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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:22

 

 

 

 

 

 

http://www.metronews.fr  05-12-2013 20:42

 

INTERVENTION – Paris a obtenu jeudi le feu vert de l'ONU pour sécuriser la Centrafrique. Dans la foulée, François Hollande a lancé, jeudi soir, l'opération militaire des troupes françaises composées pour l'instant de 600 soldats.

 

Le gendarme de l'Afrique reprend du service. Après le Mali, où elle est toujours engagée, la France se lance dans une nouvelle opération militaire sur le continent africain, en Centrafrique cette fois. "Vu l'urgence, j'ai décidé d'agir immédiatement, c'est à dire dès ce soir, en coordination avec les Africains et avec le soutien des partenaires européens", a déclaré le président François Hollande jeudi à l'issue d'un Conseil restreint de défense. "Déjà 600 militaires français sont sur place. Cet effectif sera doublé d'ici quelques jours, pour ne pas dire quelques heures", a poursuivi le chef de l'Etat. Un peu plus tôt, Paris avait obtenu le feu vert de l'ONU, qui a voté en faveur de la résolution française autorisant les troupes tricolores à intervenir en Centrafrique. De son côté, Londres a proposé d'apporter une "aide logistique limitée".

 

Il faut dire que l'urgence s'est fait une nouvelle fois sentir, jeudi matin. La situation s'aggrave de jour en jour dans ce pays, plongé dans l'anarchie politique et secoué par des violences inter-communautaires entre chrétiens et musulmans depuis plusieurs mois. Jeudi matin, des échanges de tirs et des violences ont secoués la capitale, faisant 8 morts et 65 blessés. Dans l'après-midi, des journalistes de l'AFP ont comptabilisé au moins 54 cadavres rassemblés dans une mosquée du centre-ville, et 25 cadavres gisant dans les rues voisines, abandonnés sur le bas côté. Les corps portaient des marques de blessures à l'arme blanche et par balles. Peu auparavant, Médecins sans frontières (MSF) avait fait état d'au moins 10 morts et 65 blessés recensés pour un seul hôpital de la ville, laissant présager un nombre bien plus élevé de victimes.

 

1.200 soldats français seront déployés

 

La veille déjà, à une quarantaine de kilomètres de là, des Peuls (musulmans) ont été victimes d'une attaque de miliciens "anti-balaka", des groupes d'auto-défense chrétiens formés pour contrer les groupes armés musulmans de la "Seleka". Ces nomades n'étaient pas des rebelles, mais des civils. Ils ont pourtant été agressés à coups de machettes. Bilan : 22 morts et 42 blessés, dont des femmes et des enfants.

 

Le Premier ministre centrafricain a alors demandé à Paris de presser le pas et d'intervenir "immédiatement" après le vote de l'ONU. Un message qui semble avoir été entendu, puisque jeudi matin, un quelques heures avant le vote à New York, 250 soldats français se sont déployés dans la dans la capitale, a annoncé l'état-major. Dans les faits, l'opération a donc déjà commencé. Samedi, 200 hommes ont rejoint l'aéroport de Bangui, où ils ont rejoint les 410 militaires déjà sur place dans le cadre de l'opération Boali (lancée en 2002 pour sécuriser la zone). Au total, ce sont "1200 soldats qui seront déployés", affirme le patron du quai d'Orsay.

 

"Sangaris" pour une guerre éphémère"

 

L'opération a été baptisée "Sangaris", du nom d'un petit papillon rouge. Un animal éphémère, donc. Ce n'est certainement pas un hasard si Paris a choisi ce nom pour une opération qu'elle promet courte. "Cette intervention sera rapide, elle n'a pas vocation à durer, et je suis sûr de son succès. J'en rendrai compte régulièrement aux Français", a affirmé jeudi François Hollande. Selon une source diplomatique, l'opération Sangaris devrait durer "entre quatre et six mois". Son objectif : sécuriser Bangui et les principaux axes du pays (où transitent les convois humanitaires) ainsi que les populations civiles qui subissent les pillages et les violences de bandes armées. 

 

"Ce n'est pas une opération de guerre", prévient-on au ministère de la Défense, où on préfère parler d'une "opération de sécurité". Officiellement, les troupes françaises viendront en appui de la force panafricaine déjà sur place, la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), qui doit monter en puissance dans les prochains mois, et passer de 2.500 hommes à 3.600 à terme. La France, assure-t-on, ne sera qu'une "force de relais". Un relais, avec l'ambition de ne plus intervenir du tout un jour. C'est en tout cas le message que va réaffirmer Paris lors du sommet franco-africain qui se tient à partir de vendredi : les pays africains devront gérer leurs crises eux-mêmes à l'avenir. 

 

 

Centrafrique : Hollande déclenche l'opération militaire "immédiatement"
Centrafrique : Hollande déclenche l'opération militaire "immédiatement"
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:10

 

 

 

 

 

AFP 05/12/2013 à 17:46

 

L'ONU a autorisé jeudi les forces françaises à intervenir en Centrafrique en appui à une force internationale, quelques heures après un nouveau massacre inter-religieux à Bangui et le déploiement de soldats français dans la ville.

 

Des tirs d'armes automatiques ont éclaté avant l'aube dans la zone du PK-12, dans le nord de la capitale, pour s'étendre à d'autres quartiers, avant de diminuer d'intensité en fin de matinée.

 

Dans l'après-midi, des journalistes de l'AFP ont comptabilisé au moins 54 cadavres rassemblés dans une mosquée du centre-ville, et 25 cadavres gisant dans les rues voisines, abandonnés sur le bas côté. Les corps portaient des marques de blessures à l'arme blanche et par balles.

 

Peu auparavant, Médecins sans frontières (MSF) avait fait état d'au moins 10 morts et 65 blessés recensés pour un seul hôpital de la ville, laissant présager un nombre bien plus élevé de victimes.

 

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

 

Ces violences se sont multipliées ces dernières semaines, à Bangui et en province, dans un pays en totale décomposition, comptant 4,6 millions d'habitants sur un territoire grand comme la France, au coeur du continent.

 

"Protéger les civils"

 

La résolution de l'ONU, adoptée à l'unanimité des 15 pays membres du Conseil sur proposition de la France -- ancienne puissance coloniale -- autorise les soldats français en RCA à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca (force africaine en RCA) dans l'accomplissement de son mandat".

 

La Misca pourra se déployer "pour une période de douze mois", avec pour mission de "protéger les civils, rétablir l'ordre et la sécurité, stabiliser le pays" et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.

 

La force doit compter jusqu'à 3.600 hommes, mais n'en rassemble pour l'instant que 2.500, mal équipés et entraînés.

 

Dans le cadre de l'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge), la France dispose déjà sur place d'environ 600 hommes. Elle doit tripler son contingent, qui passera à 1.200 hommes, chargés notamment de sécuriser l'aéroport de Bangui et les principaux axes par où transiteront les convois humanitaires.

 

Dès que le président français François Hollande "aura donné le top, les choses vont aller très vite", a prévenu son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, alors que se tient ce vendredi et samedi à Paris un sommet franco-africain sur la paix et la sécurité en Afrique.

 

"Vu l'urgence, mon souhait est que l'intervention se fasse (...) immédiatement après la résolution", a déclaré de son côté depuis Paris le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye.

 

Selon le porte-parole de l'état-major français, le colonel Gilles Jaron, "environ 250 soldats français se sont déployés" jeudi matin dans Bangui" depuis leur base près de l'aéroport, avec pour mission de "sécuriser les points sensibles" et de regroupement pour les étrangers.

 

"Vers 03H00 (02H00 GMT), il y a eu des accrochages entre des ex-Séléka et des éléments armés non identifiés (...) les forces françaises ont dû réagir", a-t-il expliqué.

 

Soif de vengeance

 

Dans une allocution radio-diffusée à la mi-journée, le président Michel Djotodia, issu des rangs de l'ex-rébellion Séléka, a appelé la population terrorisée "à garder son calme": "l'armée française est une amie de la Centrafrique", les soldats français "ne se sont pas déployés pour soutenir un camp au détriment d'un autre", a-t-il souligné.

 

M. Djotodia a par ailleurs annoncé l'extension immédiate de quatre heures du couvre-feu, imposé désormais de 18H00 à 06H00.

 

Les autorités ont imputé la responsabilité des incidents en cours à des milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes) et à des éléments favorables au président déchu François Bozizé.

 

Selon un officier supérieur de la Misca, les tirs ont commencé après que des ex-rebelles Séléka, intégrés dans les nouvelles forces de sécurité, eurent détecté des "infiltrations" de ces miliciens "anti-balaka", dans le quartier de Boy-Rabe, près de l'aéroport.

 

Alors que des responsables occidentaux avaient mis en garde sur une situation de "pré-génocide" dans le pays, ces nouvelles violences font planer le spectre de massacres à grandes échelles, au milieu d'une anarchie généralisée.

 

Signe de l'extrême tension régnant dans la ville, les abords de la mosquée du PK15, où étaient rassemblés les 54 cadavres, étaient bondés d'hommes armés de machettes et assoiffés de vengeance.

 

Les rues voisines, dans lesquelles gisaient d'autres corps, étaient désertes ou livrées aux pillages. Partout ailleurs dans Bangui terrorisé, les habitants restaient terrés chez eux, dans une ville aux artères désertées, et uniquement sillonnées par les pick-up des combattants Séléka surarmés.

 

Selon des Banguissois joints au téléphone par l'AFP, des groupes d'ex-rebelles, désireux de se venger des attaques de certaines de leurs positions dans la matinée, écumaient les quartiers et défonçaient les portes des maisons, à la recherche "d'infiltrés" présumés.

 

Centrafrique: feu vert de l'ONU à une intervention française
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:06

 

 

 

 

 

 

 

RFI  jeudi 05 décembre 2013 à 21:55

 

Alors que le Conseil de sécurité a donné, ce jeudi 5 décembre, son feu vert pour une intervention des troupes françaises et des forces africaines en Centrafrique, les violences meurtrières de ce jeudi matin à Bangui, ont fait au moins 80 morts, selon l’AFP ; au moins 105 morts, d’après un décompte de l’agence Reuters. Un couvre feu a été décrété dans la capitale centrafricaine, entre 18H00 et 6H00. Une question reste en suspend : qui sont ceux qui se trouvent derrière ces violences ?

 

Les habitants de Bangui ont tous parlé des anti-balakas, ces milices d'auto-défense qui, par le passé, étaient essentiellement munies d'armes traditionnelles. Mais pour beaucoup d'observateurs, il est difficile d'imaginer qu'ils ont pu seuls mener une attaque coordonnée sur trois lignes de front et notamment attaquer le camp militaire Kassai.

 

Par ailleurs, les assaillants de ce matin disposaient d’armes lourdes, d’armement modernes et pas seulement des armes traditionnelles utilisées par le passé par les anti-balakas.

 

De sources concordantes, l'ambassadeur de France et le représentant spécial de l'ONU ont été invités, après l'attaque, par le président Djotodia dans sa résidence. Le chef de l'Etat centrafricain leur a montré des armes - des Aka 47 - qui auraient été saisies chez le ministre de la sécurité, Josué Binoua, un ancien du régime Bozizé, passé dans le camp Djotodia.

 

« Josué Binoua est, depuis plusieurs mois, dans le collimateur de la Seleka », indique une source onusienne avant d’ajouter que « l'ancienne rébellion l'accusait de vouloir réduire son influence sur les services de sécurité de l'Etat mais rien encore ne permet, aujourd'hui, de confirmer les soupçons des autorités », a affirmé cette source.

 

Le chef de la sécurité présidentielle, le général Arda, a également cité le nom de l'ancien chef d'Etat-major des Forces armées centrafricaines (FACA) de François Bozizé, le général Jean-Pierre Dolewaya, expliquant que c'étaient les assaillants, faits prisonniers, qui l'auraient désigné comme leur chef militaire.

 

« Le contexte est très volatile et propice aux règlements de comptes », estime un observateur de la vie politique centrafricaine.

 

 

Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, sur RFI : les patrouilles de l'armée française ont commencé à Bangui, en Centrafrique

 

« La nuit a été calme » a déclaré sur RFI le ministre français qui précise que « l'opération a commencé, dans la mesure où les forces françaises qui étaient déjà présentes à l'aéroport de Bangui, avec une mission limitée à la protection de cet aéroport et de nos ressortissants, dès cette nuit, ont développé des patrouilles dans Bangui ».

Centrafrique : qui sont les responsables de l’attaque à Bangui?
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:04

 

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr  Adrien Jaulmes  05/12/2013 à 21:04

 

L'opération Sangaris commence mal. Après avoir alerté la communauté internationale sur l'urgence de la situation en Centrafrique, acheminé des renforts de troupes à Bangui et écrit le texte de la ­résolution qui doit autoriser son action, la France s'est laissé surprendre par une soudaine accélération des événements dans une partie du monde qu'elle connaît pourtant par cœur.

 

Pendant que les unités françaises stationnées sur l'aéroport de M'Poko, dans les faubourgs ouest de Banguiattendaient le vote de l'ONU et les ordres d'intervenir, la capitale centrafricaine a été le théâtre de massacres interconfessionnels qui ont fait plusieurs centaines de morts en une journée. Pourtant largement évoqués au cours des semaines précédentes, ces massacres n'ont pas suffi à faire modifier le tempo d'une opération préparée depuis deux semaines. Dans la matinée, à l'annonce de l'entrée des rebelles Anti-Balaka dans Bangui, des patrouilles françaises ont pourtant été envoyées en ville. Leur mission était la protection des ressortissants français, dont une centaine sont encore présents à Bangui. Plusieurs d'entre eux ont été recueillis dans leurs villas de l'est de la ville, dont l'ambassadeur de France, évacué de sa résidence des bords du fleuve par une patrouille. Un autre détachement assurait la protection de l'institut Pasteur, dont les laboratoires renferment certains virus particulièrement dangereux.

 

Dans la journée, d'autres détachements arborant le drapeau tricolore ont sillonné Bangui, essentiellement afin de «recueillir du renseignement». Devant l'hôpital de l'Amitié, d'où avait fui le personnel hospitalier, une patrouille des forces spéciales semblait plus préoccupée de faire effacer sa photo, prise à son pas­sage par un journaliste, que par les civils réfugiés à l'intérieur ou par les cadavres étendus sur la chaussée. «Pour l'instant, les ordres sont d'attendre», expliquait le chef du détachement.

 

Les forces françaises conservent une capacité de dissuasion énorme

 

Cette inaction a été imitée par la FOMAC (Force multinationale des États d'Afrique centrale), dont les convois ont circulé en ville mais sans intervenir, sauf, dans le cas des Tchadiens qui ont extrait leurs ressortissants des quartiers où ils étaient menacés.

 

Cette inaction est d'autant plus surprenante que les forces françaises conservent une capacité de dissuasion énorme à Bangui, ville où elles sont déjà intervenues des dizaines de fois, en général sans attendre des mandats internationaux.

 

Le volet politique de l'opération Sangaris part aussi sur un mauvais pied: Serge Muccetti, l'ambassadeur de France en Centrafrique, personnage clef dans un pays d'où les Occidentaux, Américains compris, ont rappelé leurs diplomates, a été remplacé la semaine dernière de façon imprévue. Pour ajouter à la confusion, lui et son successeur, déjà arrivé à Bangui, se retrouvent ainsi ensemble sur le territoire. Jeudi après-midi, dans les salons climatisés du Ledger, à quelques centaines de mètres des massacres du quartier de Boy-Rabe, on pouvait ainsi croiser deux représentants de la France en Centrafrique.

Lu pour vous : Centrafrique : les soldats français pris de court par les massacres
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 01:18

 

 

 

 

 

 

http://www.npa2009.org   dans : Hebdo L'Anticapitaliste - 220 (05/12/2013) 

 

Mercredi 4 décembre 2013

 

De nouveau, la France va jouer son rôle de gendarme de l’Afrique en envoyant 800 soldats supplémentaires (400 soldats déjà présents) en Centrafrique ravagée par les violences de la Seleka. Dans son rôle de sauveur des populations, la France cache mal sa responsabilité dans la faillite de ce pays.


L’annonce de l’intervention n’est pas une surprise puisque, il y a une quinzaine de jours, les troupes d’élite de la 11e brigade parachutistes étaient sur place pour préparer le terrain 1 dans ce petit pays qui compte 5 millions d’habitants.


La République centrafricaine est certainement l’archétype de la Françafrique puisque Paris n’a cessé de mettre ou de démettre les dictateurs. Tout le monde se souvient de la dictature ubuesque de Bokassa, mais les autres ne valaient guère mieux. En 2003, avec l’aide du Tchad, la France installe militairement Bozizé qui ne cessera d’enfoncer son pays dans la crise, confortant le pouvoir de son clan en réprimant l’opposition. En 2011, Bozizé organisera une farce électorale qui recevra l’assentiment de Paris. 


À force de soutenir des dictatures africaines, La France bloque toute possibilité de vie démocratique et de changement, les seules issues restant des coups de force violents dont souvent les premières victimes sont les populations civiles.

 

Réplique du coup d’État


Si la Centrafrique est hélas habituée aux coups d’État, le dernier est certainement le plus meurtrier. En effet, la Seleka (« coalition » en langue Sango) qui s’est emparée du pouvoir est un regroupent hétéroclite de plusieurs rebellions rivales présentes dans le nord du pays. Elle est majoritairement composée de Tchadiens et de Soudanais.


La victoire de la Seleka s’explique parce que Bozizé a été lâché par les Tchadiens et les Français qui n’ont apprécié ni sa volonté de s’émanciper de son parrain de N’Djamena ni son idée d’octroyer aux Chinois la prospection pétrolière du site de Boromata. Le nouveau dirigeant Michel Djotodia n’a quasiment plus aucune prise sur ces milices qui, en l’absence de chaînes de commandement, se livrent aux pillages et commettent les pires exactions contre les populations.


De plus, la grande majorité des membres de la Seleka sont musulmans et ciblent les populations chrétiennes qui à leur tour exercent des représailles contre les populations musulmanes. Une fois de plus, les tensions communautaires ou religieuses sont exacerbées par des dirigeants, parmi des populations qui avant vivaient en bonne entente.

 
Le gouvernement français a parlé de situation pré-­génocidaire, ce n’est pas le cas. Un génocide est la conséquence d’une politique délibérée de discrimination et de haine contre une partie de la population s’accompagnant d’une idéologie précise, comme au Rwanda où pendant des années une politique de stigmatisation à l’encontre des Tutsi a eu lieu. Le Quai d’Orsay devrait le savoir… pour y avoir participé. Par contre le risque est réel que ces cycles de violences inter­communautaires et religieuses puissent s’aggraver et se généraliser.


Avec Bozizé, la situation sociale et sanitaire des populations était catastrophique.

Aujourd’hui elle ne cesse d’empirer, la quasi-totalité des populations sont en situation de pénurie alimentaire et le peu d’infrastructure hospitalière a été complètement détruit.

 

Les raisons de l’intervention


Dans le dispositif impérialiste mondial, la France continue à jouer son rôle de gendarme de l’Afrique francophone. Après la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, elle s’apprête à intervenir en Centrafrique.


De l’aveu même des dirigeants français, au-delà des déclarations humanitaires, une Centrafrique laissée aux milices serait une zone idéale pour les djihadistes et menacerait de nouveaux les intérêts des multinationales dans la région.


Mais soyons sûrs que le gouvernement français saura joindre « l’utile à l’agréable »… Déjà les réseaux de la Françafrique se sont activés depuis le renversement de Bozizé. C’est ainsi que le spécialiste de la peinture flamande du XVIIe siècle, Claude Guéant, a visité le nouveau maître du pays pour lui vendre du matériel de sécurité 2, tout comme Jean-Christophe Mitterrand.


Maintenant que les troupes françaises sont bien présentes en Centrafrique, elles pourront aussi sécuriser le site de Bakouma, où Areva aura le plaisir d’exploiter le site d’uranium… dans le cadre évidement de l’aide au développement !

 

Paul Martial


1- http ://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Exclusivite-la-France-renforce-son-dispositif-militaire-en-Centrafrique-2013-11-13-1060133
2- http ://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/livres-etudes-debats/article/francafrique-les-caciques-de-la

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : LA FRANÇAFRIQUE EN ACCUSATION
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:43

 

 

 

 

Centrafrique/Peuls : le Premier ministre Tiangaye dénonce un massacre, horrible et odieux


PARIS - AFP / 04 décembre 2013 19h32 - Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a qualifié mercredi de massacre la mort de 12 civils peuls tués dans la nuit de lundi à mardi, au nord de Bangui, dénonçant des actes horribles et odieux.


Ces massacres ont été condamnés par le gouvernement. Il s'agit d'actes horribles, odieux, a déclaré le Premier ministre sur France 24.

 

Au moins 12 personnes d'origine peul ont été tuées à l'arme blanche, et plus d'une dizaine blessées parmi lesquelles dix enfants, près de Boali, à 95 km au nord de Bangui, par une milice d'autodéfense villageoise, selon une source militaire à Bangui. Les victimes, selon cette source, sont toutes des +Mbororos+, membres de la minorité peule (essentiellement musulmane) et ont été tuées par des anti-balaka (anti-machettes, milices d'autodéfense chrétiennes).


Le Premier ministre de transition a fait état d'un massacre commis par un groupe de miliciens, les victimes étant des Peuls, essentiellement des femmes, et des enfants qui ont été blessés et conduits à Bangui. Il a évoqué ces derniers jours, une recrudescence de ces violences, particulièrement en province.


Le gouvernement condamne toutes les violences d'où qu'elles viennent, qu'elles soient commises par les ex-Séléka (rebelles qui ont porté l'actuel président Michel Djotodia au pouvoir, ndlr) ou les anti-balaka, a affirmé M. Tiangaye.


Les anti-balaka sont apparus depuis septembre dans le nord-ouest du pays, en réaction aux exactions d'hommes armés issus des rangs de la coalition rebelle Séléka - depuis dissoute, qui a renversé en mars le président François Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir dix ans plus tôt à la suite d'un coup d'Etat.


Selon Nicolas Tiangaye, l'effectif des forces militaires qui s'apprêtent à intervenir pour ramener la paix en Centrafrique doit être important, de l'ordre d'une dizaine de milliers d'hommes.


La force africaine (Misca) devrait compter à terme 3.600 soldats. La France pour sa part s'apprête à déployer un millier de militaires, après le vote d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, attendue jeudi.


Les Etats-Unis ont promis 40 millions de dollars pour appuyer la Misca, a souligné M. Tiangaye, ajoutant que la contribution financière ou logistique de l'Afrique du Sud à la Misca serait beaucoup appréciée. 


Le Premier ministre a évalué les besoins de son pays dans le cadre du programme d'urgence à 670 millions d'euros. L'Union européenne a promis 50 millions d'euros pour l'aide humanitaire, les Etats-Unis 30 millions de dollars, a-t-il souligné.


M. Tiangaye est arrivé à Paris où il va représenter son pays au sommet de l'Elysée vendredi et samedi. Il a assuré qu'il n'y avait pas de problème majeur entre lui et le président Djotodia qui n'a pas été invité à Paris. Sur les questions sécuritaires, humanitaires et financières, nous sommes d'accord sur le contenu de mon intervention ici, a-t-il affirmé, parlant d'une gestion concertée et d'une transition qui doit être consensuelle et apaisée.



(©) 

 

 

 

Centrafrique: nouveau massacre à la machette, en attendant le vote d'une résolution de l'ONU

 

BANGUI (AFP) - 04.12.2013 20:44 - Par Michel CARIOU

 

Une douzaine de personnes ont été tuées près de Bangui, nouvelle poussée de violences inter-communautaires à la veille de l'adoption programmée d'une résolution de l'ONU qui ouvre la voie à une intervention militaire française imminente dans une Centrafrique en pleine anarchie.

 

Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a dénoncé des "actes horribles, odieux". C'est un "massacre" commis par "un groupe de miliciens", les victimes étant "des Peuls, essentiellement des femmes et des enfants, qui ont été blessés et conduits à Bangui", a-t-il dit à Paris où il doit assister au sommet sur la paix et la sécurité en Afrique.

 

A une centaine de kilomètres au nord de la capitale - où la tension monte dans les quartiers à l'approche du vote à l'ONU, dans un climat détestable de suspicion et de soif de vengeance - au moins douze civils, des éleveurs peuls musulmans, ont été massacrés à la machette dans la nuit de lundi à mardi, selon des sources militaires.

 

Dix très jeunes enfants ont été sauvagement blessés dans la même attaque, aux membres ou la tête, eux aussi à coups de machettes, et étaient hospitalisés mercredi à Bangui, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

"On voit assez régulièrement des gens blessés à la machette, mais autant en une seule fois, on ne l'a jamais vu en Centrafrique", racontait, choqué, un infirmier du complexe pédiatrique de la capitale.

 

Les coupables désignés sont des membres de milices d'autodéfense paysannes, les "anti-balaka" (anti-machettes). Ces groupes ont émergé depuis septembre dans le nord-ouest du pays, en réaction aux exactions sans fin d'hommes armés issus des rangs de la coalition rebelle Séléka - depuis dissoute - dirigée par Michel Djotodia qui a renversé en mars le président François Bozizé, arrivé au pouvoir dix ans plus tôt par un coup d'Etat.

 

A Damara, à environ 80 km à l'est de la capitale, les 30.000 habitants ont déserté la ville ces derniers jours, terrorisés, eux, par des "Séléka", intégrés pour certains dans les nouvelles forces de sécurité centrafricaines par M. Djotodia.

 

Les milices anti-balaka sont formées de paysans chrétiens, alors que les "Séléka" se revendiquent musulmans.

 

Pour mettre un terme à cet engrenage infernal de violences qui menace de plonger le pays dans une guerre civile et affecte déjà une grande partie des 4,6 millions de Centrafricains, le Conseil de sécurité de l'ONU va adopter jeudi un projet de résolution de la France - ancienne puissance coloniale - autorisant le recours à la force, ont indiqué mardi soir des diplomates à l'ONU.

 

"On ne peut plus attendre"

 

La résolution autorise la force africaine (Misca) sur place en cours de renforcement à se déployer "pour une période de douze mois" afin de "protéger les civils et de rétablir l'ordre et la sécurité par les moyens appropriés".

 

Selon M. Tiangaye, l'effectif des forces militaires qui s'apprêtent à intervenir en Centrafrique doit être "important", de l'ordre d'une dizaine de milliers d'hommes.

 

La résolution autorise aussi les forces françaises en RCA à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca dans l'exercice de son mandat".

 

Elle prévoit aussi la création d'une commission d'enquête sur les droits de l'Homme, un embargo sur les armes et la menace de sanctions contre les responsables d'exactions.

 

Son adoption donne le feu vert à une intervention militaire française, désormais imminente. Six cents soldats français sont déjà présents à Bangui, où depuis 2002 ils tiennent l'aéroport et sont prêts à évacuer si nécessaire les ressortissants européens.

 

Selon l'ambassadeur français au Nations unies, le contingent français en Centrafrique sera chargé non seulement de rétablir l'ordre dans Bangui, mais aussi de "sécuriser les axes routiers pour permettre un accès humanitaire".

 

L'armée française a baptisé son opération "Sangaris", du nom d'un petit papillon rouge. Pour les entomologistes du monde entier, la Centrafrique est en effet le paradis des papillons où, en saison, il suffit d'emprunter une piste forestière à la sortie de Bangui pour croiser des nuages de millions de ces insectes.

 

Mais pour les Centrafricains éprouvés dans leur chair par des mois de souffrances et de violences, l'heure n'est pas à la contemplation des splendeurs de la nature de leur pays.

 

De tous côtés de la population, les mêmes appels montent, résumés mercredi par une requête sur un ton de supplique d'un haut cadre de l'administration hospitalière: "les gens sont en train de mourir. On se tue. Il ne faut plus attendre. On ne peut plus attendre".

 

© 2013 AFP

Centrafrique/Peuls : le Premier ministre Tiangaye dénonce un massacre, horrible et odieux
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:41

 

 

 

 

 

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/  Lutte Ouvrière n°2366 du 6 décembre 2013

 

Un sommet des chefs d'États africains sur « la paix et la sécurité » en Afrique devait se tenir à Paris les 6 et 7 décembre, alors que de nouveaux soldats français arrivent chaque jour en Centrafrique. François Hollande avait lancé l'idée de cette conférence en mai dernier, quelques mois après le début de l'intervention française au Mali. « Ce sont les Africains qui, demain, devront assurer la sécurité de leur continent », déclarait-il au sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba.

 

La multiplication des interventions militaires montre au contraire qu'il n'est pas question de renoncer à la présence de troupes françaises dans cette région du monde. Les chefs d'État africains sont conviés à Paris pour avaliser les opérations en cours au Mali et en Centrafrique, et pour préparer les modalités d'éventuelles interventions à venir.

 

Hollande a fixé comme objectif concret au sommet la création d'une « force africaine d'intervention et d'action rapide ». Il aimerait avoir le soutien et si possible la contribution du maximum d'États du continent, au-delà même des anciennes colonies françaises. Il ne s'agit pas de remplacer l'armée française, mais de faire en sorte que ce soit autant que possible des soldats africains qui se fassent tuer pour défendre les intérêts de l'impérialisme français.

 

La « paix et la sécurité » dont parle Hollande, certains participants au sommet en donnent une idée. Le président tchadien Idriss Déby emprisonne et assassine sans vergogne syndicalistes et opposants, et son clan met le pays en coupe réglée depuis son arrivée au pouvoir avec l'appui de l'armée française. Le camerounais Paul Biya est responsable, selon Amnesty International, d'exécutions illégales et d'actes de torture. La police du président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh tirait en mars dernier à balles réelles sur la foule contestant sa réélection, tuant dix personnes. Plus de 900 opposants avaient alors été emprisonnés.

 

Sous ces régimes que Paris soutient à bout de bras, il vaut mieux pour la population ne pas croiser la route de ceux qui portent un uniforme, soldats, gendarmes ou policiers, sous peine de se voir détrousser, tabasser, ou pire encore. Mais cela pèse peu, du moment que la sécurité est assurée pour les profits des trusts français.

 

Voilà l'ordre que François Hollande convie les représentants des pays d'Afrique à applaudir et à soutenir, comme il le fait lui-même en envoyant des troupes au Mali et en Centrafrique. En prévoyant ensuite d'autres interventions militaires, il montre qu'il sait à quoi s'en tenir.

 

Daniel MESCLA

Lu pour vous : France-Afrique : un sommet pour préparer l'intervention militaire française
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:39

 

 

 

 

 

 

http://www.lexpressiondz.com   Mercredi 04 Decembre 2013 

 

Les experts restent sceptiques quant au succès d'une telle intervention

 

L'intervention militaire de la France en Centrafrique ne suffira pas à résoudre les problèmes d'un pays en plein chaos, avertit le président de Médecins sans frontières (MSF).

 

Dans un entretien à l'AFP, celui-ci appelle à relancer la gouvernance et les infrastructures. «Ce pays, c'est la catastrophe: des violences sans arrêt, une pauvreté extrême, pas d'infrastructures, pas de système de santé», a énuméré Meguerditch Terzian, le président de cette ONG qui intervient depuis 2006 en Centrafrique.


«Une intervention militaire ne pourra pas seule résoudre les problèmes», a-t-il jugé alors que la France a annoncé la semaine dernière le prochain déploiement d'environ un millier de soldats français, qui devront officiellement appuyer la force africaine, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), déjà présente en Centrafrique. «Il faut aussi aider le gouvernement à mieux gouverner, trouver des moyens pour relancer les infrastructures», a-t-il plaidé.


Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, a assuré lundi «compter» sur la France pour rétablir la sécurité en Centrafrique, soulignant également la nécessité d'une aide économique internationale massive. Le pays vit au rythme d'affrontements entre chrétiens et musulmans, entre groupes «d'autodéfense» et ex-rebelles (parvenus au pouvoir en mars après avoir renversé le président François Bozizé), auxquels s'ajoute une forte poussée du banditisme dans la capitale, Bangui, où de nombreuses armes circulent. Meguerditch Terzian, qui s'est rendu sur place en juillet, raconte qu'en sortant de l'aéroport, «on aurait dit Haïti en 2010», après le passage du séisme dévastateur, raconte-t-il. «L'eau, l'assainissement, tout est problématique». Sur le plan humanitaire, la crise a provoqué le déplacement de plus de 400.000 personnes, et plus d'un million de Centrafricains, soit 20% de la population, sont menacés de disette dans les mois à venir, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).


Dans la plupart des régions, les populations continuent de subir le harcèlement et les pillages des ex-rebelles et de nombreux villages ont été vidés de leurs habitants, qui préfèrent désormais se cacher en brousse dans des conditions sanitaires déplorables. «Selon les autorités, 400.000 personnes vivent dans la brousse», après avoir fui les violences, «avec des conséquences directes ou indirectes sur leur santé», relève M.Terzian: «augmentation des cas de paludisme, malnutrition, diarrhées, pas d'accès aux soins». Le président de MSF rejette cependant le terme de «génocide», employé par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui avait décrit un pays «au bord du génocide» le 21 novembre sur la chaîne France 2. «On parle de violences, d'agressions, mais pas de génocide. Il n'y a pas besoin de trouver des mots fictifs pour justifier une intervention», estime M. Terzian. Le président de MSF regrette que la Centrafrique «n'intéresse pas» et que l'aide internationale «ne soit pas à la hauteur», jugeant que «la corruption et l'insécurité ne sont pas des excuses pour ne pas apporter d'aide». «L'ONU doit augmenter son secours, sa présence hors de Bangui», plaide-t-il.

 

Car malgré les violences et les pillages qui touchent également les humanitaires, «on arrive à travailler», assure M.Terzian. L'ONG compte 1.100 employés locaux et une centaine d'expatriés dans le pays. En août 2013, MSF avait réalisé plus de 400.000 consultations, dont 171.000 pour des cas de paludisme mais, alerte M. Terzian, «on ne peut pas couvrir avec 1.200 personnes les besoins de tous les Centrafricains». Vendredi et samedi, une quarantaine de dirigeants africains se retrouveront à Paris à l'invitation du président François Hollande. Après la clôture du sommet, celui-ci réunira les dirigeants des pays voisins de la Centrafrique ainsi que les responsables de l'ONU et de l'Union européenne pour un mini-sommet consacré à la situation dans ce pays.

Lu pour vous : ALORS QUE LA FRANCE VA DÉPLOYER 1000 SOLDATS EN CENTRAFRIQUE
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:36

 

 

 

 

 

 

http://www.portesouvertes.fr   04/12/2013

 

 

 

Alors que l’adoption d’une résolution à l’ONU sur l’intervention française en Centrafrique est imminente, les responsables chrétiens exhortent les fidèles à ne pas prendre les armes.

 

En Centrafrique, beaucoup de violence a pu être évitée grâce à la clairvoyance de la plate-forme inter-religieuse dirigée par Nicolas Grekoyame-Gbangou, l’archevêque Dieudonné Nzapalainga et l’imam Omar Kabine Layama, le principal responsable musulman en Centrafrique.

 

Récemment, des combats ont opposé les mercenaires de la Séléka, à des groupes d’auto-défense. Ces groupes sont connus sous le nom d’anti-Balaka et sont formés d’anciens soldats chrétiens et animistes, des déserteurs de la Séléka et de certains groupes de fermiers. Leur objectif est de se défendre face aux atrocités dont ils sont victimes, même s’ils ne font pas le poids devant les armes lourdes des mercenaires de la Séléka.

 

Cependant, la plupart des chrétiens ne tombent pas dans ce piège. En juin, la conférence des évêques de Centrafrique a fait circuler une lettre appelant les chrétiens à s’appuyer sur leur foi dans ces moments d’épreuve, comme l’ont fait les premiers chrétiens (1 Pierre 3:15). Ils sont invités à affermir leur foi en résistant à la tentation d’aller à la confrontation religieuse.

 

Risque de chaos total

 

Pendant ce temps, la Séléka continue de piller, de violer, de tuer des civils et de raser leurs villages, particulièrement dans les régions du nord-ouest. La situation sécuritaire se détériore également de plus en plus à Bangui, la capitale. Le 27 novembre, les Nations-Unis ont tiré la sonnette d’alarme à propos de la crise centrafricaine, affirmant que le pays risquait « de plonger dans un chaos total ».

 

Jan Elliasion, vice-secrétaire général de l’ONU a estimé qu’il y a actuellement en Centrafrique 400 000 déplacés à l’intérieur du pays, que 200 000 personnes ont fui le pays et qu’un million de personnes sont dans une situation vulnérable, face à la faim et aux maladies telles que le paludisme, la grippe et le choléra.

 

Portes Ouvertes suit la situation de près depuis le début des exactions de la Séléka. Depuis juin 2013, des actions d’aide médicale et d’urgence ont été effectuées. Nous sommes en train de former une équipe sur le terrain pour soutenir et accompagner les églises affaiblies et déterminer des projets à mettre en place. Une campagne de prière pour la Centrafrique est en préparation. Par ailleurs, nous effectuons des démarches auprès des diplomates et conseillers politiques en France et dans d’autres pays afin de les sensibiliser à la situation.

 

 

Caritas Internationalis au chevet des Centrafricains

 

http://fr.radiovaticana.va  2013-12-04 17:03:04 

 

(RV) Entretien - Intervention militaire imminente dans une Centrafrique en pleine anarchie. A la veille de l'adoption programmée ce jeudi d'une résolution de l'ONU autorisant le déploiement pour 12 mois de la force africaine de la Misca afin de « protéger les civils et de rétablir l'ordre et la sécurité par les moyens appropriés », nouveau massacre à la machette. A une centaine de kilomètres au nord de la capitale, au moins douze civils, des éleveurs peuls musulmans, ont été massacrés dans la nuit de lundi à mardi. Dix très jeunes enfants ont également été gravement blessés.

Depuis le renversement du président Bozizé en mars dernier, la population subit les exactions des anciens rebelles de la Seleka et des milices composées de paysans chrétiens, qui se sont créées pour leur opposer résistance. 


« Tous ceux qui veulent nous aider à éteindre l’incendie sont les bienvenus », affirme Emmanuel Mbuna. La mission du responsable de l’équipe d’intervention d’urgence de Caritas Internationalis est d’accompagner la caritas de Centrafrique pour venir en aider aux civils. Depuis mars, on compte 400 000 déplacés internes pour 65 000 centrafricains ayant quitté le pays. 

Centrafrique : les responsables chrétiens à l’œuvre face au chaos
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 00:31

 

 

 

 

 

 

RFI   mercredi 04 décembre 2013 à 23:58

 

Depuis la première édition du grand raout France-Afrique en 1973, Paris et ses alliés du continent noir se sont réunis en sommet à 25 reprises. Véritable vitrine d’une relation historique souvent caricaturée, les sommets France-Afrique s’inscrivent dans une relation diplomatique à souffle long, marquée du sceau de la complexité. Le sommet de l’Elysée convoqué par le président François Hollande entend dépoussiérer les relations franco-africaines.

 

« La France ne serait plus tout à fait elle-même aux yeux du monde, si elle renonçait à être présente en Afrique, aux côtés des Africains, pour être à côté d’eux tout simplement, pour contribuer à construire un cadre de paix, de démocratie et de développement, pour réussir ensemble une grande aventure humaine, au pire des difficultés, mais en gardant ses vieilles traditions, ses fortes cultures, et cette nature des hommes qui espèrent et qui croient toujours en la chance de l’humanité. »

 

Ainsi parlait François Mitterrand au sommet franco-africain de Biarritz, en 1994, faisant ses adieux à une communauté dont il avait su sceller le destin grâce à sa sensibilité « très proche de la sensibilité africaine », pour citer son vieux compère ivoirien Houphoüet-Boigny. Dans ce discours du président français de l'époque, Il y avait tout : le poids de l’histoire, la philosophie, mais aussi les ambitions et les contradictions entre les intérêts et l'idéalisme qui, au cours des décennies, ont orienté les relations complexes entre la France et l’Afrique.

 

A la veille de l’ouverture d’un nouveau sommet à l’Elysée, présenté comme un tournant dans la politique africaine de Paris, il est utile de rappeler les propos de François Mitterrand, qui en disent long surtout sur l’esprit qui a fondé ces grands rendez-vous entre Paris et ses alliés africains.

 

Le « syndrome Foccart »

 

C’est à l’initiative du chef de l’Etat nigérien Hamani Diori que le premier sommet franco-africain s’est tenu le 13 novembre 1973 dans la capitale française, sous la présidence de Georges Pompidou. L’objectif était d’offrir un nouveau cadre de dialogue entre la France et l’Afrique francophone qui, malgré les indépendances, avaient du mal à sortir de son face-à-face colonial.

 

A l'époque, il s’agissait d’un cadre encore modeste, dans la mesure où cette première édition de ce qui allait devenir plus tard le grand raout franco-africain ne réunissait que sept chefs d’Etat ou de gouvernement et quatre délégations ministérielles.

 

L’habileté de ses concepteurs résidait ailleurs, comme l’a si bien expliqué l’historien Jean-Pierre Bat dans son opus consacré à la politique africaine de la France, Le syndrome Foccart(Collection « Folio Histoire », Gallimard). Foccart, du nom du conseiller de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou pour les affaires africaines et malgaches, entre 1959 et 1974.

 

Un sommet tous les ans

 

« La subtilité consiste à disposer, aux yeux de l’opinion internationale, écrit Jean-Pierre Bat,d’un forum de concertation mutuelle qui place officiellement sur un pied d’égalité ses membres tout en réaffirmant le lien particulier de la France envers l’Afrique. »

 

Autrement dit, avec l’organisation de cette première réunion au sommet en 1973, les relations franco-africaines sont entrées dans l’ère post-coloniale, même si ces grandes rencontres continueront pendant encore longtemps de symboliser aux yeux de leurs pourfendeurs le maintien d’une forme de domination de l’ex-métropole.

 

C’est sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing que se déroule en 1975, à Bangui (Centrafrique), la deuxième édition du sommet franco-africain. En raison de l’intérêt que suscite l’événement, la décision est alors prise de renouveler l’expérience chaque année, alternativement en Afrique et en France. Le calendrier annuel sera respecté jusqu’à 1990, date à partir de laquelle les rencontres franco-africaines auront lieu tous les deux ans.

 

Un lieu de rencontre pour le continent

 

 

Le format du sommet, qui fut à ses débuts, pour citer l’ancien président sénégalais Leopold Sedar Senghor, une « réunion de famille » francophone, a également évolué au cours des années, avec l’ouverture de la participation aux lusophones et anglophones, faisant ainsi voler aux éclats la notion de « pré carré » qui a longtemps dominé la pensée africaine de la France.

 

C’est le président français Valéry Giscard d’Estaing qui émit à Bangui le vœu d’élargir l’aide française à l’ensemble de l’Afrique et de voir les lusophones et autres anglophones participer aux conférences France-Afrique. Ce sera chose faite dès le rendez-vous de l'année suivante à Paris, avec l’ouverture timide de la participation au Cap-Vert et à la Guinée-Bissau. Il faudra attendre le sommet de Kinshasha, en 1982, pour voir arriver les anglophones, notamment le Nigeria et la Tanzanie.

 

Pendant longtemps, les rendez-vous France-Afrique ont donné l’impression d’une réunion de famille « françafricaine ». C’est seulement au fil des années 1990, avec la présence croissante des dirigeants de pays anglophones et lusophones, que le sommet franco-africain est devenu un lieu de rencontre pour l’ensemble du continent.

 

Thèmatiques

 

Ces évolutions ne devraient cependant pas masquer la continuité qui définit certains aspects de la politique africaine de la France, qui a peu changé malgré les alternances politiques et idéologiques à la tête du pays au cours des décennies écoulées.

 

Cinquante ans après la fin de la colonisation, la logique du pré carré, consacrée par la cellule africaine version Jacques Foccart, continue ainsi de déterminer les actions militaires de la France en Afrique notamment, comme l’ont rappelé la récente intervention française au Mali ou celle qui se prépare en Centrafrique.

 

Rien, sans doute, n’illustre mieux cette continuité de la vision géopolitique française s’agissant de l’Afrique, que les thématiques récurrentes des vingt-cinq sommets franco-africains qui ont eu lieu jusqu’ici : développement, sécurité, dialogue, modulés sur tous les tons. A lui seul, le vocable « développement » se retrouve cinq fois dans les intitulés thématiques des sommets.

 

Il y a quelque chose d’incantatoire dans ces prises de parole, qui ont plus à voir avec ce que Jean-Pierre Bat désigne dans son livre comme le « théâtre des représentations de pouvoir entre la France et l’Afrique » qu’à un souci véritable de peser sur le réel. La menace de couper les vivres faute d’instauration d’Etats de droit que brandit François Mitterrand dans le cadre de son célèbre siscours de la Baule (1990) constitue une véritable rupture dans ce ronronnement diplomatique franco-africain.

 

Des temporisations du genre « Démocratie bien sûr, mais chacun à son rythme » viendront, hélas !, vite colmater la rupture. Car dans ce domaine, la crainte de perte d’influence prime sur des considérations éthiques.

 

Sommet de l’Elysée 2013

 

Le sommet de l’Elysée, convoqué par François Hollande, entend dépoussiérer les rituels diplomatiques de l’ensemble franco-africain et faire évoluer la politique africaine de la France. Cette nouvelle conférence avec une quarantaine de délégations nationales attendues marque sa différence par rapport à la tradition, en ne se désignant pas comme le 26e sommet franco-africain, mais en se définissant en fonction des débats que ses organisateurs veulent impulser : « sommet pour la paix et sécurité en Afrique ».

 

Une conférence, donc, sur la prévention et la gestion des conflits sur le continent africain, comme il y en a déjà eu plusieurs dans le passé (sommets de 1978, 1983, 1994, 1998). A la seule différence près que l’ère de la France « gendarme de l’Afrique » est maintenant révolue. Le président français le sait bien, car il n’a cessé d’affirmer que c’est désormais aux Africains « d’assurer la sécurité de leur continent ».

 

Pour Paris, le véritable défi, aujourd’hui, consiste sans doute à réussir sa sortie de l’arène africaine pour mieux investir l’Afrique de demain qui se dessine. C’est ce que certains appellent « faire preuve d’afro-réalisme ».

Sommets de l'Elysée: des ruptures dans la continuité
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