Lu pour vous
https://www.dw.com 26.02.2019
Le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique de Noureidine Adam dénonce une absence de consultation. Le groupe met en garde contre de telles "erreurs" tout en acceptant le choix porté sur Firmin Ngrebada.
Après la nomination d'un Premier ministre en Centrafrique, le plus influent des groupes armés signataires de l'accord de paix de Khartoum se montre réservé. Le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) se plaint de ce que la nomination de Firmin Ngrebada, un pro-russe, ne soit précédée d'aucune concertation.
Contacté par la DW, Abakar Sabone, Conseiller politique du président du FPRC souhaite que le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra se concerte avec les groupes rebelles signataires de l'accord de paix de Khartoum avant l'exécution des autres points de cet accord.
Des postes ministériels exigés
Le 21 février 2019, ce groupe dirigé par le général rebelle Noureidine Adam avait introduit une demande dans laquelle il réclame une dizaine de postes dans le futur gouvernement.
D'après le document disponible sur internet et signé par son président, le FPRC exige que ses membres soient nommés à une dizaine de postes ministériels dont ceux de ministre délégué à la défense, aux Affaires étrangères, des transports ou encore des travaux publics. Selon Abakar Sabone, le groupe armé serait flexible et prêt à "discuter de ces revendications" avec le président Touadéra.
Les relations France-Centrafrique
Interrogé sur le rapprochement avec la Russie dont le nouveau Premier ministre Firmin Ngrebada serait un défenseur, le Conseiller politique de Noureidine Adam se veut clair : "la France et la République centrafricaine c'est comme l'arbre et l'écorce" soutient-il. "S'il y a des amalgames de gauche à droite, ça n'engage que ceux qui le disent", ajoute Abakar Sabone.
Une source proche du gouvernement centrafricain a confié à la DW que le nouveau Premier ministre Firmin Ngrebada mène des consultations en vue de la formation de son gouvernement. La même source souligne qu'en dehors du gouvernement, il y a d'autres postes de responsabilité auxquels certains ex-rebelles pourraient être nommés en fonction des compétences.
Qui est Firmin Ngrebada, nouveau Premier ministre de RCA?
Par RFI Publié le 26-02-2019 Modifié le 27-02-2019 à 00:10
Firmin Ngrebada a été nommé chef du gouvernement, lundi 25 février, par le président de la République, Faustin-Archange Touadéra. Il succède à Simplice Mathieu Sarandji qui avait déposé sa démission et celle de son gouvernement vendredi, comme le voulait l'accord de paix signé le 6 février.
Jusqu'à sa nomination, Firmin Ngrebada était directeur de cabinet du chef de l'Etat. C'est un homme discret et très proche du président de la République qui prend la tête du gouvernement.
Loin d'être un inconnu des couloirs des ministères mais homme de l'ombre, Firmin Ngrebada, 51 ans, est un fin négociateur. C'est lui qui a conduit la délégation gouvernementale qui a obtenu l'accord de paix entre les autorités et les groupes armés à Khartoum, au Soudan, en début de mois lorsqu'il était directeur de cabinet de la Présidence.
Un accord qui prévoit, notamment, la nomination d'un gouvernement inclusif et la sécurisation du territoire occupé à 80% par des groupes armés. Homme de confiance du chef de l'Etat et ancien inspecteur du travail, Firmin Ngrebada a rencontré Faustin-Archange Touadéra lorsque ce dernier était le Premier ministre de François Bozizé, entre 2008 et 2013.
Le nouveau chef du gouvernement est aussi connu pour avoir été celui qui a initié le rapprochement de Bangui avec Moscou. Firmin Ngrebada a joué un rôle central dans l'accord de coopération militaire signé entre la Centrafrique et la Russie il y a 6 mois.
Les Centrafricains attendent maintenant la nomination des ministres de Firmin Ngrebada. « On en saura un peu plus aujourd'hui sur la composition du gouvernement », a indiqué le porte-parole de la présidence centrafricaine à l'AFP.
Les groupes armés satisfaits
Alors qu'ils espéraient la nomination d'un Premier ministre issu de leur rang, plusieurs groupes armés signataires de cet accord de paix se sont dit satisfaits de la nomination du nouveau Premier ministre.
C'est d'abord deux groupes armés : le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et la Coordination nationale du mouvement des patriotes antibalaka qui ont félicité dans un communiqué conjoint hier la nomination du nouveau Premier ministre. Ils lui présentent leurs « compliments » mais font part surtout « de leur disponibilité et leur volonté de travailler avec le chef du gouvernement ».
Une allusion directe à l'accord de paix signé au Soudan il y a trois semaines qui exige la mise en place d'un gouvernement inclusif. Ils espèrent donc être bien représentés dans le prochain gouvernement. « Tout n'est pas encore gagné », précisent-ils.
Ils appellent le Firmin Ngrébada à « engager, sans tarder et sans détour, les discussions avec les représentants des groupes politico-militaires signataires de l'accord en vue de la formation du gouvernement. »
Des félicitations aussi de la part l'autre branche des milices antibalaka. « Nous avons signé des engagements, il faudra qu'ils soient respectés à la lettre, qu'il soit fait un gouvernement d'union nationale avec des groupes armés, la société civile, les partis politiques pour que nous puissions ensemble bâtir la paix. Et s'il y a déjà un début salutaire, il faut encourager et nous nous félicitons de la nomination du nouveau Premier ministre », confie Igor Lamaka, leur porte-parole.
L'accord conclut au Soudan avait été signé par 14 groupes armés. Firmin Ngrebada avait mené les négociations au nom du pouvoir.