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  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 20:18




CPI  Audience publique sur la détention de Jean Pierre Bemba

 

29 juin 2009 – La Cour pénale internationale (CPI) a tenu lundi une audience publique afin d'entendre les parties avant de rendre une décision sur la détention de Jean-Pierre Bemba, comme le prévoit le Règlement de procédure et de preuve de la Cour.

Le règlement de la Cour impose qu'« au moins chaque année » une audience sur la détention de l'accusé avant le procès soit tenue. En ce qui concerne M. Bemba, le délai d'un an indiqué dans la règle 118-3 expirera le 3 juillet 2009. La décision des juges sera rendue à un stade ultérieur.

La Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale a confirmé le 16 juin certaines des charges portées par le Procureur à l'encontre de Jean-Pierre Bemba Gombo pour des crimes commis sur le territoire de la République centrafricaine entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003.

La CPI a ainsi jugé qu'il y avait des preuves suffisantes donnant des motifs de croire que Jean-Pierre Bemba Gombo est pénalement responsable, pour avoir effectivement agi en qualité de chef militaire, des crimes de meurtre constituant un crime contre l'humanité, de viol constituant un crime contre l'humanité, de meurtre constituant un crime de guerre, de viol constituant un crime de guerre et de pillage constituant un crime de guerre.

 

CPI: la défense de Jean-Pierre Bemba a demandé sa remise en liberté

 

LA HAYE (AFP) - lundi 29 juin 2009 - 18h00 - La défense de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba, accusé de crimes commis par sa milice en Centrafrique, a demandé lundi sa remise en liberté devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

"Il y a lieu de remettre Jean-Pierre Bemba en liberté", a déclaré son avocat, Me Aimé Kilolo, lors d'une audience sur le maintien en détention de l'ancien vice-président de la RDC.

La CPI avait ordonné, le 15 juin, le jugement de M. Bemba en sa qualité de "chef militaire" pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en Centrafrique, entre octobre 2002 et mars 2003.

M. Bemba, arrêté à Bruxelles en mai 2008 en exécution d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI et transféré à La Haye début juillet 2008, "avait été privé de liberté parce qu'il existait des motifs raisonnables de croire qu'il était impliqué dans ces crimes", a affirmé Me Kilolo.

"La situation a changé depuis", a assuré l'avocat, selon lequel les charges retenues par le procureur dans l'acte d'accusation ont été "réduites significativement" par la décision de la Cour.

"Nous ne sommes plus en face d'un criminel qui a commis personnellement des crimes atroces mais d'une personne qui aurait dû prendre plus de mesures pour empêcher des crimes commis par des tiers", a-t-il dit.

En cas de libération, Jean-Pierre Bemba souhaite être accueilli par la Belgique, le Portugal ou la France. Il possède notamment des propriétés et des comptes bancaires en Belgique où ses enfants sont scolarisés, et a des "liens sociaux importants" en France, selon Me Kilolo.

"Le risque de fuite, allégué par le bureau du procureur, n'a jamais existé", a affirmé l'avocat, selon lequel M. Bemba est prêt à comparaître volontairement devant la CPI.

Pour l'accusation, une remise en liberté de M. Bemba entraînerait "un risque substantiel qu'il se soustraie à la justice", grâce notamment à son "réseau d'influence", car il "fait face à une peine privative de liberté de longue durée".

 

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 23:19






 

 

Selon notre confrère lindependant-cf.com qui en publie le fac simile en exclusivité, M. Nacer Eddine Fetaimia le Président de la société LINK AVIATION dont Bozizé, Ndoutingai et leurs amis Saifee Durbar et Richard Ondoko avaient l’habitude d’utiliser le jet Falcon 900 de location, a saisi le Procureur près le Tribunal de Grande Instance de Seine Saint Denis à Bobigny en région parisienne, d’une plainte contre Saifee Durbar estimant avoir été victime d’escroquerie.

 

Toujours selon M. Nacer Eddine Fetaimia, plusieurs factures de location de ses avions sont restées impayées. Durbar a, d’après le contenu de la plainte, « Fait usage par quelque moyen que ce soit, d'une fausse qualité, d'un écrit ou de tout autre support destine a établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences juridiques, en l'espèce notamment, en se faisant passer pour le représentant de KRUGER BRENT UK auprès de la société LlNK AVIATION afin de se voir délivrer des avions qu'il louait par la suite a Chefs d'Etats et de gouvernements, en se faisant passer pour un des représentants de LlNK AVIATION. »

 

Comme l’attestent les documents que Centrafrique-presse publie ci-dessous, le président de LINK AVIATION avait déjà saisi Sylvain Ndoutingai par courrier DHL en date du 10 septembre 2008 pour lui demander de régler ses factures de location d’avion que Durbar a refusé d’honorer. Le rapport des vols effectués qu’il a adjoint fait état de trajets et de taxes d’atterrissage à Londres, Douala, Ouagadougou, Bruxelles et autres. On devine dès lors que cela concerne sans doute Ndoutingai qui est propriétaire de villa où réside sa famille au Burkina et vraisemblablement Bozizé aussi qui a déjà emprunté plusieurs fois le Falcon 900 de LINK AVIATION depuis le Bourget ou Bruxelles, ainsi que leur ami Richard Ondoko.

 

A présent, Bozizé et Ndoutingai ont décidé de se séparer de leur ami Durbar pour des raisons qu’on ignore mais qu’on peut supposer être en relation avec les pressions de Paris et aussi à la perspective proche de l’examen du dossier d’admission de la RCA à l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE)  auprès du FMI. La question se pose maintenant de savoir si Durbar acceptera de tomber tout seul après tant d’années de complicité avec Bozizé et Ndoutingai dans des trafics de diamants, d’uranium et autres.

 



 

                                                                                  Par Email & via DHL

10 October 2008

Monsieur Le Ministre d'Etat,

 

Sans vouloir abuser de votre temps précieux j'attire votre attention sur un petit litige concernant mon Falcon 900 immatriculé N790JC

En effet je vous transmets ci joint les copies de contrats entre ma companie Link Aviation et KrugerBrent ainsi que la facture des vols de Monsieur DURBAR qu'il reffuse de me règler depuis le mois de Janvier 2008.

Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir nous règler les vols effectués par votre Excellence dans le Falcon 900 immatriculé N790JC appartenant à ma companie.

Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire dont vous auriez besoin.

Veuillez agréer Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments respectueux.

Cordialement

 

Nacer Fetaimia

Link Aviation LLC 5A Albert Court Prince Consort Rd Londre SW7 2BE

Tel: 44 788 568 4131

Fax: 44207 692 4784

 

Cc: SaifDurbar AKA Darbar (via email & post)

Masseys LLP (via email)

Phillip Saunders (via post)



LINK  AVIATION  LLC

5 A  Albert Court, Prince Consort Rd LONDON SW7  2 BE  U K

Tel 44 207 589 4760   Fax 44 207 692 4784

 

Name              Colonel SYLVAN NDOUTINGAI

Address          Ministre d'Etat                                               Date                10/Sep/2008

                        Ministere Des Mines                                      Facture No      KB 11

 

                        Bangui R.C.A                                                PB                   NF

 Phone             236  21 61 61 19                                            DPM

Fax                  236 75 56 46 21

 

FALCON 900B N790JC 2007/2008 Rapport des vols effectués

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Date                           Sector                                    Temps de vol (hrs)                Coût

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

10/01/08          Falcon 900 N790 JC location                      48.0                     £264,000

                                   £5,500/h

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------INCURED COSTS- RECOVERY

                        Taxes atterrissages Londres

                        Taxes et prise en charge Yaoundé/Douala

15/12/07          Taxes et prise en charge Ouaga

24/10/07          Taxes et prise en charge Bruxelles

                        Over flight permissions

                        Avance cash pour équipages  …………………………………..£5,500.00

 

                                                                                              TOTAL :           £269,500.00

Coordonnées bancaire pour virement:

Bank: HSBC

Sort Code: 40-06-19

Account Num: 8138 7537

Account Name: N. E. FETAIMIA

 

 

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 15:01






 

Le président centrafricain, François Bozizé, vient de limoger son vice-ministre des Affaires étrangères en charge de la Coopération, Saifee Durbar, qui perd ainsi l'immunité diplomatique qui le protégeait de sa condamnation en France pour escroquerie. Sa nomination en janvier dernier avait attiré les foudres de Paris qui venait de condamner monsieur Durbar, et son limogeage intervient alors que Bozizé s'apprête à défendre son dossier de Pays pauvre très endetté (PPTE) auprès du Fonds monétaire international (FMI), pour lequel le soutien français ne serait pas superflu.

 

Les relations diplomatiques entre la France et la République Centrafricaine devraient se trouver allégées avec le limogeage du vice-ministre centrafricain des Affaires étrangères, Saifee Durbar, recherché par la justice française, même si cette décision semble intéressée.

Nommé à ce poste le 19 janvier dernier alors que la justice française avait émis un mandat d'arrêt à son encontre, Saifee Durbar bénéficiait jusqu'alors de l'immunité diplomatique qui lui conférait ses fonctions au ministère des Affaires étrangères.

 
Cet homme d'affaires indo-pakistanais a été condamné par le tribunal de grande instance de Paris en 2006 à trois ans de prison ferme et 375 000 euros d’amende pour tentative d’escroquerie, une condamnation confirmée en appel en 2007. Un mandat d’arrêt avait aussitôt été émis à son encontre.


Il aurait fait miroiter à des investisseurs des
rendements mirifiques puis il a fait main basse sur les fonds, un dossier qui parle de sociétés fictives, de pierres précieuses et de banques à capitaux iraniens. L'affaire porte sur plusieurs millions de dollars, mais lui a toujours clamé son innocence.

 
A Bangui, le nom de Saifee Durbar revient également dans plusieurs affaires difficiles à cerner qui touchent au diamant, à l'or, au fer ou à l'uranium. Cet ancien conseiller du président Patassé aurait également entravé les activités et les perspectives du groupe français Areva en RCA, obtenant même selon des sources concordantes un permis d'exploration dans la même zone que la société française.


Sa nomination par Bozizé en janvier dernier à un tel poste dans le gouvernement avait attiré les foudres de Paris.

 
«Comment tolérer, qu'un escroc notoire, jugé et condamné comme tel par la justice française, se voit confier le département de la Coopération simplement pour bénéficier d'une immunité diplomatique, alors que la France dépense chaque année plusieurs dizaines de millions d'euros pour aider la République Centrafricaine !», s'insurgeait-on au Quai d'Orsay.

 
Si le limogeage de Durbar par le chef d'Etat centrafricain devrait assouplir les relations diplomatiques entre Paris et Bangui, cette décision ne semble pas moins intéressée de la partie centrafricaine.

 
Cette mise à l'écart intervient en effet à la veille du conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI), lors duquel le dossier centrafricain sur l'initiative des Pays pauvres très endettés (PPTE) devra être débattu.

 
Mais «ce geste ne saurait faire oublier d'autres problèmes notamment la récente adoption d'un code minier qui ne va pas dans le sens de la bonne gouvernance et du rétablissement économique de la République Centrafricaine», estime cependant une source digne de foi.

Saifee Durbar réside aujourd’hui à Londres. En 2007, il y avait été brièvement arrêté avant d'être libéré sous caution. La justice britannique doit se prononcer début juillet quant à son éventuelle extradition vers la France.

Source : Gaboneco.com 26-06-2009   

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 04:35






ICC-CPI-20090624-MA42

Situation : République centrafricaine


Affaire : Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo

La Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale tiendra une audience publique, le lundi 29 juin 2009 à 14h00, afin d’entendre les parties avant de rendre une décision sur la détention de M. Jean-Pierre Bemba, comme le prévoit le Règlement de procédure et de preuve de la Cour.

La règle 118-3 impose qu’« au moins chaque année » une audience sur la détention de l’accusé avant le procès soit tenue. En ce qui concerne M. Bemba, le délai d’un an indiqué dans la règle 118-3 expirera le 3 juillet 2009.

La décision des juges sera rendue à un stade ultérieur.


Informations pratiques

Les journalistes et toute personne souhaitant suivre cette audience sont les bienvenus. Il n’est pas nécessaire de confirmer votre présence.

L’audience pourra être suivie sur le site Internet de la CPI, aux adresses suivantes :
Salle d’audience I :

Veuillez noter que l’audience publique sera retransmise avec un différé de 30 minutes.

N.B. Toutes les heures indiquées sont exprimées en heure locale de La Haye.


Centre de presse

Pour les journalistes qui souhaitent utiliser les installations que la Cour met à leur disposition, le centre de presse sera ouvert, du lundi au vendredi, à partir de 8 h 30 et fermera une heure après la fin de l’audience.

Le centre de presse compte 64 places assises et est doté d’écrans plasma, d’un accès Internet sans fil, de cartes (Plug-and-Play) pour les journalistes qui ne disposent pas de cartes Wi-Fi sur leur ordinateur ou leur portable, de 6 ordinateurs connectés à Internet et de 7 téléphones permettant d’appeler gratuitement des numéros internes. Pour tout appel vers l’extérieur, il est conseillé aux journalistes d’acheter à l’avance des cartes prépayées à numéros 0800, en vente chez les libraires et dans les gares. Veuillez noter qu’il n’est pas possible de se procurer de telles cartes à la CPI ou à proximité.


Pour toute information supplémentaire, veuillez prendre contact avec Mme Sonia Robla, chef de la Section de l'information et de la documentation, en téléphonant au +31 (0)70 515-8089 ou au +31 (0) 646448726, ou en écrivant à sonia.robla@icc-cpi.int.

 

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 20:22





 

Bemba-Patassé, jonction pas obligatoire

(7sur7.cd 23/06/2009)

 Ouverture du dossier contre Patassé. Jonction des affaires pour la fluidité de la procédure sur base du principe de la bonne administration de la justice. Couverture sous le sceau de la légalité. Responsabilité individuelle, intermédiaire et conjointe... La CPI jouerait la carte de sa crédibilité.

Confusion. Le mot n’est peut-être pas indiqué pour exprimer le dernier revirement dans l’affaire le procureur général de la CPI vs Jean-Pierre Bemba. Les avocats de Bemba se réjouissent que les charges retenues contre leur client aient été dégonflées et revues à la baisse par la chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale - CPI. La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme - FIDH - partie civile au procès se félicite quant à elle. D’aucuns affirment qu’il faut ouvrir un dossier contre Patassé, l’appréhender et faire une jonction entre les deux affaires avant de juger Bemba. Sur ce, il y a lieu de croire que le renvoi du sénateur RD-congolais devant un juge serait une aberration judiciaire tant que l’ancien chef d’Etat centrafricain, Ange-Félix Patassé, qui avait le commandement des troupes sur le terrain et ses hommes de main ne seront pas arrêtés pour être jugés. Sur la base de cet argumentaire, certains plaident pour l’émission d’un mandat d’arrêt contre Félix Patassé, l’hôte des troupes du Mouvement de libération du Congo - MLC - venues le secourir contre une tentative de coup d’Etat menée par l’actuel chef d’Etat centrafricain François Bozizé.

«La FIDH appelle le bureau du procureur à poursuivre ses enquêtes dans la perspective d’engager des poursuites contre d’autres présumés responsables des crimes commis lors du conflit de 2002/2003 tant parmi les rebelles que parmi les loyalistes», recommande la Fédération. Cette sollicitation porte les germes d’un renversement imminent de la situation.

Bozizé, Patassé,... dans la ligne de mire

 A lire entre les lignes, l’on comprend qu’au même moment que la FIDH se félicite de la tournure prise par cette affaire, surgit cette autre demande qui se dessine en filigrane et veut que Patassé se retrouve à son tour devant la barre et Bozizé avec lui. De son côté, Bemba continue à clamer son innocence et considère que son renfort à Patassé n’a été qu’un appui à un chef d’Etat élu en situation de légitime défense. Vrai. Mais, nul n’ignore que la guerre, surtout sa cousine la rébellion, est une négation par excellence des droits de l’homme. Ceci ne déroge quiconque a commis des crimes imprescriptibles de répondre de ses actes. En tant que rebelle, les actes posés par Bemba, dans un sens comme dans un autre, ne sont pas couverts du sceau de la légalité, estiment des juristes. Même si certains d’entre eux trouvent la procédure biaisée tant que les chefs des opérations militaires sur le terrain, dont le commandant suprême Patassé, continuent de courir les rues. Pourtant, les Statuts de Rome sont clairs en ce qui concerne la responsabilité. Outre la responsabilité individuelle, ils définissent la responsabilité conjointe et celle intermédiaire.

 Des interprétations abondent

Dans la cas d’espèce, Bemba est tombé sous le coup de la responsabilité intermédiaire - pour des faits commis par autrui. En droit, dans sa composante de responsabilité civile, autrui est compris parfois comme un enfant mineur pour un parent tuteur, les préposés - élèves - pour leur maître, les militaires répondant devant chef... La décision de la chambre préliminaire II de la CPI est claire : Bemba sera jugé «en tant que supérieur hiérarchique des crimes commis par ses troupes». Moralité, cette réalité ne dédouane pas Patassé qui a une responsabilité individuelle ou conjointe avec le même Bemba du fait que les troupes envoyées par le chairman du MLC l’ont été à sa demande et mises sous commandement de l’armée centrafricaine. Dans ce même ordre d’idées, l’on ne doit pas perdre de vue que l’institution de la CPI obéit à la logique qui veut décourager les seigneurs de guerre. «Si les seigneurs de guerre sont mis hors d’état de nuire, il n’y aura pas des troupes sur le terrain», explique un juriste à AfricaNews. Il reconnaît que cela consacre quelque peut l’impunité, mais la violence pourra être éradiquée. Un peu plus loin, l’interlocuteur d’AfricaNews prévient que les tenants du pouvoir ne doivent pas dormir sur leurs lauriers.

El Béchir dans l’oeil du cyclone. Le cas du Soudanais El Béchir est très illustratif.

 Car, les immunités de poursuites ont été cassées par les Statuts de Rome et justifient la raison d’être de la CPI. Bozizé qui, à l’époque des faits, était un chef rebelle devrait s’attendre, tôt ou tard, à l’ouverture d’une action judiciaire contre sa personne. La seule difficulté résiderait dans la collaboration des Etats non signataires - des Statuts de Rome - qui ne reconnaissent pas l’autorité de la CPI. Si El Béchir, le président du Soudan tarde à être appréhendé et si Laurent Nkunda s’est précipité sur le Rwanda, c’est parce que ces pays ne sont pas signataires des Statuts de Rome. Bozizé dont le pays est signataire risque de voir l’épée de Damoclès rester suspendue sur sa tête et pourrait un jour se retrouver dans les cellules de la CPI. Son ancien rival, Patassé, même s’il brandit son argumentaire d’ancien chef d’Etat élu se trouvant en situation de légitime défense face à une rébellion au moment de la commission des faits, est poursuivable devant la CPI. Le seul malheur pour Bemba, est que des ONGs, dont certaines financées par le régime de Bangui, avaient constitué des dossiers costauds qui risquent de sceller à jamais son sort. Ce que d’aucuns ignorent c’est le fait que les juges, après avoir reçu un dossier ficelé par un magistrat, pour le cas d’espèce, le procureur Ocampo, ont la liberté - sur base des éléments présentés - de confirmer, requalifier ou disqualifier les chefs d’accusations.

Plaidoyer pour Bemba

Le chairman du MLC, n’est donc pas encore quitte et la procédure devra suivre son cours normal. Il appartient aux conseils de Bemba, dont Me Pierre Legros, de préparer la défense de leur client au lieu de brandir les arguments du genre: «la chambre préliminaire II de la CPI a dégonflé presque complètement les charges retenues par le parquet». Il est question d’une requalification des chefs d’accusation. Les questions auxquelles il faut répondre -pour ne pas donner l’impression que les ONGs qui ont agi en Centrafrique ont été instrumentalisées- sont celles de savoir quelle est la part de responsabilités de chacun dans cette affaire? Pourquoi s’était-on précipité d’arrêter Bemba en laissant Patassé humer l’air frais? A quand la constitution d’un dossier en bonne et due forme contre Patassé et Bozizé ou la Lybie tant il est vrai que les troupes envoyées en rescousse aux autorités centrafricaines ont été habillées par le pays de Moamar Kadhafi qui leur avait fourni armes et munitions?

Que de questions qui restent encore sans réponses.

Alain NKOY NSASIES africanews





 

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 03:12






 

 

19/01/2009 14:38:50 - Jeune Afrique- Par : Marianne Meunier, envoyée spéciale à La Haye -



Les membres du clan sont assis côte à côte au premier rang. Il y a là Liliane Bemba, l’épouse de Jean-Pierre, Jeannot, son père, et Nzoma, son petit frère. Casque sur les oreilles, ils écoutent les dépositions anonymes, édifiantes et parfois triviales, qu’énonce froidement un membre du bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI).

Celle du témoin 23, par exemple, sodomisé par trois soldats devant femme et enfants… Ou celle du témoin 87, qui a entendu trois coups de feu dans sa maison avant d’y retrouver son frère mort, baignant dans son sang… Ou encore celle du témoin 22, surpris chez son oncle, en pleine nuit, par des intrus en uniforme qui repartiront avec les maigres biens de la famille : vêtements, téléphones portables, tableaux, canards et toute la nourriture que contenait la réserve…

De temps en temps, Nzoma lâche un mot en lingala. En fin de journée, les yeux de Jeannot se ferment de fatigue. Très élégante dans un tailleur coordonné, Liliane esquisse parfois un sourire. Pourtant, sur leur visage, ni émotion ni inquiétude. Durant toute l’audience de confirmation des charges retenues contre Jean-Pierre Bemba, du 12 au 15 janvier à La Haye, jamais sa famille ne perdra la face.

 Meurtres, viols, pillages...

Elle doit coûte que coûte soutenir Jean-Pierre, assis à quelques mètres de là, de l’autre côté de la vitre séparant le public de la salle d’audience numéro 1. Costume sombre, boutons de manchette et cravate rayée, l’ancien chef de guerre congolais jette de rares regards aux siens, griffonne sur de petits bouts de papier jaune qu’il transmet à ses avocats, mâchonne parfois un chewing-gum. Mais la lecture des huit chefs d’accusation le laisse de marbre. Ils sont pourtant gravissimes : pillages, meurtres, viols, atteintes à la dignité de la personne… Trois d’entre eux entrent dans la catégorie des crimes contre l’humanité, les cinq autres relevant des crimes de guerre.

Ces exactions auraient été commises en Centrafrique, entre octobre 2002 et mars 2003, quand les hommes du Mouvement de libération du Congo (MLC) vinrent porter secours au président Ange-Félix Patassé, menacé par une rébellion. En tant que chef du MLC, Bemba en serait pénalement responsable. En mai 2007, le procureur de la CPI, l’Argentin Luis Moreno-Ocampo, avait lancé une enquête et recueilli le témoignage de nombreuses victimes, dont une trentaine sont représentées à l’audience par Me Marie Edith Douzima-Lawson, avocate au barreau de Bangui. Un an plus tard, Bemba avait été arrêté à Bruxelles (où il possède une villa), puis, en juillet 2008, transféré au quartier pénitentiaire de la CPI, à La Haye.

Prochaine étape dans soixante jours. La chambre préliminaire numéro 3, qui vient d’écouter les arguments de l’accusation et ceux de la défense, dispose en effet de ce délai pour dire si les 10 000 pages du dossier du procureur comportent suffisamment de preuves pour que l’affaire Bemba donne lieu à un procès. Le travail des juges sera ardu. Dans le décor de bois clair de la salle d’audience, les deux parties ont développé, courtoisement et sans emphase, des argumentations solidement étayées.

Pour le bureau du procureur, aucun doute : si le patron du MLC ne se trouvait pas à Bangui au moment des faits, il savait ce que ses quelque 1 500 hommes, les Banyamulenge, étaient en train de faire de l’autre côté du fleuve Oubangui, frontière naturelle entre la RD Congo et la Centrafrique. D’ailleurs des témoins le confirment. Il a rendu visite à ses troupes, il écoutait les récits des victimes sur Radio France Internationale (dont un reportage à Bangui a été diffusé pendant l’audience) et recevait des rapports en provenance du théâtre des opérations. Surtout, il avait connaissance d’un terrible précédent. En 2001, menacé par une première tentative de putsch, Patassé avait déjà fait appel à ses hommes. Et, déjà, certains d’entre eux avaient violé, pillé, tué…

Réplique de l’équipe des défenseurs, qui compte notamment dans ses rangs le Britannique Karim Khan (qui fut, un temps, conseil de l’ex-président libérien Charles Taylor) et les Congolais Aimé Kilolo et Nkwebe Liriss : non, Bemba ne savait pas, pour la simple raison qu’en Centrafrique les Banyamulenge étaient sous le commandement de celui qui les y avait appelés, Ange-Félix Patassé. C’est lui qui fournissait leurs uniformes, veillait à leur alimentation et à leur approvisionnement en armes et en munitions. C’est donc à lui, ou à ses hommes, que le commandement du MLC en Centrafrique rendait compte. Quand il a eu connaissance de certains actes « isolés », Bemba a traduit leurs auteurs devant une cour martiale. « Il y avait de la discipline et un code de conduite militaire au sein du MLC », soutient Me Kilolo.

Autre argument majeur du procureur, indispensable pour pouvoir invoquer le « crime de guerre » : il existait un « plan commun » entre Bemba et Patassé. Leur but : « envoyer les troupes du MLC en Centrafrique pour détruire les ennemis de Patassé et leurs partisans présumés dans la population civile ». À l’appui de cette thèse, l’accusation cite un témoin ayant entendu un commandant donner ces instructions explicites à ses troupes : « Jean-Pierre Bemba vous a envoyés pour tuer, pas pour vous amuser » ; « Vous n’avez pas de parents, pas d’épouse ou d’enfants. Vous allez faire la guerre. Vous allez tuer toutes les personnes que vous trouvez. [...] Détruisez l’économie. Les bâtiments que vous voyez de l’autre côté, détruisez-les. »

 Fauteuil vide

Pour la défense, c’est plutôt en « Casques bleus », ou en force de maintien de la paix, que les Banyamulenge ont débarqué en Centrafrique. Un sommet de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) s’est tenu à Khartoum en décembre 2001, rappelle Me Liriss, qui a abouti à la décision de constituer « une force africaine en vue de maintenir la paix et la stabilité en Centrafrique. Le MLC, poursuit l’avocat, a été associé à l’exécution de la décision de la Cen-Sad. Ses troupes sont intervenues dans le cadre d’un accord régional. »

Encadré par deux agents de sécurité, Bemba écoute. Il ne sourit pas, ne fronce pas les sourcils, ne soupire pas. Il est attentif, c’est tout. Peut-être se dit-il, comme ceux qui sont venus le soutenir, qu’il manque quelqu’un dans le fauteuil de cuir à côté du sien. Lors de la lecture des chefs d’accusation, Ange-Félix Patassé a, pour chacun d’entre eux, été désigné comme « conjointement responsable ». Durant les quatre jours d’audience, son nom a été constamment évoqué. Alors, pourquoi n’a-t-il pas à répondre de ses actes devant la justice internationale ? « Nous n’avons pas assez d’éléments pour prouver la responsabilité pénale individuelle de Patassé », se défend Béatrice Le Frapper, conseillère de Luis Moreno-Ocampo. Explication guère convaincante, qui ouvre la porte à toutes les spéculations.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 01:21







 BANGUI, République Centrafricaine, June 16, 2009/African Press Organization (APO)/ — La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) se félicite de la décision rendue hier par la Cour pénale internationale (CPI), confirmant les charges à l’encontre de Jean-Pierre Bemba et le renvoyant devant une chambre de première instance pour jugement.


« Les victimes centrafricaines ont attendu bien longtemps pour que l’un des présumés responsables des crimes les plus graves perpétrés pendant le conflit en 2002/2003 réponde de ses actes devant la justice. Certaines sont mortes entre temps, d’autres sont atteintes par le VIH, nombreuses ont été victimes de la stigmatisation, exclues du cercle familial et de la vie sociale.  La décision de la CPI leur redonne l’espoir que justice sera faite pour les crimes atroces qu’elles ont subis » a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.


Dans sa décision, la Chambre préliminaire II a considéré que les éléments de preuve fournis par le Procureur de la CPI, permettent d’affirmer qu’il y a des motifs substantiels de croire que Jean-Pierre Bemba est responsable, en tant que supérieur hiérarchique des crimes commis par ses troupes du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) opérant en RCA, à savoir des meurtres, viols et pillages, actes constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

La décision relève notamment que M. Bemba serait pénalement responsable des milliers de viols commis par ses troupes. La FIDH avait en effet dénoncé à de nombreuses reprises le caractère massif et généralisé de la perpétration de crimes sexuels lors du conflit de 2002/2003.


La FIDH rappelle qu’il est impératif que les communautés concernées  soient informées de cette décision et de ses conséquences aussi vite que possible, et appelle ainsi au renforcement des activités de sensibilisation en RCA, encore peu nombreuses depuis l’ouverture de l’enquête en mai 2007,  considérant aussi que le procès contre Jean Pierre Bemba pourrait avoir lieu dans les mois à venir. La sensibilisation des populations locales est en effet indispensable pour que celles-ci comprennent et s’approprient les mécanismes de la justice internationale en usant le cas échéant de leur droit à participation, et pour que les procédures de la CPI aient un impact véritable au niveau national.


Par ailleurs, la FIDH appelle le Bureau du Procureur à poursuivre ses enquêtes dans la perspective d’engager des poursuites contre d’autres présumés responsables des crimes commis lors du conflit de 2002/2003, tant parmi les rebelles que parmi les loyalistes. Ceci est essentiel pour affirmer l’impartialité de la politique pénale du Procureur et répondre aux droits de toutes les victimes à la justice. Elle appelle également le Bureau du Procureur à continuer de surveiller la situation dans le nord du pays, afin de déterminer si des enquêtes doivent être ouvertes pour les crimes qui y ont été commis.


Rappel des faits :


Lors du coup d’Etat du Général François Bozizé contre le gouvernement d’Ange-Félix Patassé, entre octobre 2002 et mars 2003, le Président Patassé avait fait appel aux troupes de Jean-Pierre Bemba, chef du MLC en République démocratique du Congo (RDC), afin de repousser les éléments rebelles. A cette occasion, des crimes graves ont été commis à l’encontre de la population civile centrafricaine.

Dès 2003, la FIDH a transmis tous les ans, au terme de chacune de ses missions en RCA, des informations sur les crimes relevant de la compétence de la CPI et sur le manque de capacité et de volonté des juridictions centrafricaines à poursuivre de tels crimes. Le 22 décembre 2004, l’Etat centrafricain lui-même avait saisi la CPI.

Le Procureur de la CPI n’a répondu à ces demandes d’intervention qu’en mai 2007, ouvrant une enquête sur la situation en RCA. Lors de l’annonce de l’ouverture de l’enquête, il a déclaré qu’il se concentrerait tout particulièrement sur les crimes sexuels commis dans ce pays.


Jean-Pierre Bemba
, ancien vice-président et actuel sénateur de la RDC, a été arrêté en Belgique le 24 mai 2008 sous mandat d’arrêt délivré par la CPI, le 23 mai 2008. Il a été transféré au centre pénitentiaire de la CPI, à La Haye, le 3 juillet 2008. Conformément au statut de la CPI, une audience dite « de confirmation des charges » s’est déroulée du 12 au 15 janvier 2009. Au cours de cette audience, le Procureur a présenté les éléments de preuve dont il dispose pour prouver les charges qu’il avait retenues à l’encontre de Jean-Pierre Bemba.


SOURCE :
International Federation of Human Rights (FIDH)

 

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 23:49





jeudi, 18 juin 2009 Afrikarabia (RDC)

Inculpé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par sa milice en République centrafricaine en 2002-2003, l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba garde espoir. Alors que la Cour Pénal Internationale (CPI) vient de confirmer les charges qui pèsent contre Bemba, la défense du leader du MLC crie victoire. Pour ses avocats, la CPI n'a pas retenue "l'intention criminelle" de Jean-Pierre Bemba.

Le clan Bemba était sonné, il y a quelques jours, après la confirmation de la responsabilité pénale du leader congolais. Mais contre toute attente, la défense reprend espoir. La Cour pénale internationale a en effet conclu à l’absence de preuves suffisantes permettant d’affirmer que Bemba était animé de l’intention criminelle lors des exactions de Bangui. La CPI a aussi refusé de confirmer que l’incriminé est pénalement responsable des crimes qui ressentent de l’article 28-a du Statut de Rome. Il s’agit de la "torture comme crime contre l’humanité et comme crime de guerre".

Les avocats de l’ancien vice-­président disposent de cinq jours pour interjeter appel. Mais le plus important pour Bemba, c'est qu'il va être jugé non pas en tant que « chef hiérarchique des hommes déployés en RCA, mais en tant que  chef militaire » du MLC. Nuance importante. Pour les avocats de la défense, c’est Ange Félix Patassé qui doit répondre des exactions et non Bemba. "Bemba n’a jamais fait partie du système de commandement de l’armée centrafricaine" pour ses avocats. Reste à en convaincre le tribunal.

Christophe Rigaud

 

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 15:39







 

17 Juin 2009 La Prospérité (Kinshasa)

 

Kinshasa — Le leader du Mouvement de Libération du Congo n'était ni Chef Militaire, ni dispensateur des ordres sur le théâtre d'opérations. Ses troupes avaient été placées, affirme Kilolo Musamba, l'un de ses avocats les plus en vue, sous commandement de la haute hiérarchie militaire dirigée, en son temps, par Ange Félix Patassé, l'ex-Président élu au suffrage universel direct et déchu, plus tard, par François Bozizé, à la suite des affrontements larvés, en République Centrafricaine.

La chambre d'Appel aura, enfin, la primeur des arguments des avocats de Bemba qui se réjouissent, malgré tout, de la décision de la CPI de retenir le strict minimum de crimes, au niveau de la responsabilité. Ce sera un coup de foudre, croit-on. Les faits restant têtus, les avocats promettent de s'en saisir, pour se donner raison, en défendant Bemba, leur client, dont ils clameront l'innocence, jusqu'au bout. Ce n'en était pas fini. L'épisode de la Cour Pénale Internationale boucle une étape mais pas la dernière. Dans leurs manches, les avocats de Bemba disposent encore d'autres manches. Ils promettent d'aller en appel, pour faire valoir des arguments massues. Parallèlement au processus de mise en place d'une chambre de première instance, pour juger Bemba, ils veulent, eux, saisir directement la chambre d'Appel. Leur idée consistera à démontrer que Bemba n'était ni Chef Militaire, ni dispensateur des ordres sur le théâtre d'opérations, lors des affrontements armés entre les troupes fidèles à Ange Félix Patassé, le Président élu au suffrage universel direct, et les rebelles de François Bozizé.

Les avocats qui se réjouissant, en passant, du fait que la Cour Pénale Internationale ait retenu le strict minimum, au niveau du levier de responsabilité. Ceci rend donc discutable la suite. Les faits restant, par ailleurs, têtus, il va de soi qu'ils les qualifient en droit, pour contraindre la chambre d'Appel qui dispose d'un dernier mot, à ordonner, sans atermoiements, la libération de leur client. Même si la Cour a rejeté le reste, les avocats de la défense ne démordent guère lorsqu'ils croient avoir des raisons de faire valoir des arguments en vue de prouver que Bemba n'était ni de près, ni de loin, le Chef militaire de ses éléments dépêchés à Bangui, à la rescousse du pouvoir Patassé, menacé. Hommes et femmes des troupes, armes et munitions, rations et commodités étaient globalement placés sous la direction de la haute hiérarchie militaire centrafricaine laquelle dépendait, elle-même, de Patassé. Les avocats entendent récupérer tous les faits à la décharge de Bemba. L'espoir est encore permis, à les en croire. C'est une question simplement de temps. Au Mlc, Muamba François parle d'un dossier vide, à la CPI. La responsabilité individuelle étant écartée, la justice internationale ferait mieux de libérer Bemba, soutient-on. Où est Patassé ? Félix dit Ange Patassé est aujourd'hui plus que jamais, l'une des pièces à conviction, dans le dossier Bemba.

La suite de la procédure l'implique, à tous les niveaux. Si bien qu'il doit témoigner. L'enjeu est de taille, pour cet ex-Président déchu. C'est lui, le demandeur des troupes. C'est lui qui les avait utilisées, à ses fins. C'est encore lui qui, contre vents et marées, avait résisté contre Bozizé. Patassé est l'élément clé. Il connaît tout. Son tour est arrivé. Pourquoi la CPI le laisse-t-il courir les rues, fumant le calumet de la paix avec son ex-rival, sans la moindre inquiétude ? De plus en plus, des voix condamnent véhément le fait que Bemba soit le seul à payer les frais d'une intervention dont le bénéfice aurait échappé à son contrôle, totalement. La CPI se ressaisira-t-elle ? Dans combien de temps, pour arrêter Patassé, le juger et condamner ?

 

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 01:54





 

par Didier Samson

16/06/2009 RFI  à 12:17 TU

La Cour pénale internationale vient d’ordonner le renvoi devant la justice de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo et surtout président du Mouvement de libération du Congo (MLC). Il avait été arrêté le 24 mai 2008 par les autorités bruxelloises, qui exécutaient un mandat délivré par la CPI.

Les premières comparutions de Jean-Pierre Bemba ont lieu du 12 au 15 janvier 2009 au siège de la CPI, à La Haye, où le leader congolais s’est vu notifier les charges retenues contre lui. Elles concernent essentiellement les exactions commises en Centrafrique par ses troupes entre 2002 et 2003. En effet,  les soldats du MLC avaient volé au secours du président de la République centrafricaine, Ange-Félix Patassé, qui se disait menacé par un coup d’Etat.

Les troupes congolaises avaient été accusées de viol, de crimes de meurtre et de pillage lors de leur expédition en terre centrafricaine. Les accusations de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre avaient été retenues contre leur chef, Jean-Pierre Bemba. Mais lors des audiences de confirmation des charges, les avocats du leader congolais ont rejeté toute responsabilité de leur client dans les crimes commis par ses troupes. Au contraire, ils tiennent pour responsable l’ancien président centrafricain que les troupes du MLC avaient secouru. Selon les avocats, la mise à disposition de troupes, dans le cadre d’un accord, n’implique pas la responsabilité de Jean-Pierre Bemba, mais plutôt celle de leur hôte.

Le tribunal n’a pas retenu ces arguments et a confirmé la responsabilité pénale de Jean-Pierre Bemba en qualité de chef militaire. Selon les juges, suffisamment de preuves existent et justifient les accusations contre le patron du MLC. Toutefois, sa responsabilité pénale dans les tortures et atteintes à la dignité de la personne a été rejetée. Le tribunal n’a pas encore fixé de date pour le procès de Jean-Pierre Bemba.

 

Béatrice Lefrapère

Conseillère spéciale du procureur de la CPI

« C’est la première fois que la responsabilité du supérieur hiérarchique est invoquée devant la Cour pénale internationale, mais également devant les autres tribunaux pour les crimes de violences sexuelles. »

 

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