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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 01:14

 

 

 

 

 

 

RFI  mardi 03 décembre 2013 à 22:52  Par Christophe Boisbouvier

 

Les 6 et 7 décembre, la Centrafrique sera au cœur du sommet qui réunira plusieurs dizaines de chefs d’Etat africains autour de François Hollande à Paris. Et cela d’autant plus que dans les trois jours, le Conseil de sécurité de l’ONU doit donner son feu vert au déploiement d’un millier de soldats français dans ce pays. Des militaires français, oui, mais pour quoi faire ? Entretien avec Béatrice Epaye, figure de la société civile centrafricaine. Ancienne députée indépendante, elle siège aujourd’hui au Conseil national de transition et préside la Voix du cœur, une association pour les enfants des rues.

 

RFI : Il y a deux mois, vous avez lancé un cri d’alarme, « la Centrafrique est un pays qui n’existe presque plus » avez-vous dit ; aujourd’hui, la situation s’est-elle améliorée ?

 

Béatrice Epaye : Non, la situation ne s’est pas améliorée, mais on sent que les choses bougent. Il y a plus d’engagements du côté de la communauté internationale et aussi l’engagement de la France qu’on attendait. Mais maintenant, il faut agir vite parce que la population souffre.

 

Est-ce qu’il y une situation « prégénocidaire », comme disent les Américains ?

 

Ce n’est pas un mot que je voudrais employer, mais sur le terrain on voit que les communautés s’affrontent. Vous avez entendu parler des anti-balaka [« anti-machette » en sango, milices d'autodéfense]. Ce sont des jeunes des villages, qui à cause des exactions, se sont organisés pour aller contre les Seleka. Mais parfois, ils font l’amalgame avec d’autres paisibles populations qui sont musulmanes, surtout les Peuls. Tout ça, il faut arrêter. Souvent, les musulmans vont chercher refuge chez les Seleka, tout comme les chrétiens qui vont s’abriter dans les évêchés, tel qu’à Bossangoa, à Bouar, à Bangassou. Donc je crois qu’il faut agir vite pour que ce qui se passe aujourd’hui ne soit pas appelé demain génocide.

 

Et dans votre région natale à Bossangoa, les deux communautés continuent de se regarder en chiens de faïence ? N’y a-t-il pas d’apaisements depuis deux mois ?

 

Il n’y a pas d’apaisements, les deux communautés ont peur. D’un côté, les chrétiens ont peur des Seleka qui appuient la communauté musulmane, et de l’autre côté, la communauté musulmane a peur des anti-balaka. Nous avons sur place la Fomac qui est la force d’Afrique centrale, qui va devenir Misca, mais jusqu’à présent, ces forces n’ont pas pu sécuriser les populations. Et je crois que c’est tout à fait normal aujourd’hui qu’il y ait une intervention française pour les appuyer.

Est-ce qu’il y a des massacres dans certains villages qui vous font craindre peut-être une explosion de violence ?

 

Oui, à Gaga après le passage des anti-balaka, - c’est dans la région de d'Ombella-Mpoko, à peut-être 250 kilomètres de Bangui - on a vu les Seleka venir dans ce village exterminer toute une population, puisqu’ils sont rentrés de maison en maison pour assassiner les populations, en représailles des anti-balaka. On a vu aussi les anti-balaka, à 40 kilomètres de Bossangoa, rentrer dans un campement peul, pour assassiner à leur tour des populations peules qui sont parfois confondues aux Seleka puisqu’ils ont le même type sahélien, ils parlent le peul et ils sont de confession musulmane. Et souvent les Seleka rentrent aussi dans leurs campements pour les rançonner, leur enlever leurs enfants, en faire des enfants-soldats. On est dans une confusion totale.

 

Et quand les soldats français vont se déployer en appui à la Misca, est-ce que le rapport de force ne va pas changer en faveur des anti-balaka ? Et est-ce que ces milices ne risquent-elles pas de commettre des crimes contre la minorité musulmane ?

 

Je ne pense pas que l’intervention française va avantager une communauté par rapport à l’autre, non c’est pour sécuriser l’ensemble du pays. Donc tous ceux qui auront des armes, qui voudront utiliser ces armes pour tuer, je crois que ceux-là seront les cibles de l’armée française.

 

Cette semaine à New York, le Conseil de sécurité des Nations unies doit donner son feu vert à cette intervention militaire française en appui à la Misca, est-ce que cela vous satisfait pleinement ou pas ?

 

Il semblerait que nos autorités en Centrafrique ont écrit pour demander l’intervention de la France, mais il faut agir vite. Aujourd’hui, on lit sur le visage d’un Centrafricain la haine, la souffrance.

 

Quand vous dites qu’on voit la haine, ça veut dire qu’il y a de vrais risques de vengeance de la part des anti-balaka contre les Seleka ?

 

Ce n’est pas seulement les anti-balaka, on voit la résistance qui se créée à des manifestations, même dans la capitale, Bangui. Quand on a vécu ensemble, entre communautés, voisins et que du jour au lendemain, tu vois ton voisin se lever, aller piller ta maison, prendre une arme, tirer sur ton enfant... ça, tu gardes dans ton tréfonds et un jour viendra où tu va faire comme lui. Donc, c’est ça qu’il faut arrêter.

 

Pour l’instant, il n’y a que la France qui soit favorable à l’envoi de casques bleus dans votre pays. Les Américains, les Russes, les Chinois sont très hésitants. Est-ce que la formule Misca plus armée française, suffira-t-elle ou pas ?

 

Il ne faut pas seulement que ce soit une force qui intervient pour chasser les malfaiteurs et qui s'en va ensuite et qu'après les malfaiteurs s’organisent, comme on a toujours vu, pour revenir dans le pays pour refaire les mêmes exactions. Il faut que ce soit durable. Alors si la durabilité, c’est que ces forces de la Misca, appuyées par la France, se transforment plus tard en force de l’ONU, ça va nous aider peut-être à réhabiliter notre armée, à avoir des forces de sécurité centrafricaines. Il faut trouver une solution durable, il ne faut pas qu’on reste dans cette récurrence de coups d’Etat, de rébellions, etc. Il faut penser à reconstruire ce pays, c’est un pays potentiellement riche, il y a des ressources, mais il faut seulement la gouvernance, l’exploitation rationnelle de ces ressources pour aider ce pays à se développer comme les autres.


En vue du sommet « Paix et Sécurité en Afrique », qui se tiendra les 6 et 7 décembre à Paris en présence de nombreux chefs d'Etat africains, la présidence française a d'ores et déjà mis en place un site internet et un compte Twitter consacrés à l'évènement.

Béatrice Epaye : «Aujourd’hui, on lit sur le visage d’un Centrafricain la haine et la souffrance»
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 01:00

 

 

 

 

 

 

Bangui 2 DÉCEMBRE 2013 (AFP)

 

Aux abords de la piste et du parking de l’aéroport de Bangui, les engins de chantier de l’armée française creusent, nivellent, installent des réservoirs de kérosène. Objectif : adapter au plus vite les infrastructures aux besoins de l’intervention imminente en Centrafrique.

 

"Au Mali, on l’a fait en six heures.Ici, il faut cinq jours de travail", explique à l’AFP le lieutenant-colonel Fayeau, du Régiment de génie de l’air (RGA) d’Istres (sud de la France), spécialisé dans l’adaptation des infrastructures aéroportuaires aux besoins des militaires.

 

Avant de débuter les travaux, "on sonde la solidité du terrain pour savoir quel type d’appareil peut se poser", détaille le lieutenant Pierrot, du RGA.

 

L’aéroport international M’poko de la capitale centrafricaine a été construit sur un terrain marécageux, au sol mouvant.

 

Il est ancien et son parking est trop petit pour permettre d’une part aux avions cargos géants qui vont ravitailler la force française de stationner et de manoeuvrer sans gêner le trafic civil, et d’autre part pour accueillir notamment les hélicoptères qui seront basés sur le site.

Il faut donc l’agrandir avant le déclenchement de l’opération et, au préalable, stabiliser le terrain. Contrairement à d’autres pays du continent, en Centrafrique, il n’y a pas d’entreprises disposant du matériel adéquat et capables de mener à bien les travaux dans un délai si court.Dans un pays où l’économie est quasi à l’arrêt, même les matériaux de chantier (pierres, remblais...) se font rares.

 

Chicanes et missiles anti-chars

 

Impossible donc de sous-traiter le chantier à un contractant civil. Aussi, camions de chantiers, bulldozers, niveleuses, "tous les engins sont venus par avion" avec un détachement du génie, pré-positionné dans la base française de Libreville, au Gabon, dit le lieutenant-colonel.

 

Vétuste, l’aéroport de Bangui manque également de réservoirs de kérosène. Les militaires en installent donc deux supplémentaires, pour assurer l’autonomie en carburant "de tous les aéronefs" de l’opération.

 

Les travaux se déroulent juste à côté de la base du détachement de l’armée française Boali, présent en Centrafrique depuis 2002 avec pour mission de sécuriser l’aéroport et de préparer une éventuelle évacuation des ressortissants européens.

 

Avec le vote attendu dans les prochains jours d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU autorisant la France à intervenir militairement pour épauler la force africaine chargée de rétablir l’ordre dans le pays, livré aux exactions d’hommes armés depuis des mois, les 400 paras des troupes de marine de Boali jouent désormais en plus le rôle d’avant-garde.

 

Protégés, à l’unique entrée de l’enceinte aéroportuaire, par des guérites de sacs de sable et des chicanes de béton, leurs mitrailleuses lourdes tiennent en enfilade la longue ligne droite du boulevard menant à l’aéroport.

 

Sur le toit de l’aérogare, serveurs de missiles anti-chars et tireurs d’élite se relaient 24 heures sur 24 pour empêcher toute intrusion hostile, garantir l’ouverture de la piste au trafic et, dans l’attente du feu vert de l’ONU, éviter toute interruption dans le chantier d’aménagement de l’aéroport.

 

Ces 400 soldats ont été rejoints par un peu plus de 200 militaires français supplémentaires arrivés ce week-end à Bangui, selon le ministère français de la Défense.

Centrafrique : l’armée française réaménage l’aéroport de Bangui pour son intervention
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:48

 

 

 

 

 

 

http://www.larepubliquedespyrenees.fr   02/12/2013 à 08h00

 

Officiellement, c'est "No comment". La France, qui doit déployer environ 800 hommes supplémentaires en Centrafrique, en soutien des forces locales, ne se déterminera que cette semaine lors d'un mini-sommet à l'Elysée.

 

Mais, sur le terrain, dans un pays en proie à de graves troubles, les opérations s'ébauchent. Et, en fin de semaine dernière, l'appareil gros porteur Antonov, destiné à embarquer des hélicoptères et du matériel militaire, s'est une nouvelle fois posé à l'aéroport Pau-Pyrénées.

 

Rappelons que l'intervention au Mali avait déjà nécessité l'emploi de ce monstre des airs. S'il reste engagé sur le théâtre malien - avec environ 200 personnels au moins jusqu'à la mi-janvier - le 5e RHC n'est en revanche pas concerné par ces nouvelles manoeuvres.

 

Selon nos informations, les rotations effectuées au départ de l'aéroport béarnais touchent plutôt "différentes unités combattantes installées dans le Sud-Ouest", explique une source militaire. En clair, et outre les forces spéciales dont l'engagement reste toujours difficile à quantifier, cela concerne notamment le régiment de Bayonne, ainsi que les 3e et 8e RPIMA de Castres et Carcassonne. Il s'agit là d'éléments appartenant à la 11e brigade parachutiste.

 

"A Bangui, capitale de la Centrafrique, l'aéroport est ouvert pour faciliter des acheminements par voie aérienne. Une douzaine de vols gros porteurs sont d'ailleurs déjà programmés et affrétés depuis Pau et Istres", indiquait ce week-end l'envoyé spécial de nos confrères de RFI.

Lu pour vous : Intervention en Centrafrique : des départs depuis Pau
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:32

 

 

 

 

 

le Figaro 01/12/2013 à 19:54

 

Les troupes de l'ex-rébellion qui ont pillé la ville et pris le pouvoir en avril sont particulièrement impopulaires.

 

Le défilé traditionnel de la fête nationale a été annulé à Bangui. Au lieu de fêter l'anniversaire de son indépendance, la Centrafrique attend une nouvelle fois dans l'anxiété et l'incertitude l'intervention de l'ancienne puissance coloniale pour enrayer une crise politique qui a atteint ces derniers mois un point de non-retour.

 

Moins d'un an après avoir été porté au pouvoir par les rebelles de la Séléka (la «Coalition»), le président Michel Djotodia a presque entièrement perdu le contrôle du pays. Retranché dans le camp de Roux, sur les hauteurs de Bangui, il est plus dépendant que jamais des soldats auxquels il doit son pouvoir. Or les troupes de la Séléka, après avoir pillé la capitale en mars dernier, sont aujourd'hui presque considérées comme des troupes d'occupation par une grande partie de la population de la ville.

 

Craignant un attentat ou une émeute, Djotodia a donc préféré à la dernière minute éviter une apparition publique au cours du défilé, au grand soulagement des invités de la tribune officielle.

 

La crise politique s'aggrave d'un soulèvement général des campagnes, qui atteint presque les faubourgs de Bangui. Les milices Anti-Balaka ont pris les armes, et affrontent les soldats de la Séléka dans des combats sporadiques dont la population fait les frais. Ce qui restait de l'appareil d'État a parallèlement connu une désagrégation accélérée, alors que la colère populaire contre les musulmans risque de déboucher sur des violences à grande échelle si les circonstances le permettent.

 

Les milices Anti-Balaka affrontent les soldats de la Séléka dans des combats sporadiques dont la population fait les frais

 

Cette rapide détérioration de la situation conduit une nouvelle fois la France à intervenir en Centrafrique. Depuis l'opération «Barracuda», qui avait déposé en 1979 l'empereur Bokassa Ier, l'armée française a été régulièrement engagée dans diverses missions de rétablissement de l'ordre dans une ancienne colonie devenue au fil des années une faillite presque complète.

 

François Hollande avait cru pouvoir échapper à la malédiction en refusant de venir en aide au président François Bozizé au printemps 2013, quand les colonnes des rebelles de la Séléka avaient pris Bangui sans coup férir. Mais le risque de voir un complet effondrement de l'État centrafricain et la perspective d'une crise de grande ampleur ont finalement contraint la France à une nouvelle intervention où elle a beaucoup à perdre et peu à gagner.

 

Militairement, l'affaire ne présente guère de difficultés. L'armée française est intervenue tellement souvent en RCA qu'elle peut se déployer dans Bangui les yeux fermés. La réouverture des principales routes, vers le Tchad et le Cameroun, axes vitaux dans un pays enclavé, est aussi une mission relativement aisée: l'opération n'a officiellement pas d'adversaires définis. Le rétablissement de l'ordre peut impliquer de réduire les éléments «incontrôlés» des troupes de la Séléka. Même si certains groupes décident de résister, ils ne font pas tellement le poids face aux unités françaises, en partie composées de forces spéciales et de parachutistes du 8e RPIMa.

 

Le volet politique est en revanche beaucoup plus délicat. «Ce n'est pas comme le Mali, qui était presque aussi simple qu'un jeu vidéo, avec les ennemis devant dans le désert, et les amis derrière», dit l'analyste Roland Marchal, chargé de recherche au Ceri. «En Centrafrique, ils sont partout et nulle part. La Séléka est intégrée dans les forces armées de l'État que l'on vient aider, et les Anti-Balaka sont aussi responsables de violences et de meurtres. Le pari est de rétablir la loi et l'ordre, arrêter les criminels et enclencher un processus de réconciliation nationale.»

 

«Or, poursuit-il, je crains que les figures politiques du gouvernement de transition, le président Michel Djotodia et son premier ministre, ne soient déjà délégitimées et que la France ne se repose un peu trop sur l'ONU pour le volet politique de l'opération.»

 

D'autres analystes regrettent que l'intervention ait lieu aussi tardivement. Mais les options sont à présent limitées. La France ne peut laisser son ancienne colonie s'enfoncer dans le chaos. La résolution de l'ONU autorisant l'intervention des troupes françaises pour le rétablissement de la paix doit être votée cette semaine. L'opération pourrait commencer aussitôt après. Les renforts sont déjà en train d'arriver sur l'aéroport de Bangui M'Poko, et environ 1 500 soldats français devraient être engagés dans l'opération. Officiellement, les troupes françaises seront déployées en soutien d'une force panafricaine, composée de contingents congolais, camerounais et tchadiens. Mais tout le monde sait, à Paris comme à Bangui, que la responsabilité du succès ou de l'échec de cette mission de la dernière chance sera finalement imputé à la France.

Lu pour vous : Plongée dans la crise, Bangui attend l'intervention de l'armée française
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:29

 

 

 

 

 

 

02/12/2013 à 15h25 -- Mis à jour le 02/12/2013 à 15h35

 

MONDE - Il se rend ce mardi à Paris pour représenter son pays au sommet sur la sécurité en Afrique...

 

Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, a assuré lundi «compter» sur la France pour rétablir la sécurité en Centrafrique, à quelques jours du lancement d'une vaste opération militaire française dans le pays, soulignant également la nécessité d'une aide économique internationale massive.

 

Il sera mardi à Paris

 

«La situation sécuritaire et humanitaire est toujours préoccupante (...) C'est la raison pour laquelle nous comptons sur l'engagement de la communauté internationale, particulièrement avec l'intervention de la France et des pays africains de la Misca (Force africaine en cours de déploiement en Centrafrique) pour arriver à sécuriser davantage l'ensemble du territoire», a déclaré dans un entretien à l'AFP à Bangui M. Tiangaye, qui se rend mardi à Paris pour représenter son pays au sommet, prévu vendredi et samedi, sur la sécurité en Afrique.

 

Pour cette intervention, à laquelle le conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à donner son feu vert, M. Tiangaye - interlocuteur de la communauté internationale dans la crise - a souhaité que les forces françaises et africaines obtiennent un mandat «sous chapitre 7» de la charte de l'ONU.

 

«Il faut que ces forces soient dotées de moyens coercitifs pour rétablir la paix et la sécurité» dans le pays, livré à une insécurité généralisée et menacé d'une guerre civile depuis le renversement en mars du président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka - depuis dissoute - dirigée par Michel Djotodia, a insisté le Premier ministre. «Il est évident» que les effectifs prévus actuellement pour la force - 3.600 soldats africains, un millier de militaires français - «seront insuffisants mais je pense qu'il faut procéder de façon progressive (...) C'est une première étape qu'il faut déjà saluer». Sur le risque d'une guerre civile à caractère religieux opposant chrétiens et musulmans, M. Tiangaye s'est montré très réservé, appelant à «éviter toute généralisation».

 

«Répartition équitable des richesses»

 

«Il y a deux villes qui sont menacées: Bossangoa et Bouca», dans le nord-ouest du pays où des violences intercommunautaires entre chrétiens musulmans ont fait au moins une centaine de morts et 40.000 déplacés depuis septembre, a-t-il rappelé.

 

«Le gouvernement est en train de tout mettre en oeuvre pour juguler cette crise à connotation confessionnelle. Je crois qu'il faut éviter toute généralisation», a-t-il assuré, affirmant gérer de «manière consensuelle» la crise avec M. Djotodia, premier président musulman de l'histoire d'un pays très majoritairement chrétien.

 

Au sommet de Paris, dont la crise en Centrafrique sera l'un des principaux sujets, M. Tiangaye entend insister sur «deux points»: d'abord «l'aspect sécuritaire et humanitaire qui sont intimement liés» dans la crise actuelle qui affecte la quasi-totalité de la population du pays.

 

«Le deuxième message portera sur l'aide financière, parce que notre économie est, comme on le dit, asphyxiée. Il va falloir une aide de la communauté internationale pour nous accompagner» pour redresser le pays avant des élections générales prévues en principe d'ici 2015, a-t-il ajouté.

 

Evolution des pratiques politiques indispensable

 

Sur le plus long terme, pour sortir du cycle sans fin de rébellions, conflits, coup d'Etat qui émaillent l'histoire troublée du pays depuis son indépendance en 1960, M. Tiangaye - qui a un long passé de militant des droits de l'Homme à Bangui - pense qu'une profonde évolution des pratiques politiques est indispensable.

 

«Il faut qu'il y ait une bonne gouvernance (...) Une bonne gouvernance, cela signifie qu'il y ait une répartition équitable des richesses du pays et qu'il ne faille pas qu'un groupe confisque le pouvoir au profit de son ethnie, de sa région», a-t-il expliqué, ajoutant: «il nous faut aussi une armée républicaine, professionnelle et équilibrée».

 

«Lorsque nous aurons rempli ces conditions, il y aura très peu d'arguments pour permettre aux gens de prendre les armes», selon lui.

 

 avec AFP

Centrafrique: Le Premier ministre «compte» sur la France
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:04

 

 

 

 

 

Briefing Afrique N°962 déc. 2013

 

SYNTHESE

 

Durant les neuf derniers mois, ce qui restait de l’Etat centrafricain s’est effondré avec de graves conséquences humanitaires (400 000 personnes sont déplacées et presque la moitié de la population a besoin d’aide humanitaire). Le gouvernement de transition et la force de sécurité régionale ont été incapables de freiner la chute dans l’anarchie aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine et notamment à Bangui. Après plusieurs mois de passivité et à la suite de tueries, la communauté internationale a pris conscience des conséquences de la faillite de la RCA. Malheureusement, la détérioration de la situation est bien plus rapide que la mobilisation internationale et Bangui est au bord de l’explosion. Dans l’immédiat, le Conseil de sécurité devrait fournir un mandat sous chapitre 7 à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) épaulée par les forces françaises pour rétablir l’ordre dans Bangui dans un premier temps puis se déployer dans d’autres villes. Par la suite, la réconciliation religieuse devrait être privilégiée et des mesures de stabilisation devraient être appliquées.

 

En juin 2013, l’International Crisis Group mettait en avant le risque que la République centrafricaine (RCA) devienne ingouvernable. Ce risque est dorénavant réalité. La Seleka, une coalition armée très hétéroclite composée de combattants musulmans et qui a pris le pouvoir en mars 2013, s’est disloquée en une multitude de groupes armés qui commettent de nombreuses exactions et provoquent la réaction de milices d’autodéfense et un conflit confessionnel.

 

La Centrafrique est aujourd’hui confrontée à trois défis : à court terme, restaurer la sécurité et l’ordre public et fournir une aide humanitaire d’urgence ; à moyen terme, mener à bien la transition politique qui doit durer dix-huit mois ; à long terme, rebâtir l’Etat. La transition et la reconstruction de l’Etat ont pour préalable le retour d’une sécurité minimale. Tandis que l’instabilité a déjà atteint la frontière camerounaise, la combinaison du ressentiment religieux et de l’impuissance des autorités de la transition est la parfaite recette pour des affrontements meurtriers entre la population et les groupes de la Seleka, notamment dans la capitale.

 

L’option de stabilisation choisie (le déploiement d’une mission de maintien de la paix de l’Union africaine, Misca, qui repose sur les troupes d’une mission présente depuis 2008) n’est actuellement pas efficace et, après la mission d’évaluation technique des Nations unies menée en octobre 2013 et la décision française de renforcer sa présence militaire sur place, il y a un consensus général sur la nécessité d’une réponse sécuritaire d’urgence. Le Conseil de sécurité prépare actuellement une résolution qui doit être adoptée très rapidement.

 

Dans l’immédiat, les mesures suivantes devraient être adoptées :

 

Le Conseil de sécurité devrait autoriser, grâce à un mandat sous chapitre 7, la Misca, soutenue par les forces françaises, à utiliser tous les moyens nécessaires pour stabiliser le pays. La mission devrait avoir pour priorité la restauration de l’ordre public, la protection des civils, la fourniture d’aide humanitaire et la surveillance des violations des droits de l’homme. D’autres pays devraient également fournir des appuis logistiques (notamment des moyens de transports) ainsi qu’un soutien en matière de renseignement, en coordonnant leur action avec la France et l’Union africaine.

 

Les forces disponibles sur place (Misca et troupes françaises) devraient être renforcées et engagées pour rétablir l’ordre dans la capitale en appui des forces de sécurité nationale résiduelles, en quadrillant la capitale et en contrôlant les entrées et les sorties de Bangui et en favorisant le redéploiement des forces de police et de gendarmerie nationales qui ont déjà repris possession de certains commissariats occupés auparavant par les éléments de la Seleka.

 

Une fois Bangui sécurisée, les forces de l’Union africaine de la Misca et les troupes françaises devraient étendre l’opération de sécurisation aux villes déjà victimes d’affrontements entre la Seleka et les groupes d’autodéfense et où les tensions entre chrétiens et musulmans sont vives ainsi qu’aux axes principaux, notamment celui qui relie la capitale à la frontière camerounaise.

 

Le Conseil de sécurité, après avoir adopté la résolution sous chapitre 7, doit garantir la fourniture rapide de ressources supplémentaires, notamment en matière logistique et pour conduire des patrouilles nocturnes, afin d’assurer le déploiement rapide et complet de cette mission. Au même moment, l’UE et l’UA devraient rapidement trouver un accord pour financer les troupes de la Misca.

 

A moyen terme, il est nécessaire de :

 

Mettre en œuvre, sous l’égide des Nations unies et avec l’appui financier des bailleurs, des initiatives de dialogue interreligieux et des projets de reconstruction urgents dans les zones d’affrontement et plus particulièrement dans les villes où les chrétiens et les musulmans vivent maintenant séparément.

 

Lancer sans tarder la première phase du programme de désarmement, démobilisation et réintégration (cantonnement et désarmement) pour les combattants de la Seleka, établir une équipe d’enquêteurs chargés de mener des investigations sur le pillage des ressources naturelles du pays, soutenir la commission mixte d’enquête et déployer rapidement des équipes de reconstruction locale.

 

Le Conseil de sécurité devrait continuer de suivre la situation centrafricaine et considérer sérieusement la transformation de la Misca en une force de maintien de la paix des Nations unies si cela s’avère nécessaire. Une baisse de la tension sécuritaire dans la capitale, un retour à la normale dans certaines agglomérations de province et la reprise du trafic routier et des échanges économiques entre la capitale et des provinces devraient permettre d’envisager le défi de moyen terme, c’est-à-dire mener à bien la transition. Pour ce faire, les recommandations politiques du précédent rapport de Crisis Group relatives à la conduite de cette transition parmi lesquelles l’envoi d’une mission électorale exploratoire des Nations unies, la mise en œuvre d’une réforme du secteur de la sécurité et d’une réforme des finances publiques restent pertinentes. Mais alors que la RCA est aujourd’hui au bord du gouffre, il faut en priorité mettre tout en œuvre pour restaurer la sécurité.

 

Nairobi/Bruxelles, 2 décembre 2013

Centrafrique : l’intervention de la dernière chance (ICG)
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:02

 

 

 

http://www.metronews.fr   02-12-2013 18:09

 

INTERVIEW - Dans les semaines à venir, les soldats français devront rétablir l'ordre en Centrafrique. Directeur du projet Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG), Thierry Vircoulon décrypte pour metronews la situation sur place et les enjeux de l'intervention française.

 

Qui sera l'ennemi en Centrafrique ? Alors qu'une intervention militaire française s'organise, metronews a posé la question à Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG)*.

 

La haine entre chrétiens et musulmans est-elle ancienne en Centrafrique ? 


Non, c'est une explosion de violence assez inattendue. En Centrafrique, l'histoire des relations religieuses était jusqu'ici plutôt pacifique. Tout au plus y avait-il un ressentiment sous-jacent envers les musulmans : ceux-ci sont minoritaires (10 à 20%) mais, comme dans beaucoup de pays de la région, ils contrôlent le commerce. Du coup, ils sont un peu plus riches que la moyenne.

Qu'est-ce qui a mis le feu aux poudres ?

 

 La situation a basculé quand les rebelles de la Séléka sont entrés dans le pays, en début d'année. Leur objectif, c'était de piller. Mais le banditisme a peu à peu pris une tournure religieuse, des rebelles musulmans contre les chrétiens. Ces derniers se sont à leur tour organisés en milices d'auto-défense (les anti-Balakas"). Enfin, des musulmans qui n'étaient pas des combattants ont de leur côté rejoint la Séléka pour se protéger. Nous sommes dans un cycle infernal.

 

D'où viennent ces hommes de la Séléka ? 

 

Ils viennent de la zone tchado-soudanaise. Le Darfour, comme le Sahel, est devenue une zone de banditisme structurel, sans contrôle politique et où règne la loi des bandits. Nous assistons donc à une darfourisation de la Centrafrique.

 

Face à eux, la mission de la France s'annonce-t-elle difficile ? 


Techniquement, ce sera beaucoup moins dangereux que le Mali. Il ne s'agira pas d'anti-terrorisme, ni même de maintien de la paix classique. C'est plutôt une mission de police internationale. Le principal problème, c'est que les soldats français n'auront pas en face d'eux un ennemi organisé, mais des bandes armées éparpillées, plus difficiles à saisir. Un certain nombre d'entre deux ont d'ailleurs déjà commencé à fuir, à l'annonce de l'intervention.

 

Une fois l'ordre rétabli, quelle sera l'étape suivante ?

 
Il faudra ensuite veiller à la transition politique. En restant dans le cadre est déjà fixé, par des accords signés à Libreville. En veillant, surtout, à ce que les musulmans du Nord restent représentés. Il ne faudrait pas qu'une des conséquences de l'intervention française soit de faire repartir le balancier dans l'autre sens en écartant les musulmans. Ce serait risqué.

 

* ICG vient d'éditer un rapport d'analyse de la situation en Centrafrique (en anglais).

 

 

Lu pour vous : Centrafrique : "La France fera face à des bandes de bandits éparpillées"
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 23:54

 

 

 

 

 

http://fr.radiovaticana.va/   2013-12-02 19:31:04


(RV) La Centrafrique attend les renforts. 500 militaires congolais sont arrivés dimanche à Bangui, la capitale. Ils participeront à la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique, qui doit être opérationnelle mi-décembre. De leur côté, les forces françaises s’organisent en attendant le feu vert de l’ONU. Le conseil de sécurité des Nations unies va voter au milieu de la semaine une résolution française. Cette dernière doit autoriser le déploiement d’une force africaine soutenue par la France. 


Et même si cette force n’est pas encore opérationnelle, l’annonce de sa venue a déjà eu des effets dans le pays, comme l’explique Mgr Dieudonné Nzapailanga. Il est l’archevêque de Bangui.  

Quelle est actuellement la situation en Centrafrique ?


On a vu que le climat a changé, car bien avant, il y avait beaucoup d’exaction, beaucoup de criminalité et aussi beaucoup d’oppression dans la ville de Bangui et à l’intérieur du pays. Nous avons l’impression que l’annonce de la venue du gendarme fait peur. Et j’espère que c’est pour qu’on puisse prendre conscience des vrais problèmes qui sont dans ce pays. Pour qu’on se dise il est temps pour nous de se retrouver pour trouver de vraies solutions, nous les fils de ce pays, avec le concours des autres. 


Nous avons remarqué qu’à l’intérieur de la Centrafrique, notamment à Bossangoa, beaucoup de gens qui étaient agglutinés autour de l’évêché sont toujours présents. Avec les musulmans d’un côté et les catholiques de l’autre. Nous avons lancé l’appel pour qu’il y ait un courage et une volonté politique, pour qu’on puisse faciliter le retour de ces personnes dans leurs maisons. Ce qui veut dire que le Séléka quitte la ville. La situation est restée précaire, on va dire un calme plat, ce que nous attendons c’est l’arrivée des forces de la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique.


Est-ce que vous pensez que le renforcement des forces sera suffisant ?


Nous avons salué et encouragé ce renforcement, car c’est pour aider les civils qui ont beaucoup souffert et qui souffre encore. Et ces forces-là pourront donner une chance à ces civils. Ils auront la possibilité de retourner dans leurs maisons et de reprendre une vie normale et digne. Ces forces ne seront pas suffisantes, nous devons ajouter la dimension de dialogue entre les Centrafricains. Personne ne pourra résoudre nos problèmes si nous même, nous ne prenons pas le problème à bras le corps. Sinon nous aurons toujours notre éternel problème et nous allons avoir nos frères et nos sœurs qui resteront à la merci de tous les dangers, ça veut dire que nous allons les exposer pour nos besoins égoïstes et politiques.

 

Une résolution française va être votée cette semaine à l’ONU. Est-ce une étape importante pour vous ?


C’est important parce que la France connaît la République centrafricaine. Nous avons été une de ses colonies, pour nous c’est donc un bon geste. Et nous voulons que cette mission de l’ONU soit une mission robuste, c’est-à-dire nous voulons le chapitre 7, qui permet de recourir à la force, pour convaincre les bandits et les criminels de laisser les populations libres. 

Mais certaines personnes ont parlé d’une nouvelle ingérence de la France en Afrique…
 

Moi je pense que cette intervention est positive. Parce que nous avons eu 8 mois où l’on aurait pu réguler la situation et aussi faciliter la sécurité mais hélas nous sommes toujours au point zéro et on est même allé vers le pire et nous ne voulons pas que les gens continuent à être massacrés. Le droit à l’ingérence existe. Les populations civiles sont maltraitées, tuées alors qu’elles sont innocentes et il est normal que la communauté internationale se penche sur un pays qui fait partie du concert des nations pour secourir les civils. Et je pense que le fait que la France prenne le problème à bras le corps, ça veut dire que les gens qui sont ici ont quand même donné des informations qui sont fiables. 



Un mini-sommet sur la Centrafrique va se tenir vendredi 6 et samedi 7 décembre à Paris, qu’en pensez-vous ?


Je ne peux que poser un regard d’espérance. Car nous avons des frères qui ont voulu nous aider. Voilà les bons samaritains qui s’arrêtent pour s’occuper de leurs frères et chercher des solutions pour nous aider à retrouver notre dignité, notre cohésion et une vie normale. Je ne peux que féliciter et encourager une telle démarche. Et j’espère que nous même, en tant que Centrafricains, nous allons prendre conscience que les voisins sont en train de nous tendre la perche et que nous devons la saisir pour nous même et pour nos frères et nos sœurs. Nous espérons qu’il y aura des résultats probants pour nous aider à sortir une bonne fois pour toute de cette situation. 



Des propos recueillis par Audrey Radondy 

Lu pour vous : Centrafrique : les espoirs de l'archevêque de Bangui
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 23:51

 

 

 

 

 

http://www.metronews.fr  : 02-12-2013 20:01

 

FOCUS - Il a dix jours, Laurent Fabius sonnait l'alarme en affirmant que la Centrafrique "est au bord du génocide". Mais à la veille de l'intervention française, le terme n'est plus utilisé. Le ministre des Affaires étrangères s'est-il emballé ? Décryptage.

 

La Centrafrique "au bord du génocide", en "situation pré-génocidaire". C'est en ces termes que Paris et Washington ont donné l'alerte il y a dix jours sur la Centrafrique, où les massacres se multiplient depuis plusieurs mois. Mais tandis que la France est sur le point d'y intervenir militairement, le terme a disparu des déclarations officielles. D'où cette question : peut-on vraiment parler de génocide ?

 

Le génocide, une définition stricte

 

Le droit international donne une définition très cadrée au mot "génocide". Et ce, depuis la convention des Nations unies sur la prévention et la répression de ce crime contre l'humanité. Adoptée en 1948, elle répondait aux atrocités commises par le régime nazi durant la Seconde guerre mondiale. Dans cette Convention, le génocide s'entend d'un certain nombre d'actes (dont les meurtres) "commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux". Dans cette définition, la notion de groupe est fondamentale, mais aussi celle d'intention. Pour qu'il y ait génocide, il faut sinon une planification, au moins un caractère systématique, une volonté clairement identifiée. 

 

Que se passe-t-il en Centrafrique ?

 

En Centrafrique, les massacres commis visent bien des groupes religieux. Majoritairement musulmans, les hommes de la Séléka s'en prennent en effet aux chrétiens (majoritaires dans le pays à plus de 80%). En réaction, des milices chrétiennes (les "anti-Balaka") se sont organisées, pour à leur tour attaquer les musulmans.

 

"Crimes de guerre" plutôt que génocide

 

Sur le terrain ou via des photos satellites, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a pu constater l'ampleur des atrocités commises en Centrafrique. Pour autant, elle considère inappropriée l'utilisation du terme génocide, lui préférant "crimes de guerre". "Il y a certes un caractère religieux aux violences mais on n'en est pas au génocide, explique pour metronews son directeur France, Jean-Marie Fardeau. Il n'y en effet aucun élément qui montre une planification, un appel – national ou régional – à éliminer un autre groupe sur la base de ses caractéristiques religieuses ou ethniques. Pour atroces qu'ils soient, les crimes restent pour l'heure localisés, et ne sont pas systématiques."

 

Laurent Fabius s'est-il emballé ?

 

Après avoir évoqué un "génocide", le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius préfère aujourd'hui parler de "nombreuses exactions", de "situation humanitaire abominable" et "dramatique". Une volte-face ? Pas forcément, estime Jean-Marie Fardeau, qui y voit une manœuvre délibérée. "Je pense que Paris et Washington ont utilisé le mot 'génocide' quelques heures pour alerter l'opinion, et mobiliser la communauté internationale. Il y avait sans doute une volonté de créer un électrochoc". Et d'insister, au-delà du débat sémantique : "Ce qui se passe en Centrafrique justifie largement une intervention internationale de protection des civils". Car les morts se fichent bien des mots.

Lu pour vous : Centrafrique :  peut-on vraiment parler de génocide ?
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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 23:59

 

 

 

 

 

 

par Joe Penney  01/12/2013 | 02:10

 

Le président centrafricain par intérim Michel Djotodia a démenti samedi que son pays se trouve au bord d'un génocide et d'une guerre civile entre communautés religieuses.

 

Le pays, peuplé de 4,6 millions d'habitants, a sombré dans le chaos depuis que Michel Djotodia, à la tête des rebelles de la Séléka, s'est emparé de la capitale Bangui en mars, chassant du pouvoir le président François Bozizé.

 

Bien que Michel Djotodia ait dissous la Séléka, qui est accusée d'atteintes aux droits de l'homme, l'incapacité de son gouvernement à enrayer les violences a conduit certains, au Conseil de sécurité, à réclamer une intervention militaire internationale pour rétablir l'ordre en Centrafrique.

 

La France se prépare à accroître ses effectifs militaires dans son ancienne colonie, qui passeront à au moins 1.000 hommes lorsque l'Onu aura adopté - normalement la semaine prochaine - une résolution sur la Centrafrique dans l'attente du déploiement d'une force de l'Union africaine.

 

Un mini-sommet informel sur la Centrafrique doit se tenir à Paris le 7 décembre, à l'issue du sommet de l'Elysée consacré à la paix et à la sécurité en Afrique, a-t-on appris samedi de source proche de la présidence française. Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, y prendra part, a-t-on ajouté.

 

"Il y a un risque d'implosion dans tous les domaines qui est absolument massif", a déclaré le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, mardi dernier sur France Culture.

"Jusqu'à présent, cela ne concernait, et c'était déjà trop, que les Centrafricains, et aujourd'hui si le vide et l'implosion s'installent cela va concerner tous les pays de la région c'est-à-dire le Tchad, les Soudans, le Congo, le Cameroun", a-t-il ajouté.

 

De son côté, la commissaire européenne à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a déclaré que la Centrafrique était menacée d'un double risque: l'effondrement de l'Etat et un possible génocide, en raison de l'augmentation des violences entre la majorité chrétienne de la population et les musulmans, qui soutiennent les hommes de la Séléka.

 

UN DIXIÈME DES HABITANTS DÉPLACÉS

 

S'exprimant dans sa résidence de Camp de Roux, camp militaire de l'époque coloniale sur une hauteur dominant le cours de l'Oubangui, Michel Djotodia a attribué les violences à des règlements de compte entre des éléments fidèles à François Bozizé et une partie des hommes de l'ex-Séléka.

 

"On entend parler certains de guerre inter-religieuse, parfois de génocide. Quel groupe veut exterminer l'autre ? Qui projette d'exterminer l'autre ?" s'est interrogé le dirigeant centrafricain.

 

"Selon moi, rien ne prouve que l'on peut parler de génocide. C'est simplement de la vengeance. Un régime a commis des abus, maintenant il est tombé. Ses victimes se vengent, c'est tout", a-t-il déclaré.

 

"Il n'y a pas de génocide, pas même de guerre inter-religieuse. Tout ça est créé pour manipuler l'opinion de la communauté internationale", a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

 

Environ 460.000 personnes, soit un dixième de la population, ont fui les violences de ces derniers mois dans le pays.

 

A Bossangoa, région natale de l'ancien président Bozizé, à 300 km au nord de Bangui, 40.000 chrétiens ont été déplacés par les violences, et plusieurs milliers ont trouvé refuge dans une église.

 

Michel Djotodia ne s'est pas dit inquiet pour eux, déclarant que ceux qui s'étaient rendus dans l'église de Bossangoa l'avaient fait parce qu'ils savaient qu'ils trouveraient là-bas de la nourriture et de l'eau gratuites.

 

"Celui qui veut noyer son chien l'accuse d'avoir la rage, c'est tout. Notre situation n'est pas plus dramatique que dans d'autres pays, mais on la décrit comme telle. C'est injuste", a-t-il déploré.

 

(Eric Faye pour le service français)

Djotodia dément que la Centrafrique soit au bord d'un génocide
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