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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 17:50
Discours du Président Touadéra au mini Sommet de la CIRGL de Luanda
Discours du Président Touadéra au mini Sommet de la CIRGL de Luanda

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, CHEF DE L'ETAT A L'OCCASION DU 3ème MINI-SOMMET DE LA CIGRL 


Luanda, le 16 septembre 2021

 

Excellence Monsieur LOURENCO, Président de la République d’Angola, Président en Exercice de la Conférence Internationale des Grands Lacs, Cher Frère ;


Excellences, Messieurs les Présidents, Chers Frères ;


Messieurs les Représentants des Chefs d’Etat ;


Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine ;
 

Mesdames et Messieurs,


Puis-je tout d’abord, Monsieur le Président Joao Manuel Gonçalves LOURENCO, vous exprimer la gratitude du peuple et du Gouvernement centrafricain, pour votre continuel soutien et votre attachement à la cause de la paix et de la sécurité en République Centrafricaine et dans notre sous-région.

Je tiens en particulier à vous rendre hommage, pour l’organisation réussie de ce 3ème mini-Sommet de la CIRGL consacré à mon pays, la République Centrafricaine.
Puis-je également remercier le peuple et le Gouvernement Angolais pour son hospitalité légendaire et la qualité de l’accueil qui nous a été réservé ainsi que les moyens généreusement mis à notre disposition pour la réussite de ce mini-Sommet.
Ce mini-Sommet est l’aboutissement d’un travail collectif des Chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres de nos organisations sous-régionales, sous le leadership du Président LOURENCO.

C’est pourquoi, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour réitérer mes sincères remerciements à mes Frères, les Chefs d’Etat, aux Représentants des Chefs d’Etat ainsi qu’aux Responsables de nos Organisations continentales, régionales et sous-régionales, pour votre constante sollicitude en faveur de la République Centrafricaine.
Permettez-moi de remercier solennellement la brillante intervention du Président LOURENCO en faveur de la République Centrafricaine devant le Conseil de Sécurité, le 23 juin dernier.

Je ne pourrais oublier la CEEAC qui, sous le leadership du Président SASSOU NGUESSO, est également fortement engagée dans la quête de la paix et la sécurité en République Centrafricaine, ainsi que le plaidoyer pour une levée de l’embargo auprès du Conseil de Sécurité.

C’est encore l’une des preuves de la solidarité africaine mais surtout le ferme engagement de la CIRGL et de la CEEAC dans la recherche de la paix et de la sécurité en République Centrafricaine.

Messieurs les Présidents, Chers Frères ;

Mesdames et Messieurs ;

Votre présence ici, une fois de plus dans cette ville de Luanda, témoigne de la fidélité et de la cohérence de vos efforts, dans le cadre de la CIRGL, pour trouver une solution durable à la crise centrafricaine.

Point n’est besoin de rappeler que la République centrafricaine traverse depuis des années des épreuves douloureuses.

Ces soubresauts perpétuels ont anéanti son économie et la dernière crise de 2013 a impacté violemment le tissu social.

J’ai eu l’occasion, au cours de nos différents sommets, de vous décrire la crise interminable qui secoue la République centrafricaine, en dépit des efforts de la communauté internationale et des pays frères de la sous-région de nous aider à y mettre fin.
En effet, au niveau national, plusieurs foras ont été organisés pour conjurer ce qui est devenu le mal centrafricain.

Cependant, les recommandations pertinentes n’ont pu être totalement appliquées, tantôt par manque de volonté politique des différents acteurs, tantôt par le manque de ressources pour la mise en œuvre.

Au plan régional et sous régional, plusieurs sommets, réunions de haut niveaux et conférences ont été organisés, soit dans le cadre de la CEEAC, de la CEMAC, de la CIRGL, voire en marge des assemblées annuelles de l’ONU pour trouver des solutions durables aux défis de la paix et de la sécurité dans la région et particulièrement en République Centrafricaine.

Les nombreuses déclarations, recommandations et résolutions prises n’ont pas permis de juguler la crise, dont les causes sont endogènes mais aussi exogènes et que vous connaissez certainement.

Je dois vous rappeler que devant la menace que représentait le retour clandestin du Président BOZIZE qui ne cachait guère son intention de déstabiliser les institutions de la République et à ma demande, le Sommet Extraordinaire de la CEEAC, tenu en visioconférence, le 26 décembre 2020, avait encouragé les Etats membres de la Communauté qui en ont la capacité à exprimer, au nom de celle-ci en concertation avec ses organes, leur solidarité à la RCA, y compris par le déploiement des troupes armées, en vue notamment de l’aider à reconquérir son intégrité territoriale et à se redonner la capacité d’assurer efficacement et durablement sa propre sécurité.

La Conférence avait appelé les groupes armés au respect de la légalité constitutionnelle, des autorités légitimes, du processus électoral et des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paix et de Réconciliation, y compris la cessation immédiate des hostilités sur l’ensemble du territoire centrafricain et le retrait de toutes les lignes de front.
Elle a également encouragé les acteurs politiques et les leaders politiques qui auront fait le choix de l’abandon des armes et de la violence à soutenir le processus électoral en cours et à retrouver la voie du dialogue politique en vue d’une concertation politique inclusive au lendemain des élections

Cette demande était motivée par l’urgence et l’impératif du respect de l’ordre constitutionnel par le respect du processus électoral, conformément aux principes et programmes de la CIRGL qui résultent de la reconnaissance de la dimension régionale des conflits qui affectent nos Etats membres et de la  nécessité d’un effort concerté en vue de promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le développement durable dans la région.
Cet appel a eu un écho favorable auprès de la République sœur du Rwanda qui a envoyé un contingent pour aider les FACA à contrer l’avancée fulgurante de la rébellion conduite par l’ancien Président François BOZIZE et donc de préserver l’ordre constitutionnel.

Les appuis du Rwanda et de nos partenaires Russes ont empêché la tentative de déstabilisation des institutions républicaines, et permis de conduire le processus électoral à son terme, renforçant ainsi l’ancrage démocratique du pays amorcé en mars 2016.

Mes Chers Frères ;

Il est indéniable que l’attaque de la CPC constitue, non seulement une agression des forces du mal envers mon pays, mais également une agression contre l’ensemble des états de notre sous-région.

Je tiens à rappeler que ces attaques perpétrées par la CPC, sous la coordination de l’ancien Président BOZIZE, mais composée essentiellement des mercenaires étrangers issus des groupes armés n’ayant aucun avantage à voir la paix s’instaurer en République Centrafricaine, doivent nous interpeller sur nos capacités à mettre en œuvre les Résolutions 1291 et 1304 qui nous appellent à trouver des solutions aux causes profondes des conflits et obstacles au développement de notre sous-région par une approche régionale

Je tiens ici à réitérer la gratitude du Peuple centrafricain au Président LOURENCO et vous tous, Chers Frères, pour la mise en place de la Feuille de route conjointe, Angola-Rwanda pour la paix en République Centrafricaine.

Je tiens également ici à vous informer que la situation en République Centrafricaine requiert davantage la mise en œuvre de la solidarité, l’un des principes de notre organisation commune, afin que nos programmes sur les thèmes de la Paix et Sécurité, de la Démocratie et la Bonne Gouvernance, puissent avoir pour cas d’école, la République Centrafricaine.

Il vous souviendra que face à la situation sécuritaire qui prévalait pendant la période électorale, j’ai sollicité la mise en place d’une force régionale permanente pour régler définitivement la crise centrafricaine.

Cette force devrait être placée sous le commandement de l’Etat-major des FACA, en coordination avec les officiers de liaison de chaque contingent.

Cependant, les difficultés propres à chacun de nos pays, accentuées par le COVID 19, n’ont pas permis la réalisation de cet objectif.

Il nous faut faire taire les armes en Afrique et surtout en RCA.

Faire taire les armes est une grande entreprise qui implique la contribution et la participation de tous, car la paix n’a pas de prix et sans la paix par le dialogue, pour éviter à mon peuple une nouvelle guerre fratricide, aux conséquences imprévisibles.
 

C’est ce que je n’ai cessé de faire depuis ma prise de fonction, le 30 mars 2016 et qui m’a d’ailleurs permis la signature de l’APPR et l’organisation en cours d’un Dialogue Républicain avec toutes les forces vives de la Nation.

La République centrafricaine face à la complexité de la situation qui ne se limite pas à ses frontières, en appelle à une forte unité africaine.

L’Afrique centrale ne peut persister dans les cycles de violences injustes et injustifiées qui risquent de faire le lit au terrorisme.

Le combat pour la Paix, la Stabilité et la Sécurité de nos populations nous devons le mener ensemble, en ordonnant nos efforts, par une coopération dans la sécurisation de nos frontières communes pour ceux avec qui la RCA partage une frontière commune ;

par les appuis logistiques et en troupes pour les autres ; par les appuis diplomatiques des uns et des autres au plaidoyer pour la levée de l’embargo qui sanctionne injustement la RCA ainsi que celui d’un partenariat diversifié, gage de développement , qui n’exclut personne.
Ce mini-Sommet m’offre l’occasion de vous remercier pour tous les sacrifices que vous ne cessez de consentir en ce temps de pandémie de COVID-19 pour la cause de vos frères et sœurs centrafricains.

Je voudrais aussi remercier et encourager nos experts pour leurs contributions sans cesse renouvelées à la recherche de solutions durables à la crise qui secoue mon pays.
 

Je vous remercie.

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 23:05
PAIX EN RCA : LE CRI DE CŒUR DE DENIS SASSOU-N’GUESSO

Lu pour vous

 

PAIX EN RCA : LE CRI DE CŒUR DE DENIS SASSOU-N’GUESSO AUX PAYS DE LA CIRGL

https://guineeconakry.online/ Par Justin Morel 16 septembre 2021

Le 3ème sommet extraordinaire de la CIRGL (Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs) sur la situation politique et sécuritaire en RCA s’est ouvert, ce jeudi 16 septembre 2021, à Luanda, en Angola. A l’ouverture de ces assises, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N’Guesso a invité les pays de la CIRGL à s’investir davantage pour sortir la RCA de cette situation.

Quatre chefs d’Etat de la CIRGL y prennent part. Il s’agit de Denis Sassou-N’Guesso de la République du Congo, Faustin Archange TOUADERA de la RCA, MAHAMAT Idriss Deby du Tchad et bien sûr de l’hôte du sommet, l’angolais Joao LOURENÇO. Le président de la commission de l’UA, MOUSSA FAKI MAHAMAT est également présent à ces assises.

A l’ouverture du sommet placé sous l’autorité du chef de l’Etat angolais, Joao LOURENÇO, président en exercice de cette organisation sous-régionale, les chefs d’Etat présents ont suivi le rapport sur la mise en œuvre des décisions de leur 2ème mini-sommet. Ils ont également suivi la présentation de la feuille de route conjointe pour la paix en RCA.

Intervenant à cette occasion, en sa qualité de président en exercice de la CEEAC, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N’Guesso, a appelé la sous-région à accompagner le peuple centrafricain sur le chemin de la paix. « Notre sous région doit demeurer au cœur du processus de règlement de la crise centrafricaine ». A dit le président Denis Sassou-N’Guesso, avant d’ajouter  « En cela la feuille de route pour la paix en RCA, qui va nous être présenté au cours des présents travaux confirme notre engagement inlassable et notre mobilisation sans faille au bénéfice de ce pays frère. »

Pour le président en exercice de la CEEAC « Il faut agir et accompagner le peuple de Centrafrique. » pouvait poursuivre le président Denis Sassou-N’Guesso, tout en invitant les centrafricains à taire les divisions : « Nous osons espérer que tous les acteurs politiques et sociaux impliqués, regarderont, enfin, dans la même direction, en bannissant les rangs de divisions et des velléités identitaires des séparatistes. »

La paix en RCA est à ce prix. Et à Denis Sassou-N’Guesso de dire « Nous ne cesserons jamais assez sur cette condition permissive essentielle. Puisqu’il faut, pour l’ensemble des composantes concernées transformer les poches de haine, de peur et des incompréhensions…, aux aveux incessants de la paix, en socle de patriotisme au service de l’affectation en tant que frères et sœurs. »

MIATOLOKA Boryce Agapyth pour GCO

Correspondant particulier de GCO au Congo

GCO Copyright © GuineeConakry.Online

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 18:30
Mini Sommet de la CIRGL de Luanda : Communiqué final
Mini Sommet de la CIRGL de Luanda : Communiqué final

 

COMMUNIQUÉ FINAL MINI-SOMMET DE LA CIRGL SUR LA SITUATION POLITIQUE ET SÉCURITAIRE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

1. Faisant suite aux Mini-Sommets de Luanda des 29 janvier et 20 avril 2021 et à l’invitation de Son Excellence João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de la République d'Angola et Président en exercice de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), le Troisième Mini-Sommet de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) sur la situation politique et sécuritaire en République Centrafricaine s'est tenu le 16 septembre 2021 à Luanda.

2. Ont participé au Mini-Sommet Son Excellence Denis Sassou N'Guesso, Président de la République du Congo et Président en exercice de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC); Son Excellence Faustin Archange Touadera, Président de la République Centrafricaine; Son Excellence Mahamat Idriss Déby, Président du Conseil Militaire de Transition de la République du Tchad et Président en exercice de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD), en tant qu'invité spécial; Son Excellence General Ibrahim Gabir Ibrahim Karima, Membre du Conseil Souverain de la République du Soudan, représentant Son Excellence le Général Abdul Fattah al-Burhan, Président du Conseil Souverain de la République du Soudan ; Son Excellence Kabanda Kurhenga Gilbert, Ministre de la Défense Nationale et des Anciens 2 Combattants de République Démocratique du Congo, représentant Son Excellence Félix Antoine TshisekediTshilombo, Président de la République Démocratique du Congo et Président en exercice de l'Union Africaine (UA); Son Excellence Dr. Vincent Biruta, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale de la République du Rwanda, représentant Son Excellence Paul Kagame, Président de la République du Rwanda; Son Excellence Lejeune Mbella Mbella, Ministre des Relations Extérieures de la République du Cameroun, représentant Son Excellence Paul Biya, Président de la République du Cameroun et Président en exercice de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), en tant qu'invité spécial; Son Excellence Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine, et l’Ambassadeur João Samuel Caholo, Secrétaire-Exécutif de la CIRGL.

3. L'objectif principal du Troisième Mini-Sommet de Luanda était d'examiner les résultats obtenus, dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des Premier et Deuxième Mini Sommets de Luanda des 29 janvier et 20 avril 2021, y compris la présentation de la Feuille de Route Conjointe pour la Paix en République Centrafricaine.

4. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont salué la mémoire du Maréchal Idriss Déby Itno, tombé héroïquement sur le champ de bataille en avril 2021 en défendant l'intégrité territoriale de la République du Tchad et ont encouragé Son Excellence Mahamat Idriss Déby, Président du Conseil Militaire de Transition de la République du Tchad, à continuer à œuvrer pour la consolidation de la démocratie, de la stabilité, de la sécurité et de la paix durable dans le pays.

5. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont condamné le récent coup d’État survenu en République de Guinée et ont soutenu la position de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine et des Nations Unies, qui exige 3 la libération immédiate et inconditionnelle du Professeur Alpha Condé, Président de la République de Guinée.

6. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont salué l'esprit d'ouverture de Son Excellence Faustin Archange Touadera, Président de la République Centrafricaine, ainsi que les consultations engagées dans le cadre du processus de Dialogue Républicain avec les forces vives de la Nation et les Institutions de la République.

7. Les Chefs d'État et de Gouvernement ont réaffirmé la nécessité de la revitalisation de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR-RCA), négocié à Khartoum et signé le 6 février 2019 à Bangui, étant la référence dans la recherche d'une solution durable à la crise centrafricaine.

8. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont salué la participation des Présidents en exercice de la CIRGL et de la CEEAC à la réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unis sur la République Centrafricaine, qui s'est tenue à New York le 23 juin 2021, conformément au mandat conféré par les Premier et Deuxième Mini-Sommets de Luanda.

9. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont salué la Résolution 2588 (2021) du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 29 juillet sur la situation en République Centrafricaine, et ont réitéré leur engagement à poursuivre la recherche d'une solution pacifique à la crise centrafricaine sous l'égide de l'Union Africaine, conformément à la déclaration du 29ème Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine, tenu à Addis-Abeba le 4 juillet 2017, sur l’initiative africaine, qui a abouti à la signature de l'APPR-RCA le 6 février 2019 à Bangui.

10. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont appelé la Communauté Internationale, en particulier l’Organisation des Nations Unies, à se joindre aux initiatives régionales pour soutenir les efforts du Gouvernement de la République Centrafricaine pour revitaliser l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR-RCA), afin d’assurer le respect des engagements et des 4 principes tels que la non-impunité et l'adhésion au programme de Démobilisation, Désarmement, Réintégration et Rapatriement (DDRR).

11. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont salué l’évolution positive enregistrée dans la situation politique et sécuritaire en République Centrafricaine, tout en réitérant leur condamnation des récents incidents perpétrés par la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC).

12. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont reçu le rapport des activités menées par l’équipe de travail composée des Ministres des Relations Extérieures et des Affaires Étrangères de la République d’Angola et de la République du Rwanda, en collaboration avec les autorités centrafricaines, dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues du Deuxième Mini-Sommet du 20 avril 2021, qui a abouti à l'élaboration de la Feuille de Route Conjointe pour la Paix en République Centrafricaine.

13. Les Chefs d’État et de Gouvernement se sont félicités des résultats des consultations tenues avec les chefs des groupes armés et les ont exhortés à respecter pleinement les termes de leur engagement, notamment à ne pas promouvoir et/ou entreprendre des actions qui pourraient mettre en péril la stabilité dans le pays et à revenir dans le processus de l’APPR pour les groupes signataires.

14. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont encouragé les pays de la région à faire en sorte que le processus de paix en cours en République Centrafricaine ne soit pas déstabilisé.

15. Les Chefs d’État et de Gouvernement ont entrepris une réflexion approfondie sur la situation en République Centrafricaine et ont décidé ce qui suit :

a) L’appropriation de l’ensemble du processus de paix et de réconciliation par le Gouvernement de la République Centrafricaine ;

b) L’adoption de la feuille de route conjointe pour la paix en République Centrafricaine;

c) La poursuite des consultations avec les Chefs des groupes armés pour une renonciation totale à la violence par tous les groupes armés;

d) La déclaration de cessez-le-feu par le Gouvernement de la République Centrafricaine, dans les meilleurs délais et au regard de l’engagement pris par les leaders des groupes armés, en tant que facteur indispensable à la réussite de l’ensemble du processus et à la création d'un climat propice à la paix et à la réconciliation nationale;

e) La poursuite des activités de l’équipe de travail composée des Ministres des Relations Extérieures de la République d’Angola et des Affaires Étrangères de la République du Rwanda, en collaboration avec les autorités centrafricaines, le cas échéant, afin de permettre, dans les plus brefs délais :

1. la mise en œuvre de la feuille de route adoptée;

2. la mobilisation des ressources, avec l’appui du Secrétaire Exécutif de la CIRGL et le Président de la Commission de la CEEAC, auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux pour la mise en œuvre des actions envisagées dans la Feuille de Route Conjointe pour la Paix en République Centrafricaine, notamment en ce qui concerne le DDRR pour les groupes armés signataires de l’APPR et ceux non signataires ;

f) La définition par le Gouvernement de la République Centrafricaine d'un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de la Feuille de Route Conjointe pour la Paix en République Centrafricaine, composé de partenaires bilatéraux et multilatéraux.

16. Le Président Faustin Archange Touadera s'est engagé à tenir les Chefs d’État et de Gouvernement informés des conclusions des consultations en cours et des progrès du processus de paix en cours.

17. Le Mini-Sommet de Luanda entre les Chefs d’État et de Gouvernement de la CIRGL s'est déroulé dans une atmosphère de fraternité et de parfaite entente.

18. Les Chefs d’État et de Gouvernement présents ont remercié Son Excellence João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de la République d’Angola et Président en exercice de la CIRGL, pour son accueil et son hospitalité fraternels, ainsi que pour sa disponibilité et son engagement en faveur du processus de réconciliation et de la recherche d'une solution pacifique au conflit en République Centrafricaine.

Fait à Luanda, le 16 septembre 2021.

 

 

Centrafrique: la CIRGL valide la feuille de route pour la paix et veut un cessez-le-feu

https://www.rfi.fr/ 16/09/2021 - 22:43

En Angola, le troisième mini-sommet de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) sur la Centrafrique s’est tenu jeudi 16 septembre à Luanda. Son objectif était d'accorder les violons quant au processus menant à une paix durable en RCA.

Avec notre correspondant à Bangui, Carol Valade

La réunion du CIRGL était présidée par l’Angolais João Lourenço, président en exercice de l’organisation sous-régionale. Elle s'est tenue en présence du président Faustin-Archange Touadéra ainsi que de ses homologues congolais et tchadiens et des représentants du Soudan, de la RDC, du Rwanda du Cameroun et du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat.

Après avoir salué la mémoire de l’ancien président tchadien Idriss Déby, condamné le récent coup d’État en Guinée et appelé à la libération d’Alpha Condé, les chefs d’État se sont penchés sur la feuille de route pour une sortie de crise en Centrafrique. Rédigée par les ministres angolais, rwandais et centrafricains des Affaires étrangères, assistés de plusieurs experts, la « Feuille de route conjointe pour la paix en RCA » dont on ne connaît pas encore le contenu a été adoptée par les chefs d’État.

Appel à un cessez-le-feu

La même équipe de travail est désormais chargée de la mettre en œuvre, de mobiliser les ressources nécessaires et de définir un mécanisme de suivi. Les chefs d’État ont également décidé la poursuite des consultations avec les chefs des groupes armés pour une renonciation totale à la violence ainsi que la déclaration d’un cessez-le-feu par le gouvernement centrafricain, dans les meilleurs délais.

Cité par l’agence Angola Press, le président Lourenço s’est exprimé à l’issue du sommet, jugeant « essentiel de profiter des avancées réalisées dans le domaine des négociations avec les forces politiques internes de l'opposition, la société civile et les leaders des groupes rebelles ».

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 17:48
LE PRÉSIDENT ANGOLAIS ENCOURAGE LES EFFORTS POUR LA PAIX EN RCA

 

LE PRÉSIDENT ANGOLAIS ENCOURAGE LES EFFORTS POUR LA PAIX EN RCA

 

Luanda - Jeudi, 16 Septembre De 2021   12h45 - Le Chef de l'Etat angolais, João Lourenço, a encouragé ce jeudi, à Luanda, son homologue centrafricain, Faustin Touadera, à continuer de prendre en charge le processus de paix dans son pays, en faveur de la réconciliation entre les différentes forces internes.

S'exprimant lors de l'ouverture du mini-sommet des chefs d'État de la Conférence internationale sur la région des Grande Lacs (CIRGL), João Lourenço a souligné la nécessité de respecter la feuille de route commune pour la paix en République centrafricaine (RCA), comme le principal instrument de paix dans ce pays.

Le Président en exercice de la CIRGL a déclaré que la RCA ne devait pas manquer cette occasion de parvenir à la paix, afin de capitaliser les efforts des différents intérêts nationaux et du contingent des Nations Unies.

Dans son intervention, João Lourenço a également jugé essentiel de profiter des avancées réalisées dans le domaine des négociations avec les forces politiques internes de l'opposition, la société civile et les leaders des groupes rebelles.

Sur la levée de l'embargo sur les armes, imposé à la RCA, il a souligné que la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, de juillet de cette année, indiquait déjà un relatif assouplissement de l'embargo.

Le Président João Lourenço a souligné qu'avec la tenue du mini-sommet de ce jeudi, la région se dirige vers la conclusion d'un cycle d'étapes qui pourrait bientôt aboutir à une solution durable en RCA.

En sa qualité de Président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grande Lacs, João Lourenço a réitéré le soutien inconditionnel de la CIRGL à la paix et à la stabilité en RCA.

Ce mini-sommet de Luanda, a-t-il ajouté, joignant sa voix à celle de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), de l'Union africaine et des Nations Unies, pour la libération immédiate et inconditionnelle du Président déchu de la Guinée, Alpha Condé.

Le mini-sommet des chefs d'État de la CIRGL, le troisième du genre qu'accueille Luanda, débat la situation sécuritaire en République centrafricaine.

La RCA est plongée dans une situation d'insécurité croissante depuis le coup d'État perpétré par le groupe « Seleka » en 2013, qui a entraîné la chute de François Bozizė, ancien président centrafricain.

La CIRGL a été créée dans le but de résoudre les problèmes de paix et de sécurité après les conflits politiques qui ont ravagé la région en 1994.

Les membres de la CIRGL sont l'Angola, le Burundi, le Congo, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Rwanda, le Soudan, le Soudan du Sud, la République-Unie de Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie.

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 17:32
Un mini-sommet des chefs d’État sur la situation sécuritaire en RCA
Un mini-sommet des chefs d’État sur la situation sécuritaire en RCA
Un mini-sommet des chefs d’État sur la situation sécuritaire en RCA
Un mini-sommet des chefs d’État sur la situation sécuritaire en RCA

 

Un mini-sommet des chefs d’État sur la situation sécuritaire en RCA 

Luanda – Mercredi, 15 Septembre De 2021   20h19 - La capitale angolaise, Luanda, accueillera un mini-sommet des chefs d’Etat jeudi (16), pour débattre des questions de sécurité liées à la République centrafricaine (RCA).

L’événement a lieu à l’initiative du chef de l’État angolais, João Lourenço, en sa qualité de président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

S’adressant à la presse ce mercredi, à Luanda, le ministre angolais des Relations extérieures, Téte António, a déclaré que les chefs d’État examineraient le rapport sur la mise en œuvre des décisions prises lors du 2e mini-sommet tenu en avril de cette année, dans la capitale angolaise.

Les participants prendront également contact avec la Feuille de route conjointe pour la paix en République centrafricaine préparée par l’Angola et le Rwanda.

Téte António s’exprimait au sortir d’une audience que le chef de l’État angolais, João Lourenço, a accordée au président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki.

L’ordre du jour du mini-sommet comprend des discours du président João Lourenço et du dirigeant congolais Denis Sassou-N’Guesso, qui est également le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

Le président de la RCA, Faustin Archange Touadera, et le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, interviendront également.

Lors de cette réunion, la République démocratique du Congo (RDC), le Cameroun, le Soudan et le Rwanda enverront des représentants de leurs chefs d’État respectifs.

En janvier dernier, Luanda a accueilli un premier mini-sommet, qui a analysé la situation politique et sécuritaire en République centrafricaine. En avril de cette année, la capitale angolaise a accueilli le deuxième mini-sommet sur le même thème.

Situation en RCA

Depuis le coup d’État perpétré par le groupe rebelle « Seleka », qui a entraîné la chute de François Bozizė, ancien président centrafricain, le pays est plongé dans une situation d’insécurité croissante.

Les populations sont contraintes de quitter leurs villages, face à de violents affrontements ethniques et religieux.

Depuis décembre 2020, environ 60 000 personnes ont fui les violences qui ont ravagé la RCA, selon les données du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

L’actuel chef de l’Etat, Faustin-Archange Touadéra, a remporté les élections présidentielles le 27 décembre, avec 53,16 % des voix, contre 21,69 % de son principal adversaire, l’ancien premier ministre Anicet Georges Dologuéle.

Les élections se sont déroulées dans un contexte d’insécurité. À dix jours du scrutin, six des groupes armés les plus puissants de la RCA, qui contrôlent les deux tiers du territoire et dont la majorité soutient l’ancien président François Bozizė (dont la candidature a été invalidée), ont rejoint la Coalition des patriotes pour le changement.

Ces groupes armés ont lancé, le 19 janvier, une nouvelle offensive vers la capitale Bangui, pour empêcher la réélection du président Touadera et la tenue des élections.

L’attaque a été repoussée par les troupes centrafricaines, avec le soutien de quelque 12.000 « casques bleus » de la MINUSCA, la force de maintien de la paix de l’ONU, et des paramilitaires russes.

La CIRGL a été créée dans le but de résoudre les problèmes de paix et de sécurité après les conflits politiques qui ont ravagé la région en 1994.

L’Angola, le Burundi, le Congo, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Rwanda, le Soudan, le Soudan du Sud, la République Unie de Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie sont membres de la CIRGL.

https://www.angop.ao/fr 

 

 

LE PRÉSIDENT SASSOU N'GUESSO PLAIDE POUR LA PAIX EN RCA

Luanda - Jeudi, 16 Septembre 2021   15h54 - Le Président du Congo, Denis Sassou N'Guesso, a défendu ce jeudi, à Luanda, l'engagement continu des dirigeants de la région centre de l'Afrique, pour le règlement pacifique de la crise politique en République centrafricaine (RCA).

S'exprimant lors du mini-sommet des chefs d'État de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), le dirigeant congolais a souligné l'importance de soutenir le peuple centrafricain, en vue d'un avenir apaisé.

Denis Sassou N'Guesso est également président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC).

À son tour, le chef de l'État de la RCA, Faustin Touaderá, a reconnu le soutien apporté par les homologues de la CIRGL et a appelé à l'unité pour lutter contre l'instabilité politique et militaire en Afrique.

Selon lui, le climat d'instabilité que connaît depuis de nombreuses années la population centrafricaine a fragilisé l'économie et le tissu social du pays.

La RCA est plongée dans une situation d'insécurité croissante depuis le coup d'État perpétré par le groupe « Seleka » en 2013, qui a conduit à la chute de François Bozizė, ancien président centrafricain.

Depuis de nombreuses années, la paix et la sécurité en RCA sont un sujet de préoccupation pour d'autres pays d'Afrique centrale, a déclaré à son tour le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, qui a estimé qu'il était essentiel de passer des paroles aux actes.

"Le temps des mots est déjà révoqué en RCA (...) il nous faut des actes concrets de solidarité africaine", a-t-il déclaré.

Le diplomate tchadien au service de l'Union africaine a appelé à la fin des hostilités et à la recherche de solutions pacifiques, par le dialogue, entre les parties impliquées dans le conflit en RCA.

Le mini-sommet des chefs d'État de cette région, qui se termine ce jeudi, a été convoqué par le Président en exercice de la CIRGL, João Lourenço, pour discuter des questions sur la situation sécuritaire en République centrafricaine.

Les membres de l'organisation sont l'Angola, le Burundi, le Congo, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Rwanda, le Soudan, le Soudan du Sud, la République Unie de Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie.

https://www.angop.ao/fr 

 

 

LE PRÉSIDENT JOÃO LOURENÇO ABORDE LA SITUATION EN RCA

Luanda - Mercredi, 15 Septembre De 2021   21h26 - Le Chef de l'Etat angolais, João Lourenço, s'est entretenu ce mercredi à Luanda avec le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki, avec qui il a discuté de la situation politique en République centrafricaine (RCA).

Moussa Faki est à Luanda pour participer au Mini-sommet des Chefs d'Etat de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) qui a lieu jeudi (16), à l'initiative du Chef de l'Etat angolais, João Lourenço, en tant que président en exercice du CIRGL.

S'adressant à la presse à l'issue de l'audience, Moussa Faki a souligné l'importance de la consolidation de la paix et de la sécurité en RCA, tout en saluant les efforts entrepris par l'homme d'Etat angolais à la tête de la CIRGL.

Quant à la situation en RCA, le diplomate tchadien travaillant pour l'UA a appelé à la fin des hostilités et à la recherche de solutions pacifiques par le dialogue.

La RCA est plongée dans une situation d'insécurité croissante, depuis le coup d'État perpétré par le groupe « Seleka » en 2013, qui a conduit à la chute de François Bozizė, ancien président centrafricain.

Concernant la situation en République de Guinée, où un coup d'Etat a eu lieu récemment, Moussa Faki a condamné l'acte et exigé le respect de la Constitution de ce pays.

https://www.angop.ao/fr 

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 16:33
Mali :  Wagner comme "un moyen de pression pour prolonger la transition"

Lu pour vous

 

Mali : les discussions avec le groupe russe Wagner sont "un moyen de pression pour prolonger la transition"

https://afrique.tv5monde.com/ Matthieu Vendrely  Mise à jour 16.09.2021 à 15:40

Analyse - La France prête à claquer la porte. Depuis que les discussions entre le Mali et le groupe de sécurité russe Wagner ont été révélées, Paris ne décolère pas et tenterait tout pour faire capoter une éventuelle signature. Quel intérêt aurait Bamako dans un tel contrat avec Wagner ? Quels enseignements du précédent centrafricain ? Entretien avec Roland Marchal, chercheur au CERI de Sciences-Po Paris et au CNRS.

TV5MONDE : Le Mali a confirmé que des discussions étaient en cours avec le groupe de sécurité russe Wagner. Dans quel contexte se déroulent ces négociations ?

Roland Marchal : Tout d'abord, et pas aussi naturellement que certains le croient, le sentiment anti-français va croissant. Il s'exprime sur les réseaux sociaux grâce, sans doute aux compétences de certains experts russes. Nous sommes aussi dans moment de relative perplexité, du côté français, sur le devenir de l'opération Barkhane, sur cet engagement européen que l'on n'arrête pas de célébrer, mais qui se manifeste finalement très peu. Perplexité aussi sur l'incapacité à trouver une solution militaire ou politique à la crise dans le Sahel. Voilà pour le contexte, mais je crois que ce qui est essentiel du côté malien, même si ce n'est pas affirmé publiquement, c'est le refus de clôturer la transition en début d'année prochaine, comme cela avait été annoncé.
Le pouvoir malien cherche une extension et je crois qu'il utilise Wagner et les négociations avec le gouvernement russe dans ce cadre-là.
Côté russe, je pense qu'il y a cette idée -comme le disait récemment un diplomate français- de faire de la coopération en Centrafrique une espèce d'appartement- témoin, un modèle de nouvelle coopération entre la Russie et l'Afrique du 21e siècle où on protège des dirigeants, on fournit la garde personnelle des hauts-cadres du régime, où l'on entraîne un peu l'armée et éventuellement, on va sur le front se bagarrer puisque l'armée nationale a quelques faiblesses.

Les premiers chiffres évoqués font état d'un coût moyen de 9 ou 9,5 millions d'euros par mois. Donc, nos amis maliens vont devoir se serrer la ceinture !

Roland Marchal, chercheur.

La Centrafrique comme "appartement-témoin". Est-ce à dire que, pour la Russie, cette expérience centrafricaine est 100% concluante ?

Oui, et c'est là où l'analyste que je suis est un peu désarçonné. En Centrafrique, les troupes alliées, comme on les appelle, c'est à dire essentiellement russes, ont mené l'offensive contre les groupes armés. Ils ont, en effet, repris le contrôle de certaines villes ou plutôt centres-villes dans le nord du pays et de certaines zones minières qui étaient tenus par les rebelles.
Le problème est 'pour combien de temps ?' Et c'est là où la réussite russe apparaît dans toute sa fragilité. D'une certaine façon, les Russes sont comme les Français, ils contrôlent un territoire, à condition d'y être. Dès qu'ils partent, les groupes armés reviennent. Et on peut d'ailleurs, en plus, penser qu'avec la fin de la saison des pluies, d'ici six semaines, les combats vont reprendre et les combattants de Wagner vont être confrontés à des opérations militaires qui vont les viser spécifiquement. Cela signifie que le coût de l'opération va être extrêmement lourd pour eux sans doute, mais aussi pour l'État centrafricain.

En effet, en Centrafrique comme potentiellement au Mali, le gouvernement russe ne donne rien ! Il prête les éléments d'une société privée illégale, à condition que les salaires, les coûts des opérations militaires soient payés par le gouvernement local. Donc, c'est une énorme pression financière. On va voir ce que ça va donner pour le Mali, mais les premiers chiffres évoqués font état d'un coût moyen de 9 ou 9,5 millions d'euros par mois. Donc, nos amis maliens vont devoir se serrer la ceinture !

Une grande différence entre la République centrafricaine et le Mali, c'est aussi le contexte : nous ne sommes ni face au même terrain, ni face au même ennemi...

Oui, et mille hommes sans véritable accompagnement aérien, cela risque de pas vraiment faire la différence, surtout si Barkhane, les Européens et la Minusma s'en vont ou restent cantonnés dans leurs baraquements.
Et c'est là où on voit que, disons-le, le calcul malien est un calcul politique qui vise moins à défaire les groupes djihadistes qu'à gagner du temps et avoir un moyen de pression pour augmenter la durée de la transition et rester au pouvoir plus longtemps.

Penser que des mercenaires employés par une entreprise russe feront mieux que les soldats français et européens, cela risque d'être une douche froide pour certains !

Roland Marchal, chercheur.

Autre différence, le Mali s'inscrit dans une crise régionale. Je pense à des voisins comme le Niger et le Burkina Faso, très concernés à travers -notamment- la fameuse zone des trois frontières. Est ce que le Niger et le Burkina sont prêts à accueillir également les mercenaires de Wagner ?

Ce sont des États souverains, donc c'est à eux de décider, pas à un chercheur étranger ! Mais, selon moi, un élément qui, au Mali, joue en faveur de la Russie, c'est le fait que les dirigeants de l'armée et de la transition sont des gens qui ont fait des études en Russie. Même si c'était du temps de leur belle jeunesse, il y a malgré tout une accroche possible et j'imagine sans aucun problème que ça a été un élément de facilitation. Tel ne sera pas le cas, je pense, au Niger.

Ensuite, si la question qui est posée est celle de la renégocation par un certain nombre d'Etats africains de leur relation avec la France, ils vont vite réaliser que, certes avec les Russes, on peut tout renégocier, mais que le résultat sur le long terme n'est pas forcément positif.
Sur le court terme, comme on le voit en Centrafrique, ça a créé une situation assez différente de celle de 2017. Mais la crise politico-militaire est toujours là et l'on n'avance pas du tout vers une réconciliation nationale et une reconstruction.
Au Mali, l'équation militaire est très compliquée et penser que des mercenaires employés par une entreprise russe feront mieux que les soldats français et européens, cela risque d'être une douche froide pour certains !

La Minusma va se retrouver dans une situation très délicate qui est celle de la Minusca aujourd'hui, c'est à dire devoir enquêter sur des allégations de violations massives des droits de l'homme par Wagner.

Roland Marchal, chercheur.

On oublie également la présence, au Mali, de la Minusma. Elle semble très spectatrice d'une nouvelle situation...

Tout d'abord, la Russie est un grand pays, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et donc, la Minusma n'est pas censée s'exprimer sur la politique d'un Etat membre.
Je crois que le problème de la Minusma, et là aussi on peut se référer à ce qui s'est passé en Centrafrique, c'est que dans un premier temps, la Minusca y était extrêmement proche du président et a donc voulu travailler avec les Russes. Dès lors, la Minusca s'est considérablement brûlée puisque les règles d'engagement et le comportement des mercenaires de Wagner n'ont pas été conformes aux règles qui régissent la force des Nations unies et plus généralement les Nations unies elles-mêmes.
Les forces des Nations unies sont souvent critiquées pour ne pas être très actives, mais elle ne brûlent pas des villages et elles ne se rendent pas coupables de massacres de masse, ce à quoi on a assisté dans quelques localités centrafricaines.

Ceci pour dire que l'idée d'une coordination militaire telle qu'elle peut exister aujourd'hui entre Barkhane et la Minusma au Mali, est absolument impossible entre Wagner et la Minusma.
Très rapidement, la Minusma va se retrouver dans une situation très délicate qui est celle de la Minusca aujourd'hui, c'est à dire à devoir enquêter sur des allégations de violations massives des droits de l'homme par Wagner. Ce qui est hélas vrai.
Même si la rumeur publique a multiplié les chiffres et multiplié les exactions, on se rend compte qu'il y a un énorme problème et que la Russie, et à terme, le président Poutine lui-même, aura besoin, pour éviter d'en subir le contrecoup, de renvoyer un certain nombre d'éléments de Wagner et peut être Wagner entièrement, dans les poubelles de l'histoire.

 

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 15:09
A Luanda, un nouveau sommet régional sur la crise en Centrafrique

 

A Luanda, un nouveau sommet régional sur la crise en Centrafrique

https://www.rfi.fr/ 16/09/2021 - 03:25

L'Angola accueille ce jeudi un nouveau sommet de la Conférence internationale pour la région des grands lacs, CIRGL. Les autorités centrafricaines vont présenter une feuille de route de sortie de crise qui doit être validée par les chefs d'Etat de la région. Si le contenu précis de cette feuille de route n'a pas encore été dévoilé, parmi les enjeux des discussions figure la tenue du dialogue national encouragé par les Etats de la CIRGL.

Le président Touadéra prône la tenue d'un dialogue républicain sans les groupes armés ayant participé à la tentative de coup d'Etat en janvier. Si deux d'entre eux ont publié des communiqués la semaine dernière tentant de convaincre de leur bonne foi, un proche de la présidence rappelle que ces groupes ont signé l'accord de paix de Khartoum en 2019, et pourtant ils ont repris les armes.

« Notre message concerne la sécurité, les groupes armés ne nous laissent pas travailler », renchérit une source gouvernementale. Cependant à Bangui, certains acteurs estiment que leur éviction du dialogue viderait le sens de la démarche. Une prise de positionnement de la CIRGL est donc espérée sur ce sujet.

La question de François Bozizé pourrait aussi être évoquée. Dans la balance un possible exil de l'ancien président qui est recherché par la justice centrafricaine.

D'autre part, Bangui aimerait l'envoi de troupes angolaises pour venir appuyer les forces russes et rwandaises dans la lutte contre la CPC. Mais aucun accord n'a encore été trouvé. Enfin, les autorités souhaitent poursuivre leur plaidoyer pour la levée totale de l'embargo sur les armes, avec l'appui de l'Angola, à l'approche de l'Assemblée générale des Nations unies.

 

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 14:51
Départ des troupes gabonaises du Centrafrique

 

Départ des troupes gabonaises du Centrafrique : « La faute de quelques-uns ne doit pas masquer les sacrifices de tous » (Alain-Claude Bilie-By-Nze)

https://lalibreville.com/ Par Marceau Ndong Ossa 16 septembre 2021

Hier, le ministère de la Défense a annoncé le retrait du contingent gabonais en RCA après 25 ans de présence ininterrompue. En cause, des accusations d’exploitation et d’abus sexuels pesant sur certains éléments. 

« Soutien total aux forces de défense de notre pays qui méritent autre chose que l’opprobre, après deux décennies passées à défendre la sécurité des populations et des institutions de la RCA. La faute de quelques-uns ne doit pas masquer les sacrifices de tous », a réagi tôt ce matin sur son compte Twitter le ministre des Transports, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

 

Après 25 ans de présence ininterrompue sur le terrain, le Gabon se retire du « bourbier » centrafricain

https://lalibreville.com/ Par Marceau Ndong Ossa 15 septembre 2021

C’est ce qu’indique le ministère gabonais de la Défense à travers un communiqué diffusé ce mercredi 15 septembre. Une décision prise par l’ONU en raison d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels causés dans en Centrafrique par le contingent gabonais. 

Communiqué du ministère de la Défense de la République du Gabon. « Ces dernières semaines, des faits d’une particulière gravité, contraires au Code militaire et à l’honneur des armées, commis par certains éléments des bataillons gabonais  n° 6 et n° 7 de la Mission internationale de soutien à la République centrafricaine sous conduite africaine (MINUSCA), ont été rapportés au ministère de la Défense de la République gabonaise », indique le communiqué du ministère diffusé ce mercredi.

« Suite aux nombreux cas d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels en cours de traitement, les Nations Unis ont décidé ce jour (mercredi 15 septembre 2021, NDLR) du retrait du contingent gabonais de la MINUSCA », poursuit le communiqué.

Celui-ci ajoute qu’ « en parallèle, une enquête a été ouverte au Gabon au sujet des faits allégués. Si ces faits sont avérés, leurs auteurs seront traduits devant les tribunaux militaires et jugés avec une extrême rigueur. »

« Le Gabon exige de son armée, sur comme en dehors de son territoire, un comportement irréprochable et exemplaire. Ceux qui contreviennent à cette exigence en subissent les conséquences », relève en outre le ministère gabonais de la Défense, qui rappelle que « depuis 25 ans et sans interruption, le Gabon a marqué son attachement à accompagner la République sœur de Centrafrique dans sa quête de paix, de sécurité et de stabilité ». 

Conséquence, conclut le ministère dans son communiqué : « en attendant les conclusions de l’enquête, le bataillon gabonais est rappelé ». 

Toutefois, on ne sait si le retrait des troupes gabonaises du Centrafrique est motivé par cette unique raison. On peut en effet observer qu’après 25 ans de présence de l’ONU sur le terrain, la situation en RCA ne fait qu’empirer. « C’est un véritable bourbier », a jugé encore récemment un responsable onusien.

Par ailleurs, des missions du type de celle de la MINUSCA coûtent chères aux pays qui y participent. De l’ordre de plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an. En faire l’économie alors que la crise de la Covid-19 n’est pas encore tout à fait passée n’est probablement pas vu d’un mauvais œil du côté de Libreville. Ce qu’avoue à demi-mot un haut-gradé gabonais en lâchant cette formule « à toute chose, malheur est bon ». 

Pour rappel, des faits similaires d’exploitation et d’abus sexuels à l’encontre de civils avaient pesé il y a quelques années sur les contingents français et rwandais présents en Centrafrique.

 

Centrafrique: pourquoi l'ONU renvoie les casques bleus gabonais de la Minusca

 

https://www.rfi.fr/ 15/09/2021 - 22:44

Les Nations unies renvoient les casques bleus gabonais évoluant au sein de la Minusca chez eux, insatisfaite de la réaction de Libreville aux allégations d'exploitation sexuelle et d'actes sexuels sur mineurs en RCA. Depuis 2017, le Gabon était sous surveillance. L’ONU estime que les enquêtes n’ont pas avancé comme elles auraient dû, et son secrétaire général peut demander le retrait des contingents dont l'inconduite sexuelle est avérée.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

Après la découverte des allégations d’abus sexuels, notamment sur mineurs, commis par des casques bleus gabonais de la Minusca depuis 2015, le contingent gabonais tout entier était sous évaluation depuis quatre ans. Le comité chargé de la bonne mise en œuvre de la résolution 2272 attendait de Libreville la mise en place d’enquêtes pour clarifier les choses, et éventuellement de cours martiales si les faits avaient été confirmés.

Seulement voilà, à New York, on se plaint du faible nombre d’enquêtes ouvertes, du manque de communication sur les nominations d’enquêteurs, et surtout donc, de l’absence de résultat. Après avoir eu vent de cinq nouveaux cas dans une zone décentralisée de Centrafrique récemment — 32 cas en tout en quatre ans —, la Minusca a dépêché une mission sur les lieux, et l’ONU a informé Libreville la semaine dernière qu’un enquêteur devait être nommé dans les cinq jours ouvrables, et que l’enquête soit conclue sous 90 jours.

En attendant, les Nations unies ont aussi pris la décision de renvoyer les 450 soldats Gabonais chez eux immédiatement, comme le prévoit la résolution 2272. Des casques bleus de la zone devraient être redéployés pour les remplacer aux cinq points où ils étaient basés.

 

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 19:50
A L’AFFICHE  : «SÌRÌRÌ, LE CARDINAL ET L’IMAM»

 

A L’AFFICHE

 « On les appelait  les trois lions»

PAR  RAPHAËL CHEVALLEY  «SÌRÌRÌ, LE CARDINAL ET L’IMAM» ★★★

Le réalisateur  d’«Hiver nomade», Manuel von Stürler,  revient avec un film dédié  à ceux qui défendent le dialogue interreligieux dans les pays en guerre.

Réalisateur d’«Hiver nomade», magnifique tableau de la transhumance à l’heure de l’urbanisation, et de «La fureur de voir», fascinante introspection de la cécité qu’on lui avait prédite enfant, le Lausannois Manuel von Stürler est parti en Centrafrique tourner son troisième long-métrage. Rencontre.

 Manuel von Stürler, comment s’est imposé ce film? Dans les années 2000, j’ai rencontré un père italien qui effectuait un impressionnant travail de dialogue interreligieux en Syrie. Dans le contexte de la fermeture des frontières et de la montée de l’extrême droite, son ouverture et son charisme m’ont interpellé. Le sujet méritait un film, mais le père s’est fait enlever et a sans doute été exécuté. Plus tard, j’ai découvert que ce genre de personne existe partout autour de la planète et j’ai trouvé un cardinal et un imam en Centrafrique. J’ai vite saisi l’authenticité de leur message et leur amitié, qui dérange ceux qui font les affaires.

Est-ce que leur travail porte ses fruits?

Je pense que oui. En tout cas il n’y a pas eu de génocide contre les musulmans alors que toutes les conditions d’un massacre étaient réunies. Dès le début de la crise, l’imam a dénoncé l’instrumentalisation de la religion et s’est allié avec le cardinal et un pasteur. On les appelait les trois lions. Ils ont fait prendre conscience aux gens qu’ils se faisaient avoir par les groupes armés brandissant le coran ou la bible. Malheureusement, il y a une sorte d’épuisement du peuple, parce que, si certaines têtes des grands groupes armés sont maintenant tombées, les groupuscules se sont multipliés et le dialogue est devenu très compliqué. 

Pourquoi avoir choisi la Centrafrique?

La Centrafrique est un pays en guerre civile où s’imbriquent l’histoire de la colonisation, les rapports nord-sud, les divisions des communautés, claniques, ethniques… Bref un panier de crabes avec un Etat complètement anéanti, où la population est livrée à elle -même. L’instrumentalisation de la religion y est très forte pour faire main basse sur les ressources du pays. Sans compter les implications plus ou moins discrètes des pays riches. Mais c’est surtout parce que j’y ai retrouvé ce thème du dialogue et de l’ouverture à l’autre qui m’intéressait.

 Comment avez-vous préparé le tournage? 

J’y suis allé en mode repérage et j’ai compris qu’il serait difficile de venir avec une équipe, pour des raisons de sécurité. Ça aurait été possible avec une escorte, mais je voulais avoir accès au peuple, pour obtenir une sorte de vérité. Si on arrive dans un village avec des militaires, c’est trop compliqué… J’ai donc suivi le cardinal, qui arpente le territoire pour apaiser les tensions, et je me suis dit qu’il fallait tourner le film ainsi, tout seul, avec un dispositif très léger, pour avoir cette proximité avec les gens: comme j’étais avec le cardinal, j’étais un peu un prêtre en visite. 

D’où vient votre besoin de défricher des univers mal connus ? 

Au quotidien, on se fait tellement happer par les préjugés que ça me fait froid dans le dos. Ouvrir une lucarne et bousculer les convictions, voilà ce qui m’intéresse. Avec le recul, je constate que c’est ce qui relie tous mes films.

de Manuel von Stürler Durée: 1h16

Age légal/conseillé: 16/16

En présence du réalisateur, du cardinal Dieudonné  Nzapalainga et de l’imam  Abdoulaye Ouasselegue,  dimanche 12 septembre, 16h,  au cinéma Rex,  à Neuchâtel,  et 18h,  au cinéma Scala,  à La Chaux-de-Fonds.

MIROIR DE TOUTES LES GUERRES

 Intitulé «Sìrìrì» («paix» en langue sango), le nouveau documentaire de Manuel von Stürler décrit le conflit meurtrier qui s’enlise en Centrafrique entre groupes armés se revendiquant chrétiens ou musulmans. Mais, tandis que les diamants et l’or s’échangent contre des fusils et que les civils se réfugient où ils le peuvent, deux figures religieuses s’unissent pour mettre fin aux tueries… Depuis Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga gagne les villages perdus dans la brousse et tente d’empêcher l’instrumentalisation de la religion. D’une même voix, l’imam Kobine Lamaya implore le peuple de ne pas céder à la violence. Au plus près de ses protagonistes, le cinéaste livre par le prisme de leurs discours et de son regard affûté le portrait sensible de tout un pays gangrené par des intérêts politiques et financiers qui le dépassent. En résulte un film poignant, qui se fait le miroir de toutes les guerres autour du monde.

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 18:26
Pourquoi les négociations entre Bamako et Wagner suscitent-elles tant de crispations?
Pourquoi les négociations entre Bamako et Wagner suscitent-elles tant de crispations?

 

Mali: pourquoi les négociations entre Bamako et Wagner suscitent-elles tant de crispations?

https://www.rfi.fr/ 15/09/2021 - 14:29

La tension monte autour des négociations en cours entre les autorités maliennes de transition et le groupe privé de sécurité Wagner. Ce mardi 14 septembre 2021, la ministre française des Armées Florence Parly a jugé qu’un tel accord serait « extrêmement préoccupant et contradictoire » avec l’action menée par les militaires français au Sahel. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian juge même que l’arrivée du groupe russe serait « absolument inconciliable » avec la présence des soldats français.

À Paris, l'inquiétude est réelle de voir les Russes de la sulfureuse société Wagner prendre pied au Mali, pays clé de l'opération Barkhane. Les autorités françaises préviennent : il s'agit d'une nouvelle ligne rouge. Pas de Wagner au Mali. De même qu'il y a quelques mois, Paris avait indiqué au pouvoir malien qu'il n'était pas envisageable de négocier avec les groupes armés terroristes qui combattent les soldats de Barkhane.

Selon des informations de presse, le groupe Wagner pourrait envoyer plusieurs centaines, voire un millier de mercenaires russes au Mali. Cet accord entre Bamako et le groupe Wagner n’est même pas signé qu’il suscite déjà des réactions très vives. Il faut dire que beaucoup de choses se jouent autour de cet accord.

Le premier enjeu, c’est celui de la souveraineté nationale. Aux propos de Jean-Yves le Drian, qui menace de retirer les soldats français du pays, le ministère malien de la Défense répond : « Le Mali entend diversifier ses relations, nous parlons avec tout le monde. » Rien de plus légitime pour un État. Cet enjeu de souveraineté rejoint un enjeu de politique intérieure : les autorités de transition veulent montrer à l’opinion malienne leur indépendance et leur force. Et face à l’ancien colonisateur, le gain politique, au moment où se pose la question de l’allongement de la période de transition, est évident. D’ailleurs, le spectre de cet accord peut aussi être perçu comme un atout pour valider, cette fois auprès des partenaires internationaux actuels du Mali, cet allongement de la transition. Comme s’il s’agissait d’un coup de bluff au cours d’une partie de poker, c’est ce que certains observateurs avertis n’excluent pas.

Ensuite, il y a l’enjeu diplomatique, celui de l’influence. La Russie n’est pas considérée comme une ennemie, ni par la France ni par l’Union européenne ou les Nations unies. Mais ailleurs dans le monde - en Syrie, en Libye, en Ukraine -, on voit bien que les intérêts et les stratégies mises en œuvre sont souvent très opposées. Donc l’arrivée de Moscou sur le théâtre sahélien effraie la France, mais également les autres partenaires occidentaux du Mali. 

Accès aux sites miniers en bonus

Il y a aussi l’enjeu des droits de l’homme. Quels que soient les intérêts de chacun, il n’est pas illégitime de rappeler les nombreuses accusations d’exactions, particulièrement violentes, dont les agents de Wagner font l’objet en Centrafrique ou en Syrie. Des accusations documentées par des journalistes et des organisations de défense des droits de l’homme. Enfin, il y a l’enjeu économique : on parle de plus de neuf millions d’euros par mois avec en bonus un accès à plusieurs sites miniers. Si rien n'est encore signé, cela reste quand même une question à prendre en compte puisque le budget malien est ce qu’il est, et que la coopération militaire américaine, française ou onusienne, elle, n’est pas payante.  

Après la mise en garde des responsables français, et peut-être pour faire baisser la pression, le porte-parole du Kremlin, ce mercredi matin, a tenu à préciser que la Russie ne négocie aucune présence militaire au Mali, et qu'il n'y a sur place aucun représentant des forces armées russes. Bien sûr, sans jamais évoquer la présence de la société privé Wagner. Wagner qui aux yeux des Occidentaux n'est ni plus ni moins qu'un faux nez de Moscou.

Le ministère malien de la Défense l'a admis : il y a bien négociation pour déployer des paramilitaires russes chargés de former les forces armées maliennes et d'assurer la protection des dirigeants. Pour l'heure, on n'en sait pas plus. Mais si ce contrat venait à prendre corps, il provoquerait un véritable séisme dans la bande sahélo-saharienne.

En effet, l'opération Barkhane s'étend très largement au-delà des frontières maliennes, l’état-major de la force est à N'Djamena. Sa principale base aérienne est à Niamey. Quant aux forces spéciales, elles sont à Ouagadougou. Barkhane, d'un point de vue opérationnel, peut poursuivre sa mission. Néanmoins, l'essentiel des opérations se déroulent au Mali, dans la zone des trois frontières entre Liptako et Gourma. Si rupture il y a avec Bamako, plane une double interrogation : que décidera l'allié américain ? Que feront les européens qui actuellement montent en puissance au sein de la force Takouba ? Enfin, cela obligerait Barkhane à quitter Gao, sa base la plus importante au Mali. Et sur le plan logistique, ce ne serait pas une mince affaire.

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