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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 02:05

 

 

 


Antoine-Gambi.JPG

 

 

Radio Ndéké Luka jeudi, 08 Décembre 2011 13:10

 

Les Ministres des pays membres du comité consultatif permanent des Nations Unies, chargé de la Sécurité en Afrique Centrale sont réunis ce 8 décembre 2011 à Bangui, capitale de la Centrafrique. Leur rencontre fait suite à celle des experts dont les travaux se sont achevés mercredi dans la soirée. Principale décision, écrire au chef rebelle Tchadien Abdel Kader Baba Laddé et lui demander « d’arrêter ses exactions sur les populations civiles en Centrafrique ».

 

Antoine Gambi, ministre centrafricain des Affaires Etrangères a précisé à cet effet que « tout sera mis en ordre avec le soutien des 11 pays membres du comité consultatif ».  Le ministre Gambi qui a d’ailleurs affirmé que « les rebellions étrangères présentes dans le pays et qui commettent des pires exactions, doivent en être chassées par la seule Centrafrique, ou avec l’aide de nos voisins ou des pays amis ».

 

Les travaux des experts ont permis de faire un état des lieux de la situation géopolitique et sécuritaire en Afrique Centrale. Tous les pays conviés à ce grand rendez-vous sont présents ; ce qui a fait dire à Honoré Nzessiwé conseiller Diplomatique du Ministre centrafricain des Affaires Etrangères, lors de la cérémonie de clôture que « l’Afrique centrale est désormais déterminée à mettre fin aux aventures barbares de Baba Laddé et ses hommes sur le territoire centrafricain. Aujourd’hui, tous les pays de l’Afrique centrale aspirent à la paix, et aucun pays membre du conseil consultatif n’accepte plus ce genre de comportement ».

 

Entre temps, Baba Laddé a démenti le 7 décembre, les actes de violences perpétrés lundi contre un convoi au Village de Libi pour lequel ses éléments ont été mis en cause. Il soutient au contraire que « cette attaque est l'œuvre de rebelles manipulés par l'ambassade du Tchad à Bangui ». Il a toutefois reconnu que ses hommes prélèvent « une cotisation en contrepartie des services rendus pour assurer la tranquillité et la sécurité des éleveurs peuhls ».

 

Le gouvernement centrafricain pour sa part, a publié un communiqué, révélant avoir déployé dans le secteur des éléments de la Garde républicaine qui « ont mis en déroute les malfrats ». Le communiqué précise encore qu’ « à l'heure actuelle toute la localité est sous contrôle des éléments des forces armées centrafricaines et la population vaque librement à ses occupations ».

 

Les travaux des Ministres des pays membres du comité consultatif permanent des Nations Unies, chargé de la Sécurité en Afrique Centrale prennent fin le 9 décembre.

 

 

 

 

 

NDLR : "Le gouvernement centrafricain pour sa part, a publié un communiqué, révélant avoir déployé dans le secteur des éléments de la Garde républicaine qui « ont mis en déroute les malfrats ». Le communiqué précise encore qu’ « à l'heure actuelle toute la localité est sous contrôle des éléments des forces armées centrafricaines et la population vaque librement à ses occupations ».

 

On a appris ce soir que contrairement à ces affirmations du gouvernement, plusieurs boeufs appartenant au Pr Nestor Mamadou Nali ont été volés dans les environs de Damara par des hommes dont tout semble indiquer que ce sont les hommes de Baba LADDE qui visiblement rodent toujours dans la zone. Si les souhaits et autres incantations avaient suffi, Baba Laddé et ses hordes auraient déjà quitté le territoire centrafricain depuis belle lurette.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 03:28

 

 

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

Lettre ouverte au Peuple de l'Azawad

                                                                   Général Baba Laddé: "Vive le peuple de l'Azawad"

 

Peuple de l'Azawad, j'ai décidé de vous faire une déclaration, après un évènement qui nous concerne, vous et moi.

Il y a quelques temps d'anciens membres du Ganda Koy et du Ganda Iso ont fait savoir qu'ils souhaitaient me rejoindre pour avoir une formation militaire. J'ai compris q'ils voulaient faire une milice terroriste et j'ai refusé. Je leur ai dit la même chose qu'aux Peuls de Mauritanie, du Cameroun, de Guinée et au Peuls Mbororo de République Démocratique du Congo, qui m'ont fait une demande il y a quelques mois: "Vous êtes les bienvenus auprès de moi.

 

Mais je vous formerai au maniement des armes blanches uniquement pour vous défendre des bandits, et vous aurez une formation obligatoire pour être éleveur, cultivateur, forgeron, réparateur de moto, vous devrez apprendre les grandes langues internationales et les langues locales, certains pourront avoir une petite formation d'enseignant ou d'aide-soignant".

 

Si vous ne me connaissez pas, je tiens à me présenter. Je suis le général Abdel Kader Baba Laddé né le 21 juillet 1970 né à Gounou-Gaya dans le Mayo Kebbi au Tchad. Je suis Peul du Tchad et je dirige un mouvement politico-militaire, le Front Populaire pour le Redressement, basé en ce moment en République Centrafricaine. Nous nous battons contre la dictature d'Idriss Déby Itno du Tchad.

 

Venons en à la situation du Nord- Mali, l'Azawad. J'aime cette région, ses paysages de l'Adrar des Ifoghas, les villes de Gao ou Tombouctou et surtout j'aime sa population. Que vous soyez Peuls, Songhais, Touareg ou Arabes, vos cultures sont riches et il faut les protéger. Vous devez être unis pour développer votre région. Touareg, Arabes, Songhais, Peuls, vous êtes frères et vous vivez dans un beau pays, vous êtes le fier peuple de l'Azawad et je dis "Vive le peuple de l'Azawad".

 

Votre problème politique est complexe. Je soutiens certaines revendication du Ganda Koy et du Ganda Iso car ces gens ont peur, peur d'être dominé, d'être des citoyens de seconde zone dans un Azawad indépendant.

Je comprend aussi les revendications du Mouvement National de Libération de l'Azawad. Vous voulez la liberté car les régions de Kidal, Tombouctou et Gao sont marginalisées et pauvres. Vous voulez que la culture Tamashek soit reconnus à sa juste valeur. Je vous comprend amis du MNLA.

 

Mais réfléchissons, pourquoi l'état du Mali ne vous correspond pas? Oui il y a de la corruption et du clientélisme mais il existe partout. Comparé au Tchad, le Mali est une démocratie. Alors je ne sais pas, faut il un Mali uni, un Mali fédéral ou un Azawad indépendant. Ce n'est pas à moi de vous donner la réponse mais je souhaite vous aider à réfléchir à ce sujet. Surtout j'interviens pour qu'il y est la paix entre les différentes tribus touaregues, qui ne sont pas d'accord entre elles, et qu'il y est la paix avec les Arabes, les Songhais et les Peuls.

 

Les questions d'indépendance sont toujours difficiles. A titre personnel, je me battrais contre ceux qui veulent l'indépendance du sud du Tchad, car ça serait une fracture religieuse alors que d'énormes choses unissent les Tchadiens entre eux.


J'étais partisan que l'Erythrée prenne son indépendance de l'Ethiopie. Je suis partisan que l'Ogaden prenne son indépendance de l'Ethiopie et soit rattaché à la Somalie, je suis pour que le Puntland et le Somaliland réintègre la Somalie dans un cadre fédéral. J'ai été heureux que le Kosovo devienne indépendant, mais je suis contre la division de la Bosnie entre Serbes, Croates et Musulmans car ils ont toujours vécu ensemble. Pour la Tchétchénie, je suis pour qu'elle forme un état indépendant et fédéraliste avec les autres républiques du Caucase. Je suis pour que le Sahara Occidental soit indépendant du Maroc.

 

D'autres questions m'interroge: Certains Tchadiens veulent former un " grand Tchad" réunissant le Tchad, la République Centrafricaine, le Darfour, les régions kanouri du Cameroun, du Nigeria, du Niger, les régions toubous du Niger et de Libye. C'est un beau projet pour former un pays fort mais fédéral, qui est unis historiquement et culturellement, mais les Centrafricains seraient ils d'accord, je ne sais pas et c'est à discuter.

 

J'ai des doutes aussi sur certaines revendications et évènements. Que pensez de l'indépendance du Sud-Soudan, cela ne va t-il pas créer de nouvelles guerres? Le Soudan du Sud ne va t-il pas tomber sous l'influence de l'Ouganda, dont le dictateur était un agent de la CIA et occupe une partie de la République Démocratique du Congo, du Sud-Soudan, de la Centrafrique et est présent en Somalie.

 

La population de la Casamance veut elle son indépendance? La divison du Nigeria serait elle une bonne chose?

Et regardons la joie des Ivoiriens après la fin de la division de leur pays, Sénoufo, Dioula, Bété, Baoulé étaient fier d'être ivoirien. Sans parler de la chute du mur de Berlin et la réunification allemande.

 

Surtout peuple de l"Azawad, ne soyez pas manipuler: les Américains et les Algériens poussent pour que les Touareg rentre en guerre contre AQMI. Certains Touareg sont pret à l'accepter pour obtenir des armes et les retourner contre Bamako. Mais pensez que les hommes d'Al Qaida au Maghreb Islamique sont des êtres humains, certes dans l'erreur, mais des humains. Voyant le monde désastreux où capitalisme, sexualité perverse et corruption règnent, ils ont choisit de détruire ce monde. Il y a 70 ans ils auraient été communistes, il y a 110 ans ils auraient été anarchistes, en 2011 ils sont salafistes jihadistes.

 

J'ai aimé parler avec eux, même si je suis en désaccord total sur la facon de changer le monde. J'ai essayer de leur expliquer que c'est par l'éducation qu'ils trouveront un métier, seront reconnus dans leur communauté et ainsi ils pourront faire changer le monde.

Les jihadistes sont les enfants de Dieu, mais le MNLA est tout autant enfant de Dieu et les Ganda Iso sont aimé de Dieu. Les soldats maliens sont dans le coeur de Dieu. Bref, tous les enfants de l'Azawad sont aimé d'Allah.

 

Parlons aussi du trafic de drogues, de cigarettes et de voitures qui existent dans l'Azawad. Cela sera impossible à éliminer, la population vie grace à ça. Mais cela doit diminuer, comment? Encore par l'éducation, et par le tourisme.

 

Enfin je finirais par dire qu'il ne faut pas accuser les occidentaux de tous les maux du continent noir. Oui ils pillent l'Afrique, mais nous avons notre part de responsabilité. Mais le pire, c'est que certains occidentaux qui détestent leur propre civilisation mais ne connaissent pas l'Afrique non plus, disent que l'Afrique va mal car les Européens l'ont découpé sans tenir compte des ethnies. Souvenons nous des empires du Ghana, du Mali, Songhai, du Kanem-Bornou, des Almoravides. Tous ces états précoloniaux étaient pluri-ethniques. Il y a toujours eu des états en Afrique et ils ont toujours été multiethniques et c'est une richesse!


Et regarder le Cameroun. Un Kanouri de l'extrême nord peut parler arabe, foulbé, bamiléké, fang, français, anglais et avoir des notions d'allemand.

L'Afrique est sur la bonne pente, nos étudiants réussissent dans les écoles occidentales mais gardent leur culture africaine et vont venir relever l'Afrique.

Nous politico-militaires sommes là pour renverser les dernières dictaures puis nous abandonnerons les armes.

 

Donc MNLA, discutez avec le président ATT, dialoguez avec Ganda Iso, éduquez AQMI, et là vous prendrez votre décision: l'Azawad sera il mieux en tant qu'état indépendant ou dans un Mali fédéraliste. Dans mon coeur le Touareg est autant malien qu'un Bambara ou un Soninké.

C'est au peule de l'Azawad de choisir. Vive le peuple de l'Azawad.

 

Pour le Tchad nous demandons des discussions sous l'égide de l'ONU, que tous les prisonniers politiques soient libérés et que le Tchad deviennent fédéraliste. En Centrafrique nous sommes beaucoup critiqués par les médias à cause de notre chasse aux zaraguinas et autres bandits, mais le peuple nous approuve. Nous souhaitons même collaborer avec les FACA, la gendarmerie, la police, l'APRD, l'UFDR, la CPJP, le MLCJ d'Abakar Sabone, le FPDC d'Abdoulaye Miskine pour que tous ensemble nous chassions la LRA de Joseph Kony de RCA.

 

Par ailleurs nous condamnons l'incendie de la bourgade Bokassa près de Baoro (environ de Bouar, Bozoum et Carnot) par des éleveurs. Cultivateurs et éleveurs doivent êtres unis. En Centrafrique, au Tchad et dans l'Azawad.

 

Si des gens de l'Azawad veulent dialoguer, ma nouvelle page facebook http://fr-fr.facebook.com/pages/général-Baba-Laddé/139225036167556

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:48

 

 

 

Gbagbo-CPI.jpg


7 décembre

 

Par Pierre Jacquemot, chercheur associé à l’IRIS

Laurent Gbagbo ; l’ancien président ivoirien est à la Haye depuis quelques jours. Il est accusé d’être le coauteur indirect de quatre crimes contre l’humanité, « meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains », commis dans son pays, alors qu’il refusait de quitter le pouvoir qu’il occupait depuis 10 ans, après avoir été battu aux élections en décembre 2010. Cette démarche mettant en branle la justice internationale n’est probablement pas contestable. Pourtant elle pose quelques interrogations.

On observe d’abord que l’Afrique au sud du Sahara contribue largement à la justice internationale. Après le Libéria, le Soudan, le Congo, la Centrafrique, à présent, c’est la Côte d’ivoire qui envoie devant la Cour Pénale Internationale l’un des ses autocrates, auteurs d’exactions sur sa population. Et il est le deuxième chef de l’Etat, après Charles Taylor. Un troisième, Omar El Béchir, est inculpé depuis 2009, mais il continue d’exercer ses fonctions et de voyager en toute impunité.

A part l’ex-Yougoslavie, qui aura donné autant ? Peut-on s’attendre à ce que la révolution arabe transfère bientôt ses tortionnaires à la Haye ? Ou faut-il craindre une justice à deux poids deux mesures ?

Comment les Ivoiriens interprètent-ils cette extradition ? Il faudrait assurément le leur demander. Mais il est certain qu’ils s’attendent à ce que les auteurs de crimes de l’autre bord, ceux des Forces nouvelles, soient aussi interpellés. Il y a eu 3000 tués pendant la guerre civile et, les torts sont certainement en partie partagés. Il faut donc une justice équitable. Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a promis de sanctionner aussi les responsables du camp Ouattara soupçonnés de crimes de guerre et contre l’humanité, mais aucun n’a encore été inculpé. Au contraire, certains chefs militaires de l’ex-rébellion ont été promus.

Il faut également une justice responsable, qui tienne compte du contexte ivoirien. Le pays est meurtri et divisé. Le processus de réconciliation entre les ennemis d’hier est en cours. Il mettra du temps. Le transfèrement de l’ex-président ne peut que susciter des frustrations. Le 11 décembre auront lieu les élections législatives. Les Ivoiriens peuvent se sentir légitimement lésés ne pas avoir « leur » procès dans leur pays, ce qui aurait été un moment fort dans le traitement du drame.

Laurent Gbagbo doit s’attendre à rester longtemps à la Haye avant son procès, comme Jean-Pierre Bemba, l’ancien vice-président congolais, détenu depuis trois ans. Les procédures de la CPI sont longues. Il restera le « diable » pour certains, un martyr pour d’autres. Encore une fois, les Ivoiriens se sentent dépossédés, comme ils le furent lorsque la Communauté internationale, via les Nations Unies, décida qui, d’Alassane Ouattara ou de Laurent Gbagbo, avait gagné les élections présidentielles. Il s’agit de prendre garde à ne pas nourrir l’irréductible ressentiment.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:05

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

BANGUI AFP / 07 décembre 2011 12h00 - Le chef rebelle tchadien Baba Laddé du Front populaire pour le redressement (FPR), dont les hommes vivent actuellement dans le centre de la Centrafrique, a démenti mercredi les actes de violences dont il est accusé et s'affirme toujours prêt à négocier.

Nous n'avons rien à voir avec l'attaque de lundi. Cette attaque est l'oeuvre de rebelles manipulés par l'ambassade du Tchad, a affirmé à l'AFP par téléphone satellitaire le général Baba Laddé à propos de l'attaque lundi d'un convoi par des coupeurs de route qui a fait trois morts à Libi village entre Damara (60 km nord de Bangui) et Sibut (100 km nord Bangui).

Dans un communiqué mercredi, le ministère centrafricain de la Défense a affirmé avoir déployé dans le secteur des hommes de la Garde républicaine qui ont mis en déroute les malfrats. A l'heure actuelle toute la localité est sous contrôle des éléments des forces armées centrafricaines et la population vaque librement à ses occupations.

Nous avons toujours lutté contre les coupeurs de route. C'est nous (le FPR) qui avons sécurisé les axes dans le passé, a-t-il assuré alors que le président centrafricain Bozizé l'a accusé lors des fêtes du 1er décembre d'être un escroc et un voleur de bétail qui dépossède les éleveurs peuls de leur bétail.

Il affirme être un défenseur des éleveurs peuls, mais c'est tout à fait le contraire. Il les traque, il vole leur bétail, il vole leur argent. Mais ceux-ci finiront par se retourner contre lui, avait déclaré le président Bozizé, alors que le préfet de la région de Bambari a accusé les hommes du FPR de vivre de pillage et de racket, ainsi que d'enrôler des jeunes peuls de force.

Joint depuis Libreville, Baba Laddé a aussi démenti ces accusations, reconnaissant toutefois prélever une cotisation en contrepartie des services rendus pour assurer la tranquillité et la sécurité des éleveurs peuls. Ce sont nos gens, nous les protégeons. Je peux comprendre le président Bozizé, nous sommes dans son pays, a-t-il ajouté Mais, nous voulons la paix. Nous sommes toujours prêts à négocier.

Baba Laddé a accusé le président tchadien Idriss Deby Itno de ne pas vouloir négocier. Il dit qu'il veut discuter avec tous les Tchadiens mais de quels Tchadiens parle-t-il ? Nous voulons des négociations avec la présence de la communauté internationale, a ajouté Baba Laddé.

Le FPR occupe depuis début août la localité de Pladama Ouaka située entre les villes de Bambari (centre) et Kouango, sans que les tentatives de négociation aient pu aboutir.

Le 10 août, le médiateur centrafricain Mgr Paulin Pomodimo avait affirmé avoir convaincu le général Abdel Kader Baba Laddé de se rendre à N'Djamena pour discuter, mais celui-ci s'était refusé fin août à toute négociation sans la présence de l'ONU.


(©)

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 16:30

Baba laddé signe l'accorde Bangui

Radio Ndéké Luka Mardi, 06 Décembre 2011 11:47

3 personnes ont été tuées et plusieurs autres sont encore sous soins intensifs à l’hôpital de Sibut, après une attaque commise par des hommes de la rébellion tchadienne des Forces Populaires pour le Redressement (FPR), du Général Baba Ladé. L’incident est survenu lundi 5 décembre 2011. C’est un convoi de le Société nationale des transports urbains (SONATU) qui rentrait de Kaga-Bandoro après le lancement des activités de cette société de transport dans ladite ville. L’attaque a eu lieu non loin du village de Libi à 115 kms de la ville de Bangui sur l’axe Sibut.

Selon les témoignages recueillis par Radio Ndeke Luka « les malfrats étaient au nombre de trois, tous armés de Kalachnikov. Ils ont ouvert le feu sur le convoi. L’un des chauffeurs a été atteint de deux balles et deux autres personnes ont été également touchées ».

Pris de panique, de nombreux passagers ont réussi à s’enfuir, chacun de son côté dans la brousse, pour trouver refuge. C’est d’ailleurs dans la débandade générale que beaucoup se sont blessés. Il y a eu 3 morts, une dame et deux garçons. Les assaillants, identifiés comme des éléments du chef rebelle tchadien Baba Ladé, ont pillé les bagages des passagers et empoté tout ce qu’ils ont pu.

Ils seront d’ailleurs contraints à suivre les malfrats avant d’être libérés plus tard par leurs ravisseurs au bout de quelques heures, mais après de longs kilomètres dans la brousse.

Jointe au téléphone à Sibut, où il se trouve en mission pour une production artistique dans la ville, Alex Ballu Journaliste culturel bien connu à Bangui, a rapporté à Radio Ndeke Luka que « les autorités de la ville, notamment le préfet, le sous-préfet, le maire et le député de la ville se sont rendus au chevet des malades à l’hôpital, mais les malfrats courent toujours».

Le chef d’orchestre du groupe Yoka Souka, à son arrivée à Bangui après avoir été libéré par ses ravisseurs, s’est présenté à Radio Ndeke Luka dans la matinée de mardi 6 décembre. Il témoigne : « il s’agit des éléments du rebelle Baba Ladé, parmi lesquels de jeunes Centrafricains qui sont désormais dans ce mouvement, car ils parlent le Sango (Langue nationale centrafricaine) ».

Les victimes ont été transférées par la gendarmerie de la localité de Libi, dans la ville de Damara (75km au nord de Bangui), d’où elles ont finalement pu regagner Bangui. Aucune réaction officielle du coté du gouvernement de Bangui, pour condamner cette attaque ne s’est pas encore faite entendre.

Il faut rappeler à ce sujet que le président François Bozizé, dans son allocution radiodiffusée du 30 novembre dernier, veille de la fête nationale, avait qualifié Baba Ladé, de « voleur de bétail ».

 

 

NDLR : Ces faits viennent rappeler aux participants et autres experts du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC) actuellement réunis pour leur 33ème réunion à Bangui depuis hier, l'implacable réalité que vit la RCA. Ils doivent aussi toucher du doigt l'invraisemblable incapacité des autorités de Bangui à s'attaquer au fléau de l'insécurité que sèment les mouvements rebelles étrangers sur le sol centrafricain, en particulier celui du criminel Baba Laddé que Bozizé se contente hélas de qualifier de simple "escroc et voleur de bétail ".

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 02:41

 

 

 

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 05 Décembre 2011 13:28


« Je suis touché de voir que même certains groupes qui ne sont pas centrafricains sévissent dans le pays et causent des exactions sur les paisibles populations civiles ». Ces propos sont ceux du Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique Centrale, Abou Moussa. Il les a tenus le 3 décembre 2011 au cours d’une conférence de presse organisée en prélude à la 33e réunion du comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale. Cette conférence démarre ce lundi 5 décembre à Bangui.


Le diplomate onusien faisait allusion d’une part à la LRA de Joseph Kony, d’autre part à la rébellion tchadienne dirigée par Baba Ladé, également installée sur le territoire centrafricain.

 

Si en ce qui concerne la LRA, Abou Moussa « considère qu’une solution pour Joseph Kony est déjà en cours», en revanche, il ne cache pas son inquiétude pour ce qui est de Baba Ladé. Tout en condamnant les exactions en territoire centrafricain, Abou Moussa considère cependant « qu’il faut continuer ensemble les pourparlers avec le gouvernement centrafricain et celui du Tchad, pour que ces hommes puissent rentrer chez eux ».

 

Lors de son interpellation par le législatif centrafricain le 26 novembre dernier à Bangui, Jean Francis Bozizé, ministre délégué à la défense nationale, avait affirmé que « Le gouvernement est au courant des exactions des hommes de Baba-Ladé. Nous allons relancer les négociations entamées pour que lui et ses hommes retournent au Tchad. Mais si le dialogue n'aboutit pas, nous allons prendre nos responsabilités ».

 

Le Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique Centrale a affirmé pour lui que « nous allons continuer les négociations pour que ce groupe puisse rentrer chez lui d’une manière pacifique ».

 

« Ce n’est pas acceptable qu’un groupe, qu’il soit externe ou interne, perturbe la vie au quotidien des populations » a-t-il encore dit en conclusion au cours de cette même conférence de presse.

 

Il faut rappeler à ce sujet, qu’il y a une semaine, les députés centrafricains ont interpelé le ministre délégué à la Défense sur cette situation. De plus en plus, des voix s’élèvent en Centrafrique pour reprocher au gouvernement son inaction face à l’occupation d’une partie du territoire par une rébellion étrangère. C’est depuis 2008 que la rébellion tchadien dénommée Forces populaires pour le redressement (FPR) s’est retranchée dans les préfectures du centre de la RCA. On estime à plus de 1000 hommes, ce contingent dirigé par le général Abdel Kader Baba Ladé.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 00:50

 

 

 

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

Joseph Kony et ses lieutenants

 

Radio Ndéké Luka dimanche, 04 Décembre 2011 14:08

 

La 33e réunion du comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale s’ouvre lundi 5 décembre 2011 à Bangui, capitale de la République centrafricaine. Pendant 5 jours, il sera question de faire un état des lieux de la situation géopolitique et sécuritaire en Afrique Centrale. Elle permettra également de prendre des mesures pour prévenir et consolider la paix dans la région.

 

Les principaux points qui seront débattus concerneront l’éradication de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony, la piraterie maritime dans le Golfe de Guinée, la sécurité transfrontalière et les conflits dans la région.

Au cours de sa conférence de presse qu’il a animé le 3 décembre au ministère des Affaires Etrangères à Bangui, le Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique Centrale, Abou Moussa a indiqué que « la recherche de la paix ne se fait pas à seul ». Il faisait allusion aux multiples accords de paix signés par les rebellions en Centrafrique sans suite favorable.

 

« La recherche de paix et de sécurité ne se résout pas par une seule équation », a dit Abou Moussa, qui pense que les négociations entamées en ce moment par la médiation centrafricaine, permettra de d’avoir une issue pacifique des crises dans le pays.

 

Conscient de la délicatesse des négociations, le Représentant de Ban Ki Moon pour l’Afrique centrale se veut pour illustration « la situation au le Libéria que j’ai eu personnellement à gérer, nous avons eu à signer 14 accords avant d’arriver à Madame Johnson que tout le monde devrait connaitre ».

 

Se montrant prudent, Abou Moussa a dit ne pas vouloir « arriver à la situation de Libéria en Centrafrique, mais c’est un exemple pour montrer que ce n’est pas aussi facile dans les négociations pour une paix durable, mais nous souhaitons tous un retour de paix en Centrafrique et dans la région ».

 

Le diplomate onusien s’est dit aussi fortement touché par la présence de la rébellion tchadienne de Baba Ladé en Centrafrique causant des exactions sur la population.


« Je suis plus touché de voir que même certains groupes qui ne sont pas centrafricains sévissent dans le pays et causent des exactions sur les paisibles populations civiles », s’est-il indigné.

 

Pour la situation de Baba Ladé, le Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique Centrale a affirmé que « nous allons continuer les négociations pour que ce groupe puisse rentrer chez lui ».

Rappelons que c’est pour la deuxième fois que cette réunion se tienne à Bangui. La première avait eu lieu en Août 2002.

 

 

 

NDLR : Ce n’est pas avec des incantations qu’on va régler les cas BABA LADDE et Joseph KONY en Centrafrique.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 02:45

 

 


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Radio Ndéké Luka vendredi, 02 décembre 2011 13:53

 

« Les caisses du  DDR sont vides. Cette situation nécessite des nouvelles négociations avec les partenaires financiers de la République Centrafricaine, pour renflouer la caisse ». Telle est la substance de la déclaration faite le 1er décembre 2011 par le Président François Bozizé, lors d’une conférence d’une conférence de presse tenue au Palais de la Renaissance à Bangui.


Selon le président centrafricain, « les fonds qui ont permis de financer le début du processus de Désarmement Démobilisation et Réinsertion DDR, ont été injectés par la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) ». Et le crédit mis à la disposition de la Centrafrique pour le processus s’est épuisé à en croire le locataire du palais de la Renaissance.

 

François Bozizé a ainsi estimé qu’il est urgent,  « d’engager des nouveaux pourparlers avec les partenaires financiers de la RCA. Nous sommes en négociations avec les Nations Unies,  pour financer le DDR, dans le cadre du projet de Consolidation de la Paix », a-t-il précisé.

 

Le président a encore ajouté, au sujet de l’évolution du processus, que « le nord-ouest de la République centrafricaine a été complètement désarmé, et il ne reste plus que le centre et le nord-est ».

 

Au sujet  de l’intervention américaine en Centrafrique, pour bouter la rébellion de la LRA de Joseph Kony, François Bozizé apprécie cette décision à sa juste valeur, avant d’affirmer « qu’il ne reste plus que sa mise en œuvre,  qui relève du secret militaire ».

 

Pendant ce temps, une mission de vérification des effets de l’après processus du Désarmement démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants rebelles, séjourne depuis le 30 novembre dernier dans la préfecture de l’Ouham-Pendé. L’un des premiers constats révèle que les éléments démobilisés font déjà l’objet de rackets de la part des forces de l’ordre. Ce que déplore Jean-Jacques Demafouth, le chargé de réinsertion du programme DDR.

 

« Certes le calme est revenu dans la région » a déclaré à Radio Ndeke Luka Jean Jacques Demafouth, qui a conduit cette mission d’évaluation du processus de DDR. Selon lui, une chose reste inquiétante, celle « des forces de l’ordre qui demandent des formalités aux ex-combattants, avant de vaquer librement à leurs occupations ».

 

Le terme « formalité » selon Demafouth, veut dire « une corruption ». Il dénonce cette pratique et attire l’attention des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), par le biais du préfet de l’Ouham Péndé, afin de « garder une cohésion sociale entre FACA et ses ex-combattants qui se plaignent ».

 

Cette mission permet aussi d’organiser les ex-combattants, ceux qui ont accepté de regagner la vie civile, en association agro-pastorale et autres activités génératrices de revenu, pour leur réintégration dans la société.

Il faut rappeler qu’en septembre dernier, quelques semaines seulement après la démobilisation des ex-combattants de l’Ouham Péndé, les populations s’étaient inquiétées du fait que l’argent reçu par ces ex-combattants ne servait pas pour le développement comme le veut le processus. Selon un constat du correspondant de Radio Ndeke Luka à Bozoum et confirmé par quelques ex-combattants, la plupart  gaspillent l’argent reçu dans la consommation d’alcool et le vagabondage sexuel. Très peu seulement ont pour le moment investi dans le commerce, l’élevage et les travaux champêtres.

 

 

 

NDLR : Les différentes enveloppes et autres fonds octroyés par les pays amis et la communauté internationale pour le programme DDR ont été gérés dans une opacité telle par Bozizé que seuls lui et tous ceux qu’il a nommés pour les gérer en sont comptables. Il en a ainsi été des huit (8) milliards de F CFA de la CEMAC pour appuyer le DDR sur lesquels Bozizé a fait une véritable main-basse sous prétexte que cela allait susciter beaucoup de convoitise mais dont finalement seuls lui et Ndoutingai savent comment ils ont dépensé cet argent.

 

Par la suite, on sait seulement que Bozizé avait publiquement accusé depuis Paoua, Jean Jacques Demafouth et Cyriaque Gonda d’en avoir détourné une partie pour se procurer des armes afin de le renverser du pouvoir. Le problème se pose donc de savoir exactement ce qui a été fait avec toute cette manne. Il faut aussi un audit pour évaluer le programme DDR et en tirer des enseignements mais encore une fois, Bozizé n’aime pas la réalisation des audits. C’est le cas du rapport de celui qui a été produit sur la gestion de la CEI par le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé qui à ce jour, n’a jamais été publié par le seul refus de Bozizé.   

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 02:36

 

 

 

véhicule calciné du Dr Paanzé d'Obo

 

véhicule calciné du médecin chef de l'Hôpital d'Obo et son chauffeur

sauvagement abattus par la LRA

 


Benoît Lallau, Economiste à l'Université Lille-I et

Perrine Laissus, Program Development Manager, pour l'ONG Acted en RCA

 

Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011


Pillages, viols, enrôlement forcé des enfants… Le mouvement de guérilla ougandais terrorise les populations dans le sud-est du pays. Des ONG organisent l'aide aux déplacés.


Il est, en Afrique centrale, un conflit qui n'a que peu d'écho. La Lord's Resistance Army (LRA), dirigée par le rebelle ougandais Joseph Kony, sévit depuis plusieurs années hors de ses frontières originelles (lire encadré page 17). Après le nord-est de la République démocratique du Congo et le Sud-Soudan, c'est désormais le sud-est centrafricain qui est déstabilisé par ses incursions et ses nombreuses exactions. Celles-ci ont débuté en février 2008. Jusqu’alors, les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou, de par leur enclavement, avaient été préservées de l’instabilité politico-militaire propre à la Centrafrique, qui avait affecté tout le nord et l’ouest du pays durant la décennie 2000 : rébellions s’opposant au pouvoir de Bangui, contre-offensives des forces gouvernementales, brigandages incontrôlés de diverses origines…Située loin des principaux axes de communication, la région était alors surtout connue de la communauté internationale pour ses camps de réfugiés soudanais ayant fui la guerre civile dans ce pays (1983-2005).


Cette « paisible marginalité » a disparu avec l’entrée en territoire centrafricain de la LRA, les « Tongo-Tongo » comme on dit ici. L’arrivée et l’installation durable dans  le pays de près de 6000 Congolais fuyant leurs provinces des Uélés (RDC) et l’extrême violence de la rébellion d’origine ougandaise, en avait été le signe avant-coureur. Désormais, le scénario usuel de prédation de la LRA est aussi à l’œuvre en Centrafrique, ajoutant aux réfugiés congolais quelque 18 000 « déplacé  internes ».


Ils sont partis avec nos enfants

 

Ce scénario est assez simple : des groupes mobiles plus ou moins bien armées (mais toujours mieux que les villageois), ayant peu de mal à se cacher dans ce désert vert  (aussi riche en ressources naturelles que sous-peuplé), attaquent des villages, voire des petits centres urbains et leurs marchés, au gré de leurs besoins, pillant, rançonnant, violant, tuant ceux qui résistent, enlevant adultes et enfants : les adultes pour porter ce qui a été razzié, les jeunes garçons pour en faire des enfants soldats, les fillettes et jeunes filles à des fins d’esclavage domestique sexuel. Julie, une femme rencontrée à Mboki en août 2011, raconte : « Les Tongo-Tongo sont venus, ils avaient des armes. Ils ont pris ma sœur et son fils, et ils ont cassé la porte de la maison. Ils ont dit que j’étais trop vieille, m’ont poussé dans un coin et m’ont donné un coup dans le dos. Après, ils ont attaché les adultes ensemble et ils ont mis le feu aux maisons. Ils sont partis avec nos enfants, nos outils, nos graines.»


Ce scénario s’est reproduit maintes fois depuis 2008 d’après l’OCHA (l’Organisme des Nations unies en charge des questions humanitaires) et le HCR (l’agence de l’ONU en charge de la protection des déplacés et réfugiés), qui en tiennent une comptabilité régulière. (1)

Avec à chaque fois, les mêmes conséquences : morts violents, enlèvements, pertes des quelques biens possédés, vols des récoltes. Et la peur.


Cette peur qui pousse les villageois à se déplacer s’ils parvenaient à anticiper l’arrivée des Tongo-Tongo. Cette peur aussi, qui a incité la plupart des familles, victimes directes ou non, à fuir leurs villages pour se réfugier dans les centres urbains, où elles espèrent trouver une relative sécurité, grâce aux forces armées centrafricaines (Faca) et aux militaires ougandais désormais en opération dans la région. Cette peur, enfin, qui empêché de se rendre aux champs et ainsi de produire de quoi se nourrir. Même lorsque les exactions se raréfient, la peur demeure.


Tensions communautaires

 

Déplacements internes de populations, installation durable des Congolais (car « rien ne nous attend plus là-bas », expliquent-ils), concentration des populations dans les campements en ville, abandon progressif du travail agricole, effondrement des échanges, flambée des prix et risque de pénurie alimentaire liés : autant d’éléments qui ont justifié l’intervention de différentes organisations humanitaires (ONG et agences onusiennes), dont la tâche s’avère des plus complexes.

 

La première des difficultés est l’accès aux populations. L’insécurité conduit les humanitaires à concentrer leurs activités dans les centres urbains situés sur l’axe principal, Obo, Mboki, Zémio et Rafaï. Mais les convois humanitaires deviennent une proie tentante pour des bandes armées, non liées à la LRA et sans finalité politique, mais profitant du désordre ambiant. On trouve ici la problématique, bien connue des humanitaires, du « cycle du conflit » et de la nécessité de ne pas l’entretenir par son intervention. Le cycle du conflit, c’est l’insécurité. Ici, ce sont donc d’abord ces bandes armées que rejoignent de jeunes hommes ayant tout perdu ou sans perspective d’avenir. Ce sont aussi les tensions communautaires qui s’exacerbent dans les centres où se concentrent les populations : autochtones, déplacés de l’intérieur, réfugiés congolais et éleveurs peuhls (centrafricains ou soudanais, souvent sédentarisés).


Et ce, surtout autour de l’accès aux terres cultivables et de la sécurisation des centres urbains. Les Peuhls sont ainsi souvent perçus comme des complices des Tongo-Tongo, car ces derniers exploitent les couloirs de transhumance pour s’approcher des zones d’habitation. Ce sont aussi les tensions entre civils et militaires (ougandais surtout), causées par les exactions ou trafics auxquels ces derniers se livrent parfois – ou sont accusés de se livrer. Causées aussi par la prostitution de survie de nombreuses femmes.

 

 Minimiser les palabres


Ne pas entretenir ce cycle du conflit, pour les organisations humanitaires, cela signifie d’abord organiser les distributions d’aide alimentaire et en matériels de manière à minimiser les sentiments et les palabres. Ces organisations ont la difficile tâche d’assurer seules, la couverture des besoins vitaux pour des populations variées, aux statuts juridiques différents et aux besoins changeants. Au-delà de la stricte urgence et lorsque l’on envisage le relèvement des populations (c’est-à-dire la réhabilitation des capacités locales de production), cela implique aussi, dans un contexte d’insécurité et de concentration humaine, de ne pas procéder à des distributions de biens trop « voyants » : une pioche et des semences attirent moins la convoitise des pillards qu’un sac de riz. Il s’agit aussi de développer des activités de proximité. Plusieurs ONG mettent ainsi en place des activités d’appui au maraîchage, via des formations, des distributions de semences et de petit outillage. La proximité est alors géographique (on ne s’éloigne pas en brousse) et économique (on privilégie des cultures  à cycles courts).


Cela signifie aussi développer un appui psychologique aux victimes des Tongo-Tongo, en particulier aux anciennes filles esclaves, telle Clarence, rencontrée à Bangassou en août 2011 : « Ils m’ont enlevée, on dormait sur des brindilles recouvertes d’une bâche, pour empêcher qu’un de nous s’en aille. On devait s’occuper de la nourriture, du ménage, des hommes. Ils nous ont montés les uns contre les autres, mais je me suis quand même fait une amie. On s’est enfuies pendant un gros orage, et on a été sauvées. Mais il y a encore des petits enfants là-bas. Moi ça va, je suis grande, mais pour les petits il faut faire quelque chose.» Clarence n’a pourtant que 10 ans. Ne pas entretenir le cycle du conflit, cela implique enfin d’éviter le piège de l’assistanat, et donc exige une étroite coordination entre organisation humanitaire pour préparer le « post urgence ». Comment, en effet, appuyer le maraîchage, la multiplication locale des semences, l’intensification organique des pratiques agricoles, tant que subsiste pour les populations l’assurance de recevoir gratuitement leur ration de nourriture, dispensée par d’autres humanitaires plus « généreux », c’est-à-dire  restés au stade  de l’urgence.


Cultiver la moindre parcelle

 

Cela revient aussi à reconnaître, sans les mythifier, les capacités locales d’adaptation à une situation de crise. La comparaison entre Zémio et Djéma est ici édifiante. La première ville concentre de nombreuses organisations humanitaires, créant des effets d’engorgement dont la manifestation principale, outre l’inflation, est le primat de stratégies individuelles de survie fondées sur la captation de l’aide, alors même que les exactions de la LRA se sont espacées depuis le début de 2011. Dans la seconde, peu investie par l’aide parce d’enclavée, les populations ont entrepris, seules, de mettre en valeur la moindre parcelle cultivable dans un rayon de trois kilomètres : « Depuis que les Tongo-Tongo ont fait des razzias dans la ville, on est coupés du monde. On doit vivre avec ce qu’on a », nous dit ainsi Baala, rencontré en juillet 2011. Un tel constat ne doit pas conduire à une remise en cause globale de l’action humanitaire. Il met en évidence la nécessité du ciblage le plus fin et le mieux coordonné possible des bénéficiaires et des types d’aide, en relation avec certains effet de seuil : la distribution de rations alimentaires peut tantôt être impérative pour la survie des populations, tantôt empêcher le relèvement des capacités locales.


Les organisations humanitaires ont ainsi à penser conjointement urgence et développement, alors que plane en permanence la menace d’un regain d’exactions des Tongo-Tongo. Une menace que pour l’heure les troupes ougandaises ne parviennent pas à éliminer totalement, en attendant l’arrivée annoncée de « conseillers militaires » américains.

 


L’Armée de résistance du Seigneur (LRA)

 

Joseph Kony et ses lieutenants

La Lord’s Resistance Army (Armée de résistance du Seigneur) est un mouvement rebelle ougandais, dirigé depuis 1987 par Joseph Kony. Tirant profit de la frustration des populations septentrionales face à un règne dominé par des hommes du Sud, visant à renverser le pouvoir ougandais et à instaurer un régime fondé sur les dix commandements bibliques, il sévit durant une vingtaine d’années dans le Nord du pays, commettant de nombreuses exactions vis-à-vis des civils, systématisant le recrutement forcé d’enfants soldats – qui constituent la majorité de ses effectifs. Repoussé par les forces armées ougandaises hors des frontières, il déstabilise depuis la fin de 2005 le nord-est de la République démocratique du Congo, poussant de nombreux Congolais à se réfugier en RCA, mais on trouve aussi de longue date certains de ses groupes au Soudan (le mouvement a été soutenu par le régime de Khartoum).

Depuis la fin de 2008, une coalition militaire menée par les Ougandais et les Congolais, a porté de rudes coups au mouvement (éliminant plusieurs de ses chefs), et intervient aussi sur le sol centrafricain, en coordination avec les forces armées de la RCA. Le 14 octobre dernier, Barack Obama a annoncé l’envoi d’une centaine de conseillers militaires en Ouganda afin d’aider cette coalition à venir à bout de la LRA et capturer Kony. Composé de quelques centaines de combattants, la rébellion conserve une puissance suffisante pour déstabiliser l’ensemble de l’est centrafricain, échapper à la coalition qui elle aussi a traversé le fleuve Mbomou, et maintenir un conflit larvé dans le nord-est congolais. Le mouvement semble en outre toujours bien structuré et coordonné par Joseph Kony. Il n’a pourtant plus de réelle finalité politique, n’étant plus en mesure de renverser quelque pouvoir, et les exactions auxquelles il se livre en RCA constituent d’abord des opérations de survie de petits groupes qui s’approvisionnent en vivres et en enfants, soldats et esclaves.  

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 03:12

 

 

 

boz-Francis.jpg

 

 


Radio Ndéké Luka Dimanche, 27 Novembre 2011 12:34

 

L'évolution du programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants (DDR), la présence du rebelle tchadien, le général Baba-Laddé retranché avec ses hommes dans la Nord-ouest, les exactions de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony dans le Sud-est, ont fait l'objet de l'interpellation du ministre délégué à la défense, Jean Francis Bozizé, par l'Assemblée nationale vendredi 26 novembre 2011à Bangui.

 

"Le gouvernement est au courant des exactions des hommes de Baba-Ladé. Nous allons relancer les négociations entamées pour que lui et ses hommes retournent au Tchad. Mais si le dialogue n'aboutit pas, nous allons prendre nos responsabilités", a répondu Jean Francis Bozizé au sujet de la présence dans le nord-ouest du rebelle tchadien Baba-Laddé, retranché avec ses éléments dans cette région depuis 2009 qui rançonnent les éleveurs peulhs. Cette question a préoccupé notamment les élus de la région affectée.

 

Pour ce qui est de la rébellion ougandaise de LRA qui sévit dans le sud-est, Jean Francis Bozizé, a annoncé le renforcement de l'effectif des hommes du détachement du Haut-Mbomou et s'est félicité de la présence annoncé d'une troupe américaine pour appuyer les forces armées ougandaises et centrafricaines dans la lutte.

 

L'intervention de Jean Francs Bozizé a été centrée sur les difficultés financières du gouvernement qui ne permettent pas de doter l'armée de matériels et d'équipements pour faire son travail de protection de la population civile. "La situation est difficile avec des conditions financières compliquées, mais nous allons mobiliser nos efforts pour lutter contre le banditisme transfrontalier", a-t-il dit.

 

Jean Francis Bozizé a rassuré les députés : le gouvernement va mettre en œuvre dans un délai raisonnable le programme de DDR au profit des groupes armés de la CPJP et l'UFDR pour faciliter la consolidation de la paix dans le Nord-est du pays.

 

 

 

NDLR : De quel dialogue avec BABA  LADE parle encore ce rejeton de Bozizé alors que ce chef de guerre n’arrête pas de les tourner en bourrique ? Pomodimo s’était pourtant essayé au dialogue avec ce monsieur. Pourquoi a-t-il baissé les bras ?


Après avoir pompé sans cesse le trésor, Francis Bozizé ose parler aujourd'hui de "situation difficile avec des conditions financières compliquées". cela pr^te à sourire. Eh bien dansez maintenant !....

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