Centrafrique : au moins 47 morts et 70 blessés après les affrontements à Bangui
Alwihda Info | Par Info Alwihda - 27 Décembre 2019 - 23:28
A Bangui, les affrontements qui ont opposé plusieurs hommes armés depuis le 24 décembre dernier au quartier PK5, ont fait au moins 47 morts et 72 blessés, selon des chiffres provisoires.
Jeudi, la Croix Rouge a donné un bilan d'au moins 35 morts et une cinquantaine de blessés.
Au total, quatre dépôts de marchandises et 14 maisons ont été incendiés, tandis que de nombreux biens ont été détruits.
Les violences ont opposé des commerçants et des groupes d'autodéfenses, suite à un incident qui n'est pas précisément déterminé mais qui aurait entrainé la mort d'une personne. Certaines sources évoquent comme élément déclencheur un braquage ou une extorsion de fonds qui a dégénéré.
Le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra a fait part jeudi de sa stupéfaction suite aux incidents.
"Il s'agit d'un affrontement sanglant entre détenteurs illégaux d'armes, ayant fait des morts et des blessés, jusqu'à l'incendie du marché Mamadou Mbaiki, un des poumons économiques de notre pays", a déclaré le président.
Ce jeudi matin, des flammes se sont déclenchées au marché Mamadou Mbaiki du PK5, se propageant à plusieurs commerces. Les services de secours et de sécurité ont été rapidement dépêchés sur les lieux pour maitriser l'incendie.
Le chef de l'Etat a appelé les habitants de ce secteur et les parties en conflit à "une vive collaboration avec les services de secours et de sécurité, et à entreprendre la voie du dialogue."
Une quarantaine de morts dans des affrontements en Centrafrique : La MINUSCA condamne
28-12-2019 | 0:00
Environ 40 personnes ont été tuées depuis mardi dans des affrontements entre des commerçants et des éléments armés dans la capitale centrafricaine Bangui, indiqué un nouveau bilan jeudi de sources locales.
Environ 40 personnes ont été tuées depuis mardi dans des affrontements entre des commerçants et des éléments armés dans la capitale centrafricaine Bangui, indiqué un nouveau bilan jeudi de sources locales.
Ces heurts ont eu lieu dans l'agglomération dite PK5, un centre commercial de Bangui mais également un foyer des groupes rebelles. D'après des résidents locaux, des éléments armés exigeaient des commerçants des "impôts".
La rixe a conduit à la mort d'un élément rebelle, ce qui s'est très vite transformé en conflit armé depuis mardi. Selon des médias, des détonations d'armes à feu ont été entendues du côté de PK5 pendant toute la durée des combats, qui se sont intensifiés jeudi matin, alors que des rebelles ont incendié les magasins de certains commerçants. Face à ce regain de violences, la mission onusienne de paix en République de Centrafrique (MINUSCA) a condamné jeudi ces dernières tueries. D'après un communiqué publié jeudi soir, la MINUSCA appelle les protagonistes à cesser immédiatement les hostilités et faire preuve de retenue pour éviter une nouvelle escalade des violences.
Les violences se sont poursuivies jusqu'à ce jeudi avant qu'une accalmie relative soit retrouvée grâce à l'intervention des forces de sécurité et de la MINUSCA.
R. I.
Centrafrique : des violences entre commerçants et miliciens font au moins 30 morts à Bangui
Le Monde avec AFP Publié le 26 décembre 2019 à 22h48
Des maisons ont été brûlées et des boutiques pillées dans le quartier PK5, lieu de tensions récurrentes entre commerçants et groupes d’autodéfense depuis 2014.
De nouveaux affrontements meurtriers entre miliciens et commerçants ont coûté la vie à au moins trente personnes à Bangui, mercredi 25 et jeudi 26 décembre. Les violences ont eu lieu à PK5, quartier majoritairement musulman devenu l’une des zones les plus dangereuses de la capitale centrafricaine depuis 2014.
« Trente-trois corps ont été apportés à la mosquée », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Awad Al Karim, imam de la mosquée Ali Babolo, selon lequel les commerçants ont pris les armes pour s’opposer à la taxation imposée par les groupes d’autodéfense qui règnent dans le quartier.
Une source sécuritaire évoque au moins trente morts, sans plus de précision. De son côté, le président de la Croix-Rouge centrafricaine, Antoine Mbaobogo, établit un bilan qui « était de 23 morts à 16 heures et serait désormais de 33 », affirmant qu’il « reste des corps près du marché ». Ni la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), ni les autorités centrafricaines ne contrôlent le PK5, et aucun bilan officiel des affrontements n’était disponible jeudi, la Minusca se contentant d’évoquer « des dizaines de victimes ».
De nombreuses boutiques pillées
La rue principale du PK5, artère économique de Bangui, était désertée par les passants jeudi après-midi. De nombreuses boutiques ont été pillées, a constaté un journaliste de l’AFP. « On en a marre ! A chaque fois, [les miliciens nous] demandent de l’argent », enrage un commerçant, propriétaire de plusieurs boutiques, qui demande à garder l’anonymat.
Comme plusieurs de ses confrères, il monte la garde dans la rue, armé d’une kalachnikov. Des explosions de grenades et des rafales d’armes automatiques étaient encore audibles dans l’après-midi, après avoir retenti dans la capitale centrafricaine dès mercredi soir.
Echec de l’opération « Sukula »
Le PK5 est en proie à des violences sporadiques depuis 2014. C’est dans ce quartier commerçant que s’étaient réfugiés beaucoup de musulmans de Bangui après les affrontements entre rebelles de la Séléka et groupes anti-balaka qui ont ravagé la capitale après la chute du président François Bozizé en 2013. Depuis, les ruelles du PK5 sont tenues par une myriade de groupes autoproclamés d’autodéfense constitués depuis six ans.
En avril 2018, la Minusca avait lancé l’opération « Sukula » (« nettoyage » en sango, la langue nationale) pour arrêter un chef de milice. Cette opération répondait à un appel lancé par l’association des commerçants du PK5 qui avait fixé un ultimatum à la Minusca pour qu’elle démantèle ces groupes armés, accusés de violences, d’exactions et d’extorsions de fonds. L’opération s’était soldée par un échec, avec une trentaine de morts et une centaine de blessés.
Centrafrique : trois rebelles tués dans de nouvelles violences dans la capitale
Par : LIANG Chen | French.china.org.cn | Mis à jour le 29-12-2019
Un chef d'un groupe armé et deux de ses lieutenants ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi par des commerçants lors de nouvelles violences survenues dans le quartier PK5 de la capitale centrafricaine, Bangui, a-t-on appris samedi de sources locales.
L'accalmie enregistrée depuis jeudi dernier grâce à l'intervention des casques bleus et des gendarmes centrafricains n'a pas permis le redémarrage des activités au PK5, connu comme le poumon commercial de Bangui.
Ce dernier est désormais divisé en deux : la vie a timidement repris dans la partie nord, alors que la partie sud demeure complètement paralysée par les combats, avec des tirs sporadiques d'armes légères encore audibles.
Depuis ces derniers temps, des rebelles stationnés dans le PK5 exigeaient des commerçants des "impôts" sur la vente des jouets de Noël. Une rixe s'est soldée par la mort d'un élément rebelle, se transformant très vite en conflit armé depuis mardi dernier, la veille de Noël.
D'après un bilan non officiel établi par des témoins, ces combats ont coûté la vie à une quarantaine de personnes entre mardi et jeudi. Des dizaines d'autres ont également été blessées et une vingtaine de boutiques et d'habitation incendiées.
Une base opérationnelle temporaire des casques bleus sera bientôt déployée dans la zone, a annoncé jeudi la mission onusienne de maintien de la paix en Centrafrique (MINUSCA).
Source: Agence de presse Xinhua