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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 20:00




 

(XINHUANET) [ 10/11/2009 ]

Le président burkinabé Blaise Compaoré, et plusieurs chefs d'Etat africains se réuniront dimanche à Ouagadougou, autour du thème "Changements climatiques : quelles opportunités pour un développement durable", annonce samedi un communiqué de presse de la direction de la communication de la présidence du Faso.

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Le Forum de Ouagadougou qui se tient en prélude au sommet mondial de Copenhague en décembre prochain, permettra aux dirigeants africains d'affirmer leur position sur les changements climatiques, selon les organisateurs.

L'ancien président français Jacques Chirac ainsi que le ministre français chargé du Climat, Jean-Louis Borloo sont également attendus à ce Forum mondial sur le développement durable consacré aux changements climatiques organisé par le gouvernement du Burkina Faso en partenariat avec l'Organisation des Nations Unies et l'Union africaine.

Plusieurs chefs d'Etats et de gouvernements africains sont attendus dimanche dans la capitale burkinabé. Samedi après-midi, les chefs d'Etat du Congo, Denis Sassou N'Guesso, de la Centrafrique, François Bozizé et le Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro sont arrivés à Ouagadougou pour prendre part à cette rencontre.

 

Réchauffement climatique : l’Afrique exige des "réparations" du Nord

OUAGADOUGOU - L'Afrique, continent le plus vulnérable au réchauffement climatique mondial, a exigé dimanche des "réparations et dédommagements", deux mois avant le sommet sur le climat de Copenhague, demandant que les pays industrialisés "pollueurs" soient les "payeurs".

Ces "exigences" du continent le moins pollueur mais le plus pauvre du monde interviennent au moment où les négociations internationales sont très laborieuses, voire "dangereusement proches d'une impasse", comme l'affirme le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

"Pour la première fois, l'Afrique aura une position commune" au sommet de Copenhague, s'est félicité le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping lors de la 7e édition du Forum mondial pour le développement durable consacré aux changements climatiques.

"On a décidé de parler d'une seule et même voix" et d'"exiger des réparations et des dédommagements", a-t-il ajouté à Ouagadougou, sans toutefois avancer de montant.

Le président du comité d'organisation du Forum, le ministre burkinabè de l'Environnement Salifou Sawadogo, avait estimé vendredi à l'AFP à 65 milliards de dollars (44 milliards d'euros) les financements nécessaires pour que le continent puisse faire face aux dérèglements du climat.

"Les responsables doivent s'engager à réduire leur émission de gaz à effet de serre et à répondre aux principes du +pollueur-payeur+", a assuré M. Ping, préconisant la mise en place de "nouveaux fonds internationaux pour soutenir les pays pauvres".

Il a pris l'exemple de l'Etat du Texas (Etats-Unis) qui, "avec trente millions d'habitants relâche à lui seul autant de CO2 que le milliard d'Africains réunis". Mais il n'a pas cité la Chine, l'autre grand pollueur de la planète.

Tout en soulignant la "responsabilité historique des pays développés", il a indiqué que les pays africains "se proposent d'intégrer le changement climatique dans le développement économique", sans toutefois avancer des engagements fermes et initiatives concrètes.

Marginalisée dans l'économie mondiale, l'Afrique l'est également sur le marché carbone, qui consiste à financer une action "verte" dans un pays du Sud pour "racheter" une pollution au Nord.

Selon le responsable de l'UA, sur 1.600 projets dans le monde, seuls 30 sont africains, dont 15 en Afrique du Sud, première puissance économique du continent.

Comme l'a souligné le président burkinabè, Blaise Compaoré, "les difficultés majeures à surmonter sont celles liées à l'inexistence de mécanismes efficaces de financement et de transfert". Il envisage donc "dès 2010" de convoquer des "assises financières africaines" à ce sujet.

L'ex-président français Jacques Chirac s'est "résolument" prononcé "contre l'idée d'une compensation globale où l'Afrique serait dédommagée pour ne plus toucher à ses forêts, pour geler sa consommation d'énergie et renoncer à son industrialisation".

Six présidents africains (Bénin, Burkina Faso, Centrafrique, Congo, Mali et Togo), ont assisté au forum, la dernière réunion continentale au niveau des chefs d'Etat avant le sommet de Copenhague.

Une quinzaine avait été initialement annoncée.

"La seule position commune de l'Afrique, c'est de demander de l'argent au Nord", estime un peu amer un expert occidental sous couvert de l'anonymat. Mais, avant d'ouvrir les mannes financières en pleine crise économique mondiale, "le Nord leur répond: +montrez-nous d'abord vos projets".

(©AFP / 11 octobre 2009 17h23)

 

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 23:14




03 Octobre 2009 Par Blandine Flipo Mediapart

 

Le 15 septembre dernier, à l’occasion de la journée internationale de la démocratie, s’est tenue au Botswana une conférence parlementaire sur la démocratie en Afrique. Le choix de fêter cette journée dans ce petit pays d’Afrique australe n’était pas anodin. Le Botswana est souvent cité en exemple pour son respect des institutions sur le continent. Il n’est pas le seul: le Bénin, et le Ghana, qui a récemment permis une alternance sans heurts (voir l’article que Mediapart lui avait consacré), font eux aussi honneur aux principes démocratiques.

 Cependant, les parlementaires africains en visite au Botswana avaient sans doute autre chose à faire que de s’en féliciter. Les événements en Guinée-Conakry survenus peu de temps après cette rencontre, les élections contestées au Gabon, le référendum abusif auquel s’est livré le président nigérien Mamadou Tandja en août dernier ou le coup d’Etat en Mauritanie sont dans toutes les têtes. La démocratie, clairement, est malmenée sur le continent.

En effet, si on fait le bilan, il n’y a pas de quoi se réjouir. La dérive autoritaire semble toucher de nombreux pays, tout comme la tendance à la préservation du pouvoir autour d’un homme ou de sa famille. En Afrique de l’Ouest d’abord: si le Sénégal semble résister tant bien que mal aux tentatives multiples de la part du président Abdoulaye Wade pour se maintenir – lui ou sa progéniture – au pouvoir, le président Mamadou Tandja a de son côté obtenu un référendum lui permettant de s’asseoir sur la Constitution au Niger. Sans que la communauté internationale ne s’en offusque.

 La Guinée-Bissau, fidèle à ses habitudes, a connu un coup d’Etat cette année (le président Nino Viera a tout simplement été assassiné), tout comme la Mauritanie, qui a renversé son président élu. En Guinée-Conakry, la mort du dictateur Lansana Conté n’a pas chassé les militaires du pouvoir. La sanglante répression du 28 septembre est là pour le rappeler. Les militaires sont également bien représentés aux côtés de Blaise Compaoré au Burkina-Faso, qui jouit cependant d’une relative liberté de presse.

 Toujours en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire, censée organiser des élections en novembre, est toujours au point mort. Le Nigeria fait face à une démocratie clientéliste complètement dévoyée. Il reste néanmoins quelques ilôts de résistance de la démocratie, comme le Bénin, le Ghana et le Mali. Encore que du côté du Mali, quelques dérives quant aux droits de l’homme, sous couvert de lutte contre le terrorisme (Al-Qaida a resserré ses bases sur la bande sahélienne), inquiètent un peu.

 L’Afrique centrale ne peut s’enorgueillir d’être l’exemple même de la démocratie elle non plus. Malgré les millions de dollars reçus pour la “bonne gouvernance”, la République démocratique du Congo peine à sortir de l’ornière de la violence. Le Congo-Brazzaville dirigé par Denis Sassou-Nguesso, ainsi que la Guinée-Equatoriale d’Obiang Nguema, donnent dans les élections contestables depuis des décennies, sans que personne ne trouve à redire. Le constat est à peu près le même concernant le Togo du fils Eyadema et le Cameroun du très contesté Paul Biya. Corruption, manipulations électorales… le constat est sans appel.

La malédiction de l'“homme africain”

 Du côté de l'Afrique de l’Est, ce n'est pas mieux. Le Kenya, jadis montré en exemple, a connu une alternance très violente l’année passée. Le Burundi s’apprête à se rendre aux urnes l’année prochaine dans un climat électrique. Le Rwanda, plus calme, est tenu d’une main de fer par Paul Kagame dans un style très militaire. La Tanzanie et l’Ouganda se débattent dans la corruption généralisée. Dans la corne de l’Afrique, les dictateurs font la loi, sauf en Somalie, où règne uniquement le chaos.

 Un tour d’horizon vers l’Afrique australe redonne un peu espoir avec le Botswana ou, dans une certaine mesure, l’Afrique du Sud. Mais ce serait oublier le Zimbabwe. Dans ce pays semblent perdurer les habitudes du continent, à savoir le maintien au pouvoir grâce à l’absorption des opposants. Enfin, on ne saurait terminer ce tour d'horizon sans évoquer l’Afrique du Nord, où la démocratie relève largement du fantasme.

Comment expliquer ces écueils démocratiques sur le continent africain ? Pour répondre à cette question, il faut d’abord se débarrasser des explications commodes, voire simplistes, par exemple en se contentant de souligner une certaine “réalité africaine”, ethnique, insoluble avec le principe démocratique synonyme de modernité. Le discours de Dakar, prononcé par le président Nicolas Sarkozy, est issu en droite ligne de cette pensée: l’homme africain, ayant des difficultés à “entrer dans l’Histoire”, est par essence encore trop anti-moderne (sic). Trop ethnique, trop traditionnelle, l’Afrique est condamnée à rater son rendez-vous avec la démocratie. Un raisonnement complètement faux.

 «Il n'y a évidemment aucune incompatibilité génétique entre le continent africain et la démocratie», répond René Otayek, directeur du Centre d’études d’Afrique noire (CEAN) à Bordeaux, référence en matière de recherche sur le domaine en France. Il tient particulièrement à défaire quelques petits a priori bien ancrés, et l’un de ses préférés est la fameuse non-modernité de l’Afrique. «Si on fait le panorama de la démocratie dans le monde, il existe deux régions du monde qui accusent un “retard”, c’est l’Afrique et, encore plus, le monde arabe, commence-t-il, avant d’ajouter: ce n’est pas en raison de l’absence de modernité dans les sociétés africaines, mais bien par cette modernité que s’explique ce déficit démocratique

 En effet, d’un point de vue historique, les Etats-nations en Afrique sont extrêmement jeunes, et portent en eux un lourd passif autoritariste. Les sociétés africaines anciennes étaient fondées sur la domination d’un groupe, rappelle René Otayek. Ensuite, l’Etat colonial s’est résumé moins à un pouvoir politique organisé qu’à la manifestation administrative d’une autre domination. La vague de démocratisation de la fin des années 90 n’a pas eu raison de l’âpre combat pour le pouvoir que se livrent les élites africaines depuis les indépendances. Une construction éminemment moderne, dans laquelle s’inscrit la question de l’ethnicité, considérée, à tort, comme expliquant les difficultés de la démocratie. 

La démocratie, un sport de combat

 «L’Afrique n’a pas le monopole des revendications identitaires», considère René Otayek, rappelant au passage que les ethnies étaient largement des «constructions coloniales» prévues pour mieux identifier les groupes. A cet égard, les guerres ethniques à l'africaine ne sauraient se différencier de ce qui s’est passé dans les Balkans dans les années 90 également en Europe. Largement manipulée politiquement, l’ethnicité, «n’est en aucun cas un obstacle à la démocratie», dit le directeur du CEAN. Lequel s’insurge contre certains intellectuels, occidentaux ou africains, qui s’en servent pour justifier le déficit démocratique de l'Afrique. Un raisonnement d’autant plus absurde, selon lui, que «la plupart des Etats africains n’ont pas connu de problèmes ethniques ! Alors que des dérives autoritaires, si...».

 En réalité, la plus simple explication du déficit démocratique en Afrique pourrait se trouver dans ce qui constitue la démocratie elle-même. Etymologiquement, la démocratie signifie l’exercice de la souveraineté par le peuple. Cette souveraineté, si elle n’est pas directe, est synonyme de combat pour l’obtenir. Or ce combat n’a jamais été aussi fort sur le continent noir.

 «Ce qu’on appelle la société civile, considérée par les différentes ONG comme garante de la démocratie, ne représente pas grand-chose, analyse René Otayek. Mais les remises en cause des pouvoirs, que ce soit via la presse, l’opposition, les syndicats, n’ont de cesse de se multiplier.» Au Mali, au Sénégal, les gens n’ont pas hésité à s’en prendre à l’Etat lors des émeutes de la faim en 2008. Ali Bongo s’est largement fait chahuter au Gabon, pour avoir bourré les urnes. Les différents peuples africains, s’ils tolèrent leurs “chefs”, ne leur donnent plus carte blanche. Les combats indépendantistes des années 90 ont laissé leur place aux revendications directes envers l’Etat.

 A cet égard, ce qui s’est passé le 28 septembre dernier en Guinée est tout à fait révélateur de ce que vit, d’un point de vue politique, l’Afrique contemporaine. Dans un article daté du 29 septembre, le journal burkinabé Le Pays en fait une excellente synthèse. Avec ce carnage, le président Dadis Camara, au pouvoir depuis à peine un an, annonce clairement la couleur: comme ses prédécesseurs, il entend conserver le pouvoir sans partage. En manifestant leur désaccord, et en bravant les militaires, les opposants ont également signifié au Président que l’avenir politique du pays, et par là-même le sien, ne se fera pas sans les Guinéens. «Une nouvelle ère commence en Guinée», écrit Le Pays. Une nouvelle ère certes, loin des guerres de pouvoir des années 80/90, mais qui, hélas, s’écrit elle aussi dans le sang. 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 03:13




 

THOMAS HOFNUNG  LIBÉRATION 07/10/2009 à 18h49

Ils auraient été capturés par une faction touareg rebelle, qui s'oppose au président Tandja et dénonce le soutien que lui apporterait Areva.

Quatre employés d'Areva, dont trois géologues, ont été enlevés durant quelques heures, ce mercredi, dans le nord du Niger, dans la région d'Arlit, où Areva exploite des mines d'uranium stratégiques.

D'après le groupe français, ils ont été libérés sains et saufs par leurs ravisseurs. Selon une source bien informée, ces quatre personnes - trois Français et un Nigérien - auraient été capturés par une faction touareg rebelle dirigée par l'ancien ministre du tourisme, Rhissa Ag Boula.

Ce dernier, qui dirige le FFR (Front des forces du redressement), a publiquement affirmé, par le passé, vouloir s'en prendre aux intérêts du groupe nucléaire français, qu'il accuse de soutenir le régime du président Mamadou Tandja. A cet égard, le bref enlèvement des employés d'Areva peut être interprété comme un avertissement.

Depuis mai dernier, plusieurs groupes rebelles, dont la principale faction, le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice), ont entamé, en Libye, des pourparlers de paix avec le pouvoir central de Niamey. Mardi, le colonel Kadhafi a d'ailleurs affirmé que plus de 1000 combattants touaregs du Niger avaient déposé les armes.

La Cogema, rebaptisée par la suite Areva, exploite depuis près de quarante ans des mines d'uranium dans le nord du Niger. En mai dernier, le groupe d'Anne Lauvergeon a officiellement lancé les travaux pour l'exploitation d'une mine à ciel ouvert gigantesque, à Imouraren. Un tiers des centrales d'EDF sont alimentées par de l'uranium originaire du Niger.

 

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 01:22





Charles W. Corey 6 Octobre 2009

 

Leurs propos au Sommet américano-africain des entreprises

Améliorer le niveau de vie de la population est la seule raison qui puisse justifier qu'un dirigeant demeure au pouvoir en Afrique, a déclaré le président ghanéen, M. John Evans Atta Mills, lors du Septième Sommet américano-africain des entreprises, le 30 septembre, mettant aussi l'accent sur le rôle important que joue l'intégration régionale dans la promotion du développement économique.

Dans son allocution prononcée lors de la session plénière au sommet, M. Mills a indiqué que rien n'était plus important que de créer « un climat propice aux affaires, non seulement au niveau local mais aussi pour attirer les investissements étrangers directs », qui « n'ont ni loyauté ni nationalité particulière mais s'effectuent là où ils sont le mieux accueillis ».

Le président Mills, qui est professeur de droit et ancien doctorant Fulbright, a participé à cette session plénière en même temps que de trois de ses homologues africains, en l'occurrence, M. Paul Kagamé, du Rwanda, M. Fradique Bandeira Melo de Menezes, de Sao Tomé-et-Principe, et M. Denis Sassou-Nguesso, de la République du Congo. Y prenait part également le président de la Commission de l'Union africaine et ancien chef de la diplomatie gabonaise, M. Jean Ping. A l'instar de M. Mills, ces personnalités ont souligné la nécessité de renforcer l'intégration régionale sur le continent.

Selon M. Mills, les Ghanéens ont pris conscience du fait que « nous ne pouvons pas réussir si nous sommes isolés des autres pays. L'époque de la xénophobie est révolue. De nos jours, les États sont interdépendants et nous sommes convaincus que "charité bien ordonnée commence par soi-même", d'où l'importance de l'intégration régionale », a souligné le président ghanéen.

Les gens veulent investir en Afrique pour de nombreuses raisons, a-t-il dit à son auditoire composé de cadres, de chefs d'entreprise, de délégués de pays africains et de représentants du gouvernement des États-Unis, réunis à Washington pour participer pendant trois jours à ce Sommet américano-africain. Les chefs d'entreprise veulent trouver de nouveaux marchés pour leurs produits et les investisseurs iront là où règnent la stabilité politique et un climat dans lequel « il est facile de faire des affaires » à un coût raisonnable. C'est pourquoi l'intégration régionale est plus nécessaire que jamais en Afrique, a ajouté M. Mills. « Les gens, dont le vote nous a porté au pouvoir, ne nous doivent rien », a-t-il déclaré. « Tout ce que nos populations nous demandent de faire est d'améliorer leur niveau de vie (...) Qu'ont-elles d'autre que l'espoir d'un avenir meilleur ? Et nous ne devons pas les décevoir. »

Se faisant l'écho de ce sentiment, le président rwandais, M. Kagamé, a dit que son gouvernement et le peuple rwandais voulaient « donner toute leur mesure » pour parvenir à la prospérité. A noter que la Banque mondiale, dans son récent rapport 2010 Doing Business sur la facilité de faire des affaires, a classé le Rwanda en premier sur sa liste des gouvernements ayant réalisé le plus grand nombre de réformes.

« Nous avons accompli ce que tous les autres peuvent accomplir. Ce n'est pas magique », a dit M. Kagame. « Nous nous sommes concentrés sur le besoin de stabiliser notre pays, faisant le nécessaire pour bâtir la paix et la sécurité (...) et les institutions gouvernementales qui  oeuvrent pour le bien du peuple comme cela se doit. »

M. Kagame a souligné que son gouvernement avait des liens de commerce et d'affaires à l'échelle mondiale ainsi que dans le cadre régional, et qu'il avait cherché à faciliter le climat des affaires au Rwanda en tenant des consultations avec ses partenaires internationaux afin de simplifier les mécanismes, éliminer les obstacles et s'assurer que tout le processus fonctionne bien. «Vous pouvez avoir de bonnes lois, une bonne réglementation, toutes sortes de documents bien rédigés et impressionnants, mais s'il n'y a pas de suivi (...) les choses ne marcheront pas. »

Par ailleurs, M. Kagamé a mis l'accent sur l'importance de l'infrastructure pour faciliter les affaires. « Vous ne pouvez pas envisager d'accroître le volume du commerce s'il n'y a ni routes ni voies ferrées, et que les transports aériens sont problématiques (...) Vous ne pouvez pas parler d'accroître les investissements à moins de prouver que vous pourrez fournir de l'électricité aux usines. Et vous ne pouvez pas élargir le secteur des télécommunications et de l'informatique (...) à moins d'être en mesure de connecter le pays à l'Internet » et aux réseaux internationaux et de donner à la population accès à la Toile. « Les affaires sont le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté », a déclaré M. Kagamé.

Le président de Sao Tomé-et-Principe, M. Melo de Menezes, a lui aussi mis l'accent sur l'intégration régionale et le rôle important qu'elle joue dans le développement en Afrique. Sao Tomé-et-Principe fait partie d'une zone de développement commune avec le Nigéria, a signé un accord avec le Portugal pour établir une parité fixe entre sa monnaie, le dobra, et l'euro, et a créé un code financier qui vise à aider les investisseurs étrangers qui souhaitent faire des affaires sur cet archipel. « Nous pensons que l'intégration régionale est vitale au développement de notre pays », a dit M. Melo de Menezes à l'auditoire. Bien que l'agriculture soit le secteur prédominant à Sao Tomé-et-Principe qui exporte de grandes quantités de cacao, les revenus pétroliers du pays sont mis en dépôt dans un compte transparent au Trésor des États-Unis pour les sauvegarder pour les générations futures, a-t-il ajouté.

Le président de la République du Congo, M. Denis Sassou-Nguesso, a lui aussi lancé un appel en faveur de l'intégration régionale. La population de la région du bassin du Congo représente plus de 100 millions de consommateurs et un énorme marché potentiel. Ce dont a besoin cette région est d'un effort coordonné de développement économique avec des projets d'infrastructure, de routes, de voies ferrées, d'aéroports et de distribution d'électricité.

Représentant l'Union africaine, M. Jean Ping a déclaré que bâtir l'infrastructure et améliorer l'intégration régionale stimuleront le commerce transnational sur le continent. L'Afrique est divisée aujourd'hui par 165 frontières que partagent 53 pays. « Vous voyez donc la nécessité de combiner nos efforts », a souligné M. Ping.

Le continent africain compte un milliard d'habitants, selon les statistiques des Nations unies, a dit M. Ping, et l'on prévoit que la croissance démographique portera ce chiffre à 1,4 milliard en 2020. « Nous vivons sur une planète qui est définie par la mondialisation (...) et l'intégration régionale », a affirmé M. Ping, faisant remarquer que deux organisations africaines oeuvrent actuellement pour renforcer cette intégration, à savoir la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC).

« L'Afrique veut tout simplement être un continent comme les autres (...) débarrassée de la pauvreté (...) des craintes et de la peur de la tyrannie (...) de la violence (...) et des guerres », a déclaré M. Ping. « Nous voulons vivre en paix. »

 

Copyright © 2009 America.gov. Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 21:41




ANTANANARIVO - Les principales mouvances politiques de Madagascar ont trouvé un accord mardi à Antananarivo sur les noms des dirigeants de la transition malgache à l'issue d'une réunion du groupe international de contact, a-t-on appris auprès des délégations.

Au terme de l'accord, qui devait être annoncé officiellement dans la soirée, l'actuel homme fort de la Grande Ile, Andry Rajoelina, continuera d'assurer la présidence de la transition.

Eugène Mangalaza, de la mouvance de l'ex-président Didier Ratsiraka, assurera les fonctions de Premier ministre, levant ainsi le principal blocage à la mise en oeuvre des accords inter-malgaches signés à Maputo le 9 août sous la médiation de la communauté internationale.

"On a les trois noms qu'il manquait à Maputo. Le président Andry Rajoelina, le vice-président Emmanuel Rakotovahiny (ancien Premier ministre de l'ex-président Albert Zafy) et le Premier ministre Eugène Mangalaza", a déclaré à la presse le chef de la délégation de l'ex-président Didier Ratsiraka.

Cette information a été confirmée par les représentants d'autres délégations.

Historien et universitaire à Toamasina (ex-Tamatave - côte est), M. Mangalaza est un partisan de longue date de l'ex-président Ratsiraka.

Il avait participé aux négociations menées en 2002 entre le camp du chef de l'Etat sortant Ratsiraka et Marc Ravalomanana, qui avait accédé à la présidence au terme d'une élection présidentielle très contestée.

M. Andrianarisoa a également fait état d'une "objection" de la mouvance du président évincé Marc Ravalomanana concernant la possibilité pour M. Rajoelina de se présenter à la présidentielle au terme de la transition.

"Le président est accepté mais la mouvance de Marc Ravalomanana a émis une objection forte: +Nous acceptons qu'il soit président (de la Transition) mais pas qu'il soit candidat à la présidence de la quatrième République+", a-t-il rapporté.

La communauté internationale, représentée par le Groupe international de contact, a réuni mardi à Antananarivo les quatre principales mouvances politique de l'île dans le but de débloquer la mise en oeuvre des accords signés à Maputo: la volonté de M. Rajoelina de conserver au poste de Premier ministre Monja Roindefo constituait le principal facteur de blocage.

Les quatre délégations représentent M. Rajoelina, le président évincé Marc Ravalomanana et les deux anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy.

Lâché par l'armée, l'ancien président Ravalomanana avait remis le 17 mars ses pouvoirs à un directoire militaire qui les avait immédiatement transférés à Andry Rajoelina, ex-maire de la capitale et devenu en quelques mois son principal opposant.

(©AFP / 06 octobre 2009 21h56)

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 20:38




 

CONAKRY - L'opposition guinéenne a exigé mardi, à l'issue d'une réunion à Conakry, le "départ du chef de la junte", le capitaine Moussa Dadis Camara, et l'"arrestation des responsables" du massacre du 28 septembre avant tout dialogue, selon un communiqué remis à l'AFP.

Le Forum des Forces Vives de Guinée (partis d'opposition, syndicats, organisations de la société civile) a posé six exigences.

Le premier des préalables cités dans sa déclaration est "le départ du chef de la junte, la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte) et la mise en place d'un organe de transition qui désignera un gouvernement d'union nationale".

L'opposition exige également "la mise en état d'arrestation des responsables qui ont conduit les opérations au stade (...) et qui sont nommément identifiés par plusieurs témoins et leur traduction en justice", huit jours après la répression sanglante d'une manifestation par les forces de défense et de sécurité.

(©AFP / 06 octobre 2009 21h15)

 

Violences en Guinée: les USA sont "horrifiés et scandalisés", selon Clinton

WASHINGTON - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a affirmé mardi que les Etats-Unis étaient "horrifiés et scandalisés" par les violences en Guinée, en particulier les meurtres et les viols menés selon elle par les forces gouvernementales.

"Nous avons été horrifiés et scandalisés par les violences récentes en Guinée. Les meurtres au hasard et les viols qui ont eu lieu sous le contrôle du gouvernement par les forces gouvernementales étaient une infâme violation des droits du peuple" guinéen, a dit Mme Clinton.

Le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly avait auparavant indiqué que les Etats-Unis avaient fait part aux plus hautes autorités guinéennes de leur "profonde indignation" concernant la répression sanglante par les forces de l'ordre d'une manifestation de l'opposition, le 28 septembre, qualifiant ces évènements de massacre.

Selon l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme, 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées le 28 septembre par les forces de sécurité venues disperser le rassemblement pacifique de l'opposition. Le chiffre de "plus de 150 morts" a été donné par l'ONU. La junte maintient un bilan officiel de "56 civils tués".

(©AFP / 06 octobre 2009 22h29)

 

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 19:43




   cardinal Théodore-Adrien Sarr


Entretien avec le cardinal Théodore-Adrien Sarr

« L'apport de l'Eglise d'Afrique sera reconnu »

par Joséphine Bataille La Vie

Le cardinal Théodore-Adrien Sarr, archevêque de Dakar et vice-président du SECAM (symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar), assistait la semaine dernière à l'assemblée plénière des présidents des conférences épiscopales d'Europe, qui se tenait au siège des évêques de France. Avant de rejoindre Rome, où s'ouvrait dimanche le synode des évêques pour l’Afrique, il livrait à La Vie ses attentes.

 

Quelles sont vos attentes à la veille de ce synode?

Même si, depuis le premier synode pour l'Afrique, en 1994, il y a eu des avancées réelles au niveau social, en matière de développement économique et de démocratie, des problèmes sérieux demeurent en Afrique. Ce synode est un moment de concertation entre les pasteurs africains, les représentants de la curie romaine et des pasteurs témoins, sur ce que l'Eglise, pasteurs et fidèles, peut et doit faire pour contribuer à l'établissement et à la consolidation de la paix dans tout le continent. C'est un devoir des Eglises de contribuer au vrai développement des personnes et des populations, sur le plan économique, mais aussi moral et spirituel, afin que dans toutes les communautés, les personnes se respectent et arrivent à dépasser les intérêts particuliers pour s'inquiéter du bien commun. Autrement dit, il nous faut travailler à ce que l'Eglise soit vraiment « sel de la terre et lumière du monde », comme le suggère le thème retenu pour ce synode.

 

Comment ce synode peut-il avoir des débouchés concrets ?

Se réunir tous ensemble pour réfléchir pendant trois semaines, ce n'est pas seulement symbolique; cela ne peut pas être sans objet ni sans résultat; d'autant que pour les Eglises d'Afrique, le synode n'est que l'aboutissement d'une réflexion qui a commencé il y a trois ans, et qui a été portée sur le terrain pour que la base se l'approprie. Tous les diocèses ont travaillé sur des questionnaires préliminaires, avec des degrés d'implication variables bien sûr, puis des synthèses ont été faites au niveau des conférences épiscopales. Ce qui compte dans ce troisième et dernier temps de travail, plus encore que cela n'a été fait au synode précédent, c'est de décider d'une impulsion qui permette aux orientations retenues de devenir vraiment réalité. Cela pourrait passer par l'élaboration d'un plan d'action pastorale, qui détaillerait quels résultats nous voulons obtenir, en matière de promotion de la justice et de contribution à la paix ou à la réconciliation, comment nous comptons y arriver, et dans quel délai.

 

Quelle est, selon vous aujourd'hui, la place de l'Eglise d'Afrique au sein de l'Eglise universelle ?

 

L'Eglise d'Afrique ne se voit pas encore reconnaître la place qui lui revient. Nous sommes de jeunes églises en effet, qui ont déjà à trouver leur place et à parvenir à s'affirmer au sein de leurs propres pays. Mais je pense que ce n'est qu'une question de temps; il nous suffit de vivre pleinement notre christianisme au sein de nos communautés. La reconnaissance viendra à mesure que les apport de l'Afrique aux grands débats de l'Eglise, et à sa mission universelle, se feront sentir. Cela commence déjà : de plus en plus de prêtres et de religieux viennent servir dans les veilles église d'Europe et d'Amérique. Cela passe aussi par la place que peuvent prendre les évêques européens au sein des synodes, et à l'importance de leur contribution dans ces occasions-là. Et oui, bien entendu, il serait aussi bénéfique de poursuivre l'effort pour qu'il y ait davantage de cardinaux africains dans les différents dicastères de la curie romaine. Mais cela, dépend du pape.

 

Quel est votre regard sur la médiatisation des différentes « crises africaines » : « affaire » du préservatif, tensions interreligieuses au Nigéria, ou frictions en Centrafrique entre le clergé local et des prêtres européens...

 

Malheureusement les médias occidentaux ne parlent de l'Afrique que lorsqu'il y a des questions négatives. Certains sujets sont bien loin de nos réalités quotidiennes. La question centrafricaine est une question particulière qui ne peut pas être étendue à tous les autres diocèses : il faut que les gens apprennent à reconnaître que l'Afrique est diverse. Même si aujourd'hui on peut encore être amené à faire appel à des missionnaires européens, la plupart des évêques en Afrique, aujourd'hui, sont des autochtones, donc le débat va s'atténuer de lui-même. De toute façon, dans l'Eglise, on n'a pas à refuser d'être commandé par quelqu'un qui n'est pas de son ethnie.

Au Nigéria, et plus généralement, en Afrique sub-saharienne, les conflits et les crises ne sont pas dus aux Africains eux-mêmes, mais aux influences extérieures, les extrémistes musulmans en l'occurrence, qui manipulent les masses populaires. Il faudrait qu'on nous laisse entre nous. Je suis convaincu que toute la question est là.

Quant au pape, que nous étions si contents de recevoir pour la première fois en mars, il a délivré les messages positifs que nous attendions, nous appelant à nous prendre en charge, à partir d'une fidélité accrue à l'Evangile. A travers ce qu'il a dit à l'Afrique, il a parlé au monde entier; dommage que tout ait été faussé au départ par les médias, et concentré sur le thème de l'usage du préservatif.

 

 

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 22:51




 

PARIS (AFP) - dimanche 04 octobre 2009 - 21h02 - La France estime qu'"on ne peut plus travailler" avec le chef de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, après la répression sanglante d'une manifestation lundi dernier à Conakry, a affirmé dimanche le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Le ministre français, interrogé par le quotidien le Figaro, la chaine de télévision LCI et la radio RTL dans une émission conjointe, a précisé que la France travaillait à une forme d'"intervention internationale" pour résoudre la crise en Guinée.

"Peut-on faire une mission internationale ? Nous avons alerté la Cédéao (communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), il faut que le Nigeria soit d'accord, nous y travaillons", a déclaré Bernard Kouchner.

"Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter", a-t-il également dit. "Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale", a-t-il ajouté.

Bernard Kouchner a rappelé que le président burkinabè Blaise Campaoré se rendait lundi à Conakry pour tenter de faire baisser la tension, dans le cadre d'une mission confiée par ses pairs de la Cédéao.

Il a souligné que la France voulait agir avec ses partenaires africains sur le dossier guinéen. "Ce n'est pas à la France de prendre des décisions là-dessus, on n'est plus au temps de la Françafrique", cette relation opaque et complexe entretenue pendant des décennies par Paris avec ses anciennes colonies, a-t-il ajouté.

Le ministre français a souligné l'extrême violence de la répression lundi dernier à Conakry, qui a fait au moins 157 morts et 1.200 blessés, selon une ONG.

"Il y a eu un déferlement de violence...Même (l'ex-dictateur ougandais Idi) Amin Dada n'avait pas fait ça (...) Là on égorgeait les femmes sous les yeux de leurs maris, on les violait, on les tuait", a dit le ministre français.

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 14:25




Dans une lettre publique, le journaliste sénégalais Cheick Yérim Seck, répond au chef du CNDD, le capitaine Moussa Dadis Camara qu’il accuse d’être « menteur, corrompu » et surtout d’être une «personnalité déséquilibrée »

Cette lettre au vitriol vient après que le chef de la junte ait accusé le Cheick Yérim Seck d’avoir cherché à extorquer le CNDD en échange de bénéfices économiques. Mr Seck s’en défend et porte de très graves accusations contre le chef de l’état guinéen qu’il appelle à juste titre « président autoproclamé»

Voici in extenso, la lettre ouverte de Cheik Yérim Seck à Moussa Dadis Camara.

 

Réponse à Moussa Dadis Camara.

Par Cheikh Yérim Seck.


M. le président autoproclamé.

J’avais pris sur moi, la première fois où vous m’aviez consacré un violent épisode du « Dadis Show », de ne pas répondre à vos insultes. Par égard pour les millions de Guinéens que vous incarnez aujourd’hui – malheureusement de la plus piètre des manières –, je m’étais résolu à laisser passer. Mais vous avez récidivé, sans doute parce que vous avez senti l’inefficacité de vos premières accusations. Le 1er octobre, jour du 51ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, vous m’avez fait l’honneur, dès que vous avez fini de déposer la gerbe de fleurs sur la Place des martyrs, de passer 15 minutes à parler de moi, en guise d’adresse aux Guinéens.

Je vous remercie, M. le président autoproclamé, d’accorder autant d’importance à ma modeste personne et de me faire une aussi grande publicité. Je ne puis toutefois pas, cette fois-ci, passer sous silence vos accusations et vos attaques ô combien violentes. Vous prétendez que je vous ai proposé de vendre les mines de Guinée à des Iraniens, en contrepartie d’une commission que vous et moi allions nous partager. Ce mensonge est d’une désarmante grossièreté. Je n’ai jamais connu un Iranien de ma vie. Je ne me suis jamais rendu en Iran – ce qui, dans le contexte du monde actuel, se vérifie aisément. Je me suis retrouvé une seule fois en présence d’une personne de nationalité iranienne : c’était à l’occasion d’une réunion de rédaction à Jeune Afrique à laquelle était convié un réfugié politique qui venait nous parler de son pays.

Pour donner du crédit à vos élucubrations, vous avez ajouté : « Je connais bien Yérim Seck. Il a étudié à l’université de Conakry. » Vous ne me connaissez pas, M. le président autoproclamé. Pour votre information, je suis arrivé en Guinée pour la première fois en septembre 1995. Expert-juriste de la représentation guinéenne du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), j’ai participé à la conception et à la rédaction de nombre de textes relatifs aux questions de démocratie et de droits de l’homme. En 1998, par exemple, en qualité de conseiller juridique pour le compte du PNUD, j’ai rédigé le premier draft du texte régissant le Haut conseil aux affaires électorales (HCE), la structure qui a supervisé et conduit le processus menant à l’élection présidentielle de décembre 1998. En 2000, pour combler un vide qui était durement ressenti par les chercheurs et les praticiens du droit, mais également par les bailleurs de fonds et par tous ceux qui s’intéressent aux questions relatives aux droits de l’homme et à la démocratie dans votre pays, j’ai coécrit, avec le très compétent magistrat Yaya Boiro, La justice en Guinée, une œuvre de doctrine juridique qui fait jusqu’aujourd’hui office de référence sur la question. Presque toutes les universités américaines et européennes comptent au moins un exemplaire de cet ouvrage dans leur rayon « Droit comparé ».

Parallèlement à ces activités scientifiques, je collaborais avec un avocat d’affaires réputé de Conakry et dispensais des cours de Libertés publiques au Centre de formation des magistrats et de Droit administratif à l’université Gamal Abdel Nasser. Je suis très fier d’avoir participé à la formation de milliers de jeunes Guinéens que je croise aujourd’hui un peu partout dans le monde. Certains d’entre eux sont aujourd’hui à des positions importantes. Il y a quelques jours, j’en ai rencontré un, qui est devenu conseiller juridique dans une grande banque française.

M. le président autoproclamé, pendant que vous trafiquiez avec le carburant de l’armée guinéenne (je reviendrai dans ce blog sur toutes vos magouilles à l’intendance militaire, preuves à l’appui), j’essayais de contribuer à faire avancer le droit dans votre pays.

Au cours de mon séjour en Guinée, j’ai rencontré Fanta Konaté, issue d’une grande famille de Siguiri, que j’ai épousée en 1997. Elle m’a donné une fille et un garçon qui ont la double nationalité guinéenne et sénégalaise. Je porte la Guinée dans ma chair et dans mon sang. Voila pourquoi je ne peux, pour ne pas faire honte à ma descendance, agir comme les plumes et les voix que vous avez achetées. J’ai honte pour toute la lignée de ces personnages qui, au soir du jour où vous avez fait tuer des centaines de Guinéens, ont pris la parole dans des médias étrangers pour faire leur beurre sur le sang de leurs compatriotes.

M. le président autoproclamé,

Les graves erreurs factuelles dont regorgent vos attaques haineuses contre moi ôtent toute crédibilité à celles-ci. Je peux vous raconter jusque dans le détail ce qui s’est passé dans cette réunion au cours de laquelle un de vos conseillers a dit : « A la guerre comme à la guerre. Yérim Seck vous a sali, il faut le salir. Je vais dire que vous lui avez donné des milliers de dollars. » Je suis d’autant moins sensible à ce type d’argument qu’il en est devenu usé à force d’être galvaudé. J’aurais été multimillionnaire en dollars si j’avais reçu les sommes que ceux que mes articles gênent estiment que j’ai encaissées. Cette rengaine ne me désarçonnera point, et ne m’empêchera jamais de piquer la plume dans la plaie, de révéler ce que l’on cache, de montrer, au-delà des diatribes enflammées, le Dadis affairiste qui est en train de piller la Guinée avec des proches issus de sa famille et de son ethnie.

M. le président autoproclamé,

 Vous m’avez accusé d’être un mendiant. Vous êtes le plus grand et le plus illustre des mendiants. Vous êtes mendiant jusqu’à la caricature. Au point d’implorer un ancien Premier ministre guinéen, dès le lendemain de votre coup d’Etat, de vous introduire auprès de Mouammar Kaddafi pour qu’il vous « aide ». Vous tendez la main à tout le monde, de Mouhamed VI à Abdoulaye Wade, en passant par les hommes d’affaires guinéens et tous les investisseurs étrangers qui vous rencontrent.

Vous m’avez accusé d’être un prostitué. Vous êtes au monde le pire des prostitués. Vous êtes prostitué au point de vous faire payer pour brader les intérêts stratégiques de votre pays. Un exemple : dès votre arrivée aux affaires, vous avez durement critiqué l’attribution du marché du terminal à conteneurs du port de Conakry à Getma International et promis d’y revenir. Avant de vous raviser : contre une grasse rétribution, vous avez avalisé ce marché ô combien scandaleux. Je vais revenir dans ce blog sur les détails de cette affaire que je ne veux pas laisser parasiter ce droit de réponse.

M. le président autoproclamé,

Vous n’êtes pas qu’un prostitué et un mendiant. Vous êtes un menteur. Vous n’avez pas menti que sur mon compte. Vous avez menti à tous les Guinéens à qui vous aviez promis de « nettoyer la maison » avant d’organiser une élection transparente à laquelle vous ne seriez pas candidat. Vous êtes également un voleur. J’ai toutes les preuves pour étayer ce que j’avance. Dans les jours à venir, je publierai dans ce blog le décompte exact de tout l’argent que vous avez décaissé de la Banque centrale et du trésor public guinéens depuis votre putsch. Je vais également décortiquer, pièces et témoignages à l’appui, votre gestion du carburant de l’armée. Les Guinéens ne seront pas surpris, qui ont vu la grosse maison que vous possédiez dans le quartier de Lambanyi avant votre accession au pouvoir, et que cent ans de votre salaire de capitaine cumulés n’auraient pas pu vous offrir.

Ce que les Guinéens ne savent pas, par contre, c’est votre passé obscur, votre côté violent, votre personnalité déséquilibrée. Beaucoup de vos compatriotes ignorent, par exemple, qu’étudiant à l’université de Conakry, vous avez sauvagement battu votre copine qui est tombée dans un coma profond. Recherché, vous avez fui à Nzérékoré où vous êtes entré un bon moment dans la clandestinité. Le traitement que vos affidés ont infligé aux femmes le 28 septembre sont conformes à vos méthodes. Tous ceux qui sont informés, à commencer par les chancelleries occidentales en poste à Conakry, savent que votre épouse a fui pour se réfugier au Maroc. Quelques jours avant son départ, vous l’avez mise au piquet, à genoux pendant des heures en guise de punition. Vous traînez un déséquilibre que trahissent votre gestuelle, vos mimiques, vos colères intempestives… « Allahaa La Guinée rataanga ! » Que Dieu protège la Guinée contre le dangereux dégénéré que vous êtes !

M. le président autoproclamé,

Une question m’intrigue : quel dossier vous concernant le général Diarra Camara détient-il ? Sait-il quelque chose qui justifie que vous l’ayez traité avec autant de brutalité dès le lendemain de votre putsch ? Dans l’intérêt de la transparence, ce qu’il sait mérite d’être connu. D’autant que vous avez décidé de briguer la magistrature suprême. Il est essentiel, pour que les Guinéens soient éclairés avant de faire leur choix, que tous ces aspects de votre personnalité et de votre histoire soient connus. Exercer le pouvoir n’est pas une simple sinécure, une manière de se faire plaisir, de se positionner pour s’accaparer de privilèges et d’honneurs. C’est beaucoup plus sérieux que cela. Il y va de l’avenir de millions d’hommes et de femmes dont l’histoire et la géographie ont fait des Guinéens.

M. le président autoproclamé,

Pour conférer du crédit à vos accusations, vous avez l’habitude de débiter que j’ai commencé à faire des articles d’une tonalité positive sur vous avant de changer de ligne. Vous avez raison de faire ce constat. J’assume totalement le choix que j’avais fait au début de vous accompagner. La raison de mon engagement était simple : dans l’intimité de votre bureau, vous m’avez demandé de vous aider à conduire une transition vers une vraie démocratie en Guinée. Je vous ai donné ma parole, que j’ai retirée par la suite non sans vous en avoir averti. Pourquoi ? Parce que, piqué par le virus du pouvoir, vous avez totalement dévié de votre ligne de départ.

Malgré tout, je me suis abstenu, pendant plusieurs mois, d’écrire sur vous ou de parler de la Guinée. Les choses avaient commencé à tourner au grotesque, et je ne suis pas amateur de cirque. Surtout s’il fait peser de si gros risques sur une chose aussi sérieuse que la nation guinéenne.

Mais, les dérives allant en s’amplifiant, la rédaction de Jeune Afrique m’a demandé d’écrire pour er. Voila pourquoi vous avez fait rire tout le monde lorsque vous avez appelé au siège de J.A. pour dire que j’ai écrit pour vous faire chanter.

Si l’article « L’incroyable capitaine Dadis » n’a pas été mon initiative, mais celle d’un de mes rédacteurs en chef, j’en ai tiré une grande satisfaction. C’est du journalisme comme j’aime en faire. Une journaliste réputée de France 24 m’a rempli de fierté, en me lançant sur son plateau : « Vous avez vu juste. Une semaine avant le massacre des Guinéens, vous avez écrit pour dire qu’il y avait danger. » Elle n’est pas la seule. Après le carnage du 28 septembre, les plus prestigieux journaux du monde ont cité mon article et reconnu son caractère prémonitoire. Dans un article intitulé « Dadis, le Ubu roi de la Guinée », le renommé hebdomadaire français L’Express a renvoyé à « L’incroyable capitaine Dadis » et recommandé sa lecture.

Je terminais mon texte par ces deux phrases : « Dadis avait promis la rupture avec les usages du passé. C’est l’équilibre de la Guinée qu’il risque de rompre. » L’obscur capitaine aujourd’hui gagné par le vertige du pouvoir a commencé, quelques jours plus tard, à rompre dans le sang l’équilibre de la Guinée.

Monsieur le président autoproclamé,

Vous me taxez d’escroc international ? Je ne sais pas ce que ce concept veut exactement dire. Je vous rétorque toutefois que vous êtes un criminel international. Ce que vous avez fait le 28 septembre est l’exemple-type du crime international. Le carnage que vous avez ordonné répond à la définition exacte du crime contre l’humanité. Tribaliste jusqu’au bout des ongles, vous avez orchestré cette forfaiture avec des membres de votre famille, des jeunes de votre ethnie recrutés de fraiche date, et des ex-rebelles libériens et sierra-léonais dont vous vous sentez proches du fait de la proximité de votre région d’origine avec leurs pays respectifs.

Votre procès ne sera pas celui de l’armée guinéenne. Les actes perpétrés contre les femmes par vos mercenaires encagoulés ne sont pas guinéens. Au-delà des viols, des manifestants ont été égorgés. Des cadavres sans tête ont traumatisé les médecins de l’hôpital de Donka. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, les corps ramassés par vos tueurs ont été rassemblés au camp Samory-Touré. Ils ont pu remplir trois gros camions qui ont quitté nuitamment le centre-ville pour une destination inconnue. Voici autant de questions auxquelles devra s’intéresser un grand avocat français qui est en train de préparer une plainte destinée à la Cour pénale internationale. Tragique destin que celui qui est le vôtre ! Vous auriez pu être un Amadou Toumani Touré guinéen. Vous êtes devenu un paria, vomi par ses compatriotes, rejeté par ses frères d’armes, mis en quarantaine par la communauté internationale… Vous auriez pu entrer dans l’Histoire. Vous allez en sortir par la petite porte. Vous auriez pu devenir une autorité morale importante en Afrique, impliquée dans le règlement des conflits. Vous risquez de finir derrière le prétoire de la Cour pénale internationale, comme Charles Taylor, un criminel de votre acabit dont vous avez recruté les tueurs.

Vous n’êtes pas à la hauteur du défi historique que votre arrivée aux affaires posait à la Guinée. Les « Dadis Show » que vous me consacrez traduisent votre manque de retenue et de hauteur dont je parlais dans mon article. J’ai eu raison d’écrire que vos « épaules sont très étroites pour le manteau de chef d’Etat. » Mais je ne cracherai pas sur le succès grandissant que vous me construisez en parlant de moi. J’attends avec impatience votre prochaine sortie. Vous aurez d’ailleurs une bonne occasion de refaire un nouvel épisode de « Dadis Show » lundi, quand vous finirez de lire le numéro de Jeune Afrique qui paraît ce jour. J’y reconstitue minute par minute le film de cette répression sauvage que vous avez lâchement infligée à des Guinéens désarmés et sans défense.

En attendant de vous entendre à nouveau, je vous transmets, M. le président autoproclamé, mes salutations.


Cheikh Yérim Seck, journaliste, ami de la Guinée.

 
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 23:40



 
Le DG voyou de la BVMAC Willy Ontsia

Les décisions que ne cesse de prendre le Conseil d’administration de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) sont déroutantes pour le moins et pas de nature à promouvoir l’intégration régionale qui est un des nobles objectifs de la CEMAC. De façon pour le moins cavalière, avec une déconcertante facilité  et une surprenante promptitude, le Conseil d’administration de la BVMAC a viré successivement deux de ses premiers DG, respectivement Mme Marlyn Mouliom-Roosalem et M. Yvon Psimhis, qui avaient tous les deux, le malheur d’être de nationalité centrafricaine, soi-disant pour insuffisance de résultats. Un Gabonais est, comme par hasard, nommé DG.

Un an après sa désignation, ce Gabonais, un certain Willy Ontsia s’avère être un vulgaire voyou. La Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (COSUMAF) a purement et simplement demandé le 29 juillet dernier son limogeage pour faute grave. Cette décision faisait suite à l'agression physique par le directeur général Willy Ontsia, du chef de la mission d'inspecteurs de la COSUMAF à la BVMAC. L'organe de régulation sous-régionale dénonce le «comportement de défiance manifesté à maintes reprises par M. Willy Ontsia à l'égard de la COSUMAF», et un «comportement et des agissements traduisant un refus manifeste de se soumettre à l’autorité et à la prééminence de l’organe».

Il est reproché à M. Willy Ontsia «son attitude menaçante et agressive au cours de la mission d'inspection entamée le 6 juillet 2009», lors de laquelle il s'était rendu «coupable d’entrave à ladite mission, avec circonstances aggravantes caractérisées par l'agression physique d'un inspecteur en mission, ayant entraîné de graves blessures et une incapacité de travail de huit jours». «Monsieur Willy Ontsia a reconnu avoir porté un coup de poing ayant provoqué des blessures au chef de la mission d’inspection de la COSUMAF», mais «n'a exprimé aucun regret quant aux faits qui lui sont reprochés», déplore la COSUMAF, dans son rapport, estimant en outre que cette attitude empêche toute collaboration avec la BVMAC.

La COSUMAF a donc prononcé à l’encontre de M. Willy Ontsia une «interdiction définitive» d’activité en qualité de directeur général de la BVMAC et a demandé au conseil d’administration de la BVMAC de procéder à son remplacement.

Voilà qu’à l’issue de la séance du Conseil d’administration tenue le 28 septembre dernier, alors qu’on s’attendait logiquement à ce que le limogeage de M. Willy Ontsia soit entériné, il n’en a rien été. Sous l’influence du Président de ce conseil d’administration, encore un Gabonais M. Henri-Claude OYIMA (Administrateur Directeur Général de BGFI BANK), le conseil s’est seulement contenté de retirer au DG de la BVMAC la signature sur tous les actes de l'institution relevant de l'exploitation tout en le maintenant dans ses fonction, c'est à dire avec toutes les attributions (salaires, véhicule, logement...) soi-disant en attendant l’aboutissement de l'action en justice qu'il a intentée devant la cours de justice de la CEMAC.

Le Conseil d'Administration a même poussé le bouchon jusqu’à demander au DG voyou M. Willy Ontsia, d'écrire une lettre d'excuse à la COSUMAF afin de la conduire à retirer sa plainte et ainsi trouver une solution à l'amiable. Pourquoi tant de mansuétude à l’égard d’un individu qui ne mérite que mépris !

Autre curiosité : c’est encore à un administrateur gabonais, DG d’une banque de Libreville, que le conseil d’administration a donné délégation de signature. N’y-a-il que des Gabonais dans ce conseil d’administration ? C’est tout simplement scandaleux. Que cachent ces agissements et toutes ces manœuvres ? Visiblement, tout porte à croire que les Gabonais entendent garder la haute main sur la BVMAC mais une telle volonté, pour égoïste qu’elle soit, passe-t-elle nécessairement par la protection d’énergumènes aussi dangereux que M. Willy Ontsia, dont le comportement n’honore pourtant ni la BVMAC ni le Gabon.

Les cadres centrafricains qui ont dirigé la BVMAC n’ont nullement démérité contrairement aux prétextes fallacieux avancés pour les accuser. Il est pourtant clairement établi que cette Institution créée en 2003 avait dès le départ un capital sous dimensionné. 1,779 milliard  F CFA alors qu'il aurait fallu au moins 2.5 milliards de F CFA. Elle a eu  à sa tête une Centrafricaine qui a fait un travail important et ingrat, incontournable, indispensable de mise en place de l'institution au plan administratif et matériel (installation et équipement des locaux, recrutement du personnel etc ...) sur lequel s'appui la bourse aujourd'hui.

Depuis, ce capital déjà insuffisant n'a jamais été augmenté ce qui entraîne de fréquentes tensions de trésorerie. Pire, l’installation du moteur de cotation, la formation des équipes, la rédaction des règlements généraux de la bourse et du Dépositaire Central, l’installation de l'outil de cotation avec le concours de la bourse de Casablanca, l’installation et le paramétrage des liaisons avec la BEAC pour garantir la sécurité des règlements et livraisons de titres contre espèces, l’interconnexion des sociétés de bourse avec la bourse afin de pouvoir négocier les titres, les campagnes de vulgarisation de la culture boursière par des séminaires etc ... tout cela a été accompli sans grands moyens financiers.

L’absence criante de moyens financiers a contraint l’ex DG Yvon Psimhis à solliciter une subvention d'investissement de 1 milliards de F CFA à la BEAC. Il a pu trouver les moyens financiers nécessaires au lancement de l’activité de la bourse. La subvention lui a été accordée lors du comité ministériel des ministres des finances tenu les 3 et 4 juin 2008 à Douala. Il avait fallu au préalable à nouveau remobiliser les ministres des finances sur l’importance du projet et de ses avancées.

Yvon Psimhis été brutalement limogé le 14 juillet 2008. Les activités ont démarré le 13 août 2008. Il est évident qu’en un mois on ne puisse pas remplir toutes ces tâches, surtout l’installation et le paramétrage d’un moteur de cotation aussi complexe et identique à celui qui équipe la Bourse de Paris. Le vrai problème qui est posé à la BVMAC est que depuis sa naissance en 2003 sous la présidence de son PCA actuel qui, du fait de ses intrigues et manœuvres, le projet initial n’a pas fait les avancées qui s’imposaient. La décence aurait voulu que le Conseil d’Administration de la BVMAC constate l’incapacité du PCA à manager un tel projet industriel et de prendre ses responsabilités en le démissionnant. Or ce conseil choisit de faire la politique de l’autruche en se voilant toujours la face. Il est donc urgent et impérieux de faire comprendre à ce Conseil d’Administration que rien n’avance sous la responsabilité de ce PCA.

La BVMAC est devenue une bourse gabonaise instrument de la première banque de la sous région à savoir la BGFI. La Cosumaf ne dispose plus de pouvoir de sanction, d'audit et de contrôle. Les juristes congolais dans l'exercice de leur fonction peuvent se faire injurier et frapper par le DG Willy Ontsia au mépris de toutes les règles de droit international avec la bénédiction du PCA. On ne peut expliquer autrement l’attitude méprisante des Gabonais envers les autres citoyens de la sous région CEMAC. Puissent les décideurs de la CEMAC se pencher réellement sur le sort de la BVMAC afin d’éviter à cette institution sous régionale les turpitudes que vient de connaitre la BEAC à travers les détournements massifs organisés et perpétrés par des cadres véreux surtout de nationalité gabonaise de cette institution. Dès lors la question se pose avec acuité de savoir s’il faut maintenir l'agrément de la BVMAC comme bourse sous régionale puisqu'elle défend uniquement certains intérêts gabonais ? De même, à quoi sert la COSUMAF puisqu'elle ne peut jouer son rôle de régulateur sous régional ?

Le sommet de la CEMAC qui se tiendra en novembre 2009 à Bangui devrait être l’occasion donnée aux autorités centrafricaines pour qu’elles puissent enfin clarifier certaines zones d’ombre quant au sort réservé aux cadres centrafricains au sein des Institutions sous régionales. Nous osons croire qu’elles seront enfin animées par la nécessité de promouvoir les compétences centrafricaines à l’instar de ce que certains pays ne cessent de faire.

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