Que son onction par parlement comble légalement ou non le vide constitutionnel, Bozizé, comme Gbagbo, restera « président » jusqu’à l’élection de son successeur. Quand ? Mystère et boule de gomme.
Comme la Côte d’Ivoire hier, une rébellion -résiduelle ?- soustrait le Nord de la Centrafrique au contrôle de Bangui. Et comme en Côte d’Ivoire, la controverse fait rage, en RCA, sur le fichier électoral. On peut donc dire que le pays d’Houphouet a fait école. La seule petite différence, c’est que Laurent succèderait moins facilement à Gbabgo que François à Bozizé.
D’abord parce que, d’une façon générale, l’élection africaine l’a largement démontré, c’est le « décompte » et pas l’urne qui compte, et de ce point de vue le président sortant est loin d’être personne au pouvoir n’est pas la moins bien placée. Mais ensuite, si Gbabgo a en face de lui de redoutables challengers, Bozizé, lui, semble plutôt avoir des punching ball.
A commencer par Ange Patassé. Autre pays, autre réalité : la Guinée Conakry qui a enchaîné les péripéties depuis décembre 2008. D’abord la mort d’un président qui ne vivait réellement plus, ensuite un coup d’état qui n’en était vraiment pas un ; un chef de la junte qui avait dit qu’il ne se présenterait pas aux élections mais qui allait le faire ; puis la balle « démocratique » d’un garde de corps qu’on ne trouve nulle part ; ensuite l’espoir de nouveau à travers un nouveau garant de la transition mais que la politique ennuie mortellement ; puis le suspense autour du délai très serré, il faut le reconnaître, pour la première élection vraiment démocratique de la Guinée ; et enfin la clarification depuis vendredi avec le décret de Sekouba Konaté qui adopte la nouvelle constitution de son pays.
A cela s’ajoute le fait que Le Général était monté au créneau la semaine dernière pour dire « pas question de reporter la présidentielle du 27 juin prochain ». Même s’il se justifie parfaitement en démocratie, le débat sur l’adoption de la constitution par décret ou référendum paraît maintenant tranché. La peur du syndrome ivoirien et maintenant centrafricain est passée par là. On saura le 28 juin si le vrai vaccin pour la démocratie, c’est l’élection tout court ou une bonne élection.
Adam Thiam
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