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  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:46

 

 

 

BANGUI : LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LA DIASPORA INVITÉES À LA CONCERTATION POUR LA MISE EN PLACE DU CST

 

Bangui, 10 avril 2013 (RJDH) – Les membres de la société civile ont salué l’ouverture du gouvernement de transition par l’amorce du dialogue et de la concertation. C’est après l’invitation de certains de ses membres à une réunion d’échange et de restitution des conclusions du sommet extraordinaire de la CEEAC tenue à Ndjamena le 3 avril dernier.

 

« C’était une réunion informelle, mais le chef de l’Etat était de la partie », a fait savoir le rapporteur de la société civile au cours d’une réunion de concertation interne entre les différentes entités de la société civile et de la diaspora, tenue le mercredi 10 avril à l’hôtel Somba à Bangui.

 

Au cours de cette concertation, la société civile et la diaspora ont publié une autre déclaration commune. Elles ont dénoncé la stratégie délibérée de cooptation de certains membres de la société civile par des membres du gouvernement pour siéger au sein du Conseil Supérieur de la Transition (CST), alors que ceux-ci doivent être choisis par leurs entités respectives. « Nous avons mis en place un comité restreint de la société civile et de la diaspora pour faire de nouvelles proposition », a déclaré Fulgence Zeneth.

 

Les membres des Organisations de la société civile ont exigé « l’abrogation pure et simple de l’ordonnance mettant en place le CST, que la mise en place du CST se fasse dans le cadre d’une concertation inclusive avec toutes les forces vives de la nation soit en présence de la communauté internationale ».

 

« C’est à l’issue de cette première assemblée que seront dessinés par consensus le nombre des membres du CST, leur prérogative et le quota de chaque entité. Par la même occasion, ils devraient déterminer la date de la première cession du CST », a fait savoir l’un des participants.

 

La société civile et la diaspora refusent pour l’instant la composition du CST, telle définie par ordonnance signée de Michel Djotodia.

 

 

BANGUI : ENCORE DES EXACTIONS DES ÉLÉMENTS DE LA SÉLÉKA

 

Bangui, 10 avril 2013 (RJDH) – Les habitants du quartier Ndress dans le 4ème arrondissement de Bangui ont été victimes le mardi 8 avril, des scènes de pillages et d’exactions commises par les éléments de la Séléka. Par contre au quartier Kaka-Mangoulou, dans le même arrondissement, un élément de la Séléka aurait été tué, alors qu’il voulait avec ces compagnons d’arme prendre par la force le véhicule d’un officier des forces armées centrafricaines (FACA).

 

Selon le témoignage d’un habitant de cette localité qui a requis l’anonymat, les éléments de la Séléka étaient venus dans le but de piller la maison d’un ancien élément de la garde présidentielle. « La population s’est opposée à cet acte. C’est ainsi qu’ils ont commencé à tirer sur tout ce qui bouge et en opérant des pillages, maison par maison », a-t-il dit.

 

La même source a par ailleurs souligné que plusieurs personnes, en majorité des femmes et des enfants ont fui leurs domiciles pour trouver refuge dans les quartiers environnants. « La population était dans la panique hier à cause des tirs des éléments de la Séléka. Plusieurs personnes ont fui leurs domiciles et les rebelles ont profité de l’occasion pour piller les maisons. Ils ont voulu même amener par la force une fille du quartier à leur colonel. Mais c’est grâce à l’intervention des jeunes du quartier que la fille a eu la vie sauve », a-t-expliqué.

 

Cette source a par ailleurs précisé que ces hommes ont promis revenir dans les jours à venir « pour procéder au nettoyage dudit quartier ».

 

Au quartier Kaka-Mangoulou, un élément de la Séléka aurait été tué en voulant voler le véhicule d’un capitaine des FACA. D’après un témoin qui a vécu les faits « Ils étaient au nombre de six à bord d’un véhicule  Pick-up. Une fois arrivée, ils ont ouvert le feu  au domicile de cet officier qui serait déjà en fuite et dont la maison est gardée par son petit frère ».

 

Il poursuit en disant que « c’est ainsi qu’après avoir tenté en vain de récupérer le véhicule en question à défaut des pneus enlevés, que ces éléments ont saccagé la maison. Et juste au moment qu’ils voulaient se retirer du lieu de leur forfait que le cadet du propriétaire de la maison qui était dans sa cachette muni d’une arme Kalachnikov a tiré sur eux. L’un d’eux a finalement trouvé la mort ».

 

 

BANGUI : DES USAGERS DE L’AXE BANGUI-MBAÏKI VICTIMES DE RANÇONNAGE DE LA SÉLÉKA

 

Bangui, 10 avril 2013 (RJDH) – Les éléments de la coalition Séléka se livrent en ce moment au rançonnage systématique des usagers de la route qui relie la ville de Bangui à celle de Mbaïki (sud). Une situation qui amplifie les tracasseries routières sur cet axe et entrave la libre circulation des personnes et des biens.

 

Sur une distance de 107 kilomètres qui sépare la ville de Bangui à celle de Mbaïki, on dénombre au total cinq barrières érigées par les rebelles de la Séléka. Sur ces barrières, les rebelles qui se substituent désormais aux différents services de contrôle routier, procèdent au rançonnage de tous les passants et usagers de l’axe.

 

« A chaque barrière, les rebelles procèdent au contrôle systématique des papiers d’identité. Ceux qui détiennent des papiers seront appelés à payer une somme dérisoire. Par contre, ceux qui ne procèdent pas leurs papiers d’identité sont taxés par les rebelles. La somme varie entre 500 à 2000 FCFA », a témoigné l’une des victimes de cette pratique au RJDH.

 

Un autre témoin a fait savoir pour sa part que les membres de la Séléka se substituent aux différents services de contrôle routier et font des contrôles qui ne respectent pas les normes de la loi et les droits humains. « Ils fouillent dans les bagages des passagers et usagers de la route, s’ils trouvent de la viande boucanée ou d’autres produits, ils te taxent. Si tu ne paies pas, ils te passent à tabac et ils confisquent les produits », a dit ce témoin.

 

Cette situation a fait que plusieurs personnes, notamment des commerçants ont refusé de prendre cette itinéraire, l’unique route un peu sûre en ce moment dans le pays, qui ravitaille la ville de Bangui en denrées alimentaires, notamment le manioc qui est l’aliment de base des centrafricains.

 

« Notre sécurité est menacée et nos commerces aussi. Nous ne pouvons plus emprunter cette route. Nous avons connu les mêmes tracasseries sur les axes de Damara et de Boali. Mais avec la présente situation, nous craignons pour la chute de notre chiffre d’affaire, alors que les nouvelles autorités affirment que l’économie est leur priorité », a mentionné Bénédicte Yango, une commerçante à Bangui.

 

 

BERBERATI : LA VIE SEMBLE REPRENDRE DANS LA VILLE

 

Berberati, 10 avril 2013 (RJDH) – Un calme précaire semble revenir depuis le lundi 8 avril à Berberati, après le départ  d’une équipe de la coalition Séléka qui avait occupé la ville. Cette équipe était rendue coupable de plusieurs actes d’exaction dans cette localité. Toutefois la population se dit  toujours traumatisée suite aux différents sévices qu’elle a subis.

 

D’après un constat fait ce matin par Radio Zoukpana,  la ville commence à reprendre son ambiance habituelle. Des  personnes qui ont fui les exactions commencent à regagner leur domicile. Mais les services publics n’ont pas encore ouvert leur porte.

 

Pour l’instant, la ville est sécurisée par une autre équipe de la Séléka en collaboration avec quelques éléments de Forces armées centrafricaines, dépêchée par Bangui. Toutefois, une partie de la population se dit méfiante de cette paix encore précaire.  Celle-ci avoue avoir perdu  confiance et ne souhaite pas voir les hommes en armes particulièrement les éléments de la Séléka dans la région.

 

« Il faut du temps pour que la population oublie les exactions qu’elle a subi de la part des hommes de la Séléka. Ces derniers nous ont tant fait souffrir, plusieurs familles ont été affectées », a témoigné une femme habitant la localité.

 

Un  autre habitant  joint au ce matin par le RJDH et qui a préféré  garder l’anonymat, a rapporté que «  les éléments de la Séléka ont tiré sur la jeunesse lors de la marche organisée pour protester contre les exactions de ces hommes en arme. Ils ont tué des personnes,  certaines sont encore sur les lits des hôpitaux, sans assistance médicale, car l’hôpital même a été pillé par ces hommes en armes ».

 

Durant deux semaines, la population de la ville de  Berberati et des villages environnants ont  avoué avoir subi des exactions de toute sorte entre autre pillage braquages, tuerie, vol, viol des femmes ainsi que l’enrôlement des mineurs dans les rangs de la coalition Séléka.

 

 

 

SIDO : DES RÉFUGIÉS CENTRAFRICAINS SERAIENT ARRÊTÉS PAR LA GENDARMERIE TCHADIENNE

 

Sido, 10 avril 2013 (RJDH) – Une vingtaine des jeunes  centrafricains réfugiés qui sont  basés à Maro (Tchad), seraient arrêtés et transférés  à la gendarmerie  de Sido-Tchad par les forces de l’ordre tchadiennes. D’après les témoignages rapportés au RJDH le mardi 9 avril, les forces auraient ouvert le feu sur les réfugiés centrafricains entre 13 à 18 heures et ont procédé à l’arrestation de ces derniers par la suite.

 

« Nous étions surpris d’écouter des  détonations d’arme dans le camp, nous ignorons la cause », a dit un réfugié qui a ajouté que  ces éléments des forces de l’ordre auraient interdit aux réfugiés de vendre la bière traditionnelle dans le camp et cela pourrait être la raison de cette descente musclée et ces arrestations.

 

La même  source  a également  fait savoir que  plusieurs refugiés centrafricains  ont pris fuite pour se cacher dans la brousse,  lors de l’événement. Certains cherchent  à regagner leur pays d’origine.

 

Le RJDH a tenté sans succès d’entrer en contact avec le chef de camp des réfugiés basés à Maro, pour plus d’information. Ce dernier n’était pas aussi présent sur le site au moment de l’évènement, selon notre source.

 

Environ  18 000 déplacés centrafricains sont basés dans le camp des réfugiés à Maro au Tchad. Les centrafricains ont fui les hostilités enclenchées par les éléments de la coalition Séléka. Il s’agit des habitants des villes de Kabo, de Sido et des villages environnants.

Dépêches du Réseau des journalistes centrafricains des droits de l'homme
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:39

 

 

 

 

De Patrick FORT (AFP)

 

BANGUI 10 avril — Le colonel rebelle Ali Garba fait la route entre Bossembelé, à 175 km au nord de Bangui et la capitale centrafricaine, lorsqu'il demande soudain au véhicule de s'arrêter. Il croit avoir aperçu un jeune homme avec une kalachnikov.

 

L'homme, qui porte des bottes militaires et une casquette, n'oppose pas de résistance. En fait de "kalach", il s'agit d'une hache et d'un bout de métal recouverts d'un tissu pour faire croire à une arme à feu.

 

Au sommet de la coalition rebelle du Séléka qui a pris le pouvoir le mois dernier en Centrafrique, il y a une volonté affichée de mettre fin aux pillages. Mais la tâche s'annonce difficile: dans l'arrière-pays comme à Bangui bandits déguisés en rebelles ainsi que vrais rebelles continuent à sévir.

 

"Si moi qui ai l'habitude des armes, je me suis laissé prendre en plein jour, alors imaginez des villageois apeurés ou isolés la nuit tombée", explique le colonel Garba, qui souligne que les rebelles enveloppent souvent leurs armes dans du tissu lors des déplacements pour éviter poussière, boue et autres saletés pouvant altérer leurs fonctionnement.

 

Le jeune homme paraît fatigué, perdu. Hagard. Le colonel l'interroge. L'homme dit appartenir au Séléka et affirme faire partie de l'unité d'un colonel Ali au Camp de Roux, un camp militaire de Bangui.

 

"Ce n'est pas vrai. Je connais le colonel Ali. Il est effectivement à De Roux mais ses hommes sont là-bas et bien habillés. Il a dû entendre des conversations et il répète", souligne le colonel Garba en sortant son arme et en engageant une balle dans le canon.

 

L'homme est apeuré. Des villageois arrivent. Jean Tomdé, le chef du village de Gondila, à 65 km au nord de Bangui, assure: "On ne le connaît pas. On ne sait pas ce qu'il voulait faire".

 

L'homme est contraint d'enlever ses rangers, sans doute pillées dans un camp militaire, et est dépouillé de son couteau. Il repart à pied, en chaussettes, décontenancé.

 

"Merci autorité!", lance un jeune au colonel qui repart.

 

"Ce sont ces gens qui pillent. Ils profitent de la situation. Ils nous salissent en se faisant passer pour nous. Ce sont des faux Séléka. Nous, on ne pille pas", assure-t-il.

 

Toutefois, des faits et des témoignages prouvent le contraire. Pendant toute l'offensive contre le régime du président François Bozizé, des rebelles du Séléka ont pillé maisons, stations essence et magasins, même si population et bandits ont aggravé la situation.

 

A Berberati (ouest), dimanche, la population a même manifesté pour demander au Séléka de cesser les exactions.

 

"C'est relativement organisé, souligne un responsable de la sécurité. Les voitures et biens de valeur sont pillés et ensuite revendus grâce à des filières allant vers le Soudan et le Tchad".

 

On justifie aussi de nombreux pillages en les présentant comme des sanctions contre des anciens du régime déchu.

 

"Les gens du quartier peuvent indiquer une maison et dire que l'occupant est pro-Bozizé mais souvent ils indiquent simplement les maisons de gens qui ont une voiture ou une télé en espérant pouvoir ramasser des miettes", explique le responsable de la sécurité.

 

Pour tenter de mettre fin à cette immense insécurité, le Séléka avait mis en place des brigades mixtes dès le mois de janvier, puis des brigades d'intervention rapide avec des numéros d'appel d'urgence dans chaque quartier et maintenant des polices militaires (PM) aux brassards rouges.

 

Conscient de l'incidence des pillages sur la vie économique qu'ils paralysent, le Séléka a arrêté le colonel Danzoumi Yalo, dit le colonel "Daz" et son frère Sani Yalo.

 

Ces encombrants personnages aux affaires douteuses, anciens proches de l'ex président Bozizé ayant rejoint le Séléka, sont accusés "d'avoir organisé le pillage systématique et mafieux de la capitale", selon une source diplomatique.

 

Mais, rien n'y fait.

 

Un Français du centre-ville raconte une anecdote: "Le voisin d'un collègue était en train de se faire piller. Ce collègue a appelé le numéro d'urgence. Surprise: le téléphone sonnait chez le voisin de l'autre côté du mur... C'était la brigade d'intervention qui pillait".

 

 

Copyright © 2013 AFP. Tous droits réservés.

Centrafrique: chasse aux faux et vrais rebelles pilleurs
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 14:51

 

 

 

 

RFI  mercredi 10 avril 2013  Par Christophe Boisbouvier

 

Après la suspension provisoire de son pays des instances de la francophonie, Nicolas Tiangaye, le Premier ministre de la Centrafrique, revient sur cette décision. Au micro de RFI, il dit son espoir d’une réintégration au mois de juin. Il affirme que Michel Djotodia, le président autoproclamé, ne sera pas le président du Conseil de transition. De même appelle-t-il à la réflexion, et « à corriger les erreurs ».

 

RFI : Malgré votre voyage à Paris, la Centrafrique est suspendue de la Francophonie. Est-ce que vous êtes déçu ?

 

Nicolas Tiangaye : Le principe a été encore réaffirmé. Mais comme l’a dit Monsieur Louis Michel, c’est une suspension douce dans la mesure où la situation de la République centrafricaine sera réexaminée dans trois mois. Il s’agit là d’une suspension comportant une clause de révision. Donc, on peut toujours revenir à une situation normalisée.

 

Vous avez été reçu par le CPF (Conseil permanent de la francophonie) ce lundi. Comment cela s’est-il passé ?

 

Cela s’est très bien passé. Il fallait expliquer les perspectives d’avenir. Nous sommes en train de mettre en place le Conseil supérieur de la transition pour l’élection d’un président. Et nous allons procéder à la mise en place de la Cour constitutionnelle de transition.

 

Vous espérez revenir dans la Francophonie au mois de juin prochain ?

 

 

Puisque au mois de juin, le Conseil permanent de la francophonie va évaluer les efforts qui auront été fournis, notre souhait est de revenir dans cette famille.

 

Vous parlez du Conseil supérieur de la transition. Sur ses 97 membres à venir, il n’y a apparemment que vingt représentants des partis politiques. Est-ce que c’est suffisant ?

 

Il n’y a pas que les partis politiques. Il y a aussi la société civile. Je pense que ce Conseil supérieur de transition est équilibré et est le pendant du Conseil national de transition qui a travaillé - et très bien travaillé d’ailleurs -, de 2003 à 2005. Nous ne pouvons pas inventer la roue.

 

Est-ce Michel Djotodia qui présidera ce Conseil ?

 

Non, c’est la confusion ! Ce n’est pas lui qui présidera ce Conseil ! Ce Conseil va l’élire comme chef d’Etat. Et il élira en même temps son propre président.

 

Quel peut être son profil ?

 

Une personnalité intègre, compétente et ayant un sens élevé de l’Etat.

 

Et Michel Djotodia lui-même sera élu chef de l’Etat par ce Conseil ?

 

Cela peut être lui, parce qu’il n’y a pas de clause d’exclusion

 

Si Michel Djotodia devient formellement le chef de l’Etat, est-ce qu’il pourra se présenter à la présidentielle qui suivra cette transition ?

 

Il ne se présentera pas, puisque les accords de Libreville avaient prévu que les acteurs majeurs de la transition ne seront pas candidats à l’élection présidentielle à la fin de la transition. Et il l’a déclaré publiquement. Il en sera de même pour le Premier ministre et les autres acteurs principaux de la transition.

 

Vous avez hésité visiblement, quelques heures, quelques jours même, avant d’accepter d’être à nouveau Premier ministre dans le régime actuel. Est-ce parce que, justement, vous attendiez cette garantie que Michel Djotodia ne serait pas candidat à la future présidentielle ?

 

Vous savez, on ne peut pas tout dire ! Je pense simplement que pour accepter un poste de responsabilité à ce niveau, il fallait aussi réfléchir avant de s’engager.

 

Quelle est la nature de vos rapports avec Michel Djotodia ? Comment cela marche entre vous ?

 

Nous avons des bons rapports.

 

Des rapports de confiance ?

 

Oui, tout à fait.

 

La présence de quatre membres de la famille de Michel Djotodia dans votre gouvernement n’est pas un problème ?

 

Je ne cherche pas à connaître les liens de parenté qui existent entre les ministres et  Monsieur Djotodia. C’est maintenant que moi aussi je l’apprends.

 

Mais vous savez que beaucoup de Banguiçois se demandent si, comme à l’époque de François Bozizé, les réflexes de clans ne vont pas prendre le dessus sur la logique républicaine.

 

Ce serait dommage ! Mais je pense que ce qu’il faut, c’est réfléchir à corriger les erreurs ! Il peut y avoir des erreurs. Ce qui est important, c’est de se dire qu’un gouvernement n’est jamais mis en place pour toujours. Il y a des possibilités de réaménagements techniques si on s’aperçoit que des erreurs ont été commises. Et on peut les réparer.

 

Est-ce que d’ici 2015, vous croyez vraiment que les Centrafricains pourront choisir librement leur futur président ?

Je le souhaite. Je souhaite vivement que nous sortions le plus rapidement possible de cette période de transition, une période porteuse aussi de dangers.

 

Que faut-il faire ?

 

Nous sommes appelés à relever un certain nombre de défis. Des défis sécuritaires, parce qu’il n’y a pas de sécurité à Bangui et sur l’ensemble du territoire national, un défi humanitaire - 1,5 millions Centrafricains vivent dans des conditions de précarité humanitaire - un défi économique, (car) notre économie a été fragilisée par tout ce qui est arrivé, et puis un défi démocratique institutionnel, parce qu’il faudrait qu’on fasse des élections dans des conditions acceptables pour la population centrafricaine. Il n’y a pas de fatalité.

 

Est-ce que l’équation de Shanghai peut aider la Centrafrique à recevoir des aides de la communauté internationale ?

 

Je ne suis qu’un modeste serviteur de mon pays. Je ne suis pas un prophète.

 

Un diplomate en poste à Bangui dit que vous êtes « un îlot d’honnêteté dans un océan de corruption ».

 

Je le remercie, mais je préfère ne pas me jeter des fleurs à moi-même.

 

En tout cas, cette réputation vous sert peut-être pour demander de l’aide en Europe, aux Etats-Unis...

 

Mais ce n’est pas moi qui doit être aidé. C’est le peuple centrafricain qui doit être aidé. Si mon nom peut servir de caution pour mon pays, pourquoi pas ?

 

Vous avez présidé la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Est-ce qu’il y a des crimes qui ont été commis sous le régime de François Bozizé et qui doivent être punis ?

 

Certainement ! Beaucoup de crimes ont été commis, des cas d’exécutions extrajudiciaires ! Ces crimes ne doivent pas rester impunis !

 

Vous pensez à l’opposant Charles Massi ?

 

Bien entendu !

 

Et pensez-vous que François Bozizé doit comparaître un jour devant un tribunal ?

 

Si la justice décide qu’il en soit ainsi, moi je ne m’y opposerai pas.

 

Du temps de François Bozizé, l’un des acteurs de cette répression, c’était le procureur Firmin Feindiro. Aujourd’hui, il est rallié au nouveau régime. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

 

Je laisse le soin au peuple centrafricain de juger. Cela ne m’inspire rien du tout.

 

 

 

Centrafrique : la transition au centre de toutes les attentions

 

RFI   mercredi 10 avril 2013

 

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour et notre envoyé spécial en Centrafrique,

 

Deux semaines après le coup d’Etat en RCA, le Conseil de sécurité de l’ONU se pose la question de la transition en Centrafrique. Ses membres ont donné pour consigne à l’envoyée spéciale de l’ONU de s’impliquer davantage avec le nouveau pouvoir. Pendant ce temps, à Bangui, les consultations entre les différentes forces politiques se poursuivent.

 

L’envoyée de l’ONU Margaret Vogt a décrit devant le Conseil de sécurité une situation « très volatile » et « très fragile » en RCA. Première préoccupation : la présence de groupes armés incontrôlables, des milices armées par l’ancien président Bozizé et des rebelles qui échappent au contrôle de la Seleka. Inquiétude également sur les enfants soldats. Margaret Vogt rapporte que des enfants qui étaient sortis des groupes armés sont maintenant à nouveau recrutés.

 

Sur le plan politique, le Conseil de sécurité veut voir l’ONU s’impliquer davantage dans la période de transition en Centrafrique. Une transition qui pourrait durer un an et demi ou deux ans. L’ONU doit convaincre le nouvel homme fort Michel Djotodia de respecter les accords de Libreville. Le mot d’ordre du Conseil de sécurité est le « retour à l’ordre constitutionnel ».Personne n’a évoqué le sort de l’ancien président. Pour l’ONU, la page François Bozizé est bel et bien tournée.

 

« Aller de l’avant… »

 

A Bangui, après les contestations exprimées, relatives au Conseil supérieur de transition, les consultations vont bon train. Les forces politiques et autres représentants des diverses entités ont été reçues par les autorités. Cyriaque Gonda représente l’ancienne majorité présidentielle qui soutenait François Bozize. Même s’il souligne des imperfections, il rappelle sa volonté « d’aller de l’avant ».

 

« Il y a eu un manque, un déficit de concertation qui devait être impulsé par le Premier ministre dès notre retour de Ndjamena. Il ya des imperfections qui ont été relevées par toutes les parties. Mais oui, on doit aller de l’avant parce que nous avons un schéma, nous avons un délai, et nous avons un calendrier. Les chefs d’Etat de la sous-région et la communauté internationale veulent que nous soyons prêts le 15 avril (pour le nouveau sommet de la CEEAC, ndlr). Puisque ce schéma est national (et que) nous considérons qu’il y a des imperfections, nous allons les corriger au fur et à mesure, et l’ordonnance sera améliorée de façon à respecter le calendrier déterminé par les chefs l’Etat qui doivent (...) donner l’onction à la République centrafricaine pour qu’elle ne soit pas sous sanction ».

 

Questions autour du rôle de la Fomac

 

Dans la capitale centrafricaine, moins de tirs ont été entendus durant la journée du mardi 9 avril. La sécurité reste cependant très relative ce qui pose la question du rôle des 500 soldats de la Fomac (Force multinationale d'Afrique centrale) présents dans la capitale. « Ce n’est pas du jour au lendemain que la quiétude peut revenir, se défend le général Jean Félix Akaga, commandant de la Fomac mais nous travaillons dans ce sens. »

 

« En ce moment, la Fomac joue le rôle de la surveillance de la ville de Bangui, notamment par la protection de tout ce qui est édifice, banque. Et en même temps, nous procédons à des patrouilles communes avec la Seleka pour essayer de ramener la sérénité au niveau de la population. »

 

Interrogé sur l’évolution ou non du mandat de la Fomac, Jean Félix Akaga déclare que lors du sommet des chefs d’Etat prévu le 15 avril, de nouvelles directives seront certainement données à la Fomac. Il rejette l’idée d’une autonomie de ses soldats. « Tous les soldats de la Fomac travaillent en fonction des ordres qui sont donnés par l’état-major de la Fomac, et par les ordres que je donne à l’état-major. Donc, il n’y a pas d’autonomie ».

 

«ON EST DEVANT UNE POTENTIELLE CRISE ALIMENTAIRE»

 

Après la catastrophe sanitaire des premiers jours qui ont suivi la prise de Bangui, la situation s’est stabilisée dans les hôpitaux de la capitale centrafricaine. Une quarantaine de blessés ont été envoyés pour être traités à l’étranger. Georgos Georgantas est le chef de la délégation du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) . Pour lui, presque tout le monde est de retour à la maison. Toutefois, il pointe le problème de déplacés dans l’arrière-pays.

 

« A Bangui, le grand problème était notamment les blessés et la gestion des dépouilles mortelles. Il n’y a pas eu un grand déplacement de la population civile. Quelques civils se sont déplacés aux premières heures, aux premiers jours après les évènements, pour se mettre à l’abri. Mais je pense que maintenant, presque tout le monde est de retour à la maison. Par contre, dans l’arrière-pays, il y a toujours des déplacés.

 

Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est que les organisations humanitaires qui, historiquement, assurent une grande partie des services de base pour la population parce que l’Etat a été faible depuis de nombreuses années, (...) se sont retirées, ou sont dans une situation de stand-by. On est devant une potentielle crise alimentaire. (...) Si la récolte ne se passe pas bien, on aura de gros problèmes.

 

Et au niveau sanitaire, quand on dit qu’il y a des populations qui se sont déplacées dans la brousse, les soins médicaux ne sont pas au même niveau dans la brousse que dans le centre de santé. En plus, le réapprovisionnement du centre de santé n’a pas été assuré ou n’a pas été régulier de toute façon depuis plusieurs mois. »

 
Nicolas Tiangaye: «Si mon nom peut servir de caution pour mon pays, pourquoi pas?» (RFI)
Nicolas Tiangaye: «Si mon nom peut servir de caution pour mon pays, pourquoi pas?» (RFI)
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:51

 

 

 

10 Avril 2013 - 10:29 (xinhua) - Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a annoncé mardi qu'un avion-cargo, avec à bord 23 tonnes d'articles médicaux essentiels, notamment obstétricaux, avait atterri hier à Bangui, la capitale de la République centrafricaine, deux semaines après la prise de pouvoir par la coalition rebelle de la Séléka.

 

Il s'agit de la seconde livraison d'aide humanitaire importante en République centrafricaine après plusieurs semaines d'insécurité et de pillages, au cours desquelles hôpitaux et centres de santé ont essuyé de lourdes pertes d'articles de première nécessité et d'équipement médicaux.« Cette distribution marque une étape essentielle dans le rétablissement de l'accès des enfants et de l'ensemble de la population à des soins médicaux », se félicite le représentant de l'UNICEF à Bangui, Souleymane Diabaté, dans un communiqué de presse.


« Mais ce n'est que le sommet de l'iceberg, si on considère les besoins existants. Les pillages ont été très nombreux dans un pays où les conditions de survie des enfants sont déjà parmi les plus difficiles du monde. », a dit le représentant.


Les kits médicaux d'urgence serviront à soigner près de 200. 000 personnes touchées par le conflit au cours des trois prochains mois. Douze réservoirs équipés de systèmes de distribution permettront d'assurer l'approvisionnement en eau des principaux hôpitaux et centres de santé de Bangui et d'autres régions.


Des dispositions ont été prises pour assurer la réception et le stockage en toute sûreté de ce matériel destiné à sauver des vies.


Depuis le coup d'État du 24 mars, l'UNICEF a livré 81 tonnes de fournitures d'urgence aux partenaires du secteur de la santé afin de soigner plus de 60.000 personnes. Le vol d'aujourd'hui est le deuxième affrété cette année par le Fonds, après celui du 24 janvier, qui avait permis l'acheminement de plus de 14 tonnes d'articles de secours.


L'UNICEF estime que l'ensemble de la population centrafricaine – près de 4,6 millions de personnes, dont plus de 2,3 millions d'enfants –, est directement touchée par le conflit en raison de l'effondrement des services de base et de l'ordre public.


À peine 13% des 172 millions de dollars demandés au titre de l'aide humanitaire d'urgence ont été reçus à ce jour, alors que la situation risque de s'aggraver. L'UNICEF estime qu'au cours des six prochains mois, plus de 11 millions de dollars seront nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires les plus pressants.

Centrafrique : L'UNICEF annonce l'arrivée d'une aide humanitaire importante en République centrafricaine
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 04:23

 

 

 

 

Bangui, 10 avril (CAP) - Ce mardi matin 9 avril 2013, les ouvriers de la société DAMECA de feu Kamach, entreprise qui a obtenu le marché de la réfection des bureaux présidentiels au palais de la Renaissance à Bangui, sont tombés par surprise sur un petit bureau attenant au principal espace de travail qui a servi au président déchu François Bozizé Yangouvonda.  Apparemment cette pièce était toujours hermétiquement fermée mais on y relève quelques impacts de  balles lors de l'attaque des rebelles du 24 mars dernier.

 

Lorsque les ouvriers de DAMECA ont fini par pénétrer dans la pièce, ils sont tombés à la renverse. Il s’agit visiblement d’un lieu sacré, une sorte d’autel où ils ont été frappés par le  grand nombre d'inscriptions faites à la peinture sur les quatre murs aux nom et prénoms d’Emile Gros Raymond NAKOMBO, candidat du RDC aux dernières élections présidentielles du 23 janvier 2011.

 

Au milieu de cette petite pièce on trouve également le C.V du même NAKOMBO calé par des cailloux et coincé entre des amulettes de toutes sortes. Pris de panique les ouvriers n'ont pas travaillé dans cette pièce et ont préféré alerter les militaires qui se trouvaient sur ces lieux. Ceux-ci à leur tour ont informé les plus hautes autorités qui ont pris l'affaire en main et décidé de faire venir sur les lieux dans la pièce dès le lendemain, une équipe de journalistes pour filmer cette étrange découverte qui en dit long sur les pratiques mystiques et fétichistes du sieur Bozizé,  l’ancien occupant des lieux aujourd’hui détrôné.

 

Par ailleurs, selon nos informations émanant d’une source camerounaise digne de foi, une fois débarqué à la ville camerounaise de Batouri avec les cinq grosses valises bourrées de liasses de billets de banque chargées depuis le palais et transportées dans l’hélicoptère lors de sa fuite, Bozize se serait plutôt retrouvé avec des valises de munitions et de téléphones portables.

 

Toujours selon nos informations, les autorités camerounaises sont disposées à restituer à l’état centrafricain l’hélicoptère Dauphin utilisé par Bozizé pour fuir le pays ainsi que l’impressionnant arsenal de guerre qu’elles ont saisi sur les 200 éléments des FACA et de sa Garde Présidentielle de Bozizé qui se sont retrouvés sur le territoire camerounais et qu’elles souhaitent voir regagner la RCA. 

Après les squelettes humains trouvés chez Bozizé à Sassara, découverte d'amulettes dans un de ses bureaux au palais
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 04:20

 

 

 

 

BANGUI (AFP) - 04/09/2013 12:27 - Par Patrick FORT.  Espérant trouver or et diamants cachés, les pilleurs d'une des maisons du président centrafricain déchu François Bozizé ont découvert deux squelettes sous deux dalles du garage. Qui sont-ils? Ont-il été assassinés? Pourquoi sont-ils là? Mystère.

 

La concession se trouve à Sassara, en périphérie nord de Bangui près de la route par laquelle sont arrivés les rebelles de la coalition Séléka le 24 mars lors de la prise de la capitale.

 

Mais les hommes du Séléka étaient là dès le samedi 23 au soir, explique le colonel rebelle Ali Garba qui a ensuite participé à l'avancée finale vers le palais présidentiel.

 

"Le lundi, je suis revenu pour prendre les deux véhicules (un 4x4 et un Hummer) qu'on avait repérés le samedi. La maison avait été pillée. Les gens espéraient probablement trouver des diamants ou de l'or cachés. Ils ont soulevé ces deux dalles du garage et ont découvert deux squelettes" explique le colonel Ali Garba en désignant l'emplacement.

 

"Je les ai vus. C'étaient des squelettes sans chair. Les gens étaient morts depuis longtemps. Au moins plusieurs mois, peut-être plus", explique-t-il.

 

Les dalles mesurent à peine un mètre carré et s'ouvrent sur des petits réduits de 2 m de profondeur, actuellement vides à l'exception d'un morceau de tissu coloré.

 

Dans la maison, le colonel a également trouvé un garde présidentiel tué lors des combats. "La Croix rouge a récupéré le corps du garde tué mais aussi les squelettes", explique-t-il.

 

Plusieurs témoins près de la maison confirment ses dires.

 

La Croix rouge n'était pas joignable dans l'immédiat pour savoir où se trouvaient actuellement les deux squelettes. De source proche du gouvernement, on regrette maintenant que ceux-ci aient été déplacés et on cherche à les retrouver pour tenter de les identifier.

 

S'agit-il d'opposants ou d'ennemis tués sous le régime Bozizé et qu'on a mis là en pensant qu'on ne les retrouverait jamais ?

 

"C'est peut être un rituel", se hasarde un des rebelles.

 

Les crimes rituels existent dans la plupart des pays d'Afrique centrale où ils sont censés donner de la puissance à leur commanditaire. Dans ces pays, des os de personnes décédées font aussi parfois l'objet de trafics pour des raisons similaires, sans pour autant qu'acheteurs ou revendeurs de ces os ne soient mêlés à la mort des victimes. . .

 

Les deux dalles se trouvent à l'arrière du garage de la maison où sont garés deux véhicules dont le Hummer présidentiel immatriculé AA 001 PR (PR pour présidence).

 

Dans la maison complètement pillée, il y a des traces de sang à l'endroit où le garde présidentiel a été tué.

 

Selon les témoins, la maison était surtout habitée par la femme du président Monique Bozizé.

 

Il ne reste plus aucun meuble à l'exception d'un appareil de musculation. Le sol est recouvert de débris, de documents et notamment de dizaines de photos où apparaît parfois l'ancien président mais aussi de cérémonies traditionnelles ou de sports (circuit automobile, ring de boxe). Même les lavabos ont été arrachés.

 

A l'arrière de la maison, un container de traiteur a été vidé et un groupe électrogène dépecé. Dans le jardin, des papiers jonchent le sol mais on découvre aussi un portrait surprenant du président Bozizé.

 

Son visage a été peint mais son buste est fait de vêtements réels. Un rebelle tire sur la cravate comme pour étrangler l'ancien président, désormais en fuite au Cameroun, et qui devrait s'exiler prochainement au Bénin. . .

 

 

© 2013 AFP

 

 

En Centrafrique, le camp de Bossombelé, théâtre des horreurs du régime Bozizé

 

Tortures, exécutions sommaires, conditions de détention insupportables: le camp militaire de Bossombelé, à 175 kilomètres au nord de Bangui, révèle les horreurs du régime centrafricain du président François Bozizé, renversé le 24 mars.

 

« C’était horrible. Inimaginable. Je suis resté trois mois et j’ai eu la chance que la communauté internationale se mobilise pour me faire libérer », affirme à l’AFP Herbert Djono-Ahaba, actuel ministre des Mines, membre de la coalition rebelle Séléka, qui était alors député. « C’étaient des tueries. Je remercie Dieu d’être encore en vie », poursuit M. Djono-Ahaba, libéré début 2012.

 

Dans un cadre bucolique à l’entrée de la ville, le camp militaire de Bossombelé est en fait un centre de formation de militaires. Mais une de ses maisons avait été transformée en geôle pour les prisonniers dits « politiques ». S’y côtoyaient des militaires et des civils détenus sans procès et considérés comme dangereux.

 

Ils étaient maintenus au secret total, dans l’impossibilité de communiquer avec leurs proches qui, souvent, les croyaient morts ou disparus pour toujours.

 

Les prisonniers ont tous été libérés le 23 mars, au début de l’offensive du Séléka qui a pris le contrôle de Bangui le lendemain. Une colonne de rebelles était passée à Bossombelé pour ouvrir une nouvelle voie vers la capitale et récupérer l’important matériel militaire qui s’y trouvait.

 

Aujourd’hui, dix-sept conteneurs sont visibles dans le camp, et des milliers de cartouches, des obus, des mortiers et des mitrailleuses parfois éparpillés sur le sol.

 

L’unique cellule de 40 m2 pouvait contenir jusqu’à 35 personnes. A la libération du camp, il y en avait 17.

 

Yaya Issa, membre de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), une des rébellions composant aujourd’hui le Séléka, y a passé plus de deux ans.

 

« On m’a torturé, frappé. Une fois, un GP (garde présidentiel) m’a tapé du soir au matin. 240 coups avec une cordelette militaire. Après, il a pissé sur mes blessures », raconte-t-il, exhibant les stigmates sur sa tête et son dos. « Je me disais que j’allais mourir ».

 

« Pendant les quatre premiers mois, je ne suis pas sorti de la cellule. Pas possible de se laver. Les mêmes vêtements. On n’avait pas de toilettes, on faisait dans la pièce. Après, ils ont apporté un seau ».

 

« On mangeait un peu la +boule+ (boule de maïs ou de manioc) une fois par jour. On avait faim. Parfois, pour nous humilier, les GP la jetaient devant nous et on n’avait rien », se souvient-il.

 

Frappés à mort, tués d’une balle

 

Amadou Tidjani, commerçant, avait été arrêté en septembre 2011 en possession de cartouches dont il dit aujourd’hui qu’elles ne lui appartenaient pas. Il a rejoint le Séléka à la libération du camp.

 

« On dormait à même le sol ou sur des cartons. On ne sortait presque jamais. Un seul d’entre nous sortait pour la corvée de seau et d’eau », explique-t-il. Chaque jour, les prisonniers n’avaient droit qu’à cinq litres pour toute la cellule.

 

« Les gardes entraient et te tabassaient, à coups de pieds, de crosse de kalachnikov », dit M. Tidjani. « Parfois, ils sortaient un prisonnier et le frappaient à mort. De mes yeux, je l’ai vu », assure-t-il, expliquant avoir assisté à au moins cinq exécutions.

 

Il exhibe une longue cicatrice boursouflée: « Un capitaine a collé un pistolet sur mon ventre et a tiré. Pour me faire peur », déclare-t-il, ajoutant que ce même officier a tiré une balle dans le pied d’un autre détenu.

 

Selon lui, un « mercenaire français » se trouvait au camp mais il ne l’avait pas vu participer aux exactions.

 

Le colonel du Séléka Ali Garba, auparavant membre de l’armée, a passé trois mois à Bossombélé en 2010 avant d’en être libéré. Lui aussi affirme avoir vu des exécutions sommaires. « C’était l’abattoir de Bozizé. Ils venaient, sortaient un soldat et le tuaient d’une balle. Il ne se passait pas deux jours sans une exécution », soutient-il.

 

Selon lui, il s’agissait surtout de soldats qui s’étaient repliés lors de la prise de Birao (nord) par la CPJP en 2010. Bozizé avait ensuite dû faire appel à l’armée tchadienne pour reprendre la ville.

 

En se promenant à la périphérie du camp, les anciens prisonniers désignent une sorte de terre-plein. C’est là que seraient enterrés les cadavres des victimes. Des os sont visibles. D’humains ou d’animaux? Impossible de répondre en attendant un médecin légiste ou une commission d’enquête.

 

La plupart des geôliers sont aujourd’hui introuvables même si Amadou Tidjani affirme en avoir retrouvé à Bangui. « Certains n’étaient pas méchants et nous donnaient de la nourriture en cachette. Ce n’était pas de leur faute mais celle de Bozizé ».

 

Le colonel Ali Garba souhaite que justice soit faite : « Si je retrouve ceux qui m’ont torturé, je veux les arrêter pour qu’ils soient jugés. Bozizé aussi ».

Centrafrique : Le Mystère des squelettes de la maison Bozizé
Centrafrique : Le Mystère des squelettes de la maison Bozizé
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 03:43

 

 

 

 

 2013-04-10 07:40:57  (xinhua) - Les ministres de l'Economie des six pays membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) ont entamé mardi à Libreville une réunion de deux jours pour examiner la situation sécuritaire qui prévaut au siège de la commission de la CEMAC basé à Bangui, capitale centrafricaine, depuis le putsch militaire qui a renversé François Bozizé.

 

La réunion a pour but de faire le point de "la situation politique en République centrafricaine et ses conséquences sur le fonctionnement de la CEMAC", a affirmé dans son discours d'ouverture le ministre gabonais de l'Economie, Luc Oyoubi.

 

"Je mesure la gravité de la situation, ainsi que les conditions déplorables dans lesquelles vit un bon nombre des citoyens de notre communauté", a-t-il poursuivi.

 

Les ministres des six pays membres de la CEMAC (le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad) ont pour mission à Libreville de "rechercher les solutions idoines et pérennes susceptibles de garantir un fonctionnement optimal des services de la commission".

 

Lors de la prise de pouvoir de la Séléka le 24 mars dernier, Bangui a été livrée à des pillages à grande échelle. Certaines structures de la Commission et des biens privés des employés de l'institution n'ont pas été épargnés par les pillards.

Examen à Libreville de la situation du siège de la CEMAC à Bangui
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 03:41

 

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 09 Avril 2013 14:06

 

« Par rapport aux activités de la banque et à l’économie de la RCA, nous sommes venus constater avec joie et satisfaction la normalisation assez avancée de la situation sécuritaire en République centrafricaine. Nous avons aussi discuté des conditions et la possibilité d’ouverture très immédiate de la BEAC pour soutenir l’économie et normaliser le climat des affaires localement ». C’est la déclaration faite le 8 avril dernier par Amid Tahir, Vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) lors d’une mission à Bangui.

 

En effet, les récentes crises politico-militaires survenues en République centrafricaine ont obligé plusieurs institutions bancaires de la place à fermer leurs portes.

 

Il est question pour  Amid Tahir,  invité de  marque du Chef de l’Etat, Michel Djotodia, qui est accompagné de Daniel Gassaki, Secrétaire Général de cette institution bancaire de la sous – région, de venir faire le constat de la situation sécuritaire du pays après les crises et de discuter avec les nouvelles autorités centrafricaines des conditions et possibilités de la réouverture immédiate de la BEAC au niveau de la Capitale Bangui d’abord, les provinces ensuite.

 

Pour le deuxième représentant de la Banque centrale, la question de réouverture des institutions bancaires en RCA reste aux soins des autorités centrafricaines. Il leur souhaite plutôt d’être plus longues et larges sur la question puis, les responsables du siège de la BEAC à Yaoundé au Cameroun donneront l’instruction de rouvrir les succursales de Bouar et Berberati.

 

A en croire Amid Tahir, les encaisses, le personnel ainsi que les biens de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale n’ont pas été touchés et ont été  bien protégés  pendant la crise militaro-politique qui a conduit au changement de régime en Centrafrique.

 

Il convient de signaler que le 5 avril dernier, l’Agence du Crédit Mutuel de Centrafrique (CMCA) situé dans le 4ème arrondissent de Bangui a été visité par les hommes de la Séléka qui s’y sont introduits avec armes en mains sous  prétexte de faire du retrait. Cet incident a obligé la Direction générale de CMCA de fermer dix agences sur douze que compte le CMCA dans la ville de Bangui.

«Bientôt la REOUVERTURE de la BEAC à Bangui», dixit Amid Tahir
«Bientôt la REOUVERTURE de la BEAC à Bangui», dixit Amid Tahir
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 03:35

 

 

 

 

PARIS, 09 avr 2013 (AFP) - 09.04.2013 15:11 - Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a admis mardi qu'il était difficile de "discipliner les rebelles du jour au lendemain", mais assuré que leur casernement était en cours et que la situation sécuritaire s'améliorait à Bangui, toujours touchée par des pillages.

 

Les mesures de casernement des ex-rebelles du Séléka, qui ont pris Bangui le 24 mars et provoqué la chute du président François Bozizé, "ont commencé à être mises en oeuvre, mais les effets ne se feront sentir que dans plusieurs jours compte tenu du nombre des anciens rebelles", a déclaré M. Tiangaye sur la chaîne TV5 Monde.

 

"Ce sont des milliers de personnes (qui sont concernées), ce n'est pas du jour au lendemain qu'on peut les discipliner", a-t-il ajouté, assurant toutefois qu'il y avait "une amélioration de la situation".

 

Selon lui, certains "rebelles indisciplinés" participent aux pillages, "mais il y a aussi des personnes qui ne sont pas des rebelles".

 

"L'un des défis à relever est celui de la sécurisation de l'ensemble du territoire national", a déclaré M. Tiangaye, ajoutant qu'après leur casernement, "certains rebelles seront intégrés dans l'armée, ceux qui peuvent être démobilisés le seront, et on procédera à leur réinsertion dans la vie civile".

 

Interrogé sur les risques de guerre civile alors que des dissensions sont apparues entre rebelles et que Bangui est toujours en proie aux troubles, M. Tiangaye a répondu: "on n'en n'est pas encore là".

 

Le nouvel homme fort de Centrafrique, Michel Djotodia, chef du Séléka, "fait l'unanimité et son autorité n'est pas contestée", a-t-il assuré.

 

M. Djotodia a ordonné samedi la création d'un Conseil supérieur de transition, qui aura pour mission de désigner le président pour un mandat de 18 mois, de rédiger un avant-projet de Constitution et d'assumer les prérogatives législatives.

 

La coalition rebelle du Séléka a renversé le président François Bozizé au terme d'une offensive-éclair sur Bangui le 24 mars.

 

© 2013 AFP

Centrafrique: difficile de discipliner les rebelles "du jour au lendemain" (Tiangaye)
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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 03:32

 

 

 

mardi, avril 09, 2013 Heure locale: 23:40

 

Pendant ce temps, les nouvelles autorités tentent de désarmer certains éléments de Séléka.

 

Dans un communiqué, le porte-parole de l’armée sud-africaine, le général Xolani Mabanga, a confirmé que le personnel militaire de l’Afrique du Sud qui était stationné en République centrafricaine a été retiré.


Le Président Jacob Zuma avait déjà annoncé ce retrait imminent.


Rappelons que plusieurs soldats sud-africains sont morts en RCA, lors des affrontements ayant conduit au départ de François Bozizé du pouvoir.



Par ailleurs, alors que les divers acteurs politiques et la société civile ont été appelés à proposer des noms pour représenter les membres du futur Conseil national de transition, conformément aux discussions de N’Djaména, les nouvelles autorités tentent de désarmer certains éléments de Séléka. 


Leur présence dans la capitale centrafricaine (Bangui) commence à peser lourd sur les épaules de la population, qui se dit toujours victime de pillages, surtout la nuit.


David Gotoas, journaliste à la RT Scolaire, a assisté à une scène de désarment mardi matin.


D'autre part, un officier de Séléka s’est rendu lundi à Bangui avec des hommes armés dans l’enceinte de l’Université, alors que des étudiants s’étaient réunis en assemblée pour une remise en question du bureau de l’association estudiantine ANECA.


La presse locale dit que le Colonel Moussa aurait dissout verbalement le bureau exécutif de l’Aneca, en l’absence de son président qui serait en fuite depuis le coup de force des rebelles.

Le RJDH indique que l’officier aurait pris la décision « pour amener de l’ordre au sein du campus ».

Des précisions avec Francis Mogondé, président de l’Association de la faculté des Lettres et Sciences Humaines, membre du bureau de l’Aneca.


 

RCA: les Sud-africains sont partis

 

http://www.bbc.co.uk  9 avril, 2013 - 16:27 GMT

 

L'Afrique du Sud n'a plus aucun militaire stationné en Centrafrique, a indiqué l'armée sud-africaine mardi.

 

"Toutes les forces de l'armée sud-africaine qui avaient été déployées en Centrafrique sont de retour”, a déclaré un porte-parole, Xolani Mabanga, en réitérant le bilan de 13 morts et 27 blessés sud-africains durant la chute de Bangui le 24 mars.

 

Parmi ces blessés, neuf sont toujours hospitalisés.

 

"Il n'y a aucun disparu et c'est aux rebelles de dire qui sont ces 36 ou 50 victimes qu'ils disent avoir faites", a-t-il ajouté.

 

L'armée sud-africaine a subi en Centrafrique son plus grave échec militaire depuis sa création en 1994, entraînant une vive polémique en Afrique du Sud.

 

La présidence sud-africaine dément que la mission ait pu servir à protéger des accords économiques passés entre MM. Zuma et Bozizé, rejetant les accusations de l’opposition.

 

La polémique a lieu alors que l'armée sud-africaine s'apprête à participer à la brigade d'intervention autorisée par l'ONU pour neutraliser la rébellion dans l'Est de la République démocratique du Congo

 

 
 
RCA :  retrait confirmé des soldats sud-africains
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