
APA-Yaoundé (Cameroun) Le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, a dénoncé l’intégration sous-régionale de l’Afrique centrale « qui avance avec une sage lenteur ».
S’exprimant lundi soir à Yaoundé, à l’occasion d’un dîner officiel offert à son homologue centrafricain, François Bozizé, en visite au Cameroun, il a appelé à surmonter les différences entre Etats, « qui ne sont très souvent que la survivance du passé ou des égoïsmes ».
« Isolés, nous resterons faibles ; unis, nous multiplierons nos forces », a-t-il déclaré, promettant sa contribution pour une communauté forte en Afrique centrale.
Son hôte, pour sa part, a souhaité que l’Afrique centrale puisse être une maison commune plus solide, souhaitant la fin de la dispersion des forces qui ne peut être qu’un facteur de faiblesse.
Pour lui, le défi relève d’une simple question de volonté en vue de créer une communauté forte et dynamique.
Abordant le volet bilatéral, Paul Biya a salué le renforcement des relations fraternelles entre les deux pays voisins à la lumière des terribles épreuves qu’à connues la Centrafrique il y a quelques années.
Il a félicité son interlocuteur pour avoir mené le dialogue politique inclusif ayant conduit à des accords entre le pouvoir et les mouvements rebelles.
Il a promis que le Cameroun continuera à appuyer ce processus de réconciliation à travers des missions de sécurité et de paix.
« Votre sécurité et votre stabilité sont aussi les nôtres. Cela nous oblige à une concertation permanente, y compris dans le domaine de la criminalité transfrontalière », a-t-il insisté.
M. Biya a souhaité une redynamisation de toutes les formes de concertation, notamment à travers la Commission mixte dont la dernière session remonte à 2002, et a promis une solidarité plus agissante, entre autre à travers l’accueil des étudiants centrafricains, l’exploitation minière et forestière et le trafic routier dont le Cameroun constitue la porte d’entrée et de sortie maritime de son voisin.
François Bozizé et Paul Biya avaient eu un tête à tête quelques heures plus tôt au palais présidentiel, après son arrivée en mi-journée qui a elle-même été précédée de la dispersion par la police de quelques activistes centrafricains, venus aux premières heures de la matinée avec des pancartes hostiles camper devant l’hôtel où est hébergé leur président.
Monique Bozizé, de son côté, a signé son acte d’adhésion à Synergies africaines contre le sida et les souffrances, une ONG créée par la première dame camerounaise Chantal Biya, qui l’a reçue en audience.
Le couple présidentiel centrafricain et leur suite quittent Yaoundé mardi à 8h50, heure locale.