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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 01:30




BRAZZAVILLE - Le président congolais Denis Sassou Nguesso, réélu en juillet, a procédé mardi soir à un remaniement ministériel du gouvernement qui ne comporte pas de Premier ministre, selon un décret lu à la radio et à la télévision publiques.

La nouvelle équipe gouvernementale comprend 37 membres, contre 38 dans la précédente alors que le poste de Premier ministre, occupé par Isidore Mvouba est dissout, selon le décret publié par le directeur de cabinet du président congolais, Firmin Ayessa.

Le gouvernement est chargé de "mettre en mouvement le chemin d'avenir", le projet de société promis par M. Sassou Nguesso lors de sa campagne électorale.

"Le gouvernement comprend quatre pôles -- infrastructures de base, économie, souveraineté et socio-culturel -- et chaque pôle a à sa tête un ministre, lui-même en charge d'un ministère", a ajouté M. Ayessa.

M. Mvouba était Premier ministre sans être chef du gouvernement, M. Sassou Nguesso étant déjà président et chef du gouvernement. M. Mvouba devient ministre d'Etat, coordonnateur du pôle des infrastructures de base, ministre des transports, de l'aviation civile et de la marine marchande.

Vingt-sept ministres conservent leurs portefeuilles ou ont été mutés. Dix ministres sont des nouveaux venus.

Parmi les entrants figurent l'ancienne directrice de cabinet de l'ancien président Pascal Lissouba (1992-1997), Claudine Munari, qui hérite du ministère du commerce et des approvisionnements.

Le Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD, anciennement à l'opposition), qui a conclu à la veille de la présidentielle un accord politique avec le Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir), s'est vu confier le ministère de l'industrie touristique et des loisirs, qui sera dirigé par son secrétaire général Mathieu Martial Kani.

L'ancien ministre de la coopération, Charles Zacharie Bowao, un professeur de philosophie de l'université, s'occupera de la défense nationale.

Le ministère des hydrocarbures revient à André Raphaël Loemba, originaire de la région pétrolifère du Kouilou (sud).

Le ministère des sports a été confié au général Jacques Yvon Ndolu, qui était capitaine des Diables rouges lorsque l'équipe nationale du Congo a remporté la huitième Coupe d'Afrique des nations (CAN) à Yaoundé en 1972.

M. Sassou Nguesso a été réélu pour un septennat avec un score de 78,61% des suffrages. Les résultats de la présidentielle avaient été contestés par six candidats.

M. Sassou Nguesso a dirigé le Congo sous le régime d'un parti unique d'influence marxiste entre 1979 et 1992, année où il a perdu la présidentielle face à Pascal Lissouba.

M. Sassou Nguesso était revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une sanglante guerre civile remportée par ses milices, et a été élu en 2002 lors d'un scrutin boycotté par les principaux opposants. Selon la Constitution, il entamera mi-août son dernier septennat.

(©AFP / 16 septembre 2009 02h11)

 

NDLR : A signaler que selon nos informations, Mme Paco née Annette Ngaibona séjourne actuellement à Brazzaville envoyée en mission pour le compte de Bozizé et son KNK dans le cadre des activités des femmes KNK.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 18:35




15-09-2009    Source : gaboneco

Bruno Ben Moubamba, candidat malheureux à l'élection présidentielle du 30 août et membre du Front de refus du coup de force électoral, est parvenu à sortir du pays ce 14 septembre malgré l'interdiction de quitter le territoire national décrétée par le ministère de l'Intérieur à l'endroit des leaders politiques de l'opposition. Arrivé en France, il a annoncé un ensemble d'actions visant à dénoncer et démanteler l'ingérence «occulte» de la France dans l'accession d'Ali Bongo au pouvoir.

Les mailles de Ndongou étaient trop grosses pour Ben Moubamba, qui est parvenu à se faufiler hors du pays ce 14 septembre, malgré l'interdiction de quitter le territoire national décrétée par le ministre de l'Intérieur en charge de la Défense nationale à l'intention des leaders politiques de l'opposition.

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle du 30 août, rallié avec 15 autres candidats au Front de refus du coup de force électoral, est parvenu, malgré la liste noire distribuée par les autorités, à passer les différents postes de contrôles de l'aéroport international Léon Mba et à embarquer dans l'avion pour Paris.

Les forces de l'ordre auraient tenté, tardivement, de la faire descendre de l’avion, mais le commandant de bord de l’avion aurait invoqué la réglementation en vigueur pour refuser de faire descendre son passager.

Arrivé à Paris, Ben Moubamba a expliqué que son déplacement consistait à «convaincre les leaders responsables des démocraties occidentales de la nécessité d’une condamnation ferme du régime qui essaie de s’installer au Gabon».

Il a également estimé que de cette mission dépendait «à la fois la stabilité et la paix dans notre nation et l’équilibre géopolitique de la région». Il affirme posséder des «informations sur les preuves (...) relatives à la réalité des assassinats commis dans notre pays depuis le 3 septembre dernier».

Bruno Ben Moubamba doit tenir une conférence de presse le 15 septembre à 10 h 00 sur la place de la Coupole, en face du siège de l'entreprise TOTAL S.A, à Courbevoie en région parisienne pour expliquer les raisons de la contestation des résultats officiels de l'élection présidentielle, notamment l'ingérence de la France dans ce processus.

«Nous n’avons rien contre les Français mais l’ambassade, l’ambassadeur de France et la «France-Afrique» ont servi tout simplement de plateforme porteuse pour le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), et ça il faut le dire», avait déclaré Ben Moubamba.

Ben Moubamba avait affirmé le 7 septembre dernier avoir été insulté et expulsé manu militari de la représentation diplomatique française au Gabon après un entretien avec l'ambassadeur de France au Gabon, Jean Didier Roisin. Des affirmations immédiatement démenties par l'ambassade.

Le candidat Paul Mba Abessole, également membre du Front de refus du coup de force électoral, avait été contraint de rester sur le sol gabonais alors qu'il devait se rendre en Côte-d’Ivoire le 9 septembre dernier.

 

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 00:43




                Mahamadou Issoufou

APA-Dakar 2009-09-14 23:04:48 (Sénégal) La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) a condamné lundi dans un communiqué reçu à APA, «le harcèlement judiciaire, l’intimidation, les arrestations arbitraires et l’assignation à résidence des opposants, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes hostiles et résistants au tazartché (continuité)».

Selon le texte, l’ONG en appelle au chef de l’Etat nigérien pour qu’il fasse «preuve de sagesse et de raison, en cessant immédiatement la répression contre l’opposition et en ouvrant le dialogue politique avec son opposition qui est prête à faire des concessions significatives pour l’intérêt supérieur du pays».

Elle a aussi invité la communauté internationale et particulièrement l’Union africaine à «prendre les mesures fortement dissuasives, visant à amener le président Tandja à restaurer l’Etat de droit, les libertés fondamentales et asseoir le dialogue avec l’opposition au Niger».

La RADDHO encourage la société civile nigérienne, africaine et internationale à continuer la lutte pour la victoire des idéaux contenus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) notamment la bonne gouvernance, la séparation des pouvoirs et la liberté d’expression et de choix.

Selon la RADDHO, «plus d’une trentaine de députés défilent depuis le 5 septembre ou sont gardés à vue au camp de la police de Niamey (la capitale), accusés de détournement de dénier publics».

«Pire, soutient la RADDHO, le chef de file de l’opposition du Niger, Mahamadou Issoufou, doit se présenter devant le juge pour les mêmes motifs et il est interdit de voyage de même que 125 autres députés de l’Assemblée nationale nigérienne».

L’ONG «exige l’arrêt immédiat du harcèlement judiciaire de Mahamadou Issoufou et des députés de l’opposition et la libération immédiate et sans condition de Marou Amadou»

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 22:37


 

14/09/2009 | Jeune Afrique | Par : Samy Ghorbal

 

Ce sera un beau symbole: le 14 juillet prochain, « des contingents des anciens territoires de l’Afrique subsaharienne qui ont contribué à défendre et à libérer la France pendant les deux guerres mondiales » défileront sur les Champs-Élysées. L’annonce en a été faite par le président Nicolas Sarkozy, lors de la conférence annuelle des ambassadeurs, le 26 août, à Paris. Et 2010 sera décrétée « année de l’Afrique » pour célébrer avec faste le cinquantenaire de l’accession pacifique à l’indépendance de quatorze pays francophones du continent. Le gaulliste Jacques Toubon, ancien cacique du RPR et ex-ministre de Jacques Chirac, sera chargé de piloter l’ensemble des manifestations.

L’autre annonce de la journée n’en est pas vraiment une: la France va renégocier « dans une perspective radicalement nouvelle » les accords de défense qui la lient à huit pays africains: Togo, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon, Djibouti, Centrafrique, Sénégal et Comores. Et elle compte boucler l’affaire d’ici à la fin de 2009. En fait, deux accords « de nouvelle génération » ont déjà été signés: avec le Togo, en mars, et avec le Cameroun, en mai. Paris souhaite « rénover profondément » sa relation avec ses ex-colonies et ne veut plus être « le gendarme de l’Afrique ». Évoquée une première fois pendant la campagne présidentielle de 2007, l’idée figurait déjà dans le discours du Cap, prononcé le 28 février 2008 devant le Parlement sud-africain.

Les accords de défense vont donc être toilettés, adaptés et expurgés des fameuses « clauses secrètes » qui alimentaient bien des fantasmes sur le continent, mais aussi dans l’Hexagone. Traduction: la France, qui conserve des bases militaires au Sénégal, au Gabon, au Tchad et à Djibouti (ainsi que des détachements déployés dans le cadre d’opérations de maintien de la paix en Côte d’Ivoire et en Centrafrique), n’interviendra plus pour sauver un régime en butte à une rébellion ou un dirigeant ami en grande difficulté.

En réalité, il y a déjà fort longtemps que Paris s’abstient – sauf au Tchad – de tout ce qui pourrait ressembler à de l’ingérence dans les affaires intérieures de ses anciennes possessions. Ainsi, en 2002, Jacques Chirac avait-il refusé de faire bombarder par des hélicoptères français les positions rebelles ivoiriennes à Bouaké, à la fureur de Laurent Gbagbo. Et l’année suivante, il abandonnera à son sort Ange-Félix Patassé, le président centrafricain renversé par des rebelles et qui exigeait, depuis son exil togolais, une intervention française à Bangui.

 



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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 21:51




 

APA Libreville 2009-09-10 17:08:26 (Gabon) Le leader du Rassemblement pour le Gabon (RPG) Paul Mba Abessole a été interdit de quitter le territoire national mercredi soir pour Abidjan, en Cote d’Ivoire, a appris APA.

 «Lors des formalités, les policiers m'ont indiqué qu'ils avaient reçu des consignes strictes de ne pas laisser voyager les leaders de l'opposition» a déclaré M. Mba Abessole.

Candidat à l’élection présidentielle du 30 août dernier, le leader du RPG s’était désisté en faveur du candidat indépendant André Mba Obame, l’ancien ministre de l’intérieur, qui a également bénéficié du désistement de cinq autres candidats indépendants dont l'ancien Premier ministre Jean Eyéghé Ndong.

Depuis l’assaut lancé par les militaires le jeudi 3 septembre contre un rassemblement pacifique organisé à l’entrée de la Cité de la démocratie, siège la Commission électorale nationale et permanente (CENAP), par les leaders de l’opposition, Mba Abessole s’est réfugié dans une ambassade à Libreville.

Il n’a reparu en public que le 7 septembre dernier, à l’occasion d’une réunion des quinze candidats à l’élection présidentielle du 30 août, qui s’est soldée par la rédaction d’une déclaration rejetant une nouvelle fois la victoire du candidat du Parti démocratique gabonais (PDG au Pouvoir), Ali Bongo Ondimba, avec 41,73% des suffrages.

Mba Obame est arrivé en 2ème position avec 25,88% des voix, devant Pierre Mamboundou, le leader de l’Union du peuple gabonais (UPG), qui était à la tête de l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR) créditée de 25,22% des suffrages, selon les résultats du scrutin rendus publics par le ministre de l'intérieur Jean François Ndongou.

Craignant pour leurs vies, André Mba Obame et Pierre Mamboundou sont carrément entrés en clandestinité. Le leader de l’UPG s’estimant même le plus recherché du groupe.

Paul Mba Abessole a dénoncé les «méthodes dictatoriales» ayant conduit à l'interdiction de sortie du territoire qui lui a été signifiée. «On a commencé à serrer l'étau. C'est la dictature qui s'installe», a déclaré le leader du RPG.

Le ministre de l’intérieur Jean François Ndongou a expliqué que les dirigeants de l’opposition ne pouvaient se rendre à l’étranger pour les besoins de l’enquête sur les violences qui se sont déroulées à Port-Gentil, la capitale économique.

L’opposition et le pouvoir sont divisés sur le bilan de ces évènements. Le président du Rassemblement national des bûcherons (RNB), le Pr. Pierre André Kombila a fait état de quinze morts alors que le ministre de l’intérieur avait annoncé trois victimes, tuées par les manifestants et non par les forces de l’ordre.



Le chef de l’opposition politique nigérienne interdit de voyager

APA-Niamey 2009-09-10 17:08:26 (Niger) Le chef de file de l’opposition nigérienne, Elhadj Mahamadou Issoufou, a été interpellé jeudi après-midi à l’aéroport de Niamey au moment où il s’apprêtait à prendre un vol à destination du Burkina Faso, a appris APA auprès de sources proches de sa formation politique, le PNDS.

Officiellement, aucune raison n’a été avancée pour justifier l’interdiction de voyager infligée à l’opposant, mais l’on avance que cette décision est en lien avec la défense faite aux anciens députés de quitter le pays, en raison d’une procédure judiciaire engagée contre eux, dans le cadre d’une opération dite « mains propres » lancée par le Président Mamadou Tandja.

C’est la première fois, depuis l’adoption d’une nouvelle Constitution réprouvée par l’opposition en début août dernier, qu’un responsable politique est interdit de voyager au Niger.

Le chef de l’Etat nigérien a dissous, le 26 mai dernier, l’Assemblée nationale, à la veille de la suspension de la Cour constitutionnelle, en vue d’adopter une nouvelle Constitution qui rallonge de trois ans son mandat présidentiel qui devait prendre fin en décembre prochain.

Président du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), principal parti de l’opposition et ancien député, Elhadj Issoufou, fait partie des 113 membres du parlement dissous et dont plusieurs d’entre eux, des responsables de l’opposition comme de la majorité, ont été entendus et détenus dans les locaux de la police suite à une enquête de la gendarmerie portant sur la gestion du parlement.

Plusieurs anciens parlementaires ont été inculpés entre lundi et mardi dans le cadre d’attributions de marchés publics et détournements de deniers publics.

Actuellement trois anciens députés et un responsable financier de l’ancien parlement sont écroués alors qu’une trentaine d’autres avaient bénéficié d’une liberté provisoire, dans une affaire de corruption portant sur plus de 18 milliards FCFA.

L’affaire concerne plus de 150 personnalités, notamment des députés et cadres des législatures successives de 2000 à 2009, au parlement nigérien.

Mardi, El Hadj Issoufou a affirmé qu’il s’agit « d’une politique de deux poids deux mesures (…) tendant à la liquidation de la classe politique nationale », ce qui se justifie par contre pour « un assainissement des finances publiques » estime des proches du Président Tandja.

En fin juin dernier, le Chef de file de l’opposition avait été brièvement interpellé à la gendarmerie nationale à Niamey où il avait subi pendant des heures un interrogatoire suite au mouvement mené contre le référendum qui a fait adopter, deux mois plus tard, une nouvelle Constitution.


NDLR : "Républiques bananières africaines, unissez-vous !" serait-on tenté de dire en réaction à ces dépêches qui relatent les mésaventures de deux dirigeants des oppositions politiques de deux pays africains, l'un en Afrique centrale, l'autre en Afrique de l'Ouest. C'est la preuve que l'Etat de droit en Afrique a encore un long chemin devant lui. C'est tellement ridicule !  



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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 15:04




APA - Bangui 2009-09-10 02:09:10 (Centrafrique) Le chef rebelle tchadien du rassemblement des forces positives, le général Baba-Ladé a précisé que son mouvement installé dans la préfecture de Nana-Gribizi, en territoire tchadien ne constitue pas un obstacle pour la paix en République centrafricaine.

Cette annonce entre dans le cadre du processus de désarmement de l’Armée Populaire pour Restauration de la Démocratie (APRD), un mouvement rebelle et son implication dans le processus du désarmement, démobilisation et de réinsertion (DDR).

Cette déclaration a été faite par le général tchadien ce mercredi, à Bangui, au sortir d’une audience accordée par le ministre d’Etat en charge de la Communication, du Civisme, du Suivi du Dialogue, M. Cyriaque Gonda, dans la poursuite de contacts sur le processus d’information et de sensibilisation sur le DDR.

« Nous sommes venus trouver un Etat où le pays était envahi par les coupeurs de routes, la population vit dans la brousse, elle ne cultive pas le champ, ni ne pratique pas la chasse, elle est prise en tenaille par les coupeurs de routes », a déclaré le chef rebelle, le général Baba-Ladé.

« Je crois que si vous partez aujourd’hui dans la préfecture de Nana-Gribizi, personne ne vous dira que nous faisons obstacle », a-t-il ajouté, en poursuivant que « les Centrafricains s’inquiètent de la rébellion de l’APRD qui les terrorise ».

Au sujet du désarmement de ses cinq cent (500) hommes, le chef rebelle Baba-Ladé a réitéré qu’ils avaient décidé de déposer les armes à condition que le gouvernement tchadien lui accorde une amnistie.

Pour mémoire, le mouvement centrafricain l’APRD a fait du départ de la RCA, du chef du rassemblement des forces positives une condition avant son désarmement, dans le cadre du DDR.

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 01:17




Il y a deux ans, le professeur Honorat Aguessy créait le Conseil mondial du panafricanisme. Une manière pour lui de porter encore plus le débat sur l’unité africaine dans les cercles intellectuels. Pour ce sociologue béninois, il est en effet d’une impérieuse nécessité de voir l’Afrique mettre en place les structures permettant de promouvoir ce commun devenir sans lequel le continent ne pourrait ni se stabiliser ni se développer. En cela, estime-t-il, il est important de voir les intellectuels s’engager dans un travail de sensibilisation des populations. Avec Pambazuka News, il a échangé sur cette vision d’avenir.



Pambazuka : Au cours de ces cinquante dernière années, il y a eu plusieurs tentatives d’unir les Etats africains, dont l’Organisation de l’Unité Africaine (Oua) créée en 1963, puis tout récemment, l’Union africaine (Ua). Pourquoi selon vous, ces différentes tentatives n’ont jusqu’ici pas abouti à la hauteur des espoirs ?



Honorat Aguessy : Je suis convaincu qu’il n’y a pas de salut pour l’Afrique et les Africains en dehors de l’unité. La création d’un gouvernement fédéral est un rêve, un idéal auquel nous aspirons tous. Je suis pour ma part convaincu que nous y parviendrons un jour, malgré les multiples obstacles qui se dressent devant nous aujourd’hui. J’ai consacré mon temps, mon énergie et beaucoup de mon argent à cet idéal, pour susciter une prise de conscience collective des Africains sur l’impérieuse nécessité de nous unir et faire face ensemble aux multiples défis qui nous interpellent.



C’est ce qui nous a poussés à créer, il y a quelques années, le Conseil mondial du panafricanisme (www.comopa.org), qui regroupe des intellectuels, des membres de la société civile et d’autres éminentes personnalités mus pour un seul but : l’avènement des Etats-Unis d’Afrique. Nous avons été au Sommet des chefs d’Etat et des gouvernements, tenu en juillet 2007 à Accra au Ghana, pour rencontrer les chefs d’Etat. A cette occasion, nous avons été très déçus par l’attitude négative de certains d’entre eux, qui ne semblaient nullement s’intéresser à l’avenir de ce contient comme cela se devait. Dieu merci, c’est déjà nettement mieux. Quelque vingt Etats se disent déjà prêts à former un Gouvernement de l’Union.



Pambazuka : N’est-il pas trop simple de toujours dire que l’Afrique ne peut se construire que dans cette unité, alors que les obstacles sont multiples ?



Honorat Aguessy : Nous ne dirons jamais assez que l’avenir de l’Afrique se trouve dans l’unité. Nous devons léguer aux générations à venir une Afrique unie et réconciliée avec elle-même. C’est ce qui permettra à ces jeunes d’aspirer à des lendemains qui chantent. Le professeur Cheikh Anta Diop avait raison, lorsqu’il déclara, un jour, à l’endroit des jeunes : «Si vous ne faites pas le panafricanisme, vous vivrez l’enfer sur cette terre». Je crois sincèrement, que la possibilité pour les jeunes d’aller où ils veulent sur le continent leur permettrait de s’épanouir dans un ensemble beaucoup plus vaste. Nous ne voulons pas que nos enfants vivent dans les mêmes conditions que nous qui avons connu la colonisation d’abord, puis une pseudo indépendance avec des Etats balkanisés. Nous devons coûte que coûte aboutir à l’unité continentale, pour épargner aux générations futures de nos enfants de vivre comme nous l’avons fait, à l’étroit dans des frontières étriquées.



Pambazuka : Quelle pourrait être la contribution des intellectuels africains, à la réalisation des Etats-Unis d’Afrique ?



Honorat Aguessy : Ce n’est pas pour rien que nous avons créé le Conseil mondial du panafricanisme. Nous l’avons créé, nous et d’autres intellectuels, comme contribution à la recherche de l’unité continentale. Contrairement à ce que laissent entendre certains, les intellectuels africains ne dorment pas. Ils réfléchissent depuis déjà plusieurs décennies, sur les moyens de parvenir à l‘union continentale. Le symposium de Dakar sur le panafricanisme (en juillet dernier) en est illustration. Il faut que chacune de ces occasions ainsi créées, soit une vraie opportunité pour la réalisation de cet idéal commun qu’est l’avènement des Etats-Unis d’Afrique. C’est en nous retrouvant de temps en temps pour réfléchir ensemble, que nous parviendrons à construire l’unité continentale.



Nous devons faire de sorte que les gens sachent que la mise en place d’un gouvernement d’Union à l’échelle continentale n’est pas une utopie, ni un balbutiement, mais la condition sine qua non pour que l’Afrique aille de l’avant. C’est ça l’essentiel. C’est ce genre de rencontre qui nous permettra d’avoir beaucoup plus de personnes un peu partout à travers le continent, capables de conscientiser les peuples sur la nécessité de parvenir, dans les meilleurs délais, à l’unité sacrée du continent. Ces mêmes relais peuvent aussi jouer un rôle particulièrement important dans la sensibilisation d’autres personnes qui, de par le monde, ont quelque raison de s’intéresser à l’Afrique.



Pambazuka : Quels rôles doit alors jouer la diaspora africaine, dans le processus de création de ces Etats-Unis d’Afrique ?



Honorat Aguessy : L’Afrique est constituée des citoyens résidants et ceux de la diaspora. Les premiers vivent en permanence sur le continent tandis que les seconds relèvent de la dispersion des fils d’Afrique un peu partout à travers le monde. Soit par fait de la traite négrière, soit par l’esclavage ou alors par le phénomène d’émigrations. Les peuples de la diaspora regorgent d’éminentes personnalités qui sont pour la plupart, fortement attachées à l’Afrique malgré leur éloignement du continent. Ils participent de la plus belle manière à la conscientisation du monde sur l’éthique qui doit guider notre démarche dans la réalisation des Etats-Unis d’Afrique. Nous sommes condamnés aujourd’hui à travailler ensemble avec cette diaspora.



L’Afrique et sa diaspora comptent actuellement près de 1,4 milliard de personnes. La diaspora africaine est fortement implantée un peu partout à travers le monde, notamment dans les Antilles comme en Jamaïque, à Sainte Lucie, Cuba, en Haïti, à Trinidad et Tobago, en Guyane, aux Etats-Unis, au Brésil, en Equateur, en République Dominicaine, etc. Nous ne pouvons pas les abandonner là où ils sont, parce que ce sont nos frères et sœurs. Quel que soit l’endroit où ils se trouvent, ces frères et sœurs continuent de vivre avec les valeurs africaines. Ceci prouve à suffisance, que nous sommes un seul et même peuple. Ils s’intéressent donc, à tout ce qui se passe sur le continent. Nous ne pouvons dès lors, pour rien au monde, les abandonner à leur sort. Nous ne serons, pour cela, jamais assez reconnaissants aux chefs d’Etat qui ont décidé de faire de la diaspora la sixième région de l’Afrique.



Pambazuka : Croyez-vous que l’élection de Barack Obama pourrait contribuer un peu plus aujourd’hui, à la prise de conscience collective des Africains ?



Honorat Aguessy : C’est promoteur. Cette élection d’un Noir à la tête du pays le plus riche du monde va contribuer à la transmutation du monde. Mais pour que ce changement arrive conformément à la conjoncture qui est plus que jamais favorable, il faudrait que les Etats-Unis d’Afrique voient aussi le jour. C’est l’ensemble de tous ces concours de circonstance qui vont l’appuyer et lui permettre de réaliser quelque chose de prodigieux dans le monde.



Pambazuka : Quels effets immédiats verriez-vous dans la création des Etats-Unis d’Afrique ?



Cela permettrait d’abord de remédier aux conflits cycliques qui secouent le continent depuis les indépendances dans les années 1960. La création d’un gouvernement continental peut contribuer à mettre fin à ce prétendu principe de pseudo-souveraineté qu’utilisent certaines personnes malintentionnées, pour perpétrer des actes inqualifiables à l’intérieur ou à l’extérieur de leurs frontières. Je crois que l’existence d’une armée continentale, par exemple, peut avoir un effet dissuasif. Les gens réfléchiraient plus d’une fois, avant de prendre les armes contre un régime au pouvoir ou contre un pays frère. Cela pourrait réduire les conflits fratricides entre Etats voisins, les guerres civiles à l’intérieur d’un même pays et les coups d’Etats, entre autres. A partir du moment où les gens savent qu’ils ne pourraient plus bénéficier de complicité sur place, que d’autres armées mieux équipées et plus entraînées viendraient les déloger pour rétablir la légalité constitutionnelle, il n’y aurait plus de guerres.



* Professeur Honorat Aguessy est président de l’Institut de développement et d’échanges endogènes et président du Conseil mondial du panafricanisme.


Ses propos ont été recueillis par Mamadou Aliou Diallo



Source: http://pambazuka.org/fr/category/features/58583



COMPTE RENDU DE LA IIIEME RENCONTRE DU RDA

DU 29 AOÛT A PARIS

 

1. La IIIème rencontre du Rassemblement de la Diaspora (RDA) du 29 août 2009 à Paris a été un franc succès. Une fois encore, malgré les vacances estivales, militants et élus, entrepreneurs acteurs sociaux, hommes et femmes des sciences en communication et de des technologies, cadres de l'espace culturel, venus des quatre coins d'Ile de France, d'Antibes, de Lyon et de Normandie ont procédé à un échange intense qui ont abouti à des prises de décisions importantes sur le présent et l'avenir du RDA. A cet égard, la qualité du « Document d'orientation stratégique, plan d'initiatives structurelles et de partenariat du Rassemblement de la Diaspora Africaine (RDA) » a été soulignée et saluée. Ledit document a connu toutefois des améliorations sur bien des points afin de garantir les bases d'une organisation durable et opérationnelle, collégiale et transparente.

 

2. Face aux différents défis et à l'exigence de quitter au plus vite l'informel, mandat a été donné à la Commission de Réflexion et d'Orientation qui s'est renforcée pour se pencher une fois encore sur le projet des textes qui permettront au plus vite au RDA d'avoir son récépissé et d'avoir encore plus de crédibilité par rapport à ses ambitions, ses initiatives, actions immédiates et partenaires. Pour ce faire, une réunion aura lieu le samedi 19 Septembre 2009 de 11H à 18H, à la Maison des Association du XVIème arrondissement, 14, avenue René BOYLESVE (Metro PASSY)

 

3. Cette rencontre sera aussi l'occasion de définir la « feuille de route » qui permettra de préciser le sens, l'objet, les objectifs des Commissions qui ont été actées. Elles restent ouvertes et sont les suivantes: Commission « Démocratie, Droits et Libertés », Commission « Économie et Développement », Commission « Arts, Culture et Histoire », Commission « Sciences et Technologies », Commission « Environnement et Sports », Commission « Communication et Informations »

 

4. Afin de régler ou d'anticiper d'éventuels conflits, il a été décidé de renforcer le Conseil des Présidents d'Associations qui ont dans la pratique une solide expertise de ce type de questions. De ce fait, cette sous-structure devient: « Conseil des Présidents d'Associations et des Sages ».

 

5. C'est l'occasion de tenir compte de la question « Genre » qui est et sera une préoccupation constante dans nos réflexions et actions. Pour attester de cette réalité, il est clair qu'une Commission « Genre et Education » devient intournable. A cela s'ajoutera un Collège de soutiens et de partenaires.

 

6. Au-delà de la réunion du Samedi 19 Septembre 2009 de 11H à 18H, à la Maison des Association du XVIème arrondissement, 14, avenue René BOYLESVE (Metro PASSY), toutes les commissions doivent rendre au plus tard leurs conclusions le 30 Septembre 2009: elles sont capitales car c'est la somme de ces travaux qui servira au moins de base au plan des actions 2009-2010. En plus de ces questions de l'orde du jour, il sera aussi abordé entre autres, l'état de la préparation de la journée des Tirailleurs Africains du 11 Novembre 2009 à Paris. Tout cela appelle à l'existence d'un texte de sensibilisation, d'informations et de contact sur les objectifs et la réalité du RDA dans tous les espaces citoyens et institutionnels à diffuser dans nos réseaux, d'ici et de là-bas.

 

7. C'est de cette manière que nous réunirons les conditions de la IVéme rencontre du Rassemblement de la Diaspora Africaine du 24 Octobre 2009 à Paris, au Collège Georges MELIÈS dans le 19ème arrondissement, 45-47 rue de TANGER (Métro RIQUET ou STALINGRAD), de 15H à 18H.

 

Fait à Paris le 5 Septembre 2009

Le Secrétariat du RDA

 

Contact:

Sékou DIABATÉ

Coordinateur général RDA

Tél.: 06 85 72 30 38

E-mail: espacerda@gmail.com

Site Web : www.my-rda.org

 


ETAT PROVISOIRE DE LA CONSTRUCTION PROVISOIRE

DU RDA

 

Secrétariat

 

Coordinateur Général

Sékou DIABATÉ

 

Trésorier

Lucien Brice GBAGUIDI

 

Secrétaire Administrative

Mame Aïssé KOUNDOUR

 

Chargé des Relations Extérieures

Christian Dominique DARLAN

 

 

COMMISSIONS OUVERTES

 

Commission  « Réflexion et Orientation »

Sékou DIABATÉ, Lucien Brice GBAGUIDI, Régine GILLET, Nadine ABONDO, Blaise ADJALIAN, Naomi SADENG, Mariam Seri SIDIBÉ, Robert FOPA, Manfred GOUET, Ernest KAKOU TIGORI, Cheikna BOUITY, Papa Ababacar GUEYE


Commission «Santé et accompagnement social »

Nadine ABONDO, Martine POUPIN

 

Commission «Démocratie, Droits et Libertés »

Wally DIABIRA, Abdoulaye WANE, Boubacar GUESSÉRÉ

 

Commission «Economie et Développement »

Camille BABETE, Ibra YALI, Aïssé KOUNDOUR, Mme Diarra LY, Abdoulaye WANE, Badara MBENGUE,

 

Commission « Arts, Culture et Histoire »

Lazare KI-ZERBO, Djialla FOFANA, Mariam Seri SIDIBE, Mame Diarra LY, Cheikna BOUITY, Hassane MBAYE, Ibrahima KONÉ

 

Commission « Genre et Education »

Mariam THIAM, Etienne LOPALO

 

Commission provisoire « Sciences et Technologies »

Jean-Denis TSATI, Gamal NIANG

 

Commission « Environnement et Sports »

Yaya COULIBALY, Gamal NIANG

 

Commission « Communication et informations »

Gamal NIANG

.

 

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 18:05




 

 

par Madior FALL | SUD QUOTIDIEN  lundi 7 septembre 2009

Après l’ère des pères de la Nation, celle des putschistes galonnés, les conférences nationales, le multipartisme intégral, voici venue l’heure des héritiers présomptifs ! Kabila fils au Congo démocratique, Faure Gnassingbé au Togo hier, Ali Bongo Odimba au Gabon aujourd’hui. Demain, lequel des autres fils de…roi prendra la place du père ? Après le discours de La Baule et ses conférences nationales suscitées, le multipartisme intégral et les alternances démocratiques, la dynastie est en marche en Afrique. C’est l’avènement des fils de chefs.

C’est parti ! Même si au Gabon, la rue que la défaite essuyée par les « Panthères » devant les « Lions indomptables » du Cameroun en éliminatoire de la Coupe du monde samedi dernier a encore attisée dans certaines villes du pays refuse de se calmer au lendemain de la présidentielle. Elle s’en prend violemment à ce qu’elle considère comme une forfaiture, un déni de justice, une fraude massive pour cautionner la « succession dynastique » au pouvoir à la suite d’un simulacre d’élection à un tour. Qu’à cela ne tienne, Ali Bongo a été déclaré président de la République. Avant lui, Faure Gnassingbé au Togo. Kabila « fils » avait lui, réussi au Congo démocratique le parricide parfait.

L’ère des dynasties est-elle ainsi de retour en Afrique ? Kabila, Gnassingbé, Bongo, Mohamed Kadhafi, l’aîné, fils d’un premier mariage, président de l’organisme libyen des télécommunications ou encore Hannibal Kadhafi et/ou encore Seif el Islam Kadhafi, le plus impliqué sur le plan politique des fils du « roi » libyen. Seif est surtout connu pour son rôle dans l’indemnisation des familles des victimes de l’attentat de Lockerbie et du DC-10 d’UTA abattu par des Libyens en 1988. Il dirige la fondation Khadafi10. Gamal le fils du Raïs égyptien : Hosni Moubarak a été nommé secrétaire chargé de l’orientation politique du Parti national démocrate (Pnd, au pouvoir) par son père et demain les Wade au Sénégal ? Un certain Bourgi, avocat franco-libano-africain de son état et affairiste patenté assure, renseignent des sources généralement bien informées de milieux diplomatiques du continent, qu’il a une nouvelle mission : celle d’installer les fils de chef au pouvoir. Mission « hautement » lucrative si cela se trouve dont il se vanterait sur tous les vols en destination du continent.

Les Pères de la nation

Au début était l’ère des Pères de la nation. Ils sont ainsi nommés pour avoir acquis l’indépendance de leur pays et fondé la nation comme communauté politique dans un Etat de personnes libres et égales en droit. On peut citer parmi ces pères de la Nation, l’Américain Washington, l’Indien Gandhi, le Tunisien Bourguiba. En Afrique qui nous occupe, de fortes individualités que sont : les figures binaires Lumumba-Kasavubu du Congo-Kinshasa, actuel Congo démocratique, auparavant Zaïre de Mobutu, Ruben Um Nyobé-Amadu Ahidjo du Cameroun. Apithy-T. Ahomadegbe du Dahomey, actuel Bénin, ou les quatre du Nigeria : N. Azikiwe-A. Tafawa Balewa-Obafemi-Awolo-A. Bello.

Le couple sénégalais : Léopold Sédar Senghor-Mamadou Dia, l’Ivoirien Houphouët-Boigny, le Guinéen Sékou Touré, le Malien, Modibo Keïta pour ne citer qu’eux, la liste n’est point exhaustive, furent les précurseurs de l’histoire post-indépendance de leurs pays respectifs. Ils ont donné la cadence et impulsé la marche. Leur modèle était le monocentrisme absolu. Une seule nation, un seul Etat, un seul peuple, un seul chef. L’unité de moyen : un parti, une doctrine idéologique. La concentration des fonctions : le président est celui du parti et de la République, souvent même et du conseil de gouvernement.

Le chef de l’État est en même temps le chef suprême des armées, parfois ministre de la Défense. Une conception : curieux mélange du centralisme démocratique soviétique et de la chefferie traditionnelle africaine, qui structure le discours autour du développement comme action et processus de transformation sociétale. Un discours fondateur, structure idéologique efficace. Un discours qui révèle un chef qui est tour à tour architecte de la construction nationale, stratège conduisant la guerre contre le sous-développement, pédagogue enseignant les valeurs cardinales d’unité, de travail, de paix et d’harmonie, poète chantant et l’amour et l’Afrique, justicier hiérarchisant les peines et les récompenses, voire prophète annonçant l’âge d’or. Me Wade le touche à tout en est-il le dernier sur le continent ?

Les putschs

Si dans quelques États où la succession a été régulière, on a échappé jusqu’ici au parricide : Gabon (1967), Kenya (1978), Sénégal (1980), Cameroun (1982), Tanzanie, cet acte de mise à mort politique qui évince le père du pouvoir plutôt que de le détruire. Il n’en est pas toujours ainsi. Mais avant les « parricides », les putschs des galonnés. C’est ainsi qu’en Guinée Conakry à la mort du président Sékou Touré l’armée prit le pouvoir. En Guinée-Bissau les coups d’Etat militaires rythment la marche de la nation depuis 1974. Au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso. En Gambie voisine, en Sierra Léone, au Libéria en Côte d’Ivoire avec le général Guéi. Au Niger et au Nigeria. Le Ghana etc. Plus loin de nous en Centrafrique, au Congo Brazzaville… Partout les officiers généraux, supérieurs, officiers et sous officiers ont pris la place des Pères de la Nation. Le Sénégal fait figure d’exception qui confirme la règle dans la sous-région.

N’empêche l’Afrique continue sa transition vers la démocratie même si le pouvoir Kaki paraît servir de clé à cette transition. Mais aujourd’hui après les putschs et autres coups d’Etat militaires des années 1970 à 1990, les conférences nationales à la suite du discours de La Baule de 1991 et le multipartisme intégral, on semble assister au retour de la dynastie. Chaque chef d’Etat nourrissant ou caressant l’idée de se faire remplacer par son fils. Et cela d’autant plus que plusieurs d’entre eux se sont surpris à se prendre pour le dernier des… pour ne pas y avoir pensé plutôt en se rendant compte que le « simple sergent » analphabète du Togo, Gnassingbé Eyadema avait planifié sa succession.

La preuve ! Au Sénégal cependant, autant on met en relief l’exception de n’avoir jusqu’ici connu un coup d’Etat militaire, autant on y souligne « l’impossibilité » d’une dévolution monarchique du pouvoir même revêtu du manteau de la démocratie. Simple vœu pieux de démocrates ou traits caractéristiques d’un peuple qui commerce avec la République depuis longtemps ? Toujours est-il que le fils a maintenant une fonction ministérielle et d’Etat pour faire bonne mesure. Il ne cache nullement ses ambitions présidentielles même si les urnes du 22 mars dernier semblent avoir douché ce projet. En ce qui le concerne, de Conseil spécial de son père, président du Conseil de surveillance de l’Anoci, il arbore aujourd’hui le grade envié de ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, des Infrastructures, des Transports aériens et de l’Aménagement du territoire. Excusez du peu ! Tremplin pour prendre la suite du père ? L’avenir le dira.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 00:56




 

05-09-2009    Source : gaboneco

Bruno Ben Moubamba, candidat à l'élection présidentielle du 30 août dernier qui s'était illustré par une grève de la faim durant toute la campagne électorale pour dénoncer l'«illégalité» du scrutin, dénonce le 5 septembre rôle des réseaux français dans le «coup d'Etat électoral» en cours au Gabon. Dans une lettre reprenant le célèbre «J'accuse» de Victor Hugo, que nous publions in extenso, Bruno Ben Moubamba affirme que certains réseaux français, impliquant notamment un des «parrain» de la Françafrique, Robert Bourgi, seraient impliqués dans la falsification et la légitimation des résultats donnant la victoire à Ali Bongo Ondimba, le fils du défunt président et candidat du parti au pouvoir.

 

«Selon nos sources, les autorités françaises ont anticipé le fait que la continuité du système PDG causerait la mort d'un millier de Gabonais. Nous en avons une première illustration en ce moment même à Port-Gentil.

 
Le sang des Gabonais a commencé à couler parce que nous n'acceptons pas le coup de force, parce que nous n'acceptons pas le coup de force électoral et parce que, comme tous les êtres humains, nous voulons vivre libres et mener une existence normale sur une terre enfin normalisée. Aujourd'hui des Gabonais tuent des Gabonais et nous sombrons peu à peu dans une spirale infernale.


Le 5 juin 2009, à l'Assemblée Nationale française, j'ai appelé la France à faire preuve de compréhension envers les peuples Africains, à commencer par le peuple Gabonais, car nous ne sommes pas des primates à peine évolués mais des personnes à part entière qui, de surcroît, ont payé le prix de la liberté du peuple Français.

 
En rappelant la célèbre formule d'André Malraux qui, en rendant hommage au résistant Jean Moulin lors du transfert de ses cendres du Panthéon s'était écrié : «Entre ici Jean Moulin !», je pensais du fond de mon cœur que la France Libre allait comprendre l'aspiration des Africains en général, et des Gabonais en particulier, à vivre libérés.


Je suis au regret de le dire mais, ce soir, la France me déçoit et déçoit le peuple Gabonais. Nous avons le sentiment que le sang d'un Gabonais ne pèse rien devant un baril de pétrole. La France a choisi de couvrir, en le niant, le coup de force électoral au Gabon, organisé avec l'aide de Robert Bourgi, un mafieux international qui s'est déjà tristement illustré en RDC - l'ex Zaïre - auprès du maréchal Mobutu et qui, malgré ses échecs, est prêt à recommencer au Gabon pour 30 ou 40 ans de plus.


Aujourd'hui à Port-Gentil, on tue des Gabonais comme on tue des singes dans la forêt. Et ce faisant la France éternelle que nous aimons prend la lourde responsabilité de se voiler la face et de persister dans son autisme politique.


Si la France perd son âme et laisse tuer les Africains, je le dis solennellement, elle perdra le Gabon comme elle est déjà en train de perdre la Côte d'Ivoire. Les tueries à venir, celles du peuple et celles des leaders que nous sommes, n'empêcheront pas la destruction progressive de la françafrique et la disparition de l'influence française sur l'Afrique francophone. Les intérêts français ne seront pas préservés dans le renoncement à l'éthique et à la morale internationale.

Je l'ai dit également au Forum de Reims le 4 avril dernier : les enfants des anciens indigènes, ceux dont les morts reposent dans la terre de l'Est de la France, réclament un retour d'ascenseur. Nos pères ont libéré par deux fois la France de la servitude, elle nous doit au minimum que nous soyons enfin libérés de l'esclavage, de la dictature, de la corruption et de la mauvaise gouvernance.


L'enrichissement à venir de millions d'Africains, et l'apaisement social qui va avec, réduira l'émigration vers l'Europe, il créera une nouvelle classe moyenne et de nouveaux consommateurs performants, la crise financière internationale sera réduite, la part qui revient au Gabon étant mieux gérée, les multinationales seront plus performantes et le sentiment anti-français baissera dans notre sous-région.


Moi, Bruno Ben Moubamba, j'accuse la France d'être derrière le coup d'Etat en cours au Gabon et je dis au Président français Nicolas Sarkozy qu'il n'est pas dans l'intérêt de la France d'agir comme elle le fait pour le moment.


Nous sommes contraints d'admettre, avec horreur et écœurement face aux morts, face au sang qui a commencé à couler au Gabon, que notre problème ne s'appelle pas seulement Ali Bongo Ondimba ou Pascaline Mferi Bongo. Notre problème au Gabon s'appelle aussi Total, Areva, Eramet, Bolloré, etc.


Je l'affirme parce que la France, ce grand pays, peut supporter la vérité. Je l'affirme parce que je n'ai pas l'intention de vendre mon âme pour plaire à on ne sait qui pour on ne sait quoi. Je l'affirme parce que je crois du fond de mon cœur que la seule solution est un nouveau partenariat gagnant-gagnant.


Ma francophilie n'est plus à démontrer. J'aime la France de Clovis à Victor Hugo en passant par l'Abbé Pierre, sans oublier de Gaulle ou Mitterrand, mais je n'accepterai jamais le comportement des réseaux français de l'ombre qui salissent l'âme de la France, patrie des Droits de l'Homme, qui organisent en sous main la confiscation de la démocratie, le massacre d'un peuple et la fin de l'espérance pour toute une génération.


Que les Français fassent ce qu'ils veulent, qu'ils nous traitent comme ils l'entendent, mais nous refusons de céder devant le coup d'Etat électoral et nous ne craignons pas la mort.

L'Histoire jugera entre nous et les autorités françaises qui ont laissé, dans un silence assourdissant, Robert Bourgi et ses «amis» organiser la mort de l'espoir au Gabon».





Une des premières victimes de Port-Gentil


3ème jour de violence à Port Gentil, l'oppostion accuse le gouvernement

Koaci.com Libreville 5 sept 2009

Alors que les violences n’ont cessé cette nuit de samedi à dimanche à Port Gentil malgré l’appel au calme du nouveau président Ali Bongo, le « front du refus » a vu le jour à Libreville.

Toute l’opposition était rassemblée ce samedi après midi aux alentours de 16h (gmt+1) dans le quartier « ancienne sobraga » de Libreville au siège de l’UGDD, le parti du candidat Zacharie Myboto. Tous les candidats dits de l’opposition, excepté le candidat indépendant Oyama qui avait plus tôt reconnu la victoire d’Ali Bongo, avaient répondu présents. Ils se sont donc réunis afin d’apporter chacun ses revendications et arguments quant à la fraude électorale qu’eux tous dénoncent activement depuis l’annonce, jeudi dernier, des résultats par le Ministre de l’intérieur et de la défense Jean François Ndougou. Pierre Mamboundou de l’UPG était représenté par son directeur de campagne Fidèle Waura.

A 18h, l’ancien premier ministre et candidat indépendant à l’élection Jean Eyeghé Ndong a, lors d’une conférence de presse donnée à la suite de cette réunion, annoncé la mise en place de trois commissions qui constitueront « le Front du refus » dont une de comparaison des Procès verbaux (pv), une de centralisation des résultats et la dernière de recensement des irrégularités. Ce dernier a aussi, au nom de l'ensemble, accusé le gouvernement d’être à l’origine des violences à cause de la proclamation de résultats jugés faux. En effet, entre autre, selon le collectif, le décompte des voix de la province de l’Estuaire n’aurait pas été achevé par la CENAP et de nombreuses anomalies auraient été constatées dans les provinces de l’Ngounié et du Haut Ogooué. Il a aussi indiqué que les 3 représentants de l’opposition à l’intérieur de la CENAP, un vice président, un rapporteur et un assesseur n’auraient pas signé le document final de proclamation des résultats qui créditait rappelons le Ali Bongo de 41,73% des suffrages exprimés.

Il reste désormais 8 jours à l'opposition pour mener protestation devant la cour constitutionnelle, reste à savoir si ce délais sera suffisant afin de reprendre le décompte des pv, pour l'heure la situation est toujours tendue et confuse au Gabon au lendemain de l'élection d'Ali Bongo.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 00:53




 

AFP 05/09/2009 | Mise à jour : 20:38

Les résultats de l'élection présidentielle du 30 août au Gabon remportée par Ali Bongo, "sont faux", ont réaffirmé samedi à Libreville plusieurs candidats malheureux au scrutin, dont l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame, classé deuxième dans le scrutin.

"Nous savons que les résultats annoncés par le ministre de l'Intérieur sont faux", a déclaré à la presse l'ancien Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, qui s'était désisté en faveur de André Mba Obame avant le scrutin.

Jean Eyéghé Ndong s'exprimait devant la presse au nom de plusieurs candidats. Certains d'entre eux ou leurs représentants étaient réunis au siège de campagne de l'opposant Zacharie Myboto.

André Mba Obame, qui n'était pas apparu depuis la dispersion d'un sit-in de l'opposition jeudi matin, était présent et n'avait pas de blessures apparentes. Sollicité, il n'a pas souhaité s'exprimer.

En revanche, l'opposant historique Pierre Mamboundou, classé troisième au scrutin et qui n'avait pas non plus été vu en public et n'avait fait aucune déclaration depuis jeudi, était absent, mais représenté à cette rencontre.

 

Gabon: nouvelle mission d'un émissaire de l'UA pas justifiée

LIBREVILLE - Une nouvelle mission de "diplomatie préventive" au Gabon de Moustapha Niasse, émissaire de l'Union africaine, "ne se justifie pas", a souligné le gouvernement gabonais, affirmant qu'un calme progressif s'installait dans le pays après des violences post-électorales.

Dans un communiqué publié samedi soir, le gouvernement gabonais affirme apprécier "l'intérêt" de la Commission de l'Union africaine (UA) qui "envisage de dépêcher à nouveau (au Gabon) Monsieur Moustapha Niasse (ex-Premier ministre sénégalais) à la tête d'une délégation en vue de continuer à apporter une contribution à l'aboutissement heureux de la transition ouverte le 8 juin", au décès du président Omar Bongo Ondimba.

"En l'état actuel de la situation (...), la venue d'une telle mission ne se justifie pas. Aussi, il n'apparaît pas nécessaire de la part de la Commission de l'UA d'initier une mission dont la vocation concerne les pays membres en crise", poursuit le communiqué.

L'UA avait indiqué vendredi dans un communiqué qu'elle prévoyait "de dépêcher" M. Niasse à Libreville "dans la poursuite de ses démarches de diplomatie préventive", après une première mission effectuée du 24 au 29 août, veille de l'élection présidentielle.

Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba, a été déclaré élu avec 41,73% des voix à l'issue du scrutin, ce que conteste l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame (classé 2e) et l'opposant Pierre Mamboundou (classé 3e).

Depuis l'annonce de son élection, jeudi, des troubles ont eu lieu à Libreville mais surtout à Port-Gentil (ouest), capitale pétrolière du pays placée depuis sous couvre-feu de 19H00 à 05H00 GMT et où au moins deux personnes sont mortes.

Selon le gouvernement gabonais, "la situation dans la ville de Port-Gentil, qui était, en effet, préoccupante revient progressivement à la normale et le calme y règne désormais" et "le couvre-feu décrété sera très prochainement levé".

Vendredi, le ministre de l'Intérieur et de la Défense avait indiqué que le couvre-feu était instauré "jusqu'à nouvel ordre".

"Les forces de sécurité poursuivent leur mission de prévention et de sécurité à Port-Gentil. Quant à Libreville, la situation s'est normalisée au lendemain de l'annonce des résultats" du scrutin, poursuit le gouvernement gabonais, assurant notamment que "la libre circulation des personnes et des biens (était) entièrement observée".

Dans son communiqué, la Commission de l'UA avait invité les Gabonais à "faire preuve de la plus grande retenue". Cette institution est dirigée par Jean Ping, ex-ministre gabonais des Affaires étrangères.

Le président en exercice de l'UA, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a félicité par téléphone Ali Bongo pour son élection, a rapporté samedi l'agence officielle libyenne Jana.

(©AFP / 05 septembre 2009 21h50)

 

 

On achève mal la Françafrique

Analyse

La victoire d’Ali Bongo apparaît comme une occasion ratée de rompre avec les usages du passé.

Par CHRISTOPHE AYAD, THOMAS HOFNUNG Libération 04/09/2009 à 00h00

La «rupture» prônée par Nicolas Sarkozy et les anciennes colonies françaises en Afrique n’a pas duré le temps d’un mandat : le président français a beau multiplier les déclarations, promettre une remise à plat des accords de défense, assurer qu’il veut couper le cordon ombilical, le «pré carré» lui colle aux basques comme le sparadrap du capitaine Haddock. Il a suffi de quelques gestes, de quelques maladresses et d’un peu de peur, en tout début de mandat, pour que les Africains comprennent le message subliminal : pas plus que ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy n’entend rompre - ou ne parvient à le faire - avec les délices vénéneux de la «Françafrique», alors qu’il avait proclamé, dès 2006 à Cotonou, sa volonté de «rompre avec les pratiques du passé» et d’entamer un échange d’égal à égal, basé sur les seuls intérêts de chacun.

«Conseils». Premier acte : le 6 mai 2007, Omar Bongo est le premier chef d’Etat à saluer au téléphone le nouveau président français. Mais, le lendemain, il donne, sur RFI, une version autrement croquignolesque de cet échange. Ce serait Sarkozy qui aurait appelé le doyen des chefs d’Etat africain et non le contraire, pour le «remercier de ses conseils» durant la campagne électorale. L’Elysée ne dément pas.

Deuxième acte : en juillet 2007, Nicolas Sarkozy veut effectuer une première minitournée africaine. L’Elysée songe à l’Afrique du Sud, au Ghana, tous deux anglophones et exemplaires à des titres divers mais, faute de temps, rien n’est «booké». On se rabat alors sur le pré carré, toujours disponible et prêt à recevoir.

Affront. Pour ne pas perdre de temps, Nicolas Sarkozy en profite pour effectuer au préalable une tournée en Libye, afin de remercier Muammar Kadhafi, qui vient de libérer les infirmières bulgares. Dans la foulée, il prononce le catastrophique discours de Dakar sur l’homme africain qui ne serait pas «assez entré dans l’histoire» et termine par une escale ennuyée au Gabon, chez le patriarche Bongo. Ce dernier aurait fait comprendre qu’une première tournée africaine sans passer par le palais du bord de mer à Libreville serait un affront irréparable. Sarkozy a cédé, sans masquer son peu d’intérêt pour la chose. Trop tard, le message est passé auprès des opinions africaines.

Troisième acte : les pieds nickelés de l’Arche de Zoé sont arrêtés au Tchad à la suite de leur projet de faire venir en France des centaines d’orphelins du Darfour, en fait des petits Tchadiens… Emprisonnés et jugés, ils sont devenus une monnaie d’échange. Idriss Déby les gracie au lendemain d’un assaut avorté des rebelles sur la capitale N’Djamena, en février 2008, que l’armée française a aidé à repousser, alors que le président est en train de convoler avec Carla Bruni. La boucle est bouclée.

Pourquoi la volonté initiale de rupture s’est-elle délitée aussi rapidement ? Par inexpérience, à cause de la force des habitudes - les acteurs africains, dirigeants comme opposants, continuent de solliciter le soutien de Paris, vu comme un précieux sésame - mais aussi en raison de la volonté de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, de gérer en direct les affaires étrangères en général et africaines en particulier.

La succession d’Omar Bongo aurait pu offrir l’occasion, pour Paris, de marquer la rupture promise, mais le rendez-vous a été manqué, comme lors de la succession de feu Eyadéma au Togo, en 2005, sous Chirac. Même si l’Elysée s’en défend, les Gabonais ont acquis très vite la conviction que Paris soutenait Ali Bongo. A tort, assurent certains conseillers du Président.

Sifflets. Voire. Ali Bongo n’a-t-il pas été reçu à l’Elysée à l’été 2008 ? Oui, répond-il à l’hebdomadaire Jeune Afrique, mais «dans le cadre de mes fonctions de ministre de la Défense». L’argument ne convainc pas. L’avocat Robert Bourgi, très proche de Claude Guéant et de Nicolas Sarkozy, a publiquement soutenu le fils Bongo. Et au printemps, lors du séjour d’Ali Bongo à Paris pour une intervention chirurgicale, Claude Guéant s’est porté à son chevet.

Ce soutien affiché par le premier cercle du président français n’a pas échappé aux Gabonais. Lors des funérailles de «papa Bongo», des sifflets avaient accueilli Nicolas Sarkozy à Libreville. L’incident avait été préparé, et le chef de l’Etat l’avait imputé aux médias français qui auraient eu le tort d’annoncer trop tôt la mort d’Omar Bongo

En réalité, son fils a su rassurer Paris sur la défense de ses intérêts, économiques et stratégiques, au Gabon. Ignorant le ressentiment de la population qui aspire à un réel changement, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, avait appelé, à l’avance, les Gabonais à accepter les résultats. Autrement dit : la victoire inéluctable du fils Bongo.

 

 

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