https://mondafrique.com Par La rédaction de Mondafrique 13 septembre 2017
Le Président Faustin-Archange Touadera a procédé, le 12 septembre 2017, au premier remaniement ministériel depuis la constitution du gouvernement Sarandji, en avril 2016.
Ne voulant pas se séparer de son vieux compagnon de route, le président a maintenu Simplice Sarandji, en dépit des multiples critiques à son encontre, il ne faudra donc pas s’attendre à des changements significatifs dans la conduite des affaires de ce qui reste de l’Etat centrafricain.
Les seuls changements notables concernent les domaines de la sécurité et de la Défense. Le retour de Marie-Noëlle Koyara au ministère de la Défense est surtout destinée à rassurer la communauté internationale, tant l’ancienne fonctionnaire internationale à la FAO avait été appréciée lors de la Transition de Catherine Samba-Panza. Le départ de Joseph Yakete est salué de toutes parts car son incompétence n’avait d’égale que son arrogance. Avec son ancienneté au ministère de la Défense sous Bozizé, le général d’armée Antoine Gambi, chef d’Etat-major présidentiel, conserve évidemment une réelle autorité sur l’armée et les officiers.
Le ministère de l’intérieur est confié à un général de Gendarmerie, Henri Wanzet Linguissara. Cet ancien directeur général de la sécurité publique de Bozizé était conseiller à la Primature. Il était un pion essentiel du système de la gouvernance Bozizé-Touadera. L’ancien ministre Jean-Serge Bokassa devra s’occuper de ce qui reste de l’administration territoriale et se documenter sur la décentralisation.
L’avocat Jean-Louis Opalegna est nommé à la Fonction publique. Le nouveau ministre défend la cause de Jean-Francis Bozizé, rentré en Centrafrique en dépit d’un mandat d’arrêt international et qui bénéficie de l’impunité institutionnalisée. Très lié également à Jean-Francis Bozizé, le spécialiste en commerce de diamants, Ange-Maxime Kazagui, consul honoraire d’Afrique du Sud, impliqué dans plusieurs affaires sous Bozizé, hérite de la communication et des médias. La mise au pas des médias va se poursuivre.
Les autres changements sont cosmétiques et n’auront aucun impact sur un processus de réconciliation nationale qui tarde à être mis en oeuvre. Le plus intéressant est néanmoins celui du retour du neveu de Michel Djotodia, le Goula Gontran Djono Ahaba, au gouvernement. Il sera semé d’embûches à l’Energie et à l’Hydraulique avec la déconfiture des sociétés d’État de ces secteurs. Il aurait dans doute préféré le ministère des Mines et du Pétrole où il excelle, notamment avec les entreprises chinoises.
Pendant ce temps-là, hors de Bangui, la population est seulement préoccupée par sa survie avec les Ong humanitaires dépourvues de moyens.
Remaniement ministériel en Centrafrique
La Centrafrique a un nouveau gouvernement depuis hier soir. Il passe de 23 à 34 membres. Le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji reste en place, mais un certain nombre de changements ont été opérés.
D'abord, l'omniprésent ministre Jean Serge Bokassa doit céder une partie de ses prérogatives. Il garde l'Administration territoriale, mais l'Intérieur et la Sécurité sont confiés au général de gendarmerie Henri Wanzet Linguissara, qui a été directeur général de la police sous Bozizé et durant la transition.
Critiqué notamment pour la lenteur de la reconstruction de l'armée centrafricaine, Joseph Yakété, qui se targuait de soutien au sein du parti socialiste français, cède le portefeuille de la Défense à Marie-Noëlle Koyara qui a déjà occupé ce poste en 2015 et qui a l'oreille des partenaires internationaux.
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Ce remaniement technique tient compte des forces politiques aujourd'hui établies à l'Assemblée nationale...."
Steve Koba, président de la majorité parlementaire à l'Assemblée nationale.
13-09-2017 - Par Pierre Pinto
L'ex-Seleka fait son retour au gouvernement. Gontran Djono Ahaba, ministre sous la présidence Djotodia, prend cette fois le portefeuille de l'Energie et des Ressources hydrauliques. Lambert Lissane Moukove, cadre du FPRC de Noureddine Adam, devient quant à lui ministre des Eaux et Forêts.
Par ailleurs, l'avocat de Jean-François Bozizé, Me Jean Louis Opalegna se voit confier le portefeuille de la Fonction publique.
A noter que quatre des principaux postes conservent leur titulaire : l'Economie avec Felix Moloua, les Finances avec Henri Marie Dondra, les Affaires étrangères avec Charles Armel Doubane. Flavien Mbata, lui, conserve la Justice.
"C'est un pays qui a des problèmes financiers, 23 ministres ça me paraissait un bon format..."
Réaction de l'opposant Anicet-Georges Dologuélé
13-09-2017 - Par Michel Arseneault