Centrafrique : Le DG des mines et un frère du président de la République épinglés par le rapport d’enquête parlementaire
BANGUI, 25 juillet 2019 (RJDH)---Le Directeur général des mines et Bienvenu Yagbanga, présenté comme un des frères du président de la République, seraient aussi impliqués dans le circuit de pot de vin dans l’affaire dite des chinois. C’est une information RJDH confirmée par plusieurs sources indépendantes.
Le rapport parlementaire parle de 90 millions perçus par le Directeur Général des Mines et Bienvenu Yagbanga, le frère du chef de l’Etat. Selon une source proche de la commission d’enquête parlementaire, les responsables des entreprises chinoises, ont confirmé avoir remis 90 millions de Fcfa au Directeur Général des mines et au frère du chef de l’Etat.
Auditionné par la commission d’enquête parlementaire, le Directeur Général des mines a nié les faits, « nous l’avons entendu au niveau de la commission après avoir reçu les responsables des sociétés chinoises. Devant nous, le Directeur Général a refusé avoir perçu de l’argent de la part de ces Chinois, ce qui ne nous a pas convaincus vu les preuves accablantes que nous avions eues », confie une source proche du dossier que le RJDH a pu rencontrer.
La rédaction du RJDH a tenté en vain d’entrer en contact avec les deux personnalités mises en cause dans cette affaire de pot de vin sur laquelle le nom du député Jean Michel Mandaba a déjà été cité. Sur ce dossier, un premier rapport du parlement centrafricain avait, entre temps déjà évoqué une chaine de corruption tenue par des personnalités qui seraient au gouvernement et à l’Assemblée Nationale
Selon des informations RJDH, le nom du président de l’Assemblée Nationale a aussi été cité dans l’affaire. L’honorable Ngon Baba, de sources bien informées, a été auditionné par les membres de la commission d’enquête parlementaire sur sa probable implication. Léopold Mboli Fatran, ministre des mines, un des protégés de Touadera, cité dans le dossier, n’a pas cependant pu être entendu par la commission.
A l’Assemblée Nationale, l’honorable Jean Michel Mandaba mis en cause, a reconnu les faits lors de la concertation des députés le samedi 20 juillet dernier. Dans les couloirs du parlement, des voix s’élèvent déjà pour réclamer la traduction de cet élu devant la justice pour donner l’exemple. Difficile de dire si oui ou non, cette ligne sera suivie. La délibération de l’Assemblée Nationale est renvoyée à la session d’octobre dite session budgétaire. Le temps pourrait faire son travail et le dossier classé vu que dans l’affaire les noms de nombreuses personnalités proches du pouvoir sont cités.
Sylvestre Sokambi
Centrafrique : Bangassou évalue ses capacités de riposte contre le virus Ebola
BANGUI, 25 juillet 2019 (RJDH) --- La coordination de surveillance et de riposte contre la maladie à virus Ebola de la ville de Bangassou a tenu, ce mercredi 24 juillet, une réunion de prévention en raison de l’épidémie qui sévit au Congo Démocratique. La ville de Bangassou est frontalière avec la province Congolaise de Ndou où des échanges commerciaux entre les deux villes sont intenses.
La menace de maladie à virus Ebola au Congo Démocratique risque de s’étendre à ces voisins. Mais le défi de prévention et de riposte en cas d’attaque de la maladie à virus Ebola s’annonce rude pour la Centrafrique car, la frontière séparant la République Centrafricaine et la République Démocratique du Congo s’étale sur une distance de 1577 km de frontière entre les deux pays.
C’est dans cette optique que la coordination de surveillance et de riposte de la préfecture de M’bomou à Bangassou, s’était réunie pour élaborer un plan de contingence en raison de sa proximité avec la ville congolaise de Ndou, ce mercredi 24 juillet, dans la salle de conférence du bureau de l’Organisation de Mondiale de la Santé (OMS) de la ville. Cette réunion de haut niveau a pour but de présenter les difficultés et les stratégies de surveillance pour la circonstance dans la région de Mbomou.
Alain Serge Nguiarra, représentant du préfet de Mbomou, déplore le manque de moyens logistiques pouvant permettre de renforcer les mécanismes de surveillance et de prévention au niveau frontalier ou local contre la maladie à virus Ebola dans cette partie du pays,« Le résultat des activités menées au cours de 6 mois, montre que la région sanitaire de Bangassou n’est pas prête à faire face à ce fléau à cause des quelques difficultés rencontrées, tel que le manque d’une ambulance spéciale pour Ebola, la réunion transfrontalière qui ne s’était pas tenue, la formation de 290 personnes chargées de lutter contre cette pandémie, la mise en place de 8 autres sites de surveillances ainsi que, l’implication du district sanitaire de Ouango qui tarde à venir», a-t-il souligné au RJDH sur un ton dubitatif.
Saint Cyr, Médecin au bureau de l’OMS, s’est appesantie sur les besoins pour la préfecture de M’bomou à pouvoir faire face à cette fièvre hémorragique, « Jusque-là, il nous faut encore former 291 agents de santé, rendre opérationnelle les points d’entrées qui sont au nombre de 9 dans la région, et mettre en place une stratégie de surveillance automatique avec des moyens logistiques qualifiés» a-t-il indiqué au RJDH.
L’UNICEF exprime sa crainte réelle de voir la maladie s’exporter au-delà des frontières congolaises. « C’est une urgence. Il existe un risque très réel que l’épidémie d’Ebola se propage aux pays voisins, et la communauté internationale devrait donc s’unir d’urgence pour s’assurer que cela n’arrive pas. Cela signifie qu’il faut reconnaitre les investissements pour que les partenaires disposent des ressources dont ils ont besoin pour traiter chaque cas et retrouver chaque contact. Ebola est impitoyable, nous devons donc l’être nous-aussi et mettre un terme à sa propagation. Les enfants et les familles de la région ne méritent rien de moins », a tweeté Henriette H.Fore, Directrice de l’UNICEF le mercredi 17 juillet dernier.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré la 10e épidémie de la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo, une urgence de santé publique de portée internationale, le mercredi 17 juillet dernier.
Victor Komasse
Centrafrique : La MINUSCA annonce la mise en place des comités locaux pour encadrer le recrutement des jeunes dans les FSI
BANGUI, 25 juillet 2019 (RJDH)--- Les autorités Centrafricaines et la MINUSCA entendent mettre en place des comités locaux dans les villes où le recrutement des jeunes dans la FSI se déroule. Dispositions prises pour empêcher toute tentative de tripatouillage et des fraudes enregistrés lors des précédents recrutements dans les Forces de défense et Sécurité (FDS). Annonce faite par le porte- parole de la police de la MINUSCA, le Capitaine Léo Franck Gnapié lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Bangui.
Lancé officiellement le 1er juillet dernier, le processus du recrutement des 1000 jeunes centrafricains soit 500 pour la police et 500 pour la gendarmerie n’a pas suscité un intérêt particulier chez les jeunes. Les raisons ! Le tripatouillage et le truquage enregistré lors des précédentes opérations, c’est qui a découragé aujourd’hui cette frange de la population à s’engager pour le recrutement.
Une situation que la MINUSCA a reconnue et a annoncé que des comités locaux composés des agents de la mission onusienne et du gouvernement ont été mis en place après une réunion d’évaluation. Ces comités locaux auront pour missions d’assurer la transparence et pour veiller à ce que le processus soit inclusif. « Recruter des jeunes hommes et femmes représentatifs de la Centrafrique dans toute sa diversité géographique, ethnique et confessionnelle », selon le porte-parole de la police onusienne, qui encourage les candidatures féminines.
Léo Franck Gnapié, espère que les bonnes pratiques qui avaient eu lieu lors du précédent concours soient reconduits dans celui- ci, « nous ferons en sorte qu’il y ait la représentativité c’est-à-dire élargie. Ce concours sur toute l’étendue du territoire national avec la participation des femmes et nous avons mis accent sur la question de l’intégrité et nous y tenant énormément et le gouvernement Centrafricain y tient également ».
Il revient sur les dispositifs mis en place en vue de remédier aux difficultés des candidats à s’approprier des pièces administratives qui freinent d’autre part l’engouement de ce recrutement.
« Cette première étape concerne les point focaux en charge de collecter les dossiers des candidats qui ont suivi une formation dans le domaine et donc parmi les difficultés que nous avons cité concernant les actes de naissances, il y a des questions qui ont été répondues immédiatement et d’autres émanent des autorités de ce pays et cette réponse ont été apportées. Des instructions ont été données aux différents comités de faire en sorte qu’on puisse délivrer le plus vite possible les pièces administratives pour permettre aux candidats de s’inscrire », a conclu le porte-parole de la police de la MINUSCA.
Lancé le 1er Juillet 2019, le dépôt de la candidature pour le recrutement dans les FSI prendra fin le 31 juillet 2019. Mais depuis le lancement des opérations, il y a une faible mobilisation des prétendants candidats qui ne croient plus à la transparence dans le recrutement dont les précédents sont entachés d’irrégularités.
Ketsia Kolissio