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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 11:54

 

 

RCA militaire en RCA PierreHoltz

 

 

 

Par RFI samedi 27 novembre 2010

Le gouvernement et l'armée centrafricains ont annoncé le 26 novembre avoir repris la ville de Birao occupée depuis mercredi par la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). « Actuellement nous pouvons confirmer que l'armée a mis en déroute les rebelles », a déclaré une source du haut commandement militaire. De son côté la CPJP affirme toujours tenir la ville.

Qui tient Birao la principale ville du nord-est de la Centrafrique ? La ville est tombée aux mains des rebelles de la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) le 24 novembre, au terme de combats avec les militaires. Le haut commandement militaire reconnaît quatre morts dans ses rangs ainsi que des prisonniers. Dans la soirée du 26 novembre, le gouvernement et l'armée centrafricains ont annoncé avoir repris la ville. Fidèle Ngouandjika, porte-parole du gouvernement centrafricain admet à mots à peine voilés l'intervention de l'aviation du Tchad affirme au micro de RFI que la situation est sous contrôle.

Fidèle Ngouandjika : Birao est sous contrôle des forces centrafricaines. Depuis le 25 novembre à partir de 16 h, on a infligé une petite leçon d’avertissement aux rebelles de la CPJP de Abdoulaye Issène.

RFI : La CPJP parle de bombardements subis par leurs positions.

FN : C’est tout à fait cela. Nous leur tendons la main pour un dialogue, pour une négociation autour d’une table : négociations pour la paix. Il faut que ces rebelles se ressaisissent, cessent les hostilités, et cessent de terroriser la population de la Vakaga (chef-lieu de Birao).

RFI : Est-t-il vrai que ce bombardement a été effectué par l’aviation militaire tchadienne ?

FN : Nous sommes au sein de la Cemac (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale). Et, aucun pays de la Cemac ne tolèrera ces actes terroristes dans son espace.

Aucune source indépendante ne confirme pour le moment que Birao ait été reprise. Ces informations, la CPJP les dément formellement en tout cas. Le groupe rebelle reconnaît néanmoins qu'il y a eu des bombardements aériens de l'armée tchadienne aux alentours de la ville, car Bangui a demandé au président tchadien de lui prêter main forte.

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 11:26

 

 

CPI.jpg

 

La Haye, 26 novembre 2010 (FH) - Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a appelé à la barre, mardi, son premier témoin dans le procès intenté contre Jean-Pierre Bemba.

Le sénateur congolais, président du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), est accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour des meurtres, viols et pillages commis par ses soldats en Centrafrique, entre octobre 2002 et mars 2003. Comme la majorité des témoins qui viennent déposer devant la CPI, le « témoin 38 » a bénéficié de mesures de protection. Il a donc comparu sous pseudonyme, son visage a été caché du public par un rideau, sa voix déformée et une grande partie de son audition a été entendue à huis clos.

Présent dans le quartier dit "PK12", situé au nord de Bangui, le témoin a raconté l'arrivée des troupes de Jean-Pierre Bemba, les « banyamulenge », comme ils sont désignés en Centrafrique. « Ils portaient des bottes de marais, des bottes en plastique, pas des rangers ». C'est ainsi, selon lui, qu'ils étaient identifiables. Ces soldats parlaient lingala, étaient coiffés de « bérets rouges, violets, bleus, tout un amalgame de couleurs », a expliqué le témoin 38. Il se rappelle avoir entendu le président Ange-Félix Patassé annoncer à la population qu'il avait « fait appel à son enfant », Jean-Pierre Bemba, pour tenter de parer le coup d'Etat du général François Bozize.

Interrogé par la procureure adjointe de la CPI, Fatou Bensouda, le témoin 38 a affirmé avoir vu Jean-Pierre Bemba « à Bandoua et Bégoua, à l'occasion d'une parade militaire ». « Les informations que nous recevions à l'époque faisaient état que, de temps en temps, monsieur Bemba venait rencontrer le président Patassé » a-t-il encore précisé à l'adresse des trois juges, brésilienne, japonaise et kenyane. Interrogé sur la provenance des armes portées par les soldats, il a répondu qu'elles « venaient du gouvernement centrafricain ».

Au cours de son enquête, ouverte en mai 2007 à la demande de l'actuel chef de l'état centrafricain, François Bozize, le procureur de la CPI avait aussi visé son prédécesseur, Ange-Félix Patassé. Mais Luis Moreno Ocampo affirme aujourd'hui ne pas avoir de preuves pour l'inculper. Aujourd'hui, Ange-Félix Patassé est candidat à la présidentielle du 23 janvier 2011, en Centrafrique. Jean-Pierre Bemba est donc seul dans le box des accusés.

Le témoin a également raconté deux meurtres commis par les hommes du MLC, ainsi que le viol d'une enfant. « Une femme m'a amené sa fillette, de 8 ou 9 ans, en sang, violée » a-t-il raconté, en sanglotant. « Ils l'ont violée devant sa maman, dans sa maison ».

Après les questions du procureur, l'une des avocates des victimes, Marie Edith Douzima-Lawson, a été autorisée par les juges à interroger à son tour le témoin. Les questions ont été posées à huis clos. Actuellement 759 victimes sont représentées dans le procès, et 653 attendent une réponse des juges pour savoir si elles peuvent, elles aussi, participer. Les représentants des victimes ne peuvent toutefois intervenir que dans des conditions limitées et après autorisation des juges, au cas par cas.

Pour la défense, maître Peter Haynes a procédé au contre-interrogatoire du témoin 38. « Notre armée était divisée, encore plus avec l'arrivée de la rébellion de monsieur Bemba. Notre armée était vilipendée par le plus petit des soldats du MLC (...) Elle était réduite à néant », a expliqué le témoin à l'avocat, alors que ce dernier tentait d'établir la responsabilité de l'armée centrafricaine. Lunettes rectangulaires, écouteurs, Jean-Pierre Bemba a suivi attentivement l'audition du témoin 38. Maître Haynes a aussi tenté de démontrer que les hommes de Bemba venaient pour aider le pays. « Ils n'étaient pas une force de libération, ils étaient plutôt une force d'invasion », a rétorqué le témoin.

Au cours de la semaine prochaine, le procureur devrait appeler à la Cour un expert des crimes sexuels.

SM/ER/GF

 © Agence Hirondelle

 

Procès Bemba  le témoignage du n° 38 mis en doute

Par RFI   26.11.2010

Ils avaient des bottes en caoutchouc et portaient un béret noir, violet ou rouge : le premier témoin au procès de Jean-Pierre Bemba a raconté mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) l'arrivée au PK12, en Centrafrique, des « banyamulenge », la milice de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo en 2002.

Le témoin est invisible pour le public, installé derrière la vitre qui le sépare de la salle d’audience. Sur les écrans de télévision, l’image de ce témoin, référencé sous le numéro 38, est totalement floutée et sa voix est transformée.

 En ouvrant la séance, la présidence des juges met en garde les différentes parties pour que leurs questions ne puissent pas révéler son identité. Mais le témoin va lui-même oublier. Il lâchera dans une réponse, lors de l’interrogatoire de l’après-midi, qu’il est un notable habitant du PK12 de Bangui.

Toute l’après-midi, l’accusation a interrogé ce témoin sur l’arrivée des rebelles du MLC (Mouvement de libération du Congo) dans cette zone du PK12, où ils avaient installé leur QG entre octobre 2002 et mars 2003.

Piller et saccager les maisons, bastonner les gens et semer la terreur

Fatou Bensouda, l’adjoint du procureur pose des questions précises : « Comment saviez-vous que c’étaient des rebelles de Jean-Pierre Bemba ? ». « Nous connaissons l’uniforme de notre armée centrafricaine, la couleur des bérets, les rebelles portaient des bottes en caoutchouc, ils n’avaient pas la morphologie des centrafricains. Ils parlaient lingala, la langue du Congo, du Zaïre comme on dit encore chez nous à Bangui ».

Le témoin raconte comment les rebelles de Bemba surnommés des « banyamulenge », se sont installés au PK12, un carrefour très important. Il explique comment, dès le lendemain de leur arrivée, ils ont commencé à piller, à saccager les maisons, bastonner les gens et semer la terreur dans la population qui a rapidement fuit.

Jean-Pierre Bemba est apparu moins impassible

Le témoin est un des rares résidents à être resté, avec une poignée de jeunes et quelques plus âgés.
- «Avaient-ils beaucoup d’armes ?», questionne encore la procureur adjointe.
- « Oui des armes de guerre neuves »

- « Savez-vous d’où venait ces armes ? »

- « Je crois que les rebelles de Bemba les recevaient du gouvernement centrafricain »

Dans les rangs de la défense on esquisse des sourires…

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 11:24

 

 

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KAMPALA – (Agence France-Presse) 26/11/2010 07h48 - Le gouvernement ougandais s'est félicité vendredi de la stratégie du président américain Barack Obama pour combattre la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA).

«C'est une avancée positive. Une avancée que nous saluons», a commenté le secrétaire général permanent du ministère des Affaires étrangères, James Mugume.

Mercredi, le président Obama a envoyé aux élus du Congrès le plan d'action de son administration pour aider les États de la région à désarmer la LRA et traduire ses chefs en justice, à protéger les civils et appeler à accroître l'aide humanitaire aux personnes touchées.

«S'occuper des combattants démobilisés, gérer le post-conflit dans le nord de l'Ouganda, ce sont des points clés du conflit de la LRA», a estimé M. Mugume, interrogé par l'AFP.

La LRA, réputée pour être une des guérillas les plus brutales au monde, est active depuis 1988 dans le nord de l'Ouganda. Depuis 2005, ses combattants se sont installés dans l'extrême nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi qu'en Centrafrique et au Sud-Soudan.

Des troupes ougandaises sont actuellement déployées dans l'extrême nord-est de la RDC et en Centrafrique à la poursuite du chef de la LRA Joseph Kony.

Un soutien extérieur à ces forces ougandaises «sera toujours bienvenu, même si nous avons la capacité de mener cette campagne militaire», a assuré M. Mugume.

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 05:57

 

 

LRA-soldats

 

 

Radio Ndéké Luka Vendredi, 26 Novembre 2010 14:26

Les éléments de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) de Joseph Koni ont attaqué les villages de Ngoulio et de Banaï situés à 160 km à l’Ouest de la ville de Obo (sud-est de la RCA) les 20 et 21 novembre 2010.

 

Selon des sources militaires, le bilan de l’attaque fait état d’un tué (Un fille de 16 ans), un blessé et de 4 personnes enlevées. La personne blessée a été évacuée à Nzala vers le sud Soudan par l’armée ougandaise qui traque la LRA dans cette région de la Centrafrique.

 

Toujours selon la même source, les éléments de la LRA chassés du Darfour au Soudan se dirigent présentement à nouveau vers les 3 préfectures centrafricaines du Haut Mbomou, voisines du Soudan.

 

La population de Obo, ville située seulement à une centaine de kilomètres de la frontière soudanaise, vit depuis plusieurs dans la peur des attaques de cette rébellion considérée comme un mouvement terroriste par les Nations Unies.

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 13:10

 

 

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(BBC Afrique 26/11/2010)

Le président américain Barack Obama a présenté un plan visant à désarmer la Lord Resistance Army (LRA), l'Armée de résistance du Seigneur d'Ouganda, l'un des mouvements rebelles les plus redoutés d'Afrique.

Son objectif est de mettre fin au bain de sang en Afrique centrale en éliminant chef de la LRA, Joseph Kony.

Les combattants de la LRA seront également encouragés à faire défection ou à déposer les armes.

L'Ouganda, l'allié des États-Unis n'est pas parvenu en plus de vingt ans à défaire la LRA, réputée pour les enlèvements d'enfants destinés à servir comme des soldats et des esclaves sexuels.

Les dirigeants de la LRA avaient d'abord prétendu se battre pour installer une théocratie en Ouganda sur la base des 10 commandements bibliques.

Ils errent maintenant dans certaines régions du Soudan et en République centrafricaine (RCA), ainsi que dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

Les États-Unis ont apporté un appui logistique et au niveau du renseignement dans le passé aux armées d'Ouganda, du Sud-Soudan et de la RD Congo.

Mais leur effort concerté en Décembre 2008 pour tuer les commandants de la LRA a échoué - le groupe s'est dispersé et a attaqué des églises et des villages en République démocratique du Congo, cette année.

Une paix qui se dérobe

Le président Obama a présenté sa stratégie en quatre points pour désarmer les rebelles au Congrès américain dans une lettre adressée aux sénateurs et aux députés.

M. Kony est recherché par la Cour pénale internationale (CPI), et il est toujours en mouvement entre le Soudan et la RCA.

En 2008, le chef de la LRA était sur le point de signer un accord de paix avec l'Ouganda, un accord négocié par le Sud-Soudan, mais à la dernière minute il a refusé de déposer les armes.

© Copyright BBC Afrique

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 00:19

 

 

Barack-Hussein-Obama.jpg

 

 

WASHINGTON (AFP) - 24.11.2010 21:59 - Le président américain Barack Obama a envoyé mercredi au Congrès la stratégie de son administration destinée à combattre la violente rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), a annoncé la Maison Blanche.

Le président américain Barack Obama a envoyé mercredi au Congrès la stratégie de son administration destinée à combattre la violente rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), a annoncé la Maison Blanche.

Le président américain Barack Obama a envoyé mercredi au Congrès la stratégie de son administration destinée à combattre la violente rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), a annoncé la Maison Blanche.

Conformément à une loi promulguée il y a six mois par M. Obama, ce dernier a fait parvenir aux élus un plan d'action pour aider les Etats de la région à désarmer la LRA et traduire ses chefs en justice, à protéger les civils et appelle à accroître l'aide humanitaire aux personnes touchées.

Cette stratégie compte quatre objectifs, selon la Maison Blanche: "améliorer la protection des civils, capturer ou retirer du terrain (le chef de la LRA) Joseph Kony et les commandants (de la rébellion), promouvoir la défection, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants restants de la LRA, et améliorer l'accès humanitaire et fournir de l'aide sans interruption aux populations affectées".

Cette stratégie a été "développée grâce à l'importante implication du département d'Etat, du ministère de la Défense, de l'agence américaine pour le développement international et de la communauté du renseignement", qui participeront également à son application, selon la même source.

La LRA, réputée pour être une des guérillas les plus brutales au monde, est active depuis 1988 dans le nord de l'Ouganda, mais depuis 2005, ses combattants se sont installés dans l'extrême nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi qu'en Centrafrique et au Sud-Soudan.

© 2010 AFP

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 02:08

 

 

Bemba Gombo

 

 

Le Parisien 23.11.2010, 10h53

 

Le premier témoin du procès de Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale (CPI) a raconté mardi l'arrivée au "PK 12" en Centrafrique des hommes de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) en octobre 2002.

 

"Quand la rébellion de Bozizé s'est retirée du PK12, immédiatement la rébellion de M. Bemba est rentrée au PK 12" ("point kilométrique 12"), au nord de Bangui, la capitale centrafricaine, a raconté le témoin dont l'identité n'a pas été révélée par mesure de sécurité.


"Le soir-même, il n'y a pas eu de problème", a souligné l'homme qui s'exprimait en français, dissimulé aux regards du public par un rideau, au deuxième jour du procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité de Jean-Pierre Bemba, 48 ans.

"Le lendemain autour de 05H00, on s'est réveillé avec des coups de feu, c'était le trouble général", a-t-il poursuivi: "ils sont entrés dans chaque maison, ils ont pris tout ce qu'ils avaient sous la main, les radios, les portables...".

 

M. Bemba doit répondre, en tant que chef militaire, de crimes, principalement des viols, mais aussi des pillages et des meurtres, commis par sa milice du Mouvement de libération du Congo (MLC) entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique où ils soutenaient les troupes du président Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé.


L'opposant congolais, qui plaide non coupable et encourt la réclusion à perpétuité, avait fui la RDC en 2007. Il avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI, saisie en 2004 par François Bozizé, au pouvoir en Centrafrique depuis 2003.

 

 

Jean-Pierre Bemba ou l'archétype de l'entrepreneur politique africain des années 1990

 Le Monde.fr | 23.11.10 | 15h25  •  Mis à jour le 23.11.10 | 15h32

Avec Jean-Pierre Bemba, 48 ans, qui comparaît depuis lundi 22 novembre à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI), ce n'est pas seulement un redoutable chef de guerre congolais qui est jugé pour "crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

L'homme à la carrure imposante est tombé de haut : en novembre 2006, il avait obtenu 42 % des voix à l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). Mais plutôt qu'un tranquille candidat, "Jean-Pierre", comme disent ses partisans congolais, est l'archétype de l'entrepreneur politique africain des années 1990. Comme Charles Taylor au Liberia, il a fondé un mouvement politique adossé à une armée à base ethnique dans un but précis : protéger ses intérêts d'homme d'affaires.

UN HÉRITIER

Raconter sa vie revient à évoquer deux décennies de l'histoire récente et violente du plus grand pays francophone du monde, le Zaïre devenu RDC en 1997. Jean-Pierre Bemba est d'abord un héritier. Son père, Jeannot Bemba Saolana, un métis de Portugais originaire de la province de l'Equateur (nord-ouest du pays) fut un homme d'affaires puissant et un baron du régime zaïrois du général Mobutu Sese Seko (1965-1997). Le fils à papa élevé en Belgique – l'ancienne puissance tutélaire –, se lance dans les affaires à la fin des années 1980.

Diplômé d'une grande école de commerce bruxelloise, il choisit bien ses créneaux (téléphone portable, télévision) et trouve naturellement sa place dans les hauts cercles du pouvoir mobutiste. Sa sœur épouse un fils du tout puissant général.

ATROCITÉS ET CAMPAGNE DE TERREUR

Mais l'époque est celle de la décrépitude d'un pays longtemps paradis de l'argent facile pour la nomenklatura qui pille allègrement les immenses richesses du pays en laissant la grande masse de la population dans la misère.

Lorsqu'en 1997, Kinshasa tombe aux mains de Laurent-Désiré Kabila soutenu par le Rwanda et l'Ouganda, Jean-Pierre Bemba s'exile. Mais l'année suivante, il passe à l'offensive, profitant du retournement du président ougandais Yoweri Museveni. Le businessman endosse subitement le treillis et crée sa milice armée, le Mouvement de libération du Congo (MLC) financé par le régime Museveni et adossé à la province de l'Equateur, bastion du mobutisme.

A la surprise générale, il conquiert une large partie du territoire, pillant les richesses locales – diamant, or, café – pour financer ses offensives. Soutenu par Ange-Félix Patassé, président de la Centrafrique voisine, Jean-Pierre Bemba n'hésite pas à aller lui prêter main-forte lorsqu'il est menacé par des rébellions. C'est là que se situent les atrocités qui lui valent aujourd'hui de comparaître devant la CPI. En 2002 et 2003, le MLC se livre à une campagne de terreur pour protéger le régime centrafricain menacé par le général François Bozizé.

"Jean-Pierre Bemba a sciemment permis aux 1 500 hommes qu'il commandait de commettre des centaines de viols, des centaines de pillages", a résumé lundi le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo. Ces exactions se traduisent par plusieurs centaines de morts mais la guerre est perdue. Le général Bozizé prend le pouvoir et il y est toujours aujourd'hui. C'est lui qui saisira la CPI en 2004.

UNE ARMÉE D'ENFANTS DES RUES

A cette époque, Bemba a repris ses habits civils d'entrepreneur politique. L'interminable guerre congolaise s'est achevée en 2003 par un accord de paix qui, pour le faire rentrer dans le rang, lui a accordé l'un des quatre postes de vice-président autour du président provisoire, Joseph Kabila, le fils de Laurent-Désiré Kabila assassiné en 2001.

En 2006, Jean-Pierre Bemba affronte Joseph Kabila dans la rue et dans les urnes. Très populaire dans la capitale, Kinshasa, où une armée d'enfants des rues est à son service, il perd cependant l'élection au plan national. Elu simple sénateur mais redoutable chef de l'opposition, il refuse de désarmer sa milice. Après des affrontements meurtriers au centre de Kinshasa, il est contraint à l'exil, en avril 2007, au Portugal et en Belgique où il possède de somptueuses propriétés.

C'est à Bruxelles que son passé de chef milicien le rattrape lorsqu'il est interpellé, en 2008, en vertu d'un mandat d'arrêt émis par la CPI. Incarcéré à la prison de Scheveningen aux Pays-Bas, il est le troisième chef de guerre congolais à comparaître devant la juridiction de l'ONU dont le siège est à La Haye. Ses avocats dénoncent "une enquête bâclée et partiale".

Son procès, qui doit durer plusieurs mois, l'empêchera de prendre sa revanche sur Joseph Kabila lors de la présidentielle en RDC prévue dans le courant de l'année 2011.

Philippe Bernard

 

Deuxième jour du procès de JP Bemba : la parole aux témoins

Radio Ndéké Luka Mardi, 23 Novembre 2010 12:37

Deuxième jour du procès de Jean-Pierre Bemba à la Cour Internationale de la Haye en ce 23 novembre 2010. A la reprise de l’audience, le Procureur doit présenter son premier témoin.

Le procès intenté contre l’ancien vice-président congolais et chef de guerre s’est ouvert le 22 novembre 2010 devant la CPI. A l’ouverture de l’audience, l’accusé a salué ses partisans et sa femme, présents dans la galerie du public. Jean-Pierre Bemba a ensuite plaidé « non coupable » des crimes contre l’humanité et crimes de guerre dont l’accuse le procureur.

Présent à l’ouverture du procès, le procureur Luis Moreno Ocampo a rappelé les charges, en insistant sur les viols commis par les soldats du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) en Centrafrique, en 2002 et 2003. « Les femmes et les filles ont été violées, quel que soit leur âge (...) Des viols commis en public, sous le regard de leurs familles», a-t-il précisé.

Les soldats de Jean-Pierre Bemba avait été appelés par Ange-Félix Patassé en octobre 2002, pour renforcer son armée, confrontée à la rébellion conduite par le général François Bozizé, aujourd’hui au pouvoir.

L'accusation poursuit le président du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) en qualité de supérieur hiérarchique. Jean-Pierre Bemba n’était pas sur la ligne de front, il n’a pas ordonné les crimes, mais il aurait dû empêcher et punir ses soldats, a déclaré en substance le procureur.

Jean-Pierre Bemba a aussi « institutionnalisé le pillage ». « Les biens pillés par les soldats, non payés, étaient ensuite transportés au Congo, a-t-il précisé, les civils qui résistaient aux viols et au pillage étaient tués ».

Selon le substitut, Petra Kneuer, « il n’a pas puni ces crimes, parce qu’ils répondaient à ses objectifs ».  Après la mort du maréchal Mobutu et l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila à la tête de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba s’était engagé dans la lutte armée et avait créé, en 1998, le Mouvement pour la libération du Congo, considéré aujourd’hui comme l’un des principaux partis d’opposition à Kinshasa. Pour le procureur, « Jean-Pierre Bemba avait besoin d’alliés en Centrafrique » et le président Ange-Félix Patassé comptait parmi ceux-là.  

Après le procureur, les deux représentants des victimes ont pris la parole. Maitre Marie Edith Douzima-Lawson (notre photo) a affirmé que « les attentes sont grandes pour ces victimes, atteintes dans leur chair ». De nouvelles victimes ont été admises et pourront elles aussi être représentées dans cette affaire. Elles sont aujourd’hui 759. Cette présence leur donne le droit d’intervenir dans le procès, dans des conditions définies par les juges. Elles ne peuvent, par exemple, pas conduire de témoin à la barre, mais elles peuvent en revanche plaider leur cause.

Si Jean-Pierre Bemba devait être condamné au terme de ce procès, qui devrait durer plus d’un an, elles auront aussi la possibilité de demander des réparations.

L’avocat principal de l’accusé, maître Nkwebe Liriss, a refusé de « répondre aux victimes », a-t-il déclaré dès le début de sa plaidoirie, « parce que je ne réponds pas sur la base d’émotions mais je réponds sur la base de preuves ». L’avocat du Barreau de Kinshasa a ensuite rejeté les accusations sur d’autres, plus responsables à ses yeux et reproché au procureur de ne présenter qu’un seul homme dans le box des accusés. « Plusieurs autres commandant centrafricains ne sont pas là, c’est pourtant eux qui ont conduit cette guerre » a-t-il déclaré, tandis que Jean-Pierre Bemba se trouvait « à plus de 2000 kilomètres des combats ».

 

En Centrafrique, gravité et larmes à la retransmission du procès de Bemba

BANGUI (AFP) - 23.11.2010 14:32 - Certains ont pleuré mais c'est dans un lourd silence que des dizaines de personnes ont suivi à Bangui la retransmission du procès du Congolais Jean-Pierre Bemba, jugé depuis lundi à La Haye pour des atrocités commises par ses hommes en Centrafrique.

Certains ont pleuré mais c'est dans un lourd silence que des dizaines de personnes ont suivi à Bangui la retransmission du procès du Congolais Jean-Pierre Bemba, jugé depuis lundi à La Haye pour des atrocités commises par ses hommes en Centrafrique.

"Je me demande si c'est vraiment Bemba qui est enfin devant les juges", lâche une femme, en larmes, parmi plus de 200 personnes rassemblées dans une salle de conférences du 8e arrondissement de Bangui (nord) pour l'ouverture, lundi après-midi, de ce procès devant la Cour pénale internationale (CPI).

Asta Keïta, 9 ans, explique à l'AFP l'émotion de sa mère, qui peine à s'exprimer: "Les hommes de Bemba ont tué papa en 2002 alors qu'il rentrait d'un voyage à l'intérieur du pays".

"Nous n'avons pas vu son corps, c'est un voisin qui (l')a reconnu et assisté à l'enterrement qui nous a prévenus deux jours après", ajoute la fillette, rapportant un récit douloureux souvent entendu à la maison.

Jean-Pierre Bemba, qui plaide non coupable, est accusé par le procureur de la CPI d'avoir "sciemment permis aux 1.500 hommes" de son Mouvement de libération du Congo (MLC, milice à l'époque) de commettre viols, pillages et meurtres entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique. Le MLC y appuyait alors le président Ange Félix Patassé face à une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé, qui a fini par le renverser et, depuis, dirige le pays.

"Nous avons vécu des moments de terreur indescriptible au PK12 (Point kilométrique 12, périphérie de Bangui) quand les combattants du MLC sont entrés en action", dit à l'AFP Jean-Pierre Ndéma, 53 ans, instituteur, sans s'étendre sur ce vécu.

"Aujourd'hui, en voyant Bemba devant les juges de la CPI, je me dis que Dieu est grand et que tout se paie ici-bas. Jean-Pierre Bemba doit être jugé pour ses crimes", déclare-t-il, l'air grave.

Dans la salle du Centre protestant pour la jeunesse prêtée au bureau extérieur de la CPI à Bangui, assis sur trois rangées de bancs en béton ou debout pour la plupart, étaient visibles de nombreux responsables d'ONG, journalistes, avocats et curieux mais aucune personnalité politique.

Beaucoup d'interlocuteurs de l'AFP ont salué le début du procès de l'ex-chef rebelle et ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), aujourd'hui un des leaders de l'opposition dans son pays.

"En dehors des cas de viols, il y a eu des meurtres, des cas de mutilations, parce que les hommes de Bemba ont coupé les oreilles de certaines personnes", affirme Me Mathias-Barthélémy Morouba, un des avocats centrafricains défendant les victimes

"Même si les victimes ont attendu plusieurs années avant l'ouverture de ce procès, mieux vaut tard que jamais. (...) Il ne faudrait pas que M. Bemba s'en tire après tout ce qui s'est passé", ajoute-t-il, espérant que la CPI prononcera "un jugement irréfutable".

"Ce procès consacre la force du droit sur le droit de la force", il "prouve que désormais tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, commettront les crimes les plus graves contre l'humanité, ne seront jamais à l'abri des poursuites et seront traqués jusqu'à leur dernier retranchement", estime le magistrat Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme (LCDH).

Dans un communiqué mardi, Me Bruno-Hyacinthe Gbiégba, coordonnateur adjoint de la coalition centrafricaine pour la CPI, dit son "soulagement (...) pour de nombreuses victimes" et voit dans le procès "un signal fort" pour les criminels, qu'il met en garde: "l'impunité n'est plus la règle".

© 2010 AFP

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 12:51

 

 

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BANGUI 23 nov (AFP) — Le Congolais Jean-Pierre Bemba, jugé depuis lundi à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) pour des atrocités commises par ses hommes en Centrafrique, "n'acceptera pas de mourir seul", estime mardi un journal centrafricain.

"Tel que c'est parti, Jean-Pierre Bemba n'acceptera pas de mourir seul. Il va accuser l'ex-président (centrafricain Ange Félix) Patassé", écrit le journal privé Le Citoyen, l'un des huit quotidiens paraissant régulièrement à Bangui à commenter le procès de M. Bemba.

Pour Le Citoyen, lors de son procès prévu pour durer plusieurs mois, Jean-Pierre Bemba accusera l'ex-président Patassé qui, "à son tour, se retournera contre son ministre de la Défense nationale" de l'époque, Pierre Angoa, "et son chef d'état-major" d'alors, François Bozizé.

"Mais que pouvaient faire ces deux-là quand l'ordre venait directement du président de la République, chef suprême des armées ? (...) Au lieu de faire appel à un Etat, Patassé s'est fait offrir les services d'un groupe rebelle, se passant (ainsi) d'une armée régulière en tout état de cause", ajoute le journal.

La population centrafricaine "attend l'issue de ce procès avec beaucoup d'espoir", déclare de son côté Le Confident. La plupart des autres parutions publient des communiqués de la CPI ou des dépêches d'agence. Quelques-uns passent le procès sous silence.

Ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité - viols, pillages et meurtres - commis en 2002 et 2003 par sa milice du Mouvement de libération du Congo (MLC) en Centrafrique, où elle soutenait les troupes du président Patassé alors confronté à une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé.

M. Bozizé a finalement renversé M. Patassé en mars 2003 et dirige depuis le pays. Les deux hommes sont candidats à l'élection présidentielle centrafricaine fixée en janvier 2011.

Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés

 

NDLR : Il y avait à Bangui en ce temps là à la tête du Bureau des Nations Unies pour le Centrafrique (BONUCA), un général sénégalais du nom de Lamine Cissé, devenu un grand copain de Bozizé, qui était le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies. Il a sans doute des choses importantes à dire sur cette affaire des hordes de Bemba car le président du MLC lui avait adressé à l'époque une lettre pour lui demander d'ouvrir une enquête sur les graves accusations portées contre ses éléments, courrier demeuré sans suite. Sans vouloir minimiser les crimes de guerre de toutes sortes dont les éléments de Jean-Pierre Bemba se sont rendus coupables, ceux commis par les mercenaires tchadiens introduits en Centrafrique par Bozizé n'ont rien à leur envier et sont peut-être même plus graves encore. La véritable justice sera rendue aux victimes lorsque tous les commanditaires d'où qu'ils viennent et ceux qui ont fourni les armes de ces crimes odieux auront passé devant la barre.      

 

CPI : distribution des rôles au procès de Jean-Pierre Bemba

Jeune Afrique 22/11/2010 à 14h:45 Par Marianne Meunier, envoyée spéciale à La Haye

Alors que la première audience du procès de Jean-Pierre Bemba s’ouvrait cet après-midi à La Haye devant la CPI, les différentes parties ont exposé leurs principaux arguments lors d’une conférence de presse matinale.

Quelques heures avant l’ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI), lundi après-midi à La Haye, les différents acteurs de la procédure ont donné le ton lors d’une conférence de presse.

 

Il y a d’abord la greffière, Silvana Arbia, qui déroule avec sobriété les règles de fonctionnement de la Cour et quelques principes de la justice internationale. Costume bleu sombre et chemise blanche, Luis Moreno-Ocampo, le procureur, lui emboîte le pas et explique l’enjeu du procès. « Bemba n’a pas violé de femmes, il n’a pas donné d’ordres […], mais c’est sa responsabilité de commandant qui est en cause », dit-il.

 

Décryptage : si Bemba n’était pas sur le terrain au moment des viols, meurtres et pillages commis par ses troupes en Centrafrique en 2002 et 2003, il ne peut s’en laver les mains pour autant. En tant que chef militaire, il est comptable des actes de ses subordonnés. « C’est un message pour tous les responsables de commandement dans le monde », avertit Luis Moreno-Ocampo.

 

Face aux victimes

 

Suivent les trois représentants des quelque 750 victimes ayant demandé à participer au procès. Ils mettent des visages sur une affaire que le jargon juridique et l’épaisseur du dossier ont parfois désincarnée : « Il s’agit d’hommes, de femmes, d’enfants », rappelle Paolina Massida, du Bureau du Conseil des victimes de la CPI.

 

Puis les trois avocats de Jean-Pierre Bemba clôturent la conférence. Volontiers solennel, ménageant des silences entre les mots, Nkwebe Liris, qui dirige l’équipe, déclame : « Je suis au regret de vous dire que vous allez assister, pour la première et, espérons-le, la dernière fois, au procès le plus inéquitable qu’une justice internationale ait été amenée à conduire. » Avant de terminer sur une note combattive : « Regardez dans mes yeux, ils ne reflètent pas le visage du chef d’une équipe larmoyante, mais d’une équipe forte de la confiance et de la conscience des faiblesses de l’accusation. »

 

 

 

Procès Bemba: le double langage de Moreno Ocampo


Le Potentiel - 23 novembre 2010

Luis Moreno O’campo n’aurait retenu aucun grief contre l’ancien président Ange-Félix Patassé encore moins contre tout autre acteur centrafricain ou africain ayant participé à la guerre dont les effets ont donné lieu au procès qui l’oppose à Jean-Pierre Bemba devant la CPI et dont l’ouverture a eu lieu hier lundi à La Haye. La défense, représentée par Me Liriss NKuebe, a plaidé non coupable, en révélant que le président du MLC avait agi sous le couvert de l’Union africaine et de la SADC. Ce qui impliquerait la responsabilité des autorités centrafricaines de l’époque.

A considérer les déclarations du bureau du Procureur Luis Moreno O’campo, des représentants légaux des victimes et celle de la défense du prévenu Jean-Pierre Bemba Gombo devant la chambre de première instance III à l’ouverture de l’audience d’hier lundi, la bataille s’annonce âpre entre l’accusation et la défense devant la Cour pénale internationale (CPI).

D’entrée de jeu, le bureau du Procureur a soutenu ne pas avoir des preuves sur Ange-Félix Patassé, le président en fonction qui avait pourtant fait appel au leader du MLC. Selon l’accusation, François Bozizé, rebelle à l’époque, encore moins Ange-Félix Patassé, n’auraient pas eu d’armée ou de troupes au moment de la commission des faits ; seules les troupes du Mouvement de Libération du Congo (MLC) auraient régné en maître sur le terrain des opérations en République Centrafricaine.

« Au début, nous pensions que Bemba et Patassé étaient les plus responsables mais les éléments de preuve montrent que les troupes qui ont commis les crimes étaient sous le contrôle de Bemba », a déclaré Luis Moreno O’campo

Selon l’accusation, le président Ange-Félix Patassé n’avait pas le contrôle sur les troupes du Mouvement de libération du Congo (MLC). Ils ont argué que Jean-Pierre Bemba, autoproclamé général, avait la capacité d’empêcher, de réprimer et de punir les soldats fautifs. Mais, il n’a rien fait.

Toujours selon l’accusation, pour ces crimes commis entre 2002 et 2003, Jean-Pierre Bemba aurait donné des instructions à ses troupes leur disant que toute personne rencontrée en Centrafrique est un ennemi. Ces éléments n’auraient pas fait de différence entre les combattants et les civils.

L’accusation allègue aussi qu’après la commission des crimes, Jean-Pierre Bemba n’a pas demandé à ce que des enquêtes sérieuses soient ouvertes. Le bureau du Procureur a fait voir qu’à la Cour martiale installée en son temps par Jean-Pierre Bemba, aucune victime centrafricaine n’a été appelée à témoigner.

L’accusation a affirmé que les membres de famille étaient forcés de voir comment leurs femmes et filles étaient violées. Les soldats du MLC auraient pillé les biens des civils en toute impunité et emporté leurs butins en RDC.

Elle a enfoncé le clou en déclarant que les forces du MLC auraient massacré les civils qui s’opposaient aux viols et aux pillages. « Il a récompensé ses troupes pour ces crimes, au lieu de les punir… », a laissé entendre l’accusation.

Comme il fallait s’y attendre, les représentants légaux des victimes ont abondé dans le même sens. Ils ont fait état de l’existence des certificats médicaux attestant la commission des viols et autres crimes, même si souvent les femmes préfèrent le silence.

Selon eux, les viols, souvent collectifs, étaient utilisés comme arme de guerre. « En majorité, ce sont des personnes vulnérables, rejetées aujourd’hui par la société. Beaucoup sont infectées, certaines sont mortes et d’autres se sont suicidées », ont ajouté les représentants des victimes. .

Bemba non coupable, selon la défense

Son tour venu, Me Liriss Nkwebe, l’un des avocats de Jean-Pierre Bemba, a rappelé aux juges qu’ils ne peuvent statuer que sur base des preuves et non sur les émotions. Il a trouvé que son estimé confrère de la partie adverse avait plaidé en dehors du procès. Il est resté catégorique pour soutenir que les accusations portées contre son client sont dénuées de tout fondement.

Me Liriss Nkwebe a fait un constat amer. Selon lui, 42 millions d’euros ont été dépensés pendant au moins cinq ans pour une enquête partiale et bâclée. Il a expliqué qu’à cause de l’insuffisance d’éléments de preuves, l’accusation a trouvé une astuce, en prétendant que Jean-Pierre Bemba s’apprêtait à fuir.

Après avoir émis des doutes sur les vingt-deux témoins qui viendraient déposer sur les prétendus mille cas de viols et tous les biens de la Centrafrique qui auraient été transportés en RDC, l’avocat s’est attardé sur la responsabilité partagée avec l’ancien président centrafricain Ange-Félix Patassé. Il s’est dit étonné d’entendre le procureur Luis Moreno déclarer qu’il n’y avait aucune preuve à charge de Patassé, que personne dans la hiérarchie militaire centrafricaine n’a été cité comme témoin ; étant entendu que plusieurs commandants centrafricains ont participé à cette guerre.

Me Liriss Nkwebe a posé le problème de la personne qui a incarné le commandement et le contrôle effectif des troupes au moment des faits. Il a fait voir aux juges qu’au lieu d’appeler ceux qui faisaient partie de la chaîne de commandement, l’accusation les a totalement oubliés pour se rabattre sur des témoins de seconde zone et s’acharner sur Jean-Pierre Bemba qui se trouvait à 2000 km de Bangui.

Qualifiant le procès en cours d’injuste, Me Liriss Nkwebe a révélé qu’à l’époque, le gouvernement centrafricain avait réuni des troupes de différents pays qui agissaient comme une seule armée sous l’uniforme centrafricain ; sans oublier qu’ils étaient équipés et nourris par le Trésor centrafricain. « Ne faudrait-il pas que le gouvernement centrafricain soit appelé à la barre pour la manifestation de la vérité ? », s’est-il interrogé.

Il a émis des doutes sur la légitimité de l’enquête menée par Luis Moreno, lequel est appelé à instruire à charge et à décharge. Il reste d’avis qu’il sera difficile d’établir la responsabilité de Jean-Pierre Bemba en tant que commandant. Cela, du fait que la responsabilité du chef hiérarchique incombait au chef suprême de l’armée centrafricaine.

Autre révélation de Me Liriss Nkwebe : le MLC n’était pas une milice, et encore moins une rébellion. Il a indiqué qu’il s’agissait d’une administration reconnue par l’ONU et toute la communauté internationale. Il a fait voir aux juges de la CPI que le déploiement incriminé est intervenu à la suite d’une résolution de l’Union africaine, et de la résolution d’Alger qui interdisait toute prise de pouvoir par la force.

Il a comparé l’intervention du MLC à celle de l’EUFOR au Tchad et de l’OTAN en Serbie. Il s’est demandé si l’OTAN ou l’EUFOR ont été tenus responsables de crimes commis. Il a fait savoir que les actes posés par un Etat qui a été appelé sont imputables à l’Etat bénéficiaire. Me Nkwebe a dit que la défense mettait au défi l’accusation de prouver que la RCA s’était dépouillée de sa souveraineté militaire au profit de Jean-Pierre Bemba, que celui-ci pouvait, à plus de 2000 km de distance, coordonner des opérations sur le terrain.

Pour finir, la défense a rappelé les seules paroles prononcées par Jean-Pierre Bemba à l’une des audiences : « Je veux être jugé, non seulement pour prouver mon innocence, mais aussi pour laver mon nom envers ma femme, mes enfants et mon père ». Fondant en larmes, il a regretté que ce père soit décédé en allant justement se battre pour sauver son fils. La dernière prière de Me Liriss Nkwebe a été : « Un seul impératif s’imposera à vous : acquitter Bemba ».

Quatre heures avant le procès, une conférence de presse s’est tenue au siège de la CPI. Les journalistes de la République démocratique du Congo ainsi que ceux de la Centrafrique ont pu y participer en vidéoconférence.

Les intervenants ont souligné l’importance capitale du respect des droits des parties et des participants à la procédure judiciaire devant la Cour. Le Greffier de la Cour, Mme Silvana Arbia, a affirmé que « seul un procès équitable permettra à la justice de remplir son rôle dans l’établissement d’une paix durable et de lutter efficacement contre l’impunité des crimes qui […] touchent l’ensemble de la communauté internationale, et heurtent profondément la conscience humaine ».

« Jean-Pierre Bemba a utilisé une armée entière comme un instrument pour violer, piller et tuer des civils en République Centrafricaine. Aujourd’hui, il est appelé pour rendre compte du fait qu’il n’a délibérément pas empêché, réprimé ou puni les atrocités de masse commises par ses hommes en RCA », a déclaré le Procureur de la CPI, Luis Moreno O’campo, en ajoutant que « dans l’ère de la CPI, il s’agit du sort qui est réservé aux commandants militaires qui autorisent leurs troupes à mener de telles tactiques de commandement pour des raisons stratégiques ».

« Les victimes méritent que justice soit rendue et surtout, qu’elles y participent », a affirmé Mme Arbia. Les représentants légaux des victimes ont, à leur tour, souligné le rôle de la Cour pour mettre fin à l’impunité et empêcher la répétition des atrocités du passé. « Plus jamais ça », a affirmé Me Marie-Edith Douzima-Lawson, représentante légale des victimes, alors que Me Assingambi Zarambaud a avancé que « quelque soit la longueur de la nuit, le jour finira par paraître ».

Me Paolina Massidda, conseil principal du Bureau du conseil public pour les victimes, qui soutient les équipes représentant les victimes, a souligné que les aspirations des victimes sont de « briser leur silence et briser le silence du monde sur les évènements terribles auxquels elles ont été confrontées », ce qui constitue un « premier pas vers l’établissement de la vérité et vers un accès à la justice ».

Prenant la parole en dernier lieu, l’équipe de Défense de M. Bemba, composée de Me Nkwebe Liriss, Me Aimé Kilolo Musamba et M. Nick Kaufman, a soutenu que « l’Etat centrafricain, sous la Présidence de Patassé, avait la libre disposition des troupes congolaises de l’administration du MLC, qui combattaient sous leur drapeau, et répondait de leurs actes ».

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 03:41

 

 

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Ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba à La Haye

par Konstanze von Kotze, Deutsche Welle le 22 novembre 2010

Le procès de Jean-Pierre Bemba pour des crimes de guerre perpétrés en Centrafrique s’est ouvert lundi à La Haye. L’ancien vice-président de RDC est la personnalité la plus haut placée ayant jamais comparu devant la CPI.

 

C’est un procès attendu de longue date qui doit s’ouvrir aujourd’hui devant la Cour pénale internationale de La Haye, aux Pays-Bas: celui de Jean-Pierre Bemba, pour des crimes de guerre perpétrés en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

 

Jean-Pierre Bemba devra répondre d’assassinats, de pillages, de torture, de viols collectifs commis par sa milice du Mouvement de Libération du Congo, le MLC. Les victimes de ces actes attendent depuis longtemps l’ouverture de ce procès, comme l’explique leur avocate, Marie-Edith Lawson:

 

« Même si on n’arrive pas à réparer le préjudice subi, qu’elles aient la vérité sur ce qui s’est passé, qu’elles aient la possibilité de dire ce qu’elles ont vécu. Les coupables doivent être punis, ce sera une première satisfaction morale pour les victimes.»

 

Les partisans de Jean-Pierre Bemba, eux, clament son innocence. Ils soutiennent que l’acte d’accusation du procureur général Luis Moreno-Ocampo n’est qu’un tissu de mensonges. Aimé Kilolo, avocat de la défense:

 

« Avant de parler des chefs d’accusation, il faut d’abord déterminer qui était le chef militaire. Non pas des troupes du MLC en général, mais du contingent qui s’était rendu à Bangui entre octobre 2002 et mars 2003. Notre position est très claire : le gouvernement centrafricain a demandé à l’administration du MLC de lui envoyer des hommes, ces hommes ont été mis à disposition d’un pays souverain. Donc il est exclu qu’on vienne dire que le sénateur Bemba a été le commandant sur le terrain des hommes mis à disposition de l’Etat centrafricain.»

Présent ou non au moment des faits, Jean-Pierre Bemba peut très bien avoir tiré les ficelles à distance, rétorquent les victimes. Et c’est bien là la particularité de ce procès, selon Fadil Abdallah, juriste à la cour pénale internationale.

 

« C’est la première fois devant la cour qu’il y a un procès sur la base de la responsabilité en tant que chef militaire et non pas en tant qu’auteur ou co-auteur. Cela indique clairement le message de la cour: il n’y aura pas d’impunité, et il n’y a pas d’immunité en fonction des responsabilités politiques ou administratives qu’assume une personne dans son pays. »

 

Personne ne peut prédire encore si le procès se tiendra sans embûche, ni combien de temps la procédure durera. Les victimes devront, une fois de plus, faire preuve de patience.

 

Auteurs: Konstanze von Kotze et Sandrine Blanchard/ Edition: Marie-Ange Pioerron

 

 

Viols en Centrafrique : le procès de Jean-Pierre Bemba s’est ouvert

LEMONDE.FR avec AFP | 22.11.10 | 16h02  •  Mis à jour le 22.11.10 | 16h05

Le procès de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, principalement des viols, commis par sa milice en Centrafrique, s'est ouvert lundi 22 novembre dans l'après-midi, devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.

 

L'accusation devait présenter dans sa déclaration liminaire un résumé des charges pesant contre M. Bemba, 48 ans, qui plaide non coupable.

L'opposant congolais, battu à l'élection présidentielle de 2006 en RDC, est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, à savoir des viols, pillages et meurtres, commis en 2002 et 2003, en Centrafrique par sa milice du Mouvement de libération du Congo (MLC). Quelque 1 500 hommes du MLC s'étaient rendus en Centrafrique en octobre 2002 à la demande du président centrafricain Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé. Cinq mois durant, jusqu'en mars 2003, ils ont, selon l'accusation, violé, pillé et tué ceux qui opposaient une résistance. "C'étaient des crimes pour humilier et dominer", a affirmé le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, lors d'une conférence de presse à La Haye lundi matin.

RÉPARATIONS

M. Bemba, arrêté à Bruxelles en 2008, qui risque la réclusion à perpétuité, est poursuivi par la CPI en tant que "chef militaire" : il lui est reproché d'avoir su que ses troupes commettaient des crimes et de ne pas avoir pris toutes les mesures pour les en empêcher.
Les crimes commis par le MLC étaient "les plus importants", a répondu le procureur à un journaliste qui lui demandait pourquoi M. Bemba est la seule personne poursuivie par la CPI dans ce dossier.

"Au début, nous pensions que Bemba et Patassé étaient les plus responsables, mais les éléments de preuve montrent que les troupes qui ont commis les crimes étaient sous le contrôle de Bemba", a expliqué le procureur. La CPI a autorisé la participation de 759 victimes au procès et doit encore examiner plus de 500 demandes, a annoncé lundi matin la greffière de la CPI, Sylvana Arbia. "C'est la première fois dans l'histoire de la justice internationale qu'un groupe aussi nombreux est autorisé à participer", a souligné de son côté Paolina Massidda, responsable du Bureau de conseil public pour les victimes.

Représentées par deux avocats centrafricains en fonction de leur origine géographique, elles peuvent obtenir des réparations devant la CPI, premier tribunal pénal international permettant la participation des victimes aux procédures.

Jean-Pierre Bemba qui avait fui la RDC en 2007, avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI, saisie en 2004 par François Bozizé, au pouvoir en Centrafrique depuis 2003.

En détention provisoire depuis son arrestation, M. Bemba n'a pas été reconnu indigent par la CPI. Ses avoirs et ses biens ont été gelés à la demande de la Cour, qui avance l'argent nécessaire à sa défense, 30 150 euros par mois. Le procès de M. Bemba est le troisième procès de la CPI, entrée en fonction en 2002. Les deux premiers procès, en cours, sont ceux de trois chefs de milice de la RDC.

 

 

Me Douzima au procès de Bemba : plus jamais çà!

Radio Ndéké Luka Lundi, 22 Novembre 2010 16:29

Le procès de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo, accusé de crimes de guerre, principalement des viols, commis par ses troupes en Centrafrique, s'est ouvert lundi 22 novembre dans l’après-midi devant la Cour pénale internationale à La Haye.

Dès l’ouverture, lecture a été faite de la déclaration liminaire de l'accusation. Celle-ci a présenté un résumé des charges pesant contre Jean-Pierre Bemba. Ce dernier plaide non coupable. L'opposant congolais, candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2006 en République démocratique du Congo (RDC), est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, à savoir des viols, pillages et meurtres, commis en 2002 et 2003 en Centrafrique par sa milice du Mouvement de libération du Congo (MLC).

 

Quelque 1500 hommes du MLC avaient franchi en octobre 2002 le fleuve Oubangui, frontière naturelle entre la RDC et la Centrafrique pour venir en aide au président centrafricain Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé. Cinq mois durant, jusqu'en mars 2003, ils ont, selon l'accusation, violé femmes, hommes, enfants et vieillards, pillé et tué ceux qui opposaient une résistance.

 

L’accusation affirme dans le document de notification des charges que "les troupes du MLC ont instauré un climat de peur généralisé au sein de la population centrafricaine espérant ainsi déstabiliser l'armée adverse". Quatre cents viols ont été recensés par l'accusation à Bangui, la capitaine centrafricaine.

La Cour pénale internationale (CPI) a autorisé la participation à la procédure contre Jean-Pierre Bemba de 135 victimes et doit encore examiner les demandes déposées par 1200 personnes environ. Jean-Pierre Bemba, arrêté à Bruxelles en 2008, qui risque la réclusion à perpétuité, est poursuivi par la CPI en tant que "chef militaire": il lui est reproché d'avoir su que ses troupes commettaient des crimes et de ne pas avoir pris toutes les mesures pour les en empêcher.

 

Selon la défense de l'ancien vice-président de RDC, les troupes du MLC ont combattu "avec l'uniforme et sous le drapeau centrafricain". Un de ses avocats, Me Aimé Kikolo a affirmé que "ce sont les autorités centrafricaines qui avaient en charge le commandement effectif et la discipline".

 

Jean-Pierre Bemba qui a fui la RDC en 2007, avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI, saisie en 2004 par François Bozizé, le président de la Centrafrique depuis 2003.

L’ouverture a été précédée d’une conférence de presse au siège de la CPI. Les intervenants ont souligné l’importance capitale du respect des droits des parties et des participants à la procédure judiciaire devant la Cour. Le Greffier de la Cour, Mme Silvana Arbia, a affirmé que « seul un procès équitable permettra à la justice de remplir son rôle dans l’établissement d’une paix durable et de lutter efficacement contre l’impunité des crimes qui […] touchent l’ensemble de la communauté internationale, et heurtent profondément la conscience humaine ».

 

Des journalistes centrafricains (dont ceux de Radio Ndeke Luka) et congolais ont pu, via vidéoconférence, à partir des bureaux de la Cour à Bangui (République centrafricaine) et Kinshasa (République démocratique du Congo), poser leurs questions aux parties et participants au sujet du procès à l’encontre de M. Bemba. 

Le Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo  a déclaré au cours de cette conférence de presse que «

Jean-Pierre Bemba a utilisé une armée entière comme un instrument pour violer, piller et tuer des civils en République centrafricaine. Aujourd’hui, il est appelé pour rendre compte du fait qu’il n’a délibérément pas empêché, réprimé ou puni les atrocités de masse commises par ses hommes en RCA  »

 

« Les victimes méritent que justice soit rendue et surtout, qu’elles y participent » a affirmé Mme Arbia. Les représentants légaux des victimes ont, à leur tour, souligné le rôle de la Cour pour mettre fin à l’impunité et empêcher la répétition des atrocités du passé. « Plus jamais ça », a affirmé Me Marie-Edith Douzima-Lawson, avocate au barreau de Bangui et représentante légale des victimes, alors que Me Assingambi Zarambaud a avancé que «Quelque soit la longueur de la nuit, le jour finira par paraître». 

 

Prenant la parole en dernier lieu, l’équipe de Défense de M. Bemba, composée de Me Nkwebe Liriss, Me Aimé Kilolo Musamba et M.Nick Kaufman,  a soutenu  que « l’Etat centrafricain, sous la Présidence de Patassé, avait la libre disposition des troupes congolaises de l’administration du MLC, qui combattaient sous leur drapeau, et répondait de leurs actes ».

 Le procès est prévu pour durer plusieurs mois.

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:38

 

 

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BANGUI - AFP / 21 novembre 2010 09h53 - Le jour de l'ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba "sera le plus beau de ma vie", assure Marie-Hélène Ngoïta, une des nombreuses femmes violées en Centrafrique en 2002-2003 par les combattants de l'opposant congolais, jugé à partir de lundi à La Haye.

"Ce jour-là, je dirai que justice est faite et ce sera ma consolation", déclare à l'AFP cette femme de 48 ans, maigre et claire, rencontrée dans le quartier Fatima de Bangui où elle reçoit un traitement antirétroviral.

Elle affirme avoir été infectée par le virus du sida lorsqu'elle a été violée par des hommes du Mouvement de libération du Congo (MLC, milice à l'époque) dirigé par Jean-Pierre Bemba.

En 2002 et 2003, le MLC a appuyé le régime du président centrafricain Ange-Félix Patassé pour contrer une tentative de coup d'Etat. Les combattants congolais sont accusés d'avoir commis de nombreuses exactions lors d'attaques au nord de Bangui: PK12, PK13, Bégoua, PK 22 ou plus loin dans les provinces : Bossembélé et Bossangoa (nord), Paoua, Ngaoundaye, Bozoum, Bocaranga (nord-ouest), Mongoumba (sud)...

Marie-Hélène Ngoïta a croisé ses agresseurs à Mongoumba, à environ 200 km au sud de Bangui, le 5 mars 2003. "Les gens fuyaient en disant : « ils arrivent, ils arrivent! ». Alors que je sortais de la maison, trois éléments du MLC se tenaient déjà devant la porte", raconte-t-elle.

"L'un a ordonné que je sorte de la maison et que je me couche par terre. J'ai refusé. Le second a levé le canon de son arme dans ma direction se faisant plus menaçant encore. Ils m'ont précipitée à terre et se sont mis à me violer à tour de rôle. Il n'y avait personne pour me venir en aide".

Elle apprend sa séropositivité huit mois plus tard. "Je vis malgré moi, je sais que je peux mourir à tout moment mais ce procès doit me consoler".

Marie-Chantal Solamosso, 43 ans, du PK22 ("point kilométrique" 22), aux pieds difformes, a été violée sous les yeux de son père "ligoté", dans sa maison où sont entrés un matin "près d'une dizaine de combattants du MLC".

"L'un a pris son arme et il a tiré sur mes deux pieds. Je suis tombée. Cinq se sont relayés et sont passés sur moi. (...) Plusieurs semaines durant, je ne sentais plus mon corps. Mes deux pieds étaient enflés et infectés. C'est dans une brouette que j'ai été ramenée à Bangui", poursuit celle qui est devenue "malgré (elle)", dit-elle mère d'un enfant de père inconnu, qui n'a plus revu son mari et veut aujourd'hui "aller témoigner" à La Haye.

Judith Kobaba, 15 ans, est dubitative. "Je ne sais pas si ce procès aura lieu, et si on pourra vraiment regarder Bemba se tenir à la barre pour répondre de ses actes", affirme cette adolescente, violée lorsqu'elle avait 8 ans par un homme du MLC au PK12.

Sa soeur aînée, qui venait de subir une césarienne, et sa soeur cadette, alors âgée de 5 ans, ont connu le même sort, après que leur père eut été abattu sous leurs yeux. "Notre soeur aînée (...) saignait et avait les entrailles dehors. Elle a eu la vie sauve grâce à Médecins Sans Frontières (MSF)".

Selon l'Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse (Ocodéfad), une association locale, de nombreuses victimes de viols sont mortes, ont le sida ou vivent avec des enfants nés grossesses non désirées. D'autres sont stigmatisées sur leur lieu de travail ou à l'école et sont obligées de vivre repliées sur elles-mêmes.

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Le procès de Jean Pierre Bemba réveille de douloureux souvenirs pour les Centrafricains

Radio Ndéké Luka Samedi, 20 Novembre 2010 15:20

Tous les Centrafricains seront à l’écoute de la Haye à compter du lundi 22 novembre prochain. C’est à cette date que la Cour Pénale Internationale de la Haye ouvre le procès de l'ancien vice-président congolais, Jean Pierre Bemba. Il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis en République Centrafricaine entre octobre 2002 et mars 2003.

L'accusation reproche à Jean Pierre Bemba d'avoir utilisé le viol comme arme de guerre. Le procureur de la CPI, Mme Fatou Bensouda écrit dans son rapport que "Jean-Pierre Bemba voulait traumatiser et terroriser la population afin de la décourager de soutenir les rebelles ;  "il a utilisé les viols comme une arme de guerre,  les viols de mères en présence de leurs enfants et d'enfants devant leurs parents forcés à regarder". "Les hommes de Bemba, écrit-elle encore, allaient de maison en maison, pillant la propriété des civils, violant les mères, épouses et filles, sodomisant les chefs des communautés et d'autres hommes, tuant ceux qui résistaient ou essayaient de se protéger".

Parmi les centaines de victimes, beaucoup sont mortes, soit tuées directement ou bien violées et infectées avec le virus VIH.

Il faut rappeler que le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba avait envoyé en République centrafricaine deux bataillons, soit 1.000 à 1.500 soldats, en soutien au régime d'Ange-Félix Patassé, menacé par une rébellion du général François Bozizé, qui a fini par s'emparer du pouvoir en mars 2003.

 

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