Centrafrique : reprise des négociations entre le gouvernement et les rebelles
du CPJP
RFI vendredi 24 août 2012
En Centrafrique, les discussions sont ouvertes entre le gouvernement et les
rebelles de la CPJP pour la mise en œuvre de l'accord de paix signé il y a un an. Le désarmement et l'intégration des rebelles ont pris beaucoup de retard. Il est temps d'y
remédier.
« Nous sommes mécontents de l’attitude du gouvernement », menaçait encore il y a deux mois Abdoulaye
Hissein, le chef rebelle de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Exprimant son ras-le-bol, il entendait attirer l'attention du gouvernement sur la lenteur de la
mise en œuvre de l’accord de paix signé il y a plus d'un an.
La CPJP, dernier groupe rebelle actif en Centrafrique, à l'origine d'une série d'attaques visant l'armée, avait en effet accepté
de confiner ses maquisards dans ses camps, dans l'attente d'un accord de paix définitif.
Mais aujourd'hui, le groupe rebelle qui estime avoir rempli sa part du contrat est sous pression. Pression des 8 000
ex-combattants qui devaient être pris en charge par le biais du DDR (le programme Désarmement, démobilisation et réinsertion). Or seule la phase de vérification ou d'identification a été
réalisée.
Pour la CPJP, le gouvernement joue la montre pour réorganiser les forces armées centrafricaines. Côté gouvernement, on veut
absolument calmer le jeu. « Rien de tout cela », assure un proche du pouvoir, qui affirme que la paix est la priorité du gouvernement mais confie-t-il, « les caisses
sont vides ».
La CPJP et le gouvernement sur la ligne droite de l’accord global de
paix
Radio Ndéké Luka Vendredi, 24 Août 2012 12:56
La Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) et le gouvernement centrafricain ont entamé ce 24
août 2012, des négociations pour la signature de l’acte d’adhésion à l’accord global de paix de Libreville. Un accord déjà signé par la plupart des autres mouvements rebelles du pays.
Les travaux sont ouverts au Ministère délégué au Désarmement, Démobilisation et Réinsertion des Ex-Combattants à Bangui.
Les responsables de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), les représentants de l’Union Africaine, du Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique, d’autres
partenaires qui appuient le programme DDR, les ministres délégués à la défense centrafricaine, au DDR, à l’administration du territoire y prennent part.
Ce début de négociations de deux jours qui s’annonce âpre, intervient après que la CPJP ait fait pression sur le gouvernement
pour le rappeler au respect des clauses de l’accord de cessez-le-feu signé depuis plus d’un an.
Les travaux se sont articulés autour de plusieurs points entre autres, la feuille de route de la CPJP, l’adoption du
projet de signature d’accord global de paix de Libreville.
Selon Mahamat Zakaria, conseiller politique de la CPJP interrogé par Radio Ndeke Luka « son mouvement adhère à la signature d’accord global de paix de Libreville dans l’optique de garantir à la population une paix
durable ».
Pour lui, « par cette ouverture de négociations, le gouvernement a fait
preuve d’une volonté affichée vers l’enterrement définitif de la hache de guerre. La CPJP va continuer le forcing pour que ce processus déterminant aboutisse. Par le passé, la CPJP avait exigé
que les dits négociations et accords se déroulaient hors du territoire national. Toutefois, elle se voit à ce jour obliger de faire des concessions : accepter que ces travaux se tiennent à
Bangui, eu égard à la situation économique fragile du pays ».
Pour sa part, la représentante du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique Margaret Vogt a affirmé
que l’ouverture de ces négociations entre le gouvernement et la CPJP vient parachever le processus du DDR en route.
De son côté, Hawa Hamed Youssouf, Représentante de l’Union Africaine, atteste que l’effort enclenché par les 2
parties vers une paix durable sur toute l’étendue du territoire national mérite d’être encouragé.
La CPJP est l’une des factions rebelles du pays qui sévit dans le Nord de la République Centrafricaine.
Ouverture des travaux de la négociation de Paix entre le Gouvernement et la
CPJP
La salle de conférence du Ministère délégué en charge du Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) et de la Jeunesse
Pionnière Nationale (JPN) a servi de cadre à la cérémonie d’ouverture, ce 24 août, des travaux de la négociation de Paix entre le Gouvernement centrafricain et la Convention des Patriotes pour la
Justice et la Paix (CPJP).
Ces travaux qui portent sur l’acte d’adhésion de la CPJP à l’Accord Global de Paix de Libreville ont été ouverts par le ministre
délégué en charge du DDR et de la JPN, le Général Xavier Sylvestre Yangongo, en présence de la Représentante spéciale du Secrétaire général
des Nations Unies en Centrafrique, Mme Margaret Vogt, de la Représentante spéciale de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine en
RCA, Mme Hawa Hamed Youssouf, du Médiateur national, Paulin Pomodimo, du ministre
délégué à la Défense, Jean Francis Bozizé, du ministre de la Sécurité publique, Claude Richard
Gouandjia, du 1er Vice-président du Comité de pilotage du DDR, Jean Jacques Demafouth, et de l’Ambassadeur, Représentant
spécial du Président du Gabon, Pierre Akéndéngué, responsable de la MICOPAX en RCA.
La délégation de la CPJP était composée, entre autres, du Président Abdoulaye
Hissène, du Conseiller politique, Mahamat Zakaria, et des femmes venues des Préfectures de la Haute Kotto et du
Bamingui-Bangoran.
Après avoir remercié les partenaires, dont le BINUCA, pour leurs concours qui ont abouti à cette négociation, le Conseiller
politique de la CPJP a indiqué que « ce dialogue va nous permettre d’aplanir nos divergences dans un esprit de réconciliation et de consens dans
l’intérêt supérieur de la Nation et pour la paix ». Concernant l’issue de la négociation, Mahamat Zakaria a déclaré que
« la CPJP privilégiera la recherche de la paix définitive et à tout prix ». Mme Hawa
Hamed Youssouf, en prenant la parole, a salué « le courage, la volonté et le sens patriotique élevé des leaders de la CPJP qui ont
accepté de venir parachever la négociation de paix avec le Gouvernement ». Elle a encouragé les deux parties pour mener à termes cette négociation afin mettre fin aux hostilités
dans le but d’assurer le respect des droits des populations civiles affectées et la réintégration des ex-combattants.
En transmettant les vœux de réconciliation du Secrétaire général des Nations au peuple centrafricain, Mme Margaret Vogt a félicité les deux parties pour « ces négociations qui constituent une part décisive dans
la mise en œuvre de l’Accord global de Paix de Libreville qui canalise les espoirs pour la paix, la sécurité et le développement du peuple centrafricain ». Pour Mme Vogt, « la présence des femmes dans la délégation de la CPJP témoigne de la prise en considération de
leurs préoccupations et plus largement de celles des catégories les plus affectées par les conflits ».
En ouvrant les travaux, le ministre Gouandjia a relevé que « la cérémonie de ce jour s’inscrit dans le sens des recommandations du Dialogue Politique Inclusif (DPI) de 2008 » et que « les troubles du passé
seront bientôt derrière ». Pour le membre du Gouvernement, grâce à ce processus, « les centrafricains du Nord, du Sud, de l’Est, de
l’Ouest et du Centre se mobiliseront définitivement pour la reconstruction de leur pays ».
Ces travaux, qui devront prendre fin le 25 août, permettront à la CPJP d’intégrer le processus du DDR et ouvrent la voie
aux opérations de Désarmement, Démobilisation et Réintégration dans le Nord-est, ce qui permet de tourner définitivement la page de l’instabilité et d’engager la RCA sur le chemin de la
paix.
Online : http://binuca.unmissions.org/Default.aspx?tabid=2876&ctl=Details&mid=5201&ItemID=479673&language=fr-FR