience très récemment une délégation des sud-soudanais et qui leur a promis l’ouverture d’un consulat général, était pourtant un opposant acharné contre l’indépendance du Sud-Soudan. Il a aussi trouvé une occasion en or pour montrer à l’opinion internationale sa reconnaissance du nouvel Etat. Mais avant que l’incendie de la case du voisin n’atteigne la sienne, il donne un coup de main très intéressé à El Béchir qui a entre-temps démantelé sans vergogne l’opposition politico-militaire tchadienne sur son territoire ! Pour ce faire, Deby embarque dans ses manigances le pauvre Bozizé pour que son pays serve de base arrière aux contras soudanais, étant entendu qu’aucun pays de la sous-région de l’Afrique orientale n’est prête à accueillir une opposition au nouvel état. Au contraire, tous sont contre, à des degrés divers au nord musulman. Le Gal Bozizé sera présenté aux soudanais par son mentor comme le nouvel allié inconditionnel dans la déstabilisation du Sud-soudan, et naturellement ces sacrifices consentis par le peuple centrafricain pour le Gl El Béchir méritent d’être récompensés. Comment, de quelle nature ? Et combien ? Ce sont les sujets à discuter lors du prochain sommet, à moins que Mr Deby n’en décide autrement.

La convivialité retrouvée entre Deby et El Béchir cache beaucoup des en-dessous. En effet, contrairement à Deby qui agit et réagit sans constance ni consistance, les soudanais n’ont pas une culture de réaction instantanée mais agissent comme le cancer. En d’autres termes ou vous pratiquez l’ablation de la partie attaquée, ou il vous tue ! En ce sens qu’ils n’ont rien oublié de Deby : de ses incartades, de ses volte-face, de ses légèretés à traiter les affaires de l’Etat. . . . Ainsi de la manière la plus intelligente, ils préparent le virus ! Mais. . . . . Deby non plus n’est pas du tout bête, avec la rançon récupérée du voisin du nord … C’est Django tire ou meurt, ou bien Santana tire le premier. Vivant, verra et vivra!!!


Bérémadji Félix (N’djaména)

 

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:50

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Lundi, 09 Mai 2011 14:26

La Journée de l’Europe est célébrée ce lundi 9 mai 2011. L’Union européenne qui est l’un des principaux partenaires au développement de la Centrafrique. Le cadre de la coopération est tracé dans un document de stratégie et actuellement, l’assistance de l’Union européenne s’inscrit dans le programme du 10ième FED, (Fonds européen de développement).

L’objectif global de la coopération entre la CE (Commission européenne et la RCA est la réduction de la pauvreté, conformément à la stratégie de développement de la RCA et aux objectifs du millénaire pour le développement. Les interventions de l’Union européenne en Centrafrique se concentrent sur deux secteurs principaux : La gouvernance, les infrastructures et le désenclavement.

Le programme indicatif pluriannuel en RCA au titre du 10ème FED entendez le Fonds européen de développement, prévoit une enveloppe programmable de 142,8 millions d'euros pour ces priorités, soit près de 93 milliards de francs CFA.

Une enveloppe de près de 22 milliards de nos francs est prévue pour accompagner le gouvernement dans ses efforts en vue de maintenir la stabilité économique et sociale et de réformer la gestion des finances publiques.

Cette intervention européenne en RCA tient aussi compte de questions transversales, telles que la démocratie, la bonne gouvernance, les droits de l'homme, les droits des enfants et des populations indigènes, l’égalité entre les sexes, la préservation de l'environnement à long terme ainsi que la lutte contre le HIV/SIDA.

En février dernier  une convention a été signée pour un montant d’environ 9 milliards de francs CFA.  Le ministre du Plan Sylvain MALIKO avait expliqué à l’époque que ce financement « concerne la réhabilitation des services  de la Justice et de la Police, la construction ou la réhabilitation des routes ».

 

NDLR : Dans ces conditions, on ne peut comprendre la surdité et l'entêtement inutile dont fait preuve Bozizé à qui l'UE ne cesse de demander qu'il annule les dernières élections qu'elle qualifie de "sujettes à caution", du moins les législatives si  la présidentielle lui semble plus difficile à consentir. Si l'UE ferme le robinet financier, Bozizé et son gouvernement ont-il les moyens de faire face à la situation ? Une chose est certaine, Bozizé n'a aucune légitimité actuelement ainsi que son assemblée nationale et son gouvernement Touadéra 3. Ils sont l'émanation d'élections frauduleuses avérées aux résultats contestés par tout le monde. L'actuelle Assemblée nationale composée exclusivement de sa famille et de son parti KNK doit être dissoute.

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 01:35

 

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 01:01

 

 

logo ONU

 

 


BRAZZAVILLE - Vingt-huit agents de la Mission d'observation de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) ont été bloqués pendant une nuit à l'aéroport de Pointe-Noire (sud du Congo) avant de devoir repartir à Kinshasa, a appris l'AFP samedi de sources concordantes.

On est rentré à Kinshasa. La situation n'a pas été débloquée comme il se doit. On est resté bloqués à l'aéroport jusqu'au moment où nous avons pris l'avion pour repartir à 11H00 locale (10H00 GMT). La Monusco a envoyé un avion pour nous chercher, a déclaré à l'AFP au téléphone de Kinshasa Martin Nagler, membre de l'équipe de la Monusco.

Dans la matinée, M. Nagler avait déclaré: Nous sommes bloqués depuis hier (vendredi) à 18H30 (17H30 GMT) à l'aéroport de Pointe-Noire, alors que nous sommes venus passer deux à trois jours de vacances après avoir reçu l'autorisation de l'ambassade du Congo en RDC.

Un général de l'armée congolaise lui a précisé que l'ordre de les bloquer venait de Brazzaville, a-t-il ajouté.

Bien qu'ils soient agents de l'ONU, ils ne peuvent pas décider de venir dans un pays souverain sans en avoir avisé les autorités, avait indiqué à l'AFP une source à la division régionale de surveillance du territoire de Pointe-Noire, sous couvert d'anonymat.

Ils sont venus de façon impromptue et incognito. Ils devaient quand même informer le ministère des Affaires étrangères, ils ne l'ont pas fait. Maintenant, nous leur demandons de repartir et ils ne veulent pas. Apparemment ils avaient une autre mission à Pointe-Noire, avait ajouté cette source qui n'a pas voulu commenter le retour des agents.

Les agents sont de diverses nationalités: américaine, sud-africaine, allemande, canadienne, française.

Les relations sont tendues entre les deux Congo qui partagent environ 1.500 km de frontière. Kinshasa avait rappelé fin mars son ambassadeur à Brazzaville, à la suite de l'attaque le 27 février de la résidence du président Joseph Kabila et d'un camp militaire, qui avait fait 19 tués, onze assaillants et huit soldats. Kinshasa accuse Brazzaville d'avoir accueilli sur son territoire deux ressortissants de la RDC, le général Faustin Munene, soupçonné d'être le commanditaire de cette attaque, et Ondjani Mangbana, accusé d'être un rebelle.

Le général Munene, accusé par la RDC notamment de tentative de coup d'Etat en novembre 2010 dans la province du Bandundu (ouest), a été arrêté à la mi-janvier à Pointe-Noire, deuxième ville du Congo-Brazzaville. Un tribunal militaire de RDC l'avait condamné par contumace à la prison à perpétuité début mars.

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 18:12

 

 

 

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(Journal de Bangui 29/04/2011)

Mme Sahle Work Zewdé, déplore l’impasse du processus DDR

La Représentante du Secrétaire Général des Nations-Unies en Centrafrique, Mme Sahle Work Zewdé, au terme de sa mission en RCA a déploré que le processus Désarmement Démobilisation et Réinsertion (DDR) ait marqué le pas et que le désarmement n’ait pas pu commencer plus de deux ans après sa mise sur pied, C’était ce mercredi 27 avril au cours d’une réception d’adieux, à Bangui. La diplomate onusienne a affirmé dans son discours que la phase des ex-combattants s’est achevée récemment dans le Nord-Ouest sous la supervision des Observateurs Militaires de la MICOPAX. Ainsi, «Un total de 6.067 ex-combattants se sont présentés spontanément pour être vérifier, et plus tard désarmés et démobilisés», a –t-elle précisé. D’autre part, elle a ajouté, qu’une stratégie est à présent formulée et permettra d’offrir des perspectives réelles de réinsertion, de réintégration et de réconciliation aux ex-combattants, et à leurs communautés d’accueil.

S’agissant de la participation politique des femmes à prise de décision et la lutte contre les violences basées sur le genre, Mme Sahle Work Zewdé a déclaré que «nous devons tous et toutes nous féliciter du fait qu’au lendemain des récentes élections législatives et de la formation du nouveau gouvernement, l’on constate que le nombre de femmes dans le gouvernement et à l’Assemblée Nationale a connu une légère hausse qu’il serait souhaitable de maintenir et d’améliorer au fil de temps.» Au plan politique, elle a suggéré qu’il faille également et dès maintenant préparer les prochaines élections, et appuyer la mise en place et le développement d’une administration électorale pérenne à travers un secrétariat administratif permanent et les mesures d’accompagnement légal, institutionnel, technique et financier.

«Je demeure convaincue que les acteurs politiques centrafricains sauront puiser dans l’esprit de dialogue et de consensus afin d’engager, dès que possible, les réformes et améliorations nécessaires au prochain cycle électoral», a-t-elle poursuivi. «Ceci contribuera, je l’espère à nourrir la réflexion qui doit être menée sur la problématique des élections sur le continent», a conclu la diplomate. Arrivée à Bangui en juin 2009, Mme Zewdé est maintenant nommée au poste récemment créé de Directeur du Bureau de l’Organisation des nations-Unies à Nairobi, avec rang de sous-Secrétaire général.

Par Sebastien Lamba - 28/04/2011


© Copyright Journal de Bangui

 

 

NDLR : Selon des informations crédibles émanant d'une source des Nations Unies ayant requis l'anonymat, ce qui avait été présenté début mars dernier par Bozizé et sa clique comme étant un message de félicitation émanant du Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki moon que son Adjoint Lynn Pascoe était venu à Bangui remettre à Bozizé après son élection dès le premier tour à la présidentielle, n'était en réalité qu'un document rappelant les principaux points sur lesquels Ban Ki moon attendait fermement des efforts et de réels progrès de la part du régime de Bangui. Le courrier ne parlait nullement de félicitation. On le voit, la manipulation et le mensonge sont les armes bien connues du clan bozizéen qui peu après, est toujours rattrapé par la vérité des faits.     

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:33

 

 

 

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Dossier: Manifestations anti-Kadhafi en Libye

 

BRUXELLES, 26 avril – (RIA Novosti) - Entre 300 et 500 mercenaires étrangers, certains issus des pays membres de l'UE, combattent en Libye avec les troupes de Mouammar Kadhafi, annonce mardi le journal électronique EUobserver citant Michel Koutouzis, expert grec du crime organisé.

"Les mercenaires européens, en majeure partie des experts en armes lourdes, en hélicoptères et en tactique militaire, touchent plusieurs milliers de dollars par jour. La plupart d'entre eux sont originaires de Biélorussie, de Serbie et d'Ukraine. Il y a un nombre considérable d'experts polonais en hélicoptères. Des citoyens belges, britanniques, français et grecs sont également impliqués", lit-on dans le journal.

En outre, des ressortissants de Centrafrique, du Tchad, du Niger, du Mali et de la Somalie figurent dans les rangs de l'armée de Kadhafi, et touchent jusqu'à 2.000 dollars par jour.

Une source à Benghazi, siège de l'opposition libyenne, a confié à l'EUobserver que "des officiers de carrière algériens, russes et syriens aident également Kadhafi".

L'armée du colonel Kadhafi compte actuellement près de 25.000 militaires. En outre, une armée de 35.000 à 50.000 bénévoles très bien armés se trouvent sous le commandement des fils du leader libyen.

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 01:57

 

 

 

libye carte-copie-1

 

 


par
Ignacio Ramonet   Le Monde diplomatique mars avril 2011

"Tous les peuples du monde qui ont bataillé pour la liberté ont fini par exterminer leurs tyrans."


Simon Bolivar

Les insurgés libyens méritent l’aide de tous les démocrates. Le colonel Kadhafi est indéfendable. La coalition internationale qui l’attaque n’est pas crédible. On ne bâtit pas une démocratie avec des bombes étrangères.

Parce qu’elles sont en partie contradictoires, ces quatre évidences nourrissent un certain malaise, notamment au sein des gauches, à propos de l’opération Aube de l’Odyssée lancée en Libye le 19 mars dernier.

L’insurrection des sociétés arabes constitue l’événement politique international le plus important depuis l’écroulement, en Europe, du socialisme autoritaire d’Etat en 1989. La chute du Mur de la peur dans les autocraties arabes est l’équivalent contemporain de la chute du Mur de Berlin. Un authentique séisme mondial. Parce qu’il se produit dans la zone où sont localisées les principales réserves d’hydrocarbures de la planète, et parce que son épicentre se trouve au sein du "foyer perturbateur" du monde (cet "arc de toutes les crises" qui va du Pakistan au Sahara Occidental, en passant par l’Iran, l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, la Palestine, la Somalie, le Soudan, le Darfour et le Sahel), ses ondes d’expansion bouleversent toute la géopolitique mondiale.

Quelque chose s’est brisé pour toujours dans le monde arabe le 14 janvier dernier. Ce jour-là, des manifestants tunisiens qui réclamaient pacifiquement depuis des semaines la liberté et la démocratie réussirent à renverser le despote Ben Ali. Commençait alors le dégel des vieilles tyrannies arabes. Un mois plus tard, en Egypte, cœur de la vie politique arabe, un puissant mouvement de protestation sociale expulsait également du pouvoir le général Moubarak. A partir de cet instant, comme s’ils découvraient soudain que les régimes autoritaires, du Maroc à Bahreïn, étaient des colosses aux pieds d’argile, des dizaines de milliers de manifestants arabes envahirent les places en criant leur ras-le-bol infini des ajustements sociaux et des dictatures [1  ].

La force spontanée de ces vents de liberté prit par surprise l’ensemble des chancelleries du monde. Lorsqu’ils commencèrent à souffler sur les dictatures alliées de l’Occident (en Tunisie, Egypte, Maroc, Jordanie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Oman, Yémen), les grandes capitales occidentales, notamment Washington, Paris et Londres, gardèrent un silence gêné, ou multiplièrent des déclarations révélatrices de leur profond malaise devant la perspective de perdre leurs "amis dictateurs [2  ]".

Le plus surprenant toutefois, durant cette première phase qui va de la mi-décembre à la mi-février, ce fut le silence des gouvernements progressistes d’Amérique latine, considérés par une partie de la gauche internationale comme sa principale référence contemporaine. Surprise d’autant plus grande que ces gouvernements ont de nombreux points communs avec l’actuel mouvement insurrectionnel arabe : arrivés au pouvoir par les urnes, ils sont soutenus par de puissants mouvements sociaux (au Venezuela, Brésil, Uruguay, Paraguay) lesquels, dans plusieurs pays (Equateur, Bolivie, Argentine), après avoir résisté à des dictatures militaires, ont également renversé pacifiquement des gouvernants corrompus.

Leur solidarité avec les insurrections arabes, répliques en quelque sorte de leurs propres révoltes, aurait dû être immédiate. Ce ne fut pas le cas. Pourtant le caractère progressiste du mouvement ne faisait nul doute. L’intellectuel marxiste égyptien Samir Amin le décrit en ces termes : " C’est un mouvement puissant, démocratique, anti-impérialiste et à tendance sociale forte. Il réunit toutes ces dynamiques en même temps. Les forces principales à l’œuvre pendant les mois de janvier et de février étaient de gauche. Elles ont démontré qu’elles avaient un écho populaire gigantesque puisqu’elles sont arrivées à entraîner 15 millions de manifestants à travers le pays ! Les jeunes, les communistes, des fractions des classes moyennes démocratiques composent la colonne vertébrale de ce mouvement [3  ]."

Malgré cela, il fallut attendre le 14 février - soit trois jours après la chute de Moubarak et un jour avant le début de l’insurrection populaire en Libye - pour que, enfin, un leader latino-américain qualifie la rébellion arabe de "révolutionnaire" dans une déclaration qui expliquait avec lucidité : "Les peuples ne défient pas la répression et la mort, et ne passent pas des nuits entières à protester énergiquement, pour des questions simplement formelles. Ils le font lorsque leurs droits légaux et matériaux sont sacrifiés sans pitié à cause des exigences insatiables de politiciens corrompus et des cercles nationaux et internationaux qui saccagent le pays [4  ]."

Mais lorsque, naturellement, la révolte gagna les États autoritaires du prétendu "socialisme arabe" (Algérie, Libye, Syrie), un lourd mutisme s’abattit de nouveau sur les capitales de l’Amérique latine progressiste... A ce stade, on pouvait encore l’interpréter de deux façons : soit il s’agissait d’un simple prolongement du silence prudent que ces pays avaient jusqu’alors globalement observé par rapport à des événements éloignés de leurs principales préoccupations ; soit c’était l’expression d’un malaise politique devant la crainte de perdre, dans leur bras de fer avec l’impérialisme, des alliés stratégiques...

Craignant que cette seconde option l’emporte, plusieurs intellectuels de renom [5  ] avertirent immédiatement qu’une telle position serait impensable pour des gouvernements se réclamant du message universel du bolivarisme. Car elle reviendrait à affirmer qu’une relation stratégique entre Etats est plus importante que la solidarité avec des peuples en lutte pour leur liberté. Que cela conduirait, tôt ou tard, à fermer les yeux devant d’éventuelles violations des droits de l’homme. Et qu’alors l’idéal fraternel de la révolution latino-américaine sombrerait dans les eaux glacées de la "realpolitik" [6  ].

Sur l’échiquier des relations internationales, la "realpolitik" (définie par Bismarck, le "chancelier de fer" prussien, en 1862) considère que les pays se réduisent à leurs Etats. Elle ne tient jamais compte des sociétés. Selon elle, les Etats n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts. L’objectif central de leurs alliances stratégiques étant la préservation de l’Etat, pas la protection de la société.

Depuis la paix de Wesphalie, en 1648, la doctrine géopolitique établit que la souveraineté des États est intouchable en vertu du principe de non-ingérence, et qu’un gouvernement, quelle que soit la manière dont il est arrivé au pouvoir, a la liberté la plus absolue de faire ce qu’il veut en matière d’affaires internes.

Une telle conception de la souveraineté - toujours dominante - a vu sa légitimité s’éroder depuis la fin de la guerre froide en 1989. Et cela au nom des droits du citoyen, et d’une idée plus éthique des relations internationales. Les dictatures, dont le nombre se réduit d’année en année, apparaissent de moins en moins légitimes au regard du droit international. Ne serait-ce que parce qu’elles dépossèdent les personnes de leurs attributs de citoyens.

Sur la base de ce raisonnement, au cours des années 1990, émergea le concept de droit d’ingérence ou de droit d’assistance qui conduisit, sous d’acceptables prétextes de façade, à des désastres politico-humanitaires de très grande envergure au Kosovo, en Somalie, en Bosnie... Pour finalement, sous la conduite des "neocons" américains, se fracasser totalement lors de la guerre d’Irak [7  ].

Cependant, de si tragiques échecs n’ont pas ruiné l’idée qu’un monde plus civilisé doit se résoudre à abandonner peu à peu une conception de la souveraineté interne établie il y a près de quatre siècles et au nom de laquelle des pouvoirs non élus démocratiquement ont commis (et commettent) d’innombrables atrocités contre leurs propres peuples.

En 2006, les Nations Unies, dans leur résolution 1674 [8  ], ont fait de la protection des civils, y compris contre leur propre gouvernement lorsque celui-ci fait usage d’armes de guerre pour réprimer des manifestations pacifiques, une question fondamentale. Qui modifie, en matière de droit international, pour la première fois depuis le Traité de Wesphalie, la conception même de la souveraineté interne et le principe de non-ingérence. La Cour Pénale Internationale (CPI), créée en 2002, va exactement dans le même sens.

Et c’est d’ailleurs dans cet esprit que de nombreux dirigeants latino-américains ont dénoncé, à juste titre, la passivité ou la complicité de grandes démocraties occidentales devant les violations commises contre la population civile, entre 1970 et 1990, par les dictatures militaires au Chili, Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et tant d’autres pays martyrs d’Amérique centrale et du sud.
D’où la surprise devant l’absence du moindre message en provenance d’Amérique latine de solidarité avec les victimes civiles quand, en Libye, à partir du 15 février, commencèrent les protestations pacifiques, immédiatement réprimées par les forces du colonel Kadhafi avec une violence extrême (233 morts dès les premiers jours [
9  ]). Rien non plus lorsque, le dimanche 20 février, éclata la bombe sociale que n’importe quel Latino-américain aurait qualifié de "Tripolitazo". C’est-à-dire l’irruption dans les rues de la capitale de la Libye de quelque 40 000 manifestants dénonçant la vie chère, la dégradation des services publics, les privatisations imposées par le FMI et l’absence de libertés.

Comme durant le "Caracazo" du 27 février 1989 au Venezuela, cette insurrection, diffusée vers l’étranger par des dizaines de témoins oculaires [10  ], s’étendit comme une trainée de poudre à tout le centre de la ville. Les manifestants mirent le feu au ministère de l’intérieur et au siège du gouvernement, ils saccagèrent les locaux de la radio et de la télévision officielles, occupèrent l’aéroport et assiégèrent le palais présidentiel. En 48 heures à peine, le régime libyen parut sur le point de s’effondrer.

Dans de semblables circonstances, tout autre dirigeant raisonnable aurait compris que l’heure de négocier et d’abandonner le pouvoir avait sonnée [11  ]. Pas le colonel Kadhafi. Au risque le plonger son pays dans une guerre civile, le "Guide", au pouvoir depuis 42 ans, expliqua que les manifestants étaient "des jeunes qu’Al-Qaida avait drogués en versant des pilules hallucinogènes dans leur Nescafé... [12  ]" Et ordonna à ses forces armées de réprimer les protestations à coups de canon. La chaîne Al Jazeera montra les avions militaires mitraillant des civils [13  ].

A Benghazi, pour se défendre contre de telles brutalités, un groupe de protestataires prit d’assaut un arsenal de la garnison locale et s’empara de milliers d’armes légères. Plusieurs détachements militaires dépêchés par Kadhafi pour étouffer la contestation, passèrent avec armes et bagages du côté des insurgés. En conditions très défavorables pour les rebelles, commençait alors la guerre civile. Un conflit imposé par Kadhafi contre un peuple qui réclamait pacifiquement le changement.
Jusqu’alors, les capitales de l’Amérique latine progressiste demeurent silencieuses. Nul mot de solidarité, pas même de compassion à l’égard des civils insurgés qui luttent et meurent pour la liberté.

Il faudra attendre le 21 février. Ce jour-là, dans une manœuvre pour dévier l’attention des médias, la diplomatie britannique (dont la responsabilité est majeure depuis 2004 dans la réhabilitation internationale du colonel Kadhafi), par la voix du ministre des Affaires étrangères William Hague, "révèle" que le président libyen "pourrait avoir fui de son pays et être en train de se diriger vers le Venezuela [14  ]."

C’est faux. Et Caracas dément sur le champ. Mais les médias internationaux mordent à l’hameçon, et redirigent immédiatement leurs regards vers la connexion suggérée par le Foreign Office. Oubliant les spectaculaires accueils réservés au dictateur libyen à Rome, Londres, Paris ou Madrid, la presse internationale va désormais insister sur les relations du "Guide" avec Caracas. Kadhafi lui-même se prête à l’opération et mentionne à son tour le Venezuela dans son premier discours (un parapluie à la main) depuis le début de la contestation.

Il le fait pour démentir sa fuite, mais cela relance les spéculations sur "l’axe Tripoli-Caracas". Kadhafi ajoute : "Les manifestants sont des rats, des drogués, un complot d’étrangers, d’Américains, d’Al Qaida et de fous [15  ]."

Ce prétexte commode du "complot américain [16  ]" est vite repris comme argument valable par plusieurs dirigeants progressistes sud-américains ; Daniel Ortega, président du Nicaragua, entre autres. A partir de là, chacun à sa manière, ces leaders vont exprimer clairement leur soutien au dictateur libyen. Sans une phrase de compassion pour un peuple insurgé contre un tyran militaire qui ordonne de tirer contre ses propres citoyens. Nulle allusion non plus à la fameuse citation du Libertador Simon Bolivar : "Maudit soit le soldat qui retourne les armes contre son peuple", doctrine fondamentale du bolivarisme.

L’énormité de l’erreur politique atterre. Une fois encore, des gouvernements progressistes accordent la priorité, en matière de relations internationales, à de cyniques considérations stratégiques qui contredisent d’ailleurs leur propre nature politique.

Un tel raisonnement les conduira-t-il à exprimer également leur soutien à un autre tyranneau local, Bachar Al Assad, président de la Syrie, un pays qui vit sous la loi d’urgence depuis 1962 et où les forces antiémeutes n’ont pas hésité, en mars dernier, à tirer à balles réelles contre de pacifiques manifestants désarmés ?

Concernant la Libye, la seule initiative latino-américaine constructive a été celle du président du Venezuela Hugo Chavez. Le 1er mars dernier, il a proposé d’envoyer à Tripoli une Commission internationale de médiation, composée de représentants de pays du Sud et du Nord, pour tenter de mettre fin aux affrontements et rechercher un accord politique entre les parties. Refusée par Seïf el Islam, fils du "Guide", mais acceptée par Kadhafi, cette importante tentative de médiation a été maladroitement écartée par Washington, Paris et Londres, puis par les insurgés eux-mêmes.

Depuis lors, les chancelleries progressistes latino-américaines insistent sur leur soutien à un véritable illuminé. Il y a en effet des décennies que Mouammar Kadhafi a cessé d’être ce capitaine révolutionnaire qui, en 1969, renversa la monarchie, expulsa de son pays les bases militaires américaines et proclama une singulière "République arabe et socialiste".

Depuis la fin des années 1970, son parcours erratique et ses délires idéologiques (cf. son surréaliste Livre vert) ont fait de lui un dictateur imprévisible, versatile et ostentatoire. Semblable aux tyrans fous que l’Amérique latine connut au XIXe siècle sous le nom "caudillos barbares [17  ]"... Deux témoignages de ses délires : l’expédition militaire de 3 000 hommes qu’il lança, en 1978, pour venir en aide au sanguinaire Idi Amin Dada, président également dément de l’Ouganda... Et son goût pour un jeu érotique avec de jeunes mineures, le "bunga bunga", qu’il enseigna à son compère italien Silvio Berlusconi [18  ]...

Kadhafi ne s’est jamais soumis à aucune élection. Il a établi, autour de son image, un culte de la personnalité qui voudrait faire de lui une sorte de Dieu sur terre. Dans la "massocratie" (Jamahiriya) libyenne il n’y a pas aucun parti politique, seulement des "comités révolutionnaires". Comme il s’est autoproclamé "Guide" à vie, le dictateur se considère au-dessus des lois. En revanche, le lien familial serait, selon lui, source de droit. Ce qui lui a permis de nommer ses enfants aux plus hauts postes de responsabilité de l’Etat ainsi qu’à ceux de plus forte rentabilité dans les affaires.

Après l’invasion (illégale) de l’Irak en 2003, craignant d’être le suivant sur la liste, Kadhafi fit allégeance à Washington, signa divers accords avec l’Administration Bush, se débarrassa de ses armes de destruction massive et indemnisa les victimes de ses attentats. Pour plaire aux "neocons" américains, il s’érigea en implacable persécuteur d’Ossama Ben Laden et du réseau Al Qaida. Il établit également des accords avec l’Union européenne pour empêcher, moyennant finances, l’émigration clandestine en provenance d’Afrique. Il intégra le FMI [19  ], créa des zones spéciales de libre échange, céda les gisements d’hydrocarbures aux multinationales occidentales et élimina les subventions aux produits alimentaires de base. Il mit en route la privatisation de l’économie, ce qui entraîna une importante augmentation du chômage et creusa les inégalités.

Le "Guide" fut le seul dirigeant arabe à protester contre le renversement du dictateur Ben Ali qu’il considérait comme "le meilleur gouvernant de l’histoire de la Tunisie". En matière d’inhumanité, ses méfaits sont innombrables. Depuis son soutien à de nombreuses organisations terroristes jusqu’à sa participation à des attentats odieux contre des avions civils, en passant par son acharnement contre cinq innocentes infirmières bulgares, ou l’exécution sans jugement, dans le sinistre bagne Abou Salim de Tripoli, en 1996, d’un millier de prisonniers originaires de Benghazi [20  ].

La révolte actuelle commença précisément dans cette ville lorsque, le 15 février, les familles de ces fusillés, encouragées par la vague de protestations dans les autres pays arabes, manifestèrent pour exiger pacifiquement la libération de l’avocat Fathy Terbil qui défend depuis quinze ans leur droit à récupérer les dépouilles de leurs parents exécutés [21  ].

Les images montrant la brutalité de la répression contre ces paisibles manifestants - diffusées par les réseaux sociaux et par Al Jazeera -, scandalisèrent les Libyens. Dès le lendemain, les protestations s’étaient étendues à tout le pays. Dans la seule ville de Benghazi, la police et les milices kadhafistes allaient abattre 35 personnes [22  ].

Un si haut degré de brutalité contre les civils [23  ] fit légitimement craindre, vers la mi mars, lorsque les forces de Kadhafi se présentèrent aux portes de Benghazi, qu’un nouveau bain de sang se préparait. D’autant que, dans un discours adressé aux "rats" de cette ville, le "Guide" n’oculta pas ses intentions : "Nous arrivons ce soir. Commencez à vous préparer. Nous irons vous chercher jusqu’au fond de vos placards. Nous serons sans pitié [24  ]."

Aux rebelles libyens assiégés qui réclamaient à grand cri l’aide internationale, ce sont les peuples récemment libérés de Tunisie et d’Egypte qui auraient dû leur porter, en toute urgence, secours [25  ]. C’était leur responsabilité. Lamentablement, les gouvernements de ces deux pays n’ont pas su être à la hauteur des circonstances historiques.

Dans ce contexte d’urgence, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, le 17 mars, la résolution 1973 qui établit une zone d’exclusion aérienne en Libye dans le but de protéger la population civile et faire cesser les hostilités [26  ]. La Ligue arabe avait donné son aval préalablement. Et, chose exceptionnelle, la résolution fut présentée para un Etat arabe : le Liban (avec la France et le Royaume Uni). Ni la Chine, ni la Russie, qui disposent du droit de veto, ne s’y sont opposées. Le Brésil et l’Inde n’ont pas voté contre. Plusieurs pays africains se sont prononcés en sa faveur : l’Afrique du Sud (patrie de Mandela), le Nigéria et le Gabon. Aucun Etat ne s’y est opposé.

On peut hostile à la structure actuelle (injuste) des Nations Unies. Ou estimer que son fonctionnement laisse à désirer. Ou que les grandes puissances occidentales dominent cette organisation. Ce sont là des critiques parfaitement recevables. Mais, pour le moment, l’ONU est la seule source de droit international admise par tous. En ce sens, et contrairement aux guerres du Kosovo ou d’Irak qui n’ont jamais eu le feu vert de l’ONU, l’intervention actuelle en Libye est légale, selon les critères du droit international ; légitime, d’après les principes de solidarité entre démocrates ; et souhaitable, sur la base de la fraternité internationaliste qui unit les peuples en lutte pour la liberté.

On pourrait ajouter que des puissances musulmanes au départ réticentes, comme la Turquie, ont fini par participer à l’opération.

Ajoutons que si Kadhafi, comme c’était son intention, avait noyé dans le sang l’insurrection populaire, il aurait adressé un signe néfaste aux autres tyrans régionaux. Il les aurait encourager à en finir eux aussi, par des méthodes radicales, avec les protestations locales. Il suffit d’ailleurs d’observer que, dès que troupes kadhafistes approchèrent à feu et à sang de Benghazi, devant la passivité internationale, les régimes de Bahreïn et du Yémen n’hésitèrent plus à faire feu à balles réelles contre les manifestants. Ils ne l’avaient pas fait jusqu’alors. Eux aussi misaient sur l’immobilisme international.

Dans la crise actuelle, l’Union européenne a une responsabilité spécifique. Pas seulement militaire. Elle doit penser à la prochaine étape de consolidation des nouvelles démocraties qui surgissent dans cette région si proche. Elle se doit de soutenir le "printemps arabe". Et la meilleure manière de le faire serait de lancer un véritable "Plan Marshall" d’aide économique "semblable à celui qui fut mis sur pied pour aider l’Europe de l’Est après la chute du mur de Berlin [27  ] ".

Tout cela signifie-t-il que l’opération militaire en cours ne pose pas de problèmes ? Evidemment non.

En premier lieu, parce que les Etats ou organisations qui la conduisent (Etats-Unis, France, Royaume Uni, OTAN) sont les "suspects habituels" impliqués dans de multiples aventures guerrières sans la moindre couverture légale, légitime ou humanitaire. Même si, cette fois, les objectifs de solidarité démocratique semblent plus évidents que les liens avec la sécurité nationale des Etats-Unis, il faut tout de même se demander : depuis quand ces puissances se sont-elles intéressées à la démocratie en Libye ? C’est pourquoi elles manquent de crédibilité.

Deuxièmement : il y a d’autres injustices dans la région - la souffrance palestinienne, l’intervention militaire saoudienne à Bahreïn contre la majorité chiite sans défense, la brutalité disproportionnée dont font preuve les autorités du Yémen ou de Syrie contre leur population... - à l’égard desquelles, les puissances qui attaquent Kadhafi ferment les yeux.

Troisièmement : l’objectif de l’intervention doit être celui que définit la résolution 1973, et seulement celui-là. Ni invasion terrestre, ni victimes civiles. L’ONU n’a pas autorisé le renversement de Kadhafi, même s’il semble être l’objectif final (et illégal) de l’opération. En aucun cas cette intervention ne doit servir de précédent à d’autres aventures guerrières visant des Etats dans le collimateur des puissances occidentales dominantes.

Quatrièmement : l’histoire enseigne (et le cas de l’Afghanistan le démontre) qu’il est plus facile d’entrer en guerre que d’en sortir.

Cinquièmement : l’odeur de pétrole de toute cette affaire empeste.

Les peuples arabes soupèsent sans doute le juste et l’injuste de cette intervention militaire en Libye. Dans leur grande majorité ils soutiennent les insurgés (même si on ne sait toujours pas qui ils sont exactement, et même si on soupçonne qu’il y a parmi eux des éléments indésirables). Pour l’instant, jusqu’au 31 mars, aucune manifestation hostile ne s’était produite dans aucune capitale arabe contre l’opération militaire. Au contraire, comme si cela les avait encouragées, de nouvelles protestations contre les autocraties se sont même intensifiées au Maroc, au Yémen, à Bahreïn... Et surtout en Syrie.

Dès la fin mars, les deux principales exigences de la résolution 1973, zone d’exclusion aérienne et protection de la population de Benghazi, étaient obtenues. D’autres ne l’étaient pas encore (cessez-le-feu des forces kadhafistes, et garantie d’accès sécurisé à l’aide humanitaire internationale), mais les bombardements auraient dû cesser. D’autant que, depuis le 31 mars, l’OTAN a assumé la conduite de l’intervention militaire sans en avoir reçu mandat des Nations unies.

La résolution 1973 n’autorise pas non plus à armer, entrainer et commander militairement les rebelles. Cela suppose un minimum de forces étrangères ("commandos spéciaux") présentes sur le sol libyen. Ce qui est explicitement exclu para la décision du Conseil de sécurité.

A ce stade du conflit, il est donc urgent que les membres de ce Conseil de l’ONU se consultent à nouveau ; qu’ils tiennent compte des réserves actuelles de la Chine, de la Russie, de l’Inde et du Brésil pour imposer un cessez-le-feu et rechercher une issue non militaire au drame libyen.

Une solution qui prenne aussi en considération l’initiative de l’Union africaine, garantisse l’intégrité territoriale de la Libye, préserve les richesses de son sous-sol (lorgnées par des puissances étrangères), mette fin à la tyrannie et réaffirme l’aspiration à la liberté et à la démocratie des citoyens.
Dans un tel cadre, seule une issue négociée par toutes les parties serait juste

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:30

 

 

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Sebastian Chi Elvido quotidien Mutations 15 Avril 2011

L'incident s'est produit à la frontière au cours d'une partie de chasse illégale dans les forêts camerounaises. Des braconniers centrafricains ont tiré et blessé huit personnes, dont 6 Pygmées. C'était au cours d'une partie de chasse illégale il y a deux semaines dans les forêts de la Bouba-et-Ngoko, à l'Est du Cameroun. Parfait Afanda, un éco-garde qui était en patrouille avec ses collègues dans la partie envahie par les Centrafricains au moment de cet incident, raconte : «Ils ont tiré sur six Pygmées Baka qui créaient un passage dans une zone de chasse, blessant certains au dos et d'autres aux bras. Avant l'attaque, nous les avons encerclés et fait un tir de sommation auquel ils ont répliqué, ratant de peu de tuer un de nos collègues. Néanmoins, ils ont abandonné leur cargaison de viande de brousse et pris la fuite.»

Ce dernier ajoute : «Ces braconniers menacent sérieusement aussi bien la faune que les personnes vivant dans ces forêts. D'ailleurs, ils ont laissé un message selon lequel ils n'hésiteraient pas à tirer sur des éco-gardes camerounais au cas où ils les rencontreraient en forêt.»

Chasse cynégétique

Frederik Dumont, le directeur de Rainforest Safari, une zone de chasse sportive, a pris très au sérieux cette menace, au point de décider de suspendre les activités dans cette zone. Pour atteindre le territoire camerounais, ces chasseurs, tous armés de fusils de fabrication artisanale, passent par Bayanga, Salo et Zendi, des villages centrafricains. Et ce n'est pas leur seule voie d'accès sur les forêts camerounaises.

Selon Ottou Balla, le chef de service départemental de la Faune de la Boumba-et-Ngoko, «ils traversent les fleuves Sangha et Gobounou, et se livrent au braconnage dans les concessions forestières et les zones de chasse cynégétique autour des parcs nationaux de Lobeke et de Boumba-Bek.».

Selon les statistiques obtenues auprès du Fonds mondial pour la nature (Wwf) à Yokadouma, le combat engagé contre le braconnage depuis janvier 2011 a conduit à l'interpellation, et à la détention de 20 braconniers centrafricains.

Ces derniers ont été interpellés avec 10 fusils de chasse en leur possession, et sont depuis lors gardés à vue à la prison de Yokadouma. Au cours de leur interrogatoire à la délégation départementale des Forêts et de la Faune de la Boumba-et-Ngoko à Yokadouma, les accusés ont déclaré qu'ils sont fournis en armes de feu et automatiques à partir de Salo et Nola, des localités de la République centrafricaine.

Au cours du même interrogatoire, ils ont avoué au chef de service départemental de la Faune qu'ils tuent toutes les espèces fauniques, avec une préférence pour les éléphants, les gorilles, les chimpanzés et les panthères.

Pour justifier leur intérêt pour la chasse dans les forêts camerounaises, les braconniers centrafricains évoquent non seulement la disparition des espèces fauniques dans leurs forêts, mais aussi le fait qu'ils ignorent les limites des frontières entre la Centrafrique et le Cameroun.

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 23:17

 

 

 

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L’HIRONDELLE n°2549 du jeudi 14 avril 2011

 

Guy Samzun reprécise l’esprit du rapport de l’Union Européenne

Hier dans les dernières heures de l’après-midi, l’ambassadeur haut représentant de l’Union Européenne auprès de la République centrafricaine, M. Guy Samzun était face à la presse au siège de ladite institution sise sur l’avenue Barthélemy Boganda afin de faire le point sur la rencontre de ce dernier avec le président de la République le vendredi 8 avril 2011 au Palais de la Renaissance. L’ambassadeur a discuté longuement mais énormément avec les professionnels des médias présents ce jour sur plusieurs points entre autres la situation postélectorale dans le pays.

Le vendredi 8 avril 2011, le président de la République centrafricaine François Bozizé avait rencontré deux personnalités à savoir les ambassadeurs M. Guy Samzun haut représentant de l’Union Européenne auprès de la République centrafricaine et Jean-Pierre Vidon haut représentant de la France. Après la suite de leur rencontre, M. Guy Samzun  a convié la presse hier mercredi 13 avril 2011 au siège de l’Union Européenne pour leur rendre compte de sa rencontre avec le Chef de l’Etat.

Selon M. Guy Samzun, la rencontre qui avait pour but de mettre des choses au clair, était basée sur plusieurs points :  

Le premier point était de lui remettre une lettre de Mme Ashton,  Haute Représentante de la politique étrangère, Vice-présidente de la commission européenne qui rappelait en substance les inquiétudes de l’Union Européenne dans ce processus électoral et qui incitait fortement la Cour Constitutionnelle à faire son travail en toute impartialité et toute équité avec tout le professionnalisme.

Le deuxième point portait sur le communiqué de la porte-parole de Mme Ashton sur le problème lié à la libre circulation des personnes et à un certain nombre de cas d’arrestations et de détentions arbitraires.

Sur ce point, la discussion se basait sur une décision du Chef de l’Etat empêchant de sortir tous les leaders de l’opposition, même pour des raisons sanitaires (ndlr C.A.P : cas Patassé qui a malheureusement entraîné le décès de ce dernier). Mais aussi sur le même dossier, les deux diplomates ont fait savoir au Président de la République leur inquiétude du nombre d’arrestations et des détentions arbitraires.

Quelques cas ont été cités à savoir : le cas de certains membres la famille de Me Symphorien Balemby et de Jean Daniel Dengou arrêtés arbitrairement et sans chef d’accusation, et détenus à la prison de Bossembélé jusqu’aujourd’hui  sans que rien ne soit décidé par rapport à leur sort ; le cas du candidat Mbessa, mais aussi les pressions sur Maître Otto qui vivrait en ce moment dans la clandestinité totale. Un coin de voile a également été levé sur le citoyen tchèque arrêté dans la localité de Mbaiki. Pour lui, de nombreuses prisons, au lieu que la sécurité soit assurée par les services compétents, sont gardées par des éléments des forces de l’ordre et de sécurité.

M.Samzun a également fait savoir à la presse qu’au Chef de l’Etat, il a souligné le problème majeur qui constitue également la restriction aux libertés de circuler.

Ce problème n’est autre que les nombreuses barrières érigées sur des axes des provinces : sur ces barrières il s’y passe des choses peu orthodoxes empêchant certains citoyens centrafricains de circuler librement.

Le troisième point était la question du rapport des élections en République Centrafricaine. Selon lui, ce rapport n’était pas de l’Union Européenne, mais plutôt des experts internationaux qui ont travaillé sur le financement de l’Union Européenne, sur le modèle européen. Il a poursuivi que ce rapport est trop inquiétant pour la démocratie en République Centrafricaine.

De nombreuses irrégularités ont été relevées à savoir, des problèmes de dysfonctionnement, de désorganisations, de fraudes massives, de de manipulations et de pressions des hommes et des femmes politiques, des autorités administratives et des forces de sécurité pour terroriser les électeurs et certains candidats. Ce rapport est la juste confirmation des faits.

C’est tout ce qui a fait que l’Union Européenne et ses Etats membres qui défendent les valeurs démocratiques trouvent cela pénible.

Par ailleurs, M. Samzun a également précisé qu’il a (avec M. Vidon) demandé au Chef de l’Etat de trouver tous les moyens pour ouvrir un dialogue entre les hommes politiques, selon l’article 8 de l’accord de Cotonou : ce dialogue qui sera le seul moyen de sauver la facette de la tension post-électorale et la démocratie en République Centrafricaine. Il précise par ailleurs que l’Union Européenne n’est pas présente en République Centrafricaine pour des polémiques mais plutôt pour accompagner, aider, conseiller dans le bon sens.

Plusieurs autres points ont été abordés lors de cet entretien avec la presse sur les problèmes en République Centrafricaine notamment sur la pauvreté, l’insécurité, etc. Selon M. Guy Samzun, le vrai problème centrafricain doit être géré et tranché par des Centrafricains.

Pacôme PABA  

   

NDLR : Selon nos informations, les deux diplomates auraient bien fait comprendre à Bozizé à quoi son régime s’exposerait s’il n’acceptait pas au moins l’annulation des élections législatives à défaut d’annuler tous les deux, y compris la présidentielle car la façon avec laquelle la machine à bourrer les urnes a fonctionné à plein tube par le KNK avec la complicité du vrai faux pasteur, le nullissime et escroc Joseph Binguimalé, tel que le rapport des experts électoraux en ont rendu compte est totalement insupportable. Bozizé lui-même  doit avoir honte d’être prétendument élu dès le premier tour avec des résultats immédiatement contestés parce que frauduleux.

Le mandat de cinq ans qu’il croît entamer est gravement entaché de fraude et manque totalement de crédibilité et de légitimité. Dans quelle langue faut-il en parler pour que Bozizé comprenne ? En s’entêtant pour s’accrocher au pouvoir comme il compte le faire, il fait courir au pays le risque qu’il soit sanctionné par les instances partenaires au développement dont la RCA ne peut se permettre de se priver du soutien. Si nos informations se confirment, l’OIF aurait déjà amorcé la procédure visant à sanctionner la RCA au titre de la Déclaration de Bamako, pour non transparence des élections et grave déficit démocratique et violations répétées de droits de l’homme. Les mots ont bel et bien un sens. Bozizé ne peut indéfiniment continuer à rouler tout le monde tout le temps dans la farine. Le sort qui vient d’être fait par sa soldatesque à un ministre, membre de son gouvernement, de surcroît son beau-frère, le sieur Emmanuel Bizot, est  une parfaite illustration de la vraie nature du régime de Bozizé.

Malheureusement, couard et manquant totalement de personnalité, le craintif ministre Emmanuel Bizot a cru devoir se fendre d’un scandaleux communiqué diffusé sur les antennes de la Radio nationale pour minimiser les conséquences de sa brève arrestation et les fouilles illégales de son domicile et son cabinet ministériel par les éléments de la garde présidentielle commandés par le tristement célèbre capitaine Eugène Ngaikoisset à la vaine recherche d’une cache d’armes destinées à faire un coup d’Etat. D’après certaines rumeurs qui circulent à Bangui, l’affaire Bizot aurait été montée de toutes pièces par l’entourage tribaliste de Bozizé, totalement  hostile à l’intention prêtée à Bozizé de désigner celui-ci Premier Ministre afin de lui barrer le chemin de la primature pour laquelle Bozizé a toujours un mal fou à trouver un candidat. Plusieurs personnalités approchées ont décliné purement et simplement ses offres, ce qui fait que le pays vit depuis un mois que Bozizé a prêté serment et que Faustin Touadéra a remis la démission de son cabinet, dans une insupportable attente.  

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 15:02

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Mercredi, 13 Avril 2011 13:26

Le préfet du Haut Mbomou, André SIBALE a demandé aux autorités soudanaises « d’arrêter de piller les richesses de la RCA ».  Il leur demande également de « reconstruire tous les bâtiments administratifs détruits par la rébellion soudanaise en 2002 ». Plusieurs bâtiments de services publics et des maisons d’habitation ont en effet été détruites lors des attaques de certaines villes centrafricaines frontalières avec le Soudan.

Cette mise en garde a été faite au cours d’une mission administrative que le préfet du Mbomou a effectuée à Bambouti (ville frontalière avec le Soudan) la semaine dernière. Selon l’agence d’information Beafrika (www.beafrika.net), le préfet s’est entendu avec ses homologues soudanais pour « mettre fin aux exactions des militaires sur les civils dans la région ».

Le souhait de la population centrafricaine, voisine du Soudan est d’ailleurs de voir un détachement militaire centrafricain important dans ces villes frontalières. Au vu des attaques à répétition des éléments rebelles de la LRA dans la région, le commandement militaire centrafricain a décidé d’organiser des patrouilles militaires dans cette frontière depuis 2010. Visiblement, on assiste à une quasi-absence de ces patrouilles militaires dans cette région.

Les autorités centrafricaines restent cependant attentives à la mise en place du Nouvel Etat du Sud Soudan à l’évolution de la situation dans la région. La carte de la République centrafricaine connaitra un changement dès la mise en place du nouvel Etat.

 

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