PARIS mercredi 14 septembre 2011 (AFP) - Une centaine de personnes, essentiellement issues de diasporas africaines, ont manifesté mercredi à Paris "contre la corruption" de gouvernements africains et pour dénoncer la persistance des réseaux opaques de "la Françafrique", a constaté une journaliste de l`AFP.
Les manifestants, originaires de plusieurs pays d`Afrique de l`Ouest, s`étaient rassemblés non loin du siège parisien de l`Unesco, où étaient réunis les présidents ivoirien Alassane Ouattara, sénégalais Abdoulaye Wade et mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, à l`occasion de la remise d`un prix.
"J`aime la France, j`aime l`Afrique, mais je
n`aime pas la France-à-fric", "A bas la Françafrique!", "Wade assassin!
Ouattara assassin! Abdel Aziz assassin!", ont scandé les
manifestants.
L`avocat Robert
Bourgi, un conseiller de l`ombre de l`Elysée pour
les affaires africaines, a brisé dimanche le silence entourant habituellement ses activités et évoqué des mallettes de billets remises par des chefs d`Etat africains à l`ancien président
français Jacques Chirac.
Il a notamment affirmé que pour la campagne
électorale de Jacques Chirac en 2002, "cinq chefs d`Etat africains -- Abdoulaye
Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d`Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) -- ont versé environ 10 millions de
dollars".
"Heureusement que des hommes comme Bourgi
parlent. Le roi est nu aujourd`hui. Wade doit partir. Et emmener son fils (Karim Wade, qui détient 5 portefeuilles ministériels) avec lui", a déclaré à
l`AFP Cheikhna
Camara, représentant du Parti socialiste
sénégalais en France.
"Wade a donné 5 milliads de francs CFA
(environ 7,6 millions d`euros) à Chirac. Avec cet argent, il aurait pu régler les problèmes d`inondations et d`alimentation en électricité de tout Dakar", a affirmé
pour sa part Zaccaria Coulibali,
représentant du parti d`opposition de
l`Alliance pour la République.
De leur côté, les opposants mauritaniens ont dénoncé la "politique raciste" du régime du président Ould Abdel Aziz, dénonçant les conditions de l`organisation d`un recensement de la population qui vise, selon eux, "à priver de leur citoyenneté les Mauritaniens noirs".