Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 00:48

 

 

 

fuite de musulmans tchadiens

 

 

(ANALYSE)

BANGUI 07/06/2011-(Xinhuanet) - Le mardi 31 mai dernier, la découverte de corps deux mineurs centrafricains de 4 et 5 ans dans le coffre de la voiture d'un sujet musulman d'origine tchadienne, a créé un affrontement entre chrétiens et musulmans à Bangui, capitale de la République centrafricaine, faisant 11 morts et des dizaines de blessés dans les deux camps.

Les dégâts matériels ont été considérables. Véhicules, maisons et mosquées ont été brûlées, saccagées et pillées, de sorte que l'on s'interroge comment l'assassinat de deux enfants pouvait provoquer des violences d'une telle ampleur entre les musulmans d' origine tchadienne et les chrétiens.

Pour certains observateurs, l'événement du 31 mai est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase" à cause des enjeux économiques et politiques. Au KM5, le quartier où l'événement s'est déroulé, le petit commerce est surtout tenu par des sujets tchadiens, ce qui frustre les autochtones. Politiques à cause de la présence des Tchadiens dans l'armée nationale.

Le quartier populaire KM5 comporte une forte communauté musulmane composée de Maliens, Nigériens, Sénégalais, spécialisés dans la bijouterie et l'artisanat, des nigérians dans la vente des pièces détachées des bicyclettes et des véhicules et, le tout dominé par une forte colonie tchadienne spécialisée dans la vente des friperies. Mais seuls les Tchadiens ont été visés par ce soulèvement.

"Vous voyez, tous ces kiosques appartenaient aux Centrafricains, mais ils les ont tous revendus aux Tchadiens. Dans le marché, ce sont eux qui contrôlent tout, les balles de friperies de vêtements ou de chaussures, ils nous les vendent trop chers malgré qu'ils sont chez nous", affirme un jeune vendeur à la sauvette rencontré au KM5.

A la question de savoir qui empêchait les Centrafricains de faire du commerce, les jeunes pensent que les autorités du pays facilitent plus les conditions d'installation aux étrangers qu'aux nationaux. Ils accusent aussi les musulmans d'observer des pratiques occultes qui les empêcheraient d'évoluer dans leurs initiatives.

Cette situation crée une frustration au sein de la population. Lorsqu'il y a un malentendu et que les sujets musulmans n'ouvrent pas les magasins, la population connaît à priori une crise. Les produits de première nécessité deviennent rares et chers.

Selon Dr Kpamo, les Centrafricains et les Tchadiens ont eu le destin lié depuis la création de l'Afrique Equatoriale Française (AEF) en 1910 avec l'appellation de l'AEF Oubangui Chari-Tchad.

Dans ce contexte, on peut compter trois phases décisives de l'arrivée des Tchadiens en Centrafrique. D'abord ceux de l'AEF à l'époque coloniale. Ensuite il y a des rebelles pourchassés par le régime d'Hussein Habré arrivés à Bangui dans les années 1980 et qui se sont reconvertis dans le commerce.

La dernière vague est celle de 2003, ceux qu'on appelle des " libérateurs" et qui ont accompagné le président centrafricain François Bozizé à renverser le régime du défunt président Ange Félix Patassé 15 mars 2003.

"Jusqu'ici, nous collaborons bien avec nos frères tchadiens, mais ce sont les libérateurs qui ont gâté nos relations avec leur brutalité et leur violence", a relevé Etienne Koyambi, un quinquagénaire habitant le quartier KM5.

"Après la prise de pouvoir du président Bozizé en 2003, des sujets tchadiens sont restés dans la garde présidentielle. D'autres sont intégrés dans l'armée nationale. Si bien que dès qu'il y a un problème, ces derniers viennent s'interposer pour venger leurs frères", a déploré un chef de quartier qui a requis l'anonymat.

Lorsque les corps des deux enfants ont été découverts le 31 mai, c'est un lieutenant tchadien de la garde présidentielle qui est arrivé le premier sur les lieux et a tiré sur une femme, c'est ce qui a déclenché "le soulèvement antimusulman".

Mais depuis toujours les chefs d'Etat tchadien et centrafricain ne cessent de dire que leurs deux peuples sont "condamnés à vivre ensemble". L'idée de la mise en place d'une commission mixte de sécurité tchado-centrafricaine annoncée par les deux gouvernements semble être une des solutions pour une véritable cohabitation entre Tchadiens et Centrafricains.

© Copyright Xinhuanet

 

Centrafrique : environ 400 Tchadiens réfugiés à leur ambassade à Bangui

BANGUI 07/06/2011(Xinhuanet) - Environ 400 tchadiens dépourvus de tout dont environ 90 femmes et 92 enfants se sont réfugiés à leur ambassade à Bangui, à la suite des violences qui ont opposé ces derniers jours les chrétiens aux musulmans d'origine tchadienne, a constaté un correspondant de Xinhua.

"Nous sommes là parce que nous n'avons plus rien, nos biens ont été emportés par les pillards et nos maisons saccagées. Nous demandons aux ONG humanitaires de nous porter assistance", s'est lamentée une mère d'enfants rencontrée lundi à l'ambassade du Tchad au centre-ville.

"Nous sommes dans un état très délicat, nous dormons par terre. Jusqu'ici seul le gouvernement centrafricain nous est venu en aide, aucune structure internationale n'est encore intervenue", a indiqué un sinistré qui sollicite des tentes et des moustiquaires pour les protéger contre les maladies.

Parmi ses sinistrés, l'on compte environ 19 blessés qui nécessitent l'hospitalisation. Mais pour des raisons de sécurité, ils sont obligés de rester à l'ambassade, selon le ministère centrafricain des Affaires sociales.

"Nous sommes en train de voir comment une équipe médicale pourrait aller les traiter sur place. Mais ces personnes ont besoin d'assistance", a déclaré le chargé de mission aux affaires sociales.

Selon lui, du fait que ces personnes sont au sein de l'ambassade, le ministère des Affaires sociales s'est rapproché du Procureur de la République pour négocier l'accès afin de faciliter l'assistance.

Samedi dernier, les victimes affirment avoir reçu du ministère des Affaires sociales une somme de 500.000 FCFA (environ 1.100 dollars) ainsi que des produits de première nécessité tels que le riz, le sucre, l'huile et quatre nattes, ainsi qu'un geste de l'ambassade.

Une somme de 800.000 FCFA (1.800 dollars) a également été remise à la direction de l'hôpital communautaire de Bangui pour les soins des victimes de ces événements en général.

© Copyright Xinhuanet

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 16:17

 

 

 

soldats-tchadiens.jpg

 

 

Source : surlefeu.fr 6 juin 2011

Nouvel incident au cours du week-end à Bangui. Deux soldats tchadiens auraient abattu à bout portant deux civils centrafricains au lieu-dit PK 12, près de la résidence du président François Bozizé.

Selon Thierry Mbomba, rédacteur en chef du journal Le Démocrate, à Bangui, les deux militaires appartiendraient à la garde rapprochée du chef d’Etat centrafricain.

La semaine dernière, une délégation tchadienne a séjourné à Bangui à la suite de récents affrontements entre Tchadiens et Centrafricains, qui avaient fait onze morts dans la capitale centrafricaine.

 

 

 

Les gouvernements centrafricain et tchadien veulent créer commission mixte de sécurité

BANGUI 06/06/2011(Xinhuanet) - Les gouvernements tchadien et centrafricain ont annoncé la création d'une commission mixte de sécurité chargée de garantir la paix entre les deux peuples, à l'issue de l'affrontement entre chrétiens et musulmans d'origine tchadienne ces derniers jours, suite à l'assassinat de deux enfants par un sujet musulman à Bangui.

L'annonce a été faite vendredi dans un communiqué conjoint sanctionnant la rencontre entre le président François Bozizé et la délégation tchadienne conduite par le ministre tchadien de la Défense Bichara Issa Yababa, accompagné de quelques haut-gradés de l'armée tchadienne, dépêchés à Bangui pour trouver une solution à cette crise.

Les deux gouvernements se proposent de "réactiver la commission mixte tchado-centrafricaine, le comité de concertation et créer la commission mixte de sécurité" pour veiller à la paix et à une bonne cohabitation entre les tchadiens et les centrafricains, indique le communiqué.

Pour mettre fin à des scènes de violences entre les deux peuples, ils proposent d'engager une vaste campagne de sensibilisation en direction des deux communautés "en vue de préserver leurs liens de fraternité séculaires", de même que l'application du le principe de la libre circulation des biens et des personnes dans la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale).

Par ailleurs, les autorités tchadiennes et centrafricaines ont recommandé l'accélération de l'enquête judiciaire déjà entamée pour identifier les auteurs de l'assassinat des deux enfants, qui était à l'origine du soulèvement et d'autres cas criminels, et de libérer les personnes innocentes emprisonnées à la suite de cette affaire, mais surtout d'"indemniser les victimes avérées par le gouvernement centrafricain".

Le 31 mai dernier, les corps de deux mineurs centrafricains ont été retrouvés dans le coffre de la voiture d'un transporteur musulman au quartier KM5 à Bangui. Cette situation a déclenché des scènes de violences entre chrétiens et musulmans d'origine tchadienne qui a une forte colonie dans cette partie de la capitale centrafricaine.

Des véhicules et des mosquées ont été brulés, et des maisons et magasins appartenant aux musulmans saccagés et pillés, tandis que l'on compte huit morts côte tchadien et trois côte centrafricain et plusieurs blessés dans les deux camps.

Une mission tchadienne est arrivée à Bangui pour s'enquérir de la situation.

En 2008, l'assassinat de deux jeunes musulmans d'origine tchadienne soupçonnés de braquage par les éléments de l'Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB), une unité de la police, avait provoqué un soulèvement au KM5 à Bangui.

Depuis vendredi, le calme est revenu dans la ville de Bangui. Les magasins ont ouvert leur porte samedi matin.

© Copyright Xinhuanet

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 11:02

 

 

 

fuite-de-musulmans-tchadiens.jpg

 

 

RFI samedi 04 juin 2011 Avec notre correspondant à Bangui

Bichara Issa Djadala, ministre tchadien de la Défense, a conduit une délégation à Bangui. Un déplacement qui intervient après les violences qui ont visé la communauté musulmane de la capitale et qui se sont soldées par la mort de 11 personnes (8 Tchadiens et 3 Centrafricains). Les ministres centrafricain et tchadien de la Défense ont annoncé une série de mesures pour apaiser les tensions.

Dans leurs communiqués conjoints, les gouvernements centrafricain et tchadien déplorent des morts, des blessés et d’importants dégâts matériels. A ce sujet, ils font état de 11 personnes tuées : 8, côté tchadien et 3 côté centrafricain, ainsi que plusieurs blessés dont le nombre n’est pas précisé dans le communiqué.

Les deux partis ont décidé de prendre des mesures pour favoriser un climat d’apaisement et consolider la coexistence pacifique entre les communautés centrafricaine et tchadienne.

Dans l’immédiat, il est question d’accélérer l’enquête judiciaire pour identifier formellement le ou les auteurs de l’assassinat des deux enfants centrafricains, à l’origine des violences. Les deux partis demandent la libération des personnes innocentes, emprisonnées à la suite de ces troubles, alors que le gouvernement centrafricain devra indemniser les victimes avérées.

Par ailleurs, les gouvernements centrafricain et tchadien conviennent à court terme de promouvoir la sensibilisation des deux communautés pour préserver les liens séculaires de fraternité, et ils souhaitent, enfin, l’application du principe de libre circulation dans la zone Cemac (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale).

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 23:46

 

 

 

quartier-KM-5-Bangui.jpg

 

 

 

Le calme revient après deux jours de violence dans un quartier populaire de Bangui

BANGUI -03/06/2011- (Xinhuanet) Le calme revient peu à peu jeudi à Bangui, capitale centrafricaine, après deux jours d'affrontements entre chrétiens et musulmans, qui avaient éclaté après la découverte du corps de deux mineurs chrétiens dans le coffre de la voiture d'un sujet musulman au KM5, un quartier populaire de Bangui.

Durant toute la journée de jeudi, des messages d'apaisement, des déclarations et communiqués de presse des chefs religieux ont fusé sur les ondes de la quasi-totalité des radios confessionnelles. Les imams interpellant les pratiquants de l'islam sur le principe de la tolérance, les pasteurs exhortant leurs fidèles à ne pas "céder au démon de la division et de la violence".

Les leaders des organisations de la société civile ont également lancé des messages de paix à la population, surtout à l'endroit des jeunes qui se sont livrés aux actes de pillage et de vandalisme.

Dans la foulée, le Haut-commissariat aux droits de l'homme a condamné le meurtre des deux mineurs, demandant à la justice de " faire diligence" pour que les auteurs soient punis selon la loi le plus tôt possible.

La circulation a repris, mais les commerces ne sont pas totalement ouverts. Les forces de défense et de sécurité poursuivent les patrouilles à travers la ville pour restaurer définitivement la paix à Bangui.

Le couvre -feu, décrété mercredi, n'est pas levé dans les trois arrondissements (3ème, 5ème et 6ème).

© Copyright Xinhuanet

 

 

 

Radio Ndéké Vendredi, 03 Juin 2011 14:28

C’est à travers le communiqué conjoint sanctionnant le séjour d’une délégation ministérielle venue de Ndjaména qu’on connait le bilan officiel des événements qui ont secoué la capitale centrafricaine. Ce communiqué publié, dans la matinée de ce vendredi 3 juin et dont Radio Ndeke Luka a obtenu copie fait état de « 8 morts et plusieurs blessés du côté tchadien, et 3 morts et plusieurs blessés du côté centrafricain.

Cette crise, faut-il le rappeler, est liée à l’assassinat de 2 garçons âgés de 4 et 5 ans et dont la découverte des corps au matin du mardi 31 mai dernier a embrasé 3 arrondissements de Bangui. Le quartier du KM 5 où vit la communauté tchadienne ayant été le plus secoué, le gouvernement tchadien a jugé utile de dépêcher une délégation arrivée mercredi soir à Bangui et conduite par le ministre de la défense « venue aider les autorités centrafricaines à résoudre la crise »

La délégation a été reçue jeudi dans l’après-midi par le président François Bozizé, peu avant le départ de ce dernier pour Brazzaville pour participer à la rencontre sur la gestion des forêts.

C’est Moussa Dago, Secrétaire général du ministère tchadien des Affaires Etrangères qui a donné lecture du communiqué conjoint : « suite aux troubles consécutifs à l’assassinat odieux des 2 garçons centrafricains survenus dans le 3ème arrondissement de Bangui le 31 mai 2011. Les 2 délégations ont déploré des cas de morts, des blessés, et d’importants dégâts matériels dans les 2 communautés, dont 8 morts et plusieurs blessés du côté tchadien, et 3 morts et plusieurs blessés du côté centrafricain.

En vue de favoriser un climat d’apaisement et de consolider une coexistence pacifique entre les 2 communautés, les 2 délégations ont décidé des mesures suivantes.

I)                   a -  dans l’immédiat, accélérer l’enquête judiciaire en vue d’identifier formellement le ou les auteurs de l’odieux assassinat des enfants et des autres cas criminels ou délictuels,

b - libérer les personnes innocentes emprisonnées à la suite des troubles du 31 mai 2011, indemniser les victimes avérées par le gouvernement centrafricain.

 

II)                 à court terme, promouvoir une sensibilisation en direction des 2 communautés en vue de préserver leurs liens de fraternité séculaire, appliquer le principe de libre circulation des personnes et biens dans la zone CEMAC ».

Sur le terrain, la situation semble se normaliser ce vendredi. Les activités commerciales ont timidement repris au marché KM5. « La reprise est encore timide. Nous accueillons moins de clients que d’habitude », a confié un commerçant à un reporter de Radio Ndeke Luka.

Si les vendeurs à la sauvette reprennent leurs activités, certains magasins, kiosques et boutiques ne sont toujours pas rouverts. Quelques commerçants préfèrent se terrer chez eux pour observer la suite des évènements.

Signalons qu’un couvre-feu a été instauré par le gouvernement centrafricain en réponse à la crise dans les 3e, 5e et 6e arrondissements de Bangui.

 

NDLR : C’est clair, le Tchad met les dépens à la charge de l’Etat centrafricain.

 

 

Sur les troubles dont Bangui vient d’être le théâtre

Du Communiqué conjoint sanctionnant la visite du ministre tchadien de la défense  on peut retenir les conclusions suivantes :

1.    Accélérer l’enquête sur les assassinats des deux mineurs ;

2.    Libérer les innocents détenus (on suppose qu’il s’agit des Tchadiens)

3.    Indemniser les victimes des débordements (entendre les commerçants tchadiens) ;

4.    A court terme sensibiliser les deux communautés (centrafricaine et tchadienne) sur la nécessité de cohabiter sans heurts ;

5.    Appliquer le principe de la libre circulation dans la zone CEMAC pour les ressortissants de cette zone ;

6.    Réactiver la commission mixte centrafricano-tchadienne ;

7.    Réactiver l’unité de surveillance commune des frontières

En outre, le Tchad déplore la mort de huit de ses ressortissants et le sort de la vingtaine de blessés.

Centrafrique : Accalmie précaire à Bangui après l’extension des foyers de tension

Par Fleury Koursany - 03/06/2011

La découverte de deux corps a suscité la colère des populations du 3ème Arrondissement de Bangui qui ont incendié et pillé quelques magasins

 

Bangui, Capitale de la République Centrafricaine s’est réveillée dans une certaine accalmie après l’extension des foyers de tension, suite à la découverte le 31 mai 2011, de deux corps de garçonnets dans le véhicule d’un sujet tchadien. Une découverte qui a suscité la colère des populations du 3ème Arrondissement de Bangui qui ont incendié et pillé quelques magasins et mis à sac le domicile de Mahamat Ali alias Ibrahim, présumé auteur du meurtre des deux enfants âgés respectivement de 4 et 5 ans habitant le 3ème Arrondissement de Bangui. Malgré le couvre feu décrété dans les 3ème, 5ème et 6ème arrondissements de Bangui le jour de cette découverte macabre par les autorités compétentes de 19 heures à 6 heures du matin, la tension est restée vive toute la journée du 1er juin 2011 avec des tirs sporadiques qui ont rythmé toute la soirée du mercredi à jeudi 2 juin 2011.

Le mercredi de l’extension des foyers de tension

Du 3ème Arrondissement de Bangui, les foyers de tension ont gagné les quartiers Boyrabe et Fouh dans le 4èmeArrondissement puis Gobongo dans le 8ème. Des jeunes surexcités, armés de gourdins, machettes, couteaux, sagaies et autres morceaux de fer ont pris le contrôle de l’Avenue de l’Indépendance au niveau des quartiers Fouh et Gobongo. Contrôlant méticuleusement toutes les voitures qui empruntaient l’Avenue de l’Indépendance vers la sortie Nord, cette frange juvénile entendait protester contre le meurtre, la veille de deux garçonnets au quartier Kina dans le 3èmearrondissement de Bangui. Sur l’Avenue Koudoukou dans le 5ème Arrondissement de Bangui, une ceinture de sécurité a été instituée au niveau du Commissariat dudit arrondissement et seuls les piétons et autres curieux pouvaient franchir cette barrière avant d’atteindre une autre ceinture sécuritaire assez renforcée au niveau de la Station Bea Rex au niveau du KM5.

Sur l’Avenue Barthélémy Boganda, une autre ceinture de sécurité contraignait les jeunes surexcités au niveau de la Boulangerie Romex bien avant la station Total près l’ancien Punch Coco. Cette crise qui tarde à être circonscrite par les forces de défense et de sécurité a provoqué une sorte de confusion et une certaine haine envers des compatriotes de confession musulmane. De cette confusion, ces jeunes incontrôlés s’en sont pris aux mosquées de Fouh dans le quatrième arrondissement et Yapélé dans le troisième.

Ballet diplomatique des autorités

Cette crise larvée aux relents revanchards sème non seulement la panique au sein des populations centrafricaines mais aussi au sein de toutes les communautés étrangères qui ont choisi vivre en Centrafrique. La paix est sérieusement menacée et les autorités centrafricaines sont sur la sellette. Le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Josué Binoua, a convié les Imams de quelques mosquées de la Capitale centrafricaine et s’est entretenu avec eux de la situation. A tous, le membre du gouvernement a délivré un message de paix, de pardon afin d’éviter à notre pays, une crise inutile aux conséquences déjà incalculables.

Le ministre délégué à la Défense, Francis Bozizé, de son côté, s’est rendu dans la zone, théâtre du conflit pour s’entretenir avec les responsables des différentes communautés en leur réitérant la même demande. Tout comme les autorités centrafricaines, le député du troisième arrondissement, Anatole Koué a appelé solennellement les populations de sa localité à la retenue afin de préserver la paix en Centrafrique. Pourvu que ces appels incessants puisent être entendus par les uns et les autres d’autant plus que le suspect principal, selon le Procureur de la République, se trouve déjà entre les mains de la justice centrafricaine.

 

  Josue-Binoua.jpg

 

Centrafrique: Appel à la paix du Ministre Josué Binoua

Par Sebastien Lamba - 03/06/2011

Son message de paix allait à l’endroit des imams de Bangui

 

Le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Josué Binoua, assisté de sa collègue des Affaires Sociales, Marguerite Zarambaud Pétro Koni Zézé, et du député du 3ème Arrondissement de Bangui, Anatole N’Kouet, ont rencontré les imams de la capitale Bangui à la Primature à la suite des affrontements de rues intervenus le mardi 31 mai. L’enjeu de cette séance de travail était d’impliquer les imams dans la recherche de l’apaisement des échauffourées criminelles que connait la partie ouest de Bangui, suite à la mort de deux enfants dans les parages du Km 5. «Il ne s’agit pas de démêlés entre musulmans et chrétiens», a précisé Josué Binoua qui a renchéri comme quoi, «l’affaire est actuellement à la Justice. Force reste à la loi».

Les imams sont des leaders religieux. Ils peuvent calmer la situation, par leur appel vis-à-vis de leurs coreligionnaires, a indiqué le député du 3ème Arrondissement. Mme la ministre des Affaires Sociales, Marguerite Zarambaud, a au nom du gouvernement demandé le pardon aux parents des victimes, avant de signaler que la République Centrafricaine est un pays de paix, qui a toujours accueilli les ressortissants de toutes les nationalités. Les altercations qui ont dégénéré dans le 3ème Arrondissement de Bangui sont nées de ce que deux enfants ont été retrouvés morts étouffés dans un véhicule appartenant à un jeune commerçant nommé Ibrahim. L’un de ces enfants s’appellerait Anderson Touzoubé et est âgé de quatre ans. Après la rencontre avec les imams des mosquées de Bangui, certain membres du gouvernement se sont immédiatement rendus dans le 3ème Arrondissement pour s’enquérir de la réalité des faits.

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 01:45

 

 

 

IDI-BOZIZE-Syrte-juil-09--1-.jpg

 

 

Radio Ndéké Luka Jeudi, 02 Juin 2011 19:06

Le gouvernement Tchadien a envoyé une délégation depuis arrivée mercredi soir à Bangui. Cette mission conduite par le ministre Tchadien de la défense, est « venue aider les autorités centrafricaines à résoudre la crise » enclenchée par la découverte macabre de deux garçons tués lundi 30 mai.

Cette délégation a été reçue en audience jeudi après-midi par le président centrafricain François Bozizé. On ignore pour le moment la teneur des entretiens. Il faut rappeler cependant la communauté musulmane visée par les représailles est composée en grande majorité de ressortissants tchadiens. Cette communauté vit principalement dans le quartier du KM 5 où elle y occupe l’essentiel des commerces. La plupart des victimes recensées, morts et blessés, appartiennent à la communauté musulmane. 

Par ailleurs, des centrafricains installés à Ndjaména, contactés par Radio Ndeke Luka, ont démenti avoir fait l’objet d’exactions, ceci contrairement à la rumeur circulant à Bangui selon laquelle il y avait dans la capitale tchadienne une chasse aux Centrafricains.

 

NDLR : L'histoire des rapports centrafricano-tchadiens se répète...!

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 23:53

 

 

 

Maliko-et-Bo-Shak.JPG

 

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 30 Mai 2011 13:25

Améliorer le système Educatif et celui de la Santé en République Centrafricaine. Ces deux objectifs figurent en priorité dans le nouveau cycle de coopération entre les autorités du pays et celles du système des Nations Unies.

Gouvernement, société civile et agences des Nations Unies, se sont retrouvés ce lundi 30 mai 2011, dans la salle de conférence de l’hôtel Azimut à Bangui, afin de matérialiser les idées.

Ils vont apporter les derniers amendements sur le document contenant ce cycle pour la période allant de 2012 à 2016, avant sa validation.

Le Coordonnateur résident des agences de l’ONU en Centrafrique, Monsieur Bo Schack, a indiqué les trois axes prioritaires visés par ce cycle : « la consolidation de la paix, la croissance pour améliorer la situation de l’extrême pauvreté et les secteurs éducatif et sanitaire.  Il s’agit d’un programme de développement et non de celui qui se concentre sur les aspects immédiats humanitaires ».

Le ministre d’Etat à la coopération internationale, Sylvain Maliko, a pour sa part rappelé les acquis du programme finissant « des fonds alloués dans le précédent cycle avaient contribué à l’installation des radios communautaires, la construction des casernes, le renforcement des capacités des femmes et bien d’autres projets de développement en Centrafrique ».

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 02:25

 

 

 

Obama.jpg

 

 

Voici un an que le président américain, Barack Obama, a promulgué le lundi 24 mai 2010 une loi visant à combattre les bandits et criminels ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Ces derniers ont commis beaucoup d’atrocités en Afrique centrale, notamment dans la Province Orientale de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région du Sud-Est de la République centrafricaine. 

 Ce texte de loi dispose que les Etats-Unis doivent protéger les civils contre la LRA. Cette loi préconise la nécessité de mettre la main sur le leader de cette rébellion, Joseph Kony, ainsi que ses hauts commandants et les traduire en justice. En outre, le texte préconise le désarmement et la démobilisation du reste des combattants de cette rébellion. Il demande également à Barack Obama de lever une stratégie globale afin de mettre définitivement fin aux violences perpétrées par la LRA.

  

Pour cela, le Pr Gaston Nguérékata et deux autres compatriotes ont signé une lettre de remerciement en date du 28 mai 2010 qu’ils ont adressée au président américain peu après la promulgation de cette loi. Un an après, Barack Obama a répondu à ce courrier dont  Centrafrique-Presse s’est procuré la copie ainsi que la réponse de Barack Obama et qu’elle a décidé de publier in extenso ainsi que sa traduction pour l’information de ses lecteurs.

Le président américain marque clairement son accord avec l’approche et la vision des compatriotes qui lui ont écrit sur la question de Joseph Kony et sa LRA quant aux crimes et méfaits perpétrés dans notre pays dans le plus grand silence et quasiment l’indifférence des autorités de Bangui qui ont choisi plutôt de sous-traiter purement et simplement la traque de Joseph Kony et ses hordes de la LRA sur le territoire centrafricain à l’armée ougandaise.

On se souviendra que l’administration américaine, notamment le Département d’Etat n’avait pas hésité à traiter François Bozizé « d’inapte » à la fonction présidentielle. Le développement fait par Barack Obama dans sa lettre au Pr Nguérékata sur les questions de démocratie, de bonne gouvernance et de respect des droits de l’homme vient confirmer d’une certaine manière, l’idée que le président américain se fait d’un individu comme Bozizé.

 

Lors du récent sommet du G 8 et G20 de Deauville en France, certains présidents africains récemment élus démocratiquement à l’issue d’élections relativement incontestables et aux résultats jugés crédibles comme Alpha Condé de Guinée, Mamadou Issoufou du Niger, Jonathan Goodluck du Nigeria, pour ne citer que ces deux-là, ont eu droit d’être les invités des grands leaders du monde. Bozizé aurait pu figurer parmi ces heureux et privilégiés lauréats si sa réélection dès le premier tour du scrutin du 23 janvier 2011 en Centrafrique avec le score que l’on sait n’avait pas été gravement entachée de fraudes grossières et de nombreuses irrégularités que tout le monde dénonce à présent. Hélas, avec le hold-up électoral qu’il a perpétré lors de cette mascarade du 23 janvier 2011, les élections centrafricaines sont même citées comme un déni de démocratie et une véritable honte pour l’image de ce pays.

Pour finir, on est agréablement surpris de voir que même le président du plus puissant pays du monde comme Barack Obama prend la peine de répondre au courrier de simples gens , des citoyens lambda comme le Pr Nguérékata, qui lui écrivent en comparaison à un François Bozizé qui lui, se moque éperdument de ceux qui lui adressent des courriers, y compris des personnalités aussi importantes que Mme Catherine Ashton de l’Union Européenne  qui lui a adressé une lettre depuis le 7 mars 2011 sur la situation en Centrafrique et à laquelle il n’a pas daigné répondre à ce jour.

Rédaction C.A.P

 

Voici la lettre adressée à Obama, suivie de la réponse en Anglais de celui-ci puis de la traduction en Français   

  

Lettre-Nguerekata-a-Obama-1.JPG

lettre-Nguerek-a-Obama-suite.JPG

signatures-lettre-a-Obama.JPG

 

 Lettre Obama

signature-Obama.JPG

 

 

Traduction C.A.P

La Maison Blanche

Washington

 

23 Mai, 2011

 

Mr. Gaston N’Guérékata

Baltimore, Maryland

 

Cher Gaston

 

Merci de m’avoir écrit. Soutenir le progrès et la stabilité à travers le monde est un impératif stratégique, économique et moral pour notre nation, et j’apprécie vos points de vue.

 

Dans le monde actuel interdépendant, une crise financière ou une éruption épidémique sur un continent peut avoir un impact ici au plan intérieur ; les investissements et le partenariat extérieur sont critiques pour relever les défis transfrontaliers auquel nous faisons face. Mon Administration continue de travailler avec les nations à travers le monde pour améliorer la croissance économique, promouvoir les droits de l’homme et la gouvernance démocratique, répondre aux crises, et satisfaire les besoins humains. Les efforts de notre Nation en faveur du développement des autres pays sont en accord avec notre engagement à mettre les institutions multinationales à contribution et maximiser l’impact de l’assistance étrangère pour créer les conditions tendant à diminuer ou éliminer le besoin en matière d’aide.

 

Le progrès, même dans les pays les plus pauvres, peut améliorer non seulement la sécurité, mais aussi la prospérité des peuples éloignés, y compris des Etats-Unis. En ouvrant et développant des marches pour nos produits et en réduisant l’incertitude et les couts inhérents aux affaires qu’entreprennent nos compagnies à l’étranger, nos efforts de développement international bénéficient au secteur privé américain et créent des emplois. En fin de compte, nous améliorerons l’avenir de l’Amérique et la vie d’un grand nombre de femmes et d’hommes en accroissant le nombre d’états propres, capables et démocratiques qui peuvent travailler avec nous dans les décennies à venir.

 

Mon Administration continuera à utiliser les différentes capacités, y compris l’assistance étrangère, pour protéger les Américains et créer un avenir plus sécurisé et prospère. Pour comprendre davantage ma vision du rôle de l’Amérique dans le monde, visitez www.WhiteHouse.gov/issues/foreign-policy, www.State.gov, et www.USAID.gov.

 

Merci encore de m’avoir écrit.

 

Sincèrement

 

(Signé par Barak Obama)  

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 01:35

 

 

 

centrafrique-copie-1.gif

 

 

Ai- Rca- Vendredi, 27 Mai 2011 18:05  Une délégation gouvernementale centrafricaine forte de 9 personnalités conduite par le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation  Josué Binoua a regagné Bangui, le 25 mai après avoir pris part au sommet tripartites Tchad-Rca-Soudan, tenu à Khartoum au Soudan, du 23 au 24 mai dernier.

Cette réunion a vu la participation de trois chefs d’Etat à savoir : Idriss Deby du Tchad, François Bozize de la Centrafrique et Omar El Bachir du Soudan.

Au cours de cette conférence trilatérale, les participants ont débattu des questions liées à la diplomatie, la sécurité,  l’économie.

Pour le chef de la mission, trois points forts  ont  été soulevés.  Dans le domaine politique, les trois chefs d’Etat se sont mis d’accord pour consolider la coopération sud-sud afin de palier à certains problèmes. Dans le domaine sécuritaire, ils ont accordé leur violon pour mettre en place une patrouille mixte constituée des militaires des trois pays. Et enfin dans le domaine économique, des idées constructives ont été avancées.

« Dès la première quinzaine du mois de juin, la première patrouille transfrontalière  composée de 240 hommes sera lancée. Et du coté Centrafricain, les soldats seront basés à Boromata à Birao dans la Vakaga.  Du coté tchadien la ville de Tissi a été retenue pour abriter la base des soldats tchadiens et enfin la ville d’Am dafock pour le Soudan », a précisé le Ministre Binoua.

A en croire le membre du gouvernement, ce sommet est du concret parce que d’ici 15 jours,  la première patrouille transfrontalière sera opérationnelle et sera commandée par un officier soudanais.

Dans le domaine économique, les trois chefs d’Etat ont décidé d’accroitre leurs échanges.

« Nos pays ont besoin de l’un et de l’autre comme les cinq doigts de la main », ont-ils  déclaré.

Kabongo, Ai Bangui

 

NDLR : A quand un sommet bilatéral avec les autorités du Sud Soudan à Juba ?

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 01:16

 

 

 

Déby et El Bechir

 

Bozizé KNK

 

 

Les Brèves de N’djaména : Deby très inquiet

Comme annoncé il y a de cela quelques semaines, Deby est arrivé le 23 mai à Khartoum accompagné du Gouverneur de l’Oubangui Chari, François Bozizé. Deby est venu mettre Bozizé au service d’El Béchir. En effet, ce dernier est très fâché pour avoir été dupé par les occidentaux qui n’ont tenu aucun de leurs engagements, ni promesses : accord de paix avec les rebelles de Darfour, allègement des poursuites judiciaires contre El Béchir, etc. Aussi voudrait-il les faire payer en allumant la guerre au Sud Soudan par l’intermédiaire des nombreux groupes rebelles qu’il a créés et qu’il finance.

  Ces groupes rebelles devraient avoir une base arrière à partir de laquelle ils doivent mener des opérations militaires, recevoir des aides de toute nature. Cette base sera donc le département de l’Oubangui Chari du Gouverneur Bozizé qui voit ainsi une occasion en or pour barrer la route à ses propres rebelles. Deby, farouchement opposé à l’indépendance du Sud Soudan pour des raisons de politique intérieure, sera l’intermédiaire très intéressé. C’était donc le but secret de ce déplacement

Les soudanais auraient voulu s’en tenir strictement aux relations trilatérales dont l’objectif principal est de déstabiliser le Sud Soudan et par ricochet, les rebelles centrafricains. Les Soudanais n’auraient pas voulu aborder d’autres sujets qui fâchent. Tel n’est pas l’entendement de Deby. Apparu « très en l’air, énervé », à la limite, hagard, Deby avait plusieurs dossiers dans sa serviette :

  • Le cas des opposants tchadiens au Soudan : selon des témoins oculaires, Deby aurait reproché aux soudanais de continuer à entretenir la rébellion tchadienne, sinon il comprend très mal l’activité intense à travers l’internet, organisée par les opposants sans que les soudanais réagissent ; mieux il avait à plusieurs reprises demandé la déportation vers le Tchad ou l’expulsion du Soudan de certains éléments de l’UFR dont la liste a été communiquée à plusieurs reprises aux soudanais.
  • Deby aurait fourni aux soudanais « des preuves intangibles » sur les relations très étroites qu’aurait l’UFR avec le CNT (Conseil National de Transition) libyen et les préparations de l’installation de l’UFR en Libye dès l’éviction de Kadhafi. Selon « les mêmes preuves », l’UFR est en train de recruter des jeunes tchadiens et les envoyer en renfort pour soutenir le CNT et que des responsables de l’UFR font des va-et-vient entre le Soudan et Benghazi. Les soudanais auraient écouté d’une oreille distraite et de manière assez perplexe toutes ces accusations. Pour le calmer, ils ont procédé séance tenante à l’arrestation de certains cadres de l’UFR dont on ne connait jusqu’à ce jour ni le sort, ni leur lieu de détention. Selon les mêmes, Deby serait très inquiet des supposées relations entre l’UFR et le CNT et qu’il aurait demandé aux soudanais de nettoyer toute survivance de l’opposition armée tchadienne avant la chute de Kadhafi. Selon Deby, Kadhafi tombé, une autre rébellion verra le jour dont le noyau serait composé de ceux qui séjournent actuellement au Soudan.
  • Qui de Deby ou les services des renseignements soudanais a pris l’initiative, on ne sait pas encore. Mais contre toute attente, des responsables de l’UFR à Khartoum ont été reçus par Deby. Debout, Deby aurait évacué la rencontre en une fraction de seconde : «voyez les modalités pratiques de votre retour avec Chaïbo, le DG de l’ANS. » Point à la ligne. Déception sur toute la ligne chez tout le monde. Selon les mauvaises langues c’est contre cet entretien avec Deby et sous la pression des renseignements soudanais que les mêmes responsables « auraient vendu » un des responsables de l’UFR qui essayait d’éviter les renseignements soudanais depuis un bon bout de temps.
  • Deby a formellement demandé aux soudanais de jouer l’intermédiaire entre lui et le CNT en utilisant le concours des égyptiens. «Kadhafi, c’est fini et il faut que je renoue avec ces gens-là », a déclaré Deby. Les soudanais étaient clairs à ce sujet : trop tôt et sujet très sensible compte tenu du degré de l’engagement de Deby aux cotés de Kadhafi.
  • Dernier sujet développé par Deby et qui aurait fortement embarrassé voir même étonné ses interlocuteurs. Deby aurait péroré longuement sur « une présence active » des cadres du Sud du Tchad au Soudan. Deux cadres du sud du Tchad auraient séjourné à Khartoum pendant au moins deux semaines chez un dignitaire du Sud Soudan avant de regagner le Tchad en passant par Juba et Kampala. Sans parler des séjours fréquents de ces mêmes cadres au Sud Soudan. Quel est le rôle du Soudan dans ces va-et-vient, aurait-il demandé. Les soudanais très surpris par la question, seraient restés bouche bée !

Selon des sources concordantes, Deby et son doungourou Bozizé auraient quitté Khartoum pas très satisfaits.

Beremadji Félix N’djaménna

 

NDLR : On appréciera au passage que Bozizé est traité à juste titre de "Gouverneur de l'Oubangui" par le confrère tchadien. Cela correspond tout à fait malheureusement à la réalité des choses.   

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 19:24

Catherine Asthon 

 

 

drapeaux_rca_ue_200.jpg

 

Elle est essentiellement née du non-respect des principes démocratiques lors des élections générales du 23 janvier 2011

L’organisation des élections en Centrafrique a été financée en grande partie, à hauteur de 80%, par l’UE qui malheureusement ne s’est pas vraiment assurée du bon déroulement du processus électoral.

Face à l’impartialité et à la subordination totale à Bozizé du président de la CEI, le vrai faux pasteur et nullissime Joseph Binguimalé,  les dysfonctionnements et graves irrégularités ont été accumulés avant, pendant et après le double scrutin présidentiel et législatif du 23 janvier 2011. La mission d'experts électoraux financée et dépêchée par l'Union européenne a constaté plusieurs violations graves des principes internationaux de transparence, d'équité et de régularité qui régissent les élections démocratiques et a remis un rapport explosif sur ces élections jumelées qu’elle a qualifiées de « sujettes à caution ».

De nombreuses fraudes et manipulations ont été réalisées au profit de Bozizé et son parti le KNK, de l'absence de vérification sérieuse de l'identité des votants, de la remise en cause profonde de l'indépendance de la Commission Electorale, de l'absence des listes électorales dans de nombreux bureaux de vote, et bien d'autres manquements graves encore. Le doute sur la sincérité des résultats est tel que les partis d'opposition ont préféré retirer leurs candidatures au second tour des élections législatives, pour ne pas cautionner cette mascarade électorale.

Pour clôturer le tout, la Cour constitutionnelle de la RCA dont les membres ont été soudoyés et terrorisés et donc manifestement aux ordres du pouvoir du président Bozizé, a rendu des réponses hâtives quant aux nombreux recours déposés par les opposants et même certains candidats de partis dits de la majorité présidentielle. Ce qui devait arriver est arrivé. Bozizé s’est fait élire dès le premier tour de scrutin Président de la République avec un score à la Biélorusse. Cas unique dans le monde et qui fait la honte du pays, il s'est fait aussi élire comme député à l'Assemblée Nationale, outrepassant ainsi le sacro-saint principe en démocratie de la séparation des pouvoirs de l’exécutif et du législatif.

 Refusant de cautionner un régime au pouvoir aussi peu respectueux des normes qui régissent les élections dans tout régime qui se veut démocratique, l’Union Européenne par la plume de sa Haute Représentante Mme Ashton, a écrit une lettre au président Bozizé le 7 mars 2011 pour lui faire part de la préoccupation de l'UE concernant la situation politique en RCA. Elle lui a demandé l'ouverture d'un dialogue politique renforcé au titre de l'article 8 de l'accord de Cotonou, qui pourrait servir de cadre pour traiter notamment des questions liées au processus électoral et à la gouvernance démocratique.

Le 27 mars, la porte-parole de Mme Ashton a exprimé dans une déclaration sa préoccupation sur les restrictions à la liberté de circulation de certains membres de l'opposition, cas de Me Nicolas Tiangaye empêché de se rendre à Ndjaména pour des raisons professionnelles et de l’ex et défunt président Ange-Félix Patassé qui a fini par en décéder. D’autres cas de persécution comme celle à l’encontre de Me Otto du RDC et d’arrestations et détentions arbitraires (Mbessa du RDC, Armel Sayo,) ont été signalés.

La Républicaine Centrafricaine étant signataire de l'Accord de partenariat ACP-UE, ou Accord de Cotonou, lequel astreint ses signataires au respect des principes de la démocratie et de l'état de droit, l'article 96 de l'Accord de Cotonou prévoit la possibilité de sanction d'un Etat signataire en cas de non-respect des principes démocratiques. Le 8 avril dernier, les ambassadeurs à Bangui de la France et de l’UE ont rencontré Bozizé pour lui faire une véritable explication de texte sur les risques encourus par son pouvoir en cas de refus d’obtempérer aux exigences des principes démocratiques et celles de l’UE.

Plusieurs parlementaires européens se sont récemment émus de la crise postélectorale et de l’impasse politique en Centrafrique caractérisée essentiellement par un grave déficit de démocratie et le passage en force électoral du parti au pouvoir le KNK dont l’illégitimité est incompatible avec les principes démocratiques et d’un  Etat de droit. Ces députés, aussi bien au Parlement Européen que lors de la 21ème session de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP/UE qui s’est tenue à Budapest en Hongrie du 16 au 18 mai dernier, n’ont pas hésité à poser des questions écrites aux plus hauts responsables de l’UE.    

Selon nos informations, l'UE attend actuellement la réaction du président Bozizé à la lettre de Mme Catherine Ashton demandant la mise en place d'un dialogue politique renforcé autour notamment du processus électoral. De sa réponse dépendra comment l’institution européenne donnera suite aux relations avec la RCA. L'UE continue à suivre avec beaucoup d'attention la situation politique en République Centrafricaine.

 

Rédaction C.A.P 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales