Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 15:47




                   Jean Francis Bozizé

BANGUI (AFP) mercredi 17 juin 2009 - 13h53 — Le gouvernement centrafricain a affirmé mercredi que les affrontements du 12 juin entre l'armée et une rébellion dans le nord-est de la Centrafrique avaient fait 18 morts, dont 15 rebelles.

Les rebelles de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) avaient affirmé avoir tué 24 soldats gouvernementaux et avoir perdu deux hommes lors de ces combats près de la ville de Ndélé.

Dans un communiqué, le ministre délégué à la Défense, Jean-Francis Bozizé affirme que le bilan "s'élève à trois morts du côté des forces régulières et à quinze tués parmi les bandits armés".

Il a qualifié de "fantaisiste" le bilan avancé par la CPJP, démentant également la version du mouvement rebelle qui affirme avoir été attaqué par l'armée.

Selon lui, la CPJP est à l'origine des combats. "L'attaque lancée" par cette rébellion traduit sa "volonté" de "maintenir par tous les moyens un climat d'insécurité dans le pays", a affirmé le ministre, fils du président François Bozizé.

Il a estimé que l'offensive était "une action en représailles au maintien en détention" de leader de la CPJP Charles Massi.

Ancien ministre des Mines puis de l'Agriculture sous le régime d'Ange-Félix Patassé renversé en 2003 par le général Bozizé, Charles Massi a été arrêté en mai au Tchad où il est toujours détenu. Les autorités tchadiennes ont dit leur intention de le juger "pour infiltration frauduleuse" au Tchad et "tentative de déstabilisation d'un pays voisin".

Dans une lettre au président tchadien Idriss Deby Itno reçue mercredi par l'AFP, la CPJP demande la libération de son dirigeant, affirmant que M. Massi "ne représente en aucune manière un danger ni pour la sécurité intérieure ou extérieure ni pour la sûreté nationale ou territoriale du Tchad".

Le mouvement rebelle réaffirme qu'il a décidé "d'arrêter toutes formes de contact et de négociations avec le gouvernement centrafricain".

La CPJP, qui n'a pas adhéré au processus de paix en cours en Centrafrique, s'est accroché avec l'armée à plusieurs reprises cette année dans le secteur de Ndélé.

Ces attaques ont conduit à des mouvements de population, notamment vers le sud du Tchad.

Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés.

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 21:43





APA Bangui (Centrafrique) 2009-06-15 12:32:25 - Le secrétaire général de la Commission nationale centrafricaine du suivi des droits des enfants, M. Elie Chancy Déta, a déploré, lundi à Bangui, la situation des enfants centrafricains soumis aux pires formes de travail, dans une déclaration à APA, en prélude à la célébration de la journée de l’enfant Africain.

 «A Bangui, en milieu de la journée, les enfants transportent des assiettes remplies de beignets ou d’arachides pour la vente. Ils servent de guide aux aveugles et quémandent tout au long de la journée des pièces de 100FCFA aux passants», a indiqué M. Elie Déta.

«Vers le centre-ouest de la Centrafrique, notamment à Mbaïki, Boda, Nola, Berberati, il y a des enfants qui sont dans la société de diamant, qui naissent, grandissent et vieillissent là bas», a-t-il dit, ajoutant que ces enfants
«ne vont pas à l’école et n’ont pas d’acte de naissance».

Selon le secrétaire général de la Commission nationale centrafricaine du suivi des droits des enfants, les différentes rébellions basées dans le nord du pays enrôlent les enfants qui, la plupart du temps, sont souvent maltraités et transformés en esclaves sexuels pour les chefs rebelles.

«C’est pourquoi nous sommes entrain de nous battre pour que ces zones soient immédiatement démilitarisées, démobilisées et que les enfants soient immédiatement réinsérés pour qu’ils puissent bénéficier des droits de l’enfant qui sont consacrés dans la Commission nationale suivi droits enfants», a conclu M. Déta.

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 15:36





 Zakaria Damane chef d'une aile de l'UFDR


NDLR : Suite aux combats meurtriers qui se sont déroulés il y a une dizaine de jours dans  la ville de Birao, Henri Maidou, président du comité de suivi des recommandations du dialogue politique inclusif s’est fendu du communiqué de presse que nous publions ci-dessous. Est-t-il besoin de rappeler que l’auteur du communiqué est en même temps conseiller spécial de Bozizé.

En réalité le contenu de ce communiqué s’adresse davantage au même Bozizé. L’exacerbation des contradictions entre les communautés Rounga, Goula et Kara dans les préfectures de la Vakaga, du Bamingui-Bangoran et de la Haute-Kotto est due à la partialité de la politique des autorités de Bangui qui ont pris la responsabilité de faire risette avec l’UFDR version Zakaria Damane, qui est d’origine Goula qui joue au sheriff du coin, qu’elles manipulent à souhait et dont les partisans armés sèment la terreur dans les régions de Birao, Sam-Ouandja et Bria, tuant sans distinction des ressortissants Rounga et Kara pour de sombres affaires de trafics de diamant et autres. Ce ne sont pas avec de telles incantations que la paix reviendra dans cette région. On est obligé de faire le constat que depuis que Bozizé est à la tête de la République centrafricaine, il y a comme un soudain réveil des velléités d’affirmation ethnique, véritable menace contre l’unité nationale du pays et rien n’est fait pour qu’il n’en soit pas ainsi, bien au contraire. 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DU PRESIDENT DU COMITE DE SUIVI DES RECOMMANTATIONS DU DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF



Le samedi 06 juin 2009, une attaque suivie d’une opération de représailles menée par les Kara contre les Goula de l’UFDR a endeuillé une fois de plus des familles centrafricaines à Birao.

Aujourd’hui, la République centrafricaine, au sortir du Dialogue Politique Inclusif, a entrepris un programme de Réconciliation Nationale de pacification et de Consolidation de la Paix à travers l’application intégrale des Recommandations dudit forum.

Voici que, la situation de Birao met en péril ce processus de Paix tant voulu par le peuple centrafricain.

Face à cette très regrettable situation, le Comité de Suivi des Recommandations du Dialogue Politique Inclusif exprime sa vive préoccupation par rapport à ces actes crapuleux qui risquent de retarder les avancées du programme DDR et le processus électoral.

Aussi, le Comité de Suivi des Recommandations du Dialogue Politique Inclusif en appelle-t-il aux autorités de la République pour prendre toutes les dispositions qui s’imposent afin de mettre un terme définitif aux différends qui perdurent entre les communautés Kara et Goula de Birao qui sont pourtant condamnées à vivre ensemble.

Le Comité de Suivi des Recommandations du Dialogue Politique Inclusif demande en outre au Gouvernement de mettre en œuvre la Recommandation relative au cadre de concertation permanente afin de régler pacifiquement de tel conflit.

Fait à Bangui le 08 juin 2009

Le Président

Henri MAIDOU

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 01:34


Zakaria Damane chef d'une aile de l'UFDR
acquise à Bozizé
Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 18:56



BANGUI - 06 juin 2009 19h54 – (AFP) - Au moins deux personnes ont été tuées et samedi matin lorsque des hommes armés ont attaqué à Birao (nord-est) un site de l'armée centrafricaine, selon des sources militaires et onusienne, un site de la rébellion, selon un mouvement rebelle engagé dans le processus de paix.

"Très tôt ce matin, un groupe d'individus d'une zone non identifiée a attaqué la base de l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement) à Birao", a déclaré Djarnib Ngrébaye, porte-parole de l'UFDR qui a signé un accord de paix avec Bangui et est engagée dans le processus en cours en Centrafrique.


"Nos éléments, appuyés par l'armée, ont réussi à repousser les assaillants",
a-t-il dit. "Il y a eu deux morts côté assaillants et plusieurs blessés, mais c'est un bilan provisoire", a-t-il ajouté.

L'attaque et le bilan ont été confirmés à l'AFP par le commandant Emmanuel Ngboya des Forces armées centrafricaines (Faca) à Birao et une autre source militaire ayant requis l'anonymat, en attribuant l'assaut à des rebelles de l'UFDR d'ethnie Kara, contestant la direction actuelle de leur mouvement.


"Il y a eu deux morts du côté de l'UFDR et une dizaine de blessés",
a affirmé le commandant Ngboya.

Le chef de la Mission des Nations unies en Centrafrique et au Tchad (Minurcat), Victor da Silva Angelo, a également fait état de l'attaque dans un entretien à Radio France Internationale (RFI).

"Il y a un groupe d'hommes armés - à peu près une soixantaine - qui a attaqué le camp militaire du gouvernement centrafricain à Birao ce matin vers 05H40 (04H40 GMT)", a affirmé M. Angelo. "Il y a des gens blessés (...). On parle de deux rebelles tués, mais ce n'est pas confirmé", a-t-il ajouté.

Selon lui, la Minurcat s'est déployée "très rapidement en ville et à l'aéroport de Birao".

Des travailleurs humanitaires ont été rassemblés dans le camp de la mission onusienne, aux abords duquel avaient convergé "à peu près 300 habitants" qui avaient commencé à rentrer chez eux lorsque la situation est revenue "à la normale en fin de matinée".

D'après une des sources militaires interrogées par l'AFP, cette attaque serait un règlement de comptes "entre des Goula, majoritaires dans l'UFDR, et des Kara qui contestent la direction de Zakaria Damane", actuel chef de ce mouvement rebelle.

"Ils avaient des armes. Ils étaient venus pour tuer, pas pour chercher de la nourriture", a dit le commandant Ngboya.

En avril 2007, l'UFDR a signé avec Bangui un accord de paix, s'engageant notamment à cesser les hostilités dans une large part du nord-est centrafricain dont elle contrôlait plusieurs localités. Un de ses responsables a fait son entrée au gouvernement formé en janvier sur recommandation d'un forum sur la paix dans le pays.

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 17:34



APA Bangui (Centrafrique)
2009-06-05 16:13:12 - Les feux de brousse, le déboisement, les déchets industriels ainsi que les ordures ménagères sont les principales causes des changements climatiques en Centrafrique, a déclaré, vendredi à Bangui, le président du comité d’organisation de la journée mondiale de l’environnement, M. Ambroise Nzanga.

«Les causes des changements climatiques en Centrafrique sont notamment les feux de brousse, le déboisement, les déchets industriels ainsi que les ordures ménagères, qui sont des facteurs d’émission de gaz à effet de serre, augmentant le réchauffement de la terre», a expliqué M. Nzanga, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de l’environnement sur le thème national «collecte et décharge des ordures ménagères».


Il a indiqué que «les effets des changements climatiques sont ressentis en Centrafrique, pays qui fait partie des pays du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, sous la forme de la raréfaction des pluies, la chaleur intensive, les inondations, la perturbation saisonnière, la sècheresse».


Selon M. Nzanga, les changements climatiques en République centrafricaine ont des impacts dans certains domaines, notamment sur la santé, avec l’augmentation des maladies saisonnières et hydriques (méningites, paludisme, dysenterie amibiennes…), l’agriculture, avec la diminution des ressources alimentaires, la perturbation du calendrier agricole ainsi que sur la disparition des écosystèmes fragiles et de la biodiversité.
 

«L’efficacité et la modernisation de la gestion des déchets peuvent contribuer dans une large mesure à réduire les émissions globales de gaz à effet de serre», a-t-il conclu.

La journée mondiale de l’environnement a été instituée par l’assemblée générale des Nations unies en 1972, à l’ouverture de la conférence de Stockholm sur l’environnement humain.

Cette année, l’évènement est célébré sur le thème
«unissons-nous contre les changements climatiques».

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 19:48


 

 

NAIROBI, 28 Mai 2009 (IRIN Film & TV) - La République centrafricaine a été dans les affres d'une crise humanitaire de plus d'une décennie. Mutineries armées, coups d'Etat et tentatives de coups d'Etat, rébellions, les gangs d'enlèvement contre rançon et plus récemment, des éléments de l'Ouganda, la tristement célèbre Armée de résistance du Seigneur (LRA) ont rendu la vie des civils, en particulier dans le nord, extrêmement difficile, imprévisible, et très dangereuse.


Comme le nouveau film documentaire d’IRIN, sous la menace des armes,  le montre, de nombreux Centrafricains ne sont pas très bavards sur l'endroit où ils vivent encore. De nombreux villages du nord sont en ruine, abandonnés,  à proximité de leurs habitants installés dans des camps en brousse qui ont trop peur de rentrer.
 

Les détails des auteurs d’exaction varient de village en village, et dépendent de l'année de ce qui est appelé par euphémisme "événements". Mais pour la plupart, l'histoire est la même : une journée en 2003, ou 2006, ou 2007, ou 2009, les hommes armés - les soldats gouvernementaux, des soldats tchadiens, des soldats mutins, des rebelles - combattant d'autres hommes armés, se rendant à l'aube, tirant des coups de feu, exécutant parfois, incendiant souvent les maisons.



Dans les zones où des bandes de criminels connus comme "Zaraguinas" sont monnaie courante, la peur de l'enlèvement et d'extorsion de fonds a conduit à l'exode. Il y a maintenant au moins 100.000 Centrafricains qui vivent en brousse, avec autant vivant comme réfugiés, principalement au Tchad.

 
Avec une République centrafricaine classée 171ème sur les 177 pays figurant à l'indice de développement humain de l'ONU, les conditions quotidiennes de la RCA sont sombres, même dans le meilleur des cas. Il n’y a que 330 médecins pour une population de plus de quatre millions d’habitants. L’espérance de vie à la naissance est de 43,7 ans. Sur 1000 naissances, 193 enfants meurent avant l'âge de cinq ans.


L'histoire de Clarissa
 

Avant l’attaque de leur village en 2003 par les troupes tchadiennes avec le soutien des rebelles qui ont pris le contrôle du pays, les résidents de Bédamara 4, nord-ouest près de la ville de Paoua, ont été relativement chanceux. Une pompe en service les place parmi les 25 pour cent des ruraux Centrafricains ayant accès à l'eau potable. Il y avait un centre médical à proximité. Des bœufs de culture attelée et d’abondantes terres arables pour de bonnes récoltes de manioc qui pourraient être vendues au marché des villes proches.




Mais l'"événement" a tout changé et vidé le village en quelques minutes. Le mari de Clarissa Deti a été abattu par les soldats. Cinq de ses enfants sont morts lorsque sa cabane a incendiée, et ses maigres biens également détruits. Les bœufs ont été volés. Les travailleurs de santé du centre médical ont fui, laissant les pillards voler les approvisionnements.


 
Clarissa a passé les années suivantes dans une cabane de fortune à côté d'une petite parcelle de manioc, de l'eau fétide d'un étang. Son cousin, Augustin, a perdu son bébé durant les années en brousse, et pense que c’était dû à l'eau sale. Sa mère a développé une protubérance sur la tête, personne n'a été en mesure de diagnostiquer quoi que ce soit et a ressenti des étourdissements et des faiblesses pendant des années. Les rebelles parcourent la campagne - le gouvernement est absent - et ne souffrent d’aucune contestation de civils.


 
Maintenant, à l'instar de nombreux villages du nord, Bédamara 4 est en cours de reconstruction et résonne au son de ciment frappé sur des briques en terre, de clous martelés dans les poutres, la coupe de chaume.

Mais, alors que des milliers de Centrafricains sont revenus de la brousse grâce au progrès dans les négociations de paix qui le rendent cela possible, les motivations pour les retours qui se déroulent près de Paoua sont plus sinistres.


 
«Ils sont contraints de revenir», a expliqué le chef d'une clinique de Paoua, qui traite de nombreux patients de ces villages. "Les rebelles ont décidé que les gens devraient regagner chez eux. Ceux qui refuseront seront punis et leurs biens seront emportés », dit-il, faisant écho à ceux qui sont de retour et  qui  souhaitent garder l’anonymat de peur de représailles.


"Les rebelles disent que nous devons regagner nos maisons, sinon ils nous attaqueront et confisqueront nos biens. C'est la raison pour laquelle les hommes reconstruisent leurs maisons ",
a déclaré un villageois.
 

Selon plusieurs témoignages, les chefs rebelles ont été motivés par l'appât du gain: plus les gens retourneront dans leurs villages, plus l'activité économique reprendra, générant ainsi plus de «taxes» prélevées sur les personnes et à la position de marché.

 Un chef rebelle local a refusé la politique officielle de forcer les gens à sortir de la brousse, de retourner dans leurs villages, mais a suggéré que si un tel ordre avait été donné, il l’aurait été par un combattant "ivre" agissant en dehors de son propre chef.


On lui a demandé s'il se sentait en sécurité étant de retour au village, un homme a simplement dit: «Il n'ya pas de sécurité. Seul Dieu veille sur nous. Il n'y a pas de sécurité. "

 

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 14:26


  


Général Jules Bernard Ouandé Ministre de la sécurité


Les habitants affirment avoir recours à l'autodéfense parce que le simple fait de porter plainte à la police pour un crime coûte de l'argent.



Par Katy Glassborow à Bangui (AR No. 213, 18-Mai-09)



"Il n'y a pas d'exception, tout le monde doit payer pour la justice dans ce pays," nous dit l'officier de police supérieur impassiblement.


Notre sac a été volé du coffre de notre taxi en chemin vers l'aéroport de Bangui. Nos passeports et notre argent ont disparu et nous avons donc raté notre vol interne vers Birao dans le lointain nord-est de la République centrafricaine, RCA.


Mais rien que pour porter plainte à la police, on nous réclame la somme de 10 000 francs CFA, soit 20 dollars américains.


Il est un peu après midi et nous fondons dans la chaleur centrafricaine, essayant de décider jusqu'où pousser l'officier de police assis en face de nous de l'autre coté du bureau.

"Qu'en est-il pour une femme qui a été violée? Combien lui demandez-vous pour enregistrer le crime dont elle a été victime?" je l'interroge.

 
Elle nous explique que le poste de police de son quartier à Bangui réclamerait 1000 francs CFA d'une femme qui voudrait porter plainte pour viol. Plus le crime est grave, plus il est cher de leur faire enregistrer, souligne-t-elle.


Elle indique que les chefs de police de toute la ville se rencontrent pour décider de combien ils vont réclamer aux gens lorsqu'ils viennent porter plainte pour des crimes

"Il y a eu un décret ministériel indiquant un certain montant à réclamer, mais tout a été détruit lorsque le président est arrivé au pouvoir alors je ne peux pas vous le montrer," nous explique-t-elle.


L'ancien chef de l'armée François Bozizé avait arraché la présidence de la RCA des mains d'Ange-Félix Patassé en 2003 après des mois de combats sanglants, au cours desquels les civils furent violés, déplacés et tués, et les blessures n'ont pas encore guéri.

 
La RCA est désormais à la dixième place sur l'index des États faillis élaboré par Foreign Policy, un groupe de réflexion basé à Washington.

 
Les indices de cet échec jonchent la capitale. Les usines, fermées depuis longtemps, ont été pillées et de nombreux bâtiments en sont réduits à leurs carcasses. Mis à part la nourriture, la RCA ne produit presque pas de biens et dépend fortement des importations du Tchad, du Congo, du Soudan ou du Cameroun voisins. La situation en dehors de la capitale est encore plus sombre.


"Mais que faites-vous avec l'argent que vous prenez? Que reçoivent les victimes en échange?" Je demande à l'officier de police, curieuse de savoir si les gens qui donnent de l'argent pour faire enregistrer des crimes reçoivent une quelconque forme de justice en retour.

Elle ajoute qu'une enquête pénale coûte 6 000 francs CFA de plus.


Dans un pays où la plupart des gens gagnent moins d'un dollar par jour, je demande si la justice est simplement inaccessible à de larges pans de la population. L'officier est si révoltée qu'elle déchire le formulaire d'enregistrement des plaintes et s'en va.


Nous appelons le Consul honoraire du Royaume-Uni - il n'y a pas d'ambassade ici - et il accepte de venir aider à apaiser la situation. Il parle doucement et gentiment dans un Sango chantant, la langue locale la plus répandue, et ne se laisse pas perturber par l'humidité et les forts tempéraments. Il obtient un miracle - nous pouvons revenir le lendemain pour récupérer les paperasses finalement reconstituées, payer les 10 000 francs CFA en souriant et en serrant les mains.

 
Nous nous dirigeons ensuite hors de Bangui vers une banlieue appelée Combattant. Nous sommes assis dans une cour boueuse, et sentons les yeux des femmes qui nous dévisagent alors que Bernard, notre traducteur, leur raconte notre histoire.

 
Les poules gloussent autour de nous et les enfants couverts de boue dans des habits en lambeaux jouent au soleil. Ils rient et courent prévenir leurs familles quand je prends une photo. Ils reviennent en courant et s'agglutinent pour voir.


Assises en cercle sur de basses chaises en bois, les femmes secouent leur tête d'un air désapprobateur alors que Bernard leur relate notre prise de bec avec l'officier de police. "Courage," s'exclament certaines; "Dommage," disent d'autres.


Une femme, Clémentine, indique qu'elle n'est pas allée à la police lorsque les voleurs ont récemment pris des couvertures depuis une fenêtre ouverte dans sa maison. "Quand vous y allez, vous n'obtenez pas de bons résultats," explique-t-elle.


Dans son rapport publié en février 2008 sur la situation des droits de l'Homme en RCA, le département d'État américain avait indiqué que la méfiance des gens envers les 800 et quelques officiers de police du pays avait conduit à une montée des processus d'autodéfense.

Un homme a récemment été pris en train d'essayer de voler des câbles électriques dans son voisinage, et les gens l'ont juste frappé à mort, indique une autre femme, Monique.

"La justice populaire aide à prévenir les crimes," dit-elle, mentionnant que trois autres voleurs avaient été frappés à mort l'année dernière.


Un autre groupe de femmes rit à voix haute lorsque nous les questionnons au sujet de la police.

Marie, l'une de ces femmes, déclare "Quand vous allez à la police, vous ne savez jamais combien cela va vous coûter. Ils vous disent qu'ils n'ont pas de voiture et qu'ils ont besoin d'argent pour payer le transport. Si vous n'avez pas d'argent, ils disent que vous pouvez donner d'autres choses."

 
Elie Ouefio, ministre de l'administration territoriale, nie catégoriquement qu'il existe une pratique générale selon laquelle les citoyens doivent payer pour que la police enquête sur les crimes.

"Il peut y avoir des brebis galeuses au sein de la police qui arnaquent les gens; c'est vrai, comme dans n'importe quelle force de police du monde. Mais dire que vous devez payer pour obtenir les services de la police centrafricaine c'est faux,"
indique-t-il.


Un peu plus tard, nous nous dirigeons vers Boali, à quelques heures à l'ouest de Bangui, après avoir réussi à trouver une place sur un camion rempli de femmes et d'enfants, et chargé de piles de sacs, de caisses, des hommes se tenant perchés au dessus de tout cela de manière experte.

Il est clair que les gens ont peu d'argent et qu'ils possèdent peu de choses, mais la discussion est animée et sympathique malgré des conditions de voyage spartiates.

 
Lors du coup, nombre de ces gens ont tout perdu - visés par le gouvernement et les troupes rebelles pour leur loyauté présumée à l'une ou l'autre des parties. Les femmes furent violées, les hommes sodomisés ou tués. Les biens furent pillés, le bétail anéanti et les maisons détruites.

Nous ralentissons pour nous arrêter à plusieurs barrages routiers de la police et de l'argent est remis par le chauffeur.


Certains des hommes qui récupèrent l'argent sont en uniformes, d'autres en vêtements civils.

Nous passons plusieurs autres jours à Bangui, et parlons à d'autres gens.


Ils nous disent que l'extorsion est aussi répandue parce que les policiers ne sont souvent pas payés et que, par le passé, les fonctionnaires ont eu à attendre des années avant de recevoir leurs salaires. Pour être payé, un policier doit soit venir à Bangui en personne, ou remplir un formulaire de "procuration" - pour permettre à quelqu'un d'autre de venir récupérer son salaire à sa place, nous expliquent les habitants.


C'est un voyage impossible pour la plupart des policiers qui vivent en dehors de la capitale. Les routes sont en si mauvais état que certaines provinces sont complètement coupées du reste du pays pendant près de huit mois par an.


Alors que les officiers de police semblent avoir des difficultés à être payés, peu d'attention semble être accordée à leur lieu de travail.


L'officier de police principal avec qui nous avons eu notre altercation nous a dit plus tôt que l'argent qu'elle réclamait n'allait pas dans les payes, mais servait à acheter des fournitures de bureau.

Au vu de ces murs effrités et d'un manque criant de fournitures, il était clair qu'il y avait un urgent besoin d'argent.


La situation est meilleure dans la capitale qu'en province - le terme utilisé pour toute partie du pays hors de Bangui.


A Sibut, à quelques quatre heures de route cabossée hors de la capitale, le poste de police est rempli de termites et de chauves-souris.


Selon le rapport du département d'État, le centre de détention de la police de Bouar n'a pas de fenêtres ou de toilettes - uniquement un seau vidé de temps à autres, et les détenus couchent enchaînés les uns aux autres.


Les internationaux qui travaillent pour le Programme des Nations Unies pour le développement, PNUD, ainsi que pour BONUCA, la mission de police de l'ONU en RCA, développent des projets pour soutenir la police et le système judiciaire.

 
Mireille Widmer, de l'Unité État de droit du PNUD, a déclaré, "Très souvent, la police vient nous voir et nous demande du papier, ils n'ont pas de ressources. Ils nous demandent des stylos, du papier, des fournitures de bureau... "


Les internationaux présents dans le pays sont conscients que le fait de donner du matériel ne peut avoir qu'une influence limitée par rapport aux symptômes de certains problèmes très enracinés.

"Le gouvernement a des mois d'arriérés de salaires, alors le personnel [a recours à] la corruption et fait preuve d'avidité parce qu'ils ont besoin de salaires," nous a expliqué un travailleur des droits de l'homme en RCA.


"Si le gouvernement ne les paye pas à temps, ils vont avoir tendance à réclamer de l'argent aux victimes qui viennent faire part de violations. Nous devons nous assurer que le gouvernement puisse payer les officiers de police et de justice à temps."


Le Général Jules-Bernard Quande, ministre de la sécurité, a rejeté les accusations selon lesquelles les officiers de police étaient souvent non payés.


"Vous n'avez pas le droit de dire que vous avez parlé avec des gens à Bangui et qu'ils vous ont dit ça.

 
"La police fait partie de la population. Le président de la République paye tout le monde, tous les gens de Centrafrique, et la police aussi donc."

 

Entre-temps, nous nous sommes résignés à ne jamais retrouver nos sacs volés.

Certaines personnes nous conseillent de passer par Radio Ndeke Luka, la principale station de radio indépendante en RCA, pour leur demander de faire un appel pour nous.

 

On nous dit qu'il n'est pas facile de vendre des passeports étrangers en RCA - et que d'autres visiteurs qui s'étaient fait voler leurs documents de voyage se les sont finalement vus retourner.
Les journalistes obligeants de Ndeke Luka passent un flash au sujet de nos passeports volés, et le lendemain, un jeune homme dans des vêtements civils apparaît avec nos passeports à la main - sans l'argent - indiquant qu'il est de la police. Il réclame 20 000 francs CFA en échange des documents.

 Après une longue et étrange négociation, nous acceptons de lui donner assez d'argent pour son retour en taxi.

Qu'il ait été de la police ou non, nous ne le saurons jamais, mais nous n'aurions jamais récupéré nos passeports sans l'aide de nos amis à Ndeke Luka, du Consul honoraire et d'un peu d'argent.



Katy Glassborow est reporter de l'IWPR à La Haye. Le Dr Jan Coebergh, un docteur basé à La Haye qui se spécialise dans l'étude des taux de mortalité dans les situations de conflit, et Mélanie Gouby, reporter basée à Londres, ont contribué à cet article.


Certains des noms reproduits dans cet article ont été modifiés pour des raisons de sécurité.

Katy Glassborow


Institute for War and Peace Reporting


www.iwpr.net <http://www.iwpr.net/>

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 16:46



La présence en Libye d’Abdoulaye Miskine empêche Bozizé de dormir





Selon des informations dignes de foi, en marge des festivités de la cérémonie d’investiture du président sud africain Jacob Zuma, Bozizé a tout fait pour être reçu par le colonel Mouammar Khadafi à qui il s’est encore énormément lamenté au sujet du traitement privilégié et très favorable à ses yeux que les autorités libyennes accordent à Abdoulaye Miskine, chef du mouvement rebelle du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) qui ne cesse de le narguer. On ignore la réponse que lui a faite le colonel.


 

Le colonel Charles Massi relâché par les autorités tchadiennes




Finalement, les autorités tchadiennes ont relâché le colonel Charles Massi, président de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et le progrès (CPJP), interpellé dans la préfecture du Salamat il y a quelques jours, à proximité de la frontière centrafricano-tchadienne. D’après les autorités tchadiennes, on aurait pris Charles Massi pour un rebelle tchadien mais après vérification, il s’avère plutôt être un rebelle centrafricain donc il n’était pas utile de le garder plus longtemps. En clair, les autorités tchadiennes n’en ont rien à foutre des rebelles centrafricains sur leur territoire. Que Bozizé se le tienne pour dit. Ce dénouement de l’affaire Charles Massi est un précieux indicateur de la qualité des  rapports entre Idriss Déby Itno et son vassal de Bangui qui se sont progressivement dégradés pour ne plus être ce qu’ils étaient au départ. En revenant de l’investiture de Jacob Zuma, Bozizé avait eu l’intention de faire une escale à N’djaména voir son suzerain Déby après la nouvelle attaque des rebelles de l’UFR mais celui-ci n’avait pas envie de le voir et s’est mis aux abonnés absents.


 

Les chefs d’Etat de la CEMAC piégés par Bozizé




Les informations dont la rédaction de Centrafrique-Presse a fait précédemment état sur le détournement par Bozizé et Ndoutingaï de l’enveloppe de cinq milliards de la CEMAC destinés au financement du programme DDR ont été prises très au sérieux par les bailleurs de fonds susceptibles de financer les prochaines élections centrafricaines de 2010. D’après des sources dignes de foi, la France par exemple, aurait décidé de suspendre tout financement de ces élections en attendant que les autorités de Bangui apportent les clarifications et justifications nécessaires sur la véritable utilisation du fonds CEMAC.


Nous avions en effet fait état de ce qu’après avoir retiré lui-même des caisses de la BEAC de Bangui la somme de 1.900.000.000 F CFA (Un milliard neuf cent millions), il aurait déclaré que cet argent servirait à rembourser l’emprunt qu’ils auraient contracté pour organiser les obsèques de la mère de Bozizé et avec le reliquat, ils lui édifieraient un mausolée au village. Il faut rappeler qu’en convoquant fin janvier 2009 à Libreville un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEMAC, Bozizé avait prétexté que le sommet était destiné à examiner les conséquences de la crise financière mondiale. En réalité, il avait derrière la tête, la machiavélique idée de racketter ses pairs, les présidents de la CEMAC, en leur faisant cracher de quoi financer son programme DDR sans le leur dire clairement et explicitement dès le départ.  


 

Bozizé très irrité par Martin Ziguélé




Le récent séjour de Martin Ziguélé en France - notamment les propos très critiques sur lui qu’il a tenus lors de sa  conférence de presse ainsi que les réponses qu’il a faites sur Radio France Internationale au micro du célèbre interviewer Christophe Boisbouvier - n’est pas du tout du goût de Bozizé. Ce dernier se propose de lui donner le change en démarrant déjà sa campagne électorale dès le mois de juin, après son retour de Doha au Qatar où il devrait se rendre juste après les obsèques officielles d’Abel Goumba.

Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation
18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 17:51

 

 

 
BANGUI, Mai 17 Mai 2009 18:13:17 GMT  (Reuters) - Sept personnes sont mortes dans un affrontement entre des rebelles dans le nord de la République centrafricaine (RCA) et des bandits tchadiens, a dit un rebelle le samedi dernier.


 
Les combats ont eu lieu le vendredi, à environ 380 km (240 miles) au nord de la capitale centrafricaine Bangui, après que les villageois se soient plaints aux rebelles puisque l'armée ne parvient pas à les protéger des bandits tchadiens qui ont volé du bétail.


Riche en or, de diamants et d'uranium, de la RCA est l'un des plus isolés des pays de l'Afrique où un gouvernement faible lutte  pour mettre fin à plusieurs rébellions et contre le débordement de l'instabilité des pays voisins du Soudan et le Tchad.
 

"La bataille a été dure. Ils étaient bien armés, mais heureusement pour nous, nous avons tenu notre terrain», a déclaré à Reuters le samedi dernier le lieutenant Nodjimangom, un officier de l'APRD, un groupe rebelle qui lutte contre le gouvernement centrafricain dans le nord-ouest. "Nous avons tué six assaillants, fait deux prisonniers, tué six boeufs et récupéré quatre Kalachnikov (fusils d'assaut) et trois chevaux", a-t-il ajouté.


 
Un des rebelles avait été tué dans l'attaque que les rebelles de l'APRD ont lancée contre les tribus Oudda du Tchad à la demande des villageois centrafricains qui ont été frustrés que l'armée centrafricaine ne les protège pas, a dit Nodjimangom. L'APRD est l'un des nombreux groupes rebelles qui ont souscrit à un accord de paix en Décembre visant à mettre fin à des années de troubles civils.
 

Mais la rébellion, alimentée par des bandits, souvent en provenance de pays voisins, continue de couver malgré les plans pour démobiliser et désarmer les rebelles avant les élections en 2010.
Partager cet article
Repost0
Published by Centrafrique-Presse.com - dans Nation