CENTRAFRIQUE-PRESSE.COM - Notre Mission : Toujours vous informer.
Emile Gros Raymond
NAKOMBO
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CABINET
Communiqué de Presse n° 01
Devant la dégradation de la situation sécuritaire à Bangui et sur l'ensemble du territoire national, j'ai décidé de mettre un terme à mon exil camerounais et de rentrer à Bangui pour aider à la reconstruction de la paix, de la sécurité et de la démocratie.
Je suis arrivé à Bangui hier soir.
Dès demain, j'entamerai une tournée des hôpitaux et quartiers de Bangui et Bimbo pour me rendre auprès de nos compatriotes meurtris par cette dure crise que nous vivons. J'entamerai aussi une série de rencontres politique pour qu'une issue définitive soit trouvée à la situation sécuritaire aussi bien à Bangui qu’à l’intérieur du pays pour que les résolutions de Libreville et de N’Djamena soient réellement activées afin de permettre que la transition soit une réussite pour la refondation de la République.
Nos souffrances appellent au changement.
Changement pour la Paix,
Changement pour la Sécurité,
Changement pour la Démocratie.
Bangui le 14 avril 2013
Emile Gros Raymond NAKOMBO
Ouf, Ça y est, Le partage de la première partle partage du gâteau est fait. Tous les charognards se sont servis
L’ancienne opposition démocratique, l’ancienne majorité présidentielle, du moins ce qui en reste, l’ancienne société civile, l’ancienne diaspora, et je vous en passe les meilleurs, chacune de ses entités a voté ou entériné PAR ACCLAMATION la nomination du patron de la coalition Séléka Michel Djotodia à la magistrature suprême.
Le marché est juteux pour la conquête du pourvoir. Deux théories à ce jour font recette en Centrafrique :
… La bonne illustration est le cas du premier ministre, Nicolas Tiangaye, fervent défenseur des droits de l’homme qui a touché le gros lot au grand dam des partis traditionnels qui sont implantés sur l’étendue du territoire centrafricain…
AU SUIVANT...
C’est catastrophique pour l’ancienne opposition dite démocratique réunie à l’époque au sein de l’UFVN, ensuite du FARE et puis avant le coupe force de la coalition SELEKA, qui, le couteau sous la gorge, a voté PAR ACCLAMATION la prise de pouvoir par la terreur malgré la destruction totale du tissu social économique et culturel de notre pays.
Leur seule abstention lors de ce vote d’investiture aurait donné une autre tonalité dans l’intérêt de la réussite de la transition. C’est une forfaiture
Pendant ce temps, les pillages n’ont pas cessé dans Bangui la capitale, Nos femmes et nos filles continuent d’être violées par les éléments dits incontrôlés de la SELEKA.
Les raquettes des acteurs économiques, des commerçants se poursuivent avec des chantages.
Même si ça semble évident, Croyez- moi, la question mérite d’être posé : Est-ce que la loi du plus fort sera toujours la meilleure ?
Que signifie être plus fort ?
Il n’est pas trop tard mes frères
J’interpelle le frère Martin Ziguelé président du MLPC à agir de toute ses forces auprès des entités pour qu’elles suspendent leurs participations au CNT et qu’elles exigent la fin immédiate des exactions des hommes de Séléka
J’invite aussi mes frères du Rassemblement Démocratique Centrafricain qui sont engagés dans les organes de transition à suspendre leur participation jusqu’à l’arrêt totale des exactions de Séléka.
Mon frère Emile Gros Nakombo, Je viens d’apprendre ce soir du 14 avril 2013 que tu as décidé d’interrompre son exil au Cameroun pour rentrer aider ton peuple qui souffre. Je te félicite pour ton acte de bravoure. Nous sommes là pour relayer les informations. L’opinion internationale doit être informée de la souffrance de notre peuple.
Mes frères, vous qui collaborez avec les ennemis du peuple,
L’heure est grave,
Vous êtes en train d’avoir du sang sur les mains. Séléka n’est pas venue aider notre peuple mais le détruire.
Frère premier ministre Nicolas Tiangaye, tu ne dois pas collaborer avec les assassins de ton peuple
Attention ! Vous allez tous avoir du sang sur les mains
La résistance s’organise pour sauver notre peuple
Fait à Bordeaux, le 14 Avril 2013
ALALENGBI SIMON
Ancien président du RDC France Europe Amérique
Les coups de force ont le plus souvent permis au CENTRAFRIQUE de changer de régime. Le premier qui eut lieu dans la nuit de la saint Sylvestre 1965 avait permis à BOKASSA de retirer les pouvoirs des mains de DACKO avec très peu d'effusion de sang même si ce coup de force instaurait l'école des pillages systématiques. Même s'il y avait eu moins de sang coulé, la vie d'un homme n'a pas de prix, tout le monde le sait bien, et l'on ne pourra pas être fier d'un bilan qui enregistre une telle perte.
L'avènement de Kolingba au pouvoir, bien que perçu comme un coup d’État, n'était rien de moins qu'une passation de pouvoir, qui n'avait pas la violence d'un véritable coup de force.
En 2003, l'arrivée de BOZIZE à la tête de l’État s'est concrétisée à la suite d'un parcours parti du TCHAD à destination de BANGUI, avec le cortège de viols et d'exactions enregistrés çà et là jusqu'à la destination finale.
L'accaparement du pouvoir de BOZIZE par les éléments hétéroclites de la coalition SELEKA en ce milieu de Mars 2013 s'est particularisé par les viols, les pillages et les tueries généralisés sur toute l'étendue du territoire, exactions qui vont se poursuivre même après l'intronisation de celui qui est considéré comme le chef de la coalition rebelle, après qu'il se fut auto-proclamé Président de la République.
ON NE BATIT PAS UNE REPUBLIQUE SUR LES CADAVRES DE SES FILS TOMBES « à tort » OU A JUSTE CAUSE.
Paix aux âmes des MARTYRS de 1979. Paix aux âmes des fils de la NATION qui viennent de tomber sous les coups des mitraillettes d'éléments incontrôlés qui font la preuve qu'ils
ne sont pas venus en CENTRAFRIQUE pour chasser BOZIZE du pouvoir, mais pour réduire ce pays en poussière et en cendres.
Paix aux MARTYRS DE 1979, Paix aux vaillants fils de FOUH et de BOYRABE, PAIX à toutes les VICTIMES dont le sang a coulé pour le simple fait qu'ils sont nés en CENTRAFRIQUE et qu'ils étaient CENTRAFRICAINS . Paix à toutes leurs âmes.
Au moment où un groupe d'hommes et de femmes cooptés pour constituer une bizarrerie de Conseil National de Transition regroupant encore dans son sein des hommes qui, hier, avaient trompé BOZIZE en l'applaudissant dans ses erreurs et ses égarements pour faire du CENTRAFRIQUE un pays sans armée et sans véritable ASSEMBLEE NATIONALE, on voit un PRESIDENT se faire élire à la hussarde, un peu comme pour dire aux CENTRAFRICAINS, « Voilà ce qui vous attend demain. »
Et demain, c'est dans dix-huit mois si ce n'est moins. Et demain, c'est le temps de mettre en place une constitution taillée sur mesure pour l'homme fort du moment, un texte qui lui ouvrira grandement les portes de l'élection présidentielle car entre-temps, personne ne parlera plus des accords de LIBREVILLE, la nouvelle constitution faisant désormais foi.
Ce ne sont pas des intentions que nous prêtons à l'homme fort actuel de BANGUI, la vie politique de ce pays et ses hommes politiques nous l'ont montré par plus d'une fois. Il peut être de bonne foi, mais la gourmandise de certains des hommes qui ont affamé leurs frères et leurs sœurs est telle que ce serait une réelle surprise s'ils daignaient céder une partie du pain qu'ils pensent être éternellement le leur.
Dans ce pays, on fait les textes, quand bien même ils seraient fondateurs, on les foule aux pieds, pourvu qu'on ait la part de gâteau qui doit nous revenir. Les différentes conférences tenues dans le pays pour régler les problèmes sont là pour en témoigner. Le Dialogue Politique Inclusif qu'a bien voulu soutenir feu le Président Omar BONGO est une véritable pièce à conviction dont certains des auteurs devraient baisser la tête pour penser un tant soit peu à ces enfants qui meurent à FOUH, BOYRABE et autres quartiers de Bangui et villes de province, pour cesser de continuer à flatter le monde avec leur sempiternelle macabre danse du ventre.
Des CENTRAFRICAINS ont trompé KOLINGBA pour faire que le CENTRAFRIQUE soit ce qu'il est aujourd'hui.
Des CENTRAFRICAINS ont trompé PATASSE pour faire du CENTRAFRIQUE ce qu'il est aujourd'hui.
Des CENTRAFRICAINS ont ballotté et trompé BOZIZE pour amener le CENTRAFRIQUE dans l'abîme.
Quand après l'intronisation de l'homme fort actuel de BANGUI, des CENTRAFRICAINS ferment les yeux sur les cadavres de FOUH, BOYRABE et ailleurs, sur les viols et pillages perpétrés çà et là sur toute l'étendue du territoire, on a le droit de se poser les questions suivantes et le droit d'en avoir les réponses.
POURQUOI la SELEKA a-t-il pris le pouvoir à BANGUI ?
Était-ce pour renverser BOZIZE et réduire les CENTRAFRICAINS et leur pays à néant ?
Était-ce pour établir une autre REPUBLIQUE qui ne dit pas encore son vrai nom ?
Le peuple CENTRAFRICAIN veut les réponses à ces trois questions car il ne comprend pas les tueries et les pillages qui se poursuivent après la chute du régime BOZIZE, et la reconnaissance d'un nouveau Président.
Adolphe PAKOUA
Nous signataires de la présente lettre, lançons un appel de détresse au président de la République Française, à l’union Européenne et à la Communauté Internationale pour le droit du peuple Centrafricain qui ne demande que la paix et rien que la paix.
En effet, depuis le coup de force de la coalition Seleka qui a porté monsieur Michel Dotodjia Am Nondroko comme président à la tête de la République Centrafricaine, la vie s’est arrêtée pour tout le peuple. Ce coup de force a été condamné par certains pays et la RCA a été suspendue temporairement de certaines instances internationales par d’autres.
Cependant, aucune mesure d’urgence pour ramener la paix et la sécurité n’a été proposée ni par les nouveaux maîtres de Bangui encore moins par le nouveau gouvernement pour apporter une solution à la protection de la population.
C’est dans ce climat de non droit que des actes planifiés et ciblés de violations systématiques des droits humains sont devenus monnaies courantes sur toute l’étendue du territoire. Le peuple subit assassinats, viols des femmes et des jeunes filles, tortures et mauvais traitements, pillages systématiques des biens privés et publics de la part des nouveaux hommes forts. Des enlèvements et des arrestations arbitraires ainsi que des extorsions de fonds tout cela perpétrés par les éléments de la SELEKA sans condamnations aucunes.
Depuis hier on compte 27 morts dans le seul quatier Ouango ( 7eme arrondissement) beaucoup de morts à Boy-Rabé et un obus sur une église a la Cité Jean XVIII dans le 4eme faisant 3 morts et plusieurs blessés dont le Pasteur de l'église, M. Mbaye Franco, des fouilles systématique maisons par maisons. Beaucoup pensent que ce sont les éléments de Bozize mais nous leur disons que nous ne sommes pas tous des gens de Bozize et que les assaillants parlent arabe ou haoussa et non gbaya. Par ailleurs, ce ne sont pas tous les Gbaya qui ont profité du système Bozize, encore moins les Chrétiens.
Fort de ce qui précède, nous signataires du présent appel, demandons :
Fait à Paris/Bangui, le 15 Avril 2013
Ont signé :
Jean-Pierre MARA
Goefroy-Luther GONDJE-DJANAYANG
Francis LINGBIMA
Landry CHANGEMENT
Mer et Mme Jean Louis MPLINGO
Jérôme ASSANA
Eric NGOUPANDE
Sylvestre Jean Fister BOYMANDJIA
Joseph BOYMANDJIA
Jean Fidel MAMADOU ISSA
Georges NGOUMBELE
Odile RIMANGAI
Lucien PAIZARA
Lucienne WEBBY FALMATOU
RFI samedi 13 avril 2013
Antonio Guterres, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, est en République démocratique du Congo. Vendredi 12 avril, il a visité un nouveau camp du HCR à Zongo, tout près de Bangui, sur la rive congolaise de la rivière Oubangui. Plus de 30 000 Centrafricains ont fui vers la RDC depuis que la Seleka a pris le pouvoir.
En face de Bangui, ils sont plus de 3 000 dans ce camp de toile. Tous sont partis en catastrophe. A l'instar de Crépin, un jeune étudiant. « J’ai un de mes proches qui a été abattu chez lui à la maison, relate-t-il. Je ne pouvais plus rester. Ma famille est partie, mes amis aussi. »
Apollinaire est un père de famille. Pendant le passage en pirogue, il a perdu une petite fille. Il raconte son calvaire en quelques mots seulement : « On a traversé le fleuve. Elle est tombée dans l’eau. Elle est morte. C’était un petit bébé. »
Pour la plupart des réfugiés, il n’est pas question de rentrer. « Présentement, il y a la chasse aux sorcières, confie un homme. On n’a pas mangé avec Bozizé, mais on nous poursuit pour nous tuer. »
Conditions difficiles
Les conditions sont dures ici : les réfugiés manquent de nourriture, d’eau potable, de médicaments, de moustiquaires. Le patron du HCR, Antonio Guterres, promet de tout faire pour mobiliser la communauté internationale.
Mais pas seulement : « Il n’y a jamais de solution humanitaire aux problèmes humanitaire, la solution est toujours politique, estime M. Guterres. Ce qu’il faut absolument, c’est une solution politique, que la Centrafrique devienne un pays en paix. »
Antonio Guterres a salué l’hospitalité de la RDC, qui malgré ses propres problèmes, a laissé sa frontière ouverte pour recevoir les Centrafricains.
Garoua-Boulai (Cameroun) 13/04/13 15:15- Les forces camerounaises ont bouclé samedi la localité de Garoua Boulaï, frontalière de la Centrafrique, cherchant des armes de soldats ayant fui leur pays, après le renversement du président François Bozizé, a constaté sur place un journaliste de l'AFP.
Les domiciles de deux quartiers de la ville, située à l'est du Cameroun, ont été perquisitionnés pendant six heures dans la nuit de vendredi à samedi par quelque 150 hommes de l'armée et de la gendarmerie.
"C'était une opération spéciale dans le cadre de laquelle nous recherchions du matériel militaire, notamment des armes, munitions et des tenues de l'armée centrafricaine", a affirmé à l'AFP un responsable local de la gendarmerie ayant pris part à l'opération.
"Il y a eu un coup d'Etat à Bangui, et par la suite des pillages. Il n'est pas exclu que du matériel militaire de nos voisins se retrouve à Garoua Boulaï", a-t-il ajouté.
"Nous n'avons pas découvert beaucoup de choses" lors de ces perquisitions, a-t-il poursuivi, sans donner de détail.
"Plus de 93 militaires centrafricains ont été accueillis le 25 mars à Garoua Boulai", au lendemain de la prise de Bangui par la coalition du Séléka, avait indiqué vendredi le sous-préfet par intérim de cette ville, Elie Nsangue Mwanjo.
Yaoundé désarme les soldats centrafricains réfugiés au Cameroun
RFI samedi 13 avril 2013
A Yaoundé, les autorités camerounaises viennent de lancer une vaste opération afin de désarmer des soldats centrafricains réfugiés au Cameroun après la chute de l’ex-président Bozizé, à Bangui, le 24 mars. Cette opération a été menée dans la nuit du 12 au 13 avril.
Quelque 150 militaires et gendarmes ont bouclé deux quartiers de Garoua Boulaye, une petite bourgade située à la frontière entre le Cameroun et la Centrafrique. Les perquisitions ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi de 3h du matin à 9h. Objectif / récupérer des armes infiltrées du côté camerounais suite au coup d’Etat de Bangui.
Quelques personnes ont par ailleurs été interpellées, puis relâchées après avoir été contrôlées par les forces de sécurité camerounaises. D’après une source militaire citée par l’Agence France Presse, les forces de sécurité camerounaises cherchaient surtout du matériel : armes, munitions, tenues de l’armée de Centrafrique, ce alors que près d’une centaine de soldats de RCA ont trouvé refuge dans cette localité.
Un stock d'armes important récupéré
Le Cameroun a donc décidé de réagir avec vigueur aux répercussions de cette crise centrafricaine sur son territoire. Yaoundé est sans conteste en état d’alerte et tient à contrôler cette zone frontalière très poreuse. Officiellement, aucun détail ne filtre sur cette opération secrète mais on sait de bonne source que les forces camerounaises auraient déjà récupéré un stock d’armes important de ce côté-ci de la frontière.
D’après les mêmes sources, Yaoundé craint des menaces de plusieurs natures : les armes infiltrées lors de la débâcle qui a suivi le coup d’Etat bien sûr. Mais pas seulement. Il mène également la chasse au Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d’Abdoulaye Miskine, une faction dissidente de la rébellion centrafricaine qui se sert de la zone frontalière camerounaise comme base arrière. Enfin, la présence de réfugiés, quelque 3 000 personnes selon la presse locale, devrait également être sous contrôle.
Les fouilles et les rafles devraient donc se poursuivre jusqu’à la normalisation totale de la situation en Centrafrique.
http://www.lavenir.net samedi 13 avril 2013 18h52
Réservé, voire mystérieux mais déterminé, Michel Djotodia, le chef de la rébellion centrafricaine qui a chassé du pouvoir François Bozizé, est devenu samedi le sixième président centrafricain, le premier musulman dans un pays majoritairement chrétien.
Élu dimanche par acclamation par le Conseil national de transition qui donne un vernis institutionnel à sa prise de pouvoir par les armes, Djotodia a, du moins dans les paroles, donné jusqu’ici tous les gages attendus par la communauté internationale, s’engageant notamment à remettre le pouvoir dans 18 mois et promettant un État laïc respectueux de toutes les ethnies et religions.
Né en 1949 — on ignore sa date de naissance exacte- dans la Vakaga, la préfecture la plus au nord-est de la Centrafrique, à la frontière du Tchad, ce personnage énigmatique est passé de la fonction publique à la rébellion et a vécu longtemps à l’étranger, notamment en URSS (Union des républiques socialistes soviétiques).
«C’est quelqu’un de déterminé. Quand il a décidé quelque chose, il va jusqu’au bout. Quand il donne sa parole, il la tient », assure, sous couvert de l’anonymat, un rebelle qui l’a fréquenté pendant de nombreuses années. «Cette qualité est aussi son défaut : il peut se montrer rigide et n’accepte souvent pas qu’on le contrarie quand il a décidé ».
Michel Am-Nondroko Djotodia a été formé à l’école soviétique, passant 14 ans dans ce qui était alors l’URSS. À son retour au pays, lui qui a connu la planification communiste, travaille comme fonctionnaire au ministère du Plan, avant de passer aux Affaires étrangères. Il demande ensuite à être nommé consul de Centrafrique à Nyala au Soudan.
Levy Yakété, un des zélateurs du régime de François Bozizé, soutient que Djotodia faisait partie d’une association d’intellectuels favorables à Bozizé et que c’est grâce à lui qu’il avait obtenu sa nomination à Nyala. «Il devait déjà avoir une idée derrière la tête », a affirmé Yakété à la presse étrangère, en janvier, sans donner d’autre explication.
De nombreux interlocuteurs l’appelaient encore récemment «excellence » en raison de ce titre de consul.
« Aspirations politiques immenses »
Louisa Lombard, anthropologue, et spécialiste du nord de la Centrafrique, assure que dans cette région, Djotodia est connu «comme un type un peu intellectuel » et aux «aspirations politiques immenses ». ll avait «essayé deux fois de devenir député de Vakaga, mais avait échoué », a souligné Mme Lombard sur RFI.
En 2005, Djotodia passe en rébellion et est un des membres fondateurs de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), fusion de plusieurs petits groupes.
Selon Louise Lombard, c’est à Nyala qu’il avait «fait la connaissance des rebelles tchadiens et d’autres hommes armés de la région et c’est avec leur assistance qu’il est devenu l’un des leaders de l’UFDR ».
Toutefois, en 2007, il part en exil au Bénin avec Abakar Sabone, le fondateur du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), mouvement qui a signé les accords de paix de 2008 avec Bozizé. Arrêté par les autorités béninoises, il passe plusieurs semaines en prison.
Pendant cet exil, il perd le contrôle de l’UFDR au profit de de Damane Zakaria qui signe lui aussi les accords de paix.
Mais, de retour au pays, entre 2011 et 2012, Djotodia réussit à rallier ses anciens partisans et fonde le Séléka («alliance », en langue nationale sango) en juin 2012. Moins d’un ans plus tard, il est le nouveau président centrafricain.
Le Séléka s’est montré maître en stratégie et en communication. Se présentant pour les négociations à Libreville en janvier en situation de force, avec un Djotodia habillé en tenue de camouflage. Ou effrayant parfois les forces armées centrafricaines pour les balayer sans même avoir à combattre.
Après s’être autoproclamé président, Djotodia, en acceptant les recommandations du sommet des chefs d’Etat de N’Djamena, a su mener sa barque pour pouvoir être reconnu par la communauté internationale.
L’avenir dira, s’il tiendra parole ou s’il cherchera, comme son prédécesseur François Bozizé, arrivé lui aussi par les armes, à se maintenir une fois la période de transition terminée.
PAR AI LIBREVILLE, 12 AVRIL 2013
Ai-Gabon — C'est ce jour que se tient à Libreville, la capitale un conseil des ministres de la Communauté économique et monétaire en Afrique centrale. L'ordre du jour sera essentiellement tourné vers la situation en République centrafricaine et les conséquences de la crise sur la région.
De sources diplomatiques, Michel Djotodia, le général de la Séléka qui a pris le pouvoir à Bangui le 24 mars dernier ne fera pas partie de ces assises qui ont d'ailleurs été précédées d'une réunion du comité inter-états d'experts qui s'est achevée le 10 avril. L'objectif principal de cette rencontre au sommet étant la préparation des dossiers de communication qui seront présentés le 12 avril prochain au conseil des ministres.
Lors de l'ouverture de cette réunion des experts le 9 avril, la vice-présidente de la Commission de La CEMAC, Rosario Mbasogo Kung Nguidang, a déclaré que les troubles militaro-politiques récurrents en Centrafrique menacent dangereusement la réalisation de nos objectifs d'intégration.
Selon elle, les experts de la CEMAC devaient réfléchir profondément sur les différentes pistes de solutions durables qui permettront d'assurer la bonne marche de l'organisation communautaire. En effet, c'est la Centrafrique qui abrite le siège de la CEMAC. Elle a fait savoir que l'instabilité et les pillages dans lesquels est actuellement plongée la Centrafrique, a des répercussions psychologiques, matérielles et financières non seulement sur les populations de ce pays, mais aussi sur les fonctionnaires de la CEMAC, qui ne savent plus à quel saint se vouer, et sur la sous-région tout entière. Rosario Mbasogo Kung Nguidang demande donc aux experts de la CEMAC de pencher sur les difficultés de gouvernance au sein des organismes et institutions de la communauté.
Prenant la parole à son tour, le président en exercice du Conseil des ministres de l'Union Economique des Etats de l'Afrique Centrale (UEAC), Luc Oyoubi après avoir présenté la crise centrafricaine et ses conséquences, a insisté sur le fait que la gravité de la situation nécessite des mesures idoines pour sécuriser les citoyens de la communauté. En qualité de Ministre gabonais de l'Economie, il a exprimé au nom du peuple gabonais, sa solidarité au peuple centrafricain, ainsi qu'aux fonctionnaires et agents de la Commission établis dans ce pays.
Pendant ce temps à Bangui la capitale, le Conseil supérieur de transition est devenu le Conseil national de transition qui comptera désormais 105 membres et jouera le rôle de l'Assemblée nationale.
Il s'agit en réalité d'un organe formé de deux blocs, dont le premier constitué de la rébellion coalition Séléka, des partis politiques toutes tendances confondues et des notables représentant les 16 préfectures du pays plus la ville de Bangui. Il s'est vu attribuer 55 sièges, et le second bloc, composé de la société civile, des confessions religieuses et de la diaspora, qui s'adjuge les 50 autres postes. Cette nouvelle organisation sociopolitique a été établie lors d'une réunion mercredi 10 avril dans la capitale centrafricaine entre «les forces vives de la nation», dont principalement les acteurs politiques et les organisations de la société sur la relecture de l'ordonnance du 6 avril créant le Conseil supérieur de transition dont la répartition des 97 postes a suscité la controverse. C'est dont un Conseil national de transition de 105 membres jouant le rôle d'une Assemblée nationale provisoire qui conduira finalement la transition en République centrafricaine (RCA) après la prise de pouvoir de l'alliance rebelle Séléka le 24 mars. Il remplace à cet effet, le Conseil supérieur de transition créé le 6 avril.
Centrafrique: Le Haut-commissaire pour les réfugiés se rend auprès des réfugiés centrafricains en RDC
ONU News 12 AVRIL 2013
Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), António Guterres, est arrivé vendredi au nord de la République démocratique du Congo (RDC) auprès de Centrafricains réfugiés dans une région reculée et difficile d'accès.
Dans le contexte d'insécurité continue et de poursuite des combats en République centrafricaine, notamment la capitale Bangui, les civils traversent le fleuve Oubangui en quête d'abri dans les provinces Équateur et Orientale de la RDC.
« Nous avons préenregistré plus de 29.500 réfugiés centrafricains, dont près de 24.000 dans la province Équateur », a indiqué un porte-parole du HCR, ajoutant que les réfugiés ont trouvé refuge le long d'une bande de 600 kilomètres bordant le fleuve.
M. Guterres se rendra au cours de la journée dans les villes de Zongo et Libenge, situées sur les berges du fleuve. A Zongo, il rencontrera certains des 1.800 réfugiés qui sont accueillis chez des familles hôtes. La plupart d'entre eux sont arrivés après la prise de Bangui par les combattants rebelles le 23 mars dernier.
Le Haut-Commissaire se rendra ensuite dans le camp de Worobe, à 20 kilomètres de Zongo, qui héberge plus de 2.270 réfugiés centrafricains. Un nouveau camp ayant une capacité d'accueil initiale de 10.000 réfugiés va être ouvert à Inke, dans le district de Nord-Oubangui dans la province Équateur.
Les besoins des réfugiés sont considérables, mais la zone est difficile d'accès. Le HCR coopère avec les autorités congolaises ainsi que celles de deux autres pays d'accueil, le Cameroun et le Tchad, pour fournir protection et assistance. L'agence onusienne enregistre les réfugiés, distribue de l'aide, monte des abris d'urgence et travaille avec des organisations partenaires pour fournir un appui dans les secteurs de l'éducation et des soins de santé.
« À Libenge, le Haut-Commissaire se rendra sur les sites dans lesquels le HCR finance des programmes de réintégration pour les réfugiés rapatriés et s'informera des toutes dernières nouvelles au sujet de la situation de près de 65.000 réfugiés congolais dont le rapatriement volontaire a été organisé par le HCR depuis mai 2012 », a indiqué le porte-parole du HCR.
Les rapatriés à Libenge font partie des plus de 140.000 civils qui ont fui vers les pays voisins pour échapper aux affrontements interethniques provoqués un conflit sur les conditions d'exercice du droit de pêche et d'agriculture traditionnels dans la province Équateur à la fin 2009.
Centrafrique: Plus de 2.000 enfants enrôlés par les groupes armés
Nations Unies 12 AVRIL 2013
Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a affirmé vendredi détenir la preuve évidente de la poursuite du recrutement et de l'utilisation des enfants par les groupes armés en République Centrafricaine, mettant en garde leurs dirigeants quant au fait que ces pratiques constituent une violation grave du droit international.
L'UNICEF estime que plus de 2.000 garçons et filles ont été associés à des groupes armés, y compris les groupes d'autodéfense opérant dans le pays avant la recrudescence des hostilités en décembre, l'an dernier. La prise de la capitale Bangui par les rebelles de la coalition de la Séléka le 24 mars n'a pas permis de mettre fin à de telles violations. Le recrutement et l'utilisation d'enfants par les forces et groupes armés ont été monnaie courante des deux côtés lors des dernières confrontations, et ce depuis décembre 2012.
« Le recrutement d'enfants est à la fois moralement inacceptable et interdit par le droit international. Nous avons demandé aux nouvelles autorités du pays de garantir la libération immédiate de tous les enfants associés aux groupes armés ainsi que leur protection contre de nouvelles violations », a déclaré le représentant de l'UNICEF en République Centrafricaine, Souleymane Diabaté.
« Les autorités en place à Bangui ont manifesté leur intention d'identifier et de libérer les enfants dans les rangs des groupes armés. L'UNICEF s'est engagé à coopérer avec elles pour s'assurer de l'arrêt immédiat de nouveaux recrutements et soutenir les processus d'identification et de réinsertion des enfants », a-t-il ajouté.
Depuis 2007, plus de 1.000 filles et garçons ont été libérés des groupes armés et des groupes d'auto-défense en RCA. L'UNICEF a collaboré avec ses partenaires sur le terrain pour offrir à ces enfants les services de réadaptation et de réinsertion adéquats. Au cours des quatre derniers mois, en raison des tensions, de l'insécurité et du manque d'accès des travailleurs humanitaires à une grande partie du pays, les enfants sont plus que jamais exposés à de graves risques.
À ce jour, l'UNICEF estime que seulement 25% des fonds nécessaires pour financer les activités de protection ont été reçus dans le cadre de la réponse au conflit récent.
Libération 25 mars 2013 à 21:36 Par MARIA MALAGARDIS
RÉCIT : Cet ancien diplomate, qui avait pris la tête de l’opposition, s’est proclamé président de Centrafrique.
Il a pris tout le monde de vitesse, dimanche soir, en s’autoproclamant président de la République centrafricaine. Quelques heures après que les rebelles du Séléka ont pris le contrôle de Bangui, la capitale, Michel Am Nondrokro Djotodia est ainsi devenu le nouveau maître de ce pays enclavé au cœur de l’Afrique centrale. Certes, ce sexagénaire rondouillard est depuis huit ans un des principaux leaders de l’opposition armée au président sortant, François Bozizé, désormais réfugié au Cameroun. Mais la vitesse avec laquelle Djotodia a annoncé sa prise du pouvoir pourrait laisser penser qu’il a aussi voulu court-circuiter d’autres prétendants au trône.
Etonnante tenue de camouflage
Coalition de plusieurs rébellions créée en 2012, le Séléka a longtemps été un mouvement sans visage. Quand cette nouvelle alliance lance sa première offensive, début décembre, personne n’en connaît ainsi le chef. Et lorsque des pourparlers de sortie de crise sont annoncés, début janvier, on ignore encore qui se rendra à Libreville au Gabon pour représenter ces mystérieux rebelles aux ambitions confuses, qui viennent alors de conquérir en quelques semaines 80% du pays.
C’est là que s’impose une première fois Michel Djotodia. Ses alliés comme ses adversaires auraient alors dû se méfier en le voyant soudain apparaître à Libreville dans une étonnante tenue de camouflage, la tête enturbannée dans un foulard beige : l’homme revendiquait peut-être déjà la paternité du mouvement armé.
Né dans le Nord de la Centrafrique, cet ancien diplomate a passé quatorze ans en Union soviétique avant de rentrer dans son pays natal, où il est engagé au ministère du Plan, puis à celui des Affaires étrangères. Il est envoyé ensuite comme consul de la Centrafrique à Nyala, au Sud-Soudan. Il y fait d’intéressantes rencontres : des rebelles tchadiens et peut-être quelques relais pour obtenir des armes le moment voulu. C’est en 2005 qu’il entre en dissidence et rompt avec le régime Bozizé en devenant un des leaders de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). En 2007, alors qu’il est en exil au Bénin, il est arrêté à la demande de Bozizé et passe plusieurs semaines en prison. L’UFDR lui échappe et signe la paix avec Bozizé. Mais, de retour au pays en 2011, Djotodia, qui a échoué deux fois à devenir député aux élections, se lance dans une nouvelle bataille contre le régime.
L’histoire de la création du Séléka, dont Djotodia s’affirme aujourd’hui le leader incontesté, reste encore à écrire. Mais il semblerait que le mouvement naissant ait eu dès le départ plusieurs mentors et qu’il ait aussi bénéficié de l’appui décisif du président tchadien, Idriss Déby, exaspéré par François Bozizé, jugé de plus en plus ingérable et peu fiable. En fait, Déby aurait joué double jeu, s’appuyant, selon les circonstances, sur les deux camps. Mais l’un de ses fils, Zakaria, aurait servi d’intermédiaire et de conseil auprès du Séléka. Peu étonnant dans ces circonstances que, selon certaines informations, des conseillers tchadiens encadrent déjà le nouveau président autoproclamé. Faut-il également voir dans la discrétion française face au dernier coup de force à Bangui l’ombre de Déby, devenu un allié incontournable de Paris depuis son engagement sur le terrain malien ?
Un civil consensuel
Reste que la situation est loin d’être stabilisée en Centrafrique. D’abord parce que la prise de pouvoir de Djotodia n’a pas fait que des heureux au sein même du Séléka où deux hommes, Nourredine Adam, le «militaire» (qui revendique la conquête de Bangui) et Firmin Findiro, «l’intellectuel» (un ancien ministre de la Justice de Bozizé qui a joué un rôle important dans la création du Séléka) nourrissaient eux aussi quelques ambitions. Djotodia va-t-il réussir à apaiser ces frustrations en partageant le pouvoir ? Il a déjà annoncé qu’il respecterait les accords de Libreville et même qu’il était prêt à reprendre le dernier Premier ministre de Bozizé, Nicolas Tiangaye, un civil consensuel mais «soupçonné d’être un peu mou», confie depuis Paris une opposante qui redoute la confusion ambiante et l’absence de leadership légitime.
«Comment peut-on s’autoproclamer président comme ça ?» s’inquiète-t-elle, pas vraiment rassurée par la première interview du nouveau maître de Bangui : hier matin sur Radio France internationale (RFI), Michel Djotodia a certes affirmé qu’il voulait «ramener la paix» et que les biens pillés lors de la prise de la ville seraient restitués à leurs propriétaires. Mais combien de temps durerait cette transition ? Trois ans, comme prévu par son prédécesseur à Libreville, a assuré Djotodia, qui promet d’organiser alors des élections. Quant à «remettre le pouvoir» à d’autres à cette occasion, la question fait rire le nouveau président autoproclamé, qui refuse de s’y engager.