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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 14:04

 

 

centrafrique

 

 

Bangui, 3 mars (C.A.P) - Selon nos informations, l’homme des basses œuvres de Bozizé, le tristement célèbre capitaine Vianney Semndiro, commandant de la garnison spéciale de Bossembélé, aurait embarqué sur le vol régulier d’Air France qui a quitté tôt ce matin Bangui pour Paris. Ce tueur serait en partance pour la Chine où il devrait suivre un stage militaire.

Le capitaine Vianney Semndiro, est un des tortionnaires dont le nom est cité à plusieurs reprises dans les circonstances troubles et toujours non élucidées dans lesquelles était porté disparu fin décembre 2009 le colonel Charles Massi, ancien ministre d’Etat du général président François Bozizé.

Le capitaine Vianney Semndiro serait celui là-même qui aurait commandé l’expédition criminelle de la garde présidentielle qui se serait rendue dans la petite localité tchadienne à la frontière centrafricano-tchadienne pour enlever et ramener sur le territoire centrafricain le célèbre opposant.

Dans cette affaire, il y a lieu de rappeler que la plainte déposée par la famille Massi auprès du Parquet de Paris avait été jugée recevable et transmise à celui de Versailles. Si Le capitaine Vianney Semndiro se hasardait à quitter la zone internationale de l’aéroport Charles de Gaulle, il devrait en principe être susceptible d’être interpelé par la justice française qui devrait lui poser quelques questions.

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 04:38

 

 

mouammar-kadhafi-en-juin-2009-a-rome-

 

 

27 Février 2011 Par La rédaction de Mediapart

Arrivé au pouvoir en 1969 à la faveur d'un coup d'Etat, il est un des plus vieux dictateurs de la planète. Pourquoi? L'historien François Dumasy, spécialiste de la Libye et maître de conférences à l'Institut politique d'Aix-en-Provence, explique les structures «floues» d'institutions à la botte de Kadhafi et les multiples compromis passés avec les grandes tribus pour marginaliser l'armée. Ressemblances et différences d'avec les révolutions égyptienne et tunisienne: un entretien réalisé par Joseph Confavreux.

En 1977, Kadhafi abolit la constitution : comment fonctionne alors l'Etat libyen et les structures de son pouvoir ?

En 1977, Kadhafi déclare la « révolution du peuple » et change le nom du pays en Jamahiriya arabe libyenne, un néologisme signifiant la « République des masses » parce qu'elle se veut fondée sur des assemblées de base. Le schéma est bipolaire. D'un côté, on trouve un semblant d'administration dévolu au peuple : ce sont les comités populaires, formés sur des bases essentiellement géographiques (quartiers, villages...), des sortes de soviets censés exprimer directement l'avis du peuple, et auxquels les citoyens sont tenus de participer.

L'émanation nationale de ces comités populaires est le Congrès général du peuple (CGP) qui est, théoriquement, l'organe législatif du pays. Mais, de l'autre côté, ces comités populaires sont contrôlés par d'autres comités, dits révolutionnaires, qui regroupent des personnes censées préserver l'idéal révolutionnaire du régime. Ces comités révolutionnaires forment les troupes rapprochées de Kadhafi au niveau politique.

Cette structure dichotomique horizontale entre un pouvoir politique, censément révolutionnaire, et un pouvoir représentatif, censément populaire, est, en outre, concurrencée par de nombreuses structures verticales qui convergent vers Kadhafi.

Le principal organe législatif, le Congrès général du peuple libyen n'a que très peu d'attributions : la défense, les affaires étrangères, l'intérieur et l'économie lui échappent. Kadhafi a en réalité multiplié les structures qui ne dépendent que de lui, dont les attributions sont floues mais les pouvoirs importants. Le plus important est un comité qui regroupe les chefs du coup d'Etat de 1969 et ses principaux conseillers politiques, dont le périmètre d'action est variable mais puissant.

On trouve aussi l'Institut du “Livre vert” ou un organe regroupant des gardiens de l'esprit de la révolution libyenne...

En abolissant la constitution, et donc l'Etat au sens classique, Kadhafi a assuré son pouvoir, puisqu'un nouveau comité peut, à tout moment, être créé pour perpétuer un système fondé sur des allégeances personnelles et la redistribution d'une partie de la rentre pétrolière. Kadhafi joue de cette absence de structures cohérentes et stables. Puisqu'il n'existe pas de règles fixes, tout dépend d'un prétendu esprit révolutionnaire, qu'il est le seul à incarner. Quand Kadhafi dit qu'il ne peut pas démissionner parce qu'il n'a pas de rôle officiel, c'est structurellement exact. Il affirme être le guide et l'esprit de la révolution, ce qui lui donne un pouvoir d'autant plus fort qu'il est informel et diffus.

 

On a vu, la semaine dernière, Kadhafi lire des extraits de son Livre vert : cet ouvrage sert-il en quelque sorte de code civil ou constitutionnel en Libye ?

 

Le Livre vert est aussi typique du système et du fonctionnement de Kadhafi. C'est un ensemble de maximes politico-philosophiques et de remarques sur la société dont l'interprétation est variable, mais peut, in fine, légitimer toute autorité. Rien n'est régulé, tout est fondé sur des principes flous, et chacun peut faire preuve d'un esprit plus révolutionnaire que l'autre dans l'interprétation du Livre vert pour s'attirer les bonnes grâces du guide suprême.

Kadhafi a écrit ce Livre vert en référence au Petit Livre rouge de Mao Zedong en voulant en faire l'ouvrage de référence d'une troisième voie – la voie révolutionnaire – entre le capitalisme et le socialisme. On comprend mal Kadhafi si on oublie qu'il se pense pénétré d'une mission prométhéenne, quasi messianique, pour guider les masses arabes vers un monde nouveau.

En réalité, le Livre vert est un ensemble de petits fascicules, portant sur la démocratie, la nature de l'Etat ou la place des femmes dans la société. Le Livre vert rejette la démocratie occidentale, considérée comme imparfaite car permettant la domination de la majorité sur la minorité, pour une démocratie directe et décentralisée. Kadhafi prône une société organisée autour de petites entités : familles, quartiers, tribus, et fondée sur l'intersolidarité de gens qui se connaissent.

Le Livre vert est aussi influencé par des formes de socialisme européen : sur la place de la femme ou sur le fait que l'Etat doit assurer à ses citoyens de quoi se loger et se nourrir. On y retrouve donc le paradoxe libyen : à la fois un rôle important de l'Etat dans la vie quotidienne (distribution de nourritures, attribution de logements...) et une absence d'Etat, puisqu'il n'existe pas de structures étatiques ou institutionnelles fixes.

Le régime Kadhafi ne se réduit pas à la seule personne du Colonel : quels sont les différents cercles de pouvoir que l'on peut repérer?

A travers ces emboîtements de comités, d'instituts, d'allégeances personnelles ou tribales, Kadhafi tire une partie de son pouvoir de son rôle d'arbitre. Ceux qui tiennent le pays autour de Kadhafi sont déchirés entre eux. Depuis 2003, le conflit principal oppose conservateurs et libéraux. Ces derniers sont menés par le fils aîné de Kadhafi, Saïf el Islam, et son mentor, Choukri Ghanem, premier ministre jusqu'en 2006 et président de la National Oil Corporation.

Saïf el Islam dirige la fondation Kadhafi, qui est censée s'occuper de développement et, ironiquement, de droits de l'Homme. Mais c'est surtout un ministère des Affaires étrangères bis. C'est le fils aîné qu'on envoie pour négocier avec les chefs d'Etat étrangers, pour la libération des infirmières bulgares ou les suites de l'attentat de Lockerbie.

En face, ceux qu'on appelle les conservateurs sont principalement issus des anciens du coup d'Etat de 1969 – l'Institut du Livre vert est leur bastion – mais on y trouve aussi un autre fils de Kadhafi, Mootassem, qui était, depuis janvier 2007, à la tête du Conseil de sécurité nationale, un poste stratégique en matière militaire, anti-terroriste et politique. Mais il est difficile de voir clair dans l'influence de ces deux camps.

D'une part, l'arbitrage de Kadhafi change vite. En septembre dernier, Mootassem a été placardisé, même s'il n'est pas impossible que, vu son ancien poste, il se trouve aujourd'hui derrière la répression, tandis que Saïf el Islam est revenu sur le devant de la scène après un moment de creux.

D'autre part, l'opposition entre les deux camps est davantage économique que politique. Saïf el Islam veut l'ouverture économique du régime, et la modernisation du pays n'est pensée que d'un point de vue économique. Le dernier rapport, début février, du FMI se félicite d'ailleurs du taux de croissance Libyen (10,3% en 2010) et des efforts de libéralisation et de privatisation engagés sous l'impulsion de Saïf el Islam. Ce qui est en jeu, ce sont les revenus du pétrole, et les conservateurs refusent qu'ils échappent aux cadres des comités révolutionnaires.

Cette crainte rencontre un écho dans le petit peuple, ou chez les jeunes massivement touchés par le chômage, qui ont beaucoup à perdre de cette libéralisation et de la fin du système socialisant, incluant distribution de nourriture ou attribution de logement.

La comparaison avec l'Egypte, où l'orientation libérale de Gamal Moubarak faisait beaucoup de mécontents parmi les pauvres, mais aussi parmi les bénéficiaires traditionnels de l'organisation économique du pays, notamment les généraux de l'armée, n'est pas absurde : un autocrate vieillissant qui attise les conflits entre élites quand se profile la succession, un fils qui mécontente les dignitaires traditionnels en attirant une nouvelle classe d'affaires, une inquiétude de ceux qui vivent des petites prestations sociales allouées par le régime...

Cette révolte libyenne est-elle, comme en Tunisie ou en Egypte, à la fois une demande démocratique et sociale, ou le rôle des tribus perturbe-t-il cette lecture ?

On ne peut pas tout lire en termes de tribus, même si on ne comprend pas la Libye sans elles. Un quart des familles libyennes vivent sans revenus réguliers, le taux de chômage est très élevé parmi les jeunes et il est impossible de dire si les derniers trains de réformes menées par Saïf el Islam n'ont pas attisé la colère.

A l'origine, c'est donc une révolte générationnelle qui fonctionne de la même manière qu'en Tunisie ou en Egypte, avec une mobilisation et une organisation faisant largement appel aux réseaux sociaux. D'ailleurs, à Tripoli, où la dimension tribale est moins importante dans un contexte d'urbanisation importante, les foyers de contestation – là où la répression a été la plus violente – sont les périphéries remplies de jeunes urbains précarisés, déracinés, laissés-pour-compte de la rente pétrolière, et à l'avenir bouché.

Mais, lorsque la colère a pris de l'ampleur, des tribus ont fait défection et, comme elles jouent depuis l'indépendance un rôle pivot dans le fonctionnement politique du pays, cela change tout. Là encore, les positionnements ne sont pas simples. D'une part, les chefs de tribus qui ont fait sécession dans l'Est espèrent, ainsi, garder la main sur leurs troupes et notamment les jeunes générations, tout en profitant de l'affaiblissement du pouvoir de Kadhafi qu'ils contestent, notamment dans l'Est, depuis longtemps.

D'autre part, Kadhafi a fait des appels du pied aux chefs des tribus sur le mode : « Contrôlez vos jeunes et on va discuter ». Mais cela n'a pas marché. Des tribus importantes comme celle des Warfalah se sont donc rebellées contre Kadhafi, mais cela ne règle pas tout. Une fois l'enthousiasme retombé, les jeunes vont sans doute demander des comptes, y compris aux dignitaires qui ont accepté pendant des années, contre dividendes, le système Kadhafi.

La répression actuelle paraît davantage menée par des mercenaires ou la garde rapprochée de Kadhafi que par les militaires. Quel rapport Kadhafi entretient-il avec l'armée ?

Depuis son arrivée au pouvoir, Kadhafi a marginalisé l'armée. Il n'était que capitaine lorsqu'il fait le coup d'Etat de 1969 et il n'a jamais eu de légitimité forte auprès des officiers supérieurs. Même si Nasser a été le modèle de Kadhafi, la Libye n'a pas suivi le trajet de l'Egypte, en donnant à l'armée un rôle de ciment de l'unité nationale, et aux officiers supérieurs des postes stratégiques dans la conduite des affaires du pays.

Ensuite, il a continué à raisonner en chef de tribu, à la fois en armant ses propres partisans et en superposant une partie de l'organisation tribale traditionnelle à l'organisation militaire. La place donnée à certains membres de la puissante tribu des Warfalah au sein du dispositif militaire en Cyrénaïque a probablement facilité le ralliement des militaires à la rébellion dans la région de Benghazi.

La marginalisation de l'armée explique les défections et qu'on n'ait pas vu les militaires participer à la répression, mais elle pose une autre question. En Libye, il n'y a pas eu de lutte d'indépendance qui aurait pu servir de creuset aux différentes composantes du pays. L'indépendance a été octroyée, entre 1946 et 1951, à des tribus qui ne partageaient pas de combat commun. Cela explique qu'il a été, pendant plus de quarante ans, plus efficace pour Kadhafi de s'appuyer sur ce système tribal que sur un pouvoir national cimenté sur une armée forte, incarnant une nation difficile à trouver. L'armée ne sera sans doute pas en mesure d'assumer un rôle de continuité et d'unité nationale comme en Tunisie ou Egypte, et une partition du pays n'est pas inenvisageable.

 Kadhafi pourra-t-il s'accrocher encore longtemps au pouvoir ?

 

Kadhafi peut s'appuyer sur deux bras armés pour défendre son pouvoir. Il peut compter sur les brigades de sa garde prétorienne, bien mieux équipées que l'armée régulière, et dirigées par des membres de sa propre famille, notamment certains de ses fils, même si une brigade qu'on pensait proche de Kadhafi a déjà fait défection et rejoint la rébellion à Benghazi. Il peut aussi lancer contre les opposants les milices des comités révolutionnaires substantiellement armés, ainsi que de nombreux mercenaires qui ont été aux premières loges de la sanglante répression des derniers jours.

En outre, Kadhafi, même s'il a perdu une grande partie des champs pétrolifères, dont la majorité se trouve en Cyrénaïque, détient des réserves financières issues de la rente pétrolière qu'on estime à plus de 150 milliards de dollars. De quoi tenir de longs mois encore... Et même si son pouvoir semble aujourd'hui de plus en plus retranché à Tripoli et alentours, cette ville possède environ 1,7 million d'habitants, ce qui représente pas loin du tiers de la population du pays.

Il est donc encore tôt pour dire que tout le pays a échappé au contrôle de Kadhafi et qu'il se trouverait retranché dans un dernier bastion prêt à tomber.

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 01:44

 

 

le-guide-libyen.jpg

 

Source : letelegramme.com  lundi 28 février 2011 / 21:33

 

La semaine dernière, des proches du colonel Kadhafi ont tenté, le plus légalement du monde, de retirer un milliard d’euros (900 millions de livres) d’Angleterre. Le Telegramme raconte cette histoire et la façon dont le gouvernement britannique a pu gagner du temps afin de bloquer la précieuse cargaison sur le sol anglais.

C'est digne d'un roman d'espionnage : la semaine dernière, des proches de Mouammar Kadhafi ont tenté de faire sortir d'Angleterre 900 millions de livres en billets fraîchement imprimés. Pour bloquer le départ des caisses, le gouvernement, avec la complicité des douaniers, a dû faire preuve d'imagination...

L'affaire se déroule la semaine dernière, alors que la Libye est en quasi guerre civile. Le "Guide suprême" doit faire face à un mouvement de révolte sans précédent dans le pays. 

Des proches de Mouammar Kadhafi tentent alors de récupérer 900 millions de livres (1 milliard d'euros) en billets. Les coupures sont entreposées dans le nord-est de l'Angleterre, où elles ont été fabriquées - tout à fait légalement -  par un imprimeur britannique.

Priorité : gagner du temps

Tout s'emballe quand, à Londres, le ministère des Finances est alerté du projet. Problème : il faut  plusieurs jours aux autorités pour obtenir les documents légaux bloquant le départ des caisses de billets. Les services des douanes multiplient alors ruses et subterfuges pour gagner du temps. Une opération rocambolesque narrée par la presse britannique, dont le Financial Times, et suivie personnellement par le ministre des Finances, George Osborne.

Un aéroport lointain, un convoi sécurisé...

Les douaniers font d'abord fait savoir à leurs interlocuteurs libyens qu'il leur faut plusieurs jours pour préparer l'opération et trouver un avion adéquat à cette cargaison particulière. Parade des amis du "raïs" : ils répondent qu'un appareil est déjà prêt. 

Les douaniers inventent alors un nouvel obstacle : ils assurent que l'avion ne pourra atterrir que sur un petit aéroport du Kent, dans le sud de l'Angleterre. Soit à plusieurs centaines de km du lieu de stockage des billets. De plus, ils assurent qu'un "convoi sécurisé" de 20 véhicules 4X4 est nécessaire pour transporter toutes les caisses, d'après le Guardian.

Résultat de ces manoeuvres dilatoires : le ministre, George Osborne, obtient dans les temps les documents l'autorisant à empêcher la sortie du pays du butin tant convoité par le dirigeant libyen.

Par ailleurs, le gouvernement britannique a gelé, hier, les avoirs en Grande-Bretagne du colonel Kadhafi et de sa famille. 

 

Libye : le Tchad appelle à la retenue et au dialogue

Publié le 28.02.2011, 07h34 | Mise à jour : 17h56

Le ministre des Affaires étrangères tchadien, Moussa Faki Mahamata, a appelé ce lundi "à la retenue" et "au dialogue" des autorités libyennes, rapporte Le Parisien. Ce dernier a démenti une nouvelle fois que "des Tchadiens soient partis du Tchad ou recrutés quelque part pour servir de mercenaires en Libye".

Le Tchad, qui entretient de bonnes relations avec le leader libyen Mouammar Kadhafi, a appelé lundi «à la retenue» et «au dialogue» par la voix de son ministre des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat. Celui-ci a démenti une nouvelle fois «catégoriquement que des Tchadiens soient partis du Tchad ou recrutés quelque part pour servir de mercenaires en Libye».

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 03:58

 

 

Guide libyen

 

 

La cheffe de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, est arrivée dimanche soir à Genève. Elle doit multiplier lundi les entretiens avec ses homologues en vue de préparer "l'après-Kadhafi" en Libye, a-t-elle confié aux journalistes l'accompagnant dans son voyage.

La communauté internationale se doit d'élaborer une réponse "humanitaire", mais aussi "politique" à la crise libyenne, "au moment où les Libyens essaient de s'organiser pour l'après-Kadhafi", a dit Mme Clinton pendant le vol vers Genève.

Mme Clinton a ainsi offert dimanche l'aide des Etats-Unis à tous ceux qui oeuvrent en ce sens en Libye, soulignant toutefois que Washington n'était impliqué dans aucune négociation pour le départ de Mouammar Kadhafi.

La secrétaire d'Etat doit enchaîner les tête-à-tête avec ses collègues européens et de plusieurs pays arabes lundi matin, avant de participer à une séance du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Cette réunion au niveau ministériel, souligne l'entourage de la secrétaire d'Etat, vise à donner "un appui politique vital" aux sanctions adoptées par les Nations unies contre le régime aux abois de Mouammar Kadhafi.

Les Etats-Unis ont également pris des mesures unilatérales contre le dictateur libyen et le président Barack Obama a appelé à son départ samedi.

Selon un haut responsable accompagnant Mme Clinton, cette pression s'adresse autant, sinon plus, aux cercles entourant le pouvoir à Tripoli qu'à Mouammar Kadhafi lui-même, dont la "rationalité" est mise en doute par Washington.

"Les gens autour de Kadhafi sont ceux que nous cherchons vraiment à influencer" en leur faisant comprendre qu'ils devront rendre des comptes à la justice internationale s'ils ordonnent des violences, a expliqué cette source sous couvert de l'anonymat.

A Genève, Hillary Clinton doit par ailleurs s'exprimer devant la Conférence du désarmement, une instance dont les Etats-Unis sont l'un des 65 membres.

(ats / 28 février 2011 00:18)

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 23:43

 

 

KADHAFI.jpg

 

 

 

Libye: le Conseil de sécurité impose des sanctions sévères à Kadhafi

NEW YORK (Nations unies) - AFP / 27 février 2011 02h43 - Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi à l'unanimité une résolution imposant des sanctions sévères au colonel Mouammar Kadhafi, à sa famille et à des proches du régime.

Parmi ces sanctions adoptées par les quinze Etats membres, figurent notamment un embargo sur la vente d'armes et de matériels connexes à la Libye et une interdiction de voyager sur le sol des Etats membres concernant seize personnes, dont Mouammar Kadhafi, sept fils et sa fille et des personnes intimement liées au régime.

Par cette résolution, les membres du Conseil de sécurité considèrent que "les attaques systématiques" contre la population civile en Libye actuellement menées "peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité".

Le Conseil de sécurité a décidé de transférer au procureur à la Cour pénale internationale (CPI) "la situation en Libye depuis le 15 février" et demande aux autorités libyennes de "coopérer pleinement" avec le tribunal.

Cette mesure a fait l'objet de longues discussions entre les Etats membres, certains ayant soulevé des objections, selon des diplomates.

Les membres du Conseil demandent en outre la fin immédiate des violences et que des mesures soient prises pour répondre aux aspirations légitimes du peuple libyen. Il exhorte les autorités libyennes à agir "avec la plus grande retenue", à "assurer la sécurité de tous les étrangers", à "assurer le passage sûr des fournitures humanitaires et médicales" et à "lever immédiatement toutes les restrictions sur toutes les formes de médias".

Les Etats membres ont enfin décidé d'imposer un gel des avoirs financiers concernant le colonel Kadhafi, quatre de ses fils et un proche du régime.

Le vote a eu lieu en présence du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

(©)

 

 

Ces milliers d’Africains recrutés lors des rébellions dans la région terrorisent les Libyens.

Par THOMAS HOFNUNG Libération 25/02/2011 à 00h00

Du temps où il se rêvait en leader des «Etats-Unis d’Afrique», Muammar al-Kadhafi n’hésitait pas à envoyer sa «Légion islamique» faire le coup de feu sur le continent. On l’a vue à l’œuvre en Centrafrique, en 2002, pour défendre l’ex-président Ange-Félix Patassé. Aujourd’hui, le «Guide» compte désespérément sur le soutien de ces légionnaires pour se maintenir au pouvoir à Tripoli.

Depuis le début du soulèvement en Libye, de nombreux témoignages locaux font état de la présence de combattants étrangers, certains parlant français, au comportement ultraviolent. Combien sont-ils ? La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) estime leur nombre à 6 000, dont 3 000 rien que dans la capitale. «Ils semblent avoir reçu carte blanche pour piller et tuer, indistinctement, tout civil», s’inquiétait hier l’association.

De hauts responsables en rupture de ban avec le régime de Kadhafi, tel le ministre démissionnaire de la Justice, Moustapha Abdel Jalil, confirment leur présence sur le sol libyen. «Je savais que le régime avait des mercenaires bien avant le soulèvement, a-t-il confié au journal suédois Expressen. Lors de plusieurs réunions, le gouvernement a décidé de donner la citoyenneté à des gens du Tchad et du Niger.» Nombre de ces hommes ont en effet été cooptés à la suite des multiples rébellions - tchadienne ou touareg dans le nord du Niger et du Mali - qui ont ponctué l’histoire de la région sahélienne depuis les années 70 et que le Guide libyen a instrumentalisées pour mieux asseoir son influence. «Kadhafi est le grand parrain de l’Afrique, explique Antoine Glaser, ancien directeur de la Lettre du continent. Il a toujours joué un double jeu, finançant les rebelles d’une main et les dirigeants de l’autre.» A la fin des années 80, Kadhafi a notamment épaulé Charles Taylor, qui mit à feu et à sang le Liberia durant plus de dix ans.

Camps. Dans le même temps, on ne compte plus le nombre de négociations de paix qui se sont déroulées sur le sol libyen. Ce fut encore le cas, récemment, pour le conflit au Darfour (Soudan), impliquant des rebelles tchadiens et soudanais. Mais aussi dans le nord du Niger, où un accord a été trouvé en 2009 entre Niamey et les rebelles touaregs, sous l’égide de Tripoli. Au fil des ans, des ex-rebelles touaregs et tchadiens ont été hébergés par Kadhafi dans des camps situés dans le sud du pays, en réserve de sa Légion islamique.

Ont-ils été rejoints, ces derniers jours, par des mercenaires recrutés et acheminés ? Joint par Libération, le responsable de la Ligue libyenne des droits de l’homme, Slimane Bouchuiguir, affirme que des pilotes libyens ont décidé de ne plus voler à bord des avions de la compagnie nationale Afriqiyah après avoir découvert qu’ils avaient acheminé des mercenaires à leur insu. Une source bien informée assure qu’au cours des derniers jours, près d’une centaine de «baroudeurs tchadiens» - des anciens du Darfour, appartenant à l’ethnie des Zaghawas (est du Tchad) - ont été convoyés en Libye. D’après la FIDH, des combattants de nationalités tchadienne, nigérienne, mais aussi soudanaise et malienne, ont été appréhendés au cours des derniers jours par les insurgés. Des chiffres plus ou moins fantaisistes ont été cités à propos de leur rémunération. Mais celle-ci pourrait tourner autour de 2 000 dollars par mois (environ 1 450 euros).

Embrigadés. Dans le chaos ambiant, une véritable psychose du mercenaire s’est emparée de la population libyenne. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), de nombreux réfugiés africains - originaires principalement du Tchad, du Soudan, d’Erythrée et de Somalie - ont été pris pour cible, au cours des derniers jours par les opposants au régime de Kadhafi. Trois Somaliens ont même été tués. Plus d’un million d’immigrés vivent en Libye, dont la majorité sont originaires d’Afrique noire. Beaucoup vivent dans des conditions extrêmement précaires, parfois dans la clandestinité. Certains d’entre eux auraient été embrigadés par les mercenaires sous menace de mort.

Hier, l’Organisation internationale des migrations faisait part de son inquiétude, notant que - à la différence des Européens - leurs gouvernements ne sont pas en mesure de les exfiltrer pour des raisons financières et logistiques.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 01:14

 

 

RADIO ND K LUKA

 

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 23 Février 2011 14:17

Plus rien ne va entre les éléments rebelles de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP). Ils s’entretuent désormais entre eux. Selon des informations rapportées ce mercredi 23 février 2011 par le Correspondant de Radio Ndeke Luka à Bria, une altercation a opposé les éléments de la CPJP entre eux. Les tirs qui ont suivi ont fait 7 morts. L’incident s’est déroulé au début de cette semaine.

L’altercation a eu lieu dans le fief de la CPJP situé dans la région de Yangoutrondjia, une localité située à 130 km de la ville minière de Bria sur l’axe Ndélé. A l’origine de cette tuerie, l’un des chefs des sections de cette faction rebelle aurait annoncé son départ du groupe avec plusieurs autres éléments.

Après un moment de palabres, les dissidents auraient maintenu leur décision de quitter le Mouvement. C’est à ce moment que les autres éléments fidèles à la CPJP ont ouvert  le feu sur les dissidents.

Rappelons que la CPJP continue de réclamer la lumière sur le sort réservé à leur leader, Charles Massi. Les responsables de cette rébellion armée déclarent qu’ils seront en conflit avec les autorités centrafricaines tant qu’ils n’obtiendront pas satisfaction. 

Ils se manifestent régulièrement par des attaques de village ou de voyageurs sur les routes dans la partie nord du pays. En novembre 2010, ils avaient attaqué et réussi à contrôler la ville de Birao pendant quelques jours avant d’en être chassés par les FACA (Forces armées centrafricaines) soutenues par l’armée tchadienne.

Il y a quelques jours, les FACA ont intercepté une colonne d’éléments de la CPJP. Les échanges de tirs avaient fait 7 tués dans les rangs de la CPJP. L’incident s’est déroulé à 50 km de la ville de Bria sur l’axe Yalinga.

 

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 02:06

 

 

bemba

 

 

 

La Haye, le 15 février 2011 (FH) - Le témoin 42 dépose à la barre de la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 10 février 2011, dans le procès intenté contre Jean-Pierre Bemba, accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003.

Battu par les soldats du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC), il est un rescapé, comme sa fille, violée à dix ans par les miliciens du mouvement créé par l'accusé.

Le visage et la voix déformés par mesure de protection, le témoin 42 a raconté l'attaque contre sa famille, survenue en novembre 2002. « Vous savez chez nous les africains, il n'est pas facile qu'une fille puisse venir parler de telles choses à son père. Elle préfère beaucoup plus se confier à sa maman (...) C'est sa maman qui est venue me dire que la fille a été complètement détruite. La fille lui a dit qu'elle a été violée par deux banyamulenges (...) C'était une fille de 10 ans, qui était vierge. »

Les soldats de Jean-Pierre Bemba, appelés par le président centrafricain d'alors, Ange Félix Patassé, pour le soutenir contre les rebelles, s'étaient installés au PK12, proche de Bangui.

Comme d'autres, le témoin 42 a aussi été victime de pillages. « Ce sont des gens très organisés en matière de vol, a-t-il dit aux trois juges. Il y avait un groupe à l'intérieur de la maison, qui avait commencé à prendre tout nos biens. Ils m'ont mis face contre le sol. L'un deux tenait son pied contre mon cou. Ils ont cassé l'armoire. Ils ont volé mes livres ». Les banyamulenge faisaient aussi « la chasse aux matelas ». « Ce qui les intéressait le plus, c'était les matelas de mousse. Est-ce que chez eux ils dormaient sur des nattes ? Je ne sais pas. Mais chacun d'eux pouvait prendre sur lui trois, quatre matelas. »

Selon le témoin, grâce à son séjour en Centrafrique, Jean-Pierre Bemba pouvait alimenter sa guerre en République démocratique du Congo (RDC). « Au moment des événements, une ligne aérienne a été créée. Je me suis dit que Bemba avait gagné, et que cela lui offrait la possibilité d'alimenter sa rébellion parce qu'il avait besoin de carburant. La république Centrafricaine était une ouverture ».

En arrivant en Centrafrique, les soldats de Bemba « ont humilié des officiers généraux » de l'armée centrafricaine. « Ils ont été déshabillés, ils ont été salis » a-t-il dit, précisant que le président Patassé n'avait « plus confiance dans son armée ». Le témoin a défendu « les libérateurs », les rebelles du général François Bozizé, au pouvoir depuis mars 2003. « Ils n'ont rien fait de mal à la population, leur objectif était de conquérir le pouvoir » a-t-il dit au substitut du procureur, Hesham Mourad.

La déposition se poursuit avec le contre-interrogatoire de la défense. Le procès de Jean-Pierre Bemba a commencé le 22 novembre 2010 à La Haye, aux Pays-Bas.  

SM/GF

© Agence Hirondelle

 

NDLR : Ce témoin doit avoir la mémoire qui flanche car les prétendus "libérateurs" de Bozizé n'étaient pas des enfants de coeur comparés aux hordes de Bemba, contrairement à ce qu'il affirme. Les mercenaires tchadiens de Bozizé ainsi que ses "gbayas Boys" ont fait incontestatblement autant sinon plus de dégâts que les banyamulengués, presque tous les Centrafricains en conviennent. Ils ont même continué bien après la prise de pouvoir de Bozizé le 15 mars 2003 à commettre les exactions et violations des droits de l'homme jusqu'à ce jour. Ce témoin n'a-t-il jamais entendu parler des crimes de sang des Dogo, Ngaikoisset et autre Koudémon qui ont endeuillé plusieurs familles centrafricaines. Les preuves existent.  

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 15:01

 

 

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Radio Ndéké Luka Dimanche, 13 Février 2011 14:45

Deux travailleurs expatriés de Médecins Sans Frontières (MSF) Espagne enlevés le 30 janvier dernier à la frontière entre la Centrafrique et le Tchad ont été libérés jeudi dernier 10 février 2011. La nouvelle de leur libération a été rendue publique seulement samedi.

L’annonce de la libération des deux humanitaires a été faite sans aucun commentaire sur les conditions de cette libération.  Il faut simplement rappeler que 8 membres du MSF Espagne dont  6 centrafricains étaient en mission dans le Nord du pays à bord d’une voiture fin janvier 2011. Le 30 janvier dernier, les huit membres de l’équipe avaient disparu. Deux jours plus tard, la voiture était retrouvée dans la même zone avec seulement les six nationaux. C’est finalement le 10 février que les 2 ressortissants espagnols ont été libérés dans la même région.

Selon plusieurs sources, ces fonctionnaires du MSF Espagne auraient été enlevés par les éléments de la rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), mécontents de l’arrestation d’un des leurs par la brigade de Bossembélé. La Gendarmerie de Bossembélé contactée  a confirmé l’arrestation de M. Alexis Orongbondi, combattant de l’APRD.

Alexis Orongbondi est à ce jour à la Brigade de Bossembélé. La Gendarmerie  explique qu’il est « mis à la disposition du procureur pour les dispositions pratiques ».

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 14:18

 

 

Gbagbo et ADO

 

 

 

France 24. com  09/02/2011 

 

Deux mois après le début de la crise électorale ivoirienne, rien ou presque n’a changé dans le pays. Et plus le temps passe, plus Laurent Gbagbo tire profit du pourrissement de la situation...

Pour Laurent Gbagbo, la meilleure défense, c’est décidemment l’attente : après deux mois de pressions financières et diplomatiques et de menaces militaires, les discussions se poursuivent mais la situation n’a guère évolué. Le président ivoirien sortant gère de facto le pays, alors qu’Alassane Ouattara, toujours enfermé dans sa "République du Golf", surnom donné par ses détracteurs à l'hôtel où il a trouvé refuge, voit son pouvoir réduit à nommer des ambassadeurs.

Parmi les facteurs qui permettent à Laurent Gbagbo de jouer la carte du pourrissement, il y a la pression médiatique, qui est largement retombée depuis la fin du mois de décembre. Les caméras du monde entier sont désormais braquées sur la Tunisie et l'Égypte, en pleine révolution. D'une part, le symbole des révoltes arabes - des autocrates contestés par la rue, dont l’un a été contraint au départ - est plus fort. D'autre part, les enjeux diplomatiques et géostratégiques sont plus importants en Égypte qu’en Côte d’Ivoire.

Pour preuve : les médias internationaux se sont peu émus de la découverte, mardi, à Abobo, un quartier d’Abidjan, de trois corps après des affrontements entre partisans d’Alassane Ouattara et les forces de sécurité ivoiriennes fidèles à Laurent Gbagbo.

La médiation de l’Union africaine gêne celle de la Cédéao

 

Ally Coulibaly, ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par Ouattara, le 09/02

La multiplication des couacs diplomatiques donne également de l’air à Laurent Gbagbo et brise le consensus de la communauté internationale sur le dossier ivoirien, à savoir le départ sans condition de Laurent Gbagbo.

"C’est un peu l’écho des savanes, estime le politologue Antoine Glaser, invité mercredi sur l’antenne de FRANCE 24. La communauté internationale regarde ce que fait l’Union africaine (UA), l’Union africaine regarde ce que fait la Cédéao…" Manière de dire que les divergences entre les différentes instances chargées de mener une médiation en Côte d’Ivoire - Union africaine et Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) - décrédibilisent leurs rôles respectifs.

Celles-ci ont d'ailleurs été étalées au grand jour par le président de la Commission de la Cédéao. Hier à Abuja (Nigeria), James Victor Gbeho s’est ému que "certains pays essaient de susciter un échec des chefs d'État de la Cédéao", une critique à peine voilée du rôle de l’Union africaine. Le panel de cinq chefs d’État mis sur pied par l’UA pour poursuivre la médiation avec les deux parties ivoiriennes apparaît aux yeux de M. Gbeho comme "une tentative de contrer ce que fait cette région [l'Afrique de l'Ouest, donc la Cédéao NDLR]". Mis en place à la fin de janvier, ce panel est présidé par le chef de l'État mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et comprend aussi Idriss Déby (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Jakaya Kikwete (Tanzanie). Ils ont jusqu'à fin février pour prendre des décisions "contraignantes".

"On voit les deux grandes puissances du continent [l’UA et la Cédéao] qui s’opposent sur la crise ivoirienne", analyse encore Antoine Glaser, qui explique que l’Afrique du Sud et l’Angola sont d’importants soutiens de Laurent Gbagbo, alors que le Nigeria, à la tête de la Cédéao, serait prêt à une intervention militaire sous la bannière de l’Ecomog (le bras armé de la Cédéao) et "avec le soutien des États-Unis et des Britanniques".

La voix de la France, elle aussi, favorise l’enlisement de la situation. Alors que le président français lançait en décembre à Laurent Gbagbo un ultimatum - quitter le pouvoir sous trois jours -, le discours de Nicolas Sarkozy a bien changé, deux mois plus tard. La France se recroqueville sur le refus de s'ingérer dans les affaires intérieures ivoiriennes et sa délicate position d’ancienne puissance coloniale. Invité au sommet de l’UA à Addis Abeba fin janvier, Nicolas Sarkozy s’est déclaré "aux côtés des peuples tunisien et égyptien", mais n’a pas pipé mot sur la situation ivoirienne.

 L’asphyxie financière n’a pas vraiment porté ses fruits

L’efficacité discutable des sanctions économiques et financières, enfin, favorise elle aussi le statu quo et le pourrissement de la situation. Certes, plusieurs proches de Laurent Gbagbo ont vu leurs avoirs financiers bloqués en Europe. Certes, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a déclaré Gbagbo persona non grata et renvoyé le gouverneur ivoirien de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Philippe Henry Dacoury-Tabley, un proche de Laurent Gbagbo.

Mais la stratégie qui était censée asphyxier financièrement le président sortant et l’acculer au départ n’a pas encore porté ses fruits. La population ivoirienne semble plus en souffrir que le camp Gbagbo, et l’appel d’Alassane Ouattara à ne plus payer taxes et impôts ne sera peut-être pas plus entendu que ceux, répétés, à la grève générale.

Quant au boycottage des secteurs-clés de l’économie ivoirienne, Antoine Glaser rappelle que la règle du "business is business" reste souveraine. Les grandes compagnies américaines qui font commerce du cacao ivoirien ne comptent pas arrêter leurs affaires, malgré l’interdiction d'exporter les fèves lancée par Alassane Ouattara. Quant à un embargo sur le pétrole ivoirien, il n'est actuellement pas à l'ordre du jour.

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 12:41

 

 

Jean Pierre Bemba Gombo

 

 

La Haye, le 4 février 2011 (FH) - Le témoin avait 11 ans au moment des faits. Protégée par la Cour, elle a déposé sous pseudonyme contre Jean-Pierre Bemba, de mardi à vendredi, accusant les hommes du chef rebelle de viols répétés.

« J'étais encore vierge, et ils m'ont dépucelée » a-t-elle raconté aux trois juges, trois femmes. « L'un s'est saisi de moi, l'autre a engagé une balle dans son arme et ils m'ont courbée, pour me dépuceler (...) Le premier a d'abord couché avec moi et le deuxième est venu après ». « Avez-vous essayé de résister ? » a demandé le substitut du procureur, Thomas Bifwoli. « Quand ils m'ont attrapé, je criais et cela a alerté mon père. Mon père voulait intervenir et ils ont braqué leurs armes contre lui. Par la suite, cinq autres personnes sont arrivées et c'est à ce moment là qu'ils m'ont saisie et m'ont dépucelée ».

Le même jour d'octobre 2002, toujours selon le témoignage, les « Banyamulenge », les hommes de Bemba, violent aussi ses sœurs aînées, sa grand-mère, et « fracassent la tête » de son frère. « Depuis les sévices (...) et bien que je porte un bébé, tout le monde continue à se moquer de moi ».

Le contre-interrogatoire du témoin par maître Aimé Kilolo, l'un des avocats de Jean-Pierre Bemba, a été tendu. A plusieurs reprises, le procureur Petra Knauer a objecté, reprochant aux avocats d'émettre des opinions. La présidente de la chambre, le juge Steiner, a demandé à l'avocat de ne pas oublier l'âge de la victime à l'époque des faits.

L'avocat principal de l'accusé, maître Nkwebe Liriss a reconnu qu' « il y a un témoin vulnérable (...) Mais c'est un témoin qui accuse une personne des crimes les plus abominables et l'accusé risque de passer le reste de sa vie en prison ». La défense a tenté de montrer les liens entre les associations de victimes et l'ancien rebelle, devenu chef d'Etat, François Bozize.

Le témoin précédent avait aussi témoigné, entre le 26 janvier et le 1er février, des viols commis par les miliciens congolais de Jean-Pierre Bemba, envoyés en Centrafrique à la demande du président d'alors, Ange Félix Patassé, qui tentait de lutter contre la rébellion fomentée par le général François Bozize. Elle a confirmé la venue de Jean-Pierre Bemba en Centrafrique, en novembre 2002.

Après plus de deux mois de procès, le sénateur congolais, poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique, en 2002 et 2003, accuse une certaine fatigue, ont signalé ses avocats.  

SM/ER/GF

© Agence Hirondelle

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