
Linternationalmagazine.com, publié le 09/08/2009
Les leaders malgaches réunis à Maputo ont décidé de mettre en place un gouvernement de transition qui organisera
des élections d’ici à fin 2010.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les quatre chefs de file malgaches, représentant les principales mouvances politiques, ont signé un accord mettant en place une période de transition politique de quinze mois maximum, et qui vise à mettre fin à la crise politique qui affecte la Grande Ile depuis janvier.
Les quatre mouvances politiques vont participer aux nouvelles institutions de la transition, mais les chefs de
file, dont Rajoelina et Ravalomanana, ne sont pas parvenus à s’entendre sur la répartition des postes dans ses organes (président, vice-président, ministres,
etc.).
Des élections prévues fin 2010
Faute d’accord, la médiation leur a donné rendez-vous "dans une dizaine de jours" toujours dans la
capitale mozambicaine, a annoncé à l’AFP l’émissaire de l’ONU pour Madagascar, Tiébilé Dramé. "Il n’y a pratiquement plus rien à faire, si ce n’est répartir les postes. C’est le plus
difficile", a reconnu l’un des quatre chefs de file malgaches, l’ex-président Albert Zafy.
Aux termes de l’accord conclu à Maputo, les membres du gouvernement de transition ne pourront pas se présenter
aux élections qui seront organisées d’ici à fin 2010, à l’exception du président de la transition.
"Je suis satisfait" des résultats de la réunion, a déclaré de son côté le président évincé Ravalomanana.
Ce dernier, qui avait été condamné en juin à quatre ans de prison et qui vit en exil depuis son départ forcé du pouvoir, a en effet obtenu l’"annulation des chefs d’accusation"
contre lui, ce qui équivaut à une amnistie. Il s’est en outre engagé à ne pas participer à la transition et à ne rentrer au pays que quand les conditions politiques et sécuritaires lui
seraient favorables.
Ravalomanana amnistié
Le sujet de l’amnistie et du retour de Ravalomanana était l’un des principaux points d’achoppement entre les
participants au "sommet" de Maputo. Ravalomanana avait été condamné en juin par un tribunal malgache pour "conflits d’intérêts" dans l’achat fin 2008 d’un avion présidentiel qui
avait cristallisé l’opposition à son régime et contribué à sa chute.
Madagascar est actuellement dirigé par Andry Rajoelina, après le départ forcé en mars, sous la pression de
la rue, du président Marc Ravalomanana. Depuis, la communauté internationale réclame le retour à l’ordre constitutionnel dans ce pays de l’océan Indien.
La période de transition prend effet à la date de la signature de ce document. Le sommet de Maputo a rassemblé pour la première fois les rivaux, Rajoelina et Ravalomanana, et deux
anciens chefs d’Etat malgaches, Albert Zafy et Didier Ratsiraka.