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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 00:31
Ali Darassa accuse les FACA d’indiscipline à Alindao

 

 

Centrafrique : Ali Darassa accuse les FACA d’indiscipline à Alindao

 

BANGUI, le 16 janvier 2020 (RJDH)---Dans un communiqué en date du 15 janvier, le chef rebelle Ali Darassa, accuse les FACA détachées à Alindao d’être des éléments indisciplinés. Une réaction qui intervient après les affrontements la semaine dernière entre ces hommes et les forces régulières faisant plusieurs morts et blessés.

Depuis les événements d’Alindao le 9 janvier dernier où des soldats FACA et les forces coalisées de l’UPC se sont violemment affrontés dans la région, le chef de l’UPC vient de briser le silence et donne sa version des faits. Dans un communiqué rendu public le mercredi 15 janvier 2020, il accuse les soldats des forces armées centrafricaines de moins disciplinés.

« Ces derniers enhardis par un discours va-t-en-guerre se comportent plus en troupe d’occupation qu’en représentants d’un Etat mû par une réconciliation pourtant exaltée sur tous les tons », accuse l'UPC dans ce communiqué pour justifier les violences du jeudi 9 janvier.

Dans la foulée, les garants et facilitateurs de l'APPR-RCA entendent prendre des mesures coercitives contre tout parjure lors de la prochaine réunion du Comité Exécutif de Suivi (de la 7ème session) prévue le 20 janvier prochain. « En sa qualité de facilitateur de l’Accord de paix, la MINUSCA participera aux travaux », a indiqué mercredi le porte-parole de la Mission onusienne, Vladimir Monteiro, et que « les violations, y compris les récentes commises par l’UPC mais aussi d’autres signataires », seront abordées par les participants à la rencontre du CES, en rappelant que l’une des missions de cet organe est d’évaluer la mise en œuvre des engagements par les parties.

Flairant que cette réunion de la 7ème session ne lui sera pas favorable, tout en sachant qu'elle a déjà franchi le Rubicon, car même le gouvernement centrafricain sortant de sa léthargie appelle les garants et facilitateurs à frapper l'UPC, le groupe armé déclare qu’il réitère son engagement pris lors de la signature de l’APPR-RCA et se dit prêt à aborder les éventuels différends qui sont reprochés à l’UPC dans le cadre de l’article 34 « aux fins d’actions idoines de conciliations ».

Le groupe armé rappelle aux garants et facilitateurs qu’une telle démarche n’a jamais été entreprise contre les groupes armés engagés dans les violences armées à Birao et Amdafock. « Toutefois, dans le cadre de l’article 35 qui semble désormais être l’ultime recours du gouvernement à l’encontre de l’UPC, ces mesures répressives ciblées auraient un caractère particulièrement injuste, au regard des atrocités vécues par la population du nord-est du pays en proie depuis plusieurs mois aux combats que se livrent d’autres signataires de l’APPR, sans que le gouvernement, ni la communauté internationale ne s’en émeuvent », dit le communiqué de l'UPC, tout en relevant que, « la RCA vit une période de nouvelle fébrilité politique en cette année électorale, et en cette saison sensible de transhumance, le Coordinateur Militaire, Chef d’Etat-major de l’UPC, le Général d’Armées Ali DARASSA enjoint les parties prenantes à privilégier le dialogue, qui fut le moteur initial de l’APPR », conclut le communiqué.

Vianney Ingasso

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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 00:21
RCA : 8 milliards pour financer la relance agricole dans le pays

 

Centrafrique : 8 milliards pour financer la relance agricole dans le pays

 

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 16 janvier 2020 05:09

 

Deux structures internationales à savoir "Programme Mondial pour l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire" ont accordé un financement de plus de 8 milliards de FCFA pour relancer l'agriculture, ceci suite à une qualification au concours international sous le contrôle de la FAO.

Plusieurs pays dont les États-Unis d’Amérique, le Canada, l’Espagne et la République de Corée ont mis la main à la poche pour le financement de ce programme. Ce projet vise à augmenter la productivité agricole, rapprocher les agriculteurs des marchés, minimiser les risques liés à l’écoulement des produits, améliorer les moyens de subsistance non-agricoles et faire reculer la pauvreté.

Le gouvernement se félicite de cet incubateur qui vient renforcer la politique de l'Etat en matière de lutte contre la pauvreté. " Nous avons concouru avec beaucoup de pays, depuis longtemps notre pays a cherché à mobiliser ces ressources. Malheureusement, nous n'avons pas été retenu dans les quatre dernières éditions. Aujourd'hui, dans le cadre du RCPCA, nous avons accédé à ces ressources. Notre projet a été présenté par la Banque Africaine de Développement (BAD)" s'est félicité Félix Moloua, ministre du Plan et de l'économie.

Au-delà du fonds annoncé, la BAD a apporté sa contribution de 2 milliards.  "15,5 millions $ soit 8 milliards de Fcfa, c'est le coup du projet. Il sera exécuté dans la ville de Kémo et de l'Ouham et sera cofinancé par la Banque Africaine de Développement à hauteur de 10 milliards de Fcfa" a-t-il ajouté.

L'agriculture constitue le pilier de l'économie centrafricaine et sa relance est une priorité contenue dans le plan de consolidation de la paix, RCPCA.

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 01:21
Inauguration du nouveau marché à bétail à Bouboui
Inauguration du nouveau marché à bétail à Bouboui

 

Centrafrique : Inauguration du nouveau marché à bétail à Bouboui dans l'ombella M'Poko.

 

Financé à hauteur de 5,3 milliard par la Banque Africaine de développement (BAD), en présence du président de la République Faustin Archange Touadera, la cérémonie d’inauguration du marché à bétail situé à Bouboui PK45 sur l’axe Boali, dans la préfecture de l’Ombella M’Poko, a eu lieu ce jour du mercredi 15 janvier 2020.

Inauguration du nouveau marché à bétail à Bouboui
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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 01:07
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

 

LA MINUSCA PARTICIPE AU PROCHAIN COMITE DE SUIVI DE L’ACCORD DE PAIX AXÉ NOTAMMENT SUR LA QUESTION DES VIOLATIONS

 

 

Bangui, le 15 janvier 2020 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) participe à la 7eme session du comité exécutif de suivi de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA), prévue le 20 janvier à Bangui, au cours de laquelle la question des violations du texte sera discutée. “En sa qualité de facilitateur de l’Accord de paix, la MINUSCA participera aux travaux”, a indiqué mercredi le porte-parole de la Mission.

 

Lors de la conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole a indiqué que “les violations, y compris les récentes commises par l’UPC mais aussi d’autres signataires” seront abordées par les participants à la rencontre du CES, en rappelant que l’une des missions de cet organe est d’évaluer la mise en œuvre des engagements par les parties. Le porte-parole a également rappelé l’importance de l’Accord de paix dans la résolution de la problématique des groupes armés en défendant son appropriation par la population centrafricaine.

 

La situation à Alindao, après les violences du 9 janvier dernier, a été également abordée avec le rappel du communiqué de presse de la MINUSCA qui met en garde l’UPC contre la violation répétée de l’Accord de paix.  “Une semaine après les violences ayant occasionné deux morts et huit blessés, la situation est calme dans la ville d’Alindao malgré une tension persistante tandis que les casques bleus poursuivent les patrouilles. Quelques 400 déplacés se trouvent encore dans la base des casques bleus”, a-t-il ajouté.

 

Par ailleurs, le porte-parole de la MINUSCA a rejeté les accusations de partialité portées par les groupes armés du FPRC, de l’UPC et le MPC, tous signataires de l’APPR-RCA, dans un mémorandum adressé aux garants le 13 janvier dernier. En ce qui concerne la Force, le porte-parole a annoncé que, conformément au mandat de la Mission, une formation sera réalisée dans les prochains jours afin de renforcer les capacités des unités de la Force de la MINUSCA en matière de guidage aérien. Cette formation prévoit entre autres un exercice d’entraînement de la Force de la MINUSCA avec l’usage des avions de chasse français, à proximité de Bangui. « Cet exercice est un moyen pour la MINUSCA d’être mieux préparée pour d’éventuelles opérations en s’assurant que les avions puissent intervenir dans de bonnes conditions », a-t-il expliqué.

 

Au sujet de la situation des droits de l’homme, il a fait savoir qu’entre le 9 et le 15 janvier, la MINUSCA a documenté 13 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ayant affecté au moins 18 victimes. Ces violations ont été commises par les groupes armés du FPRC, de l’UPC et du MLCJ, principalement dans les préfectures de la Haute-Kotto et de la Ouaka.

 

De son côté, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Commandant Issoufou Aboubacar Tawaye, a fait savoir que « dans le cadre de la sécurisation du PK5, l’ensemble des bases des ex groupes d’autodéfense – au nombre de 13 -, ont été démantelées ». Il a par ailleurs souligné que les patrouilles de sécurisation ont lieu tous les jours dans cette zone afin d’assurer la sécurité des civils, ajoutant que le stockage et la sécurisation de l’armement de la zone devraient commencer rapidement. Sur le même sujet, le porte-parole de la Police de la MINUSCA, le Capitaine Léo Franck Gnapié, a souligné que le commissariat du 3e arrondissement, entièrement réhabilité et équipé par la MINUSCA, se prépare à accueillir les Forces de sécurité intérieure. « En ce moment, les autorités nationales travaillent à la sélection et la formation de ces policiers qui y seront déployés », a-t-il dit.

 

Enfin sur la situation dans la ville d’Alindao, le Capitaine Franck Gnapié a souligné que suite aux incidents du 9 janvier, la Police de la MINUSCA se prépare à y envoyer une équipe de police technique et scientifique et des enquêteurs. « Cette équipe sera accompagnée par les collègues des sections Justice et Affaires pénitentiaires et Droits de l’Homme de la MINUSCA pour la prise en charge du volet judiciaire », a-t-il conclu. Sur PK5, il a annoncé le début ce mercredi d’une “campagne de sensibilisation à l’endroit des diverses couches de la population afin d’expliquer aux populations le travail de proximité y compris les patrouilles qui seront conduites dans le quartier afin d’obtenir leur pleine adhésion”.

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:57
RCA - USA : Visite prochaine à Bangui de M. Tibor P. Nagy

 

Visite à Bangui de M. Tibor P. Nagy, sous-secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique aux Affaires africaines

 

Communiqué de presse Ambassade des États-Unis d’Amérique en République centrafricaine

 

BANGUI – 15 janvier 2020 Le sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines, Tibor P. Nagy, effectuera une visite à Bangui du 19 au 21 janvier 2020. Il rencontrera de hauts responsables gouvernementaux, des étudiants, des anciens élèves des programmes d’échange de diplomatie publique du département d’État et des représentants des organisations internationales et des ONG travaillant sur la consolidation de la paix et les questions humanitaires en République centrafricaine (RCA). Les États-Unis sont le plus grand contributeur de la réponse humanitaire en RCA avec une contribution qui correspond au quart du budget annuel de la MINUSCA.

Le sous-secrétaire Nagy est le plus haut responsable américain à se rendre en République centrafricaine depuis la visite de Mme l’ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, Samantha Power, en 2016. Sa visite vient renforcer l’engagement des États-Unis à soutenir la paix et la stabilité en RCA à travers l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, en fournissant une assistance aux personnes nécessiteuses et en travaillant en étroite collaboration avec d’autres partenaires internationaux en matière de consolidation des institutions démocratiques centrafricaine.

En outre, la visite du sous-secrétaire permettra de mettre en évidence l’engagement des États-Unis à soutenir la jeunesse africaine. Il rencontrera des étudiants et des enseignants de l’Université de Bangui. Ce sera également l’occasion de marquer le 10ème anniversaire de la Young African Leaders Initiative (YALI), un programme qui mobilise la prochaine génération de dirigeants sur le continent en facilitant les liens entre les jeunes leaders africains du programme YALI et leurs pairs aux États Unis.

 

Pour plus d’informations sur la visite du sous-secrétaire d’État à Bangui, suivez la page Facebook de l’ambassade des États-Unis

 

« Le rôle des Russes (en Centrafrique) pose problème. Leurs activités cadrent mal avec le processus de paix. Ils ont leurs propres priorités, qui manquent parfois de transparence.

 

Tibor NAGY

Secrétaire d’état adjoint américain aux affaires africaines.

https://www.facebook.com/usembassy.bangui/

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:40
Le Forum African développement for Bangui (FAD) lancé à Abidjan
Le Forum African développement for Bangui (FAD) lancé à Abidjan
Le Forum African développement for Bangui (FAD) lancé à Abidjan

 

Côte d'Ivoire : Le Forum African développement for Bangui (FAD) lancé à Abidjan le 25 janvier prochain

 

Par Jean Kelly Kouassi
 

Publié le 14 janvier 2020 à 13:20 | mis à jour le 14 janvier 2020 à 13:20

 

Abidjan, la capitale économique ivoirienne, accueillera le samedi 25 janvier 2020, le lancement du Forum African Développement for Bangui (FAD), une plateforme dédiée à la promotion des investissements en République centrafricaine (RCA).

 «Investir dans les objectifs du développement durable en Centrafrique », tel est le thème choisi par les organisateurs pour ce projet crucial pour la relance économique de la RCA. Repositionner l’économie de cette nation de l’Afrique centrale, après plusieurs décennies de crises, est l’une des préoccupations majeures du gouvernement du président Archange Touadera.

En collaboration avec un cabinet de communication, dirigé par l'ivoirien Bogui William, il s’agira, au cours du Forum African développement for Bangui, de créer un cadre d’échange et de réflexion entre les acteurs nationaux, internationaux et partenaires techniques et financiers en vue de leur implication dans le processus de développement global de la Centrafrique.

Ainsi, investisseurs et autres partenaires financiers prendront le pouls des réelles opportunités qui s’offrent à eux pour d'éventuels investissements en Centrafrique. À Abidjan, le samedi 25 janvier 2020 au Sofitel Hotel Ivoire, aura lieu l’étape africaine de cette tournée internationale, avant les étapes européennes de Berlin, de Paris puis de Washington aux USA et probablement à Dubaï dans le Golf.

En prélude aux préparatifs de l’évènement d'Abidjan, des officiels Centrafricains dont des ministres sont depuis le lundi 13 janvier 2020 dans la capitale économique ivoirienne. À sa descente d’avion, le ministre Gilbert Poumangué, chef de la délégation, qui avait à ses côtés, son collègue Rameaux Claude Bireau, ministre Conseiller économique, et Lydie Flaure Magba, ambassadrice de la République centrafricaine en Côte d’Ivoire, a justifié le choix d'Abidjan comme première étape du FAD en trois raisons.

D’abord, s’inspirer du modèle de relance de l’économie ivoirienne. La Côte d’Ivoire ayant également connu une décennie de crise militaro-politique. «Nous sommes venus nous inspirer de ce modèle-là », a-t-il notifié. La Centrafrique veut s’inspirer du modèle de développement économique (basé sur l’agriculture) dont a su faire montre la Côte d’Ivoire depuis son accession à l’indépendance, mais aussi bénéficier de la qualité des moyens de communication dont dispose la Côte d’Ivoire.

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:35
Deux chefs de milice et leurs hommes jugés à Bangui

Lu pour vous

 

Centrafrique: Deux chefs de milice et leurs hommes jugés à Bangui pour le meurtre de 10 casques bleus

 

© Koaci.com - mercredi 15 janvier 2020 - 14:41

 

Deux chefs de milice et 29 de leurs hommes sont jugés pour leur responsabilité dans le massacre en 2017 de nombreux civils et le meurtre de 10 casques bleus, dans le sud-est de la Centrafrique.

Crépin Wakanam et Kevin Béré-Béré, surnommés "Pino Pino" et "Béré Béré" ont comparu devant la Cour criminelle du tribunal de Bangui ainsi que 29 de leurs hommes 

Ils sont jugés pour "crimes contre l'humanité, crimes de guerre, pillages et meurtres.et pour le meurtre de "dix casques bleus", six Marocains et quatre Cambodgiens.

Pour rappel, le général Pino Pino" et le "lieutenant Béré Béré" étaient à la tête d'un groupe armé qui a notamment attaqué le 13 mai 2017 le quartier de Tokoyo et une base de l'ONU dans la localité de Bangassou

Selon l'ONU, l'attaque avait fait 72 morts, 76 blessés et 4.400 déplacés.

La Centrafrique a plongé dans la guerre civile suite au renversement du Président Bozizé en 2013 par une coalition de groupes rebelles issus de l’ex rébellion séléka.

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:29
« Ouvrir la porte du palais à Michel Djotodia, est un acte de haute trahison »Jean Serge Bokassa,

 

Centrafrique : « Ouvrir la porte du palais à Michel Djotodia, est un acte de haute trahison », dixit Jean Serge Bokassa

 

BANGUI, le 14 janvier 2020 (RJDH)---« Ouvrir la porte de la Présidence à Michel Djotodia, est un acte de haute trahison », c’est sous cet angle-là que Jean Serge Bokassa apprécie la réception de l’ancien chef de l’Etat de la Transition, Michel Djotodia, au Palais de la Renaissance par le Président Touadera, vendredi 10 janvier à Bangui. Position exprimée dans une interview accordée au RJDH ce mardi 14 janvier 2020.

RJDH : Jean Serge Bokassa, bonjour !

JSB : Bonjour

RJDH : Michel Am-Nondroko Djotodia, de revenir dans son pays, après six ans d’exil, a été reçu au Palais de la Renaissance par le Président Touadera, mais ce retour il le place uniquement sous le signe de promotion de la Paix en Centrafrique. Quelle appréciation en faites-vous ?

JSB : Ce qu’on souhaiterait en tant que fils du pays, c’est d’y voir un peu plus clair. Parce qu’aujourd’hui tout le monde peut se lever et s’auréoler d’une sorte de mission divine alors que nous savons que ceux qui viennent maintenant parler au nom de la paix, s’autoproclament comme étant une sorte d’apôtre de la paix, sont ceux-là qui ont plongé le pays dans l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui.

La crise que nous continuons de gérer aujourd’hui est partie de là. Nous nous souvenons de ce qui s’est passé le 24 mars 2013 avec l’arrivée de la Seleka telle une horde d’esprits troublés extirpés de l’enfer pour venir troubler les centrafricains. Alors qu’on ne vienne pas comme cela et comme si rien ne s’était passé pour que la personne, sans remords, se lève et dit « je viens au nom de la paix ». Oui ! Mais êtes-vous prêts à un devoir de vérité vis-à-vis du peuple, êtes-vous prêts à accepter pour qu’on vous dise tous les torts que vous avez commis à l’endroit du peuple centrafricain, êtes-vous prêts à recevoir les femmes qui ont été violées par vos hommes, les enfants qui sont devenus aujourd’hui orphelins par vos hommes, les massacres qui ont eu cours sur toute l’étendue du territoire, êtes-vous prêts à l’assumer ? La paix, oui, mais on ne peut pas la dissocier de la justice.

RJDH : Mais la paix avant la justice…

JSB : Il ne suffit pas seulement de regarder aux dividendes de la paix. Ce concept de la paix, aujourd’hui, est devenu lucratif et sur la souffrance du peuple centrafricain.

RJDH : Vous voulez plus clair dans cette démarche mais dès son retour, Michel Djotodia et le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera ont réaffirmé leur engagement à œuvrer pour le retour de la paix dans le pays, doutez-vous de la sincérité de ces hommes dans la quête de la paix en Centrafrique ?

JSB : Ecoutez, le Chef de l’Etat n’est que dans sa droite ligne depuis toujours. A partir du moment où il nous a enfermé dans des accords scélérats avec des chefs des groupes armés que je considère plutôt comme étant des criminels qui se refusent aujourd’hui de déposer les armes, les accords de Khartoum sont la logique de tout cela. Donc que voulez-vous qu’on attende de quelqu’un comme ça. Il nous a enfermés dans des accords criminels, il reçoit Djotodia, un potentiel criminel qui doit répondre de ces actes devant la justice, il est dans sa logique qui n’est pas celle de défendre le peuple Centrafricain. Sa logique, c’est celle de tromper le peuple centrafricain, trahir les centrafricains au nom des intérêts malsains, privés et particuliers qui sont les siens à savoir la défense de son régime marquée par une course à l’enrichissement illicite, et donc nous ne pouvons pas faire corps aujourd’hui à cette immoralité.

Le peuple centrafricain n’est pas amnésique à ce point-là. Les centrafricains ne sont pas prêts pas d’oublier dont il a fait l’objet, dont il a été victime et dont il continue d’être victime. Le chef de l’Etat prend plaisir à nous enfermer dans des alliances contre nature. Je ne pense pas que tout ceci contribue à la paix et dans tous les cas ce n’est pas de cette manière que nous entendons faire la paix en Centrafrique.

RJDH : Comment pouvez-vous comprendre que Michel Djotodia aussitôt arrivé a été reçu par le Chef de l’Etat alors que François Bozize est dans l’attente depuis d’une audience avec Faustin Archange Touadera ?

JSB : Mais parce que la vision de la paix du chef de l’Etat est sélective et orientée vers les uns éventuellement les chefs des groupes armés au détriment des autres. C’est une paix à géométrie variable comme la justice de notre pays aujourd’hui. Comment pouvez-vous comprendre aujourd’hui que François Bozize qui est rentré au pays, d’ailleurs je reviens sur le fait que si cet ancien chef d’Etat s’est senti obligé de rentrer au pays comme il l’a fait, mais c’est certainement ce régime en place a voulu de faire de lui un apatride. Le régime en place n’a pas accepté que François Bozize dans son pays, ce qui déroge complètement à cette disposition constitutionnelle en son article 5 alinéa 3 qui stipule très clairement que nul ne peut être contraint à l’exil.

Au nom de la paix, Monsieur Faustin Archange Touadera se devait, même si cela ne le faisait pas plaisir, il se devait de recevoir le président Bozize qu’importe les petites considérations qu’on peut avoir les uns vis-à-vis des autres. Le fait d’ouvrir la porte de la présidence à Michel Djotodia, est un acte de haute trahison. Si la justice a de choses à reprocher à Bozize mais que cela soit fait dans la règle et, faut-il le rappeler, aussi il bénéficie de la présomption d’innocence.

RJDH : La ville d’Alindao est depuis jeudi dernier théâtre des violences armées opposant les FACA et l’UPC, pourtant signataire de l’accord de paix qui totalisera bientôt un an. La sincérité des groupes armés est encore à démontrer ?

JSB : Mais l’accord n’existe que dans l’esprit de ceux qui veulent y croire. Cet accord est un acte de trahison du chef de l’Etat à l’endroit du peuple centrafricain. Je ne comprends pas et je ne m’explique pas que l’on puisse inviter un Ali Darassa autour de cette table-là. Il n’a pas sa place à ce niveau-là. Donc ce sont des préalables comme autres préalables. Il aurait été important et pertinent d’imposer que des actes de bonne foi soient posés par les groupes armés. Aujourd’hui nous sommes à notre neuvième ou dixième accord avec ces groupes armés, ils n’ont jamais désarmé, ils ne sont jamais démobilisés et la preuve c’est le théâtre de cette scène tragique qui se déroule à Alindao. Comment pouvez-vous expliquer cela ? Comment expliquez-vous qu’après une année de la signature de cet accord inique le peuple continue encore à subir ce qu’il subit. Nous gardons en mémoire de nombreux évènements qui ont suivi la signature de cet accord. Tous les principaux acteurs de la signature de cet accord ne l’ont pas respecté.

Le Mouvement Kodro Ti Mo Kozo Si que je conduis à porter haut sa contribution concernant son avis sur cet accord. Nous l’avons dénoncé depuis le début. Nous ne sommes pas partie prenante de ce dispositif mensonger qui n’a pour but que de spolier le peuple Centrafricain. C’est un acte de trahison et de parjure du chef de l’Etat Faustin Archange Touadera.

RJDH : Jean Serge Bokassa, merci beaucoup.

JSB : C’est moi qui remercie le RJDH.

Propos recueillis par Vianney Ingasso

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:26
Anicet-Georges Dologuélé demande une véritable « alternance politique »

 

Lu pour vous

 

Centrafrique, Anicet-Georges Dologuélé demande une véritable « alternance politique »

 

https://mondafrique.com/ By Nicolas Beau 12 janvier 2020

 

Le mercredi 8 Janvier 2020, la rédaction de Mondafrique a rencontré Anicet-Georges Dologuélé (AGD), le Président du parti  l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA).

Le parcours d’Anicet Georges Dologuélé, 62 ans, chef de file de l’opposition centrafricaine, l’a mené aux Services Centraux de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) à Yaoundé (Cameroun), où il a été successivement Inspecteur Chef de Mission (1983-1991), Délégué du Gouverneur en France (1991- 1994), Directeur des Relations Financières Extérieures (1994-1995) et Directeur de l’Organisation et de l’Informatique (1995-1997). Il a assumé les fonctions de Premier Ministre de la République Centrafricaine, de 1999 à 2001, après avoir été Ministre des Finances et du Budget de 1997 à 1999.

Il a enfin été Président de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), dont le siège est à Brazzaville (Congo) de 2001 à 2010.

 

Mondafrique : Au début de cette nouvelle année 2020, quels sont les vœux que vous souhaitez adresser au peuple centrafricain ?

AGD : Je souhaite à la République Centrafricaine ainsi qu’à tous mes compatriotes une année 2020 sans violence. Je souhaite aussi l’émergence par voie des urnes d’une alternance politique sérieuse qui permettra enfin de donner des perspectives de bien-être, de justice et de développement à la population de mon pays qui n’en peut plus de subir au quotidien la mauvaise gouvernance et la corruption généralisée.

Mondafrique : Le retour de l’ancien Président Bozizé semble faire bouger les lignes du paysage politique centrafricain et inquiéter le gouvernement en place, confirmez-vous cette observation ?

AGD : Il faut tout d’abord noter que François Bozizé est rentré au pays sans aucun contrôle ni anticipation du gouvernement qui avait pourtant tout fait pour empêcher ce retour… Cela en dit long sur l’efficacité des services de renseignement mis en place par l’exécutif depuis qu’il est aux affaires… Pourtant, les résolutions du Conseil de sécurité ne faisaient pas obstacle au retour de Bozizé en Centrafrique. Je regrette l’attitude du gouvernement qui non seulement subit honteusement cet événement, mais en plus jette de l’huile sur le feu par des déclarations incendiaires et contre-productives dans cette affaire….

Ma conviction est qu’il faut instituer un statut spécial pour les anciens chefs d’Etat de façon à contenir les frustrations que pourraient connaître leurs partisans lorsqu’une alternance se produit. François Bozizé en sa qualité d’ancien chef d’Etat doit être traité avec respect. Il a le droit de vivre dans son pays dans des conditions dignes de son rang et de se défendre devant la justice pour les actes pour lesquels il est mis en cause. La réaction de Touadéra et son entourage est symptomatique d’un manque de confiance, là où il est pourtant important de faire preuve de sérénité pour ne pas fragiliser davantage la cohésion nationale et ne pas dégrader davantage le climat politique ambiant. L’accueil réservé à Bozizé par les militants de son parti le KNK (dont Touadéra était jadis le 2ème Vice-Président) dépouillera assurément le MCU, parti présidentiel qui a déjà du mal à exister, d’un grand nombre de ses militants qui préfèreront l’original à la copie. C’est certainement pour cela que les meetings du KNK sont gérés avec autant de nervosité et de maladresse par ce gouvernement.

Mondafrique : Comment évaluez-vous l’application de l’Accord de Khartoum depuis sa signature en février 2019 sur le terrain ? Cet accord a-t-il mis fin aux violations des droits humains ou aux trafics ?

AGD : Cet accord qui a été signé sans consultation aucune ni des partis politiques ni des organisations de la société civile aura bientôt un an. Il comporte en théorie des étapes très précises, qui auraient dû permettre à ce stade de grandes avancées. Mais dans la réalité, l’Accord de Khartoum fait du surplace. Les trafics continuent comme avant et les violations des droits humains n’ont connu aucune amélioration significative parce que les chefs de guerre se sentent peu concernés par ce document qu’ils ont pourtant signé. Il y est fait appel à leur seule bonne foi et aucune des sanctions prévues en cas de violation n’a jamais été appliquée.

Mais comme c’est l’unique instrument qui existe, tous les partenaires de mon pays s’y accrochent. Mon avis est qu’une véritable évaluation doit être initiée, qui aboutirait à la révision en profondeur de cet accord dans le but de le rendre plus concret avec des résultats plus palpables sur le terrain. 

Mondafrique : Comment analysez-vous le déploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) dans l’intérieur du pays ?

AGD : La reconstruction de l’armée nationale est souhaitée par tous les centrafricains. Mais pour le moment, il y a un contraste notable entre le sentiment d’abandon que ressentent nos populations en Province et les effets d’annonce triomphalistes du gouvernement quant à la projection des FACA sur le théâtre des opérations. Notre pays avait reçu des financements importants dans le cadre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCA), aussi je m’étonne qu’aucune caserne n’ait été construite pour concrétiser la politique de l’armée de garnison chantée par le Chef d’Etat dans tous ses discours…

La Loi de Programmation militaire par ailleurs n’est pas respectée. La récente lettre publiée par le Groupe d’experts du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la RCA souligne le retard pris par ce gouvernement dans le respect du plan quinquennal de recrutement (2018-2022) destiné à refonder notre armée nationale. De nombreux départs à la retraite ont été réalisés de manière anarchique, départs qui n’ont pas été compensés comme cela était prévu par de nouveaux recrutements.

Cette lettre souligne en revanche que le Président Touadéra n’a pas chômé en 2019 pour enrôler en dehors de tout cadre légal plusieurs centaines de gardes présidentiels, principalement issus de son groupe ethnique…

Mondafrique : La Cour Pénale Internationale (CPI) a récemment confirmé le procès qui sera réservé aux leaders anti balaka Ngaïssona et Yekatom. Cela contraste avec le traitement réservé aux ex-Seleka qui semblent bénéficier d’une certaine mansuétude de la part ce gouvernement, est-ce aussi votre constat ?

AGD : Les problèmes de sécurité de la RCA ont été créés par les ex-Seleka et les anti-balaka et des crimes ont été commis dans les deux camps. Il serait donc plus juste et équilibré que des chefs de guerre des deux camps soient jugés à la CPI. Sinon, cela consacre cette perception du « deux poids deux mesures » largement répandue dans l’opinion publique centrafricaine.

S’agissant des structures du gouvernement, les groupes armés y envoient le plus souvent des personnalités qui n’ont aucune influence, voire aucune utilité sur le terrain. Leur présence n’a donc jamais réellement influencé positivement la situation sécuritaire dans le pays. J’ajoute que leur nomination est une violation de la Constitution de la RCA.

Mondafrique : Comment analyser l’instabilité qui sévit récemment dans la préfecture du Haut-Mbomou où le groupe armée UPC semble renforcer ses positions ?

AGD : Ce fait résume à lui seul les faiblesses de l’Accord de Khartoum. Quel sort doit-on réserver à un mercenaire, dont le pays se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de la RCA, qui n’est là que pour faire du business et dont les intérêts sont contraires à ceux des centrafricains ? Quel avantage objectif tirerait Ali Darassa, leader de l’UPC, à ce que la paix revienne dans les régions qu’il contrôle, ce qui l’obligerait à mettre fin à ses nombreux trafics ? Alors, il poursuit son bonhomme de chemin, occupe de nouveaux espaces, y renforce ses positions…

Tant que ses positions ne seront pas attaquées et détruites militairement, il continuera de faire ce qu’il sait le mieux faire et qui lui rapporte tellement d’argent ! Il pousse le mépris vis à vis des Autorités centrafricaines jusqu’à nommer le préfet du Haut Mbomou, ainsi que le sous-préfet et le maire de Bambouti sans que cela n’entraîne aucune réaction !

Mondafrique : Des combats ont lieu depuis plusieurs mois dans la préfecture de la Vakaga, comment les interprétez-vous ?

AGD : Je le regrette, parce que ces combats sont fratricides, parce qu’il y a beaucoup de morts et de destructions de toutes natures, parce que des haines ethniques sont ravivées. On signale la présence de combattants djandjawids qui auraient été recrutés à partir de Bangui. Si ces faits été vérifiés, cela serait d’une extrême gravité ! Je ne peux que condamner cette politique de « diviser pour mieux régner » et j’appelle les protagonistes à l’apaisement afin que les pauvres populations de ces localités ne soient pas trop affectées. Je constate là encore la duplicité de l’exécutif qui d’un côté prône « le désarmement des cœurs » et de l’autre attise la haine entre les communautés…

Mondafrique : Plusieurs dizaine de morts ont aussi eu lieu pendant les fêtes dans des affrontements au PK5 de Bangui…

AGD : Manifestement, les commerçants du KM5 ne supportent plus le racket des groupes d’autodéfense qui, sous le prétexte de protéger leurs commerces, les soumettent au quotidien à des « taxes » de plus en plus élevées, avec une organisation digne de la mafia. Ces morts inutiles que je déplore nous rappellent que le Gouvernement et la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) ont laissé se développer au centre de Bangui une zone de non droit dans laquelle certains individus surarmés continuent de faire la loi. Comment espérer appliquer des accords de paix à des centaines de kilomètres de Bangui, alors qu’une poudrière prospère à quelques mètres du Siège de la MINUSCA et du Palais présidentiel ?

Mondafrique : Comment analyser-vous l’action de la MINUSCA en RCA ?

AGD : Le mandat de la MINUSCA vient d’être renouvelé, avec de nouvelles responsabilités dans l’accompagnement et la sécurisation du processus électoral. Comme je l’ai toujours réclamé, les actions de la MINUSCA vis-à-vis des groupes armés devraient être conformes à leur mission première, qui est la protection des populations civiles. Chaque fois que les casques bleus se sont fait respecter militairement, cela a eu un effet positif sur la quiétude et la sécurité des populations. Ils devraient le faire plus souvent !

Mondafrique : Comment appréciez-vous l’action de la Russie dans votre pays ? Cette action est-elle nécessairement incompatible avec le soutien apporté par la France ?

AGD : Depuis Décembre 2017, des livraisons d’armes et de munitions au profit de nos forces de défense et de sécurité dans le cadre du Conseil de Sécurité se sont accompagnées de l’envoi d’instructeurs russes sur le terrain. L’action de ces instructeurs russes qui s’est ainsi ajoutée à celle prodiguée par la mission de formation de l’Union Européenne (EUTM). Cela s’est aussi matérialisé par la construction à Berengo d’un camp militaire pourvu d’une piste d’atterrissage servant  de base logistique pour ces éléments russes dont certains sont venus renforcer la sécurité du Président de la République.

Je ne pense pas que l’action de la Fédération de Russie soit incompatible avec celle de la France ou celle menée par d’autres partenaires dans notre pays. Nous avons un long partenariat avec la France qui intervient tant au plan bilatéral que multilatéral, notamment à travers l’union Européenne et les Institutions de Bretton Woods. Nous espérons que la Russie développera des mécanismes de coopération qui contribueront à sortir la RCA de l’extrême pauvreté. Je pense qu’il est important d’adopter une diplomatie intelligente pour maintenir de bonnes relations avec les grandes puissances qui œuvrent en RCA cela afin d’éviter que notre pays se transforme en un théâtre d’affrontement larvé entre certaines de ces puissances.

Mondafrique : Les autorités légitimes réussiront-elles à tenir le calendrier électoral dans le délai prévu par la constitution ?

AGD : Je ne pense plus que cela soit possible. Et ce n’est pas en le répétant dans tous les discours, quelquefois avec beaucoup de mépris pour la communauté nationale, que le Gouvernement fera respecter les délais. Je note de la part du pouvoir une réelle volonté de passer par des raccourcis dangereux, notamment sur la question de l’Autorité nationale des élections (ANE).

Je note également que la Communauté Internationale, qui finance les élections, donne l’impression de se laisser séduire par les discours rassurants du Gouvernement, alors que le retard déjà constaté devrait être un grand sujet d’inquiétude.

Mondafrique : La Présidente de la Cour Constitutionnelle a récemment confirmé la mise en place du comité stratégique d’appui au processus électoral mis en place par décret du Premier Ministre, quel est l’enjeu de cette décision ?

AGD : Nous rentrons dans une période pré-électorale très sensible pour notre pays. Le Premier Ministre a récemment signé un arrêté créant un Comité Stratégique chargé d’assurer le suivi régulier du processus électoral. Ce qui nous interpelle est que ce comité, Présidé par le Premier Ministre, est pour partie composé de membres du gouvernement, certains pourront même être candidats aux prochaines élections… En plus de sa neutralité, la légalité de ce comité qui exclut les partis politiques et les organisations de la société civile pose clairement question. En effet, ni la Constitution, ni le code électoral ni la loi organique de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) n’avaient prévu la mise en place de ce comité… Il a été surprenant de constater que la Présidente de la Cour Constitutionnelle intervienne pour apprécier cet arrêté du Premier Ministre… Cela est d’autant plus surprenant que le Premier Ministre semblait, du reste, connaître d’avance la décision de la Cour (cela a clairement transparu lors d’une interpellation de son Gouvernement par l’Assemblée Nationale). Ce n’est pas la première fois que la Cour Constitutionnelle se distingue par des prises de positions polémiques … Tout cela n’est pas rassurant pour la suite des évènements…

Mondafrique : Comment l’opposition s’organise-telle en prévision de ces futures élections ?

AGD : Aujourd’hui, plus de 90% des leaders politiques du pays sont dans l’opposition. Notre parti l’URCA n’y est plus esseulé comme il y a trois ans. C’est dire la grande déception de toute la classe politique face à la gestion catastrophique de l’Etat par le régime de Touadéra. Son parti, le MCU, affiche ostensiblement sa volonté de truquer les futures élections, conscient de la grande impopularité de son candidat. Nous ne laisserons pas faire et les leaders de l’Opposition ont décidé de se regrouper pour former une plateforme politique, patriotique et responsable.

Notre conviction est que c’est dans le rassemblement et les échanges citoyens que nous parviendrons à impacter positivement l’organisation des prochaines élections générales et à imposer une alternance politique par les urnes. C’est ensemble que nous pourrons veiller à ce que les prochaines élections soient justes et équitables. Si les conditions ne sont pas réunies, il n’y aura pas d’élections

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 00:25
RCA : L’église catholique met en place un comité de lutte contre les abus sexuels sur mineurs

 

Centrafrique : L’église catholique met en place un comité de lutte contre les abus sexuels sur mineurs

 

BANGUI, le 14 janvier 2020 (RJDH)--- Face aux multiples cas d’abus sexuel dont, sont victimes les mineurs qu’auraient commis certains responsables ecclésiastiques, l’Eglise Catholique est à pied d’œuvre pour l’élaboration d’un document pouvant sanctionner toutes personnes impliquer dans ces scandales. C’est ce qu’a fait savoir Père Blaise Narcisse Kougomatchi, Secrétaire de la commission des mineurs en Centrafrique.

Ces décisions, selon le père Blaise Narcisse Kougomatchi, font suite aux soupçons de viol qui ont éclaboussé l’ONG Caritas l’an dernier. La mission de cette commission est de prévenir et de sensibiliser les responsables ecclésiastiques sur la question des abus sexuels.

« Les abus sexuels sur les mineurs ne laissent jamais indifférents une personne, et surtout quand ces abus sont causés par un responsable du clergé, c’est pour cela que les responsables de l’église catholique ont pris conscience de la gravité de cette question et se sont donnés de travailler sur la question des abus sexuels sur mineurs à partir des annotations que l’église a déjà données sur cela depuis 2001 et de réaffirmer avec force, que la mission aujourd’hui est une mission de  prévention, de sensibilisation mais aussi surtout la promotion de la protection des mineurs et des personnes vulnérable », explique père Blaise Narcisse Kougomatchi. 

Il souligne que la situation des mineurs reste préoccupante dans le pays et encouragée par cette crise, à en croire Père Blaise Narcisse Kougomatchi, ce qui les rend vulnérables et faciles de tomber dans le piège d’abus sexuels s’ils se retrouvent en présence d’un prédateur qui y voit une occasion pour exploiter cela. « Notre pays a traversé en ce moment une grande crise. Beaucoup de nos enfants sont devenus vulnérables et il y en a qui sont abandonnés voire qui ont perdu leurs parents et qui sont abandonnés dans les sites des déplacés sans abris. Depuis le début de cette crise et donc dans cette situation-là, le sort des enfants reste préoccupant et nous attirons l’attention de l’exécutif de venir à l’aide à ces enfants qui ont perdu leurs parents et qui sont à la merci de la nature. Du côté de l’église nous allons tout faire pour sanctionner tous ceux qui se lancent dans ces pratiques d’abus sexuel sur mineurs », précise père blaise Narcisse Kougomatchi 

La mise en place de cette commission fait suite aux scandales d’abus sexuels qu’auraient commis un prêtre belge en Centrafrique alors qu’il était Secrétaire national de Caritas Centrafrique au mois de novembre 2019, une situation qui a obligé plusieurs partenaires de l’ONG Caritas à suspendre leur financement.

Paméla Dounian-Doté

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