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  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 03:27

 

 

ben-ali-et-sa-femme.jpg

 

Par Europe1.fr  17 janvier 2011 à 10h08

 

L'ex-président tunisien serait parti avec plus d'une tonne d'or. Sa fortune est immense.

Banques, transports, immobilier, en Tunisie les Ben Ali sont partout. L'ex-président aurait amassé une fortune estimée à 5 milliards d'euros pendant ses 23 ans à la tête de la Tunisie. Le président en fuite ne possédait rien avant d'accéder au pouvoir.

Hôtels particuliers et comptes en Suisse

Des banques privées en Tunisie, plusieurs compagnies aériennes, comme Carthago Airlines ou Nouvel Air, des hôtels 5 étoiles en Tunisie, des hôtels particuliers en Argentine ou au Brésil... la liste des biens de Ben Ali est difficile à dresser. L'ex-président tunisien posséderait également des comptes en Suisse, dont la valeur est impossible à estimer.

En France, Ben Ali serait propriétaire d'un immeuble en plein coeur de Paris estimé à 37 millions d'euros. Le président en fuite posséderait également des avoirs dans plusieurs banques françaises. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a indiqué lundi sur Europe 1 que Tracfin, l'organisme de lutte contre les mouvements suspects de capitaux, exerçait une "vigilance particulière" sur les mouvements de fonds et les demandes de transferts.

Comptes vidés et fortune transférée

La semaine dernière, au plus fort de la crise, la famille Ben Ali a liquidé tous ses comptes, selon un journaliste tunisien interrogé par Europe 1. "Ils ont vidé les caisses, jusqu'à la dernière minute, pour qu'il ne reste rien", raconte Slim Bagga.

Le Monde croit savoir que la famille aurait emporté dans sa fuite plus d'une tonne et demie de lingots d'or. L'équivalent de 45 millions d'euros, précise le quotidien. C'est Leïla Ben Ali, la femme de l'ex président tunisien, qui se serait rendue à la Banque de Tunisie pour les récupérer, avant de s'envoler pour Dubaï. L'information n'a pas été confirmée depuis, mais l'une des premières décisions du gouvernement de transition à peine formé a été de limoger le gouverneur de la BCT, Thoufi Baccar, remplacé par Mustapha Kamel Nabli, ancien économiste en chef du département Moyen-Orient de la Banque Mondiale (BM).

Il y a quelques mois, selon le journaliste tunisien, la femme de l'ex-président aurait également anticipé la fin de règne de son mari malade. Leïla Ben Ali, surnommée "La Régente" et détestée par le peuple tunisien, a transféré la quasi totalité de sa fortune à Mohammed, leur fils de 5 ans.

 

La chute du Mur de Tunis

(Slate.fr 17/01/2011)


Soyons optimiste: l'ère qui s'ouvre peut être celle d'un capitalisme démocratique, s'appuyant sur une jeunesse éduquée et ayant compris que le royaume de dieu n’est pas de ce monde et que les imams ne font pas de bons directeurs d’usines.

Un Mur est tombé à Tunis comme hier à Berlin. Cette «révolution du jasmin» pourrait ouvrir une nouvelle ère dans le monde arabo-musulman, une ère moderne, une ère libérale et une ère «bourgeoise», dans le sens où Marx avait qualifié la révolution française. Une ère fondamentalement neuve qui pourrait tourner la page de la solution religieuse dominante depuis vingt-cinq ans dans la région et ouvrir celle d’un capitalisme démocratique et libéral. La première révolution dans le monde arabe est un événement considérable. Tunis comme Berlin.

On formule là une hypothèse démocratique que je reconnais bien optimiste, l’Histoire est tragique. Mais il y a des raisons objectives d’y croire. Si le régime Ben Ali est tombé si vite, c’est qu’il était beaucoup plus fragile qu’on l’avait mesuré, que tout le monde l’avait mesuré. C’est le cas de nombreux autres pays de la région: Libye, Algérie, Egypte, pour donner une liste courte.

Le web, amplificateur de désir de liberté

La première raison est l’envie de liberté, grossie ces dernières années par le niveau éducatif élevé de la population. Erreur de Ben Ali (engagée sous Bourguiba) d’avoir créé des Bac+2 ou Bac+4 mais de n’avoir pas su promouvoir une économie qui les emploie, de s’être contenté en gros du commerce et du tourisme qui n’offrent que des jobs peu qualifiés. Erreur qu’on lui pardonnera vite, celle-là, car ce gisement de diplômés représente maintenant la meilleure chance de l’avenir de la Tunisie.

Besoin de liberté amplifiée ensuite, par les télévisions étrangères en accès libre et par Internet. Il y aurait 4 millions d’internautes en Tunisie pour une population de 10,5 millions de personnes. Et il y aurait 1,8 million de comptes Facebook. A ce sujet, on peut se demander si les révélations de Wikileaks sur la corruption et la prévarication du régime n’ont pas été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les Tunisiens savaient le régime pourri, mais de le lire sur le web sous la plume de diplomates américains, lesquels citent des officiels tunisiens, a pu allumer la mèche. Peut-être que Wikileaks finalement aurait l’effet libertaire auquel croit son créateur…

Mais bien sûr, revenons à notre marxiste révolution «bourgeoise»: cette liberté est réclamée d’autant plus fortement que le chômage est massif. Cette «infrastructure» fait baril de poudre: le monde arabo-musulman est en échec général sur la question sociale. Le taux de chômage y est le plus élevé du monde, 25% en moyenne régionale, et il frappe particulièrement les jeunes, qui représentent les deux tiers de la population. Et le péril monte encore: le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont besoin de créer 80 à 100 millions d’emplois d’ici à 2020 pour absorber les générations à venir. L’Afrique du Nord est, selon tous les classements comme ceux du Forum économique mondial, la zone la moins attractive pour les capitaux. Quand l’Asie émerge, quand l’Amérique latine suit, quand même l’Afrique sub-saharienne commence son décollage, le monde arabo-musulman n’a toujours pas trouvé sa place dans la mondialisation, hormis l’exploitation des hydrocarbures. Les explications sont connues: éducation insuffisante et confiée aux religieux (avec des exceptions donc), système politique autoritaire et policier et stratégie économique de libéralisation motivée par la corruption et la captation au profit des dirigeants et de leurs familles. A ce schéma trop général, il faut bien sûr apporter des nuances: tous les pays sont différents.

Mais l’échec social demeure la marque de fabrique de la région

.Dieu ne donne pas d'emploi

Echec qui remonte au «socialisme arabe» des Nasser et des militaires algériens, cette époque de la guerre froide durant laquelle la région était, avec des exceptions et des nuances, dans l’orbite de Moscou. L’argent a été gaspillé dans une gestion bureaucratique et les projets étatistes. Même échec côté Golfe –contrée, elle, dans l’orbite de Washington, où la rente pétrolière a été placée dans les banques occidentales à partir de 1973. Elle a contribué à l’inflation mondiale et s’est dissoute dedans.

C’est sur ce terreau qu’est né l’islamisme, ici à Ryad encouragé officiellement comme opium des peuples –pour rester marxiste– et là, de l’Iran à l’Algérie dans l’espoir que la pureté religieuse éradiquera la corruption et saura dans le dénuement donner une fierté. Les Frères musulmans ont su au départ développer un islam de quartiers, proche des gens, capable de rendre des services, un islam de solidarité. D’où le succès. D’où le durcissement policier des régimes menacés.

Mais, c’est la leçon de cette révolution du jasmin, la solution religieuse a tourné court. On n’a pas entendu, dans les manifestations, la voix des islamistes. Restons prudents, mais le silence religieux est frappant. Les Tunisiens ont-ils compris que le royaume de dieu n’est pas de ce monde et que les imams ne font pas de bons directeurs d’usines? Est-ce à cause des dangers du radicalisme Ben Laden? Est-ce à cause de l’échec de l’Iran? En tout cas, la solution religieuse n’a pas été évoquée, n’est plus évoquée. Mon optimiste hypothèse est que la fausse solution de dieu commencerait, à partir de Tunis, à être remisée à sa place, à la mosquée, dans une version modernisée de la foi. Le test sera évidemment le résultat des partis religieux à de futures élections. Mais mon pari est que leur score restera mesuré, le peuple tunisien, éduqué, a envie de liberté et il a compris et que l’emploi viendra d’un capitalisme libéral et d’une insertion dans la mondialisation. Derrière le Mur de Berlin, le décollage a été parfois long, toujours chaotique. Mais Pologne, République tchèque ou pays baltes ont réussi. La Tunisie a les atouts d’un pays balte.


Eric Le Boucher

© Copyright Slate.fr

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 02:55

 

 

Abdoulaye-Miskine-Koumta-Madji.jpg

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

C’est avec surprise que nous apprenons via le média national et la presse écrite la nomination du Général Abdoulaye Miskine leader du Front démocratique du peuple centrafricain comme Conseiller à la Présidence de la République. Toujours selon la presse, le général Abdoulaye Miskine a été reçu la veille de sa nomination par le Président de la République.

Le Front démocratique du peuple centrafricain, le FDPC, se dit scandalisé par cette désinformation grossière et appelle le gouvernement centrafricain à plus du sérieux. Car aucun membre des instances dirigeantes du FDPC n’a été consulté pour cette nomination et le chef du FDPC qui ne se trouve pas à Bangui ne peut pas être reçu par le président de la République.

Cette campagne de désinformation intervient à un moment où le FDPC et le gouvernement centrafricain ont accepté d’ouvrir des négociations, où une rencontre imminente doit avoir lieu. Le FDPC tout en démentant cette information tient à préciser qu’il reste disponible à rencontrer une délégation du gouvernement.

Amdafok le 17 janvier 2011

Président du FDPC

Le général Abdoulaye Miskine

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 02:45

 

 

LRA-soldats

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 17 Janvier 2011 13:25

Les éléments rebelles de la LRA de Joseph ont attaqué à nouveau les villages d’Agoumar situés à 5 km de la ville de Rafaï et de Madabazouma situé à 100 km de la ville de Bangassou dans le sud de la Centrafrique. L’attaque a eu lieu  le dimanche 16 janvier 2011.

Des dégâts matériels importants ont été enregistrés et 12 personnes enlevées. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. La majorité de personnes enlevées sont composée des jeunes femmes. La Compagnie de Gendarmerie soutenue par des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) s’est déployée sur le terrain à la poursuite des ravisseurs.

La population de cette zone vit dans la psychose totale. Une attaque du village d’Agoumar le 21 mars 2010 a entraîné la mort de 11 personnes ; il s’agit de 10 civils, tous centrafricains dont une femme brûlée vive par les rebelles, et un élément de la LRA tué par les villageois, lesquels se sont organisés en autodéfense.

Les rebelles utilisent lors de chaque attaque les mêmes procédés de porte-à-porte. Ils pénètrent dans les concessions, choisissent des otages dans les familles, et s’emparent des biens de valeur qu’ils trouvent, ainsi que des provisions.

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 01:31

 

 

Hardricourt.jpg

 

VERSAILLES (France) (AFP) - 12.01.2011 15:41 - Un particulier a acheté mercredi aux enchères pour 915.000 euros un château de la région parisienne ayant appartenu à Jean-Bedel Bokassa, empereur déchu de Centrafrique mort en 1996 et dont l'héritage est au coeur d'une longue bataille judiciaire.

L'acheteur souhaite faire du château d'Hardricourt "un usage personnel pour lui et sa famille" et il y prévoit des travaux "très importants", a déclaré son avocate, Me Virginie Desport-Auvray, sans dévoiler l'identité de son client.

"Le nom de Bokassa fait beaucoup de bruit, mais ce n'est pas cela qui a motivé mon client", a-t-elle assuré.

La mise à prix du château était fixée à 735.000 euros, un prix modique en raison de l'état de délabrement avancé de ce manoir d'une vingtaine de pièces aux toits d'ardoise qui domine la vallée de la Seine.

Trois acquéreurs potentiels se sont disputé le bien pendant une demi-heure lors d'une vente aux enchères sur licitation (en vue du partage d'une indivision) organisée à la suite d'un jugement du tribunal de grande instance de Versailles, près de Paris.

Selon Me François Perrault, qui représentait deux marchands de bien, le fait que le château ait appartenu à Bokassa a pu "attirer" ses clients.

"Mais ce qui les a intéressés, c'est la propriété, avec un parc de 10.000 m² avec vue sur Seine", a-t-il poursuivi, évaluant à "environ un million d'euros (les) travaux nécessaires, car tout s'écroule à l'intérieur".

L'annonce légale parue en décembre sur des sites spécialisés précisait que la vente comprenait un "château d'une superficie habitable de 547,78 m2, une maison de gardien (95,49 m2), un vaste parc arboré et un double garage".

L'ex-empereur Bokassa s'était installé en décembre 1983 à Hardricourt, l'une de ses propriétés en France, après un exil de quatre ans en Côte d'Ivoire à la suite de sa déposition le 21 septembre 1979 par des parachutistes français.

Ex-officier de l'armée française, il avait pris le pouvoir en 1966 et s'était fait nommer président à vie en 1972. Il s'était proclamé empereur cinq ans plus tard, une des excentricités qui ont marqué son régime.

Sa chute avait notamment été précipitée par le massacre en 1979 d'une centaine d'écoliers par sa garde personnelle lors de troubles à Bangui.

L'empereur Bokassa a été réhabilité le 1er décembre 2010 par l'actuel président centrafricain François Bozizé, qui fut son aide de camp et qui l'a qualifié de "grand bâtisseur".

Hardricourt "était la dernière demeure de l'empereur Bokassa, c'est effectivement un symbole pour la famille mais, dans l'état dans lequel il se trouvait, il fallait pour la bonne administration de la succession que le bien soit mis en vente", a estimé pour sa part Me Pascal Koerfer, le conseil de l'administrateur judiciaire chargé de cette succession, qui compte 37 héritiers.

Le fils aîné de Jean-Bedel Bokassa, Georges, se disant lui le légataire universel de l'empereur, contestait cette vente et avait lancé un décembre un appel à Nicolas Sarkozy, le "suppliant" d'intervenir pour empêcher ce qu'il estimait être une spoliation de l'héritage de sa famille.

Il redoute lui-même d'être expulsé, avec sa famille, du château de Mézy (près de Paris) où il réside.

Présent aux enchères, Georges Bokassa a dit avoir reçu une "lettre tardive de la présidence de la République" l'invitant à contacter le ministère de la Justice". Il a annoncé son intention de "voir un avocat pour empêcher cette vente".

La transaction sur Hardricourt sera définitive après un délai de surenchère de dix jours.

© 2011 AFP

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 01:30

 

 

Bemba-Gombo.jpg

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 12 Janvier 2011 07:16

Le procès de Jean-Pierre Bemba a repris  mardi 11 janvier 2010 devant la Cour pénale internationale (CPI) avec l’audition du quatrième témoin de l’accusation. Ce témoin, une femme, de nationalité centrafricaine qui bénéficie de mesures de protection, a déposé sous pseudonyme, et une partie de son audition a été entendue à huis clos.

Le témoin est une victime directe des « Banyamulenge ». Le 27 octobre 2002, a-t-elle raconté, elle a été agressée à deux reprises par quatre  « banyamulenges ». Son frère a été tué. « Des oncles et des gens du quartier sont venus. Ils ont pris le corps qui baignait dans le sang. J’ai chauffé de l’eau et j’ai lavé le corps. J’ai donné un de mes pagnes »  a poursuivi le témoin, qui a indiqué que son frère a été enterré au PK12.

Elle a aussi raconté avoir été sexuellement agressée par les miliciens. Mais cette partie de sa déposition a été entendue à huis clos.

Les miliciens ont également pillé, a-t-elle ensuite expliqué : « quand ils entraient dans la maison, ils disaient, ‘donnez de l’argent, donnez de l’argent et on ne vous tuera pas’ ». Selon elle, les rebelles de François Bozize s’étaient retirés de la région avant l’arrivée des « Banyamulenge ».

Le procès de Jean-Pierre Bemba avait été suspendu le 7 décembre dernier pour les raisons judicaires. Suite à une décision des juges, de nouvelles victimes ont été admises à participer à la procédure. Aujourd’hui, elles sont 1312, représentées par deux avocats. Jean Pierre Bemba est accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour viols, meurtres et pillages commis par sa milice en Centrafrique, entre 2002 et en 2003.

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 13:34

 

 

Jean Pierre Bemba Gombo

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 11 Janvier 2011 08:44

La reprise des audiences de Jean-Pierre Bemba est prévue ce mardi 11 janvier 2011, au siège de la CPI (Cour Pénale Internationale) à la Haye au Pays Bas. Elle avait été suspendue en raison des vacances judiciaires des membres de la Cour à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Le procès redémarre avec l’interrogation du témoin numéro 87. A ce jour, trois personnes ont déjà été auditionnées lors des précédentes audiences.

La première, un homme, le témoin numéro 38, a expliqué le contexte de ce qui s’est  passé en République centrafricaine. La deuxième, une experte en traumatologie, a quant à elle expliqué les conséquences physiques, morales et psychologiques des violences sur les victimes, notamment le viol. La troisième personne, une femme, présentée dans ce procès comme l’une des victimes du viol, a raconté son martyre. Il faut noter que toutes ces personnes ont été interrogées aussi bien par la défense que par l’accusation.

Le leader du Mouvement de Libération du Congo, est accusé de crime de guerre et crime contre l’humanité en République Centrafricaine. Lesquels crimes commis par ses milices entre 2002 et 2003, sous le régime de l’ex président de Centrafrique Ange Félix Patassé actuel candidat à l’élection présidentielle.

Patassé a été chassé du pouvoir par la rébellion de François Bozizé en 2003, légitimé par le scrutin de 2005, et candidat à sa propre succession à la présidentielle du 23 janvier 2011.

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 00:10

 

 

Bokassa à Hardricourt

 

 

Source : le mardi 4 janvier 2011  Le Temps


Votre rubrique historique reprend ses droits. Alors que l’élection du Président Gbagbo devait clore le chapitre des violences contre la Côte d’Ivoire, la France est restée dans sa logique de déstabilisation permanente d’un régime qu’elle n’arrive pas à contrôler. ‘’Le Saviez-Vous’’ revient en force pour rappeler à ceux qui l’ignorent que les gouvernements français ont toujours organisé des coups d’Etat et des génocides sur le continent noir, lorsque leurs intérêts sont menacés. En voici une énième preuve. Celui qui parle ici à Christine Ockrent, journaliste française et actuelle compagne de Bernard Kouchner, n’est pas n’importe qui. Il s’agit d’Alexandre de Marenches, Directeur des services de renseignement extérieurs français (le Sdece qui est devenu ensuite la Dgse) de 1970 à 1981. Avec lui, suivez comment Jean Bédel Bokassa, en Centrafrique, a été évincé du pouvoir en 1979. Document.

Deux opérations au moins, deux opérations de grande envergure, ont été menées en Afrique sous votre impulsion, par vos Services: Kolwezi et la destitution de Bokassa.
Deux affaires positives, oui, où nous disposions de renseignements précis qui prouvaient, dans les deux cas, les visées libyennes et soviétiques, ce qui justifiait l’intervention de la France. J’aime que vous me questionniez sur ces deux opérations, mais il m’est agréable de savoir que d’autres ne sont connues de personne et je ne les mentionnerai pas...

Sans souci chronologique, parlons d’abord de la Centrafrique: il s’agit de la déposition de Bokassa en 1978 et du coup d’État orchestré par la France, c’est-à-dire par vous ?
On ne prête qu’aux riches! L’opération centrafricaine est une opération qui consistait à débarrasser ce malheureux pays de son « Empereur et à faire en sorte que les Libyens ne prennent pas position au Centre de l’Afrique. La pensée stratégique de Kadhafi était d’occuper le Tchad, puis l’Empire centrafricain situé juste en dessous. De là, il se trouvait dans un lieu stratégique, l’équivalent du plateau de Pratzen en fonction duquel Napoléon avait conçu la manœuvre de la bataille d’Austerlitz (aujourd’hui en Tchécoslovaquie). Une telle victoire eût été exploitée soit en direction du golfe de Guinée, soit vers la Corne de l’Afrique et la mer Rouge en donnant la main à l’Ethiopie communiste, complétant ainsi la mise sous influence d’une grande partie du continent africain.

C’était le maître plan de Kadhafi. La Centrafrique est l’un des pays les plus déshérités du monde. Bokassa s’y était fait «élire»! Il s’était lui-même couronné Empereur, le 4 décembre 1977, dans des conditions qui tiennent de la comédie de boulevard. La France lui prodiguait ses faveurs. C’était assez commode pour les grandes chasses. Bokassa était devenu une sorte de garde-chasse privé de la République française...

J’avais alerté depuis un moment le Président Giscard d’Estaing en le prévenant qu’il s’agissait d’une affaire qui tournait mal. Bokassa ne se conduisait pas bien. Il était devenu un grand alcoolique. On a raconté les histoires les plus invraisemblables sur lui. On a même regardé dans le réfrigérateur du palais présidentiel pour voir s’il contenait de la chair humaine, mais il n’y en avait pas.

L’histoire des diamants a été ridiculement montée en épingle, si j’ose dire. La Centrafrique avait une production de diamants industriels, comme plusieurs pays. Mais, quand on dit «diamants, le grand public pense immédiatement à la reine de Saba ou aux bijoux de la Couronne, à la Tour de Londres, à de somptueux solitaires blanc-bleu, à des brillants... Bokassa avait de petits diamants industriels qui ne valaient rien. Il les posait sur des plaquettes qu’il remettait à ses hôtes de passage. J’en parle d’autant plus facilement que je n’en ai jamais reçu. Mais j’en ai vu. J’ai rencontré des gens qui en avaient reçu.

La vérité, c’est que la chasse aux grands animaux de ce pays peut y être pratiquée dans de bonnes conditions. Pourquoi n’y aurait-il pas au sommet de l’Etat des amateurs de grandes chasses? Je ne suis pas contre l’intendance de menus plaisirs, à condition qu’elle ne se confonde pas avec la raison d’Etat. Chacun a le droit d’aller faire du sport et de se livrer aux activités qu’il choisit. Mais, à partir du moment où l’on s’associe avec des gens qui ne sont pas très dignes, on commence à courir un risque politique. Alors là, je me mêle de l’affaire et je dis : «Attention!» On a négligé cet avertissement. Nous avons appris qu’il se rendait en visite chez son ami le colonel Khadafi. J’ai indiqué que le moment était venu. Ainsi avons-nous organisé le 20 septembre 1979, une opération qui portait le nom de code: « Barracuda » en couverture mais nous l’avions appelé entre nous: « Caban ». Nous n’avons pas tiré un seul coup de feu et nous n’avons tué ou blessé personne à Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Les parachutistes français ont maintenu l’ordre et David Dacko a pris le pouvoir. C’était une opération comme on devrait l’enseigner dans les écoles de guerre spéciale. La seule différence entre nous et d’autres, c’est que nous n’avons pas fait un ou deux films à la gloire de cette opération ni trois ou quatre romans pour en vanter les mérites.

Une opération modèle est une opération où on obtient le maximum de résultats avec le minimum de casse.

Dans ce genre d’action, il y a un dossier opérationnel qui a été préparé de longue date, on sait où l’on va. On sait ce qu’il faut faire, mais il faut avoir le consentement du décideur politique. A partir du moment où on l’obtient, il faut conjuguer deux sortes de Renseignement, le Renseignement stratégique qui est un renseignement global, politique, psychologique, et il faut faire aussi ce qu’on appelle le Renseignement avant action, c’est-à-dire du renseignement de détail: qu’est-ce qui va se passer, combien de personnels faut-il.., quels rouages tente-t-on de mettre en place. On a donc cherché, et on a trouvé, un brave homme qui avait une qualité importante pour une démocratie, c’est qu’il était le seul citoyen de ce pays à avoir été élu démocratiquement.
M. David Dacko était réfugié politique en France. Il a donc fallu le joindre et lui dire: « Voulez-vous participer à une opération qui délivrerait votre pays de ce mini-tyran alcoolique, Bokassa, et voulez-vous chercher à amener un peu de démocratie dans votre pays? » Ensuite, il a fallu le persuader de courir un risque physique parce que ce n’était pas un homme tout jeune. Il avait des problèmes de santé. Troisièmement, il a fallu lui dire: « Si on fait quelque chose de ce genre, il faut que vous fassiez une déclaration en arrivant. Nous ne sommes pas des colonialistes en train de récupérer une colonie, mais des gens qui ne veulent pas que l’affaire tourne mal et Qu’éventuellement les Libyens arrivent au centre de l’Afrique.
Notre interlocuteur pose la question qu’on se pose en général dans ces cas-là: « A l’arrivée, de quoi va être composé le comité de réception ? On essaie de le rassurer. Finalement on se met d’accord, il prépare son discours. Enfin, on l’aide un peu à le préparer parce qu’il est très désemparé intellectuellement. On insiste surtout sur le fait que, nous, nous ne voulons rien finalement. En plus, c’est vrai.

Concrètement, vous affectez combien d’hommes à une opération de ce genre ?

Ce sont des opérations chirurgicales où le scalpel est l’instrument principal. Il s’agit donc d’opérations de précision qui ne demandent pas un grand nombre d’hommes: entre cent et cent cinquante personnes environ. Ils sont embarqués sur deux avions du Service.

Une des principales difficultés dans ce genre d’opérations est de penser à l’impensable. Il faut essayer de deviner quels vont être les pannes ou les coups durs qui peuvent survenir.
On décide qu’un certain nombre de gens vont partir et atterrir sur l’aéroport de Bangui. Nos spécialistes connaissent bien la région. Nous avons tous les détails sur le fonctionnement de l’aéroport de Bangui: à quelle heure il ouvre, à quelle heure il ferme, où sont les lumières, qui est dans la tour de contrôle, etc.

Il y a pour protéger le terrain deux autos-mitrailleuses et une compagnie de gardes dont on connaît la tribu. Nous comptons même parmi nos cadres des gens qui parlent la langue. Nous savons d’autre part — ce qui est capital — que les gardes n’ont pas été réglés depuis plusieurs mois. C’est important parce que dans ces pays-là on est très mal payé. On survit à peine. Souvent, les forces locales commettent des exactions un peu comme chez nous le pratiquaient les grandes compagnies du Moyen Age. Il faut bien vivre et, pour vivre, on rançonne souvent la population locale.

Quelqu’un a eu l’idée excellente de dire à la Centrale:

«Attention, la monnaie locale centrafricaine ne vaut rien à cause d’une inflation galopante. Personne n’en veut. Si on apporte des fonds pour payer les cadres et les hommes de la compagnie de gardes, il ne faut pas de l’argent centrafricain.

Nous nous sommes donc munis de francs C.F.A. et de devises des autres pays africains. Le soir de l’opération, on a fait un «atterrissage d’assaut», c’est-à-dire que les avions se sont posés très fort et assez dur sur le terrain de Bangui. La veille, on avait envoyé deux personnes choisies parmi nos aviateurs qui, avec des lampes de poche et sur la piste, ont permis aux avions lourds d’atterrir.

Nous étions probablement les seuls à l’époque, peut-être avec Israel, à disposer de ce genre d’équipe complète, avec des gens de formation et de compétences différentes. Il faut avoir des gens qui se connaissent et qui travaillent ensemble à longueur d’année. Pourquoi? Parce que, si l’on débarque avec un avion lourd à des milliers de kilomètres sur un terrain étranger, ou l’on ignore ce qui va se passer au sol, avoir une aide électronique et les derniers perfectionnements à l’atterrissage, c’est bien; mais, lorsque deux hommes au sol, les camarades des pilotes, qui vivent avec eux, qui se retrouvent au même mess a longueur d’année, s’exercent avec eux, il intervient alors une électronique humaine, qui opère et qui s’appelle la confiance. Elle vaut toutes les techniques du monde.

Cela n’empêche pas les pépins de dernière minute. Voilà qu’on apprend que l’aérodrome allait être de nouveau ouvert pour un avion égyptien qui avait eu des problèmes et qui devait se poser en retard. Patatras! Tout notre plan était à remanier. Cet avion égyptien se trouvait encore dans un pays africain plus au sud. Par une série de hasards et d’adresse et de chance, nous avons réussi en quelques heures à le faire mettre en panne...

J’étais dans mon centre opérationnel, au sous-sol, à Paris, avec toutes les cartes et l’état-major. Nous disposions d’excellents moyens de communication.

Contrairement à certaines opérations menées par des étrangers, j’avais dit à l’officier qui commandait l’opération et qui se trouvait dans le premier avion avec le chef du Service Action, le colonel de M., brillant officier, et qui joua un grand rôle dans la préparation et l’exécution de cette opération impeccable:

« Je n’interviendrai jamais, parce que c’est vous le patron de l’opération. Si vous, vous avez des questions à poser, vous m’interrogez, mais nous, nous n’allons pas vous troubler.» Il a pris ses responsabilités avec beaucoup de compétence.

Nos avions débarquent finalement, guidés par...... les deux hommes au sol.

Ils se posent. Comme l’avion égyptien a manqué son rendez-vous, l’aéroport de Bangui est fermé. Le personnel de l’aéroport est rentré en ville dans ses foyers. Les hommes sont en tenue de combat. Le président de rechange et sa voiture se trouvent dans le deuxième avion.
Les hommes se précipitent vers le bâtiment où se trouvait la compagnie de gardes, par les portes et par les fenêtres, mitraillette en main. Aussitôt, l’officier qui parle la langue tribale tient le discours suivant: « Nous ne sommes pas ici pour reconquérir quoi que ce soit, mais pour permettre à votre pays de se débarrasser d’un tyran et y ramener, si possible, la démocratie. » Je résume. Ensuite, très habilement, le commandant de l’opération fait dire aussi dans la langue tribale:

«Nous savons que vous n’avez pas été payés depuis trois mois. Veuillez constituer une file le long du mur».

Un trésorier-payeur qui s’installe avec une chaise et une table sort d’une cantine les sesterces qui conviennent. Très habilement aussi, on dit aux officiers: «Messieurs les officiers, vous pouvez rester armés. Nous avons confiance en vous, vous savez ce que vous avez a faire», et à la troupe: «Veuillez poser vos armes à tel endroit.» Pas un coup de fusil n’a été tiré. Les cadres de la compagnie de gardes s’offrent à nous emmener en ville pour nous servir de guides. Nous avons occupé quelques points stratégiques, mais dans une petite ville qui est une capitale, les points stratégiques sont assez facilement repérables. C’est le palais du chef de l’Etat, les centraux téléphoniques, la télévision, une caserne ou deux. Dans cette opération exemplaire, il n’y a pas eu un coup de feu de tiré de part et d’autre, pas de mort, pas de blessé. Là-dessus, le bon président Dacko a fait le lendemain sa proclamation et les affaires sont redevenues normales. Nos gens sont repartis au lever du jour, remplacés par des troupes françaises en uniforme et tout à fait officielles, venues du Tchad.

L’ambassade de France était au courant ?

Personne n’était au courant. Au milieu de la nuit, une agence de presse, qui n’a existé que quelques heures, a diffusé une dépêche selon laquelle il se passait des choses bizarres en Centrafrique. Le Quai d’Orsay a téléphoné à l’ambassadeur à Bangui qui, réveillé, a tendu l’oreille aux multiples bruits de la jungle. Il a dit qu’il n’entendait rien de spécial. Tout se passait bien.

Autrement dit, c’est une information issue de vos propres Services qui l’a alerté sur ce qui se passait à Bangui?

Qui a fait une opération d’accompagnement par une certaine désinformation.

Le Quai d’Orsay a dû être ravi d’être ainsi «informé» de votre opération ?

Je n’ai pas pris le pouls du Quai d’Orsay au cours des jours qui ont suivi. Si l’on veut réussir ce genre d’opérations, il ne faut mettre que le minimum de gens au courant. C’est pourquoi j’ai beaucoup insisté à l’époque et je conseille encore à tous les services de disposer d’unités intégrées air/terre/mer. Sinon, si vous êtes obligé de demander des avions aux différents états-majors, vous aurez des centaines de gens informés, et votre opération ratera, bien entendu.
Lorsque nos amis américains ont fait, en avril 1980, la fameuse opération dans le désert d’Iran, à Tabas, nous avons parlé avec ceux qui ont exécuté cette opération et qui étaient des gens de grande qualité. Le colonel Beckwith qui menait le commando destiné à libérer les otages américains recevait des ordres d’une douzaine de personnes en même temps. C’est insupportable! On a vu le résultat.


In Dans le secret des Princes

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 02:50

 

 

Gbagbo et ADO

 

Par Pierre Sané Ancien Secrétaire Général d'Amnesty lnternational et ancien Sous-Directeur Général de I'UNESCO

 

Ce devait être des élections qui allaient permettre de mettre fin à la crise, de tourner enfin la page du legs de Félix Houphouèt-Boigny et d'engager la Côte d'Ivoire sur le chemin de la paix et du développement.

Cela aura été en tous les cas les élections africaines les plus longuement et méticuleusement préparées qui ont impliqué depuis les Accords de Marcoussis en janvier 2003 (1) un nombre impressionnant d'acteurs : le pouvoir, la rébellion armée, les partis politiques ivoiriens, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union africaine, la France, l'Union européenne, la Francophonie, les Nations Unies sans oublier les médiateurs successifs (le Togolais Gnassingbé Eyadema, le Sud-africain Thabo Mbeki et le Burkinabè Blaise Compaoré...). Du jamais vu en Afrique !

Le processus électoral avait fait l'objet d'un consensus laborieux entre toutes les parties prenantes même si à chaque étape il y avait eu des dérapages. Des audiences foraines au recensement de la population, de la constitution du fichier électoral à la délivrance de cartes d'identité nationale, de la constitution puis reconstitution de la Commission électorale indépendante à la distribution des cartes d'électeurs, l'ensemble du processus élaboré et mis en oeuvre par le pouvoir, l'opposition et les rebelles sous la supervision sourcilleuse de la communauté internationale était censé délivrer un résultat incontesté. Un code de bonne conduite avait même été élaboré par les partis politiques au-delà de la loi électorale et de la Constitution pour s'assurer du respect des règles par tous les acteurs de la compétition électorale... Cerise sur le gâteau, il était fait appel aux Nations Unies pour certifier l'ensemble du processus... Du jamais vu en Afrique I

Ainsi après le premier tour tous s'accordaient pour valider la sincérité du scrutin et les deux candidats s'engageaient à respecter le verdict des urnes au second tour. Mais voilà qu'à l'arrivée on se retrouve avec deux vainqueurs. Un échec et une impasse qui risquent de plonger le pays dans une guerre civile plus dévastatrice encore que celle qu'il a connue de 2002 à 2005. Et au bout du compte, quel que soit le vainqueur, ce dernier risque de gouverner pendant longtemps contre une moitié du pays. Que s'est-il passé ? Pourquoi en est-on arrivé là et comment en sortir ? Au-delà des jugements à l'emporte-pièce, des prises de position partiales, instructions péremptoires et menaces, il est important de dégager un post mortem objectif afin de servir de leçon pour la Côte d'Ivoire et pour l'Afrique.

Observateur impartial et objectif de la scène politique ivoirienne et conscient que même si on se réclame du panafricanisme, on ne saurait s'adjuger le droit de donner des instructions aux dirigeants ivoiriens surtout dans une Afrique où les conflits internes sont complexes et où la manipulation des processus électoraux est plus la règle qu'autre chose. De ce qui devait être des élections «parfaites» jusqu'au blocage actuel j'ai identifié quatre anomalies/erreurs qui ont à mon avis entrainé des dysfonctionnements menant à l'échec programmé du processus. Cet échec est bien sûr à mettre au passif de tous les acteurs impliqués qu'ils soient nationaux ou internationaux.

La première anomalie a trait au non-respect des accords signés qui prévoyaient notamment un cadre et un échéancier pour l'organisation et la tenue pacifiques des élections présidentielles. Ces modalités ont été stipulées dans le 4' Accord complémentaire à l'Accord politique de Ouagadougou (2) qui dresse un canevas pour les opérations de démobilisation, de désarmement et de stockage des armes, précise les conditions de restauration de l'appareil d'Etat et de son administration dans le pays tout en prévoyant la sortie de la crise.

Ainsi l'Accord complémentaire, dans son article 3, stipule «[...] afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du CCI le centre de commandement intégré] et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle. »

L'Accord complémentaire prévoit également le regroupement et le cantonnement des forces rebelles, le démantèlement des milices, le paiement de primes de démobilisation le tout « devant être achevé au plus tard deux mois avant les élections présidentielles. » En outre l'article 8 du même Accord complémentaire reconnaît « que la non réunification du pays et les lenteurs accusées dans la normalisation institutionnelle et politique constituent de sérieux obstacles à l'organisation d'élections justes, transparentes et démocratiques. »

Il apparaît que les clauses ci-dessus, absolument essentielles à la tenue d'élections ouvertes, n'ont pas été respectées, les rebelles refusant de désarmer et rendant aléatoire le redéploiement de l'administration et la récupération par l'Etat de ses recettes fiscales et douanières. Or l'expérience récente (Irak, Afghanistan) a montré qu'il était illusoire de prétendre tenir des élections libres et transparentes dans des zones contrôlées par des rebelles en armes.

Pourquoi la communauté internationale n'a-t-elle pas exigé des rebelles qu'ils se conforment à l'Accord politique de Ouagadougou et ses quatre Accords complémentaires qu'ils ont eux-mêmes signés ?

Pourquoi le Conseil de sécurité des Nations Unies n'a-t-il pas donné instruction aux rebelles de désarmer tel que prévu dans l'Accord de Ouagadougou que le Conseil a entériné ? Pourquoi le Facilitateur parrain du processus de Ouagadougou Blaise Compaoré n'a-t-il pas exercé les pressions nécessaires pour faire respecter cette clause essentielle ? Et enfin pourquoi les rebelles et leur chef politique, le Premier Ministre Guillaume Soro, ont-ils refusé de désarmer alors qu'ils étaient signataires de l'Accord ?

Ce manquement primordial au processus électoral élaboré laborieusement ouvrait fatalement la possibilité de violences et d'intimidations dans des zones contrôlées de fait par des groupes d'opposition armés dans le Centre, dans le Nord et dans l'Ouest du pays. Le fait que ces violences aient pu entacher la régularité du scrutin a été apprécié différemment par le Conseil constitutionnel et par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire créant ainsi une nouvelle crise.

La deuxième anomalie à mon avis tient à la composition et au mode de fonctionnement de la Commission électorale indépendante (CEI). Prêtant serment au palais présidentiel le 25 février 2010 devant le Conseil Constitutionnel et en présence du représentant du Facilitateur et du représentant des Nations Unies, ses membres s'étaient « engagés à remplir leur mission dans le respect de la Constitution et en toute impartialité ».

Or cette Commission est composée de 31 membres dont 11 représentant les corps constitués et 20 venant des partis politiques et groupes rebelles. Fait probablement unique en Afrique sur les 20  représentants des partis politiques et groupes rebelles dans la Commission, l'opposition compte 18 représentants et le parti au pouvoir 2 ! A supposer même que les représentants des corps constitués (11) soient tous proches du pouvoir, cela ne ferait jamais que 13 en face de 18. En quelque sorte la Commission « indépendante » est bel et bien contrôlée par l'opposition ! D'ailleurs son Président est un membre éminent de la coalition de l'opposition et ancien ministre PDCI dans le gouvernement Gbagbo.

Fait curieux, tous ces membres ont été nommés par décret présidentiel ! Et parmi les 18 membres de l'opposition, on en retrouve 6 qui représentent 3 groupes rebelles (MPCI, MPIGO et MJP) ayant depuis longtemps fusionné dans les Forces nouvelles, et 8 issus de 4 partis politiques d'opposition (PIT, UDPCI, MFA et UDCY) dont le score combiné au 1er' tour de la présidentielle s'est élevé à 3,5 % des voix exprimées, les 4 autres représentant le RDR et le PDC|...Du jamais vu en Afrique... ou ailleurs !

Et pourtant la loi électorale promulguée en 2001 ne prévoyait que « deux représentants de chaque parti ou groupement politique ayant au moins un Député à l'Assemblée Nationale ou ayant remporté au moins une élection municipale » (3).

C'est qu'entre-temps il y a eu une tentative de coup d'Etat, une rébellion armée, l'envoi par la France et les Nations Unies de forces d'interposition et le début du ballet politico diplomatique menant de Marcoussis à Ouagadougou en passant par Accra et Pretoria. C'est à Marcoussis qu'une telle composition de la Commission a été concoctée au mépris de la Constitution ivoirienne adoptée deux ans plus tôt par une large majorité des Ivoiriens et au mépris des règles d'équité les plus élémentaires.

 En plus de cette composition pour le moins insolite (et sans doute pour en atténuer un peu les conséquences) on y ajoute une modalité de prise de décision qui va nécessairement mener au blocage : le consensus. Ce blocage a découlé du différend concernant le sort à réserver aux résultats de plusieurs départements dans le Nord du pays, de l'opportunité de prononcer des résultats provisoires compte tenu du manque de consensus et du dessaisissement de la Commission électorale par le Conseil constitutionnel. C’est suite à ce dessaisissement que le Président de la CEI, membre de l'opposition, a procédé dans la précipitation et la plus grande confusion à une déclaration de résultats provisoires non consolidés et encore moins validés par l'ensemble des commissaires centraux de la CEI et, fait inédit, depuis le QG de campagne du candidat de l'opposition, en d'autres termes de son candidat I

 Auparavant une image avait fait le tour du monde, celle de papiers arrachés et déchirés des mains du porte-parole de la CEI, membre de l'opposition. L'auteur de cet acte, commissaire central de la CEI et représentant le ministre de l'Intérieur, a déclaré à la presse pour justifier son acte : « Le mode opératoire que nous avons adopté de façon consensuelle est qu'avant que les résultats ne soient rendus publics, ils ont besoin d'être consolidés en Commission centrale. Ce dont il s'agit, c'est que M. Bamba Yacouba a agi en violation flagrante du mode opératoire unanimement admis par la CEI. »

Il est donc avéré que la Commission électorale n'a pas respecté son serment d'impartialité et de respect de la Constitution. Mais pouvait-il en être autrement au vu de sa composition, de son mode opératoire et des enjeux ? Peut-on être à la fois juge et partie ? Pourquoi devrait-on estimer que les résultats collectés et promulgués par le seul Président de la Commission (la Commission n'ayant pas statué à ce jour) reflètent fidèlement le souhait de la majorité des électeurs ? Et surtout pourquoi avoir imposé une telle composition de la Commission électorale ?

En tout état de cause l'ordonnance de 2008 portant ajustement au code électoral pour les élections de sortie de crise indique que la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du conseil constitutionnel, la proclamation des résultats provisoires par la CEI ne constituant qu’une étape dans le processus électoral' Et c'est là que survient à mon avis la troisième erreur. Elle est due à la précipitation du conseil constitutionnel. Il ne s'agit pas ici de remettre en cause sa légitimité ou la légalité de son action' comme partout ailleurs sa composition et ses attributions sont fixées par la constitution. Et comme partout ailleurs son Président est nommé par le chef de l'exécutif. L’argument selon lequel son Président serait un proche du Président de la République n'est donc pas recevable. C’est la même chose partout comme partout ailleurs le conseil constitutionnel de côte d'Ivoire est juge de la constitutionnalité des lois. Il « contrôle la régularité des opérations de référendum et de l'élection des représentants du peuple » (4)' Il « statue sur l'éligibilité des candidats aux élections présidentielle et législative, les contestations relatives à l'élection du Président de la République et des députés. Le conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs des élections présidentielles » (5). C’est fort de ce mandat que le conseil constitutionnel a procédé à l'annulation du scrutin dans 7 départements (sur les 8 contestés) sur la base de l'examen des 5 requêtes introduites par le candidat Laurent Gbagbo au sujet d'irrégularités ayant trait « à l'absence de ses représentants et délégués dans les bureaux de vote ; au bourrage d'urnes ; au transport des procès-verbaux par des personnes non autorisées; à l’empêchement de vote des électeurs ; à l’absence d’isoloirs; et à la majoration des suffrages exprimés » sur la base des éléments de preuve soumis en appui des requêtes, le conseil constitutionnel a procédé à l'annulation du scrutin des départements incriminés et procédé au redressement des résultats aboutissant à la proclamation de Laurent Gbagbo comme vainqueur.

Toutefois, puisque comme partout ailleurs la décision du conseil constitutionnel est finale et sans recours et compte tenu des circonstances exceptionnelles pourquoi le conseil n’a-t-il pas pris le temps d’enquêter plus à fond sur les requêtes déposées par le candidat Laurent Gbagbo et peut-être même solliciter du candidat Alassane Ouattara un dépôt de requêtes quitte à faire une exception sur le non-respect des délais ? De même pourquoi n'a-t-il pas ordonné la reprise des élections dans les départements incriminés en sollicitant par le biais du Gouvernement les forces armées et les forces des Nations unies pour assurer la sécurité dans les bureaux de vote de ces 7 départements? Ou tout simplement procédé à l’annulation et la reprise du scrutin après 45 jours comme prévu dans l’ordonnance ?

Toujours est-il que cela demeure une décision de la justice suprême du pays qu’il ne nous appartient pas ici de remettre en cause tout comme cela s'est passé dans nombre d’autres élections africaines et même ailleurs (par exemple lors du face-à-face George W. Bush-Al Gore aux Etats-Unis). Je peux comprendre que la rapidité choisie avait pour but de contrer l'action du président de la commission électorale mais cela a inévitablement créé une suspicion de partialité.

La dernière précipitation et anomalie ont été bien sûr la certification des résultats par le Représentant des Nations unies' Lors d'une conférence de presse tenue à Abidjan le 12 novembre 2010, le Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la côte d'Ivoire, Choi Voung-Jin, avait certifié les résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle tenue le 31 octobre 201Q six jours après leur proclamation par le conseil constitutionnel s'appuyant sur les cinq critères cadres de la certification (paix, inclusivité, accès aux médias d'Etat, liste électorale définitive et résultats), le chef de l'ONUCI avait estimé que le premier tour de l'élection présidentielle avait eu lieu dans « un environnement globalement pacifique et sécurisé, malgré des incidents isolés, notamment des actes d'intimidation et d'obstruction à la liberté de mouvement dans certaines régions. »

Pour la première fois de son histoire I'ONU se voyait conférer un tel rôle. A la suite des Accords de Pretoria de 2005(6), le Conseil de sécurité dans sa résolution n"1765 (7) avait confié au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies le mandat de certification exercé à titre exclusif et personnel. La résolution précise que « le Certificateur doit sauvegarder les résultats légitimes avec engagement, honneur et détermination. Il veillera à ce que les résultats soient respectés ; que le vainqueur soit celui qui a gagné les élections ; que les résultats ne fassent l'objet ni de contestations non démocratiques, ni de compromissions. »

Reposant sur le respect des critères cadres ci-dessus la certification confiée au Représentant spécial du Secrétaire général comprend donc les différentes étapes du processus électoral, la sauvegarde des «résultats légitimes» et la prévention de «contestations non démocratiques ». La question essentielle à laquelle il convient donc de répondre est bien celle de la signification du terme « résultats légitimes ».

S'agit-il des résultats provisoires ? Ou des résultats définitifs ? Des résultats proclamés par la Commission électorale indépendante ou de ceux proclamés par le Conseil constitutionnel ?

Est légitime ce qui est conforme à la loi, Et dans ce cas d'espèce la légitimité des résultats découle comme dans toute démocratie de l'organe qui confère la légitimation à savoir le Conseil constitutionnel. Pourquoi le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies n'a-t-il pas travaillé sur les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et décidé ou non de les certifier comme cela a été le cas lors du premier tour. En cas de désaccord persistant, pourquoi n'aurait-il pas procédé à la vérification détaillée des critères d'annulation mis en avant par le Conseil constitutionnel et évalué leur force de justification et même demandé, compte tenu des circonstances exceptionnelles, que Alassane Ouattara puisse soumettre des « contestations démocratiques » et ensuite transmettre un rapport au Conseil de sécurité ?

Il n'y a pas d'élections « parfaites », ni en Afrique ni ailleurs. Et personne ne peut en outre prétendre aujourd'hui savoir pour sûr qui a gagné les élections présidentielles et surtout si les requêtes déposées étaient valables ou non. Voilà pourquoi un organe judiciaire est celui à qui la loi confère l'autorité en dernier ressort de trancher et de décider du résultat final du scrutin. En Afrique, il y a eu au cours de ces dix dernières années maintes contestations de résultats d'élections. Seules les décisions prises par les organes judiciaires suprêmes ont conféré la victoire à l'un des candidats. Cela aurait donc dû être le cas également en Côte d'Ivoire, à moins de récuser la légitimité de son Conseil constitutionnel ce qui serait contraire à l'ensemble des résolutions du Conseil de sécurité sur la Côte d'Ivoire qui commencent toutes par : « Réaffirmant son ferme attachement au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'unité de la Côte d'Ivoire, et rappelant l'importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale ». La supervision exercée par les Nations Unies ne suspend en aucune manière la Constitution ivoirienne.

La précipitation du Certificateur à déclarer un vainqueur a certainement contribué à l'impasse actuelle contrairement à ce qui s'est passé en Guinée où les différents organes ont pris le temps nécessaire ce qui a permis d'apaiser les tensions.

Tous ces dysfonctionnements ont précipité la Côte d'Ivoire au bord de la guerre civile et l'urgence aujourd'hui est d'abord de la prévenir.

Comment en sortir ?

Depuis l'arrivée au pouvoir du FPI en 2000 force est de constater que ce parti n'a jamais pu gouverner sereinement la Côte d'Ivoire. Victime d'un coup d'Etat avorté suivi d'une rébellion armée qui a abouti à une partition de fait depuis 2002, le régime s'est vu imposer par la communauté internationale un partage du pouvoir qui a amené ses opposants et même les rebelles à exercer une partie du pouvoir y compris le contrôle de la Commission électorale et donc du processus électoral.

Au lieu de sanctionner les rebelles et leurs soutiens on leur a offert des strapontins ministériels en imposant des Premiers ministres successifs jusqu'à installer le chef des rebelles au poste de Premier ministre (censé être neutre pendant les élections présidentielles à venir). Ce qu'ils n'ont pas réussi à obtenir par les armes la communauté internationale le leur a offert sur un plateau d'argent sans pour autant obtenir en contrepartie le désarmement et la réunification du pays !

Il est donc compréhensible que la moitié du pays qui a soutenu le Président Laurent Gbagbo ait une légitime attitude de ras-le-bol et de défiance vis-à-vis de cette même communauté internationale qui s'est empressée de reconnaître des résultats provisoires faisant fi du processus démocratique et des règles constitutionnelles du pays. Par ailleurs l'autre moitié du pays estime que seule l'implication de la communauté internationale est en mesure de protéger l'intégrité du scrutin. Ce faisant, les instructions et injonctions ne feront que cristalliser la déchirure qui continue à frapper le pays. Quand à une intervention armée, quel que soit le prétexte utilisé, elle aurait des conséquences incalculables pour toute la région. Et même si in fine Alassane Ouattara ou Laurent Gbagbo venaient à exercer le pouvoir, ils le feraient contre la moitié du pays et sur un pays dévasté.

Ce qui s'impose donc c'est manifestement le dialogue politique, mais cette fois-ci un dialogue politique direct sans intermédiaires ni accompagnateurs. Qu'on laisse enfin les Ivoiriens régler leurs problèmes !

Aujourd'hui il leur appartient à eux seuls de décider des voies de sortie de crise et surtout de la gestion future des ressources du pays et notamment des réserves substantielles de pétrole qui alimentent bien des convoitises comme partout ailleurs en Afrique.(8)

En attendant l'issue de la crise une attention particulière doit être impérativement accordée à la prévention de la violence des deux côtés et à s'assurer que toute allégation de violation de droits humains fasse l'objet d'enquêtes judiciaires nationales impartiales et de sanctions rapides et appropriées. En effet il serait naïf de penser dans une situation pareille que les violences signalées ne viennent que d'un camp.

Il n'y a pas en l'espèce d'un côté les « bons » et de l'autre les « méchants ». Il y a une lutte pour le pouvoir en Afrique aujourd'hui qui, au-delà des clivages nationaux ethniques et religieux apparents, oppose surtout deux projets de société qui pour faire simple voient s'affronter des dirigeants tenants d’un libéralisme mondialisé à d'autres qui adhèrent à un panafricanisme souverain et socialisant.

 

Au moment où l'on commémore les 50 ans d'indépendance, tous les Africains doivent garder les yeux ouverts sur les véritables enjeux de ce qui se passe actuellement en Côte d'Ivoire. La naïveté, passé 50 ans, est impardonnable !

 

Notes

(1) Accord de Marcoussis (France) de 2003.

(2) Accord de Ouagadougou (Burkina Faso) de 2007.

(3) Article 5 de la loi n" 2001-634 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la Commission électorale indépendante.

(4) Article 32 de la Constitution de la République de Côte d'Ivoire.

(5) Article 94 de la Constitution de la République de Côte d'lvoire.

(6) Accords de Pretoria (Afrique du Sud) de 2005.

l7l Résolution n" 1765 adoptée par le Conseil de sécurité te 16 juillet 2007.

(8) « C'est une zone prometteuse dont les objectifs géologiques s'apparentent aux découvertes importantes réalisées sur les permis voisins au Ghana », confie Marc Blaizot, directeur géosciences de la branche exploration et production de Total. Dans l'état actuel des connaissances, les réserves pourraient atteindre jusqu'à 1,5 milliard de barils. » in Jeune Afrique.com, 23 octobre 2010.

  

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 11:45

 

 

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La plainte de la famille de Charles Massi, l'ancien ministre centrafricain devenu opposant, a été jugée recevable à Paris et transmise au parquet de Versailles.

La plainte contre X déposée en août en France par les avocats François Gibault et Jean-Charles Tchikaya, afin de faire la lumière sur la disparition, il y a tout juste un an, de l'opposant centrafricain Charles Massi, a été jugée recevable suite aux premières investigations de la police judiciaire française. Le parquet de Paris a transmis le dossier, le 23 novembre, au procureur de la République de Versailles, déclaré compétent territorialement. Les autorités judiciaires françaises sont donc habilitées à instruire cette plainte pour "torture, traitements inhumains et meurtre".

Dans le cadre de ce dossier, des proches du président François Bozizé, voire le chef de l'Etat lui-même, pourraient être entendus.

Ancien ministre ayant rejoint les rangs de l'opposition, Charles Massi a disparu en décembre 2009 après avoir été arrêté au Tchad, puis remis au régime en place à Bangui. Il serait décédé dans la prison de Bossembélé des suites des traitements infligés par des membres de la Garde présidentielle (GP) centrafricaine. Pour appuyer leur démarche, les deux avocats, qui conseillent la famille Massi représentée par le beau-fils de l'opposant disparu, Eric Neris-Massi, se fondent sur des éléments de preuves "accablants" émanant d'autorités ministérielles centrafricaines et de militaires proches de Francis Bozizé, fils du chef de l'Etat et actuel ministre délégué à la présidence chargé de la défense. A suivre…


Source : La Lettre du Continent n°601, du 9 décembre 2010.

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 02:46

 

 

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Décision du 7 décembre 2010 du CIRDI dans l’affaire Etat centrafricain contre RSM

Le 7 décembre 2010, le centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), organisme d’arbitrage, sis à Paris, a rendu une décision dans le litige opposant la RSM PRODUCTION à l’Etat centrafricain. A la suite de cette décision, les deux parties ont crié victoire. Qu’en est-il ?

Il faut de prime abord rappeler que c’est la société qui avait saisi le CIRDI et non l’Etat centrafricain. La société demandant au CIRDI de déclarer valable le contrat d’exploitation pétrolière qu’elle avait signé sous le régime Patassé, de constater que le régime Bozizé l’a empêché de poursuivre l’exécution du contrat, et de condamner en conséquence l’Etat centrafricain à rembourser ses investissements ainsi qu’à lui payer des dommages intérêts.

Ce contrat avait été signé le 17 novembre 1999 et était entré en vigueur le 24 novembre 2000.

L’Etat centrafricain avait répliqué en demandant au CIRDI de dire que le contrat est nul et de nul effet pour les motifs suivants :

-          Rédaction du contrat en un seul exemplaire et en une seule langue, l’anglais.

-          Violation de la Constitution du 14 janvier 1995 alors en vigueur,

-          Violation de l’accord du 11 août 1960 signé entre la France, le Tchad, la RCA et le Congo notamment en son Annexe III, aux termes duquel, en ce qui concerne les matières premières stratégiques (hydrocarbures, liquides ou gazeux, uranium, thorium, lithium, béryllium) la RCA, le Tchad, le Congo « tiennent la République française informée des mesures générales ou particulières qu’elles se proposent de prendre en ce qui concerne la recherche, l’exploitation et le commerce extérieur des matières premières stratégiques ». Or la France n’avait pas été saisie du projet du contrat selon l’Etat centrafricain.

-          Violation du code pétrolier

A titre subsidiaire, au cas où le CIRDI déclarerait le contrat régulier, la RCA lui demandait de constater que ledit contrat était arrivé à expiration et n’avait pas été renouvelé.

            A titre surabondant, au cas où le CIRDI ne déclarerait pas que le contrat est venu à expiration, la RCA lui demandait de constater que la société n’avait pas rempli ses obligations et qu’en conséquence la RCA ne lui devait rien : ni remboursement d’investissements, ni encore moins dommages intérêts.

La RCA demandait en ce cas au CIRDI de condamner la société à lui rembourser ses dépenses, notamment d’Avocats, provisoirement évaluées à la somme de 2.750.000 euros (un milliard huit cent quarante millions de francs CFA) ainsi que des dommages-intérêts d’un montant de 400.850.000 euros, soit 262.957.600.000 F CFA (deux cents soixante deux milliards neuf cent cinquante sept millions six cent mille francs CFA).

Le CIRDI a rejeté tous ces arguments et a validé le contrat.

S’agissant de la rédaction du contrat en une seule langue (l’anglais) et en un seul exemplaire, « le Tribunal rappelle que, selon l’article 4 du décret fixant les conditions d’application du code pétrolier, les demandes prévues au décret « doivent être établies en langue française ou, le cas échéant, comporter une traduction dans cette langue ». « Il considère que le Décret du 24 novembre 2000 n’a pu être pris que sur la base de documents préalablement traduits en français, dans le respect par les Autorités centrafricaines de leur propre réglementation. Il relève également que le représentant du Ministère de l’Energie  de la RCA qui présidait la réunion tenue à Bangui en février 2004 a affirmé que le contrat avait été cosigné dans deux langues en anglais et en français. »

« En conséquence, le Tribunal considère mal fondée la demande de nullité du contrat qui résulterait du fait que celui-ci n’aurait été rédigé qu’en langue anglaise ».

S’agissant de la violation de l’Accord signé entre la France et le Tchad, c’est à peine si le Tribunal ne s’est pas étonné que la RCA s’en prévale. Il a en tout cas rejeté cet argument.

Après s’être déclaré compétent et rejeté toutes les exceptions soulevées par la RCA, le CIRDI a statué sur le fond. Il a dit et jugé que l’exécution du contrat avait été suspendue par un cas de force majeure résultant des événements politico-militaires qui ont secoué la RCA. Il a précisé que la société avait saisi la RCA de ce cas de force majeure par lettres des 22 avril 2003 et 12 novembre 2003 et que par un procès-verbal du 27 février 2004, la RCA avait reconnu l’existence de la force majeure.

Le CIRDI a jugé que le contrat était suspendu pendant la période de force majeure et a relevé que pendant cette période, la société a, par lettre du 25 février 2004, demandé le renouvellement du contrat et a continué à remplir ses obligations financières, notamment celles concernant les redevances et les frais de formation, mais n’a pas demandé le renouvellement du permis.

« En conséquence, le Tribunal arbitral, (le CIRDI) a constaté que le contrat et le permis sont expirés depuis le 23 novembre 2004 et que le contrat a été suspendu depuis le 22 avril 2003, date de la notification de la force majeure, à sa date d’extinction, le 23 novembre 2004.

Toutefois le Tribunal a considéré que « la RCA n’a pas pu, ni dans ses mémoires ni dans les pièces produites faire état d’aucune initiative qu’elle aurait prise entre le 22 avril 2003 et le 23 novembre 2004 dans le cadre de l’article 28. 2 dans le but de prendre des dispositions utiles ou nécessaires à la reprise de l’activité objet du contrat après la cessation de la force majeure. »

« Le tribunal considère dès lors que la RCA s’est rendue coupable d’une inexécution contractuelle pendant la période de suspension du contrat, dont elle doit réparation à RSM… »

Par contre, s’agissant de la demande reconventionnelle de la RCA en remboursement de frais et en paiement de dommages-intérêts, « Le Tribunal n’a pu relever aucune faute à la charge de RSM, ni aucun préjudice qu’elle aurait causé à la RCA. Il note par ailleurs que la RCA n’a pas rapporté la preuve d’un tel préjudice pas plus que les éléments qui ont conduit à le chiffrer à 400.850.000 euros, d’une part, et 2.750.000 euros, d’autre part ».

Le CIRDI a fixé un délai à la société pour justifier et chiffrer sa demande de réparations, et à réservé sa décision sur les frais et dépens.

Quelle somme demandera la société et au paiement de quelle somme la RCA sera condamnée ? cette somme s’ajoutera à celle de 5.658.159 dollars (2.829.079.500 F CFA ) au paiement de laquelle ont été condamnés les sieurs François Bozizé, Sylvain Ndoutinga, Elie Doté et Emmanuel Touaboy par jugement par défaut du 20 août 2009 du Tribunal du District de Columbia aux Etats-Unis.

Le CIRDI a déclaré le Permis expiré uniquement parce que la société a omis d’en demander le renouvellement. La RCA a pu donc soutenir qu’elle a gagné le procès, quoique ce soit en quelque sorte « à l’insu de son plein gré » : elle devrait cependant attendre de connaître le montant des remboursements et des dommages-intérêts qui seront mis à sa charge avant de crier victoire.

Il est en effet à craindre que les montants soient si élevés qu’ils absorbent ou dépassent tout ce qui sera payé par le prochain repreneur.

Quant au procès pénal qui vient de débuter à Bangui sur citation directe de l’Etat centrafricain et de messieurs François Bozizé et Sylvain Ndoutingaï contre le sieur Jack Grynberg, Directeur de la société, il ne concerne en aucun cas la valididté du Permis de la société. C’est un procès en diffamation ; les trois plaignats reprochent au Directeur de les avoir diffamés, de les avoir menacés et de les avoir escroqués, en les traitant de corrompus et en les accusant d’avoir des comptes et des immeubles à l’étranger, notamment en Suisse, aux Iles Caïmans et au Burkina-Faso.

Vrai ou faux, seul le Tribunal pourra le dire étant observée que la voie pénale choisie est la plus longue. En effet, tant qu’il y aura des recours, le jugement ne sera exécutoire ni en ce qui concerne d’éventuelles condamnations, ni en ce qui concerne d’éventuels dommages-intérêts jusqu’à survenance d’un arrêt définitif de la Cour de Cassation. Pendant ce temps, le sieur Grynberg et sa société pourront par contre exécuter leurs décisions.

Le sieur Grynberg estime n’avoir diffamé personne. Il pense donc qu’il sera purement et simplement relaxé des fins de la poursuite. Il pense même que le Tribunal de Bangui est radicalement incompétent pour connaître des infractions commises à l’Etranger par un Etranger, que toute éventuelle diffamation est effacée par la prescription de six mois et que se proposer de saisir les juridictions ne saurait constituer une infraction ; en outre le Code pénal ne punit les menaces, si menaces il y a, que lorsqu’elles visent l’intégrité des personnes physiques.

Me Zarambaud Assingambi

 

NDLR : Depuis son arrivée à la tête de la République centrafricaine, force est hélas de constater que plusieurs affaires judiciaires assez gratinées concernant Bozizé et certains individus de son clan interposés, opposent l’Etat centrafricain à diverses sociétés étrangères. C’est entre autres le cas du dossier KIOSK Industry qui est maintenant renvoyé devant le Tribunal de Versailles après celui de Nanterre et de ce vieux conflit entre le pétrolier américain Jack Grynberg au sujet du permis d’exploration que lui avait accordé l’ex-président Patassé. Une seule chose est quasiment sûre : c’est l’Etat centrafricain qui risque de payer les pots cassés de la boulimie financière et de la mauvaise gestion de Bozizé dans toutes ces sulfureuses affaires. En effet les sommes auxquelles il risque d’être condamné sont a priori astronomiques car se chiffrant à des plusieurs dizaines de milliards de F CFA, ce qui posera naturellement d’énormes difficultés au pays qui a déjà beaucoup de mal à s’en sortir, même après le départ de Bozizé des affaires nationales. Dans l'affaire de la citation directe de Grynberg pour "diffamation", le procès est renvoyé au 23 décembre prochain.  

 

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Published by Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers