
Alors que son mandat actuel doit s’achever le 11 juin 2010 au plus tard, beaucoup d’incertitudes pèsent sur la
tenue des prochaines présidentielles en Centrafrique. Auront-elles vraiment lieu en 2010 ? Si on n’a pas encore de réponse claire à cette question, une chose est au moins sûre, presque tout
dans le comportement de Bozizé et des actes qu’il pose au quotidien, tendent à montrer, non seulement qu’il se prépare à faire face à tous les cas de figure et à toutes les éventualités
mais surtout à exercer durablement le pouvoir. Le processus de mutation en cours de l’ex Convergence KNK en vrai parti politique avec des partisans dits « KNK PUR », participe de cette
démarche visant à jouer les prolongations au pouvoir.
Pourtant rien ou presque, dans le bilan de gestion du pays par Bozizé ne peut l’autoriser à avoir la
prétention de rempiler à la tête du pays. Les conséquences de sa gouvernance sont franchement désastreuses et catastrophiques. Dit par des Centrafricains, ce jugement peut paraître subjectif et
être compris comme de l’anti-bozizisme primaire mais à présent, même certains représentants de la communauté internationale se rendent à l’évidence comme ce fut récemment le cas de l’ancien
Délégué de l’Union Européenne, Jean Claude Esmieu qui n’a pas mâché ses mots lors d’une interview sur Radio France Internationale allant même jusqu’à dénoncer la « nomenklatura »
de Bangui.
A l’instar de son frère d’arme le dictateur Mamadou Tandja du Niger qui a tenté un passage en force avec un
coup d’Etat institutionnel, on prête à Bozizé l’intention de s’attribuer également des pouvoirs exceptionnels en cas de vide juridique causé par l’absence d’élections en temps et en heure
comme le prévoie la constitution. D’ores et déjà, c’est un parent à lui Marcel Malonga, qui est à la tête de la cour constitutionnelle et qui veille à ses intérêts. Il dispose par ailleurs
à l’Assemblée nationale d’une majorité de députés aux ordres, disposés à voter n’importe quel texte allant dans le sens de sa volonté politique. Quelle réussite ou au nom de la nécessité de
poursuivre et d’achever quel grand chantier peut mettre en avant Bozizé pour demander à ses compatriotes de lui accorder une seconde fois leur confiance ?
En dépit du tapage fait par le pouvoir de Bangui en juillet dernier après l’admission du pays à l’initiative PPTE
du FMI et de la Banque Mondiale, certains indicateurs de la situation économique, sociale et humanitaire de la RCA, notamment ceux traduisant le niveau de vie des populations surtout en province,
ont largement dépassé les seuils acceptables fixés par les agences du système des Nations Unies comme le PNUD, l’UNICEF, UNHCR, l’OMS, le PAM. Certaines d’entre elles ainsi que des ONG
humanitaires viennent de tirer la sonnette d’alarme par rapport à une grave malnutrition infantile sévère qui sévit actuellement dans plusieurs préfectures du pays, notamment dans les zones
minières, et qui mettent en danger de mort plusieurs centaines de milliers d’enfants de moins de 5 ans en particulier.
Malgré ce tableau très peu reluisant de la situation du pays, Bozizé veut donc s’éterniser au pouvoir en
cherchant à se succéder à nouveau à lui-même. Les véritables raisons qui président à cette inextinguible soif du pouvoir sont à rechercher dans son soudain enrichissement depuis 2003 qu’il est
aux commandes du pays et à la colossale fortune très rapidement accumulée de ce fait grâce aux bonus et autres dessous de table versés pour l’attribution des permis miniers pour le diamant,
l’uranium et autre exploitation forestière du pays par les bureaux d’achat et autres sociétés de la filière ainsi qu’aux juteux prélèvement illicite sur la vente des produits pétroliers. L’autre
raison non négligeable pour laquelle Bozizé ne veut absolument pas quitter le fauteuil présidentiel se trouve dans la perspective qu’il redoute énormément d’un mandat d’arrêt contre lui
que pourrait lancer le procureur Luis Moreno Ocampo de la CPI.
On se souvient en effet qu’en juin 2008, Bozizé avait adressé une lettre au Secrétaire général de l’ONU
pour lui demander de saisir le Conseil de Sécurité afin qu’il fasse interrompre l’enquête ouverte par la CPI sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par sa garde
présidentielle dans le Nord Centrafrique. Les Nations Unies ont purement et simplement jeté à la poubelle cette requête de Bozizé le plongeant ainsi dans une peur bleue accentuée depuis
par le sort fait par la CPI au président soudanais pourtant en exercice, Omar El
Beshir.
Ainsi, Bozizé a pris clairement conscience de sa vulnérabilité devant la justice internationale au cas où celle-ci arrivait à s’intéresser à lui par rapport à ses responsabilités directes dans les crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par sa garde dans le Nord Ouest du pays. Même si depuis l’affaire du mandat d’arrêt émis contre le président du Soudan, Bozizé ne se fait plus beaucoup d’illusion sur l’immunité des présidents, il doit se dire néanmoins que mieux vaut toujours aborder la CPI comme président en fonction que le contraire.
MEMBRES DU BUREAU POLITIQUE PROVISOIRE RESTREINT DE K.N.K NOMME PAR LE PRESIDENT DU KNK FRANCOIS BOZIZE LE
21/08/2009
Président : Joseph KITIKI-KOUAMBA
Vice Président : Marie Solange PAGONENDJI-NDAKALA
Rapporteur Général : Aimé NGANARE
Rapporteur Général Adjoint : Claude LENGA
Trésorière Générale : Adja MAGOULA SARA
Trésorier Général Adjoint : Lévy YAKITE
Correspondant Europe : Justin NGUIZO-WENEZOUI (Président du bureau jeunes KNK Paris)
Correspondant Afrique Centrale : Arsène GREPAYO
Correspondant Afrique de l’Ouest : Régie SENA
SIX (6) COMMISSIONS
1.
Politique
: Bernard BONDA
2. Transport et Logistique : Maturin DIMBELE NAKOUE
3. Accueil et hébergement : Bertin BEYA
4. Finance : Augustin FEIGOUTO
5. Restauration : Honorable député Franck PIERRO
6. Sécurité présidentielle : Simplice FEIKOUMO