Mise à jour 23.10.2018 à 21:00
Près de 400 personnes ont manifesté mardi à Bangui, en Centrafrique, contre une pétition de députés réclamant la destitution du président de l'Assemblée nationale, Karim Meckassoua, pour manquements à sa charge, a constaté l'AFP.
"Meckassoua doit rester!", scandaient les manifestants, dont de nombreux habitants du PK5, le quartier abritant la majorité des musulmans de Bangui.
Ils ont marché mardi matin du PK5 jusqu'au quartier général de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca, 13.000 Casques bleus).
Mercredi, une pétition réclamant la destitution du président de l'Assemblée nationale avait été signée par 95 députés sur 140. M. Meckassoua est le député du troisième arrondissement de Bangui, qui comprend le PK5.
Selon le règlement de l'Assemblée, après réception de la pétition, un vote doit avoir lieu et recueillir au moins les 2/3 des voix des députés, soit 93, pour que M. Meckassoua soit destitué. Ce scrutin à bulletins secrets devrait avoir lieu vendredi, selon des sources concordantes.
Le président de la République Faustin-Archange Touadéra étant chrétien et M. Meckassoua musulman, l'élection de ce dernier à la tête de l'Assemblée en 2016 était apparue comme un symbole de réconciliation après le déferlement de haine entre rebelles de la coalition Séléka à dominante musulmane et antiBalaka prétendant défendre les chrétiens.
Mais dans ce pays où l'influence politique reste en partie communautaire, les relations entre les deux hommes n'ont jamais été bonnes. En 2017, des rumeurs de coups d'Etat avaient circulé, des proches de M. Touadéra n'hésitant pas à accuser publiquement M. Meckassoua.
En mars, un proche du président Touadéra avait été élu vice-président du Parlement: une volonté, selon les observateurs à l'époque, de saper l'autorité de M. Meckassoua.
La pétition et la tentative de destituer M. Meckassoua pourraient de nouveau être pilotée par la présidence centrafricaine, qui souhaiterait placer un de ses fidèles à la tête de l'Assemblée, estiment plusieurs députés interrogés par l'AFP.
Mathurin Dimbélet Makoé, 2e vice-président de l'Assemblée, a accusé vendredi devant la presse M. Meckassoua d'avoir "confisqué des dossiers essentiels pour les députés" et a évoqué une "opacité dans la gestion des finances" de l'Assemblée.
Le 1er octobre, lors de la rentrée parlementaire, Karim Meckassoua avait fustigé les tentatives en cours pour le destituer: "Ce serait un coup de force, une tentative de déstabilisation d'une institution majeure, et une violation de la Constitution".
"Je ne me laisserai pas conduire à l'autel de l'agneau sacrificiel sans me battre", avait-il affirmé.
© 2018 AFP
RCA : Marche à Bangui des proches de Meckassoua contre la procédure de sa destitution
https://www.radiondekeluka.org/ mardi 23 octobre 2018 12:11
Une foule de personnes proches du président de l'Assemblée Nationale, Abdou Karim Meckassoua, a marché ce mardi 23 octobre pour dire non à sa destitution du perchoir. Les manifestants ont remis un mémorandum au Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en République Centrafricaine.
Les pro-Meckassoua, plus d'une centaine et en majorité des jeunes, sont partis du rond point Koudoukou dans le 3ème arrondissement pour chuter au QG de la Minusca dans le 2ème arrondissement. Ils ont dénoncé "un coup d'état parlementaire", si la destitution du président de l'Assemblée Nationale, Abdou Karim Meckassoua, se concrétisait.
Tirant la sonnette d'alarme, Patrick Kossangué, coordonateur du mouvement Chemin de l'Espérance du président Meckassoua, voit une manipulation dans cette motion de destitution. "On est en train de monnayer, de manipuler pour prendre ce qui n'est pas clair et mettre à la place de ce qui ressort du Règlement Intérieur de l'Assemblée Nationale. Dans ce pays, c'est la population qui en souffre", a-t-il fait savoir.
Dans le mémorandum qu'ils ont remis au chef de la Minusca, Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, Parfait Onanga Anyanga, les mécontents ont clairement affiché leur volonté contre cette destitution.
"Nous nous opposons à cette machination qui menace notre démocratie et notre vivre ensemble encore fragile", a indiqué le document de deux pages. A travers leur document de contestation, les manifestants ont interpellé le Président Faustin Archange Touadéra, garant de toutes les institutions républicaines "de mettre un terme aux agitations des fossoyeurs de la démocratie".
Ces pro-Meckassoua ont estimé que cette procédure de destitution n'est nullement une réponse "pour résoudre les vrais problèmes urgents du pays". Ils ont mis en exergue "l'insécurité, l'absence de libre circulation, d'infrastructures scolaires, sanitaires et sociales; le chômage en particulier des femmes et des jeunes".
La procédure de destitution du président de l’Assemblée Nationale est désormais acté. La motion de déchéance a été déposée le 17 octobre dernier à son cabinet à Bangui. 95 députés sur 140 ont signé la pétition. Les élus de la nation reprochent au chef du législatif le manquement à son devoir dans la gestion du parlement. Le sort du président Abdou Karim Meckassoua sera connu vendredi 26 octobre à l'issue de la plénière des députés.