Lu pour vous
Son Eminence Dieudonné Cardinal NZPALAINGA et Monseigneur Richard APPORA sont écœurés de la situation dans laquelle se trouvent les Centrafricains de Bria, Amdafoc Ouadda, Ouadda Djalé et Birao qui sont abandonnés par le gouvernement et livrés à la loi des tortionnaires alors que les gens se bousculent pour des postes à Bangui.
Au moment où le gouvernement et les seigneurs de guerre se torturent pour se partager les postes afin de se remplir la panse, la situation sociale et sécuritaire des Centrafricains se dégrade notamment celle de Bria, Amdafoc, Ouadda, Ouadda Djalé et Birao.
Ces prélats étaient face aux journalistes ce vendredi 08 mars 2019 à l’archevêché de Bangui pour porter le message de la population de ces régions ainsi que de présenter ce qu’ils ont vécu durant ce long voyage par la voie routière.
Dans ses propos liminaires, le Cardinal Dieudonné NZAPALAINGA, archevêque de Bangui n’est pas passé par un chemin pour avouer que le gouvernement a abandonné ces régions depuis fort longtemps avec le constat amère de l’état dégradant des routes qu’il assimile à une piste des bœufs et sur ce, il invite le Président de la République, le Premier Ministre et tous les autres ministres de se rendre dans cette partie de la République par la voie routière pour palper du doigt et vivre en direct les réalités et cela leur permettra de changer leur stratégie dès le retour.
Durant ce voyage du 20 février au 05 mars de cette année, le Cardinal et sa suite ont eu à converser directement avec toute la population ainsi que les groupes armés. Il souligne qu’il n’y a pas une question de religion et autre discordance dans ces villes. « Des musulmans, et les chrétiens des autres églises étaient présents durant la messe que nous avons célébré» précise-t-il.
Il n’a pas aussi manqué de soulever la question de l’éducation dont l’année scolaire n’est résumée qu’à quatre mois de cours et avec les maîtres parents qui n’ont même pas le niveau d’étude requis. « Quel sera l’avenir de ce pays d’ici quelques années» se pose-t-il la question. Et aussi, la question de la santé vient s’ajouter. Il souligne qu’il y a une sage-femme qui, par quel miracle, arrive à faire des interventions chirurgicales en cas des césariennes et autres par manque de médecin. Ce qui dépasse son entendement. Et aussi le dévouement des enfants à apprendre en dépit des enseignants qualifiés.
L’aspect positif qui a marqué cette délégation c’est l’enthousiasme et l’hospitalité qui se dégagent de ces populations qui n’ont pas perdu espoir malgré ces difficultés.
A en croire le prélat, une bonne partie des provisions et produits de première nécessité ne proviennent que du Soudan.
Pour Monseigneur Richard APPORA, Evêque de Bambari, l’Etat doit se rendre à l’évidence face à cette situation avant de préciser que tout ne doit pas aussi venir que de l’Etat car il y a également les ressortissants de ces régions qui peuvent secourir leurs frères qui sont en détresse.
Il a aussi par ailleurs remercié certains contingents de la MINUSCA qui les ont aidés à surmonter certaines difficultés.
Signalons qu’un film de ce voyage qui dure 7 minutes et 52 secondes avait été projeté afin de permettre aux journalistes vivre ces réalités.
Sur la situation de la violation de l’accord de Khartoum, les prélats appellent les deux parties à suivre le chemin de la résolution pacifique des différends tout en précisant qu’il faut naturellement des gens capables pour être ministre car le ministre c’est celui qui sert et non qui se sert.
Bienvenu Doumta (La Fraternité)