http://www.adiac-congo.com Mercredi 24 Octobre 2018 - 12:59
A trois semaines du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies dans le pays (Minusca), de vives tensions ont opposé, le 23 octobre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, les pays qui soutiennent la primauté de l’Initiative africaine de paix et ceux favorables à la médiation russe.
« Il est fondamental d’éviter les initiatives parallèles sources de confusion et de veiller à la bonne coordination de tous les partenaires de la RCA, en soutien de l’initiative africaine. C’est une condition du succès », a insisté l’ambassadeur français, François Delattre. « Il faut travailler collectivement à une solution politique en Centrafrique et œuvrer de bonne foi », a, quant à lui, déclaré le représentant adjoint américain.
Les débats ont achoppé sur le sujet, poussant les Européens à réaffirmer leur position, selon laquelle, la Russie ne devrait pas étendre son influence en Centrafrique. Pour ce faire, ils ont plaidé pour le renforcement des structures de l’Etat et la primauté de l’Initiative africaine de paix. « La Russie doit pouvoir y participer pour éviter que le dialogue qu’elle a déjà engagé avec les groupes armés ne court-circuitent les efforts déjà entrepris », a défendu l’International Crisis Group.
En septembre dernier, lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait déjà averti que son pays ne souhaite « aucune alternative » à l’initiative de paix menée par l’Union africaine à Bangui. Le chef de la diplomatie française avait lancé cette mise en garde d’autant que Moscou tente depuis quelque temps d’initier un processus concurrent avec celui de l’organisation continentale.
« Il n’y a aucune alternative ni souhaitable ni susceptible de réussir (…). L’initiative de paix portée par l’Union africaine pose le seul cadre crédible et approuvé par l’ensemble de la communauté internationale à une sortie de crise durable (…). Celle-ci passe par le désarmement des groupes armés et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire », avait déclaré Jean-Yves Le Drian.
D’après des sources concordantes, la Russie est de plus en plus présente diplomatiquement et militairement, ainsi que « par mercenaires interposés » en Centrafrique. A ce jour, plus personne n’ignore qu’outre l’appui à l’armée, Moscou s’est ingéré dans la complexe médiation avec les groupes armés qui contrôlent la majorité du territoire, organisant, fin août, une rencontre à Khartoum, au Soudan, entre différents groupes en parallèle de la médiation officielle menée par l’organisation panafricaine. Pourtant, les dirigeants du pays ont déclaré soutenir la médiation de l’Union africaine qui tente, depuis juillet 2017, de faire asseoir autour de la table de négociations les groupes armés et les autorités gouvernementales.
Les mêmes sources sus-évoquées relèvent que cinq officiers militaires et cent soixante-dix instructeurs civils russes étaient arrivés à Bangui, où ils ont aidé au redéploiement de soldats centrafricains hors de la capitale. Loin de s’arrêter là, la Russie a livré des armes à l’armée nationale après avoir obtenu une exemption à l’embargo des Nations unies, précise-t-on.
Notons que la situation sécuritaire reste très fragile en Centrafrique en raison des violences perpétrées par des groupes armés rivaux.
Nestor N'Gampoula
RCA: à l’ONU, dissensions toujours vives sur le rôle joué par la Russie
Par RFI Publié le 24-10-2018 Modifié le 24-10-2018 à 01:15
Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mardi 23 octobre sur la situation en Centrafrique. A trois semaines du renouvellement du mandat de la Minusca qui ne devrait pas évoluer en terme numérique mais se recentrer sur l’aide à la stabilisation politique, les diplomates ont fait part des progrès réalisés. La situation sécuritaire reste cependant très fragile en raison des violences perpétrées par les groupes armés. Mais les discussions ont aussi exposé les dissensions toujours aussi vives sur le rôle joué par la Russie auprès du gouvernement Touadéra.
Les formules sont restées très diplomatiques. « Il faut travailler collectivement à une solution politique en Centrafrique et oeuvrer de bonne foi », a insisté le représentant adjoint américain. Seul l’ambassadeur français François Delattre s’est fait plus explicite. « Il est fondamental d’éviter les initiatives parallèles sources de confusion, et de veiller à la bonne coordination de tous les partenaires de la RCA, en soutien de l’initiative africaine. C’est une condition du succès », a-t-il dit.
Pour le succès de l’Initiative africaine en #RCA 
• éviter les initiatives parallèles
• engager l’Union africaine & tous les Etats de la région
• associer autres segments de la société centrafricaine, notamment les femmes
Message reçu 5/5 par l’ambassadeur russe qui a dénoncé « la jalousie » que susciterait, selon lui, l’assistance technico-militaire apportée par Moscou depuis un peu moins d’un an. Son pays poursuivra ses activités qui contribuent à la stabilisation de la situation. Plus de 1 000 soldats centrafricains auraient déjà été formés par Moscou. Cette formation continuera a-t-il assuré.
Pas question pour autant de laisser la Russie étendre son influence. Les Européens ont donc insisté sur le renforcement des structures de l’Etat et sur la primauté de l’Initiative africaine de paix. La Russie doit pouvoir y participer plaide l’International Crisis Group pour éviter que le dialogue qu’elle a déjà engagé avec les groupes armés ne court-circuitent les efforts déjà entrepris.
will continue to support the Central African authorities in reforming the national security sector, including in building up #military strength of their armed forces. Russian instructors have achieved significant results in training more than 1000 #CAR military personnel.