5 novembre 2017
Bangui / Genève (CICR) – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est choqué et attristé par le meurtre d’un de ses collaborateurs en République centrafricaine. Youssouf Atteipe, chauffeur pour l’institution, a été tué samedi alors qu’il acheminait des secours vitaux aux victimes du conflit armé faisant rage dans le pays.
Youssouf a été tué par balle quand des assaillants non identifiés ont attaqué un convoi du CICR composé d’un camion et d’un quatre-quatre, semble-t-il pour le piller. L’incident a eu lieu à l’est de Kaga Bandoro, dans le centre-nord du pays. Youssouf circulait dans un véhicule arborant clairement l’emblème de la croix rouge.
« Nous sommes consternés et bouleversés par le meurtre de notre collègue Youssouf, qui illustre à nouveau un manque flagrant de respect pour la vie humaine », déplore Jean-François Sangsue, chef de la délégation du CICR à Bangui. « Le fait que cette attaque ait eu lieu alors que notre collègue convoyait des articles d’assistance destinés aux victimes du conflit en République centrafricaine rend cet acte encore plus tragique et inacceptable. »
Youssouf avait rejoint le CICR en février 2013. Il était marié et père de sept enfants.
Les violences en République centrafricaine s’intensifient depuis un an et font de nombreuses victimes parmi la population civile. Le CICR appelle toutes les parties au conflit à respecter les civils et à veiller à ce que les travailleurs humanitaires puissent accomplir leur mission. Le CICR a lancé cette année une campagne publique pour rappeler à chacun que ses collaborateurs sont des travailleurs humanitaires dont le seul but est d’alléger les souffrances des victimes de la guerre.
Nous répétons aujourd’hui le message de cette campagne : nous ne sommes #PasUneCible.
Sylvie Pellet, CICR Bangui, tél. : +236 75 64 3007/72 66 8881
Matt Clancy, attaché de presse du CICR de permanence, tél. : +41 79 574 1554
Un humanitaire tué dans le nord de la Centrafrique
Un travailleur humanitaire centrafricain a été tué samedi dans des circonstances indéterminées à l'est de Kaga Bandoro, dans le nord de la Centrafrique, a annoncé dimanche le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
"Nous sommes consternés et bouleversés par le meurtre de notre collègue Youssouf, qui illustre à nouveau un manque flagrant de respect pour la vie humaine", a dit Jean-François Sangsue, chef du CICR à Bangui, dans un communiqué.
"Le fait que cette attaque ait eu lieu alors que notre collègue convoyait des articles d'assistance destinés aux victimes du conflit en République centrafricaine rend cet acte encore plus tragique et inacceptable", ajoute-t-il, indiquant que l'humanitaire était chauffeur, père de sept enfants et travaillait pour le CICR depuis 2013.
Selon des sources de l'ONU, des combats dans la zone auraient opposé des combattants antibalaka (antimachette), milices autoproclamées d'"autodéfense", à deux factions de l'ancienne coalition de la Séléka, le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et le Front pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC).
Le CICR martèle, comme d'autres ONG le font régulièrement en Centrafrique, que les humanitaires ne sont "pas une cible" et demande à "toutes les parties au conflit (de) respecter les civils et à veiller à ce que les travailleurs humanitaires puissent accomplir leur mission".
"Cet acte de violence est intolérable en ce qu'il prive également des milliers de personnes dans le besoin d'une assistance vitale", a déclaré dans un autre communiqué la coordonnatrice humanitaire en Centrafrique, Najat Rochdi.
Depuis le début de l'année, 13 membres d'ONG ont perdu la vie en Centrafrique, faisant du pays le plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires.
La Centrafrique peine à sortir du conflit qui a commencé en 2013 avec le renversement du président François Bozizé par l'ex-rébellion de la Séléka, entraînant une contre-offensive des milices antibalaka.
L'intervention armée de la France (2013-2016) et de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca depuis 2014, quelque 12.500 hommes dont 10.000 Casques bleus) a réduit considérablement les violences, qui ont repris en intensité depuis le départ de la force française Sangaris.
Des groupes armés s'affrontent désormais pour le contrôle des richesses (diamants, or, bétail,) dans ce pays de 4,5 millions d'habitants, l'un des plus pauvres au monde.
Avec AFP