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  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:36

 

 

 

RCA

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 26 Avril 2011 16:22

 

La rébellion de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) de Charles Massi, demande l’ouverture d’un dialogue pour un accord de paix avec le pouvoir de Bangui. L’information est confirmée ce 26 avril 2011 sur les ondes de Radio Ndeke Luka, par le N°1 de la rébellion sur le terrain, Abdoulaye Hissen.

Joint au téléphone dans le journal de 13 heures locales (12HTU), de la radio, Abdoulaye Hissen affirme être « prêt pour signer un accord définitif de paix avec le gouvernement centrafricain. "Il est maintenant inutile de se battre ", déclare-t-il. Hissen a par ailleurs précisé que « l’initiative de cet accord de paix est l’œuvre de la CPJP pour une paix définitive en Centrafrique».

Abdoulaye Hissen a également indiqué être prêt à travailler avec François Bozizé. « C’est ne pas une nouvelle volonté de travailler avec le général Bozizé. Nous l’avions d’ailleurs affiché depuis le 1er août 2010 » a-t-il conclut.

La Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix est l’une des factions rebelles qui sévissent dans le Nord et le Nord Ouest de la RCA. Elle réclamait du pouvoir de Bangui il y’a quelque temps, une lumière sur la disparition de son leader charismatique le colonel Charles Massi.

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 16:16

 

 

 

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KIEV - AFP / 19 avril 2011 17h03 - La France va "intensifier" ses frappes aériennes en Libye pour protéger les civils contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi, a déclaré mardi à Kiev le Premier ministre François Fillon, tout en appelant à "trouver une solution politique" au conflit.

Lors d'une conférence de presse à l'occasion d'une visite dans la capitale ukrainienne, François Fillon a évoqué "la violence des bombardements auxquels sont soumis plusieurs villes de Libye du fait de forces loyales à M. Kadhafi".

"Nous allons donc intensifier notre effort militaire à partir de nos forces aériennes pour empêcher les forces de M. Kadhafi de poursuivre leur entreprise contre les populations civiles", a-t-il ajouté.

"Mais en même temps il faudra trouver une solution politique, c'est- à-dire les conditions d'un dialogue pour que la crise libyenne se résolve", a souligné le Premier ministre français.

M. Fillon avait évoqué la Libye au cours d'un déjeuner avec le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, présent comme lui en Ukraine pour une conférence sur le 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.

"Ca n'est pas à partir de l'action militaire de la coalition que cette crise pourra se résoudre. C'est la raison pour laquelle nous avons engagé toute une série de contacts dans le cadre du groupe de contact pour faire en sorte que toutes les bonnes volontés, des deux côtés, puissent trouver un cadre dans lequel discuter", a indiqué M. Fillon.

Excluant à nouveau tout déploiement de forces au sol, il a rappelé que la France intervenait en Libye au sein d'une coalition internationale agissant sur mandat de l'Onu, "un mandat que nous respectons à la lettre", a-t-il assuré.

(©)

 

Libye: les rebelles à Misrata pour l'intervention de troupes occidentales au sol

MISRATA (Libye) - AFP / 19 avril 2011 21h50 -  Un responsable des rebelles qui contrôlent Misrata, ville libyenne assiégée depuis des semaines par les forces loyales au colonel Kadhafi, a indiqué mardi qu'ils demandaient formellement l'intervention de troupes occidentales au sol pour assurer leur protection.

Nouri Abdallah Abdoullati a indiqué à la presse que les rebelles demandaient l'envoi de soldats français et britanniques sur la base de principes "humanitaires".

"S'ils ne viennent pas, nous allons mourir", a-t-il déclaré.

Les rebelles à Misrata n'ont pas de contact direct avec les forces de la coalition, et M. Abdoullati a indiqué que leur requête avait été envoyée la semaine dernière sous forme de lettre via le Conseil national de transition, organe politique représentatif de la rébellion et basé à Benghazi. Mais ils n'ont pas encore obtenu de réponse, a-t-il ajouté.

"Nous n'avons accepté (jusqu'à présent) la présence d'aucun soldat étranger dans notre pays, mais désormais, nous sommes confrontés aux crimes de Kadhafi et nous demandons sur la base de principes humanitaires et islamiques que quelqu'un vienne et fasse cesser la tuerie".

Il souligne que le Coran stipule qu'en cas d'impossibilité pour des musulmans d'apporter leur aide, il est acceptable d'être aidé par des chrétiens.

"Auparavant, nous demandions qu'il n'y ait aucune interférence étrangère, mais c'était avant que Kadhafi utilise des roquettes Grad et des avions". "Désormais, il s'agit d'une situation de vie ou de mort", a-t-il ajouté.

"Même si 400.000 personnes meurent, et 100.000 vivent, ce sera une victoire", a-t-il poursuivi, insistant sur le caractère "urgent" de la situation.

Cet appel intervient à l'issue de plusieurs jours de combats intensifs. Mardi, les forces loyalistes ont contre-attaqué, prenant pour cible des ambulances et les environs immédiats de l'hôpital, selon un photographe de l'AFP.

Des avions de l'Otan ont survolé la ville mais l'Alliance atlantique a affirmé être limitée dans sa capacité à défendre les civils du fait de l'utilisation de boucliers humains par les forces pro-Kadhafi, alors que de nombreux habitants s'interrogent sur ce que fait l'Otan pour les protéger.

Des combats de rue se déroulent dans différents quartiers de la ville, entre les rebelles et les forces pro-kadhafi qui font usage de roquettes Grad et de tireurs embusqués.

La troisième ville de Libye, qui compte environ 500.000 habitants, est assiégée depuis près de deux mois, et la nourriture, l'eau, les médicaments et les carburant viennent à manquer.

Dans les quartiers les plus sécurisés, des queues se forment devant des stations essence, et il faut parfois plus de sept heures d'attente pour pouvoir s'approvisionner.

Au moins 4.000 travailleurs étrangers sont actuellement bloqués dans la ville dans des conditions désastreuses selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Un ferry grec affrété par le Qatar était prêt à embarquer mardi plus de 1.000 personnes, des femmes et enfants libyens blessés, et des travailleurs africains, notamment nigériens et tchadiens, selon un journaliste de l'AFP. Ils seront emmenés à Benghazi, fief de la rébellion.

Dans le port, des rangées d'Africains patientent pour partir, sous la surveillance d'hommes armés de bâtons et de fouets, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un troisième bateau de l'OIM devrait arriver dans les prochains jours à Misrata pour évacuer un millier de migrants supplémentaires.

A l'entrée du port, une dizaine de véhicules de libyens tentaient de partir mais un responsable du Croissant rouge leur a interdit l'accès au bateau.

Quelque 200 enfants se sont rassemblés dans la ville avec des drapeaux et des feuilles où sont imprimés des slogans tels que "ONU, aidez-nous".

(©)

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 01:41

 

 

bemba

 

 

(Belga) 18/04/2011 18:19 - De sa prison de La Haye, le sénateur d'opposition congolais Jean-Pierre Bemba tente d'obtenir le limogeage du secrétaire général de son parti, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), François Muamba, a rapporté lundi la presse kinoise.

"Bras de fer au MLC: Bemba chasse François Muamba", écrit ainsi le journal 'Africa News', ajoutant que, de sa cellule, le "chairman" (président du MLC) a signé un document mettant fin au mandat de son secrétaire général. M. Bemba, un ex-rebelle devenu ensuite vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), est détenu à la prison de la Cour pénale internationale (CPI) de Scheveningue, près de La Haye. Il est poursuivi, en tant que chef militaire, pour des crimes, principalement des viols, commis par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003, en Centrafrique, en soutien aux troupes du président Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé.

Son procès a débuté le 22 novembre dernier. "François Muamba en opposition avec Bemba", titre 'Le Palmarès', en notant qu'un groupe de fondateurs du MLC est décidé à "tout mettre en oeuvre pour faire sauter le secrétaire général de son poste". Selon ce quotidien, "on est allé jusqu'à traiter François Muamba de taupe au service du pouvoir.

Son crime est d'avoir mis en doute l'opportunité de la candidature de Bemba à la présidentielle", prévue à la fin de l'année. Pour ce titre, "il ne fait l'ombre d'aucun doute que c'est le président national du MLC qui s'est engagé à régler des comptes aux siens, mais par personne interposée. Dans ce cas, François (Muamba) n'a pas à beaucoup espérer quant à l'issue du bras de fer qui l'oppose à ses pairs".

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 01:56

 

 

 

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Arusha, 15 avril 2011 (FH) - A un mois du jugement, une douzaine de documents confidentiels ont été admis comme éléments de preuve de la défense de l'ancien chef de la gendarmerie rwandaise, le général Augustin Ndindiyilimana. Il a comparu au Tribunal pénal international pour le Rwanda avec trois autres accusés. Parmi eux, l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Augustin Bizimungu. Le jugement est attendu le 17 mai.

Selon une décision de la chambre datée de mardi, l'admission de ces pièces vise à réparer le tort causé par le procureur au général Ndindiliyimana.

Par ailleurs, dans le procès de l'ex-ministre du Plan Augustin Ngirabatware, les juges ont ordonné au procureur de divulguer une série d'émissions de la radio gouvernementale rwandaise en avril et mai 1994.

Selon l'ordonnance, ces émissions pourraient corroborer la défense d'alibi de l'ex-ministre.

A la CPI, le procès du chef milicien congolais Thomas Lubanga est entré jeudi dans sa dernière ligne droite. Le dernier témoin de la défense a entamé sa déposition qui se poursuivra la semaine prochaine. Le réquisitoire du procureur et les plaidoiries de la défense seront plaidés les 25 et 26 août. Lubanga est accusé de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans ses troupes.   

Toujours à La Haye, le procès du sénateur congolais Jean Pierre Bemba a été reporté jeudi au 3 mai prochain. Cette semaine, la chambre a notamment entendu le médecin chef du service de psychiatrie de l'hôpital de Bangui. Le docteur André Tabo a longuement évoqué la situation actuelle des femmes violées durant la guerre en Centrafrique, en 2002 et 2003. Bemba est poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre perpétrés par ses miliciens du Mouvement de libération du Congo (MLC). Ils avaient été envoyés en Centrafrique pour soutenir le président d'alors, Ange-Félix Patassé, qui était menacé par une rébellion.

ER/GF

© Agence Hirondelle

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 23:15

 

 

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Radio Ndéké Luka Jeudi, 14 Avril 2011 16:29

Quelles sont les conséquences des viols en Centrafrique ? La question est posée par la Cour Pénale Internationale. Depuis mardi 11 avril, le médecin chef du service de psychiatrie de l’hôpital de Bangui fait sa déposition, à la demande du procureur, contre Jean-Pierre Bemba. Le Docteur André Tabo, psychiatre, a suivi pendant plusieurs années les victimes de viols commis durant la guerre en Centrafrique, en 2002 et 2003.

Selon l’agence Hirondelle, depuis la guerre, le psychiatre centrafricain a traité 371 victimes de viols. Outre les effets psychologiques, de nombreuses femmes violées sont tombées enceintes, et certaines ont contracté le virus du Sida ou la syphilis.

Par ailleurs, elles sont le plus souvent durement stigmatisées par la population, désignées comme « les femmes des banyamulenges », nom donné aux soldats venus du Congo-Kinshasa voisin. Le Docteur Tabo explique : Le sentiment de culpabilité, de honte  est présent. L’une m’a dit : ‘j’aurais dû ne pas être belle à ce moment-là’.  C’est un sentiment de culpabilité, vis-à-vis d’elle-même et de son conjoint ».

Ceux-ci ont souvent rompu le lien conjugal « parce qu’ils estiment que la personne ne peut plus être leur conjoint. Dans certains cas, les enfants ont été retirés », a déclaré le psychiatre.

Question du substitut du procureur : « quel est l’impact psychologique sur les témoins de ces viols ? »

Réponse du psychiatre : « certains enfants ont eu des difficultés scolaires, par rapport à ce qui se dit ou se fait dans le quartier ou à l’école. Par rapport au conjoint, la difficulté c’est de rester loyal par rapport à l’engagement conjugal et supporter la stigmatisation des autres. Ils ne nomment plus ‘Paul’, comme ‘Paul’, connu du quartier -  mais comme le mari de la femme qui a été violée ».

Le Docteur Tabo a encore ajouté : « ces femmes violées souffrent de dépressions graves, ressentent des pulsions suicidaires, certaines  ont commencé à prendre de l’alcool et des drogues de façon abusive, pour lutter contre les flashbacks, pour ‘s’évader’ de leur traumatisme psychologique. Pour elles, la peur est présente au quotidien. Peur d’aller au marché, parce qu’elles pouvaient, en rencontrant un homme en arme, se souvenir de leur viol. Elles pouvaient aussi avoir peur d’être montrées du doigt. »

Au cours des traitements, le psychiatre a aussi noté que certaines femmes souffrent du « rituel de lavage ». André Tabo estime que plusieurs victimes « ont élaboré un mécanisme pour se laver plusieurs fois par jour, pour se laver de la souillure qu’elles ont connu. Se laver plusieurs fois lui permet de penser qu’elle n’est plus sale ». Ces femmes expriment aussi agressivité et colère, envers leur entourage. « Cette colère est adressée contre leurs agresseurs. Ce sont des inconnus, qui les ont violées, qu’elles ne verront jamais. »

Pour André Tabo, les victimes ne peuvent assouvir un désir de vengeance.

 

 

 

CPI/BEMBA - UN PSYCHIATRE DEPOSE SUR LES CONSEQUENCES DES VIOLS EN CENTRAFRIQUE

La Haye, 13 avril 2011 (FH) - Le médecin chef du service de psychiatrie de l'hôpital de Bangui dépose depuis mardi, à la demande du procureur, contre Jean-Pierre Bemba. André Tabo a suivi pendant plusieurs années les victimes de viols commis durant la guerre en Centrafrique, en 2002 et 2003. Jean-Pierre Bemba est poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, notamment pour les viols perpétrés par ses miliciens du Mouvement de libération du Congo (MLC), envoyés en Centrafrique pour soutenir le président d'alors, Ange-Félix Patassé, menacé par une rébellion.

Depuis la guerre, le psychiatre centrafricain a traité 371 victimes de viols. Outre les effets psychologiques, de nombreuses femmes violées sont tombées enceintes, et certaines ont contracté le virus du Sida ou la syphilis.

Par ailleurs, elles sont le plus souvent durement stigmatisées par la population, désignées comme « les femmes des banyamulenges », nom donné aux soldats venus du Congo-Kinshasa voisin. « Le sentiment de culpabilité, de honte » est présent. « L'une m'a dit ‘j'aurais dû ne pas être belle à ce moment là' » a raconté le témoin. « C'est un sentiment de culpabilité, vis-à-vis d'elle-même et de son conjoint ».

Ceux-ci ont souvent rompu le lien conjugal « parce qu'ils estiment que la personne ne peut plus être leur conjoint. Dans certains cas, les enfants ont été retirés », a déclaré le psychiatre. Interrogé par le substitut du procureur, Jean-Jacques Badibanga, sur l'impact psychologique sur les témoins de ces viols, le psychiatre a estimé que « certains enfants ont eu des difficultés scolaires, par rapport à ce qui se dit ou se fait dans le quartier ou à l'école. Par rapport au conjoint, la difficulté c'est de rester loyal par rapport à l'engagement conjugal et supporter la stigmatisation des autres. Ils ne nomment plus ‘Paul', comme ‘Paul', connu du quartier - a donné pour exemple le psychiatre - mais comme le mari de la femme qui a été violée ».

Violées, ces femmes souffrent de dépressions graves, ressentent des pulsions suicidaires, certaines « ont commencé à prendre de l'alcool et des drogues de façon abusive, pour lutter contre les flashbacks, pour ‘s'évader' de leur traumatisme psychologique ». Pour elles, la peur est présente au quotidien. « Peur d'aller au marché, parce qu'elles pouvaient, en rencontrant un homme en arme, se souvenir de leur viol. Elles pouvaient aussi avoir peur d'être montrées du doigt".

Au cours des traitements, le psychiatre a aussi noté que certaines femmes souffrent du « rituel de lavage ». André Tabo estime que plusieurs victimes « ont élaboré un mécanisme pour se laver plusieurs fois par jour, pour se laver de la souillure qu'elles ont connu. Se laver plusieurs fois lui permet de penser qu'elle n'est plus sale ». Ces femmes expriment aussi agressivité et colère, envers leur entourage. « Cette colère est adressée contre leurs agresseurs. Ce sont des inconnus, qui les ont violées, qu'elles ne verront jamais. » Pour André Tabo, les victimes ne peuvent assouvir un désir de vengeance.

Jeudi, les avocats de la défense contre-interrogeront le témoin. Le procès de Jean-Pierre Bemba a commencé le 22 novembre 2010. Le sénateur congolais avait été arrêté en Belgique, le 24 mai 2008 et transféré à la CPI, aux Pays-Bas où il est incarcéré depuis le 3 juillet 2008.

SM/ER/GF  

© Agence Hirondelle

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 23:58

 

 

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Source : Gabon Matin 13-04-2011

On s’achemine vers le procès des fonctionnaires gabonais impliqués dans le scandale financier qui a éclaboussé la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) en octobre 2009. Selon le quotidien "Gabon Matin", le premier cabinet d’instruction du tribunal de première instance de Libreville a tranché et les «les éléments du dossier communiqués aux prévenus sont sans appel», pour deux fonctionnaires notamment.

Le premier cabinet d’instruction du tribunal de première instance de Libreville a rendu ses conclusions. Plusieurs fonctionnaires gabonais impliqués dans le scandale financier de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) seront présentés à la justice, a rapporté le quotidien "Gabon Matin" du 13 avril.

L'ancien comptable du Bureau extérieur de la BEAC à Paris de 1992 à 2009, Armand Brice Nzamba, en détention provisoire depuis le 6 octobre 2009, sera jugé pour «abus de confiance aggravé, faux et usage de faux», a indiqué le journal. Son épouse, quant elle, sera présentée devant la justice pour «recel». «Elle devrait s’expliquer au tribunal sur la provenance des fonds destinés à la gestion des multiples sociétés de son époux», souligne le quotidien.

Incarcéré depuis le 13 juillet 2010, l’ancien directeur de la comptabilité au siège de la banque à Yaoundé, au Cameroun, Maurice Moutsinga, quant à lui, a sera jugé pour «complicité, abus de confiance aggravé et recel», selon le journal pro-gouvernemental.

 «En revanche, les autres ressortissants gabonais citées dans cette affaire pour avoir profité des fonds issus de cette pompe à finances hors normes, s’en tirent à bon compte. Des non-lieux ont été requis. L’instruction a démontré, après leurs auditions et des enquêtes minutieuses menées aussi bien à Paris, Yaoundé, Libreville et autres, qu’ils (ces compatriotes) ignoraient que les fonds remis ou versés dans leur compte par (…) Armand Brice Nzamba, avaient une origine frauduleuse», a affirmé Gabon matin.

Les résultats de l'enquête menée au sein de la banque depuis la mise en lumière de ces malversations, ont relevé qu'entre 2004 et 2009, 16,5 milliards de francs CFA ont été détournés au bureau parisien de la Beeac au profit de 139 personnes. Ces sommes ont été détournées «au moyen de chèques, virements, retraits en espèces et titres de transport» frauduleux, selon ce rapport d’enquête.

L’ancien gouverneur de la BEAC, Philibert Andzembe, avait été démis de ses fonctions le 17 janvier 2010 et remplacé par l’Equato-guinéen Lucas Abaga Tchama, qui était, selon certaines sources, venu évoquer à Libreville le 29 janvier de cette année, le cas des fonctionnaires gabonais avec le président Ali Bongo. On ignore toujours, cependant, quel sera le sort de Philibert Andzembe.

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 23:56

 

 

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Libye: Doha offre de l'argent, la reconnaissance du CNT, mais pas d'armes

DOHA - AFP / 13 avril 2011 19h26 - Le Groupe de contact sur la Libye a décidé mercredi à Qatar de fournir une aide financière aux rebelles libyens ainsi qu'un appui matériel, évitant d'évoquer explicitement des équipements militaires.

Le Groupe a déclaré également que le Conseil national de transition (CNT) était le représentant "légitime" du peuple libyen, et répété la nécessité du départ du colonel Mouammar Kadhafi pour mettre un terme à la crise libyenne.

Selon son communiqué final, la réunion de Doha, qui a rassemblé une vingtaine de pays et d'organisations sous la coprésidence de la Grande-Bretagne et du Qatar, a décidé de mettre en place "un mécanisme financier temporaire" pour aider le CNT, organe politique de la rébellion.

Ce mécanisme servira à "doter le CNT et la communauté internationale de moyens pour gérer les aides et répondre aux besoins urgents" des régions contrôlées par la rébellion dans l'est du pays.

Aucune indication n'a été donnée sur la dotation de ce fonds et sur les pays qui doivent y verser des contributions, mais la rébellion avait indiqué avant la réunion qu'elle attendait que des fonds gelés dans le cadre des sanctions contre le régime du colonel Kadhafi soient mis à sa disposition.

Le communiqué lu par le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, devant la presse estime que "le maintien du régime (du colonel) Kadhafi menace tout règlement de la crise".

Il "souligne la nécessité pour Kadhafi de se démettre du pouvoir" afin de "permettre au peuple libyen de décider de son avenir".

"Le CNT est un interlocuteur légitime et représente les aspirations du peuple libyen" au changement, ajoute le communiqué, satisfaisant dans le principe une demande de la rébellion. Pour le moment, seuls la France, l'Italie et le Qatar ont reconnu le CNT. D'autres pays européens et les Etats-Unis hésitent encore.

Le Groupe de contact a également décidé de fournir un soutien à la rébellion, dont "un soutien matériel" en accord avec les résolutions 1970 et 1973 de l'Onu, qui prévoient notamment un embargo sur les armes.

Interrogés sur la portée de cette décision, les ministres britannique et italien des Affaires Etrangères, William Hague et Franco Frattini, ont semblé diverger sur l'interprétation des résolutions de l'Onu.

M. Hague a évoqué la fourniture de moyens de communications, mais M. Frattini a estimé que "la résolution 1973 n'interdit pas de fournir des armes, des armes non offensives, des armes d'auto-défense".

"Ou bien nous fournissons à ces gens les moyens de se défendre, ou nous nous libérons de l'obligation de défendre la population de la Libye", a-t-il ajouté devant la presse.

Cheikh Hamad a souligné que "le peuple libyen a le droit d'assurer sa défense face aux attaques continues des forces pro-Kadhafi". "L'autodéfense nécessite des équipements, qui ne soient pas offensifs mais défensifs", a-t-il ajouté.

Le communiqué a également appelé à "un cessez-le-feu immédiat" en Libye et réclamé que les troupes du colonel Kadhafi "se retirent de toutes les villes où elles sont entrées par la force".

La deuxième réunion doit se tenir en Italie à une date qui devra être déterminée "dans un proche avenir", selon le communiqué.

(©)

 

Libye : le Qatar a fourni des missiles antichars Milan aux rebelles

TRIPOLI - AFP / 13 avril 2011 23h48 - Le vice-ministre libyen aux Affaires étrangères Khaled Kaaim a indiqué mercredi soir que le Qatar a fourni des missiles antichars de type Milan, de fabrication française, aux rebelles à Benghazi (est).

"Le Qatar a envoyé des missiles français Milan aux rebelles à Benghazi", a indiqué le ministre au cours d'une conférence de presse.

Il a ajouté que des experts qataris étaient sur place à Benghazi, fief de l'opposition libyenne, pour entraîner les rebelles dans le "camp de 7 avril" dans cette ville, située à 1.000 km à l'est de Tripoli.

Le Qatar et la France font partie de la coalition internationale qui mène l'intervention militaire en Libye.

 

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 22:26

 

 

 

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Feindiro

 

 

La Haye, 11 avril 2011 (FH) - Le procureur général de Bangui, Firmin Feindiro, a poursuivi sa déposition contre Jean-Pierre Bemba, les 7 et 11 avril, devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI). Le sénateur congolais et président du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) est accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour les viols, meurtres et pillages commis par ses soldats en Centrafrique, entre octobre 2002 et mars 2003. Le MLC avait été appelé en renfort par le président centrafricain d'alors, Ange-Félix Patassé, menacé de coup d'état par son rival, le colonel François Bozizé, aujourd'hui au pouvoir.

Depuis le début du procès, le 22 novembre 2010, Jean-Pierre Bemba affirme qu'il n'est pas responsable du comportement de ses troupes en Centrafrique qui, selon lui, étaient placées sous le contrôle de l'ex-président Patassé. Au cours du contre-interrogatoire de Firmin Feindiro, la défense de Jean-Pierre Bemba a pu, sur certains points, consolider cette thèse.

Le procureur général de Bangui avait conduit une enquête judiciaire à la demande de l'état centrafricain, qui en janvier 2005, avait finalement renvoyé l'affaire au procureur de la Cour pénale internationale. A l'époque, Firmin Feindiro avait estimé, dans ses réquisitions, que Jean-Pierre Bemba devait être « mis hors de cause ». Il motivait sa proposition en écrivant que « jusqu'à présent, rien ne permet de prouver sa participation directe à la commission des faits perpétrés par ses hommes » et que « s'il n'est pas contesté qu'il a envoyé sa troupe à la demande du sieur Ange-Félix Patassé, il en demeure étranger quant à leur utilisation sur le terrain ».

Contre-interrogé par Aimé Kilolo, l'un des avocats de Jean-Pierre Bemba, Firmin Feindiro a expliqué qu'« effectivement, c'est moi qui l'ai écrit de ma main » car « aucun des témoins n'avait encore cité Bemba comme étant un auteur matériel direct ».

Lors de son contre-interrogatoire, le témoin a précisé que pendant la guerre, « les instructions venaient de Patassé, qui dirigeait les choses, enfin presque. S'agissant du MLC, les commandants du MLC  géraient les troupes et ce sont eux qui donnaient les ordres. »

S'appuyant sur les propos du témoin, la défense a estimé que Jean-Pierre Bemba ne faisait pas partie de la chaine de commandement. « Les ordres étaient donnés par Ange-Félix Patassé, transmis au général Bomayake, puis au général André Mazi, de l'armée centrafricaine, qui les répercutait au colonel Moustapha, du MLC » a affirmé maître Kilolo. « Dans les premiers moments, c'est possible, a répondu le témoin. Mais il y a des nuances, dans les ordres et la répercussion des ordres. Au début les FACA [Forces armées centrafricaines] ont travaillé avec les troupes du MLC. Mais par la suite, à partir de l'incident [indicent survenu mi-novembre 2002 entre l'armée centrafricaine et les soldats du MLC], la situation ne se déroulait plus de cette manière. »

Jean-Pierre Bemba avait été arrêté en Belgique le 24 mai 2008 et transféré au siège de la Cour, à La Haye, le 3 juillet.

SM/GF  

© Agence Hirondelle

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:02

 

 

 

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Marianne Dimanche 10 Avril 2011

Jean-Dominique Merchet, http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense

Les nouvelles ne sont pas bonnes. Ni en Libye, ni en Côte d'Ivoire, où nos forces armées sont engagées dans des combats politiquement incertains. Peu d'observateurs et d'experts se risquent à briser le consensus sur ces actions, à en interroger, non seulement l'efficacité, mais également l'opportunité et la légitimité. Il le faut pourtant, sans pour autant se départir d'un soutien inconditionnel aux militaires français qui y participent en notre nom. Car ces guerres ne sont pas celles de l'armée française, elles sont celles de la France et des Français. Cela nous engage tous, nous les citoyens français.

 En Libye : les frappes aériennes durent depuis plus de trois semaines et Kadhafi est toujours là. Les mauvaises surprises s'accumulent.

1) La capacité de résistance et d'adaptation des troupes loyalistes, qui agissent de manière professionnelle et rationnelle. Leur aviation a été détruite, leur "poing blindé" également. Ils utilisent des véhicules banalisés, se réfugient dans les zones urbaines, misent sur leur artillerie d'une portée de 20 km. Bref, ils se protègent et gardent l'initiative sur le terrain. Faut-il s'en étonner ? La guerre serait si jolie si l'ennemi se comportait comme un allié, s'offrant sans résister ni répondre à nos coups, et se conformant poliment à nos désidératas. Grâce à ses milliards et à de vieilles solidarités tribales, Kadhafi conservent des troupes et des bastions. Il peut même faire appel à des mercenaires, et pas les plus nuls comme ces Tchadiens que l'armée française a depuis longtemps appris à respecter. Notre problème, à nous occidentaux, c'est que nous méprisons trop nos ennemis. On s'attendait vraiment à ce qu'ils se débandent au premier passage d'un avion de chasse dans le ciel ?

2) L'inexistence militaire de l'insurrection. Pour qualifier les "forces" insurgées, mon confrère du Figaro Adrien Jaulmes a trouvé une excellente formule : "des manifestants armés". Rien d'autre. Les insurgés n'ont aucune capacité militaire : il aurait été utile de s'en rendre compte avant de s'engager dans une guerre qui reposait sur deux idées : dans le ciel, les Occidentaux, au sol, les insurgés. Il manque un élément de cette équation... Où sont les rapports initiaux sur l'évaluation de leurs capacités ? Qui, à part BHL, a fourni des données fiables ? Devant une telle impréparation, mieux vaut rire que d'avoir à en pleurer... Que voit-on aujourd'hui ? Des insurgés qui aimeraient que l'Otan gagne leur guerre à leur place. Ils dénoncent l'inaction des forces occidentales et, d'un même geste, les quelques bavures. Comme si ces bavures n'étaient pas la conséquence malheureusement inévitable de l'action aérienne. Plus de frappes, ce sera plus de bavures. Sachant que l'insurrection n'a aucune chance de conquérir la Tripolitaine, on fait quoi, chef ?

3) La coalition fragilisée. Les médias français ont été d'une grande discrétion sur l'information capitale de cette semaine : le retrait américain. Depuis lundi soir, l'aviation américaine ne participe plus aux frappes, même si elle continue à fournir du soutien (ravitaillement, guerre électronique, contrôle). La France avait contraint les Etats-Unis à s'engager dans une guerre dont ils ne voulaient pas... à l'exception de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. Deux semaines (et deux tiers des frappes...) et puis s'en va ! La France se retrouve en première ligne, avec une moyenne de 32 sorties quotidiennes et onze cibles détruites en une semaine. Avec Paris ? Les Britanniques, dont l'effort est moins important. Le reste ? Les Italiens ne font que du "show of force", les Espagnols du soutien, les Qataris ne restent que 15 minutes au-dessus de Benghazi pour y chasser d'improbables avions libyens, etc.  Voilà la réalité militaire de cette coalition. Quant aux conséquences politiques, le tableau n'est pas brillant : des Etats-Unis timorés, une Europe divisée, des pays du Sahel hostiles, des Russes, des Chinois, des Brésiliens, des Indiens contre...

En Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo est toujours là et il semble même avoir repris provisoirement du poil de la bête. Le weekend dernier sa chute semblait imminente, comme celle de Kadhafi il y a un mois. Le monde serait-il plus compliqué qu'on nous le serine ? Que voyons-nous ? A l'automne dernier, la France estimait que la Cote d'Ivoire était engagée dans un "cycle vertueux " qui allait permettre le départ des troupes françaises. Paris se tenait, autant que faire se pouvait, à l'écart de la scène ivoirienne. Sage politique. Tout a dérapé avec l'élection présidentielle et la France, comme la communauté internationale, a pris fait et cause pour le président Alassane Ouattara, légalement élu. Face aux blocages politiques, il n'y a avait que deux solutions : la négociation ou la force. La force a prévalu. On voit donc la France se réimpliquer militairement comme jamais dans une crise interne africaine, avec le spectacle de nos hélicoptères de combat ouvrant le feu sur des sites présidentiels... Les troupes de Ouattara ont reçus de l'aide bienveillante de la part des Français... Il est vrai que le président Ouattara est un ami : ancien directeur adjoint du FMI, marié à une Française (qui gérait le fortune d'Houphouët-Boigny) par Nicolas Sarkozy lui-même à Neuilly, en présence de leur ami commun Martin Bouygues... Ouattara a été élu, s'assurant des scores soviétiques dans les zones tenues par ses troupes. Des troupes, les ex-Forces nouvelles que les militaires français connaissent bien. Pas toujours recommandables. Il faut lire le dernier rapport de l'association Human Rights Watch pour découvrir les exactions (massacres ethniques, viols, etc) qu'elles ont commises dans l'ouest du pays. Les Français savent-ils vraiment que ces troupes sont nos alliées ? Certes, le camp d'en face n'est guère plus recommandable....

La Libye et la Cote d'Ivoire sont-elles nos guerres ? Du point de vue du droit international, rien à redire. La France agit dans le cadre de résolutions des Nations Unies (1973 et 1975)... qu'elle a fait adopter. Mais fallait-il vraiment le faire, fallait-il tant d'activisme ? A chacun d'en juger, mais avec toutes les cartes en main.

 

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Published by Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:00

 

 

 

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Nouvelobs.com a rencontré l’avocat et ami de Laurent Gabgbo, Jacques Vergès, et le conseiller du président sortant Alain Toussaint. D’une même voix, ils condamnent l’attitude de la Franceet de l’Onuci qu’ils accusent d’être complices des massacres découverts dans l’Ouest. Par Sarah Diffalah

Etes-vous en contact régulieravec Laurent Gbagbo ?

Jacques Vergès : - J’ai, par ses amis, des communications indirectes, et je peux vous dire qu’il est calme et va très bien. Ses ministres sont autour de lui et les jeunes protègent sa résidence présidentielle. De mon côté, j’organise des conférences de presse avec son porte-parole en France, Monsieur Toussaint, dans mon cabinet.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé mercredi vouloir ouvrir uneenquête sur des "massacres commis de façon systématique ou généralisée". Que risque Laurent Gbagbo ?

Jacques Vergès : - Pour l’instant, il n’est pas encore poursuivi même si tout le monde le voit déjà devant les tribunaux. C’est une hypothèse que je n’envisage même pas. Car je pense qu’en ce moment, les choses tournent à l’avantage de Laurent Gbagbo.

Luis Moreno-Ocampo avait assuré à la demande d’Alassane Ouattara qu’il enquêterait sur les crimes commis depuis septembre 2002. S’il avait trouvé quelque chose, on le saurait. Par contre, si la CPI joue son rôle c’est Alassane Ouattara qui sera mis en cause. L’Onu et la Croix rouge internationale ont clairement reconnu des crimes contre l’humanité à Duékoué.

 Alain Toussaint : - Le procureur Ocampo utilise la CPI à des fins politiciennes et comme outil de pression. On a jamais brandi ce chiffon rouge à Ouattara alors qu’il est largement impliqué dans les récents massacres de l’ouest et d’autres plus anciens dans le Nord du pays.

Si les massacres à Duékoué sont bien réels,on ignore encore les responsables…

Alain Toussaint : - On a des témoignages qui accusent clairement le camp d’Alassane Ouattara que nous transmettrons à la justice. On a présenté les massacres dans l’Ouest comme des affrontements intercommunautaires mais il s’agit bien d’épuration politico ethnique. Ce sont des partisans du président Gbagbo qui ont été assassinés. Le choix de Duékoué n’est pas innocent d’ailleurs, puisque ses habitants avaient refusé qu’Alassane Ouattara fasse campagne chez eux alors qu’il attendait aux portes de la ville. Les tueries sont une manière de leur faire payer cet affront. On ne peut pas renvoyer dos-à-dos les deux camps. Alassane Ouattara est le principal responsable, voire le seul responsable.

Jacques Vergès : - Alassane Ouattara dit dans la presse que sur la totalité des morts comptés, il est peut-être responsable de la moitié. C’est fantastique comme aveu ! Il dit aussi que les personnes tuées étaient des combattants. Ce qui est encore plus grave parce qu’on ne tue pas des combattants, on les fait prisonniers.

Vous, Jacques Vergès, avez exprimé votre intention de porter plainte contre la France pour crime contre l’humanité et crimes de guerre. Sur quels éléments vous reposez-vous ?

Jacques Vergès : Je dis que la France aide et inspire. C’est le patron. Quand Alassane Ouattara est en difficulté à Abidjan, il en appelle à sa force. Si la complicité de la France avec la bande d’assassins s’avérerait prouvée, je serais le premier à porter plainte et à plaider pour les victimes contre les militaires qui se seraient rendus coupables. Pour l’instant je n’ai pas d’éléments.

Alain Toussaint : Nous, nous avons des témoignages vidéos et audio. Nous avons la preuve que la France est la complice active de ces massacres-là. Souvent même elle regarde, elle assiste et elle ne dit rien. Elle passe sous silence tous les crimes.

 Je ne peux pas croire à l’excuse de leur sous-effectif. La force Licorne, sous mandat de l’Onu, est une autorité, il suffit qu’elle s’interpose pour que les velléités s’arrêtent. La France a même pris part aux combats aux cotés de la rébellion à Abidjan. À Yopongon (un quartier d’Abidjan pro Gbagbo NDRL), les hélicoptères français ont ouvert le chemin aux rebelles engendrant des dommages collatéraux.

Laurent Gbagbocritique aussi le rôle de la France...

 Jacques Vergès : - Qu’est-ce qui permet à la France de juger ce qui se passe ailleurs ? Je ne comprends pas du tout ses méthodes. Elle se comporte comme le gendarme du monde. On se demande vraiment ce qu’elle fait là-bas. L’époque du colonialisme est passée. Il y a eu un contentieux électoral qui concerne un pays indépendant, à lui de régler son problème en recomptant les voix comme je l’avais proposé. On a critiqué le Conseil constitutionnel qui a établi la victoire de Laurent Gbagbo, mais cette institution est organisée sur le modèle français ! La France est prise dans un tourbillon de folie. On se croirait au début du XIXe siècle. On conteste le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire comme on conteste la Cour suprême de Mexico dans l’affaire Cassez.

Si j’étais à sa place, je serais gêné, parce qu’en ce moment Ouattara passe pour le candidatde l’étranger.

Laurent Gbagbo est acculé dans son bunker,Alassane Ouattara affirme qu’il est soumis à un blocus. La fin du président sortant ne fait plus trop de doute…

Alain Toussaint : - Tout ceci est faux. D’abord Laurent Gbagbo ne vit pas dans un sous-sol comme je l’entends dire partout. Simplement, comme dans toute résidence présidentielle il y a des abris.

Ensuite, je peux dire qu’il est libre de ses mouvements puisqu’il est sorti de sa résidence vendredi pour aller enregistrer un discours à la Radio télévision ivoirienne (RTI) (la RTI se situe à deux pas de la résidence dans le périmètre de sécurité du camp Gbagbo NDLR). Nous tenons tous les camps militaires, le palais présidentielet les programmes de la télévision ont été rétablis par nos soins. Franchement quand on tient tout cela, qu’est-ce que nous ne contrôlons pas ? Les liens avec la population vont être renoués grâce à la réparation de la RTI, on peut donc dire que Laurent Gbagbo tient les rênes du pouvoir.

Le discours de Ouattara jeudi était destiné à apeurer la population pour qu’elle reste terrée chez elle. Ce qui arrange les forces d’Alassane Ouattara et les forces françaises c’est qu’il y ait le moins de monde possible dans les rues pour maintenir à Abidjan ce climat de peur. Le retour à la normal ne les arrange pas. Ce que nous subissons, c’est une guerre de la communication avec une forte propagande menée par les forces françaises et onusiennes. La France a construit pour Alassane Ouattara une télévision pour qu’il puisse prononcer ses discours. Alassane Ouattara est dans le mensonge, il voudrait renvoyer l’image d’un démocrate, d’un homme épris de liberté alors que c’est un chef de guerre.

Alain Juppé a pourtant assuré que Laurent Gbagbonégociait son départ…

Jacques Vergès : - Il n’est pas interdit aux dirigeants français de rêver. Malheureusement leurs rêves sont des cauchemars pour les autres. Les Français expliquent qu’Alassane Ouattara exige de Laurent Gbagbo une reconnaissance écrite de sa victoire électorale. Pour moi cela signifie clairement qu’Alassane Ouattara doute de sa victoire prétendue et qu’il a besoin d’une reconnaissance authentifiée pour assurer ses arrières. Quand le général De Gaulle arrive en 1944, il n’exige pas que Pétain crie vive De Gaulle !

Mais comment Laurent Gbagbocompte-il s’en sortir ?

Alain Toussaint : - Lorsque Alassane Ouattara a fait son discours jeudi soir, aucune liesse ne s’est produite dans le pays. C’est bien la preuve que le pays ne le soutient pas. Il y a une vague populaire notamment à Abidjan où l’on défend Laurent Gbagbo.

Jacques Vergès : - La Russie vient de protester contre la manière dont a été faite l’entrée à Abidjan des pro-Ouattara, l’Angola vient de reconnaître Laurent Gbagbo comme seul chef légitime. Manifestement, la situation est en train de changer et l’opinion internationale est en train de renverser la tendance.

Alassane Ouattara était présenté jusqu’à maintenant comme une icône : le démocrate parfait qui attend qu’on lui donne raison aux urnes. Aujourd’hui, on voit un homme qui appelle l’armée française à tirer sur les troupes de son pays. Un homme qui est le chef, au moins nominal, d’une bande d’assassins qui a tué à la machette et au pistolet 600 ou 700 personnes dans l’ouest du pays. Son image s’est clairement dégradée.

Propos recueillis parSarah Diffalah

(Entretien réalisé le vendredi 8 avril)

 

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