http://www.france24.com 26/11/2017
Des manifestants ont incendié deux véhicules de l'ONU vendredi à Bangui, l'accusant à tort d'être à l’origine de la mort d'un étudiant. L’incident illustre le fort sentiment de défiance des Centrafricains à l’égard des Nations unies.
Plusieurs dizaines de jeunes Centrafricains sont descendus dans les rues de la capitale Bangui, vendredi 24 novembre, après la mort d’un étudiant, renversé au matin par un véhicule. Les manifestants, qui incriminaient la mission de l’ONU dans le pays (Minusca), ont incendié deux de ses véhicules.
"Un véhicule des Nations unies qui passait sur les lieux a été pris à partie par une foule en colère et a été incendié, mettant en danger la vie des passagers qui ont été sauvés de justesse. Un véhicule des sapeurs-pompiers envoyé sur place par la Minusca a également été attaqué et endommagé par la foule, qui a aussi blessé un sapeur-pompier", annonce l’ONU dans un communiqué, déplorant des attaques "injustes" à son égard.
La #MINUSCA est en contact permanent avec les autorités centrafricaines et travaille avec la Police et la Gendarmerie #RCA afin de ramener le calme dans la capitale #CARcrisis
MINUSCA (@UN_CAR) 24 novembre 2017
Le ministre de la Communication et des Médias, Ange Maxime Kazagui, a réagi peu après les évènements pour préciser que le véhicule ayant heurté l’étudiant était conduit par un membre des Forces armées centrafricaines (Faca) et n’appartenait pas à la flotte de l’ONU. Il s’agirait d’une ancienne voiture de l’Unicef, léguée récemment au ministère de la Défense.
"Tout ce qu’il se passe en Centrafrique, dans l’arrière-pays, la Minusca ne fait rien contre. Ils ne font que se pavaner dans Bangui au lieu de se rendre dans les provinces", lance un jeune étudiant en colère au micro de TV5 Monde.
Tension palpable dans la ville
Présente à Bangui au moment des faits, la journaliste de France 24 Brenna Daldorph rapporte une omniprésence inhabituelle de casques bleus et une forte tension dans la capitale, pourtant présentée depuis plus d’un an comme seul "havre de paix" d’un pays ravagé et contrôlé à 80 % par des groupes armés rivaux. Les dernières violences dans la ville remontent au 11 novembre, quand une attaque à la grenade dans un café a fait quatre morts, un incident suivi par des représailles qui ont fait trois victimes supplémentaires. L’évènement était une première depuis plus d’un an.
Vis-à-vis de l'ONU, un premier incident avait déjà éclaté le 18 novembre après qu’une femme est morte dans un accident de moto devant l’ambassade de France. Les passagers d'un véhicule de l’ONU qui passait sur les lieux avaient alors été, là aussi, pris à partie.
"Bangui est une ville de rumeurs, et il y a ici une grande frustration à l’égard de l’ONU", pointe Brenna Daldorph. "À chaque fois qu’un renouvellement du mandat de la Minusca est prévu, il y a des violences."
Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté le 15 novembre le renouvellement d’un an du mandat de la mission, composée de 12 500 militaires et policiers. Après plus de trois ans d'activités, troublées par les accusations de violences sexuelles de la part de casques bleus, la Minusca peine toujours à convaincre de son efficacité. En octobre 2016, quatre civils avaient été tués à Bangui lors d’une journée ville morte pour demander le retrait des forces onusiennes.
RCA: un casque bleu égyptien tué dans une embuscade
Par RFI Publié le 27-11-2017 Modifié le 27-11-2017 à 01:18
Le casque bleu égyptien tué dans une embuscade dans le sud de la RCA ce dimanche 26 novembre faisait partie d'un convoi parti de Bangassou et attaqué par des anti-balaka à quelques kilomètres de sa destination, la ville de Pombolo, théâtre d'un massacre le mois dernier. C'est le treizième casque bleu tué depuis le début de l'année en Centrafrique.
Dimanche matin, un convoi logistique de la Minusca part de Bangassou pour la localité de Pombolo à une centaine de kilomètres de là, pour y renforcer la base temporaire que la force onusienne a installée sur place.
Vers 10h, après plus de 80 km parcourus sur cette piste qui traverse la jungle, aux alentours de la ville de Gambo, le convoi tombe dans une embuscade. Un casque bleu égyptien est tué. Trois autres soldats sont blessés.
En se défendant, les casques bleus ont « neutralisé 5 assaillants » et mis les autres en déroute selon la Minusca qui accuse « des éléments armés affiliés à la mouvance anti-balaka ».
Depuis la prise de Bangassou par des milices anti-balaka il y a six mois, cette route du sud, piste qui longe la frontière avec la RDC et relie notamment Bangassou à Bambari, est devenue l'un des endroits les plus dangereux du pays.
Les violences y sont de plus en plus fréquentes. Parfois des combats frontaux ont lieu entre les anti-balaka et leurs ennemis - notamment les Peuls de l'UPC. Mais surtout, des massacres de civils, comme à Pombolo le mois dernier; Pombolo où se rendait le convoi attaqué dimanche. La Minusca est d'ailleurs considérée par ces « groupes d'autodéfense » anti-balaka comme un ennemi.