LA HAYE AFP / 22 août 2011 02h40 - Seif al-Islam, un des fils du colonel
Mouammar Kadhafi qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité commis en Libye,
a été arrêté, a annoncé lundi le procureur de la Cour Luis
Moreno-Ocampo.
J'ai reçu des informations confidentielles selon lesquelles il a été arrêté, a déclaré à l'AFP M. Moreno-Ocampo.
Nous espérons qu'il pourra être très bientôt à La Haye pour y être jugé, a ajouté le procureur de la CPI, indiquant qu'il avait prévu de contacter le gouvernement de transition libyen plus tard
dans la journée pour discuter des modalités pratiques de son transfèrement aux Pays-Bas.
M. Moreno-Ocampo a encore souligné que la Cour était prête à aider les Libyens à gérer leur passé difficile et à soutenir le gouvernement de
transition libyen pour qu'aucun crime ne reste impuni.
Seif al-Islam est le deuxième fils du colonel Kadhafi et porte-parole officieux du
régime. Il était souvent présenté comme le futur successeur de son père.
Considéré par le procureur de la CPI comme le Premier ministre libyen de facto, il est accusé d'avoir joué un rôle clé
dans la mise en oeuvre d'un plan conçu par son père visant à réprimer par tous les moyens le soulèvement populaire de février, dont l'utilisation de violence extrême et meurtrière. Il aurait
notamment organisé le recrutement de mercenaires.
Le président du Conseil national de transition (CNT) libyen Moustapha
Abdeljalil avait affirmé dimanche disposer d'informations sûres que Seif al-Islam avait été arrêté.
Il est dans un lieu sûr sous garde renforcée en attendant qu'il soit déféré à la justice, avait-il indiqué dans une
interview à Benghazi, bastion des rebelles dans l'Est de la Libye, à la chaîne de télévision du Qatar Al-Jazira.
La CPI avait émis le 27 juin des mandats d'arrêt contre Mouammar
Kadhafi, son fils Seif Al-Islam, 39 ans, et son beau-frère et bras droit, le chef des services du renseignement libyens,
Abdallah Al-Senoussi, 62 ans.
Les trois hommes sont soupçonnés de crimes contre l'humanité commis en Libye depuis le 15 février, date à laquelle avait
éclaté la rébellion qui s'était ensuite transformée en conflit armé.
Le bureau du procureur de la CPI détient des documents montrant que les trois ont tenu des réunions pour planifier et diriger les opérations en vue de mater la révolte dans le sang, selon M.
Moreno-Ocampo.
Le procureur estime qu'ils sont pénalement responsables des meurtres, arrestations, détentions, disparitions et mauvais
traitements contre des manifestants non armés et des dissidents présumés commis par les forces de sécurité libyennes.
La CPI est le premier tribunal international permanent chargé de poursuivre les auteurs présumés de génocide, crimes
contre l'humanité et crimes de guerre.
La Cour a compétence en Libye en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU votée le 26
février.
(©)
Libye: les rebelles sur la place Verte, au centre de Tripoli
NICOSIE AFP / 22 août 2011 02h02 - Les rebelles libyens ont atteint la place Verte, lieu de réunion traditionnel des partisans
du régime de Kadhafi, situé au centre de Tripoli, selon des images diffusées dans la nuit de dimanche à lundi par la télévision Sky
News.
Une foule d'hommes en liesse agitait des drapeaux rouge, noir et vert, aux couleurs de la rébellion, en dansant et scandant
Allah Akbar (Dieu est grand) tout en tirant en l'air.
La télévision britannique montrait également des images d'hommes faisant le V de la victoire, enflammant des portraits du
colonel Mouammar Kadhafi et le drapeau vert, symbole de son régime.
La place Verte a été un lieu de protestation au début de la révolte contre le gouvernement libyen en février et a, par la suite,
rassemblé de nombreuses manifestations pro-Kadhafi.
Le dirigeant libyen est lui-même plusieurs fois apparu en ce lieu depuis février pour s'adresser à des milliers de
partisans.
Cette place symbolique, construite sous l'occupation italienne, avait été baptisée place de l'Indépendance pendant la monarchie.
Lors de l'arrivée au pouvoir de Kadhafi en 1969 il en a fait un des symboles de son régime et elle a été renommée place Verte.
(©)
Obama: le régime libyen approche de sa fin et le tyran doit
partir
Vineyard Haven (Etats-Unis) - Le régime du colonel Mouammar Kadhafi a atteint le point de non-retour et le tyran libyen
doit partir pour éviter un bain de sang, a affirmé dimanche le président américain Barack Obama.
Dans un communiqué M. Obama a également appelé les rebelles
libyens, qui sont entrés dans Tripoli dimanche, à respecter les droits de l'Homme, préserver les institutions de l'Etat et marcher ves la démocratie.
(©AFP / 22 août 2011 04h34)
Les rebelles au coeur de Tripoli
Les rebelles libyens sont entrés dimanche dans Tripoli. Ils ont atteint dans la nuit le coeur de la capitale, où se sont
déroulés d'intenses combats. L'Otan a annoncé la fin proche du régime de Mouammar Kadhafi qui se dit pourtant déterminé à
résister.
Dans la nuit, les rebelles qui ont lancé une offensive samedi soir, ont atteint la place Verte. Cette place symbolique
était réservée depuis février, début de l'insurrection, aux partisans du régime.
La télévision britannique Sky News a diffusé des images montrant une foule d'hommes en liesse, agitant des drapeaux
rouge, noir et vert, aux couleurs de la rébellion, dansant, et scandant "Allah Akbar" ("Dieu est grand") tout en tirant en l'air.
Les rebelles qui semblent n'avoir pas rencontré une forte résistance, se sont approchés du centre de la capitale après
avoir pris le contrôle de plusieurs quartiers dont Tajoura, un quartier de la banlieue est de Tripoli, selon les témoins.
"Le régime de Kadhafi s'effondre
clairement", a affirmé le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen dans la nuit de dimanche à lundi. L'Otan a pris
le commandement fin mars d'une coalition internationale intervenue sur mandat de l'ONU pour protéger la population civile de la répression.
Dans l'accélération des événements, le CNT a annoncé l'arrestation de Seif
al-Islam, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi. L'information a été confirmée par le procureur de la Cour pénale
internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo.
Seif al-Islam était présenté dans le passé comme le futur successeur de son père et fait l'objet d'un mandat d'arrêt de
la CPI pour crimes contre l'humanité commis en Libye. "Nous espérons qu'il pourra être très bientôt à La Haye" pour y être jugé, a indiqué le procureur à l'AFP.
Le fils aîné du Guide, Mohammad Kadhafi, a déclaré tôt lundi dans
une interview à Al Djazira qu'il avait également été arrêté par les rebelles et qu'il était en résidence surveillée.
(ats / 22.08.2011 04h35)