Centrafrique: Regroupement signalé des Ex-Séléka à Kabo
PAR JAPHET BEOROFEI LE 24 OCTOBRE 2018
BANGUI, 25 octobre 2018 (RJDH)—Un rassemblement des ex-Séléka est signalé à Kabo, une ville du nord de la République Centrafricaine. Une information confirmée au RJDH par plusieurs sources indépendantes.
Ce regroupement est signalé depuis la semaine dernière. De sources locales, de nombreux éléments armés sont entrés dans la ville à partir du Tchad voisin, « ils entrent dans la ville depuis la semaine dernière. Tous ces ex-Séléka sont bien armés et ils viennent pour l’essentiel du Tchad voisin », explique une autorité locale qui, par mesure de sécurité a préféré l’anonymat.
Des habitants du Pk 7, axe Kaga-Bandoro-Kabo et ceux de Behili à 45km de Kabo, axe Kabo-Moïssala, affirment être chassés de leurs villages par ces hommes armés. Une information pour l’instant difficile à vérifier.
Le rassemblement des ex-Séléka est signalé dans plusieurs autres villes depuis que les forces de défense de la RCA se déploient sur le terrain. Ces rassemblements de rebelles, sont considérés par des observateurs comme des retraits à intension malsaine, « ils se regroupent certainement pour des fins diaboliques comme ils en ont l’habitude », nous fait savoir un cadre militaire très branché sur le processus de sécurisation amorcé par le gouvernement.
Les autorités centrafricaines et la Minusca contactées par le RJDH n’ont pas souhaité réagir à cela pour, ne serait que, confirmer ou infirmer cette information.
La ville de Kabo, située à 61 km de la frontière Centrafricano-Tchadienne, est le fief du MPC, une des quatre branches de la Séléka dirigée par Alkhatime. C’est aussi dans cette ville que trois leaders de l’ex Séléka (Alkhatime de MPC, Ali Daras de l’UPC et Abdoulaye Hissene du FPRC) se sont retrouvés, il y a quelques mois pour réunifier leur chaîne de commandement.
Le regroupement des ex-Séléka à Kabo est signalé quelques jours après l’annonce du retrait des mouvements UPC, MPC et FPRC de l’initiative de Khartoum portée par la Russie.
Centrafrique : 80% des femmes hospitalisées à Sibut, sont des victimes des Violences Basées sur le Genre
PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 24 OCTOBRE 2018
BANGUI, 24 Octobre 2018 (RJDH) —De nombreux cas d’hospitalisation de femmes et filles à l’hôpital préfectoral de Sibut (centre du pays), sont dus aux violences basées sur le genre. Le médecin chef Docteur Franco Banawane, contacté par le RJDH parle d’un problème majeur qui mine la localité.
Elles sont toutes allongées sur des lits à l’hôpital de Sibut. Certaines ont des bras, des mâchoires, des jambes, des dents et/ou des coté cassés, d’autres portent de graves blessures sur le corps. Elles, ce sont des femmes et filles de Sibut admises à l’hôpital de suites des violences conjugales ou parentales. Le médecin chef de l’hôpital préfectoral, interrogé par le RJDH parle de 80% de femmes hospitalisées suite aux violences basées sur le genre.
Ce chiffre est avancé par le médecin chef de Sibut après une étude réalisée sur les six premiers mois de l’année 2018, « nous avons après constat, fait une étude rétrospective des six derniers mois et là, nous nous sommes rendus compte de l’ampleur que sont en train de prendre les violences basées sur le genre. Les 80% d’hospitalisation de femmes et filles sont certes liées aux violences faites aux femmes mais vous savez, il y a plusieurs victimes qui ne viennent pas à l’hôpital et elles souffrent dans le silence, ce qui signifie que le phénomène est en train d’être le problème majeur de la localité », explique Docteur Franco Banawane.
En réaction, le ministère des Affaires Sociales , de la promotion de la femme et de la protection de l’enfance, a décidé de lancer cette année à Sibut les 16 jours d’activisme, « les cas des violences à l’égard des femmes sont légion à Sibut, c’est pourquoi Madame le ministre a décidé que nous puissions tous nous rendre dans cette ville pour lancer les 16 jours d’activisme afin d’attirer l’attention de l’opinion sur ce qui peut déstabiliser cette belle ville », a confié au RJDH, un cadre de ce département. De sources autorisées, la ministre des Affaires Sociales a été obligée de se rendre à Sibut la semaine dernière pour rendre visite à une fille dont les quatre doigts ont été coupés par un de ses parents. C’est lors de cette visite que le membre du gouvernement a été alerté sur la montée en puissance dans cette ville des violences faites aux femmes.
Les violences basées sur le genre sont qualifiées en Centrafrique de crime et elles sont pénalement punies par la loi. Depuis quatre années, le gouvernement met l’accent sur la lutte contre ces violences et profite des 16 jours d’activisme, lancés chaque année le 25 novembre (journée internationale de l’élimination des violences à l’égard des femmes) pour sensibiliser afin de prévenir ces violences. Partant du thème mondial de cette année « oranger le monde : écoutez moi aussi », le gouvernement centrafricain a dégagé comme thème national, « tolérance zéro à l’égard des violences basées sur le genre » comme pour mettre un point d’honneur sur la répression dans la lutte contre ce fléau.