Centrafrique: violences dans le nord autour de Batangafo
30/10/2017 (AFP)
Des affrontements entre groupes armés ont eu lieu fin octobre dans la région de Batangafo, dans le nord de la Centrafrique, faisant au moins deux morts et dix blessés admis dans des centres de santé gérés par Médecins Sans Frontières (MSF), a appris l'AFP lundi.
"Les équipes de MSF présentes sur place ont pu prendre en charge 7 blessés à l'hôpital de Batangafo et 3 au centre de santé de Kabo", à la suite d'affrontements qui ont débuté le 24 octobre, a déclaré à l'AFP Sandra Smiley, de MSF à Bangui.
Des sources concordantes font état d'au moins deux morts au village Saraghba, à quelques km de Batangafo, sans qu'un bilan précis puisse être établi, faute d'accès à la zone.
Selon des sources onusiennes, les combats ont opposé des combattants anti-Balaka, milices auto-proclamées d'"autodéfense" au Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), l'une des factions de l'ancienne rébellion Séléka.
"On nous parle de blessés qui n'osent pas venir à l'hôpital par peur de se faire attaquer en route. Nous demandons encore et de nouveau que la sécurité de nos équipes et l'impartialité de notre travail soient respectées à Batangafo", déclare dans un communiqué Caroline Ducarme, chef de mission MSF actuellement à Batangafo.
La Minusca, dans un dernier communiqué établi vendredi, déclarait "être présente à Batangafo" et contrôler la situation dans la ville.
Début septembre, Batangafo a connu une nouvelle éruption de violences suite au meurtre d'un journalier travaillant pour une organisation humanitaire. Ces violences auraient fait six morts et privé 28.000 personnes d'aide humanitaire.
Avant cela, Batangafo a été en proie un regain de violences fin juillet, lorsque de violents combats entre des hommes non identifiés ont fait 24 morts et provoqué la fuite d'habitants de la région.
La Centrafrique peine à sortir du conflit qui a commencé en 2013 avec le renversement du président François Bozizé par l'ex rébellion de la Séléka, entraînant une contre-offensive des milices anti-balaka.
L'intervention armée de la France (2013-2016) et de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca, quelque 12.500 hommes) a réduit considérablement les violences, qui ont peu à peu repris depuis le départ de la force française Sangaris.
Des groupes armés s'affrontent désormais pour le contrôle des ressources naturelles (diamants, or, bétail) dans ce pays de 4,5 millions d'habitants, le plus pauvre au monde.
RCA: regain de tension autour de la ville de Batangafo
Par RFI Publié le 30-10-2017 Modifié le 30-10-2017 à 03:26
Les abords de la ville de Batangafo, dans le nord de la Centrafrique, connaissent un regain de tension depuis quelques jours. Des affrontements ont éclaté mardi 24 octobre entre des éléments de l'ex-Seleka et un groupe d'autodéfense dans un village au nord-ouest de la ville. Au moins six personnes auraient été tuées, mais la zone est très difficilement accessible et les affrontements se poursuivent.
Batangafo se trouve aux confins de territoires contrôlés par l'ex-Seleka et les anti-balaka sur la fameuse ligne rouge qui a coupé pendant plusieurs années le pays en deux. Depuis des mois, la zone est un foyer de tensions qui ont culminé fin juillet par de violents affrontements à Batangafo avant une relative accalmie mi-septembre.
Cette fois les affrontements se déroulent hors de la ville. Il y a deux semaines, des groupes d'autodéfense auraient délogés les combattants ex-Seleka de positions qu'ils occupaient sur deux axes qui partent de Batangafo en direction du Tchad vers l'ouest, et le nord-ouest.
Mardi, les ex-Seleka auraient repris une de ces positions, le village de Saragba. La zone des combats est très difficile d'accès, barrée par une rivière qu'on ne peut traverser qu'en pirogue. Pour cette raison, de nombreux blessés ne peuvent parvenir jusqu'à l'hôpital en ville explique dans un communiqué MSF qui gère l'hôpital de Batangafo. « Nous demandons de nouveau que la sécurité de nos équipes et l'impartialité de notre travail soit respectées à Batangafo » ajoute l'ONG.
Comme souvent ce regain de tension a provoqué la fuite de nombreux habitants et déplacés en brousse en attendant que la situation se calme. La fin de la saison des pluies et la reprise de la transhumance en provenance du Tchad et du Cameroun marque chaque année un moment de tensions armées dans le nord de la Centrafrique.