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  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 21:48

 

 

Par RFI 06-04-2015 à 20:17

 

A trois semaines du Forum de Bangui, table ronde censée être le lieu de discussions des modalités du retour à une paix durable en République centrafricaine (RCA), de nouvelles querelles de leadership apparaissent au sein de la mouvance. Au centre de ce bras de fer se trouve la liste des représentants anti-balaka au forum.

 

D'un côté, Edouard Ngaissona, coordonnateur national des anti-balaka, qui a fondé son parti, le PCUD, fin novembre. De l'autre, une figure de la mouvance anti-balaka, Joachim Kokaté, qui conteste le leadership de Ngaissona et affirme avoir le soutien des comzones de province.

 

Joachim Kokaté entend bien participer au Forum pour négocier le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) avec les autorités de transition.

 

« Les comzones ne se reconnaissent pas dans le parti de Ngaissona. Les anti-balaka ne sont pas les instruments du PCUD. Il faut d'abord organiser le désarmement puis, plus tard, on parlera politique », a déclaré Joachim Kokaté à RFI.

 

Problème : les cadres partis à Nairobi pour les négociations parallèles sont décriés par la coordination qui affirme n'avoir mandaté personne pour participer à ces discussions.

 

« Ils voulaient une troisième transition. Nous, on est contre. Ils avaient leur propre but », explique Sebastien Wenezoui, coordonnateur national adjoint.

 

« Cela fait des semaines qu'on attend leur retour de Nairobi. Mais quand ils rentreront, on pourra peut-être se mettre autour d'une table », ajoute-t-il.

 

En attendant, la coordination qui assure, elle aussi, avoir le soutien des comzones, a déjà proposé aux autorités une vingtaine de noms pour représenter les anti-balaka au Forum. Une liste « modifiable », note le coordonnateur adjoint.

RCA: les anti-balaka iront-ils en ordre dispersé au Forum de Bangui?
RCA: les anti-balaka iront-ils en ordre dispersé au Forum de Bangui?
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 17:33

 

 

 

 

Bangui, 06 avril 2015 (RJDH)---Le Secrétaire général par intérim du KNK ancien parti au pouvoir, Bertin Bea, a confié au RJDH que sans la présence de l’ancien président François Bozizé, le parti ne  sera pas présent au forum de Bangui. Il l’a dit lors d’une interview accordée ce matin au RJDH.

 

« Sans la présence du président François Bozizé, le KNK ne prendra pas part au forum de Bangui », a déclaré Bertin Bea, secrétaire général par intérim du KNK lors de cette entrevue. Pour ce dernier, sans la présence de François Bozizé et de Michel Djotodia, le forum ne donnera pas les résultats attendus « le peuple centrafricain veut aujourd’hui savoir ce qui s’est passé. Il faut que le président Michel Djotodia soit là pour donner les raisons pour lesquelles il avait pris les armes et quels sont ceux qui l’ont poussé à le faire. Nous pensons que la présence de ces deux anciens chefs d’Etat est indispensable. Au KNK, notre position est claire. Elle n’a pas changé sur la question depuis la rentrée politique en février dernier ».

 

Pour le secrétaire général par intérim du KNK, les sanctions des Nations Unies ne sont que des alibis utilisés pour écarter certains leaders de la grande rencontre de Bangui « ceux qui militent pour l’absence de ces deux anciens chefs d’Etat utilisent les sanctions des Nations Unies relatives à l’interdiction de voyager et au gel des avoirs. Pour nous, tout ceci n’est que des moyens auxquels les gens s’accrochent pour atteindre un objectif peu louable. Dans la résolution consacrant ces sanctions, il y a le principe qui se trouve être les sanctions et les exceptions qui prévoient que si les personnalités sanctionnées voyagent pour soutenir l’initiative de paix et autre, il est possible de leur permettre de voyager mais cet aspect, les gens ne le voient pas et c’est dommage ».

 

Le secrétaire général par intérim du KNK a réagi aux propos de Anicet Guiyama, conseiller politique de la cheffe de l’Etat de transition qui a affirmé à nos confrères de Chine Nouvelle que « on est dans une logique où il n'y a pas d'impunité. La République (centrafricaine) est respectueuse des engagements vis-à-vis de la communauté internationale et des décisions prises par celle-ci. Il y a des sanctions internationales contre un certain nombre de personnalités et nous en tenons compte ».

 

Pour Bertin Bea, ces propos sont orientés contre François Bozizé « il est clair que Guiyama parle du président François Bozizé ». Le secrétaire du KNK qualifie la position de la présidence d’ambigüe « ce que je ne comprends dans la position du ministre conseiller, c’est ce revirement spectaculaire. C’est le professeur Guiyama qui avait rendu visite sur instruction de la cheffe de l’Etat aux deux anciens présidents pour solliciter leur participation au forum. Aujourd’hui, il fait une volte face que je ne comprends pas. Mais pour nous, sans le président Bozizé, nous ne pouvons pas aller ce scénario ».

 

Joint, le ministre conseiller à la présidence, Anicet Guiyama a promis réagir sauf qu’au moment où nous mettons sous presse, ce dernier ne l’a toujours pas encore fait.

 

Notons que le forum de Bangui se tiendra du 27 avril au 04 mai prochain. Deux nouveaux organes que sont le comité technique d’organisation du forum et le présidium ont été créés le 04 avril dernier par décret de la cheffe de l’Etat de transition./

 

RJDH/Sylvestre Sokambi

Centrafrique/Bangui : Le KNK conditionne sa participation au forum par la présence de François Bozizé
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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 23:34

 

 

Présidium du Forum de Bangui

 

 

 

Centrafrique : deux exclus du forum de réconciliation nationale

 

http://www.7sur7.be  5/04/15 - 19h42  Source: Belga

 

L'ex-président centrafricain François Bozizé et son tombeur Michel Djotodia, en exil respectivement en Ouganda et au Bénin et signataires d'un accord de cessez-le-feu en janvier à Nairobi, ne participeront pas au forum de réconciliation nationale programmé - après plusieurs reports - du 27 avril au 4 mai à Bangui, a annoncé la présidence centrafricaine, citée dimanche par l'agence de presse chinoise Xinhua.

 

Ce rendez-vous mettra donc face à face les protagonistes de la crise centrafricaine représentés par les ex-rebelles de la Séléka ayant porté au pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui leur leader, Michel Djotodia, les milices anti-Balaka fidèles à François Bozizé, d'autres mouvements politico-militaires, la classe politique toutes tendances confondues et la société civile.


"On est dans une logique où il n'y a pas d'impunité. La République (centrafricaine) est respectueuse des engagements vis-à-vis de la communauté internationale et des décisions prises par celle-ci. Il y a des sanctions internationales contre un certain nombre de personnalités et nous en tenons compte", a souligné samedi le ministre conseiller chargé du dialogue politique et social à la présidence centrafricaine, Anicet Guiyama-Massogo.


La République centrafricaine (RCA) a plongé dans un chaos sans précédent après que Michel Djotodia, à la tête d'une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, eut renversé l'ancien président François Bozizé en mars 2013.


Les deux dirigeants, aujourd'hui en exil respectivement à Kampala (Ouganda) et à Cotonou (Bénin), sont sous le coup depuis 2014 d'une interdiction de voyager de la part des Nations unies, qui les accusent de torpiller le processus de transition devant conduire à des élections présidentielle et législatives cet été, avant la la fin de la transition au mois d'août.


Fin janvier à Nairobi (Kenya), MM. Bozizé et Djotodia s'étaient pourtant rencontrés lors de négociations ayant abouti à un "accord de cessez-le-feu et cessation des hostilités entre les ex-Séléka et les anti-Balaka de la République centrafricaine", accord récusé par l'ONU et le médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso.


Précédé de consultations populaires organisées dans les seize préfectures de la RCA et des pays voisins comme le Cameroun, où sont réfugiés un grand nombre de Centrafricains pour échapper aux violences commises par ex-rebelles de la Séléka et les milices anti-Balaka, le forum de réconciliation annoncé doit débattre des thèmes de paix et sécurité, de justice et réconciliation, de gouvernance, puis le développement social et économique.

Composition du présidium du Forum de Bangui
Composition du présidium du Forum de Bangui
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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 23:22

 

 

 

Décret nommant les membres du Comité technique de pilotage du Forum de Bangui

Le Comité technique chargé du pilotage du Forum de Bangui est connu
Le Comité technique chargé du pilotage du Forum de Bangui est connu
Le Comité technique chargé du pilotage du Forum de Bangui est connu
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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 00:11

 

 

Bangui, 04 avril 2015 (RJDH) Dans une interview exclusive accordée au RJDH le 03 avril 2015, le Pr Rainaldy Sioké, président de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) a déclaré que la clause d’inéligibilité n’est applicable qu’aux autorités de la transition qui exercent encore leurs fonctions. Elle avait été instituée à Libreville pour éviter que les dirigeants de la transition n’utilisent les ressources de l’État et les positions dans l’Administration pour aller aux élections.

 

« La question de l’inéligibilité a été évoquée pour la première fois à Libreville en janvier 2013. Nous l’avons instituée parce que dans notre pays, l’expérience a montré que les personnes en charge de l’État utilisent leur position lors des élections générales. Et pour éviter cela, il fallait trouver un mécanisme qui permette d’aller à des élections justes et transparentes. Les chefs d’Etats de la CEEAC ont repris à Ndjamena les propositions faites à Libreville dont la clause d’inéligibilité », commence-t-il.

 

De cette définition, l’ancien vice-président du parti Rassemblement Démocratique Centrafricain déduit que ceux qui ont cessé d’être en charge de la gestion de l’Etat peuvent valablement se présenter aux élections. « Puisque ceux qui ont cessé d’être acteurs de la transition n’auront plus à user des moyens de l’Etat pour aller aux élections, il va de soi qu’ils peuvent aller aux élections. Cette restriction ne concerne que les personnes qui sont en charge aujourd’hui de la gestion de l’Etat », dit-il au nom de l’ADFT.

 

La position de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition s’oppose entre autres à celle de l’Ambassadeur de France en Centrafrique, Charles Malinas qui disait le 26 mars dernier que la clause d’inéligibilité est une règle communément rencontrée dans les périodes de transition. Dans le cas centrafricain, ce principe tire sa source de l’Accord de Libreville de janvier 2013 et de la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

Environs trois candidats déjà déclarés aux élections présidentielles de 2015, ont servi durant la transition. Il s’agit de Nicolas Tiangaye, Crépin Mboli-Goumba et Joseph Bendounga.

 

Naim-Kaélin ZAMANE

Centrafrique/Bangui : La clause d’inéligibilité s’applique aux acteurs de la transition encore en fonction selon l’AFDT
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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 00:09

 


 

Bria, 04 Avril 2015 (RJDH) – Après une mission de 24 heures du conseil de sécurité des Nations Unies le 10 mars à Bria, les portes des bâtiments administratifs ont été toutes ouvertes et les activités ont démarré dans tous les services. La protection des locaux administratifs est assurée par le contingent marocain de la Minusca.

 

Selon une autorité locale, les fonctionnaires de l’Etat déployés à Bria vaquent quotidiennement à leurs activités. La présence des forces onusiennes pour la sécurisation de la ville motive les habitants à exercer leurs activités.

 

«Le préfet de la Haute-Kotto, le sous-préfet, le président du tribunal, le procureur, le commandant de compagnie de la gendarmerie, le commandant de brigade de la gendarmerie territoriale, le trésorier payeur, le chef de la préfecture sanitaire, le proviseur, l’inspecteur de l’enseignement du fondamental 1 et les autres fonctionnaires ont repris fonction et travaillent tous dans la quiétude » a ajouté cette source.

 

Les commerçants soudanais ont repris le paiement des impôts, les taxes  douanières dans les services compétents. « L’Etat commence à redorer son blason. Ceux qui aiment la paix et le développement reprennent le travail et ceux qui sont contre la paix, leur place ne se trouve pas dans cette société » a rapporté une source administrative.

 

Les ex Séléka de Bria sont regroupés et cantonnés dans une concession privée en attendant le processus du Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR).  Ils se disent très intéressés par les travaux de réhabilitation des édifices publics faite par la Minusca./

 

Florentin Goun-haou

Centrafrique/Bria : Reprise effective des activités de l’Etat
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 16:55

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 2015-04-04 13:29:43 Les Forces armées centrafricaines (FACA) ont commencé ce 4 avril les manifestations marquant le 54ème anniversaire de leur création en 1961 par Jean Bedel Bokassa.


La Présidente de la Transition, Catherine Samba Panza, a assisté à cette occasion, au complexe sportif Barthélemy Boganda, à un grand défilé militaire avec la participation des différents corps de l'armée.

 
Le nouveau chef d'Etat-major, le général François Mobebou, a reçu à cette occasion l'emblème de la République Centrafricaine pour assurer le commandement des FACA.


Plusieurs activités sont organisées par le ministère de la Défense pour marquer ce 54ème anniversaire de la création des Forces Armées Centrafricaines dont le but essentiel est de redorer le blason de cette institution auprès de la population.

Ainsi depuis vendredi, un centre de santé de la capitale est utilisé par les médecins militaires pour consulter et soigner gratuitement la population. Outre cette activité, il est prévu des compétitions sportives entre les FACA et les forces internationales.

Cette armée formée par Jean Bedel Bokassa qui est aussi son premier chef d'Etat major, en 1961, est très décriée par la population qu'elle est censée protéger. Pour la majorité des citoyens, cette armée est très politisée car très impliquée dans les coups d'Etat militaire qui ont porté les chefs militaires au pouvoir.


Les crises que le pays vit actuellement sont imputées à ces mêmes FACA qui ont été incapables de défense les populations contre les agressions des groupes armés.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=821004#sthash.7mj6WqmW.dpuf

 

 

 

MESSAGE A LA NATION DE SON EXCELLENCE MADAME LA PRESIDENTE DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT DE LA TRANSITION, CHEF SUPRÊME DES ARMEES A L’OCCASION DE LA SEMAINE DES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES


Centrafricaines, Centrafricains, Chers Compatriotes ;


Officiers Généraux, Officiers, Sous-Officiers, Matelots, Sapeurs, Aviateurs et Militaires du rang ;


Les Forces Armées Centrafricaines auront 54 ans ce 04 avril 2015. A cette occasion, j’ai décidé que soit organisée UNE SEMAINE DES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES, pour d’une part, marquer d’un sceau particulier cet heureux évènement qui intervient dans un contexte difficile, et d’autre part, offrir l’opportunité à tous mes compatriotes de mener la réflexion sur la situation actuelle de notre outil militaire.


Ainsi, j’ai voulu, comme le veut l’usage, m’adresser à vous, en ma qualité de Chef Suprême des Armées pour donner ma vision de la nouvelle armée centrafricaine et envisager les perspectives qui s’ouvrent aux FACA.


Voilà exactement 54 ans, de jeunes citoyens centrafricains, sur les traces de leurs anciens, Georges KOUDOUKOU, Paul KOUDOUSSARAGNE et Dominique KOSSEYO, se sont engagés en Avril 1961 dans l’Armée Nationale, pour assurer la défense de leur Patrie, la République Centrafricaine, qui venait à peine d’accéder à la souveraineté internationale.


Dans la fleur de l’âge, ils ont constitué le fer de lance d’une force dont les valeurs ont été plus d’une fois mises en évidence, consacrant un idéal commun à tous les hommes qui ont choisi de se mettre au service de la Nation.


Il s’agissait de doter le jeune Etat indépendant d’un outil militaire, le bras séculier indispensable à l’expression et à l’exercice de la souveraineté nationale.


Mais au-delà de l’engagement des premiers soldats de la République, l’appartenance à une force militaire est une vieille tradition dans notre pays. Les origines d’une telle vocation remontent à l’ancienne Oubangui Chari, dont les valeureux soldats du Bataillon de Marche N°2 (BM2) ont combattu pour la défense des idéaux de paix, de justice et de liberté.


Un tel engagement exige en premier lieu, l’esprit de sacrifice, ensuite le goût de l’effort puis l’abnégation. Un métier noble auquel on doit se consacrer corps et âme jusqu’au sacrifice suprême.


Beaucoup de nos vaillants soldats y ont consacré le plus grand bien dont la nature nous a dotés, c'est-à-dire, la vie. Certains portent encore à jamais sur leur corps, la marque de l’accomplissement du devoir.


Je profite de cette opportunité pour saluer la mémoire des grands pionniers de l’armée nationale aujourd’hui disparus, qui ont légué ce précieux héritage aux générations d’aujourd’hui.


Chers compatriotes ;

 
Il y a de cela plusieurs décennies, la République Centrafricaine, grâce à la cohésion de son armée constituée de brillants officiers et à la détermination de ses hommes, était considérée comme un véritable Havre de paix, une Suisse africaine où il faisait bon vivre. La capitale Bangui, appelée jadis la Grande Coquette, était devenue la plaque tournante des grandes rencontres internationales.


Mais, avec les drames nés de la lutte pour la conquête du pouvoir et la course effrénée pour l’accumulation rapide des richesses, le peuple a assisté à une grande désorganisation du principal garant de son unité c’est-à-dire les FACA, et à un important dysfonctionnement des éléments constitutifs de l’Etat.


A tel enseigne que le pays doit faire face aujourd’hui, aux nombreux défis nés de la perturbation des circuits économiques, des déplacements des populations, de la destruction des infrastructures qui sont sources d’appauvrissement et de souffrances.
Chers compatriotes ;


Dans la situation d’exception que traverse notre pays actuellement, en ma qualité de Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées, je voudrais attirer votre attention sur l’état des Forces Armées Centrafricaines.


Notre préoccupation majeure aujourd’hui demeure la préservation de l’intérêt supérieur de la Nation, c'est-à-dire la Patrie. Le sol de la Patrie et le citoyen considérés comme la pupille de la Nation, doivent être protégés pour assurer des lendemains meilleurs aux jeunes générations, pour que vive la République Centrafricaine.


L’immensité du territoire, notre situation dans une région dont la stabilité et la sécurité ne sont pas entièrement revenues, la persistance des velléités irrédentistes des groupes armés dont les leaders ont pourtant signé les accords de cessation des hostilités de Brazzaville, l’existence de longues frontières poreuses, les menaces terroristes qui se profilent à l’horizon nous obligent impérieusement, à continuer de bâtir des forces capables de défendre le citoyen centrafricain et son sol.


Malgré les difficultés, les Forces Armées Centrafricaines se reconstituent peu à peu, grâce à la coopération de nos partenaires mais aussi et surtout, grâce au courage et au patriotisme de ceux de nos hommes qui ont répondu présents à l’appel de la hiérarchie militaire. C’est ici l’occasion de saluer leur dévouement et les encourager à rester fidèles à leur engagement initial.


Les éléments déployés dans le cadre de la force tripartite "Tchad-Soudan-Centrafrique" relevés depuis plus de trois ans ont, dans un esprit de discipline et un sens élevé de patriotisme, regagné Bangui en janvier dernier, avec la ferme résolution de poursuivre la mission traditionnelle du soldat. Je les en félicite.


Par ailleurs, les 250 jeunes recrues qui avaient suivi une formation initiale au Soudan et à Bouar, ont reçu leurs insignes avant leur présentation au Drapeau, le 24 janvier 2015.


En outre, les éléments du 1er Bataillon d’Infanterie Territoriale, (BIT 1) à l’issue d’une période de remise à niveau et de vérification et après leur présentation au Chef Suprême des Armées, sont aujourd’hui déployés dans des sites retenus en raison de leur extrême sensibilité.


Puis, compte tenu de la grande dissémination d’armes de guerre dans le pays et de l’instrumentalisation des jeunes désœuvrés détenteurs d’armes de guerre qui s’adonnent au grand banditisme, le Ministère de la Défense Nationale a lancé une grande opération de collecte et de restitution volontaire d’armes et munitions de guerre. Je me réjouis que l’appel qui leur a été adressé ait déjà été entendu par plusieurs de nos compatriotes civils ou militaires qui ont déjà réintégré les armes qui leur avaient été affectées dans le cadre de l’exercice de leurs missions.


Il y a quelques jours, le Premier Ministre Chef du Gouvernement de Transition et le Ministre d’Etat à la Défense Nationale ont réceptionné les premières armes restituées, et des récompenses ont été attribuées aux auteurs de ce geste patriotique.


Chers compatriotes ;


Il est donc indéniable que les Forces Armées Centrafricaines, entrent dans une phase de plus en plus opérationnelle, visant à rehausser notre effort de défense, à consolider le climat de paix et de stabilité afin de placer la République Centrafricaine dans une posture permanente de sécurité. Cela devra lui permettre de reprendre progressivement le contrôle effectif du territoire et de rétablir l’autorité régalienne de l’Etat dans ses zones de responsabilité opérationnelle.


Je puis vous assurer par ailleurs, que des réflexions se poursuivent à la lumière des conclusions des Etats Généraux de la Défense tenus à Bangui en 1996, sur ce que sera l’Armée Centrafricaine de demain, car le visage actuel de notre outil militaire ne correspond pas à notre représentation nationale. Il va falloir songer dans un bref délai, au rééquilibrage de nos forces à partir de critères d’intégration fiables, pour parvenir à la reconstitution d’une armée véritablement républicaine au service du développement.


C’est dans cet ordre d’idées que s’est tenu les 23 et 24 février 2015, un Atelier-Défense sur la Stratégie de Sortie de Crise en République Centrafricaine qui a regroupé toute la chaîne de commandement de l’Armée, afin de fixer les axes d’intervention de la sécurisation du territorial national. Les débats ont permis de dresser un diagnostic sans complaisance de nos forces, d’identifier les défis à relever et de définir les actions à mener en urgence. La stratégie ainsi élaborée servira de document de base au prochain Forum de Bangui.

 
Les opérations électorales couplées de la présidentielle et des législatives annoncées, impliquent l’instauration d’un climat de sécurité et de concorde pour permettre la libre expression d’un choix réfléchi des populations.


Avant cela, la tenue du Forum National de Bangui, constitue une nécessité qui s’impose, afin de ne pas commettre les erreurs du passé. Car la mise à l’écart des citoyens dans les précédents dialogues, ne leur avait pas permis de s’exprimer. C’est pourquoi, les consultations populaires à la base qui viennent de se dérouler, ont offert l’opportunité de donner la parole aux populations de l’arrière pays et des arrondissements de Bangui, pour que soient prises en compte leurs aspirations légitimes au cours de ce Forum.

 
Les Forces Armées Centrafricaines, j’en suis persuadée, auront dans cet agenda un rôle de premier plan à jouer.


Chers Compatriotes,


De nombreuses vicissitudes ont marqué l’histoire des FACA. Malgré cela, elles ont survécu à tous les aléas et périls qui ont mis à rude épreuve leur existence et leur unité. Elles ont également surmonté tous les obstacles constitués par les clivages de toutes sortes, qu’ils soient ethniques, régionaux, confessionnels ou politiques.


Les FACA auront bravé les démons de la haine et de la division pour conserver le moral et amorcer le regroupement des hommes comme on le voit à travers les rassemblements quotidiens au Camp Kassaï. Je leur rends ici, un vibrant hommage au nom du gouvernement, du peuple tout entier et en mon nom propre. Je les exhorte à persévérer dans la même voie.


Des instructions avaient été données par la hiérarchie pour assurer le transport quotidien des troupes vers la caserne du Camp Kassaï, dont le prestigieux nom demeure intimement lié à l’histoire et à l’évolution de Forces Armées Centrafricaines.


Il reste la question du réarmement qui vous tient tant à cœur. Nous nous employons à obtenir un allègement des dispositions de la résolution 2127 du Conseil de Sécurité interdisant la fourniture à la République Centrafricaine d’armements et de matériels militaires.


Chers Compatriotes ;


Je voudrais à présent en appeler au bon sens de chacune et de chacun de vous, car je demeure parfaitement consciente que la fracture sociale engendrée par la crise que nous traversons est profonde et marquera à jamais les esprits.


Je suis également certaine, que dans un moment d’égarement ou peut-être sciemment, certains de nos soldats ont fait usage des armes dont ils sont dotés, pour commettre des exactions sur les paisibles populations ou poser des actes répréhensibles qui sont à l’origine des multiples déchirures perceptibles au sein des couches sociales.


C’est pourquoi, je voudrais insister sur le rapprochement entre l’Armée et la population.


Je demande en conséquence à vous tous, de pardonner ! OUI ! Pardonner, car l’heure est au pardon. Le pardon entre tous les fils et toutes les filles de Centrafrique, le pardon et la réconciliation entre l’Armée et le Peuple, indispensable à la paix des cœurs et des esprits et au retour de la cohésion nationale.


Voilà pourquoi, pour terminer mon propos, j’ai décidé de placer la célébration de LA SEMAINE DES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES, sous le signe du rétablissement de la confiance entre l’Armée et la Nation.


Bonne fête à tous, Généraux, Officiers, Sous-Officiers, Sapeurs, Matelots, Aviateurs et Militaires du rang.


Joyeux anniversaire ! Vive les FACA immortelles ! Vive la République Centrafricaine, Une et Indivisible !


Je vous remercie

Les Forces armées centrafricaines célèbrent leur 54ème anniversaire
Les Forces armées centrafricaines célèbrent leur 54ème anniversaire
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Published by Centrafrique-Presse.com
4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 16:47

 

 

http://www.adiac-congo.com   Samedi 4 Avril 2015 - 15:07

 

Poursuivi pour viol d'une mineure de 16 ans, le ministre centrafricain du Tourisme, des arts et de la culture, Romaric Vomitiade, encourt 5 ans de prison et une forte amende, à en croire, le procureur de la République. Le verdict du tribunal est attendu ce mercredi 8 avril.

 

L’audience publique dans l’affaire du ministre Vomitiade a pris fin le 1er avril dernier au Tribunal de grande instance de Bangui. Le ministre Anti-balaka a été placé sous mandat de dépôt le 23 mars pour avoir abusé sexuellement d'une mineure de 16 ans à Yaloké (Nord) de la Centrafrique lors des consultations populaires, qu’il a conduites dans la localité.

 

Le procureur de la République, Ghislain Grézénguet, a démontré l’exactitude des faits avant de recueillir 5 ans de prison ferme et une amende de 500 000 francs. Il a par ailleurs soutenu la partie civile qui a exigé à titre de dommage et intérêt le versement de 20 millions de francs.

 

Le procès de Romaric Vomitiade, le représentant des Anti-balaka dans le gouvernement de transition, est particulièrement suivi aussi bien par la présidente de la transition centrafricaine, que par les partenaires de la Centrafrique qui appuient le processus de réforme du secteur de la Justice ainsi que la lutte contre l’impunité.

 

Dans un entretien avec les confrères du VOA Afrique, le ministre de l'Administration du territoire et porte-parole du gouvernement, Modibo Bachir Walidou a déclaré : « Cette arrestation d'un membre du gouvernement en fonction, répond à la volonté de la présidente de la transition, Catherine Samba Panza, de lutter contre l'impunité ». Malgré, les divergences de vue qui entourent cet épisode judiciaire, la présidente se dit déterminée à poursuivre la lutte contre l’impunité.

 

Même écho du côté des partenaires onusiens et américains, lorsque le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique a alloué environ 15 milliards de francs au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en vue de favoriser le rétablissement de l’Etat de droit et la lutte contre l’impunité dont la répression des violences sexuelles, note le site de la radio onusienne Ndekeluka.

 

Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers le palais de Justice de Bangui. Le juge va-t-il suivre le réquisitoire du procureur, ou bien prononcera-t-il une décision autre que celle requise par l’accusation ?

 

Fiacre Kombo

Centrafrique : le ministre Romaric Vomitiade connaîtra son sort le 8 avril prochain
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Published by Centrafrique-Presse.com
4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 16:40

 

 

 

French.china.org.cn  le 04-04-2015

 

L'ex-président centrafricain François Bozizé et son tombeur Michel Djotodia, en exil respectivement à Kampala puis à Cotonou et signataires d'un accord de cessez-le-feu en janvier à Nairobi, ne participeront pas au Forum de réconciliation nationale programmé après plusieurs reports du 27 avril au 4 mai à Bangui, annonce la présidence centrafricaine.

 

Une étape majeure du processus de transition censé prendre fin par la tenue d'élections présidentielle et législatives prévues entre juillet et août, ces assises prévues par l'accord de cessez- le-feu du 23 juillet 2014 à Brazzaville (Congo) sont destinées à réunir pour un dialogue national inclusif et constructif pour une sortie de crise durable les différentes sensibilités socioculturelles centrafricaines.

 

En d'autres termes, le rendez-vous mettra face à face pour des discussions franches, les protagonistes de la crise centrafricaine représentés par les ex-rebelles de la Séléka ayant porté au pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui leur leader Michel Djotodia, les milices anti-Balaka fidèles à François Bozizé, d'autres mouvements politico-militaires, la classe politique toutes tendances confondues et la société civile.

 

"On est dans une logique où il n'y a pas d'impunité. La République est respectueuse des engagements vis-à-vis de la communauté internationale et des décisions prises par celle-ci. Il y a des sanctions internationales contre un certain nombre de personnalités et nous en tenons compte", souligne cependant Anicet Guiyama-Massogo, ministre conseiller chargé du dialogue politique et social à la présidence centrafricaine.

 

C'est un propos tenu lors d'un entretien téléphonique vendredi à Xinhua en réponse justement à une question sur la participation de François Bozizé et son tombeur Michel Djotodia, lui-même poussé à la démission en janvier 2014 par la France et la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), exaspérées par son incapacité à mettre un terme aux violences dans le pays.

 

Les deux dirigeants, aujourd'hui en exil respectivement à Kampala (Ouganda) et à Cotonou (Bénin), sont effet sous le coup depuis 2014 d'une interdiction de voyager de la part des Nations Unies, qui les accusent de torpiller le processus de transition.

 

Fin janvier à Nairobi (Kenya), ils s'étaient pourtant rencontrés lors de négociations ayant abouti à un "accord de cessez-le-feu et cessation des hostilités entre les ex-Séléka et les anti-Balaka de la République centrafricaine", accord récusé par les Nations Unies et le médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso.

 

Précédées de consultations populaires organisées dans les 16 préfectures de la RCA et des pays voisins comme le Cameroun, où ont trouvé refuge un grand nombre de Centrafricains en fuite pour échapper aux violences commises par ex-rebelles de la Séléka et les milices anti-Balaka, le Forum de réconciliation annoncé débattre des thèmes de paix et sécurité, de justice et réconciliation, de gouvernance, puis développement social et économique, selon des sources officielles.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : Bozizé et Djotodia exclus du Forum de réconciliation nationale prévu fin avril à Bangui
Centrafrique : Bozizé et Djotodia exclus du Forum de réconciliation nationale prévu fin avril à Bangui
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Published by Centrafrique-Presse.com
3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 23:09

 

 

Par Pierre Pinto RFI 03-04-2015 à 23:14

 

A quelques semaines du Forum de Bangui sur la réconciliation nationale, programmé du 27 avril au 4 mai, les anti-balaka tiennent à afficher une certaine unité et à montrer un visage pacifique. Dans la ligne de mire : les élections prévues pour cet été. Dans cette optique, Edouard Patrice Ngaissona, coordinateur national des anti-balaka, a formellement dissout cette coordination en novembre 2014 pour fonder son parti politique, le Parti centrafricain pour l’unité et le développement (PCUD). Quelles sont ses ambitions ? Comment aborde-t-il le Forum ? Quelles sont ses relations avec François Bozizé ? Edouard Ngaissona est interrogé par Pierre Pinto.

 

(Entretien réalisé avant l’annonce des dates du Forum)

 

RFI : vous avez récemment fondé votre parti. Le temps est-il venu pour les anti-balaka de déposer les armes et de se consacrer à la lutte politique ?

 

Edouard Ngaissona : Oui, il est temps de tourner la page des armes et de voir les choses en face pour essayer de sortir le pays de la situation dans laquelle il vit. L’option n’est plus aux armes, mais aux débats d’idées pour chercher la cohésion sociale et reprendre une vie normale. Le peuple en a besoin.

 

Qu’est-ce que vous attendez du Forum de Bangui, qu’est-ce que vous comptez y apporter ?

 

Je pense qu’il est vraiment souhaitable qu’il y ait ce Forum qui serait une plateforme déterminante pour le peuple centrafricain et pour l’avenir de notre pays. On est un peu disséminé. Ce forum pourra regrouper tous les fils et filles de notre pays pour décider de l’avenir de ce pays. Si on ne se parle pas et si chacun reste dans son coin, on ne saura pas ce que chacun rumine dans sa tête pour contribuer à apporter une solution pour ce pays. Ce forum est déjà amorcé, parce qu’il y a eu le dialogue à la base et je pense que cela s’est très bien passé. Nous espérons que les autorités politiques démontrent un peu la volonté d’aller rapidement à ce Forum pour que les Centrafricains puissent tourner la page de l’histoire sombre de notre pays.

 

Il y aura après le Forum toute la séquence politique, avec une période de campagne, la préparation des élections législatives, présidentielle, et un référendum constitutionnel. Est-ce que votre parti a déjà des candidats ?

 

Je pense que c’est trop tôt pour parler de candidatures à la présidentielle ou aux législatives. Après le Forum il y a encore des étapes à franchir. Il faut un désarmement obligatoire, ensuite, il y a le recensement des électeurs. Et puis, il faut un référendum pour nous permettre d’aller aux élections dans la quiétude et que le résultat soit crédible aux yeux de la communauté internationale. Il ne faut pas précipiter les choses pour ramener encore ce pays 100 ans en arrière. Il faut qu’on soit méthodique dans ce que nous faisons, et que le Centrafricain ait la tête froide. Le dialogue va déterminer beaucoup de choses et au sortir du dialogue, tout le monde doit prendre conscience pour aller rapidement au désarmement. Le désarmement, c’est une histoire de cinq ou dix ans ; mais le gros travail on doit d’abord le faire très rapidement pour permettre aux Centrafricains d’aller aux élections sans s’inquiéter.

 

Est-ce que les anti-balaka sont prêts à désarmer massivement ?

 

Aujourd’hui, je parle des « anciens combattants patriotes anti-balaka ». Malheureusement, ces enfants n’ont pas été pris en compte par ni la communauté internationale ni par les autorités centrafricaines. Mais cela ne nous a pas empêchés de faire un travail pour assister à un début de normalisation de notre pays. Et donc nous attendons que nos préoccupations soient prises en compte pendant le Forum de Bangui pour que les autres choses découlent d’elles même.

 

Le DDR (programme de désarmement, démobilisation réinsertion des combattants, NDLR) est très attendu par vos anciens éléments notamment. Que devra prendre en compte ce DDR pour être efficace ?

 

Le DDR doit être préparé d’une manière consensuelle. On doit prendre les responsables des deux groupes armés et les associés au DDR pour faire un travail technique, un travail cohérent qui peut aussi rassurer tous les groupes armés en disant que, la communauté internationale, les autorités de la place pensent à nous. Il y a beaucoup de victimes dans ces histoires-là. Le DDR, c’est une partie de la solution pour que les ex-combattants désarment rapidement et repartent d’où ils viennent. Peut-être que certains demanderont à être dans la vie civile, à être commerçants, à repartir cultiver leurs champs. Beaucoup de ces enfants avaient leur parcelle. Face à la situation, ils ont été obligés de les abandonner pour défendre leur patrie. Ils l’ont fait et c’est quelque chose qui peut nous regrouper rapidement pour que les Centrafricains puissent vaquer à leurs occupations. Le DDR est un facteur très important pour ramener la paix en RCA.

 

La sécurité s’est améliorée ces derniers mois à Bangui. Toutefois, la ville connaît une certaine vague de délinquance. Beaucoup accusent les ex-anti-balaka d’être derrière cette délinquance parce qu’elle se concentre autour des 4e et 8e arrondissements. Qu’est ce que vous répondez à ces accusations ?

 

Vous parlez bien des délinquants ? Le pays avait des délinquants avant. Si on a créé l’OCRB qui s’occupait des bandits, des braqueurs, cela ne veut pas dire que ces braqueurs sont devenus des pasteurs et qu’ils ne vivent plus. Il y a toujours des braquages, il y a toujours des bandits. En dehors de ça, comment pouvez-vous nous démontrer par A+B que ces gens qui font les braquages sont des anti-balaka ? On parle du G7 [7 groupes armés signataires de Brazzaville, NDLR]. Les confusions faites par la communauté internationale c’est quoi ? Quand on voit un Centrafricain de traits musulmans, directement on l’accuse d’être Seleka. Quand on voit un Centrafricain de traits chrétiens, on dit rapidement « anti-balaka ». Et les cinq autres groupes armés comment vous les déterminez ? Et voilà ce sont des amalgames que les gens font. Et à chaque fois, je m’évertue à expliquer qu’avant il y avait des braqueurs dans ce pays, avant il y avait des voleurs dans ce pays, pendant la crise, il y en a, et même après la pacification, même après une démocratie, il y aura toujours des voleurs, il y aura toujours des braqueurs. Mais de grâce, ces enfants ont risqué leur vie, ont versé leur sang pour mener le pays où il est arrivé. Il ne faut jamais leur jeter à chaque fois le discrédit pour ternir leurs images. Ce sont des enfants qui ont commis un acte de bravoure qui mériteraient d’être reconnus sur le plan national. Parce que, n’eût été leur acte de bravoure, aujourd’hui, le pays serait dans quelle condition ? C’est vrai, je ne pourrais nier que parmi ces ex-combattants il n’y avait pas de voleur. Il y en a. Mais aujourd’hui, ils ont pris beaucoup de conscience. Les enfants attendent. On a transformé le 29 novembre, notre mouvement en parti politique et nous aspirons à faire autre chose politiquement que de suivre la voie des armes.

 

Une initiative diplomatique à Nairobi a rassemblé François Bozizé et Michel Djotodia et des délégations se réclamant de l’ex-Seleka et des anti-balaka. Est-ce que ces anti-balaka avaient votre aval ?

 

Non. Nous n’avons mandaté personne pour représenter les anti-balaka dans ce qui s’est passé à Nairobi. Moi, je pensais que Nairobi c’était entre les deux anciens chefs de l’Etat, l’un a fait du mal à l’autre, et qu’ils voulaient se pardonner entre eux. Il fallait s’arrêter à ce niveau (…) Moi, Ngaissona, je ne pourrais jamais me mettre devant un criminel comme Noureddine [Adam, NDLR] qui n’a pas encore dit son dernier mot, et lui pardonner. Il a des charniers de Centrafricains sous la main. Si ces gens étaient plus intelligents, ils auraient du dire qu’après les accords de cessation des hostilités de Brazzaville, on aurait du se rendre devant la justice du peuple centrafricain qui pouvait nous juger et éventuellement nous pardonner. Il n’y a que le peuple centrafricain qui peut juger cette affaire. Pas deux ou trois personnes quelque part qui peuvent gérer ou juger le chaos en RCA. Raison pour laquelle quand on m’a invité à l’époque, j’ai dit : si je ne connais pas les tenants et aboutissants de ce qui doit se passer à Nairobi, je ne bougerai point de Bangui. Ma position était claire. Et vu ce qui est sorti de Nairobi, ça a fait un tollé. Tout le monde a renié l’accord. Ce qui veut dire que ma position était la bonne, de ne pas mettre les pieds à Nairobi. Sinon ça allait être les amalgames. On ne peut pas continuer à mettre le pays sous tension, à faire couler le sang des Centrafricains pour notre propre intérêt. Donc, je ne pouvais pas mettre les pieds à Nairobi.

 

Etes-vous toujours en contact avec François Bozizé ?

 

Pourquoi revenez-vous toujours sur cette question ? Bozizé n’a pas créé Ngaissona. Lui a ses options. Moi aussi j’ai mes options. Je suis venu aider ses enfants à ne pas faire beaucoup de dérapages. Ma mission c’était pour aider les enfants à ne pas faire beaucoup de dérapages, les canaliser et être leur interlocuteur auprès des autorités nationales et internationales. Pour moi, il n’est pas question de revenir à chaque fois sur Bozizé parce qu’on est de la même zone. C’est Dieu qui a fait qu’on est de la même préfecture. A chaque fois, ça me met en boule quand les gens me parlent de Bozizé. Bozizé, c’est un ancien chef d’Etat. Il a fait son temps. Et maintenant, le chaos que les gens ont créé a dévasté notre pays. Chaque Centrafricain a le droit de se mettre debout pour protéger sa patrie. Et c’est pourquoi je suis debout avec les ex-combattants anti-balaka pour protéger notre pays. De grâce, je ne veux plus qu’on me pose la question par rapport à Bozizé.

 

En janvier, il y a eu une série d’enlèvements menée par des gens qui demandaient la libération d’Andilo un cadre des ex- anti-balaka. Comment avez-vous réagi face à ces événements ?

 

Nous tous, ça nous a touché. Tout le monde était dépassé par cette situation. Et on était debout pour essayer de mener ce combat de libération d’abord de la Française, puis du ministre Sayo. Parce que l’objectif de notre mouvement n’est pas d’enlever les gens. Mais ceux qui ont fait cet acte ne sont pas des gens sous commandement de l’ex-coordination. Ce sont des gens égarés qui ont toujours en tête de continuer à semer des troubles dans ce pays. Ce sont eux qui ont commis cet acte de barbarie que nous avons combattu nous tous. Tout le monde était en mouvement pour essayer de régler cette situation. Dieu merci, par la médiation de l’ambassade de France, par tous les acteurs des ex –mouvement anti-balaka, on a réussi à faire sortir la Française indemne. Peut-être certainement, elle n’était pas dans une condition normale, mais on a protégé sa vie pour qu’elle retrouve la liberté, ainsi que le ministre Sayo. On ne peut pas accepter que cela continue. Mais on voit seulement les anti-balaka. On ne voit pas ce qui pousse seulement ces gens à créer la tension dans le pays. C’est dommage que cela se soit produit. C’est peut-être par affection que ces gens ont commis leurs actions qui n’ont jamais honoré le mouvement anti-balaka.

 

Edouard Ngaissona sur RFI : «Bozizé n’a pas créé Ngaissona»
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