Lu pour vous
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Par Blaise DariustoL'accord de Doha prévoit le désarmement et le cantonnement des rebelles mais plusieurs groupes n'ont ni combattants ni armes.
Au Tchad, plus de deux semaines après la signature de l'accord de paix entre la junte militaire et les politico-militaires à Doha, au Qatar, la question du désarmement est au centre du dialogue national qui vient de s'ouvrir. Si ce processus est prévu dans l'accord de Doha, sa mise en œuvre semble encore incertaine et pour cause : les mouvements rebelles signataires ne sont pas ceux qui possèdent le plus d'hommes et d'armements.
Cessez-le-feu et DDR
Cet accord de paix prévoit un cessez-le-feu général, la mise en place d'un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion. Mais aussi, l'adoption et l'application d'une loi d'amnistie ainsi que la libération réciproque des prisonniers de guerre.
Cependant, plus de deux semaines après, le processus de désarmement n'a toujours pas été entamé. Les leaders des mouvements rebelles signataires se sont contentés de revenir au Tchad pour prendre part au dialogue national, tout en conservant leurs troupes et équipement militaires intacts.
Tout dépend des conditions
Pour Roland Marchal, chercheur à Sciences-Po Paris et spécialisé dans les guerres civiles en Afrique, l'application de cet accord dépend des conclusions du dialogue national inclusif.
"Ce que beaucoup d'experts soutiennent, estime Roland Marchal, c'est que dans les semaines qui viennent certains dirigeants rebelles qui sont rentrés repartiront en exil. Les cadres de leurs mouvements et une partie des troupes risquent également de repartir à cause du mécontentement lié aux conclusions des assises. Donc il faudrait, au-delà de la signature de l'accord, être extrêmement attentif sur les conditions de sa mise en œuvre tant au niveau national qu'international, de façon à susciter un mouvement de raison chez ceux qui, à un moment ou un autre, voudrait remettre en cause l'accord.''
"Anciennes forfaitures"
Mais la plupart des groupes armés signataires de cet accord restent des mouvements peu actifs dont certains n'ont ni soldats ni armements.
Max Kemkoye, le président de l'Union pour la démocratie et le progrès, un parti opposé à la transition militaire, estime que "de la quarantaine de ces mouvements armés qui ont signé cet accord, 99% n'ont ni troupes ni armes. Alors il faut cantonner lesquels ? Démobiliser et réinsérer lesquels ?"
Max Kemkoye s'interroge : "Va-t-on peut-être rééditer les anciennes forfaitures qui consistent à aller en rébellion, opérer un ralliement, ensuite aligner les neveux, nièces ou oncles, etc... comme rebelles pour les intégrer à la fonction publique ou leur faire bénéficier des millions dans le cadre de la réinsertion ? Non, cette pratique-là, il faut que ça s'arrête. Le FMI et la Banque mondiale se doivent d'être regardants là-dessus."
Et le FACT?
Si la majorité des groupes armés signataire de cet accord n'ont ni troupes, ni armes sur le terrain, le plus important d'entre eux, le Front pour l'alternance pour la concorde au Tchad, qui avait mené le raid au cours duquel Idriss Déby avait été tué fin avril 2020, n'a pas signé l'accord de Doha.
Il n'est pas donc pas lié par l'impératif de désarmement et refuse de participer au dialogue national dont les travaux ont démarré samedi dernier à N'Djamena.
Tchad : plus de 340.000 personnes touchées par les inondations en deux mois
Par Le Figaro avec AFP Publié ,
Plus de 340.000 personnes ont été touchées depuis fin juin par des inondations au Tchad, pays parmi les moins développés de la planète, selon un bilan provisoire de l'ONU consulté mercredi 24 août par l'AFP.
«Le bilan provisoire des inondations est de 341.056 personnes affectées (soit 55.123 ménages) dans 11 des 23 provinces», y compris la capitale N'Djamena, a affirmé dans un communiqué le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).
Des pluies diluviennes ont touché depuis plusieurs semaines ce pays enclavé d'Afrique centrale. Les personnes «affectées» sont celles ayant du «abandonner leurs logements» et qui ont «perdu des biens», a précisé à l'AFP le bureau d’Ocha au Tchad. «Pour rappel, 256.000 personnes ont été sinistrées par les inondations en 2021 et 388.000 en 2020», a précisé Ocha.Le 19 août, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU avait annoncé que 22 personnes avaient été tuées depuis juin au Tchad à cause des pluies diluviennes. «Nous ne pouvons pas faire face à cette situation, il faut une aide plus conséquente, c'est pourquoi nous lançons un appel aux donateurs», a déclaré le bureau d’Ocha au Tchad, interrogé par l'AFP. L'aide nécessaire s'élève à 6,3 millions de dollars, et le gouvernement ne dispose que de 1,1 million, selon Ocha.
Selon les Nations unies, en 2021, 5,5 millions de Tchadiens, soit plus du tiers de la population de ce pays enclavé d'Afrique centrale, avaient besoin d'une «aide humanitaire d'urgence». Une situation qui s'est aggravée en raison de la guerre en Ukraine où la Russie a imposé un blocus sur les céréales ukrainiennes. Le Tchad, qui a connu de nombreux conflits armés sur son territoire depuis son indépendance de la France en 1960, est le troisième pays le moins développé au monde selon l'ONU. Début juin, les autorités tchadiennes avaient décrété «l'urgence alimentaire» en raison de la «détérioration constante de la situation alimentaire et nutritionnelle».