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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 18:42

 

 

ASECNA.jpg

 

Dakar, 10 nov 16:06 GMT (APS) – Le Sénégal et la République centrafricaine ont signé ce jeudi un accord cadre destiné à renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’aviation civile, indique un communiqué transmis à l’APS.

‘’L’accord a été paraphé par le ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, Karim Wade et le ministre délégué à la Présidence de la République centrafricaine chargé de l’Aviation civile et des Transports aériens, Théodore Jousso’’, précise la même source.

Selon le texte, ‘’les deux ministres étaient entourés de leurs plus proches collaborateurs et de plusieurs autres personnalités dont le vice-président de l’Assemblée nationale centrafricaine’’.

Le communiqué précise que ‘’l’accord vise à permettre la mise à niveau de l’Administration de l’aviation civile centrafricaine, l’appui à la mise en place de l’Autorité nationale de l’Aviation civile centrafricaine (ANAC-CENTRAFRIQUE)’’.

‘’Il prévoit aussi la mise à disposition d’experts sénégalais hautement qualifiés, susceptibles de faciliter le processus de mise en place effective de l’Autorité nationale de l’Aviation civile de la République centrafricaine’’, ajoute le texte.

Le ministère des Infrastructures souligne que ‘’les parties établiront un comité commun de l’aviation civile chargé de l’évaluation de la coopération entre les autorités de l’aviation civile, de l’organisation des échanges des experts, de la formation et des visites aux installations’’, note le texte’’.

M. Jousso souligne que le texte paraphé ‘’va permettre’’ aux deux administrations de ‘’coopérer dans le domaine de l’aviation civile’’.

‘’Nous avons besoin de l’expérience sénégalaise en matière de navigation et de la sécurité aériennes et en matière de mobilisation de ressources financières pour réaliser les infrastructures aéroportuaires’’, a notamment indiqué le ministre centrafricain en charge des transports aériens ajoutant : ‘’nous sommes venus donc solliciter cette expertise que le Ministre d’Etat a, volontiers, mise à notre dispositions’’.

Selon les termes de l’accord, ‘’le Sénégal va dépêcher un certain nombre d’experts de haut niveau en Centrafrique pour accompagner Bangui dans le processus de mise à niveau des infrastructures et de l’administration aéroportuaires pour rendre l’aviation civile du pays plus performante et conforme aux exigences de l’aviation civile internationale’’, a-t-il indiqué.

De son côté, le ministre d’Etat Karim Wade souligne que ‘’l’accord signé +sanctionne la vision du Président de la République pour un transport aérien africain performant+’’.

‘’L’accord va permettre d’aider la République centrafricaine pour la mise en place de son agence autonome de l’aviation civile’’, a-t-il expliqué soulignant que le texte ‘’nous permettra aussi d’échanger notre expérience dans la construction du nouvel aéroport de Diass avec la République Centrafricaine’’.

‘’Selon lui, la République centrafricaine, comme le Sénégal, pourrait devenir rapidement un hub en matière de transport aérien compte tenu de sa position géographique qui la place au cœur du continent, dépourvu de façade maritime’’, note le communiqué.

‘’Après avoir affirmé que le transport aérien africain est rentable, le Ministre d’Etat Karim Wade a indiqué que +notre objectif est de ramener cette valeur ajoutée pour le bénéfice de nos pays et des africains+’’, poursuit le texte.

‘’C’est la politique que nous avons entamée au Sénégal avec succès et d’autres pays souhaitent emprunter cette voie. La défense des intérêts de notre continent passe par le renforcement de notre coopération’’, a conclu M. Wade.

ASG

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 03:18

 

 

francois-bozize-photo-non-datee

 


Par Ernest Nwokolo, Abeokuta 11/08/2011 00:03:00


Le Président de la République Centrafricaine (RCA) M. François Bozizé a dit qu'il est au Nigeria pour exhorter les hommes d'affaires nigérians à investir en République centrafricaine.

Bozizé a déclaré cela hier quand il a rendu visite à l'ancien président Olusegun Obasanjo dans sa ferme d'Ota dans l’Etat d'Ogun.

Le président centrafricain était accompagné par le gouverneur Ibikunle Amosun et certains de ses commissaires.

Bozizé a dit que que la RCA est un environnement fertile et vierge. Il a dit: "J'ai dit au président Goodluck Jonathan que je veux investisseurs nigérians dans mon pays, parce que mon pays est un territoire vierge Nous sommes bénis de mines de diamant et beaucoup d'autres choses.

«Je veux que les Africains investissent et de profitent de mon pays, parce que nous savons l’un et autre l'autre que le Nigeria est un grand pays."


Source: http://www.thenationonlineng.net

 

 

 

NDLR : Bozizé fait de la diversion et aucun Centrafricain ne peut en être dupe. Il est parti au Nigeria en fin de semaine dernière principalement pour des "affaires personnelles", termes élégants pour ne dire qu'il est allé se faire soigner. C'est ce qu'on appris de bonnes sources dans les médias tchadiens et autres. Mais comme il faut bien maquiller cela pour faire illusion et amuser la galerie, officiellement on parle de vouloir attirer les investisseurs nigérians en Centrafrique.

 

Avec l'insécurité endémique actuelle dans le pays où on assassine des sous-préfets, des médecins, des éleveurs, des paysans et autres, où on enlève des évêques, un pays dont les consignes de sécurité de toutes les chancelleries présentes imposent à leurs ressortissants qui arrivent à Bangui de ne jamais s'aventurer au-delà des limites geographiques de la capitale et même dans la capitale, de ne point se promener la nuit, on ne voit pas quels investisseurs pourraient venir parier un kopec sur un tel pays, surtout s'il est gouverné par un certain François Bozizé.  

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 00:08

 

 

oubangui430.jpg

 

Vendredi, 28 Octobre 2011 14:22

Les habitants des villes de Bangui en République Centrafricaine et ceux de Zongo en République Démocratique du Congo seront bientôt reliés. Un projet de construction d’un pont est en vue pour faciliter cet échange. Le protocole d’entente a été signé en fin de matinée du mercredi 27 octobre 2011, entre les deux pays au Ministère centrafricain du Plan, de l’Economie et de la Coopération Internationale, de l’Intégration Régionale et de la Francophonie.

Le financement de ce projet qui lèvera la barrière naturelle entre ces deux pays a été rendu possible grâce à la Banque Africaine du Développement (BAD).

Les travaux s’inscrivent dans le cadre du projet transafricain qui consiste à construire des infrastructures routières allant jusqu’à Bujumbura la capitale Burundaise.

Le projet vise aussi à permettre au pouvoir de Bangui de commercialiser son électricité produite par l’Energie Centrafricaine (ENERCA) à son voisin.

Cet échange commercial mettra en œuvre un autre projet intitulé «  Pool Energétique en Afrique Centrale », qui a pour objectif de fournir de l’électricité aux pays de la sous-région.

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 02:16

 

 

 

Jacques-Dupuydauby-26-oct-2011.jpg

 

 

24 octobre 2011 | Par Fabrice Arfi et Karl Laske

L'homme reçoit dans un luxueux appartement du XVIe arrondissement de Paris. Les murs sont recouverts de toiles religieuses, mais lui n'a pas toujours des mots très catholiques. Sa cible : la «Sarkafrique». Au lendemain de son départ à la retraite, l'homme d'affaires franco-espagnol Jacques Dupuydauby, président du groupe portuaire Progosa, dénonce dans un entretien à Mediapart les pressions de Nicolas Sarkozy sur plusieurs chefs d'Etat de l'Afrique de l'Ouest pour que l'industriel Vincent Bolloré, intime du président français, décroche de juteuses concessions portuaires. Un chantage d'Etat.

Ancien vice-président du groupe Bouygues et proche des réseaux chiraquiens, M. Dupuydauby affirme avoir personnellement recueilli les confidences embarrassantes de plusieurs présidents africains, dont Faure Gnassingbé (Togo) et Denis Sassou N'Guesso (Congo).

 « Quand M. Bolloré s'implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe. M. Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait des pressions », affirme Jacques Dupuydauby. L'homme d'affaires, qui avoue « ne pas être un perdreau de l'année », tranche : « On est passé de la Françafrique des mallettes à la Sarkafrique des concessions. »

Agé de 65 ans, récemment condamné au Togo à vingt ans de prison dans une affaire dont il dit ne rien connaître et qu'il soupçonne avoir été orchestrée par Vincent Bolloré, l'industriel réclame désormais l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur le « système Sarkozy en Afrique ».

Votre société, Progosa, avait remporté en 2001 la concession du port de Lomé au Togo, que vous avez brutalement perdue en 2009. Que s'est-il passé qui puisse expliquer ce renversement de situation ?

Il s'est passé l'élection de Nicolas Sarkozy. Après le sommet de Lisbonne, qui s'est tenu en 2007 sur le thème « Europe-Afrique », Faure Gnassingbé, l'actuel président du Togo, que je voyais tous les mois, m'a soudainement expliqué : “J'ai un gros problème.” Au sommet de Lisbonne, Sarkozy lui a en effet annoncé que la France soutenait ses amis, dont le Togo fait partie, mais qu'en contrepartie la France attendait de ses amis qu'ils se comportent vis-à-vis d'elle de façon, disons, amicale.

C'est-à-dire ?

C'est-à-dire que, je cite, “quand on est l'ami de la France, on est l'ami des sociétés françaises”. Et Sarkozy lui a demandé de donner la gestion du port de Lomé au groupe de son ami Vincent Bolloré.

Vous le tenez de la bouche du président togolais ?

Parfaitement. Plusieurs ministres togolais me l'ont également confirmé. Faure Gnassingbé m'a dit qu'il allait résister, mais il n'a pas pu. Car le coupable, dans cette affaire, ce n'est pas Faure Gnassingbé. Vous êtes président du Togo, vous avez des élections qui approchent, vous savez que cela va être très tendu, par conséquent, vous espérez que le gouvernement français reconnaisse votre légitimité – ce type de geste diplomatique a encore beaucoup d'importance en Afrique francophone. La suite est assez simple à comprendre.  

La justice togolaise manipulée ?

La suite, donc. Vous avez été condamné le 7 septembre dernier à vingt ans de prison ferme et plus de 350 millions d'euros d'amendes par un tribunal de Lomé pour «abus de confiance», «délit d'escroquerie», «usage de faux», «fraude fiscale», «destruction volontaire» et «groupement de malfaiteurs». Quelle est l'origine de cette procédure ?

C'est une histoire folle. Nous n'avons même pas été avisés par l'Etat du Togo ou par qui que ce soit de ce jugement rendu en 2011! Et pour cause: dès notre départ en 2009, on savait que nous ne pourrions plus y retourner, nos bureaux étaient occupés et nos dossiers saisis. En 2009, quand le groupe Bolloré a commencé à nous chasser de Lomé, nous savions seulement qu'il y avait un contrôle fiscal en cours contre nous.

En mai 2009, alors que j'étais au Burkina Faso, les autorités togolaises, sous la conduite du conseiller spécial du président Gnassingbé, l'ex-avocat Charles Debbasch, sont entrées dans l'une des maisons louées par ma société au Togo pour s'emparer de nos archives. Celles-là mêmes que l'on nous accuse aujourd'hui d'avoir fait disparaître. Extraordinaire !

Quand on a vu ce qui se passait, nous ne sommes pas rentrés du Burkina Faso au Togo. Et c'est comme ça que nous avons été accusés d'avoir fui, alors que nous avons quitté le territoire légalement – je tiens à votre disposition mon passeport tamponné–, et qu'un mandat d'arrêt international a été émis à notre encontre. Enfin, paraît-il...

Avec plusieurs de mes collaborateurs, nous sommes donc allés à Ouagadougou, où nous nous sommes mis sous la protection du président Blaise Compaoré. Notre directeur local, M. Broutin, lui, a fait 45 jours de prison au Togo. Et l'ambassade de France n'a pas levé le petit doigt, elle n'est même pas allée le voir ! Les autorités locales l'ont finalement sorti parce qu'ils avaient peur qu'il meure en prison. D'après moi, toute cette affaire a été orchestrée par M. Bolloré.

Comment le savez-vous ?

Dans l'heure qui a suivi notre départ, Bolloré a pris possession des lieux et récupéré la concession du port de Lomé. Ils ont tout pris ! Le directeur général de Bolloré a été nommé directeur de nos sociétés en une heure... Par la suite, toutes nos tentatives d'indemnisation ont été mises à mal par Charles Debbasch, qui, en plus de conseiller le président du Togo, semble aussi être le bras séculier de Bolloré dans le pays.

Et j'apprends début octobre par un site internet togolais officiel, Republic of Togo, que j'ai été condamné à vingt ans de prison ! Mais ce jugement n'est l'aboutissement de rien : je n'ai jamais été convoqué dans cette affaire. Je ne sais même pas ce qui m'est reproché factuellement. Je me pose beaucoup de questions sur ce soi-disant jugement qui fait suite à un soi-disant procès auquel nous n'avons pas été conviés...

Avez-vous l'intention de faire appel du jugement ?

Nous avons pris un avocat, ancien ministre de la justice du Togo, Me Abi, qui va faire opposition au jugement. Mais je vous rappelle que, dans ce procès, les parties civiles sont l'Etat togolais et le groupe Bolloré.

Un chantage d'Etat

Selon vous, la justice togolaise a été manipulée ?

Je m'interroge fortement sur le mode de fonctionnement de la justice togolaise et de son indépendance à tous égards. Mais ma conviction, c'est que celui qui fait la pluie et le beau temps au Togo, sur la justice comme sur le reste, s'appelle Charles Debbasch, condamné en France dans l'affaire Vasarely, manifestement protégé depuis un certain temps puisqu'il circule librement alors qu'à ma connaissance, il n'a pas été dispensé de peine. Il est vrai, qu'entre-temps, il a écrit de magnifiques livres à la gloire du président Sarkozy... Ces œuvres sont disponibles sur Internet.

Mais vous-même, quand vous aviez la concession du port de Lomé, vous avez fait travailler Charles Debbasch comme juriste. Vous avez même produit les factures sur votre blog...

Vous m'expliquerez comment on peut travailler au Togo sans avoir recours aux services de l'avocat Debbasch, aujourd'hui l'avocat radié Debbasch. Si vous connaissez une seule entreprise au Togo qui ait pu travailler sans passer par lui et ses éminents conseils juridiques, vous me la signalerez. J'ai chargé mon avocat français, Me Jean-Pierre Mignard, d'étudier la possibilité de déposer une plainte à Paris sur ces faits.

Si l'on en croit les confidences du président togolais que vous rapportez dans cet entretien, M. Sarkozy serait donc à l'origine de l'éviction de votre groupe ?

Totalement. Absolument. Je mets directement en cause Sarkozy. D'ailleurs, je vous signale qu'un député socialiste, Jean Launay, a posé en octobre 2010 une question au gouvernement sur les pressions de Nicolas Sarkozy en faveur du groupe Bolloré au Togo. Le ministre des affaires étrangères de l'époque, Bernard Kouchner, n'a pas démenti. Il s'est abstenu de répondre.

Le cas du Togo est-il un cas unique ?

Bien sûr que non. Il y a le Congo, entre autres.

Qui est intervenu contre vous au Congo ?

Toujours le même ! Sarkozy, directement. Les chefs d'Etat eux-mêmes me l'ont confié. Sassou N'Guesso (le président du Congo - NDLR), que je connais depuis trente ans, m'a dit : “Je suis désolé, j'aimerais bien te donner le port de Pointe Noire, mais je ne peux pas. Sarkozy met son veto.” J'entretiens de bonnes relations avec plusieurs chefs d'Etat africains, depuis la fin des années 1970, et je n'avais jamais connu ça auparavant. Quand M. Bolloré s'implante quelque part, il prend possession de tout, les infrastructures stratégiques en matière de transport notamment, tout, et il utilise le président français comme son VRP de luxe. M. Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait des pressions. Comment voulez-vous qu'un chef d'Etat résiste ?

Au Cameroun, vous avez eu les mêmes échos ?

Au Cameroun, nous avions gagné l'appel d'offres pour le port de Douala. La Banque mondiale a soutenu l'attribution. Le président Biya voulait nous donner la concession. Là-dessus, M. Sarkozy intervient et dit au président camerounais : “C'est pas Dupuydauby qui viendra vous exfiltrer lorsque vous serez encerclés dans votre palais.” Un juge d'instruction camerounais a tenté de faire sortir l'affaire. En vain.

Combien de concessions avez-vous perdues depuis l'élection de Nicolas Sarkozy ?

On n'a pas eu le Cameroun et nous avons perdu le Togo et le Gabon. Avant l'élection de M. Sarkozy, c'était une guerre classique entre groupes industriels. Et comme nous étions moins chers et au moins aussi performants, nous pouvions gagner. Le combat était équilibré politiquement, même s'il était déséquilibré financièrement, parce que Bolloré dispose de moyens de conviction que nous n'avions pas.

Ce système d'intervention de l'Etat, que vous décrivez, n'est pas vraiment nouveau...

Je vais être très clair. Quand il y a un appel d'offres international, qu'un ambassadeur aille dire au pouvoir en place que la France apprécierait qu'il regarde ce dossier de manière particulière, je ne trouve pas ça anormal. Par contre, il est anormal que les ambassadeurs se transforment en factotum de Bolloré et servent de courroie de transmission à l'Elysée. Sous Sarkozy, le message est : “Si vous ne faites pas ce qu'on vous demande en donnant telle et telle chose à Bolloré, vous ne pourrez plus compter sur l'appui de la France.”

La rupture avec le passé

Il y a des menaces politiques, mais pour obtenir ces marchés, n'y a-t-il pas aussi de l'argent...

Cela a toujours été le cas, oui. Ce que je dénonce, c'est le fait que le président de la République française, directement puis indirectement, fasse pression sur les chefs d'Etat africains pour que des concessions soient données à Bolloré, ou retirées à des adversaires de Bolloré, pour être données à Bolloré, en leur disant: “si vous ne faites pas ce que je vous demande, la France ne vous soutiendra plus”. M. Sarkozy utilise ses fonctions de premier personnage de l'Etat pour que son copain puisse ramasser des concessions aux dépens d'un autre.

Et cela, Chirac ne le faisait pas ?

Ah non ! Je peux vous l'assurer. La France manifestait son souhait de voir des Français gagner, mais ça, c'est normal. Les prédécesseurs de M. Sarkozy n'ont pas proféré des menaces à caractère diplomatique pour favoriser les affaires d'Untel ou Untel.

Quel est l'intérêt pour Nicolas Sarkozy ?

La philanthropie, l'amitié... (sourires). Quelque chose m'a beaucoup frappé. Après avoir fait croisière sur le Paloma, le yacht de Bolloré (au lendemain de son élection, en mai 2007 - NDLR), Sarkozy a dit : “Je souhaiterais qu'en France, il y ait beaucoup d'entrepreneurs comme M. Bolloré.” Puis M. Sarkozy nous a expliqué que jamais le groupe de M. Bolloré n'avait travaillé pour l'Etat. M. Bolloré a été remboursé au centuple de son yacht et de ses avions.

Avez-vous des raisons de croire qu'il y a d'autres arrière-plans financiers à ce soutien apporté à M. Bolloré ?

Allez donc demander à M. Claude Guéant pourquoi quinze jours avant la guerre en Libye, il a fait en sorte que M. Bolloré arrache le port de Misrata. Il l'avait obtenu grâce au système Kadhafi avant la guerre et il s'apprête à le garder après. Autre exemple : la Côte d'Ivoire. M. Bolloré a obtenu un monopole sur le port d'Abidjan, une mine d'or, grâce au président Gbagbo, dans des conditions juridiquement rocambolesques. Je rappelle que M. Gbagbo a décoré M. Bolloré quelques jours avant sa chute et que Bolloré a soutenu Gbagbo jusqu'à l'extrême limite du possible.

M. Ouattara, qui a battu Gbagbo aux dernières élections, mettait explicitement en cause un institut de sondages appartenant au groupe Bolloré d'avoir livré des sondages favorables à Gbagbo. M. Ouattara arrive finalement au pouvoir : il invite M. Bolloré à sa table d'honneur le jour de son intronisation. Que pensez-vous qu'il se soit passé? L'un des industriels les plus proches du président m'a confié que Sarkozy lui-même avait exigé de M. Ouattara que Bolloré garde toutes ses positions sur le port d'Abidjan.

Ces cas sont vérifiables. Une fois, on peut s'interroger. Deux fois, on peut douter. Trois fois, c'est une forme de certitude. A la quatrième, on a la preuve d'un système. On est passé des mallettes de M. Bourgi, qui étaient un secret de Polichinelle, à quelque chose de beaucoup plus fort. On est passé de la Françafrique des mallettes à la Sarkafrique des concessions.

Hortefeux, Carignon, Balkany...

On peut imaginer qu'il existait le même type de messages à Omar Bongo, au Gabon, pour favoriser l'attribution à Elf de telle ou telle concession pétrolière, non ?

Je ne parle que de ce que je connais. Mais les enjeux nationaux étaient autres avec le pétrole, dont dépendait une partie de l'indépendance énergétique de la France selon le général de Gaulle. Pouvez-vous me dire quel est l'intérêt stratégique pour la France de donner une concession à M. Bolloré ?

Il y a l'argument de la défense des entreprises françaises.

Et Getma, la société qui a été chassée par Bolloré du port de Conakry, en Guinée, ce n'est pas une entreprise française, peut-être ? C'est une entreprise française ! Elle est installée près des Champs-Elysées. Tout cela peut s'apparenter à un système. En tout cas, c'est systématique. Avec les pressions et les envoyés parallèles.

Qui sont ces envoyés ?

Patrick Balkany, député-maire de Levallois-Perret, intime de Nicolas Sarkozy, joue par exemple un rôle considérable dans ce système. Et il est sûrement là pour représenter l'honnêteté française... Franchement, quand on voit cet élu des Hauts-de-Seine accompagner en permanence le président de la République dans ses déplacements africains et revenir après dans les pays pour faire passer les messages, on a la nausée. Quand on voit la place d'Alain Carignon, autre grande figure de l'honnêteté française, auprès de Brice Hortefeux, lequel est très actif dans toutes ces affaires africaines, on a du dégoût.

Comment considérer ce que vous dénoncez aujourd'hui comme autre chose qu'une vengeance de mauvais perdant face au groupe Bolloré ?

Ah, mais moi, j'ai perdu. C'est sûr. Il m'a éliminé. J'ai 65 ans, je prends ma retraite. Je ne suis plus actif dans ce secteur. J'ai vendu le fonds de commerce de mon groupe. C'est un problème qui ne me concerne plus personnellement. A mes yeux, c'est aujourd'hui de nécessité de mettre Sarkozy et ses relais, au premier rang desquels Bolloré, à la porte de l'Elysée. Je rappelle d'ailleurs que MM. Sarkozy et Bolloré ont le même conseiller : Alain Minc. Il faut mettre fin au système. Le système Bolloré est une pieuvre.

Réclamez-vous une commission d'enquête parlementaire ?

Je pense que le fonctionnement du système Sarkozy en Afrique, dont Bolloré est le pivot, serait en effet un excellent sujet d'enquête parlementaire. Mais au Sénat, qui vient de basculer à gauche, je lisais que la nouvelle majorité s'interrogeait sur des sujets marquant le changement. Voilà un beau sujet, le soutien politique apporté aux investissements privés de M. Bolloré en Afrique, les pressions exercées sur les Etats africains, les méthodes d'attribution des marchés au groupe Bolloré, et enfin qui en tire bénéfice.

Dans le livre Sarko m'a tuer (Stock), vous avez raconté une scène surprenante du début des années 1980 durant laquelle Nicolas Sarkozy, maire de Neuilly et avocat, aurait demandé que la société que vous dirigiez alors couvre des prestations juridiques fictives à son profit. Quelles ont été les réactions de l'Elysée suite à ces confidences ?

Aucune. Peut-être savent-ils que j'ai des archives.

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 02:05

 

 

 

Boz et Monica-copie-1

 

Radio Ndéké Luka Samedi, 22 Octobre 2011 15:07

Comment le peuple centrafricain a-t-il pris la nouvelle du décès de Mouammar Kadhafi, le Guide Libyen ? Quel souvenir garder de cet homme qui avait dirigé d’une main de fer son pays pendant près de 42 ans, et qui a succombé à ses blessures jeudi 20 octobre lors de sa capture près de Syrte en Libye ? Que retenir alors des rapports de la Lybie avec la République Centrafricaine sous le règne du défunt Colonel Kadhafi ?

Dans son édition de la mi-journée de ce samedi 22 octobre 2011, Radio Ndeke Luka a ouvert ce dossier en rappelant quelques repères. La disparition de l’ex-guide libyen ne laisse aucun pays africain indifférent.  Pour certains, le tyran est parti et c’est bien fait pour lui. Pour d’autres, la disparition d’un panafricaniste, même fou, est une perte énorme pour l’Afrique. Avec son argent et sa personnalité complexe, Kadhafi avait réussi à rénover la vieille OUA (Organisation de l’unité africaine) pour la transformer en Union africaine dans la ville Syrte qui l’a vu naître et qui l’a vu mourir ce 20 octobre 2011.

Toutefois, il ne faudrait pas oublier les connivences entre Kadhafi et les dirigeants africains. Sa mort attriste nombre d'entre eux. Ils perdent un camarade de poids sur la scène africaine et aucun d'eux ne voudraient d'une même

Du côté de Bangui, quelle perception a-t-on de ces événements qui interpellent l’ensemble du continent ? Il est difficile de répondre à ses interrogations en l’absence de toute réaction officielle pour l’instant. La seule enregistrée à Bangui date du 5 septembre 2011 quand le gouvernement centrafricain a annoncé reconnaître le CNT (Conseil national de transition) comme « le représentant légitime  du peuple libyen ».

On retiendra toutefois que les relations entre les tenants du pouvoir en RCA et le guide libyen n’ont jamais été comme un long fleuve tranquille. Il avait réussi par exemple à « convertir » l’empereur Bokassa à l’Islam. Ce dernier avait même pris le nom de Salah Eddine, avant de se rétracter quelques jours plus tard. L’actuel Hôtel dit des 500 chambres en finition à Bangui sur l’Avenue de l’Indépendance date cet épisode. Sa construction avait commencé avec les pétrodollars libyens. Le volte-face impérial avait tout bloqué.

La coopération Centrafrique-Libye sera relancée avec l’avènement de l’ex-président défunt Ange Félix Patassé à la tète de la RCA. Le guide de la révolution Libyenne, le colonel Kadhafi et Ange Félix Patassé, avaient  invité les Etats africains à « ratifier, de toute urgence », le traité de l’Union Africaine. On retiendra également qu’avant de rentrer de son exil togolais, l’ex-président, dans la perspective des élections des élections présidentielles de 2010-2011, avait séjournée longuement à Tripoli, semble-t-il pour obtenir des fonds de campagne du président libyen.

En 2002, pour réprimer l’insurrection lancée par d’anciens soldats fideles à l’ancien chef de l’état-major militaire, le président Patassé avait aussi obtenu du Guide Libyen deux avions qui avaient bombardé la ville de Damara, à 76 km au Nord de Bangui, en vue de chasser les rebelles qui contrôlaient la ville.

Quid de François Bozizé ?

La relance de la coopération entre Bangui et Tripoli, objet de la visite du président centrafricain François Bozizé en Libye en Juin 2004, avait buté sur un contentieux pétrolier, héritage du précédent régime de la RCA. La radio nationale annonçait à l’époque que « Les délégués libyens avaient révélé qu’entre 1999 et 2002, la Grande Jamahiriya avait livré à la RCA plus de 400.000 tonnes de produits pétroliers(…) à un prix préférentiel », ajoutant que seulement 100 millions de dollars avaient été remboursés sur un total de 10 milliards. Cet argent aurait « alimenté les comptes particuliers des centrafricains à l’étranger ».

Un autre objet d’un voyage du Président centrafricain Bozizé à Tripoli avait été la desserte de la capitale centrafricaine par les avions Libyens et la fourniture d’équipements de distribution d’eau potable.

La capitale libyenne avait également servi de cadre pour la signature il y a quelques années de l’Accord de Syrte entre le gouvernement centrafricain et certains groupes rebelles actifs dans le pays. A titre d’exemple, Tripoli continue à ce jour d’héberger des opposants militaro-politiques.

A rappeler également, que le 27 mars 2009 avait eu lieu à Bangui, la signature de deux  protocoles d’accord entre la RCA et la Libye. Ils concernaient la mise en exécution de la campagne agricole mécanique par la grande Jamahiriya marqué par un don de tracteurs, à des fins de labour en RCA, dénommée « Programme vert » et la réhabilitation de la cité des « 14 villas » ainsi que la villa présidentielle située au Camp de Roux.

Last but not least, il faut rappeler que l’actuelle première dame de centrafricaine a été bloquée à Tripoli, aux débuts de la révolution qui a emporté le Colonel Khadafi. Alors que les manifestations de rue avaient entraîné la paralysie de toutes les activités, y compris la fermeture de l’aéroport de la capitale, l’ex-guide avait donné des instructions pour exfiltrer Monique Bozizé, en même temps que le chef de l’opposition nigérien d’alors et actuel président de la République. L’avion avait alors conduit le second à Niamey avant d’aller se poser à Bangui.

 

NDLR : BOZIZE, son épouse Monique et sa maîtresse Renée Madeleine BAFATORO avaient vraiment usé et abusé des largesses de KADHAFI. Contrairement à ce qui est écrit à la fin de cet article, Mme Monique BOZIZE n’était pas bloquée à Tripoli avec l’actuel président nigérien mais plutôt avec l’ancien candidat à la présidence et ancien premier ministre nigérien Seyni OUMAROU. Tous les deux avaient en effet été exfiltrés de Tripoli vers Niamey. Faut-il rappeler que malgré la guerre qui battait son plein en Libye, Mme Monique BOZIZE avait l'indécence d'écrire à l'ambassadeur libyen à Bangui pour mendier quelques moyens pour sa fondation Femme Enfant Solidarité. Elle a tout de même obtenu quelques sacs de riz qu'elle a offert ici là lors de la fête de l'Aîd.  

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 01:23

 

 

americanisation-de-l-Afrique.jpg

 

Source : mondialisation.ca par John Pilger

Le 14 octobre, le président Obama a annoncé que les Etats-Unis allaient envoyer des forces spéciales américaines en Ouganda pour prendre part à la guerre civile. Dans les mois à venir, des troupes de combat américaines vont être envoyées au sud-Soudan, au Congo et en Centrafrique. Elles n’engageront le combat qu’en cas de “légitime défense” a dit Obama de manière satirique. Avec la Libye tombée dans l’escarcelle, une invasion américaine du continent africain prend forme.

La décision d’Obama est décrite par la presse comme étant “hautement inhabituelle” et “surprenante” et même “bizarre”. Il n’en n’est rien. Ceci n’est que la logique de la politique américaine depuis 1945. Prenez le Vietnam. La priorité était d’arrêter l’influence de la Chine, un rival impérialiste et “protéger” l’Indonésie, que le président Nixon appela “le plus gros magot en ressources naturelles de la région.. La plus grande des récompenses”. Le Vietnam était simplement sur le chemin et le massacre de plus de trois millions de Vietnamiens, la dévastation et l’empoisonnement de leur pays étaient le prix de la réalisation des objectifs de l’Amérique. Comme toutes les invasions américaines suivantes, un sentier de sang qui s’étend de l’Amérique latine à l’Afghanistan en passant par l’Irak, le leitmotiv était toujours la “légitime défense” ou “la cause humanitaire”, des mots vidés depuis longtemps de leur sens propre.

En Afrique, dit Obama, “la mission humanitaire” est d’assister le gouvernement de l’Ouganda à se défaire de l’armée de résistance de dieu (LRA) qui a “tuée, violée et kidnappée des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en Afrique centrale”. Ceci est une description juste de la LRA, évoquant de multiples atrocités administrées par les Etats-Unis, tel le bain de sang des années 1960 suite à l’assassinat arrangé par la CIA de Patrice Lumumba, le leader congolais indépendant et premier ministre légalement élu pour la première fois au Congo, ainsi que le coup d’état perpétré par la CIA, installant au pouvoir Mobutu Sese Seko, vu comme le plus vénal des tyrans africains.

L’autre justification d’Obama invite également la moquerie. Ceci est du ressort de “la sécurité nationale américaine”. La LRA a fait son sale boulot depuis 24 ans, sans intérêt particulier des Etats-Unis. Aujourd’hui, elle se compose de quelques 400 membres armés et n’a jamais été aussi faible. Quoi qu’il en soit, la “sécurité nationale américaine” veut en général dire l’achat d’un régime corrompu et veule, qui possède quelque chose que Washington veut. Le “président à vie” ougandais Yoweri Museveni a déjà reçu la plus grande part des 45 millions de dollars d’aide militaire des Etats-Unis, incluant les drones favoris d’Obama. Ceci est son pourboire pour combattre une autre guerre par proxy contre l’ennemi islamiste fantôme de l’Amérique, le groupe Shabaab basé en Somalie. La LRA jouera son rôle imparti de diversion par relation publique, en distrayant les journalistes occidentaux avec ses histoires d’horreur habituelles.

Quoi qu’il en soit, la raison principale pour laquelle les Etats-Unis envahissent l’Afrique n’est pas différente de celle qui enflamma la guerre du Vietnam. C’est la Chine. Dans le monde de la paranoïa institutionnalisée auto-infligée, qui justifie ce que le général David Petraeus, l’ancien chef d’état-major maintenant à la tête de la CIA, suppose être un état de guerre permanent, la Chine est en train de remplacer Al Qaïda comme la “menace” officielle contre l’Amérique. Quand j’ai interviewé Bryan Whitman, un secrétaire d’état adjoint du ministère de la défense, l’an dernier, je lui ai demandé de décrire le danger courant auquel l’Amérique fait face en ce moment. Il répéta visiblement embarrassé, “les menaces asymétriques, les menaces asymétriques”. Ces menaces justifient le blanchiment d’argent sale que l’état effectue avec les conglomérats d’armes et le plus gros budget militaire de l’histoire. Avec Oussama Ben Laden hors service, la Chine reprend le flambeau.

L’Afrique est l’histoire à succès de la Chine. Là où les Américains amènent leurs drones et la déstabilisation, les Chinois amènent des réseaux routiers, des ponts, des barrages. Ce qu’ils veulent ce sont les ressources, spécifiquement les hydrocarbures.  Avec les plus grosses réserves de pétrole du continent africain, la Libye de Mouammar Kadhafi était une des sources les plus importantes de la Chine. Lorsque la guerre civile éclata et que les “rebelles” furent soutenus par l’OTAN sous couvert d’une histoire fabriquée de toute pièce à propos de Kadhafi planifiant un “génocide” à Benghazi, la Chine évacua ses 30 000 ouvriers de Libye. La résolution du conseil de sécurité de l’ONU qui autorisa une “intervention humanitaire” de l’occident fut expliquée succinctement par le conseil transitoire au gouvernement français, ce qui fut publié le mois dernier par le journal Libération et dans lequel le conseil national de transition libyen offrait 35% de la production nationale de pétrole à la France “en échange” (le terme utilisé) d’un soutien “total et permanent” de la France au conseil de transition. Portant la bannière étoilée dans un Tripoli “libéré” le mois dernier, l’ambassadeur américain Gene Cretz laissa échapper: “Nous savons que le pétrole est le joyau de la couronne des ressources naturelles libyennes !”

La conquête de facto de la Libye par les Etats-Unis et ses partenaires impérialistes annonce la version moderne de la “ruée sur l’Afrique” de la fin du XIXème siècle. Tout comme la “victoire” en Irak, les journalistes ont joué un rôle essentiel et critique en divisant les Libyens entre de bonnes victimes et de mauvaises victimes. Une récente du journal Guardian illustra une photo d’un combattant “pro-Kadhafi” effrayé aux mains de ses geôliers aux yeux élargis avec la mention “célébrez”. D’après le général Petraeus, il y a maintenant une guerre de la “perception… qui est continuellement conduite à travers les médias”.

Depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont essayé d’établir un commandement militaire sur le continent africain, AFRICOM, mais ont été repoussés par les gouvernements, appréhensifs des tensions régionales que cela impliquerait. La Libye et maintenant l’Ouganda, le sud-Soudan et le Congo leur donnent une autre bonne chance. Comme le révèlent les câbles fuités par Wikileaks du bureau national stratégique pour le contre-terrorisme, les plans américains pour l’Afrique font partie d’un schéma global qui verra 60 000 forces spéciales, incluant des escadrons de la mort, opérant dans 75 pays, de bientôt opérer dans 120 pays. Dick Cheney le dît dans son plan de “stratégie de défense) des années 1990, l’Amérique désire simplement dominer le monde.

Que ceci soit maintenant le cadeau de Barack Obama, le “fils de l’Afrique”, est d’une ironie suprême. Où cela l’est-il vraiment ? Comme Frantz Fanon l’a expliqué dans “Black Skin, White Masks”, ce qui importe en fait n’est pas tant la couleur de votre peau, mais le pouvoir que vous servez et les millions que vous trahissez.


Article original en anglais : Obama, The Son of Africa, Claims a Continent’s Crown Jewels, paru le 20 octobre 2011.

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 18:43

 

 

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Amnesty International 19 octobre 2011

Les exportations d'armes vers des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord illustrent l'insuffisance des contrôles. Les États-Unis, la Russie et plusieurs pays européens ont fourni de très nombreuses armes à des gouvernements répressifs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avant les soulèvements de cette année, tout en sachant qu'il existait un risque considérable que ces armes soient utilisées pour commettre de graves violations des droits humains, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public mercredi 19 octobre.

Les États-Unis, la Russie et plusieurs pays européens ont fourni de très nombreuses armes à des gouvernements répressifs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avant les soulèvements de cette année, tout en sachant qu'il existait un risque considérable que ces armes soient utilisées pour commettre de graves violations des droits humains, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public mercredi 19 octobre.

Ce document, intitulé Arms Transfers To The Middle East And North Africa: Lessons For An Effective Arms Trade Treaty, se penche sur les transferts d'armes effectués vers Bahreïn, l'Égypte, la Libye, la Syrie et le Yémen depuis 2005.

« Nos recherches ont mis en évidence l'échec total des mesures de contrôle existantes concernant les exportations d'armes, ainsi que la nécessité d'un traité sur le commerce des armes prenant pleinement en compte le besoin de respecter les droits humains », a déclaré Helen Hughes, principale spécialiste du commerce des armes ayant contribué au rapport d'Amnesty International.

« Les gouvernements professant actuellement leur solidarité avec la population de ces pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord sont les mêmes que ceux qui jusqu'à récemment fournissaient les armes, les munitions et autres équipements militaires et de police utilisés pour tuer, blesser et soumettre à des arrestations arbitraires des milliers de manifestants pacifiques dans des États tels que la Tunisie et l'Égypte, et qui sont actuellement encore employés par les forces de sécurité en Syrie et au Yémen. »

Les principaux fournisseurs d'armes des cinq pays cités dans le rapport étaient l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, les États-Unis, la France, l'Italie, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Russie.

Au moins 11 États ont fourni au Yémen une assistance militaire ou autorisé l'exportation d'armes, de munitions et d'équipements associés vers ce pays, où quelque 200 manifestants ont perdu la vie en 2011. Ceux-ci incluent l'Allemagne, la Bulgarie, les États-Unis, l'Italie, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l'Ukraine.

Malgré la répression brutale qui continue à viser les manifestants, la communauté internationale n'a pas pris de mesures fortes pour mettre un terme aux transferts d'armes vers le Yémen.

Obtenir des données sur les exportations d'armes vers la Syrie n'est pas chose aisée car rares sont les gouvernements qui rendent officiellement des comptes sur leurs transactions de cette nature avec le gouvernement syrien. On sait cependant que le principal fournisseur d'armes de la Syrie est la Russie ; quelque 10 % des exportations d'armes de cette dernière seraient à destination de la Syrie.

La Russie ne publie pas de rapport annuel sur ses exportations d'armes, ce qui signifie que les transferts de ce type dans la région ne peuvent être quantifiés.

L'Inde a autorisé la livraison de véhicules blindés à la Syrie, tandis que la France lui a vendu des munitions entre 2005 et 2009.

Amnesty International a identifié 10 États - dont l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni et la Russie - dont le gouvernement a autorisé la vente d'armements, de munitions et d'équipements associés au régime du colonel Mouammar Kadhafi, en Libye, depuis 2005.

Pendant le conflit, les forces du colonel Kadhafi ont commis des crimes de guerre et des violations susceptibles de constituer des crimes contre l'humanité.

Des bombes à sous-munitions et des projectiles de mortier MAT-120 de fabrication espagnole, pour lesquels une licence d'exportation a été octroyée en 2007, ont été retrouvés à Misratah par Amnesty International lorsque les forces du colonel Kadhafi pilonnaient cette ville, il y a quelques mois. Ces équipements sont désormais prohibés par la Convention des Nations Unies sur les armes à sous-munitions, que l'Espagne a signée moins d'un an après avoir fourni des sous-munitions à la Libye.

Une grande partie des armes lourdes recensées en Libye par les chercheurs d'Amnesty International semblent avoir été manufacturées pendant l'ère soviétique et fabriquées en Russie ou en Union soviétique, en particulier les roquettes Grad, conçues pour frapper sans discrimination et largement utilisées par les deux camps durant le conflit. Parmi les munitions retrouvées figuraient par ailleurs des modèles bulgares, chinois et italiens, comme des fusibles de roquette, des mines antichar de type 72 et des obus d'artillerie de calibre 155 mm respectivement.

Au moins 20 États ont vendu et fourni des armes légères, des munitions, du gaz lacrymogène, des agents antiémeutes et d'autres équipements à l'Égypte, les États-Unis en tête avec des livraisons d'un montant de 1,3 milliards de dollars annuels (soit un peu plus de 940 millions d'euros). Ses autres fournisseurs incluent l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, l'Italie et la Suisse.

Les forces de sécurité égyptiennes et bahreïnites ont utilisé un grand nombre de fusils, avec des conséquences dévastatrices et meurtrières.

 

Amnesty International reconnaît que la communauté internationale a pris quelques mesures cette année afin de limiter les transferts internationaux d'armes vers Bahreïn, l'Égypte, la Libye, la Syrie et le Yémen. L'organisation a cependant rappelé que les protocoles en vigueur visant à réguler les exportations d'armes n'ont pas permis d'empêcher les transferts au cours des années précédentes.

« Les embargos sur les armes arrivent généralement trop tard, une fois que les crises des droits humains sont là », a ajouté Helen Hughes.

« Ce qu'il faut, c'est une évaluation au cas par cas de chaque transfert d'armes envisagé, de sorte que s'il existe un risque important que les armes en question soient utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves des droits humains, le gouvernement concerné soit tenu de mettre le holà. »

« Cette " règle d'or " procédant d'une démarche préventive figure déjà dans le projet de traité sur le commerce des armes, au sujet duquel des négociations ont repris aux Nations unies en février. Si les principaux exportateurs d'armes n'adoptent pas cette règle d'or et continuent à faire preuve d'imprudence en maintenant le statu quo, alimentant ainsi les crises des droits humains comme celles dont nous avons été témoins au Moyen-Orient et en Afrique du Nord cette année, des vies seront inutilement brisées et la sécurité mondiale sera compromise. »

 

Notes aux rédacteurs

Des porte-parole d'Amnesty International sont disponibles pour parler de ce rapport depuis New York et Londres. Pour organiser des interviews, veuillez prendre contact avec le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 0 20 7413 5566, ou par courriel : press@amnesty.org.

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 00:50

 

 

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Mardi, 18 Octobre 2011 14:46

 

Le monde entier a célébré ce lundi 17 octobre, la journée du refus de la misère. A cette occasion le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies Ban Ki Moon invite les gouvernements à agir et à placer l’être humain au centre de toute action.

En République Centrafricaine, cette journée est passée inaperçue en dépit de nombreuses difficultés que connaissent sa population.

Le Secrétaire Général de l’Onu commence par rappeler que depuis des décennies, les Nations Unies agissent pour libérer les hommes de la pauvreté. Mais les grands progrès faits dans ce sens sont aujourd’hui compromis.

Trop de gens, dit-il, vivent dans la peur : la peur de perdre leur emploi; la peur de ne pas pouvoir nourrir leur famille; la peur que le piège de la pauvreté se referme à jamais sur eux et les prive du droit fondamental de vivre en bonne santé, dans la dignité et l’espoir.

Ban ki Moon invite à agir, contre la crise économique, contre le changement climatique, contre la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie et contre les conséquences des catastrophes naturelles. Nous pouvons les surmonter en plaçant l’être humain au centre de notre action.

Et le SG de l’Onu de regretter que dans les débats décisifs pour notre avenir, trois groupes manquent à l’appel : les pauvres, les jeunes et la planète.

Comme nous nous employons à éviter un effondrement mondial dans le domaine de la finance indique-t-il, employons-nous à en éviter un autre dans le domaine du développement. Nous ne pouvons pas, au nom de la rigueur budgétaire, renoncer à investir dans le capital humain, au mépris du bon sens.

Il se dit convaincu qu’il est possible d’éradiquer le paludisme, de faire reculer le sida, d’empêcher des millions de mères de mourir en couches, de créer des emplois et de la croissance en investissant dans l’écologie.

Il est temps de redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, en parvenant à bâtir un monde libéré de la pauvreté.

Interrogés par Radio Ndeke Luka, certains habitants de Bangui non pas caché leurs préoccupations : « La misère est loin de quitter ce pays. Nous n’avons qu’un seul repas par jour au lieu de 3, comme l’indique le gouvernement. Nous ne pouvons pas nous prendre en charge au plan éducatif, sanitaire ; nous dormons à même le sol sans protection contre les moustiques. Nous appelons le gouvernement à prendre ses responsabilités pour faire reculer la misère dans notre pays ».

 

NDLR : Célébrer la journée internationale du refus de la misère aurait été pour les autorités centrafricaines l’aveu de leur échec à éradiquer cette misère dans le pays. Cela les arrange plutôt que cette journée passe donc inaperçue. Pendant la campagne électorale, le KNK s’évertuait à distribuer entre autre des morceaux de viande de bœuf dans certains quartiers de Bangui. Pourquoi depuis son hold-up électoral le même KNK ne continue-t-il pas cette distribution électoraliste de viande et laisse mourir les gens de famine ?

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 00:44

 

 

 

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(ATP 13/10/2011)

 La visite d’amitié et de travail effectuée à N’Djaména ce samedi midi par le Président centrafricain, malgré sa brièveté et son huis clos, traduit bien le degré de confiance entre deux hommes d’Etat (Idriss Deby Itno et François Bozizé) mais aussi et surtout la nature privilégiée des relations qui unissent les peuples tchadien et centrafricain.

Point n’est donc besoin de dire que le Tchad et la Centrafrique sont des pays voisins. Point n’est également besoin d’affirmer que les liens entre les deux pays sont historiques, culturels, économiques et politiques. Le Tchad et la Centrafrique, par-delà des frontières héritées de la colonisation, sont deux peuples frères, deux pays frères.

 Allez à Bangui, à Bossangoa ou à Berberati. Demandez à rencontrer un Tchadien. Ils sortiront des milliers. Venez à Sarh, Moundou ou N’Djaména. Posez la même question. Des milliers de Centrafricains répondront présents. Pour tout dire, Tchadiens et Centrafricains savent que leurs intérêts sont liés, entrelacés. Par conséquent, ils ne sont pas prêts à les brader, quelles que soient les difficultés du moment.

La plus récente de ces difficultés remonte à quelques semaines. Des Tchadiens vivant à Bangui sont accusés, à tort ou à raison, par leurs frères centrafricains, d’être à l’origine de la mort suspecte de deux jeunes centrafricains. Sans attendre la vérification de ces accusations, près d’une dizaine de Tchadiens ont été tués en représailles. Une forte délégation tchadienne conduite par le ministre de la défense à séjourné à Bangui à cet effet. Elle a eu plusieurs séances de travail avec les autorités centrafricaines. La délégation tchadienne a été reçue par le Président Bozizé en personne.

Ce qui traduit la gravité du problème, et les autorités centrafricaines ont promis indemniser les familles des personnes tuées. Les observateurs de la scène politique tchado-centrafricaine estiment que le Président centrafricain pourrait bien profiter de sa visite d’amitié et de travail pour informer les autorités tchadiennes de ce qui est en train d’être fait, non seulement pour indemniser les familles tchadiennes, mais surtout réinstaurer un climat de paix, de confiance mutuelle et de cohabitation pacifique entre les frères tchadien et centrafricain à Bangui et dans les autres villes centrafricaines.

Un autre phénomène menace constamment les bons rapports entre le Tchad et la République centrafricaine : l’insécurité transfrontalière, avec ses corollaires de trafic d’arme, de banditisme, de braconnage. Les deux gouvernements ont besoin de se concerter en permanence sur les mesures appropriées à prendre contre ces dangers qui non seulement alimentent l’insécurité, mais constituent un frein au développement socio-économique des deux pays. Récemment, le Tchad et la Centrafrique ont élargi le cadre de concertation en y incluant le Soudan, pays avec lequel ils partagent une longue frontière commune.

 En dehors de ces préoccupations ci-dessus mentionnées, il y a bien sûr le Sud Soudan qui, sauf difficulté de dernière heure, accédera à l’indépendance en Juillet prochain. Un nouvel Etat qui va faire son apparition dans la sous-région, aux confins des frontières tchado-centrafricaines.

Quoi que brève et à huis clos, la visite d’amitié et de travail du Président François Bozizé à N ’Djaména aurait permis aux deux délégations, tchadienne et centrafricaine, d’aborder des problèmes cruciaux pour la quiétude de leurs populations respectives et pour la stabilité des deux pays frères.

Mbairé Bessingar

© Copyright ATP

 

NDLR : Ce déplacement de Bozizé est intervenu à un moment où Durant ce week-end en question, les rumeurs les plus folles ont circulé à Bangui et continuent encore sur son sort. Sans présumer du contenu des entretiens qu’il a eus avec son parrain Idriss Déby Itno, on ne peut pas imaginer que la question du FPR de Baba Laddé dont la présence des troupes sur le sol centrafricain pose un vrai problème pour la RCA mais inquiète aussi le Tchad, n’ait pas été évoquée par les deux personnalités. On se souvient qu’il y a quelques semaines, quarante véhicules 4 x 4 montés d’armes lourdes avaient été expédiés à Bangui par le président tchadien et parqués au Palais de la Renaissance.  

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 02:06

 

 

Ban Ki moon

 

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Bozize KNK

 

 

Dans une interview qu’il vient d’accorder à notre confrère du quotidien l’AGORA n° 892 du 11 octobre 2011, Claude LENGA, intellectuel et pourtant membre du parti au pouvoir KNK, exprime des idées avec lesquelles on ne peut qu’être d’accord lorsqu’il affirme ceci : « Dans ce pays finalement, on a tendance à comprendre que quand vous prenez les armes, on vous entend mieux que quand vous parlez. C’est pour cela qu’il faut que l’on arrive à faire prévaloir la culture de la paix et de la démocratie. Ainsi tous ceux qui font parler les armes devront être écartés. A force de négocier souvent avec des gens qui ont des armes, et qu’à chaque étape, ils reviennent sur leur engagement parce qu’ils font de la surenchère pour se repositionner, nous n’allons jamais nous en sortir tant que qu’on demeure dans cette logique de cercle vicieux ».

En effet, force est constater que depuis qu’il est au pouvoir et qu’ont éclaté dans le pays toutes les rébellions nationales, APRD, FDPC, UFDR, MLCJ, CPJP et autres, l’unique logique qui est celle de Bozizé est exclusivement celle du dialogue permanent et des négociations tantôt secrètes, tantôt publiques et à coup d’enveloppes et de mallettes d’argent que transporte sans cesse son conseiller Stanislas Mbangot à cette fin, avec les mouvements dits politico-militaires donc tous ceux qui ont pris les armes pour former des rébellions et cela, au détriment des partis politiques de l’opposition démocratique qui eux ont clairement pris position pour la voie pacifique et celle des urnes pour l’alternance politique au pouvoir.

De cette  seconde catégorie qui privilégie le combat politique des idées, Bozizé n’a qu’un  mépris souverain pour ses leaders et ne s’intéresse à elle que pour débaucher de temps en temps pour la formation de ses gouvernements, quelques personnes à la fidélité douteuse et aux convictions peu solides des partis de cette opposition qui peuvent mordre facilement à son hameçon. Autrement dit, Bozizé n’entend et ne comprend que le langage des armes et c’est très dommage. Il consacre toute son énergie et passe le plus clair de son temps à couvrir des injures les plus viles les leaders des partis de l’opposition, les traiter à longueur de ses discours de prostitués, de  sorciers et d’autres noms d’oiseaux.

Il a récemment poussé ce traitement méprisant jusqu’à pour une première fois, interdire purement et simplement la rentrée politique du MLPC pour laquelle les autorités compétentes avaient pourtant été préalablement informées.  Peu de temps après, on a assisté à un important déploiement de moyens de l’Etat pour contacter les protagonistes armés des tueries de Bria que sont l’UFDR et la CPJP d’Abdoulaye Hissène et les faire venir dans la capitale afin de conclure un accord de cessez-le-feu sous le parrainage de les représentations en RCA des Nations Unies,  le BINUCA et celle de l’Union Africaine dont le siège d’Addis-Abeba s’est aussitôt fendu d’un communiqué de presse pour se féliciter de la signature.

On remarquera en passant et pour le dénoncer que lorsque Bozizé et son parti le KNK ont saboté pour empêcher la tenue août dernier du meeting du FARE 2011 et interdit peu de temps après le 10 septembre la cérémonie de rentrée politique du MLPC, ni le BINUCA ni la représentation de l’Union Africaine à Bangui n’ont levé le petit doigt ou élevé la moindre réaction. Cette attitude des représentations de ces institutions en République centrafricaine contraste nettement avec celles présentes dans d’autres pays africains notamment en Côte d’Ivoire par exemple où le porte-parole de l’ONUCI,  après le clash FPI-RDR de samedi dernier, a pris position en ces termes : “A tous les acteurs politiques, à la population, évitez tous la provocation et les excès …”. Comment expliquer ce « deux poids deux mesures » ?

En RCA, Bozizé est manifestement en permanence dans le registre de la provocation et de l’excès et personne n’ose le rappeler à l’ordre. Les Nations Unies et l’Union Africaine entre autres, n’ont fait que l’accompagner et ont fermé les yeux sur son hold-up électoral en janvier dernier. Les Nations Unies se voient obligées d’accourir maintenant avec la forte délégation de la commission de consolidation de la paix de l’ambassadeur Jan GRAULS, venue en quelque sorte comme des sapeurs-pompiers sur un foyer d’incendie.

Au lieu de veiller à la bonne organisation des élections en permettant la réalisation de listes électorales et cartes d’électeurs informatisées et fiables, les Nations Unies  par Mme ZEWDE SAHLE WORK interposée, sont passées totalement à côté de leur mission. Jan GRAULS a préféré financé la construction de geôles, commissariats ainsi que d’autres projets certes importants mais pas prioritaires dont une partie de l’argent a d’ailleurs été impunément détournée par certains dignitaires du régime.

On retiendra de tout cela qu’en Centrafrique, tout incite objectivement à prendre les armes lorsqu’on a comme projet de faire changer notablement l’ordre des choses ou de s’emparer du pouvoir. Aussi bien l’attitude de Bozizé que celle des institutions comme les Nations Unies et l’Union Africaine, ne leur en déplaise, va et encourage dans ce sens. C’est un scandaleux déni de démocratie.

Après la réélection en janvier dernier de Bozizé dans des conditions de fraudes généralisées et de nombreux dysfonctionnements délibérément organisés aux fins de sa victoire, on ne peut qu’avoir la conviction que ce dernier n’a qu’un seul objectif : tout faire pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir le plus longtemps possible. Il a tout fait non seulement pour faire entrer massivement ses parents et sa famille à l’assemblée nationale mais aussi pour humilier tous les candidats de l’opposition y compris certains de ses leaders ainsi qu’à leur formation politique en leur barrant ostensiblement le chemin de la représentation nationale.

Dès lors plus personne ne peut plus croire à la voie pacifique des urnes pour l’alternance au pouvoir. C’est là où il y a un réel danger dans les actes politiques que pose Bozizé et les conséquences de son attitude politique de verrouillage systématique de toutes les portes à l’opposition. Lui et la fameuse communauté internationale en sont-ils conscients ? Il est permis d’en douter.

Rédaction C.A.P

 

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