Dans un monde d’aujourd’hui caractérisé par l’affirmation de la compétence de la Cour Pénale Internationale poussant la doctrine, les lois, coutumes des guerres à établir des règles spécifiques de procédures et d’incrimination et de condamnation des personnes présumées coupables d’infractions relevant de la compétence de la CPI.
En effet, la fin du XIXe siècle à été marquée par la première tentative de la codification du droit humanitaire, avec les Conférences de la Haye de 1899 et de 1907 fixant les lois et les coutumes de la guerre et les modifications du règlement pacifique des différents.
La nouvelle vision d’un ordre international transcendant certes le principe sacro-saint de la souveraineté des Etats. Mais il aura fallu cent ans de piétinements juridiques, de tâtonnement politique pour cette révolution juridique devienne possible donnant désormais la compétence à la CPI de réprimer toutes sortes des crimes contre l’humanité.
Après les procès de Nuremberg et de Tokyo qui devraient aboutir à la condamnation des grands criminels de guerre, la commission du droit international des Nations Unies a adopté un projet de code des crimes contre la paix et la sécurité internationale.
A l’issue de la conférence intergouvermentale tenue à Rome, était signée le 17 juillet 1998 la convention portant statut d’une Cour Pénale Internationale appelée « Convention de Rome » marquant la naissance de justice internationale.
L’affirmation de la compétence de cette haute juridiction internationale m’invite au regard des certains crimes des guerres commis notamment dans le monde et surtout sur le continent Africain à m’interroger si cette affirmation de compétence de la CPI est –elle vraiment une solution contre les crimes humanitaires et les crimes des guerres ? Sans doute cette interrogation conduit mon analyse à rejoindre la pensée de Marcelin SIBERT qui affirme que « la protection de défense de l’ordre social propre à tout groupement est une priorité internationale ».
Alors contrairement à ce qui se passe a travers le monde de nos jours, je me permets de me demander si effectivement la protection de défense de l’ordre social propre à tout groupement est une priorité internationale? Loin d’être une priorité internationale la protection de défense de l’ordre social à tout groupement paraît plus au sein de la société internationale comme le « clientélisme international » remettant sans doute la vision de la solidarité de justice internationale en cause.
Aujourd'hui suite à la crise en Lybie, le monde entier vient d'être témoin de l'assassinat du dictateur Kadhafi, devant ce crime odieux l'ONU demande l'ouverture d'une enquête internationale permettant de poursuivre les auteurs de cet acte criminel certainement devant la CPI au motif de crime de guerre.
Entre temps que fera l'ONU de sa résolution 1973, qui autorise les membres de la coalition d'utiliser tous les moyens possibles pour atteindre les objectifs fixés de leur mission ? N’est pas cet objectif n'était pas de mettre terme au régime du dictateur Kadhafi? Mais pour qu’elles raisons faut –il encore ouvrir une enquête internationale permettant de poursuivre les présumés assassins du dictateur qui sont pas autres que les rebelles surcroît membres alliés des forces la de coalition? N'oubliant jamais que bien avant l'assassinat du dictateur Kadhafi que sa tête à été mise à prix contre les millions d'euros certainement qu’ après le passage à acte les assassins du dictateur auront leurs gains?
Devant telle attitude violant surtout de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme l’humanité continuera toujours d’affirmer que l'ONU et la Cour Pénale Internationale sont- elles des organisations de la défense des intérêts internationaux?
Par ailleurs, si effectivement la défense de l’ordre social est une priorité internationale comme affirme Marcelin SIBERT pour quelles raisons la rébellion de la LRA de Joseph KONY durera plus de vingt ans sur le continent africain notamment sans qu’une mesure internationale soit prise afin d’éradiquer définitivement ce mouvement?
Finalement il fallu attendre plus de vingt ans des crimes des guerre commis par le groupe de la rébellion LRA pour qu’ une initiative de lutte internationale contre ce mouvement rebelle soit prise par le Président OBAMA. Et pourtant dans la pratique courante quant les intérêts économiques sont inscrits à l’ordre du jour, les résolutions du Conseil de Sécurité ne cessent de faire surface même si elles sont parfois illégales, pourvu que la bataille soit justifiée économiquement pour que le Conseil avalise des résolutions stratégiquement conçues.
Afin de corriger ce climat d’insatisfaction de la justice internationale et surtout le déséquilibre établi en termes de représentativité au sein du Conseil de Sécurité, je suggère :
- La révision des statuts de la CPI.
- La création des antennes des juridictions de la CPI en fonction des continents, des régions, et des sous régions.
- la création des écoles de formation des juges internationaux.
- Enfin l'admission sans condition de la représentation du continent africaine comme membre permanent du Conseil de Sécurité avec un droit de véto.
Au regard du fonctionnement de la politique internationale dans le contexte actuel, serai t-il pas important de s’interroger si effectivement le rêve de la justice internationale souhaiter par l'humanité est finalement accompli ?
Godfroy- Luther GONDJE- DJANAYANG
Expert Analyste en Gestion des crises politico – militaires.