Centrafrique : La DG de la Télévision nationale justifie sa démission par les tensions entre Touadera et Méckassoua
BANGUI, 06 juillet 2017 (RJDH)—-La Directrice Générale de la télévision nationale, Mme Lydie Nzengou Koumat-Gueret a expliqué avoir démissionné de son poste suite aux pressions multiformes liées au bras de fer entre le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée Nationale. Elle l’a fait savoir publiquement le 05 juillet dernier lors de passation de service avec l’intérimaire désigné par les autorités.
Depuis qu’elle a remis sa démission au ministre de la Communication, Mme Lydie Nzengou Koumat-Gueret s’est gardée de présenter les raisons de sa décision. La Directrice Générale de la télévision nationale a choisi de justifier son acte lors de la passation de service avec le Directeur de l’Information Guy Dingoté Kossani, désigné pour assurer l’intérim.
Celle qu’on appelle désormais ancienne Directrice Générale, justifie sa démission par les tensions relationnelles entre Touadera et Méckassoua, « trop c’est trop. J’ai du subir et supporter trop de pressions par rapport à l’affaire Touadéra-Mekassoua. Les gens racontent tout et imaginent tout. Je ne peux pas supporter de travailler dans ces conditions. Méckassoua est président de l’Assemblée Nationale et Touadera président de la République mais pourquoi il fait tout cela ? » a-t-elle lâché.
Une interview accordée aux confrères de Ndéké Luka au courant de la semaine serait l’eau qui a débordé le vase. Dans cet entretien, l’ancienne Directrice Générale a déploré la lenteur dans la réhabilitation du bâtiment de la Télévision. Elle a, par la même occasion indiqué vouloir ramener ses agents dans l’ancien bâtiment parce rien n’a commencé. Ses propos ont été considérés comme une offensive, selon des sources proches du département de la Communication.
De sources proches de la télévision nationale, Mme Lydie Nzengou Koumat-Gueret était combattue de tout coté par les autorités qui considèrent qu’elle est trop proche de Méckassoua, l’actuel président de l’Assemblée Nationale, « plusieurs fois elle a été convoquée, harcelée voire accusée de connivence avec le président de l’Assemblée Nationale. La situation était intenable lorsque la tension était vive entre l’exécutif et le législatif », explique sous anonymat un journaliste de la Télévision. Un autre agent de la chaine nationale parle d’un acte courageux, « aucun DG n’a démissionné jusque là parce que le pouvoir lui torpille le travail. Elle a pris une décision courageuse et je pense qu’elle restera dans nos esprits ici ».
Avant d’être nommée Directrice Générale de la Télévision nationale, Mme Lydie Nzengou Koumat-Gueret était conseillère en communication du président de l’Assemblée Nationale. C’est à ce titre qu’elle est considérée comme une fidèle de Méckassoua.
Mme Lydie Nzengou Koumat-Gueret en quelques mois a marqué les journalistes de la Télévision nationale par des reformes qu’elle aurait menées, « elle est courageuse et défend ses agents devant les autorités » a expliqué un pigiste. Un cadre la qualifie de dame de fer, « c’est une femme responsable et dynamique. Elle a beaucoup fait parfois avec ses propres moyens. C’est pour moi une véritable dame de fer ».
Ancienne conseillère de Méckassoua, Mme Lydie Nzengou Koumat-Gueret a été nommée Directrice Générale de la Télévision en décembre 2016. Son poste à l’Assemblée Nationale est depuis resté vacant. Elle pourrait être bientôt le retrouver.
Portrait de Mme Lydie Nzengou Koumat-Gueret
https://afriquenewsinfo.wordpress.com/2017/03/10/lydie-nzengou-une-militante-pour-conduire-la-renovation-de-la-television-centrafricaine/
Centrafrique : Les Anti-Balaka rétrocèdent en partie les armes récupérées aux mains des forces de l’ordre à Bozoum
Par Alban Junior Namkomona le 6 juillet 2017
BOZOUM, 6 juillet 2017(RJDH)—Certaines armes récupérées aux mains des forces de l’ordre à Bozoum le mardi dernier, leur ont été restituées par les Anti-Balaka. L’information est confirmée ce jour par plusieurs sources concordantes.
Selon les informations du RJDH, les Anti-Balaka ont restituée une arme et quelques effets militaires. Il s’agit de sources bien informées, de l’arme du commandant de compagnie de la gendarmerie de la ville. Un fonctionnaire joint dans la ville a confié que l’arme a été restituée suite à la pression exercée par le député de Bozoum qui se trouve à Bangui, information non encore confirmée par le concerné.
Le mardi dernier, les Anti-Balaka de Bozoum se fondant sur des rumeurs relatives à une attaque des ex-Séléka, avaient décidé de prendre les armes des forces de l’ordre afin de défendre la ville. A l’issue de cet agissement, les agents de l’Etat ont observé une journée de grève. D’autres formes de pression, selon nos informations ont été exercées sur les auteurs de cet acte.
Quarante huit heures après, les Anti-Balaka ont restitué une arme tout en promettant de rétrocéder le reste. Le Secrétaire Général de la préfecture de l’Ouham Pende, Pascal Ouiabona, se dit « partiellement satisfait car toutes les armes ne sont pas encore restituées ».
Aux dernières nouvelles, les gendarmes affectés dans la ville, continuent d’évacuer leurs familles à Bangui. Et l’administration continue de fonctionner au ralenti./
« La justice doit être rendue pour les crimes de guerre en Centrafrique», selon Human Rights Watch
Par Fridolin Ngoulou le 6 juillet 2017
BANGUI, 6 Juillet 2017 (RJDH)–Des civils ont été pris pour cible dans de nombreuses attaques des groupes armés en toute impunité, aggravant les violences dans le pays. C’est ce qu’a dénoncé Human Rights Watch dans un nouveau rapport rendu public ce 5 juillet 2017.
Dans ce rapport de 101 pages, intitulé « Meurtres impunis : Crimes de guerre, crimes contre l’humanité et la Cour pénale spéciale en République centrafricaine », HRW fait un compte-rendu exhaustif des crimes de guerre commis dans trois provinces centrales du pays depuis fin 2014. Plus de 560 décès de civils et la destruction de plus de 4 200 maisons ont été rapportées. Pour cette organisation, ces crimes relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) et de la Cour pénale spéciale (CPS).
Lewis Mudge, Chercheur auprès de la division Afrique de HRW a relevé qu’au cours de ces deux dernières années, des centaines de témoins ont décrit des crimes de guerre flagrants commis par les forces de la Séléka et par les combattants anti-balaka dans les régions de l’est et du centre de la République centrafricaine. « Le manque de justice pour ces crimes a laissé les combattants libres de terroriser les civils à volonté et a alimenté un cycle d’attaques de représailles persistantes», a-t-il fait observer.
Human Rights Watch a interrogé des centaines de personnes pour le rapport, notamment des victimes, des proches des victimes, des témoins des attaques, ainsi que des membres du gouvernement, des Nations Unies et des organisations humanitaires. Les annexes du rapport détaillent près de 120 attaques commises dans les provinces de Nana-Grébizi, Ouham et Ouaka depuis fin 2014. Le nombre total des attaques est vraisemblablement plus élevé.
Ce rapport est rendu public un mois après celui des Nations-Unies sur les crimes commis en RCA depuis 2003. Ces rapports pourraient être des documents de base pour la Cour Pénale Spéciale qui vient d’être installée dans le pays.