Centrafrique : un collectif de députés réclame le démantèlement total des 3R
https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 19 juin 2020 17:06
Un jour seulement après l'annonce par la Minusca d'une vaste opération militaire contre le mouvement 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) de Sidiki Abbas dans l'Ouest et le Nord-ouest de la République centrafricaine, un collectif de députés met la barre haut. Il réclame le "démantèlement total des bases de 3R".
Les députés de la Nana Mambéré et de l'Ouham Pendé n'ont pas attendu longtemps pour saisir l'occasion de l'opération militaire conjointe Minusca-Faca lancée le 17 juin 2020 contre le Mouvement 3R et son chef Sidiki Abbas. Dans une correspondance adressée au Représentant du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique le 18 juin 2020, ces parlementaires ont exprimé leur vive exaspération, dénonçant la prise en otage de la population civile par le groupe armé 3R.
"Le peuple continue à vivre son calvaire et nous, populations surtout de l'Ouham Péndé, vivons dans une situation dramatique et d'esclavage. Il est inadmissible de nous taire devant cette situation. C'est pourquoi nous demandons de façon solennelle à la Minusca d'assumer sa responsabilité, celle de garantir la paix et la sécurité du peuple" a martelé Bernard Dillah, député de Ngaoudaye 1, membre dudit collectif.
"La famine guette le peuple centrafricain. La cuvette de manioc coûte aujourd'hui 5000F pourtant la population est laborieuse, seulement, elle ne peut plus travailler. Et si elle travaille, elle est empêchée de bénéficier des fruits de son travail, parce que les fruits de son travail sont dévastés et les dévastateurs sont protégés par ces groupes armés" a ajouté M. Dillah estimant que "l'avenir de notre peuple est hypothéqué".
Signataire de l'accord de paix du 6 février 2019 avec le gouvernement, le Mouvement 3R brille depuis la mi-mai 2020 à travers des exactions contre des populations civiles voire des forces nationales et internationales. Pour les députés initiateurs de la correspondance au patron de la Minusca, l'heure est au durcissement de ton face au chef de guerre Camerounais, Sidiki Abbas et son groupe armé.
" Nous avons besoins rien que de la paix. Nos populations ont besoin rien que de la paix et nous en avons marre de la duplicité de ces groupes armés. Nous demandons à la Minusca et au gouvernement de tout faire pour démanteler les bases des 3R, traquer son chef Sidiki Abbas, le remettre à la Cour pénale Spéciale ou à la Cour Pénale Internationale" a recommandé le collectif.
Dans son entretien avec Radio Ndeke Luka, le député de Ngaoundaye 1 va jusqu'à mettre en garde la Minusca.
"La Minusca a reçu un mandat des Nations unies afin de réduire la capacité des groupes armés et sécuriser la population. Si elle ne remplit pas cette mission, et bien, nous serons obligés de lui demander de partir, de quitter notre pays" a prévenu Bernard Dillah.
Depuis son retour dans le maquis en mai dernier et l'annonce de son retrait de l'accord de paix du 6 février, Sidiki Abbas s'illustre de plus en plus en chef de guerre et renforce ses positions. Attaque de la base des USMS à Bouar dans la Nana-Mambéré, suivi du raid sur un check-point Minusca-Faca à Pougol dans l'Ouham-Pendé le 9 juin 2020, les 3R s'imposent avec la conquête de nouvelles zones dans l'ouest et dans le nord-ouest centrafricain. Face à cette violation flagrante de l'entente politique conclue avec Bangui le 6 février 2019, les autorités centrafricaines et la Minusca décident de passer à la vitesse supérieure en lançant une opération militaire d'envergure contre Sidiki Abbas et ses troupes.
Ndlr : Sidiki Abbas est originaire de Garoua au nord du Cameroun. Ses parents se sont installés longtemps à Baoro avant qu'ils ne soient massacrés par les antibalakas en 2015. Il fut coupeur de route avant de se transformer en convoyeur de bétail entre la Centrafrique et le Congo-Brazzaville. Il a créé les 3R à Bertoua puis s'est installé a Koui où le sultan-maire lui a offert une femme et une maison. Il bénéficie de l'appui de Adamou Yaya Siwo qui est l'adjoint de Sidiki. Ce lui-là n'est autre que le beau-frère de Sidiki. Ils sont tous originaire de Garoua. Siwo veut être ambassadeur de la RCA au Cameroun.
RCA-Ouham: le sous-préfet de Nanga Boguila agressé par des hommes armés
https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 19 juin 2020 18:05
La présence des groupes armés dans une grande partie de la Préfecture de l'Ouham continue de plonger cette région du nord de la République centrafricaine dans l'insécurité. Aux premières heures de ce vendredi 20 juin, des hommes armés ont fait irruption à la résidence du sous-préfet de Nanga Boguila. Après l'avoir brutalisé, ils l'ont dépouillé de ses biens. Un acte décrié par Franck Saragba, député de la localité.
Pour le député de Nanga Boguila, l'agression du sous-préfet par les hommes armés est une agression de trop et cela traduit la situation dans laquelle vivent les habitants de cette sous-préfecture. Selon Fanck Saragba, depuis le retrait mi-juin 2020 des casques bleus de la Minusca de cette ville, les hommes armés ont multiplié leurs activités, prenant pour cible principalement les populations civiles et les représentants de l'Etat.
"La population est complètement abandonnée à elle-même, les gens viennent la nuit commettre des exactions. Le jour, ils font ce qu'ils veulent . Et maintenant, ils s'en prennent aux représentants de l'Etat" a décrié l'élu de la Nation.
L'agression du sous-préfet intervient quelques jours seulement après le braquage d'un commerçant dans la ville. "Ils ont braqué la semaine dernière un commerçant et lui ont soutiré une somme de 21 millions de Fcfa et une quantité d'or" a témoigné M. Saragba citant comme responsables de ces exactions, les hommes armés de RJ (Révolution Justice).
Malgré la présence d'une équipe de la gendarmerie dépourvue de moyens à Nanga Boguila, l'insécurité demeure inquiétante dans la ville et dans sa périphérie. Le député de la localité entend faire bouger les lignes auprès des autorités à Bangui.
"En ce moment, les forces de défense et de sécurité ne sont pas dans la ville de Nanga Boguila, dans mes échanges avec la ministre de la Défense, elle m'a rassuré que les directives sont données pour que les personnes opérationnelles fassent le nécessaire" a indiqué Franck Saragba.
Selon des sources locales jointes par Radio Ndeke Luka, le pronostic vital du sous-préfet n'est pas engagé même s'il porte des traces de l'agression sur le corps. Pour l'instant, aucun détail n'est encore communiqué sur les effets emportés par ces hommes armés.