Lu pour vous
NOUVELLES VIOLENCES MEURTRIERES EN RCA : Touadéra a du pain sur la planche
http://lepays.bf/ 29 janvier 2020
La violence a repris ses droits en République centrafricaine (RCA). C’est le moins que l’on puisse dire avec les récents affrontements qui ont éclaté le week-end dernier à Bria, du nom de cette ville située à l’Est de la Centrafrique, entre des membres de l’ex-Séléka. Le bilan provisoire fait état de plus de 35 personnes tuées. Ces affrontements, faut-il le rappeler, interviennent un mois seulement après les violences qui avaient opposé des miliciens à des commerçants au quartier majoritairement musulman appelé PK5 de Bangui, et qui, au bas mot, avaient laissé une quinzaine de cadavres sur le carreau. Vous l’aurez donc compris. La RCA a toujours du mal à être gouvernée. Elle est plutôt sous la coupe réglée de différents groupes armés qui tentent de faire main basse sur certaines ressources naturelles du pays. Si fait qu’en dépit de la présence de la MINUSCA, le pays est constamment en proie à des spasmes sociaux. On se rappelle encore que le 10 avril 2019, 18 personnes dont un soldat onusien, avaient perdu la vie dans des combats ayant opposé des groupes armés aux Casques bleus.
La colère était montée de plusieurs crans au point que les Centrafricains n’avaient pas hésité à manifester leur colère en se jetant dans la rue par milliers. Cette scène se déroulait, on s’en souvient, sous les yeux du commissaire paix et sécurité de l’Union africaine (UA) et du chef de département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, qui étaient en séjour à Bangui pour une mission d’évaluation. Sans doute avaient-ils eu l’occasion de prendre toute la mesure du péril qui guette la RCA. Car, comme on le dit, ce que l’œil voit retient plus l’attention que le contenu d’un rapport qui, parfois, peut s’en trouvé biaisé. Mais hélas, rien, jusque-là, n’a changé sur le terrain. Même pas le retour au bercail des ex-présidents François Bozizé et Michel Djotodia.
La RCA a besoin d’une thérapie de cheval
En tout cas, comment ne pas désespérer de la RCA quand on sait que l’autorité de l’Etat, si elle existe encore, est en plein délitement ? Franchement, le président Faustin Archange Touadéra est plus à plaindre qu’à envier ; lui qui, aujourd’hui, semble dépassé par les événements. Or, on se rappelle encore, il n’y a pas longtemps, que le numéro 1 des Centrafricains avait fait le tour de certaines capitales africaines et européennes pour convaincre les investisseurs de venir prospecter dans son pays, assurant que la paix et la stabilité y étaient de retour. La suite des événements l’a-t-il fait mentir ? Bien malin qui saurait répondre à cette question, tant les faits parlent d’eux-mêmes. De toute évidence, la RCA a besoin d’une thérapie de cheval. Et le plus tôt serait le mieux, pour autant que la communauté internationale ne veuille pas se rendre complice d’un massacre à grande échelle, à l’instar de ce qui est arrivé au Rwanda en 1994. Pourquoi ne pas mettre le pays sous tutelle onusienne, le temps de mettre au pas tous ces bandits qui, parce qu’ils portent une kalach en bandoulière, se croient tout permis au point de s’arroger le droit de vie et de mort sur les autres ? C’est à ce prix que l’on pourra sauver l’ex-Oubangui Chari qui est déjà au bord du gouffre et qui, si l’on n’y prend garde, pourrait, au fil des ans, devenir la destination privilégiée des terroristes de tout poil.
B.O
Centrafrique: lourd bilan à Bria après les derniers affrontements
RFI 29/01/2020 - 11:45 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset
Samedi, des violences ont éclaté dans la ville de Bria, dans l’est de la Centrafrique, entre les membres d’un groupe de l’ex-Seleka. Des violences « a priori » à caractère ethnique. Les combats ont duré jusqu’à dimanche.
Les combats de ce weekend à Bria auront fait plusieurs dizaines de morts. Au moins 35 selon la Croix-Rouge centrafricaine. Un chiffre qui pourrait même s’élever jusqu’à 50, selon le préfet sur place. L’accès aux quartiers était difficile dimanche à cause des tensions ; de plus, des enterrements ont été rapidement effectués rendant le décompte précis des victimes difficile à réaliser.
À Bria, la pression est retombée dans la journée de lundi et les différents acteurs ont pu mener des évaluations. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a ainsi estimé à 11 000 le nombre de déplacés. Un chiffre qui vient s’ajouter aux 50 000 personnes ayant déjà fui de précédentes violences. L’assistance en eau, en vivres et en kits pour abriter ces populations est la priorité assure OCHA qui prépare actuellement sa réponse.
Le préfet a déclaré que des réunions se sont tenues avec les différentes parties et que la situation se normalise peu à peu dans la ville. Les commerces étaient en partie ouverts ce mardi. Mais un suivi est nécessaire affirme-t-il pour assurer la stabilité de la situation.