

Fatou Bensouda, la procureure-adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), doit se rendre en Guinée le 19 janvier 2010. Elle va lancer un examen préliminaire pour déterminer si une action doit être engagée par la CPI contre les auteurs présumés des violations des droits de l'homme commises le 28 septembre 2009.Des crimes que la commission d'enquête de l'ONU avait qualifiés de « crimes contre l'humanité ».
Fatou Bensouda arrivera le 19 janvier 2010 à Conakry avec un double objectif. D'une part, déterminer si les crimes commis le 28 septembre 2009 sont bien des crimes contre l'humanité, comme l'estime la commission d'enquête internationale créée par l'ONU. Et d'autre part, estimer si la justice guinéenne a les coudées franches et les moyens techniques pour juger les coupables. Pour ce faire, la procureure adjointe va auditer le système judiciaire guinéen.
Parallèlement elle va chercher à recueillir des preuves et des témoignages de ces crimes s'appuyant en partie sur le travail de la commission d'enquête internationale. La Cour pénale internationale a décidé d'agir, car depuis la publication du rapport de la commission onusienne, le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas bougé et ne semble pas pressé de saisir la CPI.
Certes, le procureur a la
possibilité de lancer une procédure d'autosaisine. Mais ce type de procédure est long et complexe à mettre en oeuvre. Le bureau du procureur préfèrerait qu'une instance comme la CEDEAO la
saisisse directement. C'est pourquoi un haut fonctionnaire de la CPI va effectuer prochainement une tournée en Afrique de l'Ouest afin de convaincre les pays africains de saisir la CPI. Le but
étant que les auteurs du massacre du 28 septembre 2009 ne demeurent pas impunis.
Source : RFI
Moussa Dadis Camara pourrait être évacué en Espagne pour asile politique
(Les Afriques
08/01/2010)
Admis depuis un mois dans un hôpital marocain, suite à une tentative d'assassinat perpétrée par un de ses fidèles lieutenants, Aboubacar "Tumba"
Diakité, le chef de la junte militaire guinéenne, le Capitaine Moussa Dadis Camara pourrait jouir les prochains jours d'un asile politique en
Espagne.
Cette information qui émane d' une source autorisée, contactée par Les Afriques, en début d'après midi, a fait état ces jours passés des intentions -actuellement en étude- par le cabinet royal
marocain, de faire exiler le président guinéen, en Espagne.
Ce dernier pourrait vivre en Espagne dans une suite privée que les autorités du pays mettront à sa disposition et continuer ses traitements médicaux - sur la demande du roi Mohamed VI.
Notre source soutient que cette hypothèse tenue pour le moment au grand secret des hauts dignitaires du Royaume pourrait être privilégiée ces prochains jours par le roi au détriment des divers
scénarii proposés dans la gestion de l'information médicale du président Dadis.
Les intentions d'évacuer Dadis Camara en Espagne n'enchantent point son épouse qui est favorable à un maintien de son mari au Maroc pour lui éviter un
"overdose" médiatique occidental. Selon des sources bien informées, la France manoeuvrerait sous le parapluie du Quai d'Orsay pour un atterrissage négocié du capitaine Moussa Dadis Camara dans un pays africain, où la pression médiatique ne serait pas si intense. In fine, les deux schémas, en cours de discussion, vont
déterminer la suite à réserver à l'affaire Dadis.
A Conakry, la pression politique et syndicale demeure forte sur l'appareil présidentiel depuis la propulsion du général Sékouba Konaté au poste de
président intérimaire qui -selon des officiels guinéens- n'est pas parvenu à fédérer les positions de la haute hiérarchie de la junte militaire.
A l'heure actuelle, après la grogne des syndicats qui exigent le départ de Idrissa Chérif, dont la nationalité fait beaucoup de bruit, tous les
regards sont braqués sur l'officier Claude Pivi, qui semble tirer les ficelles dans la confusion née de la désorganisation et de l'imprécision de
l'appareil militaire présidentiel.
Selon nos informations, Pivi constitue aux yeux de quelques ténors de l'opposition guinéenne et de la société civile l'élément clé du puzzle, dans
l'attente d'un compromis politique national.
Toutefois, à Paris, nos informations confirment le tête à tête entre Bernard Kouchner et le carré oppositionnel représenté par les leaders Sydia Touré- Alpha Condé- Cellou Dalein, Lonsény Fall intervenu en début de semaine.
Une déclaration conjointe de Paris, dite des 4, dans l'attente incessante de publication mentionne que l'opposition guinéenne exige la nomination d'un premier ministre, neutre de tout mouvement
politique en Guinée. Le futur ministre qui pourrait surgir du giron de la société civile aura la lourde mission de conduire le gouvernement de transition d'ici à la tenue d'élections
présidentielles libres et démocratiques.
Par Ismael Aidara 07-01-2010
© Copyright Les Afriques
NDLR : Cette information sur l'envoi en exil de Dadis en Espagne confirme celle donnée par notre
confrère La Lettre du Continent qui, dans sa dernière livraison, fait état de ce que les autorités françaises auraient pensé un temps, pour cause de vacances marocaines du couple
présidentiel français, trouver un pays d'accueil à l'encombrant capitaine sanguinaire guinéen en le refourguant à Bangui mais Sarkozy aurait refusé en définitive pour cause de situation
instable dans ce pays du général Bozizé que les pays occidentaux ont tendance à prendre pour une poubelle de la planète. Le cas du père Jean Bertrand Aristide d'Haïti est encore là pour le
rappeler. Reste que Dadis Camara qui vient d'être clairement désigné par le rapport d'enquête des Nations Unies comme le commanditaire des massacres du 28 septembre dernier dans le stade de
Conakry, doit répondre de ses actes criminels devant la CPI. Espérons que s'il est inculpé par celle-ci, l'Espagne le livrera. Le Maroc l'a accueilli sur son sol surtout en raison de ses prises
de positions pro-marocaines du bouillant chef du CNDD dans le conflit qui oppose le royaume au Polisario sur le Sahara occidental.