PARIS (France) AFP / 25 juillet 2012 20h07 - Des scientifiques américains ont annoncé mercredi avoir utilisé un médicament contre le cancer pour débusquer le virus du sida lorsqu'il se cache sous forme dormante dans les globules blancs des malades.
La capacité du génome du VIH à se cacher dans certaines cellules et à se réactiver après avoir hiberné constitue un
obstacle majeur pour la guérison complète et définitive des personnes infectées.
Être capable de débusquer le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) dans ses cachettes permettrait aux scientifiques de mieux cibler ces cellules hôtes alors que le virus lui-même meurt
rapidement hors de ces réservoirs.
C'est le début de travaux vers un remède contre le sida, explique à l'AFP David Margolis, l'un des auteurs de l'étude publiée dans la revue Nature, alors que se tient à Washington la Conférence internationale sur le sida.
Des chercheurs de plusieurs universités et instituts de recherche américains ont utilisé le vorinostat, médicament généralement utilisé contre la leucémie, pour réactiver le VIH dormant dans les cellules CD4+T et ainsi le démasquer chez huit patients.
Les patients testés suivaient également un traitement antirétroviral, ce qui stoppe la multiplication du VIH mais qui ne l'élimine pas des réservoirs, ce qui oblige à prendre le traitement à vie.
Après une seule dose de ce médicament, pour un instant au moins, le virus a pu être localisé, explique M. Margolis. Cet essai prouve que le virus peut être spécifiquement ciblé chez un patient par un médicament et ouvre la voie des recherches sur ce type de médicaments.
Les chercheurs américains soulignent que le vorinostat peut avoir des effets toxiques et que cet essai ne peut constituer qu'une première indication.
D'après ce que nous savons, tous les virus en circulation chez des patients sous traitement (antirétroviral) ne peuvent pénétrer dans les cellules car ils sont bloqués par la thérapie explique-t-il. Et sans cellule hôte, le virus meurt en quelques minutes.
Il y a une possibilité que cela fonctionne. Mais ... si c'est vrai à seulement 99%, ça ne réussira pas. C'est pourquoi nous devons être prudents, explique M. Margolis.
Ces données du laboratoire de David Margolis sont vraiment enthousiasmantes pour ceux qui cherchent à trouver à un remède contre le sida, déclare à l'AFP le chercheur de l'Université d'Oxford John Frater, appelant à des recherches plus poussées sur cette voie.
L'immunologiste Quentin Sattentau qualifie ces résultats de prometteurs mais souligne que d'autres types de cellules-réservoirs de VIH, y compris dans le cerveau, pourraient ne pas répondre au traitement.
Il y a donc un long chemin à parcourir avant de savoir si cela peut fonctionner pour éliminer complètement le VIH d'une personne infectée, estime-t-il.
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Je suis la preuve qu’on peut guérir, affirme l’unique miraculé du sida
WASHINGTON AFP / 25 juillet 2012 01h28- Je suis la preuve vivante qu'on peut guérir du sida, explique l'Américain
Timothy Brown, dit le patient de Berlin, seul cas connu au monde de guérison du sida qui a lancé une croisade pour mobiliser des fonds de recherche sur la maladie.
Testé séropositif en 1995 quand il était étudiant à Berlin, en Allemagne, il n'a plus montré de signe d'infection après 2007.
C'est merveilleux de guérir de l'infection du VIH (virus de l'immunodéficience humaine), dit-il dans un entretien avec l'AFP en marge de la 19e conférence internationale sur la maladie qui réunit 25.000 personnes depuis dimanche à Washington et jusqu'à vendredi.
Je n'ai plus de sensation dans les pieds mais je marche plus aisément et je me sens mieux, sans presque jamais avoir de douleurs, seulement parfois des maux de tête, poursuit Timothy, 47 ans, qui paraît frêle mais a une poignée de main vigoureuse.
Je me sens bien, dit-il, se plaisant même à être traité un peu comme une vedette de rock.
C'est après avoir reçu une greffe de moelle osseuse en 2007, pour traiter une leucémie, que Timothy a cessé de prendre des antirétroviraux et ne montrait plus aucun signe d'infection par le
VIH.
Les médecins qui le suivaient l'ont alors déclaré guéri. La moelle greffée provenait d'un donneur qui avait des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH.
Selon les estimations, 0,3% de la population est doté de cette immunité naturelle au VIH qui provient de la mutation d'un gène dite CCR5. D'après Timothy, cette proportion serait de 1% parmi les populations européennes.
Il explique avoir reçu une seconde greffe de moelle osseuse en 2008 provenant du même donneur en raison d'une réapparition de la leucémie, pas du VIH. Cette intervention lui a causé quelques problèmes neurologiques.
Outre ces greffes qui sont des procédures médicales lourdes et risquées, Timothy a aussi subi un traitement radiologique sur l'ensemble du corps pour traiter son cancer du sang.
Aujourd'hui, je veux aider par le biais de ma fondation à trouver un moyen de guérir du VIH pour tout le monde, assure-t-il, personnellement impliqué comme sujet de recherches à l'université de San Francisco en Californie (ouest).
Il indique avoir été indirectement contacté par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) désireux de tester un échantillon de son sang pour voir s'il y avait encore des traces de VIH vivant.
Se référant à une récente polémique lancée par un chercheur français selon laquelle des traces de VIH auraient été détectées dans son sang, Timothy a assuré être bien guéri. Je suis séronégatif, assure-t-il: Je peux produire toutes les analyses médicales le confirmant.
Je compte maintenant avec ma fondation trouver des donateurs pour obtenir des fonds permettant d'aider la recherche, poursuit-il, soulignant que la biotechnologie est la voie la plus prometteuse pour trouver les moyens de guérir du sida.
Timothy juge que le gouvernement américain investit trop peu dans la biotechnologie avec seulement deux milliards de dollars par an alors que la Chine y consacre 60 milliards annuellement, selon lui.
Il y a des milliers de chercheurs très capables qui ne peuvent pas obtenir de fonds et qui sont prêts à travailler pour trouver un moyen d'éradiquer le VIH, souligne-t-il, notant que l'Europe dépense plus que les Etats-Unis pour trouver ce moyen de guérir du sida.
Interrogé sur le caractère miraculeux de sa guérison, comme le disent certains, il a répondu après une hésitation que c'était difficile à dire.
Cela dépend de vos convictions religieuses: si vous pensez que c'est seulement le fait de la science médicale ou d'une intervention divine, répond-il avant d'ajouter: Je dirais que c'est un peu les deux.
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