Centrafrique : Une coordination entre l’EUTM-RCA et les instructeurs russes pour plus d’ « efficacité », souhaite le Général de brigade Éric Peltier
BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)---La mission de formation de l'Union Européenne en République Centrafricaine (EUTM-RCA) accompagne le pays dans sa Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS), dont l’un des piliers est la formation du personnel des Forces de Défense ainsi que des instructeurs russes pour l’aguerrissement des soldats. Dans une vidéo conférence le mois dernier, le commandant d’EUTM-RCA, le Général de brigade Eric Peltier a souhaité une coordination des formations pour plus d’« efficacité ».
Lors de sa vidéo conférence, le Général de brigade Eric Peltier a déclaré que « l’EUTM-RCA a déjà formé 6.000 soldats répartis dans 5 bataillons, dont 4 d’infanterie et 1 amphibie fluvial. Parmi eux, 1.500 soldats sont déjà déployés à l’extérieur de Bangui et appuyés par la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), a rapporté la croixdeguerre-valeurmilitaire.fr.
Par ailleurs, « l’EUTM-RCA entretient également des relations avec l’Union africaine, la France, les Etats-Unis, la Chine et la Russie », a-t-il ajouté. « Elle –la Russie- propose un aguerrissement complémentaire aux soldats centrafricains, avant leur déploiement dans les bataillons. L’arrivée prochaine en Centrafrique d’une mission militaire russe, officielle, permettra à l’EUTM-RCA de coordonner les formations, pour éviter toute redondance et rechercher l’efficacité », a fait remarquer le Général français.
Sur l’effectif des instructeurs en Centrafrique, le ministère russe des affaires étrangères a précisé que « le nombre des conseillers militaires russes présent en RCA : 235 », a twitté Valery Zakharov, Conseiller russe en sécurité à la Présidence centrafricaine.
L’EUTM-RCA a pris ses quartiers en Centrafrique depuis 2016 et assure la formation opérationnelle des Forces Armées Centrafricaines depuis le niveau individuel jusqu’à la compagnie. Elle forme aussi des formateurs en informatique, transmission ou topographie. Son mandat prendra fin en septembre 2020, et elle compte augmenter son effectif « afin de rendre plus opérationnelle la nouvelle base de Bouar » ouverte le 20 juin 2019.
Depuis l’avènement de la Séléka en 2013, l’embargo onusien sur les armes à destination de la RCA n’a pas été levé totalement. Il prive les Forces Armées Centrafricaines de ses moyens d’action pour remplir sa mission classique.
Fleury Agou
Centrafrique : L’Union Européenne élargit son soutien au secteur de sécurité en Centrafrique
BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)--- European Union Advisory Mission (EUAM) est la nouvelle mission de conseil stratégique et d’appui à la transformation des Forces de Sécurité Intérieures (FSI), un nouvel appui de l’Union Européenne à la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) en Centrafrique. Cette nouvelle mission a été présentée aux autorités centrafricaines le mercredi 12 février dernier lors du dialogue politique UE-RCA à Bangui.
Le Chef de la mission civile de l’Union Européenne, EUAM RCA, est le Colonel Paulo Soares. Pour l’UE, la gouvernance du secteur de sécurité est le fer de lance du partenariat entre la RCA et l'UE, encourageant la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire.
Cette nouvelle mission a été présentée aux autorités centrafricaines lors du dialogue politique entre l’UE et la Centrafrique consacré aux convergences des actions politiques et stratégiques entre les deux parties.
« Le dialogue a aussi donné l'occasion de présenter la nouvelle mission civile européenne de conseil stratégique et d’appui à la transformation des Forces de Sécurité Intérieures (FSI) - EUAM (European Union Advisory Mission) qui sera déployée à partir du mois de mars. L'appui européen à la reforme et au déploiement des forces de défense et sécurité se poursuivra également à travers des projets d'appui à la mise en œuvre du Plan National de la Défense et un programme d'aide budgétaire sectorielle visant le déploiement des FSI sur le terrain et la réorganisation des services de gestion financière et des ressources humaines du Ministère de la Sécurité Publique », peut-on lire dans le communiqué conjoint UE-RCA à la fin de ce dialogue.
Faut-il le rappeler, l’UE est depuis 2016 en Centrafrique, apportant des techniques et savoir-faire au profit des Forces Armées Centrafricaines au travers de sa mission militaire de conseil stratégique et de formation, EUTM.
« Les actions menées au profit des FACA se poursuivront pour accompagner la Centrafrique dans la construction d'une armée professionnelle, inclusive, républicaine, moderne et capable, sous contrôle démocratique, répondant aux standards internationaux ».
Vianney Ingasso
Centrafrique: Le parquet général fait le bilan des sessions criminelles
BANGUI, le 16 Février 2020 (RJDH) --- Le bilan de la session criminelle 2019-2020 se résume à 20 condamnations pour une quarantaine de personnes condamnées. Le Procureur Général, Éric Didier Tambo, qualifie cette session de dissuasive car, selon lui, nul n’est au-dessus de la loi. Bilan présenté à la presse ce samedi 15 février.
Le parquet général près la Cour d’Appel de Bangui se réjouit du déroulement des deux sessions criminelles de 2019-2020 qui, selon Éric Didier Tambo, est un signe de la volonté des autorités judiciaires centrafricaines à mettre terme à l’impunité dans le pays.
La première session criminelle est lancée en octobre 2019 au cours de laquelle 15 dossiers ont été jugés, la seconde en a jugé 5. La première session est marquée par les audiences des crimes contre les ressortissants chinois à Sosso-Nakombo dans la Mambere-Kadéï et la seconde par celles des crimes de Bangassou, a fait savoir le magistrat Éric Didier Tambo.
« Le dossier dont le verdict vient de tomber devrait faire l’objet d’une session extraordinaire. En dépit de cela, nous avions eu des dossiers sur les infractions basées sur le genre, notamment les crimes de viol, l’atteinte à la promotion des jeunes filles. Nous avons aligné le dernier dossier des Casques Bleus assassinés à Yongofongo à Bangassou », a précisé le ministère public représenté par Eric Didier Tambo.
Le bilan des deux sessions nous donne un total de 20 dossiers jugés pour plus d’une quarantaine de personnes condamnées, « ce ne sont pas les nombres de dossier qui importent, plutôt la qualité de ces dossiers. Le dossier que nous venons de jugé, il y a au moins 30 accusés avec 8 avocats pour la défense, 6 avocats pour la partie civile et le ministère public, c’est très important pour la session de cette année. Les dossiers jugés sont qualifiés de dissuasive », a souligné le Procureur général.
Les peines varient de perpétuité à 5 ans au regard des faits qui ont été reprochés aux présumés coupables. Des crimes de droit commun et des violations graves des droits de l’homme ont été jugés lors des deux sessions criminelles par la Cour d’Appel de Bangui.
Un autre fait à relever est celui de la spécificité de la seconde marquée par les cas des violences basées sur le genre (VBG), car au moins une dizaine de dossiers sont transférés par l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression (UMIRR) dont les auteurs ont été condamnés entre autres viols sur mineurs, tortures et mauvais traitements ayant entrainé la mort d’une mineure.
Selon l’article 20 du code de procédure pénale de la RCA, il est prévu deux sessions criminelles par an. La Cour d’Appel de Bangui est à sa 6ème session depuis 2017. La session criminelle de 2019 a jugé 20 dossiers et a renvoyé 20 dossiers de Bangassou pour une prochaine session criminelle au rang desquels se trouvent 5 mineurs qui seront jugés par le Tribunal pour enfants.
Auguste Bati-Kalamet
Centrafrique : "La situation des droits de l’homme en RCA reste inquiétante", selon Yao Agbetse
BANGUI, le 15 février 2020 (RJDH)---En mission en Centrafrique du 3 au 12 février, Marc Yao Agbétsè, l’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique, a relevé que la situation des droits de l’homme s’est améliorée mais reste encore insatisfaisante face aux journalistes ce mercredi.
En visite en Centrafrique du 03 au 12 février, l’expert indépendant sur la situation de Droit de l’homme en RCA, Yao Agbetse, déplore la surpopulation à la maison carcérale de Ngaragba, ce qu’il qualifie de violation des droits de l’homme.
« La première chose qu’on remarque lorsqu’on arrive à Ngaragba, c’est la surpopulation carcérale. Et cela est une situation qui porte les germes de violations des droits de l’homme au niveau de l’administration pénitentiaire », dit-il, tout en relavant qu’il y a beaucoup d’éléments qui encouragent cette situation, « il y a beaucoup d’éléments qui concourent à la surpopulation carcérale, il y a d’abord la détention préventive ou la détention provisoire, lorsque les enquêtes préliminaires ne sont pas faites dans le délai, lorsque les investigations que les officiers des polices judiciaires (OPJ) doivent mener ne sont pas menées dans les délais, les juges ne peuvent pas se prononcer sur les cas et donc cela entraine de la surpopulation carcérale », fait-il remarquer.
Cette surpopulation se justifie aussi par le manque d’infrastructures carcérales dans les provinces, a indiqué l’expert indépendant des Nations-Unies sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique. « L’autre élément, c’est qu’étant entendu que les infrastructures pénitentiaires de l’arrière- pays ne sont plus fonctionnelles, la plupart des détenus des provinces sont à Bangui, c’est donc un élément qu’il faut considérer. L’une des recommandations c’est de faire en sorte que dans l’arrière-pays, les infrastructures pénitentiaires puissent être réhabilitées et que les prisons à Bangui puissent être soulagées puis cette question de surpopulation carcérale puisse être résorbée », recommande Yao Agbetse.
Cette visite s’effectue conformément à la mise en œuvre de la résolution 39/19 du conseil des droits de l’homme des Nations-Unies.
Jocelyne Nadège Kokada
Centrafrique : Le spectre de pénurie d’eau plane sur Bangui
BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)--- La pénurie d’eau reprend à Bangui, c’est un problème qui revient chaque saison sèche. Une situation qui freine aussi les activités quotidiennes du ménage et joue négativement sur les études surtout pour les élèves qui passent des heures au point d’eau.
L’on se souvient encore de l’an passé où les Centrafricains font face à une pénurie d’eau sans précédent à cause notamment des problèmes techniques que traverse la société nationale d'approvisionnement en eau. Cette pénurie d'eau, qui dure, avait énervé les habitants, dont certains ont lancé une campagne de contestation sur les réseaux sociaux appelée "bidons jaunes".
Face à cette situation, le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada avait convoqué à l’époque une réunion de crise avec les responsables de la Sodeca et le ministre en charge de l’Energie et de ressources hydrauliques, Herbert Gotran Djono Ahaba, afin d'identifier ensembles des solutions rapides à ces pénuries.
Au sortir de cette rencontre d’urgence, le gouvernement avait promis réaliser 1 000 milles forages dans le pays dont une centaine dans la ville de Bangui, pour alléger les difficultés d’accès à l’eau potable de la population.
Selon une enquête RJDH sur la réalisation de ces forages, une cinquantaine sont déjà construits dont une partie est réalisée par le Gouvernement et l’autre par les partenaires dans les arrondissements les plus affectés par cette pénurie.
Mais sur les 58 forages, le Gouvernement par le biais de l’Agence Nationale d’Eau (ANEA) devrait initialement en principe réaliser 20 dans cette première tranche, malheureusement ce qui n’est pas le cas sur le terrain. Le constat révèle que dans les quartiers ciblés tels que Bangui-M’poko, Vara, Gobongo 3 derrière le marché, l’Eglise Bèdé, Galabadjia vers l’espace Lingatere, Cité Ngombé dans les environs du marché combattant, Gobongo vers la station, ces forages ne sont pas encore faits et d’autres inachevés.
Une situation qui n’encourage pas du tout l’accès à l’eau potable dans la capitale et pourtant les autorités centrafricaines avaient annoncé l’an dernier le versement de 120 millions FCFA à la direction générale et l’équipe technique de l’ANEA pour la construction de ces 20 forages. Dans les faits, selon le tableau de réalisation de la direction générale de l’hydraulique, seulement 12 forages sur 20 ont pu être construits.
Si du côté du gouvernement, les travaux avancent péniblement, 38 forages ont pu être finalisés dans le cadre de ce projet par des partenaires diversifiés notamment L’UNICEF qui a construit 10 forages, 20 pour PARCB et 8 faits par PESPA, ce qui fait au total 38 plus les 12 réalisés dans le 4e, 5e, 8e, Bimbo et Begoua par l’ANEA.
Les travaux de construction de 50 autres forages pour atteindre le nombre exact des 100 forages dans la ville, seront lancés dans la semaine, selon l’Agence Nationale d’Eau en Centrafrique.
Ketsia Kolissio