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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 14:22
43 hommes politiques africains cités dans l’enquête des « Pandora Papers »
43 hommes politiques africains cités dans l’enquête des « Pandora Papers »
43 hommes politiques africains cités dans l’enquête des « Pandora Papers »

 

43 hommes politiques africains cités dans l’enquête des « Pandora Papers »

(Agence Ecofin) 04 octobre 2021 04:54 - Le Consortium international des journalistes d’investigation fait de nouveau l’actualité, en révélant avoir découvert que des centaines d’hommes politiques dans le monde, auraient dissimulé des sociétés dans des juridictions secrètes, principalement dans des pays riches.

43 hommes politiques sur l’ensemble de ceux cités dans les "Pandora Papers", sont en Afrique, apprend-on du Consortium international des journalistes d’investigation, auteur de ces nouvelles révélations. Le Nigéria avec 10 politiciens, est le pays de la région qui compte le plus de cas évoqués dans les dossiers qui ont fuité. Il est directement suivi par l'Angola (9 politiciens).

Les autres pays africains qui apparaissent dans ces révélations sont le Maroc, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Tchad, le Gabon, le Congo Brazzaville, le Kenya, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud. Un focus particulier est fait sur le cas du Kenya, où le président Uhuru Kenyatta, dont le mandat politique met l’accent sur la lutte contre la corruption, est cité. Lui et sa famille auraient « soustrait leur richesse à l'attention du public par le biais de fondations et de sociétés établies dans des paradis fiscaux, dont le Panama, avec des actifs d'une valeur de plus de 30 millions $ », selon le Consortium.

Les autres chef d'Etats africains dont les noms sont directement évoqués, sont ceux du Gabon et du Congo Brazzaville, mais les détails en ce qui les concernent n'ont pas encore été donnés. La publication révèle aussi que les États-Unis en particulier, sont apparus sur l'ensemble des dossiers consultés, comme étant une destination de plus en plus attractive pour la dissimulation des fortunes par des hommes politiques. Une information qui contraste avec l'habitude prise par les dirigeants de ce pays de fustiger la corruption et les détournements dans les pays pauvres.

Les "Pandora Papers" sont le nom donné à 11,9 millions de documents dans lesquels se retrouvent les noms de plus de 336 hommes politiques à travers le monde, qui auraient utilisé des entités dans des juridictions secrètes, pour acheter des biens immobiliers, détenir de l'argent en fiducie, posséder d'autres sociétés et d'autres actifs, parfois de manière anonyme. L'enquête menée par les journalistes qui collaborent au projet, révèle aussi comment les banques et les cabinets d'avocats travaillent en étroite collaboration avec les prestataires de services offshore pour concevoir des structures d'entreprise complexes.

Cette révélation survient alors que le débat sur une fiscalité plus juste progresse dans le monde, notamment avec la Covid 19 qui a mis au grand jour les difficultés pour les pays faibles, à mobiliser des ressources financières pour soutenir leurs économies, ou même mener des campagnes de vaccination, présentées comme vitales pour faire face à la pandémie qui continue de secouer le monde.

Les travaux du panel de haut niveau sur les flux financiers illicites présidé par Thabo Mbeki, l’ancien président d’Afrique du Sud, ont présenté l’évasion fiscale comme une des sources de flux financiers illicites à partir de l’Afrique. Le premier rapport sur l’Etat de la justice fiscale dans le monde publié par Tax Justice Network en novembre 2020 a estimé, sur la base de ses recherches, que cela représentait en moyenne chaque année un peu plus de 27 milliards $ de pertes de ressources potentielles pour les budgets des pays africains.

 

"Pandora Papers" : les principales personnalités africaines épinglées

04 OCT 2021 Mise à jour 04.10.2021 à 13:37 Par Romain Sinnes

Les quelque 12 millions de documents confidentiels sur les paradis fiscaux dévoilés par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), dimanche 3 octobre, comptent plusieurs noms de dirigeants africains, dont certains encore en exercice. Focus sur les personnalités recensées les plus marquantes du continent.

​L’enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), divulguée dimanche 3 octobre, répertorie près de 50 politiciens et officiels africains issus de 18 pays, comme étant détenteurs de sociétés offshore. Parmi eux, trois présidents et un premier ministre en exercice.

 Ali Bongo, président gabonais

Les données fournies indiquent que le président gabonais contrôlait, avec deux associés politiques, une société écran domiciliée aux Iles Vierges britanniques (IVB), prénommée Gazeebo Investments Ltd.

D’après un courriel, daté de 2008, d’un procureur de Miami, qui a chargé des avocats du cabinet de services offshore, Trident Trust, d’incorporer la société, M. Bongo en était l’actionnaire majoritaire.

Les autres actionnaires étaient Jean-Pierre Oyiba, directeur de cabinet présidentiel jusqu’à sa démission en 2009, et Claude Sezalory, originaire de France et marié à Sylvia Bongo Ondimba avant son union avec Ali Bongo en 1989.

Ali Bongo était également le directeur d’une autre société écran aux IVB, Cresthill Worldwide Ltd. L’une comme l’autre ne sont plus actives aujourd’hui tandis que leur raison d’être n’est pas connue.

 Les « Pandora Papers » en chiffres

- 11,9 millions de documents confidentiels soit 2,94 terabytes de données
- Plus de 330 politiciens, dont certains encore en exercice, concernés
- Plus de 130 personnalités dont des membres de familles royales
- 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore dans des paradis fiscaux
- Plus de 600 journalistes de plus de 150 médias du monde entier mobilisés sur le sujet.

Uhuru Kenyatta et ses proches

Le chef de l’Etat kényan, qui a fait le vœu de lutter contre la corruption lors de sa dernière campagne présidentielle, est lié à une fondation panaméenne.

Sa mère et ses frères et sœurs disposent d’au moins six autres « business offhsore » et fondations enregistrés au Panama et aux IVB. La plupart de ces compagnies familiales ont été créées avant l’investiture de M. Kenyatta, précise les documents, bien que certaines soient restées actives après son élection.

Les actifs, l’équivalent de 30 millions de dollars, sont placés au Royaume-Uni et à Hong Kong.

Denis Sassou Nguesso, chef de l'État congolais

Le président congolais, selon les « Pandora Papers », détenait une société, nommée Inter African Investment Ltd., contrôlant des mines de diamant. Celle-ci a été enregistrée aux IVB en 1998, durant le second mandat de l’intéressé à la tête du Congo.

Inter African Investment détenait un compte auprès de la succursale londonienne de la banque Espirito Santo et était également à la tête d’une autre compagnie aux IVB, Ecoplan Finance Ltd. Julienne, l’une des filles de M. Sassou Nguesso, a siégé au conseil d’administration d’Ecoplan.

Cette dernière possédait la majorité des actions d’Escom Congo, une entreprise de construction et d’immobiliers disposant des droits sur les mines de diamant dans le pays. Selon le cabinet panaméen Algocal, Ecoplan n’est plus active depuis 2018. 

Patrick Archi, premier ministre ivoirien

En 1998, alors conseiller du ministre ivoirien de l’Energie, il devient propriétaire de Allstar Consultancy Services Ltd., une société basée aux Bahamas. Via un accord de fiducie, l’actuel premier ministre de la Côte d’Ivoire, depuis sa nomination en mars 2021, obtient de ne pas voir afficher son nom sur les documents officiels.

 M. Archi a fondé sa société en 2006, par l’intermédiaire d’un spécialiste de l’offshore basé à Londres, avant de transférer sa gestion à Alcogal. 

Zakaria Idriss Déby Itno, fils d'Idriss Déby Itno

Fils de feu Idriss Déby Itno, plus jeune demi-frère de l’actuel président, Mahamat Idriss Déby, Zakaria Idriss Déby Itno possédait des actions dans Odian Consulting Ltd., une société des Seychelles, créée en 2008.

Les deux autres actionnaires n’étaient autre que son cousin, Yosko Youssouf Boy, et David Abtour, un présumé trafiquant d’armes. Ce dernier a été marié à une sœur d’une ex-femme d’Idriss Déby. Le registre seychellois n’indique pas le statut de la société.
La princesse marocaine Lalla Hasnaa, l'ancien premier ministre mozambicain Aires Ali...

D'autres noms connus sur le continent ou dans leurs pays respectifs figurent également dans l'inventaire mis au jour par le Consortium.

Parmi eux, entre autres, la princesse marocaine Lalla Hasnaa, plus jeune soeur du roi Mohammed VI, l'ancien ministre tunisien et chef du parti Machrou Tounès, Mohzen Marzouk, l'ex-premier ministre mozambiquais Aires Ali, ou encore le ministre de la Sécurité ougandais, Jim Muhwezi. 

 

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Published by Centrafrique-Presse.com